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    Un crime qui a fait la une de la presse allemande récemment a ravivé la honte cuisante que j’éprouve à propos d’un manque de courage, d’une lâcheté, dont je me suis rendue coupable il y a peut-être plusieurs décennies. Le crime récent a un volet de courage civique dont un homme a fait preuve et dont il est mort. Il avait observé dans une gare de Munich que deux adolescents menaçaient et maltraitaient un petit groupe de jeunes écoliers. Ces enfants se réfugièrent dans le train dont notre héros était déjà passager. Les adolescents les y ont suivis en continuant à les importuner, ils voulaient leur soutirer de l’argent. Notre héros s’est alors interposé. A un des arrêts suivants, il est descendu du train, avec les jeunes à ses trousses. Ils l’ont battu, le piétinant encore quand il était par terre. Il est mort dans l’ambulance que des témoins avaient appelée.

    La question que beaucoup se posent maintenant est de savoir « comment aurais-je agi ? ». La question est pour moi encore d’autant plus pénible puisque j’ai été honteusement lâche quand la situation personnelle à laquelle j’ai fait allusion plus haut, s’est présentée et que là je ne courais aucun risque mortel. C’était à la terrasse de notre bistrot de prédilection dans la ville d’Aix-la-Chapelle. Je connaissais assez bien le garçon de ce bistrot, je fréquentais déjà cet endroit avec mon père, c’était notre point de chute après nos promenades du dimanche matin. Et justement ce garçon avait toujours été prévenant, aimable, presqu’amical, envers nous. J’avais vite deviné qu’il était homosexuel, sinon il aurait été beaucoup plus réservé envers une cliente encore jeune. Parfois, je le rencontrais en ville, et nous bavardions un peu. C’est comme cela que j’ai appris qu’il était hollandais.

    Puis, un mauvais jour, bien des années plus tard, j’étais de nouveau à cette terrasse, avec ma sœur cette fois, mon père étant mort. Soudain un clochard bien connu à Aix-la-Chapelle pour sa vulgarité, sa brutalité, s’est arrêté devant notre terrasse et se mit à insulter le garçon. Je me souviens seulement des propos dans le sens que les nazis auraient su comment traiter les gens de son bord. J’étais sidérée et espérais désespérément qu’un des autres clients interviennent. Le silence le plus total retentit. Le garçon hollandais ne fut plus revu. J’ai honte pour moi et tous les autres clients. Le seul risque que nous aurions couru en intervenant, c’est de nous faire agresser verbalement par le clochard. Et pourquoi n’ai-je pas au moins suivi le garçon à l’intérieur de bistrot pour lui dire combien je regrettais ma lâcheté ? Il aurait su au moins que je n’approuvais pas. Ma sœur trouve aussi qu’il y a peu de choses dans sa vie qui lui font honte autant.

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