Surfant sur les différentes vagues du covid, le projet s’est réinventé en proposant "en plus" ou parfois "à la place" des rencontres en balade (à l’extérieur) et des duos de conversations en ligne hebdomadaires (30 min à 1h/semaine) via l’application WhatsApp.
Des sujets de conversation sont proposés par l’asbl, mais bien vite les discussions deviennent plus spontanées, et les duos déterminent eux même les sujets de leurs conversations.
Une jolie surprise issue de la crise et la naissance de belles relations interculturelles et intergénérationnelles, inspirantes pour le devenir du projet.
Dépasser la fracture numérique
Le premier défi était de plonger dans l’Internet 2.0. Avoir un équipement fonctionnel (ordinateur, smartphone ou tablette avec caméra et micro), une connexion internet, et jongler avec les incontournables du lien social : WhatsApp ou Skype, et autres GoogleMeet et Zoom à l’occasion. Bien sûr parfois, il y a des ratés techniques, des ordis trop vieux ou trop écolos, des micros qui se cachent, des ondes sonores intrusives ou des connexions impossibles. Pas de panique, Âges et Transmissions joue les assistants techniques. L’aventure linguistique peut commencer.
Un mariage "arrangé", sur qui vais-je tomber ?
Le second défi est de faire confiance au hasard de la rencontre. Zineb (formatrice au CSB*) et Marie (responsable du projet à A&T) collectent les demandes, glanent quelques infos de compatibilité çà et là, et connectent les duos. Un numéro de téléphone et c’est parti !
« J’ai pris rendez-vous avec A. Elle écrit parfaitement en français, elle m’a même écrit un « b1 » ("Bien") et « à dm1 » ("à demain") que je n’avais pas compris. Chouette première conversation, on s’est présentés. La prochaine fois, elle souhaite qu’on parle psycho, ça tombe bien j’ai été thérapeute ». (Lucienne)
« Je viens de parler 45 minutes avec L. Elle était intriguée par mon prénom mixte, j’en ai profité pour lui en expliquer d’autres (Daniel.le, Dominique, Claude, etc). Il n’y a qu’un an qu’elle est en Belgique, elle est d’origine marocaine". (Michelle)
Objectif conversation !
Pour rassurer tout le monde, des cartes de discussion à thème sont proposées. Au fur et à mesure les duos trouvent leurs propres mots et la spontanéité prend le dessus. C’est gagné !
« La carte est adaptée par le duo ou le duo s’adapte-t-il à la carte ? Pour aller d’un pays, d’une culture, d’un savoir à l’autre, il y a la marche, le vélo, le bateau, l’avion, ... à nous en duo de choisir le mode de transport pour que chacun accroche et arrive à bon port, sujet par sujet. La carte mentale est un outil-guide bien ficelé, utile et bienvenu qui donne des idées, ouvre une discussion ». (Florence)
« Des lèvres pincées qui esquissent un sourire, des paupières qui clignent, imperceptibles, suivies d’un frétillement approbateur de la tête, signalent que mon interlocuteur vient de comprendre quelque chose… Pour moi, une récompense inestimable, muette, qui se passe de commentaires. Un ami, adepte des haïkus japonais, trancha un jour ce sentiment : Aimer, C’est comprendre, Et vice-versa ». (Dario)
Trouver du plaisir
« Le plaisir du partage et de l’échange. La transmission d’une expérience. L’évidence de l’entraide. L’idée que les rôles pourraient être inversés. La solidarité des cultures et des générations. Le substitut à un dialogue in vivo. La gratitude à celles qui en prennent l’initiative, Zineb et Marie et aux participants ». (Etienne)
« L’idée qu’à mon âge, je puisse encore être utile et apporter une aide même minime à des personnes qui de leur côté, m’apportent la richesse de leur culture. Le tout couronné par l’ambiance amicale des rencontres ». (Kitty)
« Ce projet me ravit pour les contacts avec des personnes d’autres cultures qui ont envie d’apprendre le français, pour le groupe que nous reformons avec toute la classe CBS et A&T. Le sentiment de se sentir utile, d’ouvrir son esprit (enfin ça vaut aussi pour toutes les activités A&T). Vivement que l’on puisse se retrouver en présentiel. C’était encore plus agréable et riche de rencontres. La mise de ces activités en ligne a été formidable et nous a permis de sortir de ce climat morose actuel. Nous étions bien documentées ». (Lucienne)
Les apprenants, qui sont-ils ?
Elle est tchétchène, eux sont marocains, elle est ingouche.
Elle apprend le français, parce c’est une langue socialement valorisée au Maroc,
Il apprend le français parce que ça lui semble plus facile qu’une autre langue,
Elle apprend le français pour faire des études, lui pour trouver un travail.
Ils et elles les trouvent très gentils.
Et il parait même qu’ils apprécient fort leurs duos !