Ce fut mon premier grand dilemne.
Au cours de religion, j’avais appris qu’à la fin du monde les anges viendraient aux quatre coins de la terre, souffler dans leur trompette.
J’imaginais alors la terre comme une immense plaine carrée cernée de grands et hauts murs, comme ceux des châteaux forts, afin de nous éviter de tomber dans le vide.
C’était stable et logique.

Par contre, au cours de géographie, on disait que la terre était ronde et tournait lentement sur elle-même.
C’était plutôt bizarre comme cette grosse boule en équilibre instable flottait dans le vide.

Et les gens qui se trouvaient en dessous ? Comment faisaient-ils pour se tenir la tête en bas sans tomber ?
Et si du haut on creusait un grand trou, on arrivait au centre de la terre, et ensuite en Chine !
Là, je me posais des questions !

Comment obtenir un réponse exacte ?
J’étais persuadée que la terre était carrée ; car la religion était l’enseignement de Dieu et ne pouvait donc pas se tromper.
Et puis cette affirmation était plus logique, tandis que l’autre me semblait quelque peu farfelue.

Après y avoir mûrement réfléchi, je décidais de faire ma propre expérience.

Le soir, avant de me coucher, je pris mon ballon et le posais sur le sol à la tête de mon lit. Si donc la terre était ronde et tournait sur elle-même, mon ballon devait immanquablement rouler lui aussi.

Je m’endormis confiante ; "demain, j’aurais la réponse".
A mon réveil, je constatais que mon ballon n’avait pas bougé.

La terre était donc carrée. "La religion avait raison - et moi aussi".