J’aimais assez les confessions hebdomadaires que nous devions effectuer pendant la période de deux ans du catéchisme.
Bien sûr j’avais le problème de trouver des "péchés" , mais en creusant un peu je trouvais bien quelques actions répréhensibles, souvent bénignes, qui me semblaient correspondre au but du curé.
Aussitôt agenouillée face à la grille de bois, j’attendais le cœur battant le petit bruit de la planchette qui en dégageait l’obturation. Je devinais alors les traits de mon confesseur, homme jeune et doux ; il me parlait d’une voix feutrée, qui me donnait le frisson . Pendant quelques minutes nous partagions une intimité qui me semblait le sommet de la volupté ; je sortais du confessionnal légère et pure ; lavée de toute tache et persuadée d’avoir été pendant un cour instant le seul l’objet de ses préoccupations.