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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>La lib&#233;ration : 3 septembre 1944 (Adrien)</title>
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		<dc:date>2016-09-02T07:43:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;3 septembre 1944, Enghien &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a peu de monde &#224; la messe ce dimanche matin Le capucin de service ne semble pas avoir le c&#339;ur &#224; son ouvrage d'officiant. Les fid&#232;les parlent entre eux presque &#224; voix haute. Je per&#231;ois des bribes de leurs conversation : &#171; Radio Londres a annonc&#233; hier soir que les troupes am&#233;ricaines sont entr&#233;es en Belgique &#187;, &#171; Arras a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e avant-hier &#187;, &#171; Ils vont certainement arriver aujourd'hui &#187;, &#171; Un drapeau belge a &#233;t&#233; plant&#233; cette nuit sur la tour de la grande &#233;glise &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; L'espoir (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique80" rel="directory"&gt;La lib&#233;ration (Adrien)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot191" rel="tag"&gt;Guerre 40-45&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L143xH150/arton475-be5b3.jpg?1776944056' width='143' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 septembre 1944, Enghien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Il y a peu de monde &#224; la messe ce dimanche matin Le capucin de service ne semble pas avoir le c&#339;ur &#224; son ouvrage d'officiant. Les fid&#232;les parlent entre eux presque &#224; voix haute. Je per&#231;ois des bribes de leurs conversation : &#171; Radio Londres a annonc&#233; hier soir que les troupes am&#233;ricaines sont entr&#233;es en Belgique &#187;, &#171; Arras a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e avant-hier &#187;, &#171; Ils vont certainement arriver aujourd'hui &#187;, &#171; Un drapeau belge a &#233;t&#233; plant&#233; cette nuit sur la tour de la grande &#233;glise &#187;.	&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espoir est palpable. Le bonheur qui en est le corollaire d&#233;ride tous les visages et y dessine des amorces de sourires.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ite missa est &#187;. Le &#171; Deo gratias &#187; qui suit se perd dans le brouhaha provoqu&#233; par la sortie pr&#233;cipit&#233;e des ouailles que Dieu a d&#251; trouver bien ti&#232;des en cette belle matin&#233;e de septembre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon p&#232;re n'arr&#234;te pas de tousser, nerveusement. Une inqui&#233;tude perce la cuirasse de sa joie. Probablement la crainte de violents combats ou de bombardements imminents.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rentrer &#224; la maison nous devons traverser une rue qu'encombre une pitoyable soldatesque &#224; l'uniforme vert de gris. Les militaires progressent en deux files. La premi&#232;re comporte des v&#233;hicules hippomobiles et des soldats se mouvant &#224; pied dans le d&#233;sordre le plus complet. La deuxi&#232;me se compose de camions, motos, camionnettes, autochenilles, chars et canons tract&#233;s. Le convoi fortement camoufl&#233; de branchages fait songer &#224; une for&#234;t en marche. Le d&#233;fil&#233; se poursuit jour et nuit depuis pr&#232;s d'une semaine. Les fuyards abrutis par la fatigue avancent comme des automates, le regard vide de toute expression. Est-ce l&#224; tout ce qui reste de cette fi&#232;re arm&#233;e conqu&#233;rante de mai 1940 ? Le soleil &#233;clatant et le ciel profond&#233;ment bleu sont les seuls points communs entre les journ&#233;es d'invasion et ce dimanche de d&#233;b&#226;cle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; &#224; la maison, mon p&#232;re d&#233;place le couvercle en b&#233;ton d'une citerne ext&#233;rieure laquelle, vid&#233;e de ses eaux, nous a servi d'abri lors d'alertes a&#233;riennes. J'aime descendre dans ce lieu, me fondre dans sa p&#233;nombre, savourer sa fra&#238;cheur et lancer des petits cris que l'&#233;cho fait rebondir sur les parois ciment&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est l'heure de la sieste, mais elle ne sera pas respect&#233;e aujourd'hui.
&lt;br /&gt;
Tous les habitants du quartier post&#233;s sur le pas de leur porte s'interpellent et se communiquent des nouvelles qui, pour la plupart, s'apparentent plut&#244;t &#224; des rumeurs. Des tirs provenant de l'ext&#233;rieur de la ville arr&#234;tent net les conversations. Soudain un avion de chasse anglais nous survole &#224; basse altitude. Au ronronnement assourdissant de son puissant moteur suivent des d&#233;tonations de mitrailleuses et des explosions successives. Les commentaires vont bon train. Le combat doit se d&#233;rouler dans les environs du cimeti&#232;re. La mitraillade se renouvelle &#224; plusieurs reprises. Tr&#232;s peu de temps apr&#232;s l'avion passe &#224; nouveau, en sens inverse, presque &#224; la hauteur des toits. Un peu plus tard, une nouvelle rumeur prend corps, une colonne blind&#233;e allemand aurait &#233;t&#233; an&#233;antie au lieu-dit &#171; Le Patriote &#187;. Un cycliste appara&#238;t, la chemise tremp&#233;e de transpiration. Il confirme le massacre dont il se dit avoir &#233;t&#233; le t&#233;moin. Il pr&#233;tend aussi que les Allemands ont fusill&#233; un groupe de r&#233;sistants. Et les rumeurs se transforment en nouvelles.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La joie se m&#234;le &#224; la tristesse, l'espoir &#224; la crainte. De l'excitation rehauss&#233;e d'appr&#233;hension naissent des &#233;clats de rires nerveux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la fa&#231;ade d'une maison de la rue vient d'&#234;tre hiss&#233; un grand drapeau belge. La demeure est occup&#233;e par un collaborateur notoire. A la stupeur et la consternation provoqu&#233;es par ce revirement grotesque suit une bienfaisante hilarit&#233;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une demi heure plus tard, une jeune femme d&#233;boule dans la rue et la voix vibrante d'&#233;motion s'&#233;crie : &#171; Les Anglais sont l&#224; ! Ils sont &#224; la rue de Bruxelles ! &#187;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quoi peuvent bien ressembler ces dieux que la propagande nazie ne nous a montr&#233;s que morts ou prisonniers ?&lt;br /&gt;
Les gens du quartier se h&#226;tent vers la rue de Bruxelles, situ&#233;e &#224; moins de cent m&#232;tres de chez moi.&lt;br /&gt;
Le bruit d'une fusillade nourrie stoppe net la ru&#233;e. Encore quelques coups de feu suivis d'un silence intriguant. Le courant s'inverse, tout le monde se pr&#233;cipite vers son domicile et s'y calfeutre.&lt;br /&gt;
Mon p&#232;re et moi regardons dans la rue par le ch&#226;ssis grillag&#233; de la porte du magasin. Un soldat allemand tourne le coin de la rue qui relie la mienne &#224; la rue de Bruxelles. Il boite, titube, se rattrape aux portes des maisons, s'appuie sur les fa&#231;ades. Il s'assied sur le perron en pierre bleue de la maison situ&#233;e en face de notre poste d'observation. Avec lenteur il replie son pied gauche et en entoure la cheville de ses deux mains. Une aur&#233;ole sanglante colore son bas, une balle a fracass&#233; son pied. Il l&#232;ve plusieurs fois la t&#234;te au ciel comme pour en implorer une aide et pousse des r&#226;les &#224; plusieurs reprises. Inquiet, il tourne la t&#234;te sans arr&#234;t scrutant les deux c&#244;t&#233;s de la rue d'o&#249; pourrait surgir un nouveau danger. Un k&#233;pi &#224; longue visi&#232;re lui conf&#232;re encore une allure agressive et cela en d&#233;pit de son &#233;tat et l'absence d'armement.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mart&#232;lement de bottes prend naissance au coin de la rue, s'amplifie et s'approche. Trois r&#233;sistants en uniforme de toile beige viennent se placer face au bless&#233; et braquent sur lui une mitraillette Sten.&lt;br /&gt;
Apr&#232;s un bref conciliabule et une fouille rapide, deux d'entre eux rel&#232;vent le mis&#233;rable &#233;clop&#233;, l'entourent et placent ses bras sur leurs &#233;paules. Les quatre hommes s'&#233;loignent &#224; grands pas. La jambe inerte du bless&#233; rebondit sur les pav&#233;s dans un raclement de cr&#233;celle. Un quart d'heure plus tard, vers 16H30, mes parents, quelques voisins et moi reprenons le chemin de la rue de Bruxelles. Dans une rue adjacente, une femme jette des seaux d'eau sur une &#233;norme flaque de sang &#233;tal&#233;e sur un trottoir et balaie le liquide ros&#226;tre dans le caniveau. Elle nous explique qu'un militaire allemand s'est tra&#238;n&#233; sur une cinquantaine de m&#232;tres pour venir succomber devant sa porte. Elle ne cesse de se lamenter sur le sort affreux de ce tr&#232;s jeune soldat dont elle a entendu les derni&#232;res cris et r&#226;les. Elle ajoute qu'il faisait partie d'une &#233;quip&#233;e de militaires fuyant &#224; bord d'une voiture particuli&#232;re. D&#233;bouchant dans la rue de Bruxelles, ils se sont retrouv&#233;s face &#224; un char anglais arr&#234;t&#233; vers lequel s'avan&#231;aient des civils en joie.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'en suivit un combat rapide et in&#233;gal. Une mitrailleuse du char per&#231;a la voiture d'une multitude de projectiles, y semant la mort et la d&#233;solation. Un seul occupant se rendit, indemne. Les autres furent tu&#233;s ou bless&#233;s. L'&#233;clop&#233; de ma rue faisait partie de ces fuyards.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous atteignons le convoi des lib&#233;rateurs. Le bonheur que j'ai ressenti &#224; ce moment s'est greff&#233; &#224; tout jamais dans la m&#233;moire de mon c&#339;ur.&lt;br /&gt;
La foule entoure les chars et les jeeps &#224; l'arr&#234;t. Elle veut toucher le mat&#233;riel arborant une &#233;toile blanche &#224; cinq branches comme pour se persuader qu'elle ne r&#234;ve pas, que le cauchemar se termine. Des soldats se penchent, acceptent en souriant les fleurs que leurs tendent des mains fr&#233;n&#233;tiques. Des hommes et des femmes se hissent sur les chars et se glissent dans les jeeps et les chenillettes. Des jeunes filles embrassent leurs lib&#233;rateurs qui leur rendent leurs baiser avec une innocence toute feinte. Aux cris d'all&#233;gresse se m&#234;lent les pleurs des plus &#233;mus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les militaires alli&#233;s doivent reprendre la route. Les moteurs d&#233;marrent dans un nuage bleut&#233; de gaz d'&#233;chappement.&lt;br /&gt;
Et d&#233;filent sans fin les v&#233;hicules salu&#233;s par des centaines de mains. Le crissement des chenilles sur les pav&#233;s fait vibrer les vitres des maisons et fr&#233;mir mes entrailles. Quatre ann&#233;es de souffrances, de faim, de peur, d'humiliations, s'estompent dans les hurlements de joie que ne parvient pas &#224; surmonter le rugissement du charroi guerrier. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voiture allemande mitraill&#233;e a &#233;t&#233; pouss&#233;e dans une rue adjacente. Les impacts des balles ne peuvent se compter. La plupart des objets qu'elle contenait ont &#233;t&#233; enlev&#233;s par les habitants. Seuls y tra&#238;nent encore quelques v&#234;tements souill&#233;s de sang.&lt;br /&gt;
Une foule en liesse remplit les rues de la ville. Beaucoup de gens s'embrassent, rient, laissent &#233;clater leur bonheur avec une exaltation proche du d&#233;lire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le balcon de l'h&#244;tel de ville quatre femmes tondues font face aux passants. L'une d'elle pleure &#224; chaudes larmes. Des insultes et quolibets scabreux fusent de toute part. La vue de femmes chauves me stup&#233;fie et me heurte, je ne pouvais m'imaginer une femme tondue. Ma m&#232;re m'explique qu'elles se sont mal conduites avec des Allemands. Certaines en ont m&#234;me &#233;pous&#233;s.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attroupement &#233;trange sur la grande place, en face de la maison communale et le long de l'&#233;glise. Une cinquantaine de soldats &#224; l'uniforme inconnu conversent dans une langue baroque. On nous apprend que ce sont des prisonniers russes que les Allemands employaient dans un d&#233;p&#244;t de munition &#233;tabli au Bois de Strioux. L'occupant l'a fait sauter il y a quelques jours. Les Russes aimeraient qu'on les prenne en charge et qu'on les rapatrie rapidement. Mais personne ne semble se soucier d'eux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus loin, sur le perron d'une maison patricienne, un coiffeur s'affaire &#224; tondre la t&#234;te d'une femme. Cinq autres, sur le trottoir, attendent leur tour, certaines avec r&#233;signation. L'une d'elle est v&#234;tue d'une simple combinaison. Deux autres, parmi les plus jeunes, pleurent en se tenant par la main. Des s&#339;urs probablement. Des injures et quelques rires gras s'&#233;l&#232;vent de la foule : &#171; Salopes ! Putains ! &#187;. La plupart des spectateurs demeurent cependant silencieux. Une grande tristesse m'envahit. Leur crime a-t-il donc &#233;t&#233; si grave pour provoquer un tel ch&#226;timent, de telles humiliations ? La fille en combinaison me fait penser &#224; ma s&#339;ur lorsqu'elle se d&#233;shabillait le soir dans notre chambre commune. Au moment o&#249; elle &#244;tait ce sous-v&#234;tement, je devais tourner mon regard vers le mur. Le bruissement soyeux des dessous enflammait mon imagination de gamin et &#233;veillait d'impr&#233;cises envies &#224; l'&#233;rotisme inconscient.&lt;br /&gt;
Deux femmes arborent un cr&#226;ne totalement chauve. L'impitoyable tondeuse poursuit sa sinistre t&#226;che et se faufile dans la permanente d'une fille blonde. Elle alimente par une intermittente cascade de cheveux une mer ondoyante de m&#232;ches de tons divers &#233;tal&#233;es sur le perron.&lt;br /&gt;
Mes parents m'&#233;loignent de ce navrant spectacle qu'ils ne semblent d'ailleurs pas approuver.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des soldats de l'arm&#233;e secr&#232;te appel&#233;e aussi Arm&#233;e Blanche par opposition aux uniformes noirs des volontaires belges enr&#244;l&#233;s dans l'arm&#233;e nazie, encadrent un groupe de civils en marche. Tous portent une valise ou un baluchon. Ces hommes sont d'anciens collaborateurs avec l'ennemi. Des poings se l&#232;vent vers eux, des invectives fusent de partout.&lt;br /&gt;
La ville enti&#232;re se retrouve dans la rue. Pas un seul Enghiennois n'est demeur&#233; chez lui. Chacun savoure la libert&#233; retrouv&#233;e. Termin&#233;s les contr&#244;les d'identit&#233;, les rafles, la censure des m&#233;dias, la propagande agressive, les d&#233;nonciations vraies ou fausses, l'autocensure du verbe et de l'&#233;criture, les fouilles corporelles et des bagages avec des armes point&#233;es vers soi, le m&#233;pris de l'occupant, les prises et ex&#233;cutions d'otages, la bassesse des collaborateurs et autres tra&#238;tres, l'&#233;ducation tronqu&#233;e, la haine des Juifs, la Gestapo, la torture, la clandestinit&#233;, le camp de Breendonk, l'appr&#233;hension du jour m&#234;me et du lendemain. Bref, c'est le retour &#224; une vie d&#233;cente dont l'&#233;panouissement va pouvoir se d&#233;velopper dans le cadre de la d&#233;mocratie renaissante. Le soulagement est immense, l'espoir proche de la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre : &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article476' class='spip_in'&gt;La lib&#233;ration : 4 septembre 44&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La lib&#233;ration : 4 septembre 1944 (Adrien)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article476</link>
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		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;(lire le d&#233;but de l'article : La lib&#233;ration 3 septembre 44) &lt;br class='autobr' /&gt;
Lundi 4 septembre, Enghien &lt;br class='autobr' /&gt;
Accompagn&#233; de mon neveu Joseph, je parcours les rues de la ville. Des interminables convois alli&#233;s traversent la cit&#233; en direction de Bruxelles dont l'avant-garde des troupes anglaises a atteint les portes hier soir. &lt;br class='autobr' /&gt; Fabriqu&#233;s &#224; la h&#226;te, de nombreux drapeaux belges, am&#233;ricains, anglais, fran&#231;ais et russes font &#233;clater leurs couleurs vives sur les fa&#231;ades des maisons, joyeux bariolages qui ajoutent encore &#224; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique80" rel="directory"&gt;La lib&#233;ration (Adrien)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot191" rel="tag"&gt;Guerre 40-45&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L143xH150/arton476-9cda6.jpg?1776944612' width='143' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;(lire le d&#233;but de l'article : &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article475' class='spip_in'&gt;La lib&#233;ration 3 septembre 44&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 4 septembre, Enghien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Accompagn&#233; de mon neveu Joseph, je parcours les rues de la ville. Des interminables convois alli&#233;s traversent la cit&#233; en direction de Bruxelles dont l'avant-garde des troupes anglaises a atteint les portes hier soir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fabriqu&#233;s &#224; la h&#226;te, de nombreux drapeaux belges, am&#233;ricains, anglais, fran&#231;ais et russes font &#233;clater leurs couleurs vives sur les fa&#231;ades des maisons, joyeux bariolages qui ajoutent encore &#224; l'atmosph&#232;re ambiante de f&#234;te.&lt;br /&gt;
Le ciel bleu arbore toujours un soleil &#233;clatant.&lt;br /&gt;
Joseph et moi faisons le point de tous les r&#233;cits qui nous sont parvenus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier matin, les Allemands au cours de leur d&#233;b&#226;cle ont abattu un cheval &#233;puis&#233; sur une place de la ville. De nombreuses personnes se sont ru&#233;es sur la b&#234;te et se sont livr&#233;es &#224; son &#233;quarrissage avec des moyens de fortune. Des m&#233;nag&#232;res sont rentr&#233;es chez elles, le cabas rempli, les mains couvertes de sang.&lt;br /&gt;
Plusieurs combats violents se sont d&#233;roul&#233;s entre les militaires allemands et l'Arm&#233;e Blanche. Toutes les victimes belges ne seraient pas des partisans. Un groupe d'hommes surpris par les SS &#224; piller des chevaux et du mat&#233;riel militaire a &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233; sur la place de leur d&#233;lit.&lt;br /&gt;
Mais pour les Enghiennois aucune distinction ne sera faite entre les h&#233;ros et les autres. En effet, est-ce un forfait que de d&#233;lester l'ennemi de ses biens ? Une aura patriotique enveloppe d&#233;j&#224; toutes les actions qui ont &#233;t&#233; entreprises envers l'adversaire. Et puis, la conscience ne s'accommode-t-elle pas toujours de transgressions qu'elle rel&#232;gue avec facilit&#233; au rayon des fautes v&#233;nielles ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Labliau, Gerald Sorensen, un aviateur am&#233;ricain recueilli par une famille belge avait rejoint la r&#233;sistance locale, le maquis de Saint Marcoult. Son avion, une forteresse volante B17 dont il &#233;tait le mitrailleur de queue, avait &#233;t&#233; abattu en mai 1944 pr&#232;s d'Enghien. Il a &#233;t&#233; tu&#233; hier, au combat, avec huit de ses r&#233;cents compagnons d'armes dont le fils de sa famille d'accueil. Le maquis de Saint-Marcoult s'est vaillamment illustr&#233; dans plusieurs engagements avec l'ennemi. Ces r&#233;sistants ont fait prisonniers environ 1750 soldats allemands.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon beau-fr&#232;re Charles, &#224; l'insu de toute sa famille et de son &#233;pouse, faisait partie de l'arm&#233;e secr&#232;te. Hier apr&#232;s-midi il a fait le coup de feu sur les Allemands dans les environs de Rebecq. Il accompagnait des artilleurs anglais. Deux chars allemands ont &#233;t&#233; mis hors de combat. Bricoleur de g&#233;nie, Charles, &#224; l'aide d'un tournevis improvis&#233;, a enlev&#233; le p&#233;riscope d'un des chars. Il reste tr&#232;s discret sur ses activit&#233;s de soldat de l'ombre. Ma s&#339;ur nous a racont&#233; qu'il poss&#233;dait un pistolet am&#233;ricain parachut&#233; avec d'autres armes et munitions par une nuit claire, pr&#232;s de Saint-Marcoult. Il poss&#232;de &#233;galement un ceinturon ayant appartenu &#224; un soldat de la Croix-Rouge allemande. Pendant toute la dur&#233;e de la guerre, il a tenu secret le fait qu'il avait abattu un soldat allemand en 1940. Il en a parl&#233; hier, tout en restant discret sur les circonstances de cet acte. A-t-il tu&#233; d'autres ennemis ? Il n'a pas &#233;t&#233; possible de le savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Brigade Piron a pass&#233; la nuit &#224; Enghien. Leur accueil par la population tenait du d&#233;lire. &lt;br /&gt;
Des tentes militaires pars&#232;ment le parc communal ainsi que le grand parc, propri&#233;t&#233; du baron Empain. Devant la st&#232;le du monument aux morts de la guerre 14-18, &#224; l'entr&#233;e du premier parc, la Wehrmacht a abandonn&#233; un nebelwerfer, textuellement lanceur de brouillard. Il s'agit d'un canon &#224; six f&#251;ts dispos&#233;s en cercle. L'engin est capable de lancer en quelques secondes six roquettes de gros calibre sur une cible distante de six mille m&#232;tres. Les Russes l'appellent &#171; orgues de Staline &#187;. Avec d'autres enfants nous essayons de d&#233;placer la pi&#232;ce d'artillerie. Un soldat anglais sorti d'on ne sait o&#249; nous fait signe de nous &#233;loigner de cette arme redoutable. Nous l'abandonnons &#224; regret et essayons de p&#233;n&#233;trer dans le grand parc mais l&#224; &#233;galement une sentinelle, par des gestes significatifs, nous ordonne de prendre le large. &lt;br /&gt;
D&#233;pit&#233;s, Joseph et moi d&#233;cidons de nous rendre au lieu-dit Le Patriote. Comme un cycliste nous l'avait signal&#233; hier, de rudes combats s'y sont d&#233;roul&#233;s et une colonne allemande y a &#233;t&#233; totalement d&#233;cim&#233;e par un avion alli&#233;, celui qui nous a survol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cimeti&#232;re communal se trouve sur notre chemin. Une grande animation r&#232;gne &#224; son entr&#233;e. Nous en demandons la cause au gardien des lieux. Il nous explique qu'on creuse une grande fosse commune pour y ensevelir tous les soldats germaniques tu&#233;s au cours des combats d'hier. Il rejette avec vigueur notre demande d'assister &#224; l'inhumation. &#171; Ce n'est pas un spectacle pour les enfants ! &#187;. D&#233;cid&#233;ment, la journ&#233;e s'annonce &#171; enfants non admis &#187;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Patriote, l'Apocalypse semble avoir envoy&#233; ses quatre cavaliers exterminateurs. La sc&#232;ne qui s'&#233;tale devant nos yeux nous effare autant qu'elle nous &#233;merveille. Un grand nombre de chenillettes et de camions allemands, la plupart carbonis&#233;s, jonchent les abords de la route. Un impressionnant canon comme ceux que j'ai vu aux actualit&#233;s, cribl&#233; d'impacts, pointe son f&#251;t vers le ciel. Et l&#224;, par bonheur, aucun adulte pour nous interdire l'acc&#232;s au mat&#233;riel militaire d&#233;vast&#233;. Avec d'autres enfants, nous nous pr&#233;cipitons sur ce champ de bataille grandeur nature et nous y livrons au simulacre ludique de la guerre. Je me suis r&#233;fugi&#233; dans une chenillette. Un genou pos&#233; dans des d&#233;combres carbonis&#233;s, partiellement cach&#233; par les flancs rehauss&#233;s de l'engin, je lance des s&#233;ries de tacatac et de pan pan vers mes ennemis. Ils se sont r&#233;fugi&#233;s dans d'autres v&#233;hicules ou derri&#232;re le canon. R&#233;aliser que de nombreux soldats ont &#233;t&#233; tu&#233;s ou bless&#233;s hier &#224; cet endroit et peut-&#234;tre m&#234;me dans ce char d&#233;cuple mon plaisir. Mais la petite guerre prend fin non pas faute de combattants mais faute de victimes. Personne, en effet, ne veut s'identifier aux vaincus de la bataille. Un de mes ennemis de jeu me signale que deux canons intacts ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s devant le coll&#232;ge Saint Augustin &#224; la suite d'un combat entre Allemands et maquisards. En route donc vers ce nouveau centre d'int&#233;r&#234;t.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En chemin, nous nous arr&#234;tons devant la grille d'un couvent situ&#233; &#224; proximit&#233; de l'&#233;tang de la Dodane, vestige d'une douve m&#233;di&#233;vale. L'endroit a &#233;t&#233; transform&#233; en h&#244;pital. Deux brancardiers allemands effectuent un transport particulier vers un petit b&#226;timent isol&#233;. Un cadavre recouvert d'une couverture g&#238;t sur leur civi&#232;re. Son k&#233;pi et quelques effets personnels dont un portefeuille s'&#233;talent &#224; ses c&#244;t&#233;s. Un bras s'est d&#233;gag&#233; de la couverture et s'agite mollement dans le vide au gr&#233; des balancements du brancard. Nous ne doutons pas qu'ici &#233;galement les enfants sont ind&#233;sirables et nous nous rendons au coll&#232;ge.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le long de la fa&#231;ade du b&#226;timent deux canons abandonn&#233;s semblent attendre le retour de leurs servants. Nouveau miracle, aucun surveillant &#224; l'horizon pour nous emp&#234;cher d'assouvir nos envies guerri&#232;res. Et les fantassins de tout &#224; l'heure se muent en d'habiles artilleurs. Aucune manette, aucun levier, aucune manivelle qui ne soit lev&#233;e, abaiss&#233;e ou tourn&#233;e en tous sens. La fiert&#233; devait briller dans mes yeux lorsque je parvins &#224; hausser ou &#224; descendre le f&#251;t d'un des canons.&lt;br /&gt;
Nous d&#233;cidons d'essayer de nous introduire dans le coll&#232;ge transform&#233; en h&#244;pital. Mais une animation provoqu&#233;e par un d&#233;part de soldats l&#233;g&#232;rement bless&#233;s vers un camp de prisonniers ainsi qu'une sentinelle post&#233;e devant la porte d'entr&#233;e des lieux nous en dissuade. Nous nous livrerons &#224; une autre tentative demain.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos p&#233;r&#233;grinations se poursuivent par la visite de notre &#233;cole r&#233;quisitionn&#233;e par l'arm&#233;e anglaise. Nous demandons au directeur de l'&#233;tablissement que nous apercevons dans la cour de r&#233;cr&#233;ation de nous permettre une rapide visite des lieux. Il accepte et profite de l'opportunit&#233; pour nous signaler qu'il d&#233;sire que nous assistions &#224; l'enterrement prochain des victimes enghiennoises. Il nous annonce &#233;galement que des classes provisoires seront ouvertes sans tarder dans des &#233;tablissements publics. Je croise le regard de Joseph qui en dit long sur l'absence d'enthousiasme provoqu&#233;e par ces nouvelles.&lt;br /&gt;
Le pr&#233;au de la cour des gar&#231;ons abrite une cuisine roulante. Il est quatre heures. Une odeur agr&#233;able qui m'est inconnue s'&#233;chappe d'une grande cuve fumante. Un cuistot nous accoste, une louche et deux cruchons en aluminium &#224; la main et par gestes nous propose ce qu'il appelle du &#171; tea &#187;. Suffisamment fut&#233;s pour deviner qu'il s'agit de th&#233; nous acceptons avec une joie non dissimul&#233;e. Nous ne connaissons cette boisson que de nom. Arros&#233; de lait en poudre et lest&#233; de sucre ce breuvage s'av&#232;re d&#233;licieux. Joseph s'adresse au cuisinier et sort la phrase que tout enfant a vite fait d'apprendre et qui tend d&#233;j&#224; vers l'universalit&#233; : &#171; Chocolat' for mama, cigaret' for papa, chwingom for m&#238; &#187;. Je m'interrogerai plus tard sur l'orthographe de ces mots. Pour le moment seule compte leur prononciation. Et cette derni&#232;re n'a pu &#234;tre prise en d&#233;faut car nous quittons l'&#233;cole les poches pleines de friandises, de cigarettes Players et de menus souvenirs militaires. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joseph propose de nous rendre au bois de Strioux o&#249; le d&#233;p&#244;t allemand de munitions a explos&#233;. Il doit bien y tra&#238;ner encore quelques objets int&#233;ressants. Mais il est temps de rentrer &#224; la maison. La visite est remise &#224; demain. Il nous reste &#233;galement &#224; jeter un coup d'&#339;il sur plusieurs camps de prisonniers de guerre ainsi que, si possible, sur l'h&#244;pital du coll&#232;ge.&lt;br /&gt;
Nous convenons de ne raconter &#224; nos parents qu'une partie de nos activit&#233;s. Avant de partir, nous avions, en effet, d&#251; promettre de ne toucher &#224; aucun objet d'origine militaire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma m&#232;re a rouvert le magasin mais les denr&#233;es manquent toujours. Elle m'annonce que Bruxelles a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e aujourd'hui. Elle me signale &#233;galement qu'un bal populaire sera organis&#233; samedi soir &#224; la place de la station, au milieu des ruines du bombardement de mai 1940. Les organisateurs n'ont pas le choix de l'endroit, toutes les autres places de la ville sont encombr&#233;es de tentes et de mat&#233;riel appartenant &#224; l'arm&#233;e de lib&#233;ration.&lt;br /&gt;
Mon p&#232;re a pr&#233;sent&#233; ses services de cuisinier aux Anglais et a &#233;t&#233; enr&#244;l&#233; &#224; la cantine des officiers, au grand parc. Il commence demain. Ce sera sa premi&#232;re fr&#233;quentation de la gent militaire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon beau fr&#232;re Pierre s'est promen&#233; toute la journ&#233;e dans la ville, ne voulant perdre aucune parcelle de sa libert&#233; retrouv&#233;e. Il aspire &#224; oublier sa longue s&#233;questration et les p&#233;nibles moments pass&#233;s dans sa cachette sous l'&#233;vier de sa cuisine. La menace de retourner en Allemagne comme travailleur obligatoire s'est soudainement et d&#233;finitivement &#233;vapor&#233;e.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La joie g&#233;n&#233;rale qui a explos&#233; hier s'est mu&#233;e en un bonheur serein.&lt;br /&gt;
Je vis intens&#233;ment le moment pr&#233;sent. Quoi qu'il advienne, le futur sera pr&#233;f&#233;rable au pass&#233;. &lt;br /&gt;
Le western va bient&#244;t se terminer et le mot &#171; Fin &#187; va s'inscrire sur les derniers m&#232;tres de la pellicule. Les &#171; m&#233;chants &#187; ont parfaitement interpr&#233;t&#233; leur r&#244;le. Les &#171; bons &#187; se sont montr&#233;s parfois d&#233;cevants. Leurs rangs ont souvent &#233;t&#233; infiltr&#233;s par des f&#233;lons. Mais comme souvent la cavalerie est apparue alors que tout semblait perdu. Les &#171; mauvais &#187; et les tra&#238;tres subiront bient&#244;t le ch&#226;timent m&#233;rit&#233;.&lt;br /&gt;
Assis dans le fauteuil, mon chat sur les genoux, j'&#233;coute la radio d'o&#249; filtre une entra&#238;nante musique am&#233;ricaine.&lt;br /&gt;
Je sors mon butin de guerre de mes poches. Son inventaire me procure une voluptueuse impression de richesse : deux tablettes de chewing gum, le reste d'un morceau de chocolat, une douille de cartouche, un galon de caporal, une cigarette &#233;cras&#233;e, un penny et un insigne de b&#233;ret britannique.&lt;br /&gt;
Le ciel teinte de couleur bleue le toit vitr&#233; de la v&#233;randa. Le chat ronronne, les pigeons entament une sarabande autour de mon p&#232;re.&lt;br /&gt;
Je me tiens coi, de crainte de briser ce nouvel enchantement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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