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    Ce récit est extrait du projet "Je raconte ma vie" dans un groupe multiculturel à la Fonderie en 2018

    1971. « Mon diplôme d’infirmière en poche, j’ai eu envie de partir en Afrique. Je ne voulais plus rester dans le village à Aubange et je n’avais pas d’autre alternative que d’aller comme bénévole. J’étais très croyante et j’ai eu envie de donner deux années de ma vie en Afrique, au Rwanda, où j’ai rencontré une religieuse laïque très bien, qui travaillait là-bas et avait besoin de quelqu’un. »

    « Quand je suis arrivée à Kigali, l’Afrique m’a complètement mise en joie. C’était ce qui me convenait. La couleur brique me plaisait, le sol, le soleil, le ciel bas… La chaleur était étouffante mais je me sentais bien. J’avais trouvé mon pays. Je m’y suis sentie tout de suite chez moi. Je me suis dit que j’étais revenue chez moi. »

    Pendant des vacances en Tanzanie, j’ai rencontré un Mauricien. Il était super chouette et je suis tombée enceinte. J’étais très naïve et très jeune… Je suis retournée à Murunda et j’ai dû annoncer cela à Agnès, avec qui je travaillais. Elle n’a rien dit si ce n’est qu’elle m’a annoncé que je ne pouvais plus rester que 5 mois. Je grossissais et les gens disaient « Micheline mange beaucoup de bananes ». Ils ne voyaient pas que j’étais enceinte.

    Fin décembre 1972, je suis rentrée à Bruxelles où je me suis un peu débrouillée. Puis, enceinte de 7 mois et demi, je me suis dit que je n’allais pas accoucher à Bruxelles parce que mes parents voulaient faire adopter l’enfant. Ma mère me disait incapable d’élever un enfant. Donc j’écris vite au garçon dont j’avais l’adresse en lui disant que je voulais venir. Lui voulait m’épouser.

    Je suis retournée chez lui, à Tabora. J’ai été très bien accueillie et j’y suis restée deux ans. Mon fils est né. On vivait à 6 ou 7, avec ses sœurs, dans une petite maison de 4 pièces. Avec le recul, je me demande comment j’ai pu m’adapter aussi facilement. Mais en Afrique, j’étais chez moi.

    J’étais revenue une fois pour présenter mon fils à mes parents qui ne voulaient pas que je rentre en Afrique. Alors j’ai retravaillé un mois pour pouvoir payer mon billet d’avion et je suis repartie. Et là-bas, mes beaux-parents m’ont dit qu’il fallait que je rentre en Belgique pour que leur fils puisse venir. Ils voulaient tous quitter la Tanzanie mais ils ne savaient pas partir. C’était un pays communiste qu’il était très difficile de quitter. Je suis à nouveau rentrée et je suis restée à Bruxelles. J’ai travaillé beaucoup pendant 4 mois et j’ai pu envoyer son billet d’avion à mon mari. »

    « Quand mon mari mauricien est arrivé en Belgique, il était tout émerveillé parce qu’il n’avait jamais vu un aspirateur et il s’amusait à passer l’aspirateur. C’était amusant. Il s’achetait des jouets d’enfant, des trains électriques… »

    Après 12 ans de mariage et 3 enfants, nous avons divorcé. Mes enfants ont parfois soufferts d’être métis, surtout mon fils aîné. Un jour, il a caressé le petit chien d’une dame qui lui a dit : « macaque, ne touche pas à mon chien ! ».

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