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    Chaque année, le mois de décembre nous ramène son lot de bonnes et moins bonnes choses. Le froid, les jours qui raccourcissent, la nature qui a revêtu son manteau d’hiver, la grisaille, les bilans, les inventaires sont là pour nous déprimer.
    Heureusement, dans cet univers décourageant, il y a la Noël. On a tous en tête les Noëls de notre enfance.

    La semaine qui précédait la fête proprement dite, la radio familiale nous roucoulait, à journée longue, des chants populaires de Noël que nous connaissions par cœur. L’ambiance si caractéristique de cette période commençait dès que nous avions décoré la maison. Pas de guirlandes lumineuses extérieures, une crèche, quelques branches de sapin sur lesquelles nous déposions des petits bouts d’ouate en guise de neige, quelques bougies, des boules de verre.

    Il y avait la séance des cartes de vœux à envoyer. Nous nous appliquions à calligraphier le texte que nos parents avaient concocté pour la circonstance.

    Je me souviens de ces messes de minuit où nous partions en famille, à pied, dans le noir et le froid, emmitouflés dans de longues écharpes de laine croisées dans le dos et qui faisaient le tour de notre cou.

    Nous arrivions dans l’église illuminée. La chaleur, l’odeur de l’encens, le brouhaha quasi silencieux ( en ce temps-là, on ne parlait à l’église qu’à voix basse), la musique de l’orgue, tout concourait à nous plonger dans un univers mystique. La cérémonie commençait. Porté par deux fillettes habillées en ange, le petit Jésus de plâtre était déposé dans la crèche . Elle était belle la crèche. Les personnages étaient plus grands que nous et le décor de bois, de carton et de paille représentait une vieille étable.

    Alors, du jubé montait le « Minuit chrétien », interprété par le ténor local. Des frissons nous traversaient le dos quand il disait « Peuple debout.. » La cérémonie était un peu longue pour nos petits yeux qui se fermaient à intervalles réguliers. Certains d’entre nous ne résistaient pas et dormaient sur les genoux d’une maman sous les regards attendris des grand-mères. Et la messe se terminait invariablement par le chant « Il est né le divin enfant », nous savions alors que notre lit nous attendait.

    Nous rêvions déjà à cette cougnolle, sorte de brioche en forme de bébé langé, que nous allions retrouver au pied de notre lit le lendemain en nous réveillant.

    Mais il est des Noëls d’adulte qui ont marqué ma mémoire : cette messe de minuit dans la chapelle d’un château à Sovet, où la chorale a chanté une messe à quatre voix dont la musique était celle de chants populaires de Noël. Et cette autre messe en Allemagne, lors de mon service militaire, un orchestre complet et une chorale faisaient résonner les voûtes de la collégiale de Lüdenscheid.

    Aujourd’hui, la messe de minuit a lieu la plupart du temps en soirée, les cougnolles s’étalent chez les boulangers-pâtissiers dès le début décembre, les chants de Noël se font rares, les cartes de vœux sont virtuelles.

    Et pourtant, n’est-ce pas pendant cette période que nous retrouvons nos âmes d’enfants ? Alors, pas de nostalgie mais avec moi criez, chantez : Joyeux Noël !

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