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    Mon grand-père Oscar est né à Silly (en Hainaut) en 1890. Son père Evariste était pharmacien, son grand-père était pharmacien. Tout naturellement, mon grand-père est devenu pharmacien ainsi que ses deux frères Edmond et Noël.

    Mon grand-père a épousé ma grand-mère Simone en 1913. Ils ont fait construire leur maison à Laeken dans le bas de l’Avenue Houba à hauteur du parc Clémentine que l’on appelait « le parc aux canards ».Cette maison avait trois étages. Le rez-de-chaussée se composait de la pharmacie, du bureau, du salon « musée » (comme on l’appelait) sur le côté du bâtiment, de la salle-à-manger et de la cuisine à l’arrière.Les étages se composaient de réserves, chambres, réserve des produits d’herboristerie. Ma chambre était juste à côté de la réserve d’herboristerie. Toute cette partie de l’étage baignait dans cette atmosphère d’odeurs douces, apaisantes et relaxantes. Pur bonheur !!

    Mon grand-père était très doux et très gentil. Il s’occupait beaucoup de moi. Quand j’étais chez eux, pendant les vacances, que faire d’une gamine de 5, 6 ans … pendant qu’eux travaillaient. J’avais parfois l’énorme privilège de pouvoir les « aider ». Il me faisait étaler, sur la table de la salle à manger, des petits papiers blancs coupés en carrés de 10 x 10 cm, me les faisait plier d’une certaine façon. Il y déposait de petits monticules de poudre au milieu de chaque carré. Mon rôle était alors, à ce moment, de fermer chaque carré pour en faire des sachets. Quand j’avais terminé, il m’encourageait toujours avec un « Bravo, mon petit ! » J’en ai plié tellement de petits papiers que, 65 ans après, je pourrais encore le refaire. Ces sachets sont en fait les ancêtres des gélules.

    On préparait également des cachets en hostie. Ils étaient ronds d’environ 1,5 cm sur 1 cm de haut. J’alignais les cachets vides et sans couvercle, selon le nombre prescrit, et Bon-Papa y versait de la poudre. Ensuite je remettais les couvercles avant de les emballer dans une boîte ronde en carton blanc sur laquelle on collait une étiquette donnant la date, la formule et la posologie du médicament. A nouveau, petit encouragement : « Bravo, mon petit » !
    J’ai également participé à faire des suppositoires. Bon-Papa versait un mélange huileux dans un bloc à suppositoires en cuivre. Quand l’huile était figée, ce bloc était tout à fait démontable pour démouler les suppositoires. Là, je ne pouvais pas toucher, mais regarder la magie de la transformation d’huile en suppositoire !

    Il préparait également une pommade jaunâtre très grasse : son fameux « Onguent souverain »: cette pommade était souveraine pour toutes les affections de la peau. Elle était renommée et beaucoup de gens venaient spécialement chez mes grands-parents pour en acquérir spécialement pour les fesses irritées des bébés.

    Il m’était interdit d’aller à la pharmacie toute seule. Évidemment quoi de plus tentant ! Je savais que, dans une armoire du bas, derrière le comptoir, il y avait de gros paquets de poudre blanche. Je me suis glissée dans la pièce, ai ouvert l’armoire. On m’a retrouvée, assise parterre, l’armoire ouverte, la bouche et les mains pleines de poudre blanche. Ne sachant pas ce que j’avais absorbé et en quelle quantité, Bon-Papa m’a empoignée et m’a mis la tête sous le robinet en m’obligeant à cracher, à boire, recracher, … Heureusement, les produits toxiques et dangereux se trouvaient hors de portée dans une armoire haut placée et toujours fermée à clé.

    Je me rappelle, pendant mes séjours chez eux, qu’étant de garde de nuit, ils ont été importunés par un monsieur qui, je suppose avait une … urgence et qui leur a demandé des préservatifs. Je ne savais pas ce que c’était, je n’ai rien compris, mais je me rappelle qu’ils n’ont pas du tout apprécié !

    Mon grand-père avait, je crois, toujours espéré pouvoir remettre sa pharmacie à un de ses deux fils. Cela ne s’est pas passé ainsi. Mon père s’est inscrit à 15 ans, en 1930, à l’Ecole des Cadets pour devenir officier de carrière et mon oncle, un peu plus jeune, a fait des études commerciales. Finie la pharmacie …

    Plus tard, je pense qu’il avait espéré, qu’à mon tour, vers 1959, j’entame des études en pharmacie. Ma mère n’a pas voulu que je fasse ces études… Cela me rapprochait trop de la famille de mon père !
    Il a, la mort dans l’âme, vendu son officine en 1962.

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