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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>Aujourd'hui (Adrien)</title>
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		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Mes premiers amours&#034;, &#233;crit par Adrien Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ignore totalement ce qu'il est advenu de Gaby. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui il ne me reste d'elle que son image en miniature sur une petite photo aux bords rogn&#233;s. Je contemple &#224; la loupe le visage de mon premier amour. J'y reconnais son regard et sa bouche mutines. Et une foule de souvenirs se bousculent dans mon c&#339;ur suivis de regrets persistants ainsi que de m&#233;pris, fille a&#238;n&#233;e de la haine. M&#233;pris de ceux qui nous ont (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique79" rel="directory"&gt;Mes premiers amours (Adrien)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH100/arton463-e8fb7.jpg?1776944612' width='150' height='100' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Mes premiers amours&#034;, &#233;crit par Adrien &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique79' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ignore totalement ce qu'il est advenu de Gaby.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui il ne me reste d'elle que son image en miniature sur une petite photo aux bords rogn&#233;s. Je contemple &#224; la loupe le visage de mon premier amour. J'y reconnais son regard et sa bouche mutines. Et une foule de souvenirs se bousculent dans mon c&#339;ur suivis de regrets persistants ainsi que de m&#233;pris, fille a&#238;n&#233;e de la haine. M&#233;pris de ceux qui nous ont tant bless&#233;s en confondant biens&#233;ance et apparences, pudeur et pudibonderie. M&#233;pris aussi d'une p&#233;riode o&#249; s&#233;vissaient des pr&#233;cepteurs religieux et la&#239;cs dont la morale born&#233;e avait pris naissance en de lointaines nuits d'obscurantisme. Cette morale, ils la voulaient intangible quel qu'en soit le prix, fut-ce celui de l'hypocrisie. M&#233;pris encore pour la b&#234;tise des &#234;tres persuad&#233;s de d&#233;tenir la v&#233;rit&#233; et d&#233;cid&#233;s &#224; maintenir au fond de son puits la seule v&#233;rit&#233;, celle aux mille visages et au corps nu.&lt;br /&gt;
O&#249; es-tu ma petite rousse aux rires &#233;clatants, muse &#233;ph&#233;m&#232;re de mes premi&#232;res lettres d'amour, princesse au bois dormant replong&#233;e dans le sommeil sit&#244;t r&#233;veill&#233;e ? Te souviens-tu encore de la premi&#232;re rencontre de nos regards, du premier fr&#244;lement de nos mains, du premier contact de nos l&#232;vres, de la sensualit&#233; retenue de nos premiers attouchements par trop pudiques ?&lt;br /&gt;
Sais-tu que notre &#233;cole a &#233;t&#233; d&#233;molie r&#233;cemment ? Qu'il ne subsiste rien du pr&#233;au sous lequel tu t'abritais, &#224; la limite de la pluie, afin que je puisse te contempler &#224; sati&#233;t&#233;, mon arrosoir &#224; la main.&lt;br /&gt;
Qu'il ne reste rien du cabinet d'aisances que je transformais, en me pin&#231;ant le nez, en salon de lecture pour y d&#233;chiffrer tes doux billets ?&lt;br /&gt;
Peu avant la d&#233;molition, par un dimanche maussade, accompagn&#233; de mon chien, je me suis rendu &#224; mon ancienne cour de r&#233;cr&#233;ation. Le pr&#233;au y avait &#233;t&#233; transform&#233; en garages. Avec mon yorkshire en laisse j'ai fait le parcours du carr&#233; rouge des punis o&#249; j'ai tourn&#233; un jour, les bras crois&#233;s, parce que j'avais commis l'impudence de t'aimer. Je me suis replac&#233; devant les larges vitres de la classe maternelle et ton image sautillante d'adorable adolescente m'est apparue. Je t'ai fait le signe conventionnel de la main attendant en retour ton baiser stylis&#233; mais tu ne m'as pas r&#233;pondu. Ton fant&#244;me s'est confondu dans le crachin d'une apr&#232;s-midi d'automne. Peut-&#234;tre n'a tu pas reconnu,apr&#232;s plus d'un demi-si&#232;cle de s&#233;paration, l'amoureux passionn&#233; de tes treize ans. &lt;br /&gt;
Et je suis reparti avec mon chien et mon vieux r&#234;ve inabouti, heureux de la derni&#232;re vision d'un amour ancien mais toujours pr&#233;sent &#224; un d&#233;tour de mes souvenirs. D'un amour qui fut mon premier et dont le parfum enivrant me poursuit toujours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Autant en emporte le vent (Adrien)</title>
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		<dc:date>2008-08-28T08:57:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Chr&#233;tien.ne (&#234;tre)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Mes premiers amours&#034;, &#233;crit par Adrien Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Un mercredi apr&#232;s-midi, je suis convoqu&#233; chez un p&#232;re j&#233;suite fran&#231;ais dans le jardin d'un des nombreux couvents qui pars&#232;ment la ville. Cet eccl&#233;siastique se rend parfois dans notre classe, d'une fa&#231;on informelle, pour essayer de nous faire saisir le lien rarement &#233;vident entre les th&#233;ories chr&#233;tiennes dont nous avons &#233;t&#233; gav&#233;s et leur application dans la vie courante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant que nous nous promenons, entour&#233;s de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot186" rel="tag"&gt;Chr&#233;tien.ne (&#234;tre)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH100/arton462-86e63.jpg?1776944612' width='150' height='100' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Mes premiers amours&#034;, &#233;crit par Adrien &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique79' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un mercredi apr&#232;s-midi, je suis convoqu&#233; chez un p&#232;re j&#233;suite fran&#231;ais dans le jardin d'un des nombreux couvents qui pars&#232;ment la ville. Cet eccl&#233;siastique se rend parfois dans notre classe, d'une fa&#231;on informelle, pour essayer de nous faire saisir le lien rarement &#233;vident entre les th&#233;ories chr&#233;tiennes dont nous avons &#233;t&#233; gav&#233;s et leur application dans la vie courante.&lt;br /&gt;
Pendant que nous nous promenons, entour&#233;s de gamins se disputant un ballon de foot, il me parles de choses insignifiantes. Puis soudain, il attaque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Je suis au courant de ton aventure avec une fille de ton &#233;cole. Avant tout je voudrais te dire que j'ai fait part &#224; ton directeur combien j'estimais les punitions disproportionn&#233;es &#224; la faute.&lt;br /&gt;
On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Mon p&#232;re, est-ce une faute que d'aimer une fille de mon &#226;ge ?&lt;br /&gt;
En vrai j&#233;suite il r&#233;plique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; C'est une faute et ce n'est pas une faute. C'est en tout cas un &#233;garement. Dieu t'a trac&#233; une voie et tu t'en es &#233;cart&#233; exag&#233;r&#233;ment. Tu as cru trop t&#244;t entendre l'appel de l'amour. Il faut une certaine maturit&#233; pour approcher une fille comme tu l'as fait. Tes sentiments sont probablement moins spontan&#233;s que tu le crois. Ne seraient-ils pas uniquement le fruit d'une transformation physique dont tu fais l'objet comme tous les autres gar&#231;ons de ton &#226;ge ?&lt;br /&gt;
Le sermon commence &#224; me peser. J'ai plut&#244;t envie de jouer au ballon avec les autres enfants alors que le football m'int&#233;resse autant qu'un concerto de cithare et castagnettes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Et puis, vois-tu mon fils, l'amour qui est une &#233;manation divine a &#233;t&#233; partiellement r&#233;cup&#233;r&#233; par Satan. C'est lui qui fait se d&#233;vier les sentiments au moment o&#249; le corps aspire &#224; de nouvelles d&#233;couvertes, &#224; l'approche des filles.&lt;br /&gt;
Je n'ai pas envie de pr&#234;ter le flanc &#224; ces insinuations. Comment !? Ce serait le prince des t&#233;n&#232;bres qui m'aurait pouss&#233; dans les bras de Gaby, qui aurait fait exploser cet irr&#233;sistible &#233;moi, qui aurait ouvert mon c&#339;ur &#224; une forme jusque l&#224; inconnue de l'amour. Si c'est lui l'auteur de tout ces d&#233;licieux moments je lui vouerai une reconnaissance sans bornes. Toute cette d&#233;rision fait na&#238;tre sur mon visage un sourire qui n'&#233;chappe gu&#232;re &#224; mon interlocuteur. Peut &#234;tre en suppose-t-il une origine d&#233;moniaque ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Je ne vais pas te retenir plus longtemps. Je prierai pour toi et demanderai &#224; Dieu qu'il te fasse d&#233;couvrir le juste chemin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Puis-je poser une question mon p&#232;re ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Mais bien &#233;videmment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Ai-je v&#233;ritablement p&#233;ch&#233; en aimant une fille ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Et toi, crois-tu avoir p&#233;ch&#233; ?&lt;br /&gt;
J'apprend ainsi qu'une des m&#233;thodes pr&#233;f&#233;r&#233;es des j&#233;suite consiste &#224; r&#233;pondre &#224; une question par une autre question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Non mon p&#232;re et je ne compte pas m'en confesser. D'ailleurs, puis-je encore aller &#224; confesse tant que je ressentirai envers ceux qui me font vivre mes tourments une haine profonde ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Questionne ta conscience mon fils, elle te conseillera.&lt;br /&gt;
Je quitte le fastidieux personnage dont le pr&#234;che ne m'a convaincu d'aucune mani&#232;re. &lt;br /&gt;
L'image de Gaby ne m'a pas quitt&#233; durant cet entretien. Je sens &#224; nouveau un sourire s'imprimer sur mes l&#232;vres. Mais peut-&#234;tre est-ce encore une man&#339;uvre de Satan pour acqu&#233;rir mon amiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la maison mes parents ont repris leurs esprits et n'abordent plus jamais le sujet qui les a &#233;galement chamboul&#233;s.&lt;br /&gt;
Deux semaines apr&#232;s le triste bouleversement, j'ai l'occasion d'approcher Gaby d'un peu plus pr&#232;s.&lt;br /&gt;
La statue originale de la vierge de Fatima sera d&#233;ambul&#233;e un dimanche par les rues de la ville et fera un arr&#234;t &#224; chacune des &#233;coles. Le directeur a insist&#233; pour que le plus grand nombre d'&#233;l&#232;ves assiste &#224; l'&#233;v&#233;nement. Mais comme la manifestation aura lieu un dimanche, aucune pr&#233;sence n'est obligatoire. Gaby et moi serons pr&#233;sents. Nous ne voulons rater aucune occasion de nous revoir.&lt;br /&gt;
Les &#233;l&#232;ves dispos&#233;s dans la cour de l'&#233;cole des filles, les gar&#231;ons d'une part, les filles de l'autre attendent l'arriv&#233;e de la procession. Une table recouverte d'une nappe blanche, pos&#233;e entre les deux groupes, en face de la classe de la maternelle, recueillera la statue de la vierge Marie. Des banni&#232;res et oriflammes d&#233;corent la fa&#231;ade du b&#226;timent.&lt;br /&gt;
Gaby est pr&#233;sente &#224; c&#244;t&#233; de sa s&#339;ur. Je puis enfin la fixer sans risquer la moindre remarque ou punition. Nous ne nous quitterons pas des yeux jusqu'&#224; la fin de la c&#233;r&#233;monie et ne cesserons de nous sourire.&lt;br /&gt;
J'ai peur de l'apercevoir pour la derni&#232;re fois.&lt;br /&gt;
Des chants d'abord lointains, puis proches annoncent l'arriv&#233;e du cort&#232;ge virginal.&lt;br /&gt;
La statue p&#233;n&#232;tre dans l'enceinte de l'&#233;cole port&#233;e par quatre hommes. Elle est suivie par le doyen, de trois cur&#233;s, de deux enfants de choeur et d'une l&#233;gion de religieuses provenant de tous les couvents de la ville.&lt;br /&gt;
J'observe le doyen pendant un court instant. Sa pr&#233;sence m'indiff&#232;re totalement. Le probl&#232;me qu'il m'a pos&#233; en &#233;t&#233; me semble d&#233;j&#224; lointain. J'esp&#232;re que la solennit&#233; durera longtemps pour rester longuement en contemplation devant Gaby.&lt;br /&gt;
Apr&#232;s de nombreux discours, chants, pri&#232;res et g&#233;nuflexions le doyen adresse un dernier hommage &#224; la vierge. Le cort&#232;ge se remet en route vers une autre &#233;cole.&lt;br /&gt;
Mon c&#339;ur devient lourd comme un lingot de plomb. Les groupes se disloquent. Gaby qui marche devant moi dans la foule retourne la t&#234;te &#224; maintes reprises. Je risque des signes de la main, personne ne peut deviner &#224; qui ils sont destin&#233;s. Je la revois &#224; la rue flanqu&#233;e de sa s&#339;ur et de son p&#232;re et les suis jusqu'&#224; un carrefour o&#249; l'affluence se disperse. Un dernier regard, un dernier geste de la main, une derni&#232;re pose de doigts sur la bouche et mon amour dispara&#238;t, peut &#234;tre &#224; jamais. &lt;br /&gt;
Le lendemain matin, &#224; la cour de r&#233;cr&#233;, Henri m'annonce avec une tristesse qu'il ne peut dissimuler que son oncle a d&#233;cid&#233; de placer sans d&#233;lai ses filles dans un pensionnat &#224; Hal.&lt;br /&gt;
Mes yeux explosent de larmes, ma vue se trouble, un geignement strident s'&#233;chappe de ma gorge.&lt;br /&gt;
Je traverse les hordes d'enfants qui jouent en lan&#231;ant des cris joyeux, me heurte aux plus turbulents d'entre eux et quitte la cours au moment o&#249; la sonnerie de fin de r&#233;cr&#233;ation retentit. Je prends le chemin de mon domicile en pleurant de plus belle et en r&#233;p&#233;tant sans cesse le nom de Gaby. Je r&#233;alise que j'ai oubli&#233; mon cartable sur le seuil d'une fen&#234;tre de l'&#233;cole mais cela me laisse totalement indiff&#233;rent.&lt;br /&gt;
Ma m&#232;re en me voyant entrer a saisi l'ampleur de ma d&#233;tresse. Depuis quelque temps d&#233;j&#224; elle avait senti l'arriv&#233;e de l'orage et s'&#233;tait montr&#233;e plus compr&#233;hensive envers moi. Elle me serre contre elle comme lorsque petit enfant j'&#233;tais afflig&#233; d'une grande peine. A ses mots de consolation se m&#234;lent des mots de regrets. Elle ne me pose aucune question et me conseille de pleurer tout mon saoul. Elle me dit aussi de ne pas m'en faire, qu'elle avertira le directeur de l'&#233;cole que mon absence est due &#224; un probl&#232;me de sant&#233;. &lt;br /&gt;
Lorsque mon p&#232;re rentre de son travail, ma m&#232;re l'attire &#224; la cour o&#249; elle lui relate mon retour path&#233;tique. Mon p&#232;re vient se placer devant moi, place ses mains sur mes &#233;paules et me dit d'une voix tendre : &#171; Pardonne-moi. J'esp&#232;re que tu sera bient&#244;t grand. &#187;&lt;br /&gt;
Le lendemain je retourne &#224; l'&#233;cole. Un photographe expose &#224; la cour des clich&#233;s pris pendant la c&#233;r&#233;monie dominicale. Sur une des photos je reconnais Gaby et Georgette. Gaby y appara&#238;t de face. Le diam&#232;tre de sa figure ne d&#233;passe pas le millim&#232;tre mais le doute n'est pas permis c'est bien elle et elle semble me regarder. Je passe imm&#233;diatement commande de la photo.&lt;br /&gt;
Quand elle me parvient, je la glisse dans le tiroir de ma table de nuit en me jurant de la garder jusqu'&#224; la fin de mes jours.&lt;br /&gt;
Pendant quelques mois encore, Henri fera suivre nos correspondances. Comme il ne rencontre Gaby qu'environ une fois par mois nos d&#233;p&#234;ches finissent par s'espacer. Elles seront inexistantes pendant la p&#233;riode des vacances. Notre amour s'effiloche, inexorablement. L'ann&#233;e scolaire suivante sera la derni&#232;re que je passerai en compagnie d'Henri. Les nouvelles se feront de plus en plus rares Le temps meurtrier aura raison des derniers vestiges de notre amour d'adolescents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article463' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au grand jour (Adrien)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article461</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Mes premiers amours&#034;, &#233;crit par Adrien Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Fin novembre, un d&#233;but de soir&#233;e comme tant d'autres. Je suis attabl&#233; devant mes devoirs, mon p&#232;re lit son journal dans le fauteuil pr&#232;s du feu, le chat dort douillettement blotti dans son bac pos&#233; derri&#232;re le po&#234;le de Louvain. Au magasin, le chaland se livre &#224; des emplettes. &lt;br class='autobr' /&gt;
La t&#234;te de ma m&#232;re appara&#238;t par l'entreb&#226;illement de la porte. Elle me regarde comme si j'&#233;tais diff&#233;rent du fils qu'elle aper&#231;oit tous les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique79" rel="directory"&gt;Mes premiers amours (Adrien)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot142" rel="tag"&gt;Ecole, &#233;tudes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Education hors &#233;cole&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH100/arton461-538da.jpg?1776944612' width='150' height='100' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Mes premiers amours&#034;, &#233;crit par Adrien &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique79' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fin novembre, un d&#233;but de soir&#233;e comme tant d'autres. Je suis attabl&#233; devant mes devoirs, mon p&#232;re lit son journal dans le fauteuil pr&#232;s du feu, le chat dort douillettement blotti dans son bac pos&#233; derri&#232;re le po&#234;le de Louvain. Au magasin, le chaland se livre &#224; des emplettes.&lt;br /&gt;
La t&#234;te de ma m&#232;re appara&#238;t par l'entreb&#226;illement de la porte. Elle me regarde comme si j'&#233;tais diff&#233;rent du fils qu'elle aper&#231;oit tous les jours.&lt;br /&gt;
Elle s'adresse &#224; mon p&#232;re.&lt;br /&gt;
&#171; Jacques, tu peux venir un instant au magasin ? &#187;&lt;br /&gt;
Je continue mes devoirs mais ou bout d'un quart d'heure, l'absence prolong&#233;e de mon p&#232;re commence &#224; m'intriguer. A pas feutr&#233;s je me glisse dans le local de r&#233;serve contigu &#224; l'&#233;choppe.&lt;br /&gt;
Une conversation &#224; voix &#233;touff&#233;es entre trois personnes se d&#233;roule dans la boutique. Je ne per&#231;ois pas le sujet du colloque mais reconnais la voix assourdie de la troisi&#232;me personne. Elle appartient au directeur de mon &#233;cole. Je regagne la salle &#224; manger et me replonge dans mes devoirs.&lt;br /&gt;
La sonnerie automatique de la porte signale le d&#233;part du dirigeant scolaire et mes parents r&#233;apparaissent. Mon p&#232;re a l'air abattu, ma m&#232;re a troqu&#233; le sourire dont elle se d&#233;partit rarement contre une mine que je ne lui connaissait pas, celle d'un garde-chiourme de Cayenne contrari&#233; par l'&#233;vasion d'un prisonnier.&lt;br /&gt;
C'est mon p&#232;re qui s'exprime en premier lieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Ainsi donc, tu vas &#224; la messe tous les matins.&lt;br /&gt;
Je m'effondre sur ma chaise. La catastrophe appr&#233;hend&#233;e a surgi et j'en pressens d&#233;j&#224; les lourdes cons&#233;quences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Ben oui, pourquoi ?&lt;br /&gt;
Une main dont je n'imaginais ni l'&#233;norme envergure ni la force de frappe s'abat violemment sur ma joue.&lt;br /&gt;
Des larmes jaillissent de mes yeux, je ne puis emp&#234;cher des pleurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Menteur ! Que faisais-tu tous les matins au lieu d'assister &#224; la messe comme tu l'avais annonc&#233; ?&lt;br /&gt;
Que r&#233;pondre ? Il vaut mieux continuer &#224; pleurer pour gagner du temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; . Je vais te le dire moi : tu courais les filles !&lt;br /&gt;
Je garde le silence.&lt;br /&gt;
Les verbes conjugu&#233;s &#224; l'imparfait me donnent la chair de poule.&lt;br /&gt;
Ma m&#232;re intervient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Il ne courait qu'une fille &#224; ce que je sache.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Il y a un d&#233;but &#224; tout m&#234;me aux mauvaises choses. Ce n'est pas croyable ! A son &#226;ge !&lt;br /&gt;
Je parviens &#224; d&#233;biter une phrase entrecoup&#233;e de nombreux hoquets et d'aspirations bruyantes de morve.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Je me promenais avec Henri et ses cousines et rien de plus. Personne ne peut pr&#233;tendre le contraire.&lt;br /&gt;
La paluche paternelle se rel&#232;ve mais une main diligente de ma m&#232;re arr&#234;te le geste rageur.&lt;br /&gt;
Mon p&#232;re :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Tu ne vas tout de m&#234;me pas me donner tort !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Non, mais ce n'est pas une raison pour le battre comme pl&#226;tre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Bon, ce sera sa parole contre celle de Mademoiselle Andr&#233; car elle assiste &#224; la messe tous les matins, elle.&lt;br /&gt;
Mademoiselle Andr&#233; ! Mon ancienne institutrice de premi&#232;re ann&#233;e. Elle est &#224; la bigoterie ce que le paratonnerre est &#224; la foudre. Lors d' une vie ant&#233;rieure elle doit avoir &#233;t&#233; grenouille dans un b&#233;nitier. Il est notoire que sa haine des hommes n'a d'&#233;gale que la longueur de ses jupes.&lt;br /&gt;
Mon p&#232;re se racle la gorge et poursuit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Elle t' a aper&#231;u dans le parc, la main dans la main avec une fille de ton &#233;cole.&lt;br /&gt;
Le glissement de terrain du d&#233;part se transforme en avalanche. Je perds pied mais rel&#232;ve la t&#234;te et dans une r&#233;action col&#233;rique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Mais tout le monde sait qu'elle est bigleuse !&lt;br /&gt;
L&#224; je devrais marquer un point car ce n'est un myst&#232;re pour personne, mademoiselle Andr&#233; est incapable de faire la distinction entre une taque d'&#233;gout et un tas de crottin de cheval pas plus qu'entre un camion-citerne gris fonc&#233; et un hippopotame ob&#232;se. Mais ma victoire sera de courte dur&#233;e.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; D'autres personnes qui n'ont pas voulu se faire conna&#238;tre vous ont vu p&#233;n&#233;trer dans le cachke de Saint G&#233;rard.&lt;br /&gt;
Mon p&#232;re me fixe avec des grands yeux attendant une r&#233;action. Comme elle ne vient pas il continue, scandalis&#233;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Le cachke de Saint G&#233;rard ! Tu te rends compte ! L'endroit le plus mal fam&#233; de la ville, celui o&#249; se rencontrent des couples adult&#232;res, des obs&#233;d&#233;s de toute sorte. Vraiment, je suis fier de toi ! Qu'est-ce que les gens vont dire !?&lt;br /&gt;
Ma m&#232;re prend le relais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Ton directeur d'&#233;cole est furieux. Il estime que la r&#233;putation de son &#233;tablissement est en jeu.&lt;br /&gt;
Il commencera par te coller un z&#233;ro en conduite. S'il apprend que tu essayes de revoir cette gamine, tu seras renvoy&#233; illico. La directrice de l'&#233;cole des filles va se mettre en rapport avec les parents de ta donzelle. Et toi tu ne sortiras plus pendant deux semaines. Et n'attends pas la moindre cl&#233;mence de notre part.&lt;br /&gt;
Je dois ressentir une d&#233;tresse aussi profonde que celle de l'accus&#233; auquel le juge lit l'acte de condamnation &#224; mort et qui sait d&#233;j&#224; que toute gr&#226;ce lui sera refus&#233;e.&lt;br /&gt;
Il s'agit de pr&#233;venir imm&#233;diatement mes compagnons du d&#233;sastre afin qu'ils puissent essayer de se forger une d&#233;fense. Ni leurs parents ni les miens ne sont raccord&#233;s au t&#233;l&#233;phone. Et quand bien m&#234;me ils le seraient il me serait refus&#233; de l'utiliser.&lt;br /&gt;
Il est des moments o&#249; le fatalisme reste le seul rempart contre la d&#233;pression. Je vis pleinement l'un de ces p&#233;nibles moments. Mais si j'accepte la fatalit&#233; je ne me r&#233;signe pas pour autant.&lt;br /&gt;
Une grande tristesse m&#234;l&#233;e &#224; une totale incompr&#233;hension me hante. Qu'ai-je donc fait qui m&#233;rite une si brutale r&#233;action. Je pressens que je ne suis pas au bout de mes peines et m'inqui&#232;te pour Gaby, pour notre avenir. Comment allons-nous sortir de cette impasse ?&lt;br /&gt;
D&#232;s le souper termin&#233;, je suis envoy&#233; au lit. Mon chat qui partage ma couche sera le seul t&#233;moin de mon chagrin. Il ne saura jamais &#224; quel point sa pr&#233;sence et ses ronronnements m'auront apais&#233; en cette sombre nuit d'insomnie&lt;br /&gt;
Mon premier but, le lendemain en arrivant &#224; l'&#233;cole est de pr&#233;venir Henri de la situation. Il en fera part &#224; Gaby et &#224; Georgette quand il les reverra tout &#224; l'heure. Il a l'air inquiet.&lt;br /&gt;
Arriv&#233;s en classe, le professeur, avant m&#234;me la pri&#232;re du matin ordonne &#224; Henri de quitter la place qu'il occupait &#224; c&#244;t&#233; de moi sur le banc pour aller s'installer &#224; l'autre bout du local. Apr&#232;s la pri&#232;re il fait part aux &#233;l&#232;ves que je quitte mon office d'arroseur de plantes et proc&#232;de laborieusement &#224; mon remplacement. Il me punit d'une semaine de retenue sans faire part du motif, pr&#233;cisant toutefois que je ne dois certainement pas l'ignorer. Pendant les r&#233;cr&#233;ations de ce jour, je devrai marcher, les bras crois&#233;s en suivant les c&#244;t&#233;s d'un carr&#233; dessin&#233; par des dalles rouges ins&#233;r&#233;es dans le pavement gris de la cour. &#171; C'est pour te tenir en forme pour tes prochaines coureries &#187; persifle l'enseignant avec un sourire entendu. Tous les regards se posent sur moi, interrogateurs. Je r&#233;prime difficilement une envie de pleurer. Pourquoi tant d'inimiti&#233; ? Pourquoi tant d'acharnement ? Je fais la connaissance d'un sentiment curieux que je per&#231;ois redoutable : la haine.&lt;br /&gt;
Pour la premi&#232;re fois je souhaite une mort affreuse &#224; une s&#233;rie de personnes.&lt;br /&gt;
Lors de la r&#233;cr&#233;, Henri racontera &#224; qui voudra l'entendre la raison de toutes les r&#233;torsions dont je fais l'objet. J'y gagnerai la sympathie de tous les &#233;l&#232;ves, sympathie qui se marquera imm&#233;diatement et intens&#233;ment. Cette marque d'estime ne d&#233;posera cependant qu'un l&#233;ger baume sur ma grande d&#233;tresse. Gaby me manque cruellement. Son image, son sourire, ses yeux rieurs, son insouciance, sa tendresse m'accompagnent chaque seconde de la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain Henri m'apprend que la directrice de l'&#233;cole &#224; inform&#233; les parents de Gaby de son amourette. Cela ne s'est pas bien pass&#233;. Le p&#232;re des jumelles a d&#233;cid&#233; de les retirer de l'&#233;cole et de les placer dans un autre &#233;tablissement, dans une autre ville. Pour le reste mon copain refuse de m'en dire plus.&lt;br /&gt;
Henri a tout d&#233;voil&#233; spontan&#233;ment &#224; ses parents. Ils ont hauss&#233; les &#233;paules et demand&#233; &#224; leur fils de me faire savoir qu'ils ne m'en voulaient pas mais qu'il vaudrait mieux, dans un esprit de s&#233;r&#233;nit&#233; familiale, que je m'abstienne de leur rende visite dans les prochains mois.&lt;br /&gt;
Je ne parviendrai plus &#224; parler &#224; Gaby. De temps &#224; autre elle m'appara&#238;t furtivement derri&#232;re les vitres de l'&#233;cole maternelle. A chaque fois je lui adresse un rapide signe de la main et mon plus doux sourire. A chaque fois son regard vert brille de son immuable &#233;clat. A chaque fois elle pose sa main sur la bouche. Nous avons convenu, par les contacts &#233;pistolaires que nous autorisent encore la complicit&#233; d'Henri que ces signes repr&#233;senteront l'envoi d'un baiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article462' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Trucs et astuces (Adrien)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Mes premiers amours&#034;, &#233;crit par Adrien Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Lundi matin, heure de la r&#233;cr&#233;ation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le c&#339;ur battant, je me rends devant la grande fen&#234;tre de l'&#233;cole maternelle d'o&#249; je devrais apercevoir Gaby dans sa cour de r&#233;cr&#233;ation. Elle est au rendez-vous de l'autre c&#244;t&#233; du local et regarde dans ma direction. Nos yeux se rencontrent, nos sourires se croisent. A force de penser &#224; elle depuis hier, son visage s'&#233;tait un peu brouill&#233; dans ma m&#233;moire. Mais tout s'est remis en (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique79" rel="directory"&gt;Mes premiers amours (Adrien)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot142" rel="tag"&gt;Ecole, &#233;tudes&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH100/arton460-5f361.jpg?1776944612' width='150' height='100' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Mes premiers amours&#034;, &#233;crit par Adrien &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique79' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lundi matin, heure de la r&#233;cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur battant, je me rends devant la grande fen&#234;tre de l'&#233;cole maternelle d'o&#249; je devrais apercevoir Gaby dans sa cour de r&#233;cr&#233;ation. Elle est au rendez-vous de l'autre c&#244;t&#233; du local et regarde dans ma direction. Nos yeux se rencontrent, nos sourires se croisent. A force de penser &#224; elle depuis hier, son visage s'&#233;tait un peu brouill&#233; dans ma m&#233;moire. Mais tout s'est remis en place, ses yeux verts qui sourient en m&#234;me temps que ses fines l&#232;vres et ses cheveux roux qu'un vent l&#233;ger essaye en vain de d&#233;m&#234;ler.&lt;br /&gt;
Je rejoins vite les copains. Il vaut mieux ne pas attirer l'attention des instituteurs &#224; la morale amidonn&#233;e comme un col de notaire et plus raide qu'un membre amput&#233; de grognard pendant la campagne de Russie.&lt;br /&gt;
Pour se rendre &#224; l'&#233;cole et pour retourner chez eux, Henri et les deux jumelles prennent le m&#234;me train. Mon copain sera donc un entremetteur r&#234;v&#233;, r&#244;le qu'il propose d'ailleurs spontan&#233;ment.&lt;br /&gt;
Il glisse dans ma poche un petit mot que ma dulcin&#233;e lui a confi&#233; ce matin. Je me pr&#233;cipite aux toilettes &#224; l'allure d'un train de probl&#232;me d'arithm&#233;tique et me plonge dans la lecture du billet rose.&lt;br /&gt;
La charge romantique qui se diffuse &#224; ce moment dans le petit lieu d'aisances est plus importante pour moi que celles qui &#233;manent du Pont des Soupirs, du Taj Mahal et des chutes du Niagara r&#233;unis.&lt;br /&gt;
Je r&#233;pondrai &#224; la charmante missive en d&#233;but de soir&#233;e, pendant la r&#233;daction de mes devoirs.&lt;br /&gt;
Le rendez-vous furtif et discret se renouvelle lors de l'interruption des cours de l'apr&#232;s-midi, et le lendemain et les journ&#233;es suivantes.&lt;br /&gt;
Tous les jours, apr&#232;s l'&#233;cole, j'accompagne mes amis &#224; la station de chemin de fer. Mon amiti&#233; notoire avec Henri renforce l'alibi de ces parcours.&lt;br /&gt;
Aujourd'hui, environ deux semaines apr&#232;s ma rencontre avec Gaby, le ma&#238;tre d'&#233;cole fait part &#224; l'assembl&#233;e qu'un des &#233;coliers de la classe va nous quitter. Son p&#232;re, agent colonial, doit reprendre son service au Congo. Sa femme et son fils l'accompagneront bien &#233;videmment.&lt;br /&gt;
Or, cet &#233;l&#232;ve avait la charge, pendant les r&#233;cr&#233;ations, d'arroser les plantes de toutes les classes de l'&#233;cole des gar&#231;ons. Il lui faut donc trouver un rempla&#231;ant de toute urgence. La demande d'un volontaire est suivie d'un long silence. Pendant que mes compagnons de classe &#233;chafaudent des excuses pour &#233;chapper &#224; cette corv&#233;e je r&#233;alise l'opportunit&#233; qu'elle pr&#233;sente. La fa&#231;ade arri&#232;re du b&#226;timent contigu&#235; avec la cour des filles offre au premier &#233;tage une vue plongeante qui devrait me permettre d'observer ma petite amie en toute qui&#233;tude entre l'humidification de deux v&#233;g&#233;taux. Et cela d'autant plus ais&#233;ment que les plantes &#224; soigner sont dispos&#233;es tout pr&#232;s d' immenses fen&#234;tres ouvrant une large perspective sur la cour. Je l&#232;ve le doigt en signe d'assentiment. Cette acceptation unique et spontan&#233;e soulage manifestement le professeur. De quelques chuchotements d&#233;sapprobateurs se d&#233;gagent les mots de l&#232;che-cul et de frotte-manches. Tant pis, je garde le bras lev&#233; et re&#231;ois sur le champ l'investiture peu envi&#233;e d'arroseur de verdure attitr&#233;. &lt;br /&gt;
L'arrosage des plantes dispos&#233;es vers la cour des gar&#231;ons s'effectue &#224; une allure de sportif olympique. Il me sera reproch&#233; plus tard d'avoir &#233;t&#233; plus attentionn&#233; pour les plantes d&#233;pos&#233;es pr&#232;s de l'autre fa&#231;ade.&lt;br /&gt;
Et deux fois par jour, aux r&#233;cr&#233;ations, m'est donn&#233; le grand bonheur d'observer ma mie &#224; ma guise.&lt;br /&gt;
Gaby se d&#233;place de fa&#231;on &#224; rester constamment dans mon champ de vue. &lt;br /&gt;
De nombreux sourires naissent et s'&#233;changent avec un constant ravissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains samedis, les jumelles sont autoris&#233;es &#224; rester en ville chez une amie commune. D'ing&#233;nieux pr&#233;textes leur permettent de quitter la maison de leurs h&#244;tes. Gaby en profite pour me rejoindre &#224; une des sorties de la ville, dans un petit bois de taillis qui ont prolif&#233;r&#233; entre les b&#226;timents incendi&#233;s d'une sucrerie. Derri&#232;re les ruines, les champs s'&#233;tendent &#224; perte de vue. Cet endroit isol&#233; appel&#233; les Wempkes fourmille de petits lieux prot&#233;g&#233;s du regard de possibles intrus. Il nous arrive d'y croiser d'autres couples d'adolescents dont les sentiments et les pr&#233;occupations doivent ressembler aux n&#244;tres. Une salutation rapide, un croisement de sourires complices et chaque couple a disparu de la vue de l'autre.&lt;br /&gt;
Par temps de pluie un carneau de chemin&#233;e construit en tunnel, partiellement d&#233;truit, nous offre son refuge. &lt;br /&gt;
Et puis il faut se s&#233;parer et attendre lundi prochain pour se sourire &#224; nouveau, pour retrouver la pr&#233;sence aim&#233;e, pour lire en cachette les mots doux qu'Henri distribuera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais toutes ces rencontres ne suffisent pas &#224; l'&#233;lan de nos c&#339;urs et je con&#231;oit un sc&#233;nario hardi dont la mise &#224; ex&#233;cution devra me permettre de rejoindre ma petite copine tous les matins. Je simule aupr&#232;s de ma m&#232;re un miraculeux et subit penchant mystique qui me pousse &#224; communier avec Dieu tous les jours d&#232;s potron-minet en l'&#233;glise paroissiale. La r&#233;action ne se fait pas attendre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Mais tu es cingl&#233; ! Tous les jours &#224; la messe de sept heures trente !? Mais tu as cours &#224; neuf heures moins le quart. Et quand vas-tu manger ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; J'emporterai une tartine. J'aurai le temps de la manger avant de rentrer en classe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Tu ne vas quand m&#234;me pas devenir cur&#233; ou capucin ou Dieu sait quoi encore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Si tous ceux qui vont &#224; la messe du matin devaient entrer dans les ordres &#8230;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Bon. Mais il est hors de question d'aller te geler dans l'&#233;glise pendant l'hiver.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Nous ne sommes qu'au d&#233;but du mois de novembre, maman. Attendons pour voir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Soit. Et tu commences quand ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Apr&#232;s-demain.&lt;br /&gt;
C'est gagn&#233; ! Demain il faudra que je fasse part &#224; Henri des d&#233;tails de mon plan. Je me rendrai tous les matins &#224; la gare &#224; sept heures cinquante moment d'arriv&#233;e du train. La suite des activit&#233;s sera improvis&#233;e chaque jour en fonction des circonstances : beau ou mauvais temps, retard du train, envies de chaque membre du groupe et possibilit&#233; de conciliation de ces envies.&lt;br /&gt;
Et pendant pr&#232;s d'un mois je regagne chaque matin la station par des chemins d&#233;tourn&#233;s, le c&#339;ur palpitant, fier de mon stratag&#232;me mais aussi l&#233;g&#232;rement inquiet. Il suffirait d'une rencontre malencontreuse pour que mon plan s'&#233;croule comme un vulgaire ch&#226;teau de cartes.&lt;br /&gt;
Il existe pr&#232;s de la station un chemin discret bord&#233; de haies et qui forme la limite entre la ville et les champs. Il porte le nom de cachke de Saint G&#233;rard. C'est le lieu de rencontre des amoureux, principalement &#224; la tomb&#233;e de la nuit. Les reliques de Saint G&#233;rard doivent se retourner plusieurs fois par jour dans leur ch&#226;sse avec des claquements d'osselets bouscul&#233;s.&lt;br /&gt;
Je m'y rends souvent avec Gaby et y passons des moments d&#233;licieux.&lt;br /&gt;
Pendant ce temps, Henri et Georgette patientent dans la salle d'attente de la gare comme ils faisaient pr&#233;c&#233;demment jusqu'&#224; l'heure d'ouverture des grilles de l'&#233;cole.&lt;br /&gt;
Parfois nous nous promenons au parc communal pratiquement d&#233;sert en ces heures matinales. Les deux autres complices nous devancent ou nous suivent lors de ces ballades. Gaby et moi nous nous abritons de leur regard derri&#232;re des gros marronniers dont celui qui m'offrit protection, un jour, au cours d'un combat aux marrons entre deux bandes ennemies de gamins batailleurs.&lt;br /&gt;
Et chaque jour, avant d'entrer en classe, je mange la tartine pr&#233;par&#233;e par ma m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article461' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Premier pas (Adrien)</title>
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		<dc:date>2008-07-08T10:52:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Mes premiers amours&#034;, &#233;crit par Adrien Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re &#233;trang&#232;re &#224; qui l'on a dit &#171; tu &#187;, &lt;br class='autobr' /&gt;
(Mon c&#339;ur t'en souviens-tu ?) &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme elle nous &#233;tait ch&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
BRASSENS &#8211; La premi&#232;re fille &lt;br class='autobr' /&gt;
Dieu dans son infinie sagesse avait cru bon ou de me mettre &#224; l'&#233;preuve ou de se moquer ouvertement de moi. Mais pourquoi ? C'&#233;tait probablement encore un de ces nombreux myst&#232;res dont lui seul poss&#233;dait la cl&#233; et dont il usait sans mod&#233;ration. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'assaut des grandes vacances avec (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique79" rel="directory"&gt;Mes premiers amours (Adrien)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH100/arton459-4db72.jpg?1776944612' width='150' height='100' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Mes premiers amours&#034;, &#233;crit par Adrien &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique79' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;trang&#232;re &#224; qui l'on a dit &#171; tu &#187;,&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;(Mon c&#339;ur t'en souviens-tu ?)&lt;br /&gt;
Comme elle nous &#233;tait ch&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BRASSENS &#8211; La premi&#232;re fille&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Dieu dans son infinie sagesse avait cru bon ou de me mettre &#224; l'&#233;preuve ou de se moquer ouvertement de moi. Mais pourquoi ? C'&#233;tait probablement encore un de ces nombreux myst&#232;res dont lui seul poss&#233;dait la cl&#233; et dont il usait sans mod&#233;ration.&lt;br /&gt;
L'assaut des grandes vacances avec leurs joies r&#233;p&#233;t&#233;es tout au long des longues journ&#233;es d'&#233;t&#233; a r&#233;ussi &#224; estomper progressivement mon pitoyable &#233;tat de croyant molest&#233;. &lt;br /&gt;
Je ne pense plus gu&#232;re &#224; ma m&#233;saventure ou si peu. A la fin des cong&#233;s, seul un l&#233;ger bleu &#224; l'&#226;me parvient encore &#224; perturber quelque peu mes plaisirs d'adolescent. &lt;br /&gt;
C'est dans cet &#233;tat d'esprit que je me rends &#224; la kermesse d' H&#233;rines, petit village flamand du Pajottenland proche de ma ville.&lt;br /&gt;
Je suis invit&#233; par les parents d'Henri, un copain de classe habitant le village, &#224; passer le dimanche de ducasse &#224; la ferme qu'ils exploitent.&lt;br /&gt;
La table a &#233;t&#233; dress&#233;e dans la grande cour jouxtant l'habitation.&lt;br /&gt;
Le d&#233;jeuner se termine et les nombreux convives s'allient dans la joie pour faire dispara&#238;tre les plats, ustensiles de cuisines et reliefs du repas.&lt;br /&gt;
Henri me fait faire le tour du propri&#233;taire. La ferme n'a pas de secret pour lui. La grange et son parfum d'herbe s&#233;ch&#233;e me rappellent l'exode et les moelleux matelas collectifs cr&#233;&#233;s &#224; la h&#226;te dans la paille et le foin.&lt;br /&gt;
Au moment de quitter le fenil deux filles de notre &#226;ge, d&#233;bordantes de bonne humeur et d'apparence d&#233;lur&#233;e,se dirigent vers nous.&lt;br /&gt;
Henri me lance : &#171; Regarde qui voil&#224;, mes cousines pr&#233;f&#233;r&#233;es ! Tu vas voir elles sont chouettes. Ce sont des jumelles. Celle avec sa robe &#233;cossaise s'appelle Gaby, l'autre c'est Georgette. &#187;&lt;br /&gt;
Je suis frapp&#233; par la teinte rousse de leurs cheveux soyeux et par la douceur de leurs yeux couleur vert mente &#224; l'eau.&lt;br /&gt;
Elles embrassent mon copain et me saluent en souriant. Leur fran&#231;ais est agr&#233;ablement d&#233;form&#233; comme il l'est tout au long de la fronti&#232;re linguistique. Du brassage des deux principales langues nationales avec le patois local est n&#233; un idiome &#224; consonance fran&#231;aise. Les accents toniques s'y entrechoquent &#224; la cadence des genoux d'un caissier de banque lors d'un hold-up et les inflexions gutturales s'y bousculent comme des m&#233;g&#232;res un premier jour des soldes . &lt;br /&gt;
Gaby se penche vers moi et me d&#233;pose un b&#233;cot sur une joue. Le contact est plus l&#233;ger qu'un friselis de plume de moineau. Je r&#233;ponds par un petit baiser que je place maladroitement pr&#232;s d'un &#339;il, sur une ravissante peau de p&#234;che parsem&#233;e de mille projections rouss&#226;tres. Elle tourne l&#233;g&#232;rement la t&#234;te en souriant mais n'exprime aucun sentiment de g&#234;ne. Elle est plant&#233;e devant moi, le dos au soleil. Les rayons de l'astre s'insinuent dans la couronne de ses cheveux la faisant rougeoyer comme un feu de forge. Son visage se m&#233;tamorphose en un nouveau soleil que sa face ombr&#233;e saupoudr&#233;e d'infinies taches de son &#233;clipse partiellement. Ce spectacle inopin&#233; me surprend autant qu'il me ravit.&lt;br /&gt;
Henri propose un tour &#224; la foire du village, suggestion accept&#233;e &#224; l'unanimit&#233;.&lt;br /&gt;
En marchant, je me place &#224; c&#244;t&#233; de Gaby. Je pressens confus&#233;ment qu'il faut engager une conversation, ne laisser la place &#224; aucun temps mort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Tu habites H&#233;rinnes ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Non, je suis de Tollembeek. J'y suis n&#233;e. Et toi ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Moi je suis d'Enghien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Ah ! C'est marrant, j'y vais &#224; l'&#233;cole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Moi aussi, &#224; l'&#233;cole communale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Mais moi &#233;galement ! Comment se fait-il que nous ne nous soyons jamais aper&#231;us !?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Tu sais combien la s&#233;paration entre filles et gar&#231;ons est stricte et la surveillance draconienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Je sais. Hitler serait dans ta classe que je ne le saurais m&#234;me pas.&lt;br /&gt;
Nous progressons vers la foire. Un vent faible nous rabat une cacophonie de bruits et de sons o&#249; s'entrem&#234;lent des flonflons de musique, des fracas de man&#232;ges, des hurlements de haut-parleurs et des claquements secs de projectiles de plomb s'&#233;crasant sur les parois de tirs forains.&lt;br /&gt;
La foule s'est soudainement m&#234;l&#233;e &#224; nous. Henri et Georgette disparaissent dans sa masse mouvante. &lt;br /&gt;
Gaby m'adresse un sourire en haussant les &#233;paules. J'en d&#233;duis que la disparition de sa s&#339;ur et de son cousin ne la pr&#233;occupe gu&#232;re.&lt;br /&gt;
Nous d&#233;ambulons d'un man&#232;ge &#224; l'autre. Tous nous sollicitent mais seuls ceux qu'aimante notre envie commune ont droit &#224; notre visite. &lt;br /&gt;
J'essaye d'impressionner mon amie par mon habilet&#233; au stand de tir. Je l'aurais voulu &#233;blouie par mes r&#233;sultats mais l'effort &#233;vident qu'elle d&#233;ploie pour para&#238;tre admirative me convainc du contraire.&lt;br /&gt;
Nous virevoltons c&#244;te &#224; c&#244;te assis dans les nacelles suspendues d'un tournoyant man&#232;ge &#224; balan&#231;oires. La force centrifuge nous &#233;loigne rapidement du centre du moulin et le vent provoqu&#233; par la vitesse de rotation soul&#232;ve gaillardement la jupe de ma voisine. J'observe &#224; la sauvette ses cuisses nues ainsi que la rougeur accentu&#233;e de ses joues. Enlever la main d'une cha&#238;ne de la nacelle pour r&#233;tablir l'ordre vestimentaire la d&#233;s&#233;quilibrerait et risquerait de la ferai tournoyer sans fin. Gaby reste donc immobile mais pousse quelques glapissements pour marquer une r&#233;probation sens&#233;e sauvegarder les apparences. Le joli spectacle se termine avec l'arr&#234;t du man&#232;ge. Descendus &#224; terre, elle appuie sa t&#234;te pench&#233;e contre ma poitrine comme pour vouloir cacher sa honte. Je lui rel&#232;ve le menton et lui souris, sans prononcer de commentaire afin d' &#233;viter toute r&#233;action que la morale pourrait devoir lui dicter. Elle devine que le spectacle ne m'a pas d&#233;plu et, toute honte bue, part en riant, m'attirant vers une autre attraction.&lt;br /&gt;
La m&#234;me force centrifuge nous projette l'un contre l'autre dans le char d'une montagne russe. Imitant tous les autres m&#226;les du man&#232;ge, je passe mon bras autour des &#233;paules de ma compagne d'&#233;motions fortes pour la rassurer de ma pr&#233;sence. Mais a-t-elle vraiment besoin d'&#234;tre rassur&#233;e ? Elle accole son flanc au mien et d&#233;pose sur ma poitrine son poing droit qu'enrobe sa paume gauche comme le ferait un jeune enfant avant de sombrer dans le sommeil.&lt;br /&gt;
De retour dans l'affluence festive, une barbe &#224; papa &#224; la main, nous voyons s'approcher de nous Georgette et Henri. Ils ne nous ont pas encore remarqu&#233;s. Gaby me prend par la main et m'entra&#238;ne en courant dans une autre direction. Nos compagnons, &#224; leur insu, sont devenus des intrus. Les paumes de nos mains restent jointes et c'est bien ainsi. Nous d&#233;ambulons sans but dans la foule en liesse. Une &#233;trange sensation de bonheur emplit mon c&#339;ur.&lt;br /&gt;
Une bousculade provoqu&#233;e par quelque f&#234;tards &#233;m&#233;ch&#233;s propage ses ondes violentes qui viennent se heurter &#224; moi. Elles me pr&#233;cipitent contre ma compagne nous obligeant &#224; nous accrocher l'un &#224; l'autre pour ne pas tomber. Gaby se retrouve en face de moi et pour la premi&#232;re fois nous nous regardons profond&#233;ment dans les yeux. Pendant un bref instant, ses paupi&#232;res sans fard recouvrent ses yeux verts puis se rel&#232;vent lib&#233;rant un regard tendre qui plonge intens&#233;ment dans le mien. Le temps s'arr&#234;te, le fracas de la foire n'atteint plus mes oreilles, le monde semble s'&#234;tre fig&#233;. Je ne sais qui a attir&#233; l'autre mais nos corps se sont joints dans une &#233;treinte dont la volupt&#233; allume mes sens d'adolescent. Je glisse une main caressante dans sa coiffure flamboyante. Des vibrations inconnues agitent mon corps.&lt;br /&gt;
Quelques adultes passent et nous regardent, plus intrigu&#233;s que r&#233;probateurs. Les enfants ne font pas attention &#224; nous.&lt;br /&gt;
Gaby rompt notre immobilit&#233;, m'attire dans une ruelle fort &#233;troite pr&#232;s de l'&#233;glise, et me plaque dans l'encoignure d'une porte probablement celle de la sacristie. Nos corps se rejoignent dans un nouvel &#233;lan, cette fois r&#233;ciproque. Nos t&#234;tes se rapprochent, nos l&#232;vres se touchent. Et c'est le premier baiser, celui qui va laisser dans mon c&#339;ur une empreinte ind&#233;l&#233;bile, un souvenir infiniment lumineux.&lt;br /&gt;
Je suis novice en la mati&#232;re mais ma partenaire compense ma maladresse par un savoir-faire &#233;vident. Sa langue s'introduit dans ma bouche en de douces circonvolutions. Puis sa t&#234;te s'&#233;loigne un peu de la mienne. L'&#233;clat &#233;meraude de ses yeux a c&#233;d&#233; la place &#224; une aura vaporeuse. Nos l&#232;vres se rejoignent &#224; nouveau et, en bon apprenti, je r&#233;ponds &#224; son baiser avec la m&#234;me fougue que la sienne. Je ne sais combien de temps nous passons dans ce petit coin discret. La musique d'une fanfare nous tire de la tendre torpeur dans laquelle nous a plong&#233;s notre amour naissant.&lt;br /&gt;
Ma petite fianc&#233;e me caresse la joue, tendrement. Ses yeux ont repris leur nuance menthe &#224; l'&lt;br /&gt;
eau.&lt;br /&gt;
&#171; Viens dit-elle avec regret, il se fait tard. Je dois rentrer. Allons rejoindre les autres. &#187;&lt;br /&gt;
Nous retrouvons Georgette et Henri devant l'&#233;tal d'un marchand de beignets. Une couche de sucre fin s'est &#233;parpill&#233;e sur leurs mains, leur bouche et une partie de leurs habits. Ils rient gomme des gosses. Des r&#233;miniscences de leur enfance s'accrochent encore &#224; leur adolescence toute neuve. Ils s'aper&#231;oivent que nous marchons la main dans la main. &#171; F&#233;licitations lance gaiement Georgette, les choses ne tra&#238;nent pas avec vous ! &#187; Henri ne dit rien. Aucun son ne parvient &#224; &#233;maner de sa bouche o&#249; s'entrechoquent encore ne nombreux vestiges de beignets.&lt;br /&gt;
Nous regagnons la demeure d'Henri &#224; pas lents. Je serre fermement la main de Gaby dans la mienne et la desserre &#224; contre c&#339;ur lorsque appara&#238;t la ferme de mes h&#244;tes.&lt;br /&gt;
D&#232;s que la fermi&#232;re nous aper&#231;oit elle claque des mains comme le ferait une institutrice pour provoquer un rassemblement dans une cour d'&#233;cole. &#171; J'ai pr&#233;par&#233; de la p&#226;te &#224; cr&#234;pes. Venez je vais vous en cuire quelques unes. Ce sont les meilleures du Pajottenland. Vous verrez, avec ma confiture maison ce sera d&#233;-li-ci-eux ! Et il reste &#233;galement quelques tartelettes au maton ! &#187; Henri et Georgette accueillent assez froidement cette nouvelle qui devrait normalement les r&#233;jouir. Mais ils mastiquent encore leurs derniers fragments de beignets et l'acuit&#233; de leur app&#233;tit doit tendre vers le z&#233;ro absolu.&lt;br /&gt;
Apr&#232;s le go&#251;ter qui fut &#224; la hauteur de la r&#233;clame qu'en avait dispens&#233;e la cuisini&#232;re, Georgette s'adresse &#224; sa s&#339;ur. &#171; Fillette, je crois qu'il est temps de rentrer. Qu'en penses-tu ? &#187; &#171; Oui&#8230; Oui, soeurette... Bien s&#251;r. Mais avant je voudrais aller v&#233;rifier &#224; la mare si mon canard pr&#233;f&#233;r&#233; s'y trouve. &#187; La perche tendue est grosse comme un phallus de dinosaure. Elle ne peut m'&#233;chapper.&#171; Si tu veux je puis t'accompagner, j'adore les canards. &#187; &lt;br /&gt;
Arriv&#233;s pr&#232;s du petit &#233;tang je jette un regard furtif vers la ferme. Personne ne nous a suivis.&lt;br /&gt;
La pi&#232;ce d'eau situ&#233;e au fond d'une prairie est aliment&#233;e par un petit ruisseau au bord duquel se dressent quelques saules t&#234;tards. &lt;br /&gt;
Gaby s'appuie contre l'un des saules, les mains derri&#232;re le dos, les souliers &#224; moiti&#233; enfouis dans la terre mar&#233;cageuse. Les yeux ferm&#233;s, alanguie, elle donne l'impression de baigner dans un &#233;tat second, un &#233;tat de total abandon.&lt;br /&gt;
Je m'approche d'elle, caresse tout naturellement ses tempes et ses cheveux fauves puis d&#233;pose un baiser sur son front. Elle me tend ses l&#232;vres que les miennes rejoignent apr&#232;s avoir fol&#226;tr&#233; entre ses sourcils et sur son petit nez joliment retrouss&#233;.&lt;br /&gt;
Le baiser, le dernier mais aussi le plus doux de cette merveilleuse journ&#233;e, semble ne devoir jamais prendre fin. Un bref instant je songe au baiser le plus passionn&#233; qu' &#233;changent sur l'&#233;cran Rett Butler et Scarlett O' Hara dans &#171; Autant en emporte le vent. &#187;&lt;br /&gt;
Je suis surpris de m'entendre chuchoter : &#171; Je t'aime, Gaby &#187;.&lt;br /&gt;
Elle ne dit rien, pose un doigt sur mes l&#232;vres comme pour me solliciter le silence et murmure : &#171; Maintenant il faut que je m'en aille. &#187; &#171; Vraiment ? &#187; &#171; Vraiment. &#187;&lt;br /&gt;
Nos pieds s'extraient de la boue avec un d&#233;sagr&#233;able bruit de succion.&lt;br /&gt;
Nous remontons vers la ferme en essuyant nos chaussures dans l'herbe pour en d&#233;gager la terre glaiseuse. Mon bras droit fr&#244;le cent fois son bras gauche transformant autant d'attouchements en caresses sensuelles.&lt;br /&gt;
&#171; Je te reverrai bient&#244;t. Je m'arrangerai avec mon cousin. Tu peux me faire confiance. &#187;&lt;br /&gt;
&#171; Fais-moi signe rapidement veux-tu ?. Demain, lors des r&#233;cr&#233;ations, je viendrai devant la grande fen&#234;tre de l'&#233;cole maternelle situ&#233;e entre nos deux cours. Je pourrai t'apercevoir de l'autre c&#244;t&#233;. &#187; &lt;br /&gt;
&#171; Promis. J'y serai sans faute. &#187;&lt;br /&gt;
Nous nous approchons de la ferme. Je m'appr&#234;te &#224; lui parler encore. Elle me ferme la bouche par un baiser &#224; peine perceptible comme ceux que doivent se donner les libellules ou les jeunes f&#233;es.&lt;br /&gt;
Apr&#232;s avoir remerci&#233; notre h&#244;tesse de ses prodigalit&#233;s, nous nous quittons par des embrassades conventionnelles aussi insipides qu'un d&#233;fil&#233; de mode de soutanes.&lt;br /&gt;
Henri me serre la main tout en me lan&#231;ant un clin d'&#339;il complice.&lt;br /&gt;
Je vois s'&#233;loigner les deux jumelles sur des bicyclettes jumelles elles aussi. Un dernier signe de la main vers la silhouette &#224; la robe &#233;cossaise et mon r&#234;ve s'&#233;vapore derri&#232;re l'angle d'une maison.&lt;br /&gt;
Un peu avant que le soleil t&#233;moin de mes &#233;mois sublimes ne disparaisse derri&#232;re la ligne de l'horizon, je rentre chez moi sur le v&#233;lo que ma s&#339;ur m'a pr&#234;t&#233;. &lt;br /&gt;
Mon c&#339;ur d&#233;borde d'une d&#233;licieuse chaleur que vient tourmenter d&#233;j&#224; le vide de l'absence.&lt;br /&gt;
Le bonheur ne peut-il donc &#234;tre parfait ?&lt;br /&gt;
Qu'importe. Aujourd'hui il est entr&#233; en moi par la grande porte. Peut-&#234;tre cette porte se fermera-t-elle un jour &#224; mon insu ou &#224; mon corps d&#233;fendant.&lt;br /&gt;
Mais j'ai veill&#233; &#224; ce que son portillon soit d&#233;pourvu de serrure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article460' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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