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    La deuxième année de notre passage au Congo, nous avions besoin d’un nouveau boy. Les candidats se présentaient en bon nombre. Après quelques semaines de service, le premier que nous avions engagé ne nous avait pas donné satisfaction et avait été congédié. Il y avait trop de négligence dans son travail. Le second semblait plus actif mais peu sérieux car il bavardait souvent avec une de ses copines quand elle passait dans la rue. Il laissait souvent son travail inachevé et manquait de rigueur. Quant au troisième, après un mois de service, nous nous sommes rendu compte qu’il nous volait…

    Un jour Placide se présenta chez nous. Il avait déjà travaillé chez nous en qualité de boy « parcelle », c’est à dire qu’il faisait un travail de jardinier. Nous avions déjà remarqué son assiduité, son courage et sa gentillesse. Il y avait trois sortes de boys au Congo : les boys « parcelle », qui s’occupaient du jardin. C’était le grade le plus bas. Ensuite, les boys « lavandières » s’occupaient de la lessive (laver, cuire, sécher, repasser le linge). Enfin, les boys « maison », le plus haut grade et donc les mieux payés, faisaient la cuisine et le ménage des familles « blanches ». Nous voulions apprendre à Placide à devenir un boy de maison.

    J’aimais beaucoup Placide. Quand je rentrais de l’école, il se tenait debout devant la maison, appuyé sur le manche de sa brosse et m’accueillait avec un large sourire par un « Bienvenue Monsieur ! ». Placide faisait tout dans la maison. Mais les charges étaient lourdes pour un seul homme. Nous avons alors engagé Jérôme, un autre boy, pour la lessive. Ils étaient de tribus différentes mais, chez nous, s’entendaient bien.

    Je dois raconter une anecdote. Un jour je demande à Placide : « Combien voudrais-tu recevoir pour devenir riche ? » Il me regarde étonné et ne me répond pas. Il ne comprenait pas le sens de ma question. Je tente de lui expliquer ce qu’est la richesse et, après quelques minutes, il me déclare : « Moi Monsieur, je n’ai pas besoin de cela. J’ai ma femme, mes enfants, je travaille et je suis en bonne santé ! ». C’est moi qui recevais la leçon !

    Nous aimions bien nos boys et nous les avons toujours respectés. Mais je sais que d’autres « Blancs » n’en faisaient pas autant. On les entendait parfois crier sur les boys ! Je sais que certains « Blancs » ne payaient pas les allocations familiales auxquelles les boys avaient droit en fonction du nombre d’enfants. L’ambiance générale était rude pour les « Noirs »… Un jour j’ai entendu un collègue à l’école dire à ses élèves : « Vous feriez mieux de retourner dans les arbres !! ». Toujours aujourd’hui ces mots résonnent ! Cela m’a fort choqué ! C’était normal d’avoir des boys à cette époque mais rien ne nous a jamais empêchés de les respecter.

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