Extrait de "Nous racontons notre vie", La Fonderie, 2013-14

J’ai vécu mon enfance à Tanger, au Maroc. A la maison, on était 4 filles et 3 garçons. J’ai été à l’école jusque 14 ans mais je n’aimais pas l’école.

En 1993, j’avais 24 ans et je me suis mariée à Tanger. Lui, venait de Belgique et je ne le connaissais pas du tout. Sa famille était venue chercher une femme au Maroc. Quand j’ai rencontré mon futur beau-père, il m’a dit : « Il est très bien, il travaille, … ».

En fait, quand je suis arrivée ici, on a vécu dans la maison de ses parents. Il y avait pour nous juste un matelas par terre. Et j’ai découvert qu’il se droguait, qu’il ne travaillait pas et qu’il était au chômage. Moi, je restais toute la journée avec sa maman.

On a eu deux enfants, une fille et un garçon qui ont aujourd’hui 18 et 20 ans. On n’avait pas beaucoup d’argent. Les gens de sa famille nous donnaient des vêtements. J’avais difficile pour parler le français. Avant au Maroc, j’étais couturière mais ici pour faire le même travail, le matériel est trop cher.

Pendant longtemps, j’ai cru que mon mari allait changer mais il n’a pas changé. Il me frappait. Un jour, il m’a frappé plus fort et j’ai été à la police. Ici, il y a le droit des femmes et le droit de tous. Les policiers m’ont aidée ainsi que le CPAS. J’ai divorcé. Je connais beaucoup de femmes comme moi. Maintenant tout ça n’aurait plus été possible car le futur mari doit montrer qu’il a un travail et une maison avant de pouvoir faire venir sa femme ici.