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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>La Farce ... par Marie</title>
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		<description>
&lt;p&gt;LA FARCE. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ecoutez, braves gens, l'aventure de Balaam, roi des mendiants ainsi que les Dieux l'ont voulu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis Balaam et j'ai quatorze ans en cette ann&#233;e 6048 du souffle de Brahm&#226;. Je suis mendiant et roi &#224; la fois. Ne vous fiez pas &#224; mes jambes mortes qui tra&#238;nent sur le sol, cela n'est rien, rien qu'une queue de terre et de boue avec laquelle je laisse sur les routes les traces de mon passage. Le titre de roi, je le dois &#224; mon os bijou, mon os &#224; moi. Avant de poursuivre le r&#233;cit, je vais vous (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique65" rel="directory"&gt;Autofiction sur Internet. (ARCHIVES)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L100xH100/arton374-3e9a1.png?1779785775' width='100' height='100' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LA FARCE.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ecoutez, braves gens, l'aventure de Balaam, roi des mendiants ainsi que les Dieux l'ont voulu.&lt;br /&gt;
Je suis Balaam et j'ai quatorze ans en cette ann&#233;e 6048 du souffle de Brahm&#226;. Je suis mendiant et roi &#224; la fois. Ne vous fiez pas &#224; mes jambes mortes qui tra&#238;nent sur le sol, cela n'est rien, rien qu'une queue de terre et de boue avec laquelle je laisse sur les routes les traces de mon passage. Le titre de roi, je le dois &#224; mon os bijou, mon os &#224; moi. Avant de poursuivre le r&#233;cit, je vais vous conter comment j'ai trouv&#233; le sceptre de ma royale mendicit&#233;.&lt;br /&gt;
Je rampais calmement sur le chemin de B&#233;nar&#232;s balay&#233; par les vents de s&#233;cheresse. La poussi&#232;re surchauff&#233;e me br&#251;lait la gorge pendant que je chantonnais les louanges de l'aube, quand j'entendis une source qui glougloutait en contrebas du ruban poudreux. Une v&#233;g&#233;tation douce l'entourait comme une chevelure. Elle me balbutiait une fra&#238;cheur qui fit tinter plus clairement mon chant de pri&#232;res. Je glissai entre les hautes herbes jusqu'au serpent d'eau qui s'agitait au centre de l'&#233;crin vert. L'eau me murmurait ses d&#233;lices et ma bouche s'approcha de sa chair d&#233;licate, quand je vis, bloqu&#233; dans une prison min&#233;rale, un os tournoyer, se cogner &#224; de petits rochers, bouscul&#233; par la fougue du liquide terrestre. Je le pris et l'examinai : c'&#233;tait un os &#224; t&#234;te avec un tronc court et creux perc&#233; de trois trous, une fente en forme de l&#232;vres s'ouvrait sur la partie sup&#233;rieure. Je bus puis je soufflai dans cet orifice. Une note s'&#233;chappa, elle se brisa contre le ciel. Le soleil &#233;tait &#224; son z&#233;nith quand je r&#233;ussis &#224; composer une m&#233;lodie.&lt;br /&gt;
Depuis je peux faire danser tous les &#234;tres de joie. Ce jour l&#224;, je suis devenu roi des orgueilleux mendiants, moi l'atrophi&#233;. De plus je peux divaguer dans l'&#226;me des autres &#224; leur insu. J'entre doucement en eux pendant que, pris par la musique de mon sceptre fl&#251;te, ils dansent la vie. Je suis le passant des paysages int&#233;rieurs, je visite, je m'instruis, je me nourris et je souris.&lt;br /&gt;
Voil&#224; l'histoire de mon os sceptre, mes jambes c&#233;lestes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecoutez, braves gens, l'aventure qui m'est advenue &#224; Baratp&#251;r, un jour de lumi&#232;re, lors du grand p&#232;lerinage de Ganesha, Dieu des foyers et de la r&#233;ussite. &lt;br /&gt;
Je bivouaquais &#224; l'entr&#233;e de la ville avec mes fr&#232;res de vie. Un long foss&#233; sec servait de g&#238;te &#224; nombre d'entre nous. De petits foyers essayaient de chauffer un peu de th&#233; dans des casseroles noircies. Je me tenais &#224; l'&#233;cart, sous l'ombre d'un pipal, l'arbre sacr&#233;, le corps rompu par une longue route. Je sommeillais r&#234;vant &#224; des palais somptueux, &#224; des fontaines jaillissantes sur des marbres pr&#233;cieux, &#224; des jardins regorgeant de fruits juteux &#224; chair d&#233;licieuse, quand vinrent un singe coiff&#233; d'un bonnet pointu et un lionceau avec un collier de velours.&lt;br /&gt;
Appuy&#233; contre le socle du tronc, je me pr&#233;sentai &#224; ces nouveaux venus. D'esprit &#171; jouette &#187;, le singe cabriolait et le lionceau tentait de l'attraper. Je finis par d&#233;couvrir qui ils &#233;taient : le macaque jonglait pour un de mes voisins, le lionceau avait pour ami, un pauvre charretier qui aimait parader malgr&#233; ses haillons gris. Les quelques sous que ces gentils animaux soutiraient &#224; des passants en faisaient des princes. Et comme il en va souvent chez les jeunes princes, les caprices habitaient leur c&#339;ur plus que l'&#233;coute des autres. Cependant une sympathie commune nous lia et durant tout le jour, je fis chanter l'os pour eux. Ils dans&#232;rent pour me r&#233;galer les yeux. Les sornettes et les rires assortis scell&#232;rent cette journ&#233;e dans le berceau de l'amiti&#233;.&lt;br /&gt;
La nuit vint et avec elle une multitude de feux noy&#233;s que les mendiants avaient allum&#233;s. Les lueurs teintaient de cuivre le bleu du soir. Toutes les paroles &#233;taient chuchot&#233;es, les gestes lents et mesur&#233;s pour ne pas effrayer la d&#233;esse Kali toujours &#224; l'aff&#251;t ni troubler le repos de Ganesha. Mes amis dormaient en rond, l'un contre l'autre, &#224; port&#233;e de ma main. L'arbre frissonnait, le singe r&#234;vait, le lionceau tressautait ; j'&#233;tais bien ainsi, entour&#233; de cette couverture de chaudes pens&#233;es. Le matin glissa sur nous. &lt;br /&gt;
A mon r&#233;veil, mes compagnons &#233;taient encore enroul&#233;s dans leurs fourrures, le soleil l&#233;chait la plaine. Ma main chercha mon sceptre d'os, elle se referma sur du vide. Disparu ! Mon bijou s'&#233;tait envol&#233; ! Avait-il roul&#233; ? A t&#226;tons, je promenais ma paume f&#233;brile autour de moi. Toujours rien ! Apr&#232;s s'&#234;tre longuement &#233;tir&#233;s, mes compagnons vinrent &#224; mon secours. Mais l'os des Dieux avait bel et bien disparu. Mon cri secoua le monde et fit trembler ma queue de sir&#232;ne terrestre. Je hurlais &#224; r&#233;veiller les morts, je hurlais la douleur de l'absence et du manque, je hurlais la perte de mon &#234;tre. Le roi n'&#233;tait plus. Juste une larve humaine serpentant sur des chemins insens&#233;s, voil&#224; ce que j'&#233;tais maintenant. J'avais connu la gloire, je tombais dans le purin des enfers. &lt;br /&gt;
Mes nouveaux amis participaient &#224; ma peine, &#233;tonn&#233;s toutefois de l'ampleur qu'elle prenait. Je tra&#238;nais, furetais avec fi&#232;vre et criais &#224; l'aide, tant et si bien que mes fr&#232;res de vie arriv&#232;rent et devant mon d&#233;sarroi, tous se mirent en qu&#234;te de l'objet. La fratrie enti&#232;redes mendiants arpenta ce carr&#233; d'exil que la ville nous avait octroy&#233;. Par groupe, ils fouill&#232;rent avec leurs mains, leurs yeux, leur c&#339;ur ; m&#234;me des yogis de passage m&#233;dit&#232;rent sur le lieu de myst&#232;re o&#249; le bijou avait pu basculer. Rien ! A midi, chacun prit, qui un fruit, qui une racine puis recommen&#231;a la chasse au tr&#233;sor envol&#233;. Mes nouveaux amis ne m&#233;nageaient pas leur peine, cependant je notais dans leur regard, une peur que je ne comprenais pas. Pas un millim&#232;tre de terrain ne fut &#233;pargn&#233; par la recherche. Au soir, tous continuaient &#224; fouiller les buissons &#224; la lueur des flambeaux.&lt;br /&gt;
Soudain le lionceau au collier de velours et le singe au bonnet pointu pos&#232;rent devant moi l'os tant d&#233;sir&#233;. La joie contenue dans mon hourra suspendit tout mouvement et l'&#233;cho r&#233;sonna si loin et si longtemps que les Dieux ont d&#251; l'entendre. Le singe et le lionceau furent bouscul&#233;s, press&#233;es de r&#233;v&#233;ler le lieu de la d&#233;couverte. Le soup&#231;on planait. Alors ils avou&#232;rent les dessous de l'affaire. Pendant que je dormais, ils avaient eu l'id&#233;e de cacher l'os, symbole de ma royale condition pour me faire une farce. Au d&#233;but, devant tant de mouvement, ils rigolaient bien de la tournure que cela prenait, pensant que ma peine tournerait en rire plus tard. Ensuite l'ampleur de l'&#233;v&#232;nement cloua leurs l&#232;vres de peur. L'angoisse, la perte de l'affection de tous devenaient l'obsession de leur journ&#233;e. Ils se turent, esp&#233;rant que l'un ou l'autre de mes fr&#232;res de vie trouverait l'objet sacr&#233;. Mais personne ne le trouva. Ils confess&#232;rent que le sentiment de culpabilit&#233; &#233;tait si fort, qu'ils en avaient oubli&#233; l'endroit du d&#233;lit. &lt;br /&gt;
La col&#232;re rongea l'&#226;me et le c&#339;ur de la foule assembl&#233;e. Enflamm&#233;e, elle voulait battre les sauvageons qui lui avaient fait perdre un jour de vie. Alors j'ai jou&#233; de mon os. Lentement la m&#233;lodie apaisa la fureur et la danse du pardon martela le sol de mis&#232;re. Seuls, mes amis ne particip&#232;rent pas &#224; la ronde. La tristesse les enrobait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, mes farceurs et moi faisons route commune. Voyez le lionceau, il a quatre ans et il parait &#234;tre un jeune de six mois. Son refus de grandir vient de cette aventure. Quant au singe vous ne le verrez pas, il se cache tant il a peur des autres. &lt;br /&gt;
Allez, braves gens, soyez bon avec le roi des orgueilleux mendiants et ses amis, donnez-nous la sainte roupie salvatrice ! Ne sommes-nous pas le reflet d'une part de vous-m&#234;me ?&lt;br /&gt;
Que Brahm&#226; b&#233;nisse vos pas sur notre m&#232;re la terre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Ce Week End, brocante &#224; l'Ath&#233;n&#233;e ... par Marc</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce Week End, brocante &#224; l'Ath&#233;n&#233;e... &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pr&#233;au de l'ath&#233;n&#233;e a, depuis toujours, suscit&#233; mon admiration. Le balcon accroch&#233; &#224; l'&#233;tage comme une frise en fer forg&#233; et la lumineuse verri&#232;re vers laquelle montent des colonnes de fer me fascinent. Du r&#234;ve, je passe &#224; la nostalgie en voyant ce parquet o&#249; tant de g&#233;n&#233;rations ont refait le monde les jours de pluie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Estampill&#233;s de gravures noircies, souvenirs de potaches aujourd'hui disparus, des bancs su&#233;dois ont &#233;t&#233; soigneusement empil&#233;s devant un plint au cuir (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique65" rel="directory"&gt;Autofiction sur Internet. (ARCHIVES)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L100xH100/arton375-673ed.png?1779785775' width='100' height='100' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce Week End, brocante &#224; l'Ath&#233;n&#233;e... &lt;br /&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;au de l'ath&#233;n&#233;e a, depuis toujours, suscit&#233; mon admiration. Le balcon accroch&#233; &#224; l'&#233;tage comme une frise en fer forg&#233; et la lumineuse verri&#232;re vers laquelle montent des colonnes de fer me fascinent. Du r&#234;ve, je passe &#224; la nostalgie en voyant ce parquet o&#249; tant de g&#233;n&#233;rations ont refait le monde les jours de pluie.&lt;br /&gt;
Estampill&#233;s de gravures noircies, souvenirs de potaches aujourd'hui disparus, des bancs su&#233;dois ont &#233;t&#233; soigneusement empil&#233;s devant un plint au cuir crevass&#233;. Bien d&#233;limit&#233;s par des tables mises &#224; la disposition des vendeurs occasionnels, six couloirs accueillent les visiteurs.&lt;br /&gt;
Je dis bien &lt;i&gt;accueillent&lt;/i&gt; car les clients se prom&#232;nent plus qu'ils n'ach&#232;tent. &#199;a devient vraiment broleux ces brocantes !&lt;br /&gt;
En ce qui me concerne, tel un g&#233;n&#233;ral bien d&#233;cid&#233; &#224; passer syst&#233;matiquement en revue chaque objet d&#233;pos&#233; sur les tables, j'opte pour une entr&#233;e par le couloir de gauche. Ce que je cherche ? Soit d'anciennes cartes postales avec des personnages, soit de petits ouvrages relatant un ou des &#233;v&#232;nements locaux. Bref tout ce qui peut me servir de documentation sur la ruralit&#233; d'autrefois.&lt;br /&gt;
J'aime laisser libre cours &#224; mon imagination quand je regarde un objet qui a d&#233;j&#224; servi. &lt;br /&gt;
Mon regard s'attarde devant une &#233;critoire de cuir qui supporte un buvard au vert d&#233;color&#233; par le soleil et o&#249; s'entrecroisent des lignes &#233;crites &#224; l'envers. Je me penche pour essayer de d&#233;chiffrer le texte comme si j'&#233;tais le destinataire d'un message secret. &lt;br /&gt; &lt;i&gt;B...ien...&#224; toi,..je..t'.......&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Je diagnostique&lt;i&gt; &lt;/i&gt;un d&#233;but de romance entre une fra&#238;che et tendre jeune fille et son pr&#233;tendant. Lui est peut-&#234;tre mort dans les tranch&#233;es en 1915 et elle termine sans doute sa vie sur le fauteuil plastifi&#233; d'une maison de vieux.&lt;br /&gt;
Le stand des vieux outils me ram&#232;nent au pr&#233;sent. Minute de silence en hommage au sans nom qui a fabriqu&#233;, voire mis au point le syst&#232;me de fermeture de cette cisaille. Tout en cuivre s'il vous plait ! &lt;br /&gt;
&#171; Dix euros &#187; &#233;ructe la voix qui sort d'un corps affal&#233; sur un fauteuil de camping bancal. Je souris et me d&#233;barrasse du vendeur en lui soufflant : &#171; &#231;a le vaut bien ! &#187;&lt;br /&gt;
Ha, des livres. Mmm, pas tous anciens. Une s&#233;rie d'OSS 117 avec chaque fois en couverture une topless hi&#233;ratique au regard vide. Une dizaine de livres de la collection du Reader Digest... Pas de quoi fouetter un chat. Caisse suivante, rien que des livres de guerre dont un &#224; la gloire des b&#233;rets verts. Si j'en crois le tatouage sur son &#233;paule, le vendeur a d&#251; servir dans les commandos. Je dis &#171; a d&#251; &#187; car le tissu du sacro-saint fauteuil de camping d'exposant est tendu &#224; l'extr&#234;me par des cuisses ob&#232;ses engonc&#233;es dans un training qui fleure la &#171; frite-mayo &#187; hebdomadaire.&lt;br /&gt;
Juste &#224; c&#244;t&#233;, engonc&#233;s dans un visage aussi &#233;maci&#233;e que celui d'un prof de latin retrait&#233;, deux yeux de fouine balayent sans arr&#234;t un &#233;tal o&#249; se c&#244;toient &#171; les Egyptiens &#187; &#233;dit&#233;s par la Procure &#224; Namur, &#171; les m&#233;moires du g&#233;n&#233;ral de Gaulle &#187; en Livre de Poche et, oh surprise ! Un opuscule sur &#171; Les Fermes de la commune fusionn&#233;e de Gembloux &#187;. &lt;br /&gt;
La terre de mon enfance, enfin plus pr&#233;cis&#233;ment l'ancienne commune de Grand-Leez. J'ouvre et parcours les pages jaunies. Ici la ferme Garot et l&#224; devant chez Huguette une vue dont j'ignorais l'existence. &lt;br /&gt;
Le prof n'a pas souffl&#233; mot du prix. Il sait que je sais que ceux-ci sont indiqu&#233;s en premi&#232;re page. Ils y sont inscrits au crayon, en francs belges barr&#233;s avec un sous titrage en euro augment&#233; &#224; l'arrondi. Pourtant je ne sais quel geste involontaire a d&#251; trahir mon &#233;motion devant cette d&#233;couverte car le pion brocanteur me persifle : &#171; Vous connaissez ? &#187; &lt;br /&gt;
&#171; Oui, j'y suis n&#233; &#187; r&#233;pondis-je.&lt;br /&gt;
&#171; Alors ceci pourrait vous int&#233;resser &#187; dit-il en me tendant un album de photos.&lt;br /&gt;
J'ouvre et n'en crois pas mes yeux.&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Grand-m&#232;re...&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Un trouble m'envahit. F&#233;brilement, je tourne la page cartonn&#233;e...&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Papa, oncle Jean, oncle Pierre...&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Je demande : &#171; Est-ce indiscret de savoir o&#249; vous avez eu ces photos ? &#187;&lt;br /&gt;
&#171; Une dame de la r&#233;gion lors d'un vide-grenier, vous connaissez ? &#187;&lt;br /&gt;
Pour toute r&#233;ponse je lui dis acheter l'album. Voil&#224; mis &#224; jour le niveau de sentiment familial de tante Else. Je m'en doutais un peu mais de l&#224; &#224; humilier la famille en nous obligeant &#224; payer une ran&#231;on pour lib&#233;rer de l'encan les sourires affectueux de ceux qui nous ont quitt&#233;s, il y a une marge ! De quel droit peut-on offrir l'intimit&#233; &#224; la vente ? Elle doit &#234;tre franchement mal dans sa peau la vieille tante.&lt;br /&gt;
J'ach&#232;te aussi le livre des fermes. Au prix fort car mon talent de n&#233;gociateur est compl&#232;tement annihil&#233; par l'&#233;motion.&lt;br /&gt;
Je demande s'il y en a d'autres comme le commandant des pompiers qui s'inqui&#232;te de savoir si toutes les victimes du sinistre ont &#233;t&#233; sauv&#233;es ?&lt;br /&gt;
Il me r&#233;pond &#171; Non, j'ai juste r&#233;cup&#233;r&#233; l'album photo. Je l'ai gard&#233; sous la table car j'estime qu'il ne doit aller qu'&#224; des personnes motiv&#233;es. Je ne sais pas si c'est la m&#234;me chose pour vous mais c'est quand m&#234;me la vie priv&#233;e, non ? &#187;&lt;br /&gt;
&#171; Je vous remercie, monsieur, j'aime la fa&#231;on dont vous pratiquez votre hobby. Bonne continuation &#187;.&lt;br /&gt;
Ses yeux clignent une et une seule fois et comme on replie un m&#232;tre pliant, il se rassied sur son fauteuil... de camping...agr&#233;ment&#233; d'un coussin bordeaux.&lt;br /&gt;
Je suis maintenant devant des pulls roses en grosses mailles parsem&#233;es d'&#233;toiles dor&#233;es et argent&#233;es. &lt;br /&gt;
Et voil&#224; l'in&#233;vitable stand des poup&#233;es barbies, des CD s&#251;rement pirat&#233;s, des chemises encore sous cellophane sans parler des GSM et autres gadgets fluos et kitchs &#224; souhait. Je presse le pas et ne peut &#233;viter les chicots teint&#233;s de nicotine qui servent de sourire &#224; la vendeuse quinquag&#233;naire.&lt;br /&gt;
Je plane au dessus des collections de cendriers et des chopes &#224; bi&#232;re. Je n'ai pas de sentiment pour les angelots asexu&#233;s qui ont d&#251; entendre de tout au cours de leur vie sur les meubles de salon mais dont le regard ne semble avoir jamais connu la m&#233;chancet&#233; humaine ni en vrai ni &#224; la t&#233;l&#233;, qu'ils se sont tap&#233;s tous les soirs.&lt;br /&gt;
Six tables d'une marchande de fringues pr&#233;c&#232;dent celle d'une maman qui a d&#251; se r&#233;soudre &#224; vendre les chevaux bleus e la gamine que j'imagine loger ce week end chez son p&#232;re. Comme pour accentuer sa tristesse, les deux tables qui suivent sont vides.&lt;br /&gt;
Quatre tables h&#233;bergent des peintures sur toile. On y voit des rouges et du bleu sur des paysages verdaches et sans relief.&lt;br /&gt;
Entamant le sixi&#232;me couloir, je me heurte le genou au sac qui contient les seuls achats de ce jour et je pense : &#171; M&#233;prisante tante Else &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin me voil&#224; &#224; la sortie o&#249; grillent les hot-dogs et se r&#233;chauffent le jaune des Pils.&lt;br /&gt;
Rien de terrible dans cette brocante, comme d'hab...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Hublot ... par Guy</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article376</link>
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		<dc:date>2007-06-07T10:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Hublot &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;- Plus un sou aux cur&#233;s ! Plus un sou aux cur&#233;s !&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; la grisaille, le chauffeur avait ouvert sa fen&#234;tre d&#232;s qu'il avait aper&#231;u la soutane noire sur le trottoir entre Bruxelles et Malines. Tous les gamins et moniteurs scandaient le slogan dans l'autocar qui nous ramenait de la mer. M&#234;me sc&#233;nario dans le car des filles qui nous suivait. Et pour faire bonne mesure, nous avons continu&#233; &#224; brailler &#034;L&#233;opold au poteau ! L&#233;opold au poteau !&#034; comme quand nous avions d&#251; rouler au pas dans les rues (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique65" rel="directory"&gt;Autofiction sur Internet. (ARCHIVES)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L100xH100/arton376-24680.png?1779785775' width='100' height='100' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Hublot&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#034;- Plus un sou aux cur&#233;s ! Plus un sou aux cur&#233;s !&#034;&lt;br /&gt;
Malgr&#233; la grisaille, le chauffeur avait ouvert sa fen&#234;tre d&#232;s qu'il avait aper&#231;u la soutane noire sur le trottoir entre Bruxelles et Malines. Tous les gamins et moniteurs scandaient le slogan dans l'autocar qui nous ramenait de la mer. M&#234;me sc&#233;nario dans le car des filles qui nous suivait. Et pour faire bonne mesure, nous avons continu&#233; &#224; brailler &#034;L&#233;opold au poteau ! L&#233;opold au poteau !&#034; comme quand nous avions d&#251; rouler au pas dans les rues d&#233;pav&#233;es de Bruxelles, o&#249; des manifestants avaient d'abord refus&#233; de nous laisser passer. Pourquoi barrer des rues avec des pav&#233;s arrach&#233;s et emp&#234;cher tout le monde de circuler ? Je ne comprenais pas mais les moniteurs avaient m&#234;me encourag&#233; ces personnes. Et quel lien avec l'opposition au roi ? Je l'imaginais ligot&#233; &#224; un poteau de lignes &#233;lectriques. A quoi tout cela rimait-il ?&lt;br /&gt;
Nous &#233;tions gonfl&#233;s &#224; bloc. Quinze jours &#224; l'air de la mer en groupes d'&#226;ge de six &#224; quatorze ans, &#224; jouer dans les dunes et sur la plage, &#224; faire trempette dans les premiers rouleaux, &#224; manger comme des ogres : nous rentrions le moral au z&#233;nith. A pr&#233;sent, nous chantions &#224; tue-t&#234;te &#034;Je donnerais Versailles, Paris et Saint-Denis&#034;. Je me demandais comment une femme pourrait donner des ch&#226;teaux, des villes, des &#233;glises, et pourquoi elle ne devrait pas revoir son mari - mais je m'en donnais &#224; c&#339;ur joie. Ici, dans le car, personne ne me disait de m'arr&#234;ter parce que je chante faux. Et puis il y avait Hubert, assis &#224; c&#244;t&#233; de moi.&lt;br /&gt;
Hubert, mon nouvel ami, que les autres appelaient Hublot &#224; cause de ses fortes lunettes. Moi, je n'aimais pas m'en moquer. Pendant les accalmies, avec nos voisins directs, nous jouions &#224; pigeon vole ! ou au march&#233; de &#8216;Padi-Pado' et Hubert faisait rire tout le monde avec ses trouvailles. Les filles l'aimaient beaucoup. Filles et gar&#231;ons &#233;taient s&#233;par&#233;s &#224; table, dans les groupes et dans les dortoirs mais se retrouvaient le midi et en fin de journ&#233;e dans les espaces libres et parmi les jeux dans l'enceinte de la colonie. Hubert et moi avions souvent la compagnie des filles.&lt;br /&gt;
Une foule de m&#232;res nous attendaient &#224; l'arriv&#233;e, quelques p&#232;res aussi. J'ai saut&#233; dans les bras de maman, venue avec ma s&#339;ur. Hubert n'avait encore trouv&#233; personne et maman lui a donn&#233; un bisou quand je lui ai dit que c'&#233;tait mon nouveau copain. &#034;- Comment t'appelles-tu ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Hubert, madame. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Et o&#249; sont tes parents ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Je ne les vois pas, m'dame. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Attends ici une minute, ils vont bien te trouver.&#034; Mais tout le monde avait r&#233;cup&#233;r&#233; les bagages de ses enfants, et toujours personne pour Hubert.&lt;br /&gt;
&#034;- Nous allons attendre un moment avec toi,&#034; dit maman. &#034;De toute fa&#231;on, nous devons attendre le trolley pour rentrer chez nous.&#034;&lt;br /&gt;
Quand le trolley est arriv&#233;, maman avait accept&#233; d'inviter Hubert dimanche apr&#232;s-midi &#224; la f&#234;te dans notre village et sa m&#232;re avait aussi donn&#233; son accord. Le trolley nous a emmen&#233;s et Hubert et sa maman nous ont salu&#233;s d'un grand geste de la main.&lt;br /&gt;
&#034;- Devine ce que j'ai ramen&#233; pour toi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Tu m'as ramen&#233; quelque chose ? C'est gentil, &#231;a.&#034; Et j'ai eu droit &#224; un baiser. &#034;Qu'est-ce que c'est ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Quelque chose de beau, pour garnir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Je ne sais pas, moi. Un napperon ?&#034;&lt;br /&gt;
&#199;a m'a fait rire. &#034;Attends, c'est dans mon sac.&#034; Et j'ai fi&#232;rement exhib&#233; un petit sachet &#224; moiti&#233; plein de coquillages. &#034;C'est des tourelles, pour toi. C'est les coquillages que j'aime le mieux. C'est les plus beaux !&#034; On n'en trouve plus, h&#233;las ! Tout blancs, c'&#233;taient de vraies merveilles avec leurs spirales c&#244;tel&#233;es de plus en plus fines pour finir en pointe piquante. &#034;Regarde, il y a aussi des caracoles. Pour siffler.&#034; Apr&#232;s un ou deux essais, j'ai r&#233;ussi &#224; extraire quelques sons d'un bigorneau coinc&#233; entre l'index et le majeur droits. Hubert n'avait pas son pareil pour faire chanter ces coquilles vides. Je crois que &#231;a l'a beaucoup aid&#233; &#224; ne plus devoir supporter les quolibets des autres gamins m&#234;me s'ils n'ont jamais abandonn&#233; son sobriquet. Sans doute par jalousie pour son succ&#232;s aupr&#232;s des filles.&lt;br /&gt;
&#034;-Bon, &#231;a suffit, maintenant !&#034; a dit maman, mal &#224; l'aise sous le regard des passagers du trolley.&lt;br /&gt;
A peine rentr&#233;s, elle a d&#233;fait ma valise, dispos&#233; mes tourelles dans un petit flacon en verre sur le coin de l'armoire et commenc&#233; &#224; pr&#233;parer le souper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle belle journ&#233;e le lendemain, malgr&#233; la grisaille du matin. Apr&#232;s avoir aid&#233; maman &#224; prendre les poussi&#232;res pour lui faire plaisir, je suis all&#233; chez Marie. Nous lui achetions notre maqu&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='fromage blanc' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, parfois des oeufs ou du beurre. La baratte me fascinait et j'adorais jouer &#224; y battre la cr&#232;me de lait. Ce samedi-l&#224;, Marie avait besoin de beaucoup d'eau mais &#233;tait extr&#234;mement occup&#233;e. Ah ! ma fiert&#233; de pouvoir l'aider ! J'ai eu droit au hork&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='palanche' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont elle a raccourci les cordes pour y accrocher deux petits seaux de cinq litres. Muni de la cl&#233;, j'ai fait la navette entre sa cuisine et la pompe publique, saluant bien haut tout habitant du hameau que j'apercevais. Mon oncle Armand est arriv&#233; &#224; v&#233;lo, a pos&#233; un pied &#224; terre et s'est mis &#224; d&#233;clamer une m&#233;lop&#233;e &#224; pleins poumons : &#034;On v' f&#232; priyi &#224; l'&#232;t&#232;r'mint da ... (On vous prie d'assister aux fun&#233;railles de ...)&#034; &lt;br /&gt;
&#034;- Qu'est-ce que tu fais l&#224;, donc ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Je porte de l'eau pour Marie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Elle a bien de la chance, d'avoir un aideur comme &#231;a !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Tu viens demain pour la f&#234;te ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Bien s&#251;r ! Allez, je continue.&#034; Et il est parti sur son v&#233;lo reprendre sa litanie cinquante m&#232;tres plus loin.&lt;br /&gt;
L'apr&#232;s-midi, nous avons longuement jou&#233; aux billes dans notre cour entre gar&#231;ons, m&#234;me avec Dany. D'habitude, mes parents n'aimaient pas que je le c&#244;toie, parce que sa maman ne l'&#233;duquait pas bien, qu'elle tenait mal son m&#233;nage et aussi parce qu'il allait &#224; l'&#233;cole catholique. Nous avons aussi jou&#233; au magasin et &#224; l'&#233;cole avec les filles. La cloche du marchand de glace a dispers&#233; tout le monde. Exceptionnellement, ma s&#339;ur et moi avons eu droit &#224; un cornet. Hmm ! Et nous avons mont&#233; la rue avec nos copains jusqu'&#224; la buse, une source capt&#233;e par un court tuyau m&#233;tallique, o&#249; des gens venaient de loin chercher de l'eau. C'&#233;tait juste apr&#232;s la derni&#232;re maison, au pied des prairies &#224; gauche, &#224; l'or&#233;e du bois &#224; droite du chemin. Sans la compagnie de mes parents, mon monde s'arr&#234;tait l&#224;. L'eau se d&#233;versait dans une petite mare.&lt;br /&gt;
&#034;- Regarde ! L&#224; !&#034; Une grenouille. Puis une autre. Et des libellules, dont certaines volaient par deux. Et des papillons encore plus color&#233;s que les fleurs. J'adorais venir l&#224; contempler la vie.&lt;br /&gt;
Quand je suis all&#233; dormir, maman continuait &#224; pr&#233;parer les tartes pour la f&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dimanche, comme chaque ann&#233;e, toute la famille se retrouvait chez nous d&#232;s midi, les adultes autour d'une tr&#232;s grande table dans la pi&#232;ce de devant, les enfants attabl&#233;s dans la cuisine. &#034;Attention ! Ne vous br&#251;lez pas !&#034; Malgr&#233; la chaleur d'une fin d'ao&#251;t ensoleill&#233;e, le po&#234;le br&#251;lait son charbon pour chauffer l'eau indispensable au caf&#233; et &#224; la vaisselle avant le go&#251;ter et le repas du soir. Hubert mangeait avec nous. Son p&#232;re l'avait accompagn&#233; jusque chez nous et avait quitt&#233; aussit&#244;t. Toute notre famille l'avait imm&#233;diatement adopt&#233; avec son air malicieux et ses gros yeux derri&#232;re ses lunettes.&lt;br /&gt;
Tout le monde riait en buvant sa bi&#232;re ou son p&#232;k&#232;t (geni&#232;vre). Tous les hommes fumaient, sauf le grand Maurice, un ami de mes parents qui habitait pr&#232;s de Huy. Puis tout &#224; coup des hommes criaient, en d&#233;saccord sur la question royale ou une autre actualit&#233; politique. Certaines femmes s'en m&#234;laient et d'autres tentaient de calmer la discussion. &lt;br /&gt;
&#034;- Ce n'est pas parce qu'on vous a donn&#233; le droit de vote que vous &#234;tes devenues capables de discuter !&#034; Les hommes ont &#233;clat&#233; de rire et les femmes ont jou&#233; les offusqu&#233;es ou fait mine de gifler mon oncle Riri.&lt;br /&gt;
J'ai eu droit &#224; mon premier tour sur les autos-scooters sans un adulte. J'ai partag&#233; la voiture avec Hubert. A notre retour &#224; la maison, la table nous attendait pour le go&#251;ter. Nous ne nous sommes pas fait prier longtemps pour nous attabler. Et maman a apport&#233; un g&#226;teau au moka garni de huit bougies. Elle l'a d&#233;pos&#233; entre les tartes devant moi.&lt;br /&gt;
&#034;- Allez, souffle ! Tu dois les &#233;teindre toutes d'un coup !&#034; Je n'en revenais pas. Mon anniversaire, c'&#233;tait dans quatre jours, &#224; la rentr&#233;e des classes. Incr&#233;dule, j'ai souffl&#233; tant que j'ai pu et fini par &#233;teindre toutes les bougies. Adultes et enfants ont tous cri&#233;, chant&#233;, f&#233;licit&#233;.&lt;br /&gt;
Et mon oncle Armand m'a tendu un paquet.&lt;br /&gt;
&#034;- Tiens, c'est pour toi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; C'est quoi ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Regarde !&#034; J'ai d&#233;couvert un appareil photo ! &lt;br /&gt;
&#034;- C'est ... pour moi ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Bien s&#251;r que c'est pour toi ! J'en ai achet&#233; un autre. Celui-l&#224;, il date d'avant la guerre mais il fait de belles photos.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Ooh, merci !&#034; J'ai saut&#233; dans ses bras et nous nous sommes embrass&#233;s.&lt;br /&gt;
&#034;- On mange le g&#226;teau et les tartes puis on va faire une photo de tout le monde.&#034;&lt;br /&gt;
Au moment de la photo, la procession arrivait pr&#232;s de la maison. Jules, le voisin, hurlait.&lt;br /&gt;
&#034;- Foutez le camp. Vous ne voyez pas que vous g&#234;nez ? Vous emp&#234;chez mes pigeons de rentrer !&#034; Les pigeons recommen&#231;aient &#224; tournoyer. Il agitait sa cage de contr&#244;le mais la procession avan&#231;ait, cur&#233; en t&#234;te sous son dais.&lt;br /&gt;
&#034;- Bougez-vous et laissez-nous passer, voyons..&#034;&lt;br /&gt;
C'en &#233;tait trop. Fou de rage, Jules a lanc&#233; sa cage &#224; la t&#234;te du cur&#233;. Lui s'est arr&#234;t&#233; net puis a tourn&#233; les talons et jur&#233; qu'il ne conduirait jamais plus sa procession dans ce hameau de m&#233;cr&#233;ants. Et il tint parole.&lt;br /&gt;
Le grand Maurice devait partir avant le souper pour rentrer chez lui avec la derni&#232;re liaison entre Huy et sa commune. Tenant par la main Hubert, qu'il accompagnait sur le trolley en direction de Li&#232;ge, Maurice nous a quitt&#233;s au milieu de la procession, se retournant sans cesse pour faire de grands signes d'adieu. Il nous criait des au revoir sonores en soulevant Hubert &#224; bout de bras pour que nous puissions le voir et l'entendre nous saluer lui aussi par dessus les t&#234;tes des gens en pri&#232;re. Une journ&#233;e m&#233;morable ! J'&#233;tais aux anges !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e-l&#224;, mes parents avaient d&#233;cid&#233; de m'inscrire &#224; une &#233;cole communale du gros bourg voisin au lieu de me laisser dans celle de notre village. Hubert habitait dans ce bourg mais fr&#233;quentait une autre &#233;cole communale. Apr&#232;s quelque temps, nous avons pris l'habitude de passer le mercredi apr&#232;s-midi ensemble. Notre amiti&#233; a dur&#233; des ann&#233;es et, chaque &#233;t&#233;, nous passions deux semaines de vacances dans la m&#234;me colonie. C'&#233;tait toujours lui qui avait le plus de succ&#232;s aupr&#232;s des filles. Jamais je ne l'ai vu se d&#233;monter quand on l'appelait Hublot ; il se d&#233;brouillait toujours pour s'attirer la sympathie des autres. Sans doute ma vie aurait-elle &#233;t&#233; bien diff&#233;rente si je ne l'avais pas rencontr&#233;. Combien j'estime avoir profit&#233; d'une influence positive ! Et que de bons moments j'ai connus en sa compagnie ! J'esp&#232;re qu'il a eu un petit bout de sentiment semblable &#224; mon &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guy&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;fromage blanc&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;palanche&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Pieuvre ... par Fran&#231;oise</title>
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		<dc:date>2007-06-07T10:21:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La Pieuvre &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Maudite soit la religion de ta m&#232;re, d&#233;bauch&#233;e ! &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Djibril murmure un chapelet d'insultes en poussant la porte de service de la cuisine, laisse lourdement tomber la caisse de poissons sur la table, o&#249; il s'appuie un instant, s'&#233;pongeant le front. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a bien senti le regard froid du directeur du Grand H&#244;tel lui darder la nuque, juste apr&#232;s la m&#233;chante remarque de cette toute jeune touriste, une gamine blonde bien trop maquill&#233;e pour son &#226;ge. Il l'avait involontairement bouscul&#233;e dans le (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique65" rel="directory"&gt;Autofiction sur Internet. (ARCHIVES)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L100xH100/arton377-e1410.png?1779785775' width='100' height='100' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La Pieuvre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Maudite soit la religion de ta m&#232;re, d&#233;bauch&#233;e ! &#187;&lt;br /&gt;
Djibril murmure un chapelet d'insultes en poussant la porte de service de la cuisine, laisse lourdement tomber la caisse de poissons sur la table, o&#249; il s'appuie un instant, s'&#233;pongeant le front.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a bien senti le regard froid du directeur du Grand H&#244;tel lui darder la nuque, juste apr&#232;s la m&#233;chante remarque de cette toute jeune touriste, une gamine blonde bien trop maquill&#233;e pour son &#226;ge. Il l'avait involontairement bouscul&#233;e dans le hall de la r&#233;ception. &#171; Pour qui elles se prennent ces touristes europ&#233;ennes ? Des pauvresses ! A tout &#226;ge, sans mari, elle viennent chercher quoi ici ? De faux compliments, un amour de pacotille ? C'est &#231;a leurs vacances, &#224; ces gazelles ? M&#233;cr&#233;antes ! Se laisser s&#233;duire par les beaux gosses du coin, qui en font leur bizness et aspirent, en retour, &#224; un peu de flouze, quelques sorties dans les bars priv&#233;s de la ville ou, quand tout roule comme ils veulent, une prise en charge pour filer l&#224;-bas par un autre moyen que les embarcations de fortune sur le d&#233;troit.&lt;br /&gt;
Je comprends que l'Occident attire les jeunes, comme la lumi&#232;re les lucioles. Seulement, souvent, il n'&#233;claire pas, il br&#251;le. &#187;&lt;br /&gt;
&#171; Bah ! Si demain, le patron de l'h&#244;tel ne m'arr&#234;te pas quand je viens livrer le poisson, c'est que le vieux Ahmed n'aura pas perdu son meilleur client. Ce directeur a beau faire comme s'il prenait le parti de cette jeunesse insolente et &#233;trang&#232;re, elle restera ici une semaine, deux au plus. Tandis que les filets du vieux Ahmed, ils p&#234;cheront toujours le meilleur de ce coin de M&#233;diterran&#233;e, comme si le saint auquel les femmes de sa famille rendent p&#232;lerinage le prot&#233;geaient du mauvais &#339;il, du grain ou des petites prises... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Djibril ouvre le grand frigo et d&#233;pose un &#224; un les poissons dans des r&#233;cipients en frigolite remplis de gla&#231;ons. Il quitte ensuite, comme il y est entr&#233;, la cuisine, encore d&#233;serte &#224; cette heure. Il est temps qu'il retourne au port. M&#234;me si le Grand H&#244;tel est la priorit&#233; du vieux Ahmed, il a encore toute la matin&#233;e &#224; travailler au march&#233; aux poissons. Cette nuit, il est de l'&#233;quipe de p&#234;che, avec le jeune Farid, le cadet du vieux patron p&#234;cheur, que son p&#232;re envoie sur le chalutier pour qu'il se fasse la main. Ce jeune biznessman est un petit qui cache bien son jeu et ses conqu&#234;tes touristiques &#224; sa famille. &#171; Il a raison : &#224; sa place, j'aurais honte de vendre mon corps pour des chim&#232;res d'ailleurs. Pauvre gosse ! Mais comment il les attire toutes ? Sans doute son beau regard clair, pas courant dans le coin. Et puis, il a toujours en poche des breloques, des mains de Fatma en pendentif surtout, qu'il offre aux filles au deuxi&#232;me rendez-vous... Au moins, quand la nuit s'&#233;tire trop en mer, Farid est de bonne compagnie. Il ne raconte que le cocasse de ses exploits amoureux, sans jamais tomber dans le salace. Et il r&#234;ve tout haut, le petit. J'aime entendre les gens r&#234;ver. J'ai beau faire : je m'y revois et la m&#233;lancolie me prend, comme si j'avais rat&#233; ma chance, l&#224; o&#249; d'autres ont encore les moyens de ne pas la laisser passer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Djibril entre dans la petite pi&#232;ce carrel&#233;e de mosa&#239;ques bleues qui fait office de march&#233; aux poissons. Le vieux Ahmed n'est pas encore parti se reposer. Ce matin, un groupe de touristes, envoy&#233; par le Grand H&#244;tel, cherche du pittoresque : alors, on leur fait faire un tour dans la baie en chalutier, puis ils d&#233;barquent au march&#233; et on leur montre les prises. Ahmed a d&#233;j&#224; r&#233;serv&#233; une caisse des meilleurs poissons &#224; Djibril : c'est lui qui, d'habitude, est charg&#233; de les &#233;cailler, de les vider et de les installer sur l'&#233;tal pour les touristes. De tous les p&#234;cheurs de l'&#233;quipe, il parle le mieux fran&#231;ais, et anglais aussi. Avec un peu de chance, il arrivera, apr&#232;s sa d&#233;monstration, &#224; pousser ces &#233;trangers &#224; prendre le repas de midi chez le fr&#232;re d'Ahmed, qui tient le restaurant juste &#224; c&#244;t&#233;. Sa sp&#233;cialit&#233; : la rascasse et les crustac&#233;s ; et pour Djibril, un petit billet par tabl&#233;e occup&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soleil est haut dans le ciel lorsqu'un groupe bruyant d&#233;barque dans la pi&#232;ce. Ils ont d&#233;j&#224; fait leur tour en bateau et parlent fort, sans &#233;pargner aucune des r&#233;flexions vexantes tellement coutumi&#232;res aux touristes fran&#231;ais, &#224; propos du bruit et de l'odeur, et de la belle &#233;poque du protectorat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Djibril entame le nettoyage d'une premi&#232;re caisse. En y plongeant la main, il en ressort une pieuvre. Depuis l'enfance et Vingt mille lieues sous les mers, ce mollusque, mort ou vif, et quelle que soit sa taille, le fascine... &lt;br /&gt;
Joignant le geste &#224; la parole, Djibril &#233;tire le corps flasque, expliquant comment, vivant, il se sert de ses bras et de ses ventouses pour attirer les proies vers sa bouche. Une jeune fille s'approche pour toucher, du bout d'un doigt pr&#233;cieux, l'un des tentacules. Ca l'amuse, elle le malaxe et en &#233;cart&#232;le les ventouses. Soudain, l'encre jaillit de l'animal et s'&#233;tale, avec un bruit mat, sur le d&#233;collet&#233; de la gamine, qui hurle. Djibril se pr&#233;cipite et propose, pour &#233;ponger le liquide noir&#226;tre, le vieux mouchoir qu'il garde en poche. Il n'oserait pas nettoyer cette gorge lui-m&#234;me : c'est impur ! &lt;br /&gt;
Levant furtivement les yeux, il reconna&#238;t la fille du matin, celle de l'h&#244;tel, si malpolie. A son cou sali, pend une main de Fatma. En son for int&#233;rieur, Djibril vibre d'une joie moqueuse et qu'il sait mesquine...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;oise&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Mado ... par Fatima</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Mado. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tu n'as pas le droit ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Je te d&#233;teste pour ta l&#226;chet&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui te permet de penser que c'est la meilleure solution pour moi ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Je sais tout de m&#234;me, et mieux que personne, ce qui est bon pour moi et je pensais que tu le savais aussi. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est toi ma vie et je ne veux rien d'autre ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Tu es l&#224; sur ce lit d'h&#244;pital, aussi p&#226;le que les murs de cette chambre, les yeux clos, un tr&#232;s l&#233;ger sourire sur tes l&#232;vres bleuies. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tu sembles si sereine alors que moi je hurle du fond de mon c&#339;ur, du fond de mon &#226;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique65" rel="directory"&gt;Autofiction sur Internet. (ARCHIVES)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L100xH100/arton378-97767.png?1779785775' width='100' height='100' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mado.&lt;br /&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;
Tu n'as pas le droit !&lt;br /&gt;
Je te d&#233;teste pour ta l&#226;chet&#233;.&lt;br /&gt;
Qui te permet de penser que c'est la meilleure solution pour moi ?&lt;br /&gt;
Je sais tout de m&#234;me, et mieux que personne, ce qui est bon pour moi et je pensais que tu le savais aussi.&lt;br /&gt;
C'est toi ma vie et je ne veux rien d'autre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu es l&#224; sur ce lit d'h&#244;pital, aussi p&#226;le que les murs de cette chambre, les yeux clos, un tr&#232;s l&#233;ger sourire sur tes l&#232;vres bleuies.&lt;br /&gt;
Tu sembles si sereine alors que moi je hurle du fond de mon c&#339;ur, du fond de mon &#226;me.&lt;br /&gt;
Je hurle cette col&#232;re sourde, terrible et muette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne peux pas m'abandonner !&lt;br /&gt;
Je regarde cette lettre qu'une infirmi&#232;re m'a remise et je la relis pour la &#233;ni&#232;me fois.&lt;br /&gt;
Je parcours cette belle &#233;criture, si soign&#233;e, si r&#233;guli&#232;re et je me refuse &#224; croire les mots qui y sont trac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis &#224; la terrasse de la caf&#233;t&#233;ria du campus, plong&#233; dans un bouquin de psychologie infantile.&lt;br /&gt;
Elle s'approche de moi et me dit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Excusez-moi, pourriez-vous me dire o&#249; se trouve l'auditorium de psychologie ?&lt;br /&gt;
J'ai lev&#233; la t&#234;te et me suis retrouv&#233; face au plus beau sourire que j'aie jamais vu apr&#232;s celui de ma m&#232;re.&lt;br /&gt;
Je suis si fascin&#233; par ses yeux d'un marron ambr&#233; que j'en reste bouche b&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle doit me prendre pour un demeur&#233; &#224; rester l&#224;, la bouche ouverte comme un poisson hors de l'eau.&lt;br /&gt;
Je ne croyais pas au coup de foudre mais l&#224; je le vivais en &#171; live &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un jour je lui ai demand&#233; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Pourquoi moi, qu'est-ce que tu me trouves ? Tu es si raffin&#233;e, si belle si intelligente, si...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Tu es attendrissant. Ton aplomb, ta candeur, ta fra&#238;cheur, ta joie de vivre m'apportent ce souffle d'air vivifiant que je ne ressentais plus. Je suis aussi flatt&#233;e de savoir que je peux encore plaire &#224; mon &#226;ge et de surcro&#238;t &#224; un homme de l'&#226;ge de mon fils.&lt;br /&gt;
Mado, tes doutes, ta pudeur, ta fragilit&#233; me donnent envie de te prot&#233;ger ; je me sens capable d'affronter le monde entier pour t'&#233;viter de souffrir. &lt;br /&gt;
Je me fiche des regards curieux, moqueurs ou indign&#233;s que nous lancent les gens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis tout &#224; mon amour, tout &#224; toi et plus rien ne compte pour moi que ta douce pr&#233;sence qui envahit tout mon &#234;tre. Je voudrais que la terre enti&#232;re sache ce que tu repr&#233;sentes pour moi mais les mots me manquent pour d&#233;crire ce que je vis et ce que je ressens &#224; tes c&#244;t&#233;s.&lt;br /&gt;
Je sais que pour toi c'est plus difficile. Tes enfants refusent de te voir et t'interdisent m&#234;me le contact avec tes petits-enfants. Cette absence te ronge mais je suis l&#224; moi ! Je comblerai ce vide, et tous les manques et toutes les frustrations.&lt;br /&gt;
Je me sens la force d'un g&#233;ant quand tu te fais toute petite entre mes bras. Je suis invincible et je vaincrai quiconque s'attaque &#224; toi.&lt;br /&gt;
Je sais que tu me trouves d&#233;raisonnable, passionn&#233;, fou. Je ne suis rien de tout cela, ou bien si, je suis fou de toi, passionn&#233; par ce que tu me donnes et l'existence sans toi n'a plus de sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tom, mon amour,&lt;br /&gt;
Pardonne-moi pour les mots de cette lettre.&lt;br /&gt;
Je ne t'abandonne pas, je te rends ta libert&#233;. &lt;br /&gt;
Je ne veux pas imaginer ce que nous serons dans dix ans, toi dans la force de l'&#226;ge, moi vieillissante et d&#233;clinante.&lt;br /&gt;
Je ne veux garder que le plus beau de nous deux.&lt;br /&gt;
Je ne supporterais pas de te voir te d&#233;tourner de moi pour une plus jeune.&lt;br /&gt;
Je n'accepterais pas de te sentir honteux sous le regard &#233;tonn&#233; des gens. Je ha&#239;rais te montrer ce corps fl&#233;tri, raidi par les ann&#233;es meurtri&#232;res. &lt;br /&gt;
Dans ma t&#234;te j'ai vingt ans ; mon corps en a soixante. &lt;br /&gt;
Je souffre de ta jeunesse et je pleure la mienne.&lt;br /&gt;
Je ne veux pas devenir une de ces femmes quicourent ind&#233;finiment apr&#232;s une jeunesse r&#233;volue, quitte &#224; friser le ridicule,.&lt;br /&gt;
Je veux rester telle que tu m'as connue, telle que tu m'as aim&#233;e.&lt;br /&gt;
Ne m'en veux surtout pas et ne pense qu'&#224; nos moments de bonheur. Bonheur intense et d&#233;licieux.&lt;br /&gt;
Je ne te dis pas adieu, mon amour, je te dis au revoir car je suis s&#251;re que nous nous retrouverons dans un monde o&#249; se retrouvent tous ceux qui s'aiment. &lt;br /&gt;
Mado&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pleure en silence en relisant ces quelques lignes. Certains mots sont dilu&#233;s par mes larmes et semblent s'estomper mais ils restent vivants dans ma t&#234;te et &#224; jamais grav&#233;s dans mon c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une infirmi&#232;re me touche l&#233;g&#232;rement l'&#233;paule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Je suis d&#233;sol&#233;e, Monsieur mais c'est l'heure.&lt;br /&gt;
Je chiffonne la feuille de papier et la lance rageusement dans la corbeille.&lt;br /&gt;
Je me l&#232;ve, je quitte la chambre en titubant. Je jette un dernier regard &#224; Mado, mon unique amour, ma vie, mon d&#233;sespoir.&lt;br /&gt;
A la porte de l'h&#244;pital, je m'arr&#234;te un instant, je fais demi-tour et je cours comme un fou jusqu'&#224; la chambre, fouille dans la poubelle et r&#233;cup&#232;re la feuille de papier.&lt;br /&gt;
C'est tout ce qui me reste d'elle.&lt;br /&gt;
Je ne peux pas la jeter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fatima&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Zo&#233; de l'Escarbote ... par Martine</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article373</link>
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		<dc:date>2007-06-07T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Zo&#233; de l'Escarbote &lt;br class='autobr' /&gt;
Mmm ! Quel confort ! Ce canap&#233; bien rembourr&#233;, de laine blanche a d&#251; co&#251;ter un os ! Je pose la t&#234;te sur l'accoudoir et je m'&#233;tale de tout mon long, membres rel&#226;ch&#233;s. Les journ&#233;es sont longues, mais je sommeille la plupart du temps. Quelle heure peut-il &#234;tre ? L'horloge pos&#233;e sur la commode est dans mon angle de vue. Mais voil&#224;, malgr&#233; mes huit ans, je ne sais pas lire l'heure, je suis compl&#232;tement illettr&#233;e mais pas si b&#234;te qu'on ne pourrait le croire. Je peux interpr&#233;ter pas mal de choses (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L100xH100/arton373-dd468.png?1779785775' width='100' height='100' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Zo&#233; de l'Escarbote&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mmm ! Quel confort ! Ce canap&#233; bien rembourr&#233;, de laine blanche a d&#251; co&#251;ter un os ! Je pose la t&#234;te sur l'accoudoir et je m'&#233;tale de tout mon long, membres rel&#226;ch&#233;s. Les journ&#233;es sont longues, mais je sommeille la plupart du temps. Quelle heure peut-il &#234;tre ? L'horloge pos&#233;e sur la commode est dans mon angle de vue. Mais voil&#224;, malgr&#233; mes huit ans, je ne sais pas lire l'heure, je suis compl&#232;tement illettr&#233;e mais pas si b&#234;te qu'on ne pourrait le croire. Je peux interpr&#233;ter pas mal de choses : par exemple, &#224; travers les voiles blancs des fen&#234;tres, j'apprends beaucoup de l'&#233;volution de la course du soleil ; les bruits de la rue, celui des moteurs me fournissent aussi des renseignements pr&#233;cieux.&lt;br /&gt;
Outre les deux divans jumeaux, la pi&#232;ce est agr&#233;able : moquette au sol, papier peint marbr&#233; de nuages pastel, mobilier classique, acajou ai-je entendu dire. Malheureusement depuis que nous vivons dans cet appartement au deuxi&#232;me &#233;tage, impossible d'observer le jardin comme je le faisais dans notre grande maison. La porte-fen&#234;tre s'ouvrait sur la pelouse et je pouvais regarder les oiseaux et &#233;pier les chats sournois qui r&#244;daient sur le fa&#238;te des murs. Mais je m'adapte ! Du deuxi&#232;me canap&#233; qui longe la baie vitr&#233;e de la fa&#231;ade, je peux ais&#233;ment sauter sur l'appui de fen&#234;tre et me glisser sous les voiles pour examiner la rue.&lt;br /&gt;
Ah ! Je sens l'heure de son retour arriver, je vais prendre place sur mon perchoir.&lt;br /&gt;
La voil&#224; ! C'est Elsa ! D&#233;j&#224; j'ai flair&#233; son odeur J'agite ma queue r&#233;duite &#224; un moignon, Tout mon corps ondule. Elle regarde vers la fen&#234;tre. Elle m'a vue et elle rit. Je crains toujours qu'elle ne se f&#226;che mais elle m'aime tant et est tout attendrie de voir que quelqu'un l'attend fid&#232;lement. Je quitte le rebord de la fen&#234;tre. La cl&#233; tourne dans la serrure du rez-de-chauss&#233;e, elle monte quatre &#224; quatre les escaliers et ouvre la porte de l'appartement. Je bondis. Me lan&#231;ant sur elle, je la d&#233;s&#233;quilibre un peu. Mes pattes avant pos&#233;es sur sa poitrine, je la l&#232;che tant et plus. Elle criaille :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Zo&#233;, Zo&#233;, cesse, calme-toi. Oui, oui, je sais que tu es un bon chien.&lt;br /&gt;
Elle me caresse, m'enserre la t&#234;te dans ses bras. Quel bonheur ! Je sais ce qu'elle va faire maintenant : elle prend ma laisse et l'attache &#224; mon collier. C'est l'heure du &#171; petit tour de pattes &#187;.&lt;br /&gt;
J'ai huit ans, ma robe est bring&#233;e garnie d'un plastron blanc. Blanc aussi le bout de mes pattes. Certains rient de moi car j'ai le museau &#233;cras&#233;, mais ce sont des imb&#233;ciles. J'ai un pedigree, moi ! Ont-ils des titres de noblesse ? Je m'appelle Zo&#233; de l'Escarbote. Mes crocs sont recourb&#233;s, redoutables. J'ai un m&#233;tier aussi : je suis la gardienne des lieux. Malheur au malintentionn&#233; qui approche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos de malintentionn&#233;, j'en flaire un qui vient de sonner &#224; la porte. Bien que nous vivions au deuxi&#232;me &#233;tage, mon flair me renseigne imm&#233;diatement s'il s'agit d'un intrus. Et c'en est un ! J'aboie, mes poils se h&#233;rissent sur mon &#233;chine. Elsa actionne l'ouvre-porte et l'homme monte prudemment les escaliers. Je l'accueille en grognant et en retroussant les babines.
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Assez, Zo&#233;, dit Elsa.&lt;br /&gt;
Ils se regardent en chiens de fa&#239;ence. Il porte une petite mallette qui me para&#238;t suspecte. Bien vu ! Il en tire un papier et ajuste ses &#171; loupes &#187;. Il approche la feuille &#224; quelques centim&#232;tres de ses yeux et il lit. Bien que je pense parfaitement en fran&#231;ais (ma ma&#238;tresse a fait philo-lettres !), je ne comprends pas un mot de ce qu'il dit. A l'attitude d'Elsa, je pressens qu'il ne s'agit de rien d'agr&#233;able. Mais il est tomb&#233; sur un os ! Elsa p&#226;lit puis se pr&#233;cipite vers la commode, ouvre un tiroir, en sort un papier qu'elle colle pratiquement &#224; la bobine de ce bigleux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Monsieur l'Huissier, voici mon contrat de mariage. Veuillez noter que cette saisie ne me concerne pas !&lt;br /&gt;
Bien jou&#233; ! Couch&#233;e sur la moquette, la t&#234;te entre les pattes, je garde ce suspect &#224; l'&#339;il. Mais il semble calm&#233;. Il ferme sa mallette et bat en retraite. S&#251;rement encore une dette de Paul, son futur ex-mari. Ouf ! Nous voil&#224; sauv&#233;es ! Nom d'un chien ! je ne sais pas parler sinon je lui aurais dit &#224; ce mal embouch&#233; que ce Paul n'a su que lui faire du tort, lui poser des lapins et la saigner aux quatre veines. Elsa, il est temps de divorcer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;barrass&#233;e du teigneux, Elsa se laisse tomber dans le canap&#233;. Je la regarde en roulant des yeux langoureux, en plissant mon front et j'avance vers elle. Je pose une patte sur l'assise du fauteuil. Pas de r&#233;action. Je risque la deuxi&#232;me. Apathie totale ! C'est le bon moment : je saute sur ses genoux en qu&#234;te de c&#226;lins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Zo&#233;, tu te prends pour un caniche nain ! Oublies-tu que tu p&#232;ses 30 kilos ?&lt;br /&gt;
Quoi ! Je ne suis pas un chien de manchon ! Si je p&#232;se 30 kilos, c'est 30 kilos d'amour.&lt;br /&gt;
Elle fond, j'ai toujours le dernier mot, si l'on peut dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour d&#233;cline. Il fait maintenant entre chien et loup et ma ma&#238;tresse se dirige, d&#233;cid&#233;e, vers la cuisine. Elle a ramen&#233; un sac plein de senteurs : fumets de poisson, de p&#226;t&#233;s et d'autres fragrances que je ne connais pas. Les po&#234;lons s'entrechoquent, les couteaux fractionnent les l&#233;gumes, les cuill&#232;res en bois touillent le contenu des casseroles. C'est parti pour un r&#233;gal ! J'enrage de faim mais ces d&#233;lices ne sont pas pr&#233;par&#233;es pour mon pauvre museau. A voir et &#224; sentir ce d&#233;ballage de victuailles, je sais qu'elle attend quelqu'un, et pas quelqu'une.&lt;br /&gt;
Je le connais ce bougre. C'est Constant, un avocat. Mon instinct me dit que ce beau parleur porte mal son pr&#233;nom. Mais Elsa est rest&#233;e na&#239;ve, malgr&#233; ses quarante ans, et elle entre en transes quand elle le voit. Ah ! ces femelles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'attache &#224; ses pas. Direction : la salle de bain. Place &#224; la grande cure de beaut&#233; : douche, shampooing, masque, cr&#232;mes et parfums de Lanvior et Divin. Et on sort la lingerie : porte-jarretelles, bas de soie, bustier en dentelle. Mazette ! Quel attirail ! Je n'en supporterais pas le quart. Rien que mon collier m'engonce.&lt;br /&gt;
Retour au hall d'entr&#233;e. C'est parti pour la s&#233;ance de poses devant la monumentale armoire &#224; glace. De face, de profil, t&#234;te et cheveux rejet&#233;s en arri&#232;re, mains sur les hanches, un genou vers l'avant, puis l'autre. Et on recommence trente-six fois. J'admire, &#233;berlu&#233;e. Les humains sont compliqu&#233;s ! Pour moi la vie est simple : je n'ai qu'une robe que je ne range jamais dans une armoire et je ne connais pas les fredaines amoureuses.&lt;br /&gt;
Elle s'est &#233;clips&#233;e et revient v&#234;tue d'une minijupe noire et d'un chemisier rose &#224; froufrous, pendentif, boucles d'oreilles et tutti quanti. Foi d'animal, elle a du chien !&lt;br /&gt;
Un peu de musique maintenant. Pas trop fort, Elsa, piti&#233; pour mes oreilles ! Je connais cette chanson par c&#339;ur, c'est son tube pr&#233;f&#233;r&#233;. La voix r&#233;p&#232;te jusqu'&#224; plus soif : &#171; Au bout de mes r&#234;ves &#187;. Au bout de ses r&#234;ves, c'est l&#224; quelle veut aller ce soir. Face au miroir, elle se dandine, chante, danse.&lt;br /&gt;
Pour moi, ce soir, ce sera : &#171; Au panier, Zo&#233; ! &#187;.Mais je m'en fiche, j'aime la voir &#233;panouie. Son Homme va bient&#244;t arriver. Elle se tr&#233;mousse. Bient&#244;t, il va sonner. Et elle, elle danse, elle danse, elle danse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une na&#239;ve ! ... par Nicole</title>
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		<dc:date>2007-06-07T02:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une na&#239;ve ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Dix-huit ans depuis un mois ! La libert&#233;, l'envie de voyager &#224; la fin des &#233;tudes me prennent &#224; la gorge. J'ai h&#233;rit&#233;, en effet, de parents insupportables, v&#233;rificateurs de mon emploi du temps, surveillants de mes all&#233;es et venues, inquisiteurs et soup&#231;onneux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils m'ont jamais accept&#233; que je ne les accompagne pas en voyage ni que je parte en colonie de vacances, alors en voyage non organis&#233; avec des copines, vous imaginez ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'&#226;ge de la majorit&#233; est arriv&#233;, les &#233;tudes universitaires, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique65" rel="directory"&gt;Autofiction sur Internet. (ARCHIVES)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L100xH100/arton372-449ac.png?1779785775' width='100' height='100' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une na&#239;ve ! &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix-huit ans depuis un mois ! La libert&#233;, l'envie de voyager &#224; la fin des &#233;tudes me prennent &#224; la gorge. J'ai h&#233;rit&#233;, en effet, de parents insupportables, v&#233;rificateurs de mon emploi du temps, surveillants de mes all&#233;es et venues, inquisiteurs et soup&#231;onneux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils m'ont jamais accept&#233; que je ne les accompagne pas en voyage ni que je parte en colonie de vacances, alors en voyage non organis&#233; avec des copines, vous imaginez ! &lt;br /&gt;
Mais l'&#226;ge de la majorit&#233; est arriv&#233;, les &#233;tudes universitaires, c'est pour le mois d'octobre. Il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; que l'an prochain, j'aurai un kot &#224; Bruxelles, je devrai m'organiser seule. Pas question que mes parents me conduisent, me pr&#233;parent des petits plats, par contre, il est imp&#233;ratif de rentrer le week-end avec la lessive.&lt;br /&gt;
Beaucoup de patience et de pers&#233;v&#233;rance ont r&#233;ussi &#224; les convaincre qu'un voyage en Italie constituerait une bonne exp&#233;rience avant d'entamer des &#233;tudes de philologie classique. Je les ai convaincus. Je pars avec mes &#233;conomies : le baby-sitting a de bons c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec mes deux meilleures copines, en ce d&#233;but du mois d'ao&#251;t, je me retrouve dans le train en direction de Venise. Tout est nouveau pour moi : le quai de la gare grouillant de monde, le train, ce moyen de transport &#171; plein de microbes &#187; pour mes g&#233;niteurs, le ticket &#224; ne pas &#233;garer... Anne et Martine me paraissent &#224; l'aise, un l&#233;ger sourire au coin des l&#232;vres. Quelle na&#239;ve, cette Nicole !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Venise, un couvent de religieuses nous h&#233;berge. Autre &#233;tonnement : c&#244;toyer de pr&#232;s des femmes aux longues robes grises. Un voile blanc entoure leur visage. Leurs yeux brillent de myst&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne d&#233;balle ses affaires, elle a l'habitude des voyages &#171; sac au dos &#187;. Elle bavarde. L'ann&#233;e prochaine, elle fera m&#233;decine, elle en parle depuis longtemps. Nous nous connaissons depuis six ans, toujours c&#244;te &#224; c&#244;te pendant les cours, Martine s'est jointe &#224; nous depuis trois ans et partage nos secrets. Elle, par contre, h&#233;site encore entre le journalisme et le droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi, je plane, je respire tout d'abord la l&#233;g&#232;ret&#233; de l'air, aucune substance illicite dans mon breuvage, je vous l'assure ! Et ce n'est pas ici, &#224; Venise, que je reprendrai pied !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actrice, oui, je r&#234;ve de devenir actrice comme ma grand-m&#232;re maternelle. Son talisman : un pendentif en verre color&#233; de couleur bordeaux cercl&#233; de m&#233;tal or. Jamais je n'ai d&#233;voil&#233; ce projet &#224; mes amies. Elles pensent que je vais choisir une carri&#232;re dans l'enseignement. &#171; Ce m&#233;tier lui colle &#224; la peau &#224; Nicole ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Situ&#233;e au nord de Venise, l'&#238;le de Murano est le domaine des verriers. Nous assistons au soufflage du verre et au fa&#231;onnage de divers objets, des vases, des animaux, des bijoux...&lt;br /&gt;
Fascin&#233;e, je reste &#224; admirer toute cette production. Martine me dit : Viens, tu ne vas pas rester en extase devant toute cette pacotille ! Le motoscafo nous attend !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, pour la premi&#232;re fois, elles assistent &#224; une r&#233;bellion de ma part. Le motoscafo attendra. Je veux, &#224; tout prix ce morceau de verre bordeaux cercl&#233; d'or...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicole&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les pralines de C&#233;leste ... par Nicoletta</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les pralines de C&#233;leste &lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment o&#249; nous rencontrons la petite C&#233;leste dans son milieu familial, elle en est &#224; sa troisi&#232;me tentative pour attirer l'attention de sa m&#232;re sur ce qui nous semble &#234;tre un assortiment de pralines. Par souci de planter le d&#233;cor de mani&#232;re &#224; susciter la curiosit&#233; d'un lecteur averti et cultiv&#233;, nous nous concentrons sur l'&#233;l&#233;gante disposition de ces bonbons enrob&#233;s de chocolat sur un napperon en lin &#233;cru et fine dentelle de Bruges dont le r&#244;le est de prot&#233;ger l'argent finement (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L100xH100/arton371-2440e.png?1779785775' width='100' height='100' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pralines de C&#233;leste&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Au moment o&#249; nous rencontrons la petite C&#233;leste dans son milieu familial, elle en est &#224; sa troisi&#232;me tentative pour attirer l'attention de sa m&#232;re sur ce qui nous semble &#234;tre un assortiment de pralines. Par souci de planter le d&#233;cor de mani&#232;re &#224; susciter la curiosit&#233; d'un lecteur averti et cultiv&#233;, nous nous concentrons sur l'&#233;l&#233;gante disposition de ces bonbons enrob&#233;s de chocolat sur un napperon en lin &#233;cru et fine dentelle de Bruges dont le r&#244;le est de prot&#233;ger l'argent finement cisel&#233; d'un plateau ovale, seul ornement de la desserte en style rococo. Nous reculons de quelques pas et &#224; notre champ de vision s'offre l'image quelque peu v&#233;tuste du salon d'hiver de la demeure de Monsieur Goutavein et de Madame la Baronne Cun&#233;gonde, parents de la petite C&#233;leste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la fa&#231;on dont la petite C&#233;leste fr&#233;tille, tel un poisson myope prisonnier d'un bocal aux parois sales, nous pouvons facilement imaginer que le chocolat occupe la premi&#232;re place la liste des aliments pr&#233;f&#233;r&#233;s par la fillette &#224; laquelle le Conseil des Professeurs de l'&#233;cole primaire &#171; Les petits oiseaux de Saint Fran&#231;ois d'Assise &#187; vient de d&#233;cerner, en cette journ&#233;e de fin d'ann&#233;e scolaire, le prix de l'all&#233;gresse. La remise de ce prix, consistant en une couronne de feuilles de laurier est, depuis la cr&#233;ation de l'&#233;cole en 1950, confi&#233;e &#224; Son Excellence le Nonce Apostolique aupr&#232;s du Royaume de Belgique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La marche vers l'estrade et la gloire a certainement repr&#233;sent&#233; un moment de joie intense pour la petite C&#233;leste, qui, gr&#226;ce &#224; sa fiert&#233; naissante et &#224; son culte du sacre de Napol&#233;on reproduit &#224; la page 36 de son livre d'histoire, n'a pas per&#231;u l'hilarit&#233; de l'assembl&#233;e lorsque la couronne de feuilles de laurier a lentement gliss&#233; sur son front pour s'arr&#234;ter sur la courbe de son nez. Par un r&#233;flexe d'une &#233;tonnante rapidit&#233;, la petite t&#234;te couronn&#233;e a imprim&#233; un fr&#233;missement de plus en plus acc&#233;l&#233;r&#233; &#224; ses narines, mettant ainsi fin au malencontreux glissement du cercle de feuillages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun obstacle n'aurait pu emp&#234;cher la petite C&#233;leste de rendre hommage &#224; l'illustre figure eccl&#233;siastique : en inclinant son buste enfantin, elle a ex&#233;cut&#233; l'&#233;l&#233;gante r&#233;v&#233;rence que depuis deux mois la Baronne Cun&#233;gonde lui a fait r&#233;p&#233;ter jusqu'&#224; sa pleine satisfaction, exprim&#233;e par un imperceptible hochement de la t&#234;te, ce matin, quelques minutes avant de quitter la demeure familiale pour conduire, d'une main ferme et gant&#233;e, la petite C&#233;leste vers le premier succ&#232;s de sa carri&#232;re scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la fa&#231;on dont la m&#232;re ne semble &#234;tre nullement sollicit&#233;e par les pirouettes verbales et physiques, fruits d'une compr&#233;hensible excitation dans la t&#234;te et dans le corps de la petite C&#233;leste, nous pouvons tout aussi facilement imaginer que la Baronne Cun&#233;gonde, dont le pincement des l&#232;vres nous inspire un sentiment de malaise, classe le chocolat &#224; la premi&#232;re place des aliments &#224; bannir de la di&#232;te soigneusement &#233;labor&#233;e afin qu'un jour la petite C&#233;leste puisse &#234;tre fi&#232;re de son corps harmonieux, aux rondeurs &#233;quilibr&#233;es, envelopp&#233;es dans une peau &#224; la texture fine et lisse. Dot&#233;e de tels attributs physiques, rendus encore plus s&#233;duisants par une paire de prunelles lib&#233;r&#233;es de tout d&#233;faut de vision, gr&#226;ce aux brillants progr&#232;s de la microchirurgie, C&#233;leste, une fois atteint l'&#226;ge o&#249; les petites filles cessent de jouer aux poup&#233;es, pourra pr&#233;tendre &#224; devenir l'heureuse &#233;pouse d'un aristocrate intelligent et raffin&#233;. Tel est le r&#234;ve de la Baronne Cun&#233;gonde qui, comme tout bon parent, pense &#224; dessiner, dans les moindres d&#233;tails, l'avenir de sa prog&#233;niture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est le r&#234;ve de la petite C&#233;leste ? Il ne nous faut certainement pas &#234;tre dot&#233;s d'une intelligence et d'une &#233;ducation patiemment cultiv&#233;es au fil des ann&#233;es pour deviner qu'en cet instant pr&#233;cis la fillette n'a qu'une chose en t&#234;te : prendre entre le pouce et l'index de sa main droite une premi&#232;re praline, la mordre d&#233;licatement de ses jeunes dents blanches, effleurer de la pointe de la langue la d&#233;licieuse paroi chocolat&#233;e, fermer la bouche et les yeux et langoureusement savourer la lente fusion de la p&#226;te brune dans l'antre voluptueux et obscur de sa bouche. C&#233;leste sait que cette divine ivresse gustative ne pourra qu'augmenter lorsque elle laissera fondre la deuxi&#232;me praline, puis la troisi&#232;me...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bruit sec interrompt les pirouettes de la petite C&#233;leste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fillette ne fr&#233;tille plus. Le petit poisson cogne contre la convexit&#233; du bocal. De sa main gauche, C&#233;leste masse sa main droite aux doigts grassouillets. Derri&#232;re les &#233;paisses lunettes aux verres l&#233;g&#232;rement griff&#233;s, ses yeux emprisonnent les larmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce moment que nous apercevons la pr&#233;sence, dans ce m&#234;me salon d'hiver, de Monsieur Goutavein qui, &#224; l'instant m&#234;me o&#249; nous posons notre regard sur sa personne quelque peu avachie dans un fauteuil &#224; larges oreilles, cesse de ronfler, ferme la bouche, ouvre les yeux, enfile ses pantoufles, jette un regard m&#233;prisant sur la Baronne Cun&#233;gonde, soul&#232;ve la petite C&#233;leste, la serre dans ses bras, traverse le salon et sort en claquant violemment la porte. Malgr&#233; notre &#233;bahissement, nous gardons la lucidit&#233; n&#233;cessaire pour t&#233;moigner de l'extr&#234;me rapidit&#233; de ces actes. La Baronne Cun&#233;gonde ne cille point. Seul son estomac &#233;met des g&#233;missements, signes ext&#233;rieurs du m&#233;pris que tout acte de son conjoint &#233;veille en elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous quittons le salon d'hiver de la demeure de Monsieur Goutavein, de la Baronne Cun&#233;gonde et de la petite C&#233;leste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Nos feus parents auraient &#233;t&#233; fiers de nos bonnes mani&#232;res : nous n'avons pas touch&#233; aux pralines. Pourtant, l'envie &#233;tait forte...N.d.R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicoletta&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Cancanouille ... par Wivine</title>
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		<dc:date>2007-06-07T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;CANCANOUILLE &lt;br class='autobr' /&gt;
Votre hebdomadaire &#224; la Une... &lt;br class='autobr' /&gt;
SAMEDI 19 mai 2007 &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis notre &#233;dition du samedi 3 mars, nous vous avons relat&#233; les diff&#233;rents &#233;pisodes li&#233;s &#224; un drame qui s'&#233;tait produit au centre de parachutage de Schaeffen. &lt;br class='autobr' /&gt;
Colette, &#226;g&#233;e de 39 ans, parachutiste chevronn&#233;e, avait trouv&#233; la mort lorsque &#224; la fin de la chute libre, elle n'a pas pu ouvrir en temps utile son parachute. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'enqu&#234;te a rapidement d&#233;montr&#233; qu'une ficelle avait &#233;t&#233; nou&#233;e autour des &#171; suspentes &#187; qui relient la voilure au (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique65" rel="directory"&gt;Autofiction sur Internet. (ARCHIVES)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L100xH100/arton370-19d00.png?1779785775' width='100' height='100' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;CANCANOUILLE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Votre hebdomadaire &#224; la Une...&lt;br /&gt;
SAMEDI 19 mai 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis notre &#233;dition du samedi 3 mars, nous vous avons relat&#233; les diff&#233;rents &#233;pisodes li&#233;s &#224; un drame qui s'&#233;tait produit au centre de parachutage de Schaeffen.&lt;br /&gt;
Colette, &#226;g&#233;e de 39 ans, parachutiste chevronn&#233;e, avait trouv&#233; la mort lorsque &#224; la fin de la chute libre, elle n'a pas pu ouvrir en temps utile son parachute.&lt;br /&gt;
L'enqu&#234;te a rapidement d&#233;montr&#233; qu'une ficelle avait &#233;t&#233; nou&#233;e autour des &#171; suspentes &#187; qui relient la voilure au parachutiste et que la poign&#233;e d'ouverture avait &#233;t&#233; l&#233;g&#232;rement sci&#233;e.&lt;br /&gt;
La police a interrog&#233; diverses personnes de son entourage proche. Certains portaient le m&#234;me bijou que celui cach&#233; dans le portefeuille de la victime. Seul un &#339;il connaisseur pouvait faire la diff&#233;rence entre les gravures de ces pendeloques en provenance du Vietnam.&lt;br /&gt;
Charline, une jeune amie &#226;g&#233;e de 19 ans a &#233;t&#233; longuement interrog&#233;e ainsi que Pascal, le moniteur, qui portait lui aussi ce fameux pendentif.&lt;br /&gt;
L'enqu&#234;te semblait pi&#233;tiner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police tenant les journalistes &#224; l'&#233;cart de leurs recherches, j'ai interrog&#233; diverses famille et voisins. &lt;br /&gt;
Intrigu&#233;e par la similitude des bijoux, j'ai frapp&#233; &#224; la porte de l'Ambassade du Vietnam.&lt;br /&gt;
Le secr&#233;taire a volontiers r&#233;pondu &#224; mes questions &#224; ce sujet.&lt;br /&gt;
&#171; Ces m&#233;dailles repr&#233;sentent un animal de l'horoscope chinois. La personne qui ach&#232;te la collection des douze animaux s'ach&#232;te en m&#234;me temps l'assurance d'une vie meilleure &#224; une condition, c'est que chacun de ces m&#233;daillons soit destin&#233; &#224; une personne que l'on a aim&#233;, que l'on aime ou vers qui une attirance particuli&#232;re vous m&#232;ne &#187;&lt;br /&gt;
Effectivement, si une inspection rapide montre des objets semblables, ce n'est qu'en regardant attentivement que l'on voit en filigrane, un animal diff&#233;rent.&lt;br /&gt;
Pour Colette n&#233;e en 1968, il s'agit d'un singe.&lt;br /&gt;
Pour Charline n&#233;e en 1989, c'est un serpent.&lt;br /&gt;
Pour Pascal n&#233; en 1955, le dessin repr&#233;sente un dragon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais d&#233;j&#224; interrog&#233; les voisins de Charline. Ceux-ci, d'un ton laconique, ont volontiers d&#233;crit le malaise qui semblait maintenant r&#233;gner au sein de la famille : &lt;br /&gt;
&#171; L'atmosph&#232;re est devenue lourde, la joie a quitt&#233; les visages, les jumeaux errent comme deux &#226;mes en peine, Charline oublie de nous saluer lorsqu'elle passe, la t&#234;te basse et le front barr&#233; par des rides de soucis. La police est revenue plusieurs fois &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce vendredi que la nouvelle &#233;clate : l'auteur des faits &#224; avouer !&lt;br /&gt;
Voulant pr&#233;server les enfants, la police nous a communiqu&#233; peu de chose, mais suffisamment pour que nous comprenions ce drame passionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charline, d&#233;sesp&#233;r&#233;e par la perte de son pendentif, l'a cherch&#233; minutieusement dans la maison. Pourquoi a-t-elle fouill&#233; dans le fond du tiroir de la table de nuit de sa m&#232;re ? Etonn&#233;e de l'y trouver, elle le regarde de plus pr&#232;s et constate que le filigrane ne correspond pas au sien : il s'agit d'un coq.&lt;br /&gt;
Lucie, sa m&#232;re, entre dans la chambre &#224; cet instant. Voyant sa fille tenir dans sa main le bijou, elle &#233;clate en sanglots.&lt;br /&gt;
Les phrases, entrecoup&#233;es de silence et de regards effray&#233;s, sortent comme un fleuve retenu trop longtemps.&lt;br /&gt;
&#171; En Tunisie, lorsque ton p&#232;re et moi enseignions dans le cadre de la coop&#233;ration, nous avons rencontr&#233; Pascal qui rentrait du Vietnam. Sans travail et sans domicile, nous l'avons h&#233;berg&#233; chez nous quelques semaines. Nous sommes rapidement devenu tr&#232;s amoureux l'un de l'autre et, tu as &#233;t&#233; con&#231;ue de cet amour. Ton p&#232;re n'est pas au courant. Les jumeaux, bien que je continuais &#224; voir Pascal, sont bien les enfants de ton p&#232;re. Pascal m'avait donn&#233; ce pendentif en gage de fid&#233;lit&#233;. Lorsque j'en ai vu un &#224; ton cou, semblable au mien, je me suis dit qu'il te l'avait offert comme cadeau d'un p&#232;re &#224; sa fille. Un jour o&#249; je te conduisais au centre de parachutisme, Colette a laiss&#233; &#233;chapp&#233; de son portefeuille le m&#234;me bijou. Tr&#232;s en col&#232;re sur ce que j'ai pris pour une trahison, j'en ai voulu &#224; cette Colette qui &#233;tait devenue ton amie. La veille du drame, pr&#233;textant que tu avais oubli&#233; ton portefeuille, j'ai eu acc&#232;s &#224; la salle o&#249; sont gard&#233;s vos parachutes personnels. Je n'ai pas r&#233;alis&#233; la gravit&#233; de ce que je faisais, j'avais simplement voulu qu'elle ressente une grosse peur en voyant les cordes se d&#233;nouer difficilement &#187;&lt;br /&gt;
Une famille bris&#233;e. Un m&#233;nage &#224; l'apparence si tranquille...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wivine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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