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    Extrait de "Nous racontons notre vie", La Fonderie, 2013-14

    Pendant la guerre, j’habitais une brasserie à Schaerbeek, les brasseries Roelants. Environ 70 personnes y travaillaient ; tous les corps de métiers y étaient représentés depuis le palefrenier jusqu’au chimiste. On habitait l’ancienne maison du brasseur, mes parents travaillaient tous les deux à la brasserie. Mon père dirigeait l’atelier de marmographie, la publicité sur verre avant les plaques émaillées. Nous étions souvent bombardés car nous habitions près de la gare. Je me souviens d’un bombardement : mon père m’a prise sur les épaules et on a couru dans l’abri. Ensuite il m’a couverte de son corps pour me protéger. Les murs tremblaient…

    La brasserie a vu défilé Allemands et Anglais ; elle était réquisitionnée pour loger les soldats. Chaque fois que les Allemands voulaient faire une razzia sur les chevaux, on nous téléphonait de la maison communale pour qu’on les cache. Certains livreurs de bière revenaient parfois saouls de leur tournée et c’est le cheval qui, connaissant le chemin du retour, ramenait seul la charrette et son cocher à la brasserie.

    Un soir, des Anglais sont venus dîner à la maison. Ma mère avait préparé des chicons qu’ils ont laissés dans leur assiette. J’ai été choquée car on n’avait pas grand-chose et mes parents s’étaient privés pour leur offrir ce repas. Du coup, moi qui n’aimais pas les chicons et qui n’en mangeais pas, cette fois- là, je les ai mangés ! Et depuis, j’aime les chicons !

    Un de mes oncles faisait du « smokelage », du troc ! Il a aidé toute la famille. Papa, lui, peignait, c’était un artiste. Il réalisait des reproductions de Murillo fort appréciées des paysans flamands qui nous offraient en échange de la nourriture et de l’argent. Quand j’étais malade, je devais boire du jus de viande. Je vois encore ma mère écraser la viande de rosbif, payée par les peintures de papa, afin que j’en boive le jus. Eux, ils mangeaient la viande, toute sèche.

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