Nous sommes à la fin des années 50 ; à cette époque, en Belgique, l’avortement est strictement interdit et puni par la loi. Il commence à y avoir des mouvements pour la libéralisation et même des projets de loi dans ce sens.
Moi, personnellement, je suis, à ce moment, catholique fervent, croyant pratiquant ; pour moi, la situation est claire : dès que le spermatozoïde pénètre l’ovule, il y a apparition d’un être humain doté d’une âme immortelle ; l’avortement est donc un assassinat et particulièrement odieux, puisque la victime est un être sans défense. Je répète que tout est clair en moi : pas le moindre doute !
Dans cette optique, je pars à Bruxelles pour participer à un manifestation « antiavortement » et je me retrouve englué dans une masse de représentants de la « droite cléricale conservatrice » que je déteste pour ses positions sociales et son cléricalisme précisément.
Ma réaction est immédiate : « Je ne veux pas faire cause commune avec ces gens-là ! ». je quitte la manifestation et reprends le train.
Ma position sur la question reste néanmoins la même, en plein accord avec ma « fiancée » de l’époque, Micheline ; mais je suis plutôt passif sur le sujet.

Le problème resurgira dans ma vie beaucoup plus tard. En 1971, ma femme, Anne, et moi avons eu un enfant « mort-né » ; c’est un drame terrible ; Anne a de la peins à s’en remettre, le gynécologue a recommandé : au moins 2 ans sans enfants et a prescrit comme moyen contraceptif le diaphragme. Malgré cela, à peine 6 mois plus tard, Anne est de nouveau enceinte ; la rage au cœur, elle pense que le médecin « s’est foutu d’elle et la considère comme une lapine » la rage et aussi la peur…...on envisage d’avorter (toujours interdit, rappelons-le), on cherche et on trouve un médecin qui allait devenir célèbre par la suite : le docteur Peers ! On prend rendez-vous et, au dernier moment, nous renonçons…. Nous n’avons pu nous y résoudre et surmonter notre répugnance face à l’acte.
Heureusement, après une grossesse vécue dans un état d’inquiétude que vous pouvez imaginer, il nous naîtra une petite fille en bonne santé qui fera notre joie.

La contraception ? Que faire ? Nous avons essayé la pilule qui ne réussit pas bien à ma femme, le préservatif… beurk….et finalement , à la quarantaine, trouvant qu’il est injuste que le poids de la contraception repose principalement sur la femme et étant certain de ne plus vouloir d’enfant, je me fais vasectomiser.

Encore plus tard, après notre divorce, je me dis que je peux faire l’amour avec n’importe quelle femme sans me soucier de savoir si elle prend bien sa pilule….quelle ivresse ! Mais qui ne durera pas….je n’avais pas prévu l’arrivée du SIDA.

Et maintenant, qu’est-ce que je pense de l’avortement ? Tout au fond de moi, il me répugne…. Mais c’est un peu court ! Je pense que l’avortement ne peut pas devenir une méthode de contraception ordinaire et doit rester un recours exceptionnel ; qu’un état ne peut l’interdire que à condition d’avoir mis à la disposition de la population toutes les méthodes de contraception existantes.
Je n’entre pas dans les considérations religieuses qui, à mon avis, doivent rester personnelles.

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