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    Extrait de "Nous racontons notre vie", La Fonderie, 2013-14

    Education, formation

    Je suis née à Laeken, il y a 75 ans.

    Enfant, j’ai été élevée avec un cousin. J’ai l’impression qu’il n’y avait pas de différence entre mon éducation et la sienne.

    J’ai été à l’école des filles jusqu’à mes 19 ans. Je me rappelle des cours de droit : il y avait neuf différences entre les hommes et les femmes. Cela a fort choqué toutes les élèves.

    Dans ma carrière, j’ai suivi des cours organisés par la chambre des imprimeurs afin d’apprendre à faire des devis ; il y avait aussi des cours de mécanique. Chaque fois qu’il y avait un exposé, le prof disait : « tout le monde a compris ? Mademoiselle aussi » ? Ça m’est resté. J’ai trouvé ça très humiliant.

    Travailler dans un monde d’hommes

    J’ai travaillé pendant 40 ans, 10 ans dans une imprimerie et 30 ans dans une société d’assurances.

    A 19 ans, je ne voulais plus aller à l’école. Ma mère a téléphoné à son frère, directeur dans une imprimerie à Molenbeek. J’ai été engagée de suite. Il y avait beaucoup de travail, je devais vérifier les bons à tirer, gérer les stocks de papier, m’occuper du salaire des imprimeurs, …

    Sortant de l’école des Sœurs, je suis arrivée un vendredi, assez naïve devant 35 hommes ! J’ai dû m’imposer devant eux ! Au début, ils ont affiché des pin-ups sur les murs à côté desquelles je devais passer pour transmettre les instructions. C’était fait spécialement pour me choquer ! Cela n’a pas duré longtemps.

    Je m’occupais des salaires ; les ouvriers demandaient que je remplisse la feuille de paie au crayon pour qu’ils puissent « se servir » avant de rendre leur salaire aux femmes.

    Avec ma première paie, j’ai acheté des souliers rouges à hauts talons pour me donner de l’assurance ! Moi, je n’ai pas remis ma paie à mes parents.

    Cette période a été la plus belle professionnellement parlant. J’ai dû arrêter car j’ai été atteinte de saturnisme. Malheureusement, cela n’a pas été reconnu comme maladie professionnelle parce que j’étais une femme. J’ai été hospitalisée pendant un mois pour changer mon sang. A cause de cela, j’ai perdu un bébé et toutes nos économies.

    Pendant que j’étais hospitalisée, je me suis retrouvée à côté d’une prostituée. Elle avait des problèmes gynécologiques aigus et devait être opérée ; on n’a pas pu le faire tout de suite car il fallait l’autorisation du mari… J’ai trouvé ça très révoltant !

    A la maison

    A la maison, les premières années, mon mari m’aidait. Avec mon deuxième enfant, j’ai travaillé à mi-temps et il ne m’a plus du tout aidée.

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