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    Extrait de "Nous racontons notre vie" à Laeken (2016)

    Avant la guerre, j’ai connu une enfance comme tous les autres enfants de la campagne entre St Hubert et Bouillon. Après l’invasion allemande en Belgique, un jour de mai 1940, nous sommes partis en exode vers la France et les zones non occupées. J’avais 8 ans.

    La route était remplie de poussettes, de brouettes, … Mon père, ma mère et mon frère étaient à vélo. On dormait sur les routes, dans les fossés. Des soldats français et belges se cachaient dans le flux des réfugiés. Du coup, les avions allemands mitraillaient tout le monde. Nous avons été mitraillés plusieurs fois notamment dans un bois près de Sedan, en France. On se mettait à l’abri dans des fossés.

    Enfin, nous sommes arrivés près de Vouzier dans le village natal de maman à Montgon, en Champagne-Ardennes. Ma grand-mère, ma sœur et mes tantes nous attendaient. Nous sommes restés quelques jours. Les Allemands arrivaient. Nous avons continué à fuir.

    Ensuite nous nous sommes retrouvés dans la cave d’une grande ferme à Epernay ; là, encore, nous avons été mitraillés. Des vaches sont mortes. Nous n’avions pas mangé depuis longtemps. Mon père est sorti et il nous a apporté du foie de génisse…

    Nous avons repris la route jusqu’à Paris. Là encore nous avons été bombardés. Pendant un ou deux jours, nous nous sommes réfugiés dans des abris. Des gens d’associations sont venus nous aider. Ensuite, nous avons été conduits à la gare. Nous avons été séparés, les Belges d’un côté et les Français de l’autre. Ma grand-mère et mes tantes n’étaient donc plus avec nous. Nous avons été conduits en train jusqu’à Issoire qui était à l’époque en France libre. Nous y avons été accueillis par la Croix Rouge. On a dormi dans une grande salle avec plein de lits. Ensuite, nous avons été conduits dans un petit village assez délabré. Je me rappelle encore du visage de mon père quand nous sommes arrivés : il pleurait ! Mon père était artisan : plombier-ardoisier-zingueur. Par la suite, il a eu du travail à Issoire. Nous sommes restés plus de deux ans dans ce village.

    A partir de septembre 1940 et pendant deux ans, j’ai été à l’école dans ce village. J’aimais l’école parce qu’elle était différente de chez nous. En classe, l’institutrice mangeait des bonbons, elle lisait beaucoup jusqu’au jour où un inspecteur l’a surprise…

    En 1942, nous sommes revenus à la maison, dans les Ardennes parce qu’Issoire et le petit village dans lequel nous étions, étaient devenus zone occupée par les Allemands. Quand nous sommes rentrés à la maison, tout avait été volé : il ne restait plus qu’une table et une garde-robe. La maison avait été habitée par des Allemands.

    Nous avons repris notre vie normale tant bien que mal.

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