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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>Expo 58 et premier boulot (Suzanne R.)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Expo 58</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Suzanne Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt; Mes parents se souvenaient avec &#233;merveillement de l'Exposition universelle de 1935 et lorsqu'ils apprirent qu'une nouvelle exposition se tiendrait en 1958, ils &#233;taient fermement d&#233;cid&#233;s &#224; en profiter. Aussi cette ann&#233;e-l&#224;, celle de mes 18 ans, il fut d&#233;cid&#233; que nous n'irions pas &#224; la mer. A la place nous aurions tous les quatre un abonnement qui nous permettrait de visiter l'exposition autant de fois que possible (du moins avant le 1er ao&#251;t (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH109/arton288-53620.jpg?1776712217' width='150' height='109' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Suzanne &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique61' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mes parents se souvenaient avec &#233;merveillement de l'Exposition universelle de 1935 et lorsqu'ils apprirent qu'une nouvelle exposition se tiendrait en 1958, ils &#233;taient fermement d&#233;cid&#233;s &#224; en profiter. Aussi cette ann&#233;e-l&#224;, celle de mes 18 ans, il fut d&#233;cid&#233; que nous n'irions pas &#224; la mer. A la place nous aurions tous les quatre un abonnement qui nous permettrait de visiter l'exposition autant de fois que possible (du moins avant le 1er ao&#251;t 1958, parce qu'&#224; cette date j'ai commenc&#233; &#224; travailler). L'excitation &#233;tait extraordinaire et je n'ai jamais rev&#233;cu un pareil moment. Nous ne le savions pas mais notre pays &#233;tait riche. Nos installations industrielles avaient peu souffert de la guerre et gr&#226;ce &#224; toutes les mati&#232;res premi&#232;res provenant du Congo, comme l'uranium, que nous vendions aux Am&#233;ricains, la situation &#233;conomique &#233;tait florissante. Nous avions des ing&#233;nieurs et des chercheurs et nous l'avons fait savoir au monde en construisant l'Atomium et la merveilleuse &#8220;fl&#232;che du G&#233;nie civil&#8221;. Les pavillons de tous les pays &#233;taient plus beaux les uns que les autres et tandis que le pavillon de l'URSS exposait le &#8220;spoutnik&#8221; , premier satellite artificiel envoy&#233; dans l'espace, le pavillon am&#233;ricain, juste en face, faisait une d&#233;monstration &#233;clatante de l'&#8221;American way of life&#8221; avec TV couleur et autres merveilles technologiques. Il y avait foule tous les jours, tout le monde essayait de tout voir et de ne pas perdre une miette. Il y avait toujours des animations, parfois de jeunes Isra&#233;liens dansaient leur fameuse ronde en chantant &#8220;Havah Naguilah&#8221; et les gens leur souhaitaient bonne chance. D'autres fois des Am&#233;ricains dansaient des &#8220;Square dances&#8221; devant leur pavillon et invitaient des visiteurs &#224; participer. Mes pieds battaient la mesure et je mourais d'envie d'y aller mais j'&#233;tais trop timide et je me cachais au dernier rang ! Les jours de grosse chaleur, les visiteurs s'asseyaient au bord de la pi&#232;ce d'eau devant le pavillon am&#233;ricain et trempaient leurs pieds dans l'eau (le pavillon est toujours l&#224;, il est occup&#233; par la BRT). Par contre il y a des choses que je n'ai pas connues parce qu'elles &#233;taient payantes en plus de l'abonnement, comme les nacelles qui promenaient les visiteurs dans l'exposition et toutes les attractions de la &#8220;Belgique Joyeuse&#8221; o&#249; je n'ai jamais mis les pieds. Je n'ai jamais vu non plus les fameuses h&#244;tesses avec leur uniforme garance, parce qu'elles s'occupaient uniquement des &#8220;VIP&#8221;. Cela ne pas emp&#234;ch&#233;e d'&#234;tre &#233;blouie et de r&#234;ver d'horizons lointains, alimentant une fois de plus mon imagination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette parenth&#232;se idyllique referm&#233;e je me suis retrouv&#233;e enferm&#233;e huit heures par jour, dans une banque, dans une immense salle o&#249; l'on tenait les comptes des clients. Il y avait tout au long des murs des classeurs en m&#233;tal qui contenaient les dossiers de chaque client, d'innombrables bureaux tourn&#233; vers un des c&#244;t&#233;s de la salle, avec, assis derri&#232;re chacun d'eux, un employ&#233; qui &#233;crivait des choses myst&#233;rieuses et qui se levait de temps en temps pour aller chercher le dossier d'un client. Face &#224; eux une autre rang&#233;e de bureaux o&#249; &#233;taient install&#233;s les chefs de bureaux, sous-chefs de bureaux, etc. Tous les matins et tous les soirs nous d&#233;filions devant eux pour leur serrer la main et dire bonjour et bonsoir. Tous les employ&#233;s et les chefs &#233;taient masculins. Il n'y avait que nous, install&#233;es &#224; part dans un coin, &#8220;le pool dactylographique&#8221; qui &#233;tait constitu&#233; de quelques jeunes filles, d'une sous-chef et d'un chef de pool, masculin. Nous &#233;tions charg&#233;es de prendre en st&#233;no les rapports des repr&#233;sentants qui allaient d&#233;marcher la client&#232;le et puis de les taper. C'est l&#224; que j'ai eu ma premi&#232;re machine &#233;lectrique, une IBM, d'ailleurs je ne sais pas s'il en existait d'autres. Nous devions taper toute la journ&#233;e, tout l'&#233;tage devait entendre le ronronnement continu des machines, de fa&#231;on &#224; ce que l'importance du chef de pool soit incontestable. Lorsque parfois en &#233;t&#233;, les repr&#233;sentants et les clients &#233;taient en cong&#233; et qu'il n'y avait pas de rapport &#224; taper, on prenait une feuille et on tapait n'importe quoi. Nous n'avions qu'un moment de r&#233;pit, c'&#233;tait le moment d'aller aux toilettes. Les autres m'avaient dit de faire couler de l'eau froide sur mes poignets, endoloris &#224; force de taper, taper. Une fois notre rapport tap&#233;, il passait par la vieille fille qui &#233;tait une ancienne institutrice et qui ne laissait rien passer. Il s'agissait d'avoir une orthographe impeccable sinon elle barrait tout, m&#234;me s'il ne s'agissait que d'une petite faute qu'il y aurait eu moyen de gommer. Et le rapport &#233;tait &#224; recommencer. En fait elle &#233;tait elle-m&#234;me soumise au chef du pool, qui lui, ne faisait rien du tout sinon relire une derni&#232;re fois et chercher &#224; la mettre en difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le personnel f&#233;minin de la banque, dactylos et secr&#233;taires, se composaient uniquement de jeunes filles, de vieilles filles et de veuves. D&#232;s qu'on se mariait, on prenait la porte. Il en &#233;tait d'ailleurs ainsi dans d'autres professions, comme les h&#244;tesses de l'air. Plus on montait dans la hi&#233;rarchie (masculine) plus on &#233;tait imbu de soi-m&#234;me. Il pouvait y avoir tout un rassemblement de femmes attendant l'ascenseur &#224; l'heure de la sortie, lorsque le directeur arrivait dans le couloir, elles s'&#233;cartaient et il prenait l'ascenseur tout seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Je remettais bien s&#251;r tout mon salaire &#224; mes parents. Je recevais un &#8220;dimanche&#8221; qui devait en outre me permettre de m'habiller et comprenait le prix des repas &#224; la cantine et le prix du tram pour aller travailler. Tout le reste &#233;tait en grande partie, &#8220;mis de c&#244;t&#233;&#8221; pour le jour o&#249; je me marierais. Ma part &#233;tant plut&#244;t congrue, je me faisais des rentr&#233;es suppl&#233;mentaires en allant travailler &#224; pied (trois quart d'heure par trajet, sur des talons aiguilles !) et en me passant de repas &#224; midi. Du coup je perdis quelques uns de mes 66 kg et je pu m'acheter un tourne-disque et m&#234;me plus tard un meuble biblioth&#232;que !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article289' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D&#233;part &#224; la pension (Suzanne R.)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Retraite</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Suzanne Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les ann&#233;es pass&#233;es &#224; la Comptabilit&#233; ont &#233;t&#233; &#233;prouvantes. Il fallait que je houspille tout le monde, du dernier commis &#224; qui on avait confi&#233; la pr&#233;paration du budget de son service jusqu'au directeur g&#233;n&#233;ral &#224; qui il fallait faire comprendre que sans budget il n'aurait aucun moyen d'agir. &lt;br class='autobr' /&gt; J'ai appris &#224; me d&#233;brouiller dans les arcanes du Parlement, me retrouvant soit dans les salles de Commissions, soit en s&#233;ance pl&#233;ni&#232;re. Celle-ci se (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH109/arton299-8cc13.jpg?1776712217' width='150' height='109' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Suzanne &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique61' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Toutes les ann&#233;es pass&#233;es &#224; la Comptabilit&#233; ont &#233;t&#233; &#233;prouvantes. Il fallait que je houspille tout le monde, du dernier commis &#224; qui on avait confi&#233; la pr&#233;paration du budget de son service jusqu'au directeur g&#233;n&#233;ral &#224; qui il fallait faire comprendre que sans budget il n'aurait aucun moyen d'agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	J'ai appris &#224; me d&#233;brouiller dans les arcanes du Parlement, me retrouvant soit dans les salles de Commissions, soit en s&#233;ance pl&#233;ni&#232;re. Celle-ci se tenait dans l'h&#233;micycle que l'on voit si souvent &#224; la t&#233;l&#233;vision. Il y avait une tribune r&#233;serv&#233;e &#224; l'Administration et lorsque le Ministre devait avoir une r&#233;ponse &#224; une question, il l'&#233;crivait et un huissier tout chamarr&#233; tendait la missive au bout d'une perche et la r&#233;ponse prenait le m&#234;me chemin ! Je pense que maintenant &#231;a se passe par t&#233;l&#233;phone !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	J'&#233;tais sans cesse sur la br&#232;che, et rapportais presque toujours du travail &#224; la maison. C'&#233;tait un travail passionnant, parce que nous &#233;tions un Minist&#232;re &#224; part. En effet, les autres Minist&#232;res , pour la plupart du temps, sauf peut-&#234;tre aux Travaux Publics (r&#233;gionalis&#233;s d'ailleurs) ne faisaient que du travail administratif. Nous, nous devions faire face &#224; des &#233;pizooties, chercher des vaccins, diriger un Jardin Botanique, une Direction de la Recherche agronomique et un service de la P&#234;che Maritime ! Nous devions lutter contre la mafia des hormones et prot&#233;ger les v&#233;t&#233;rinaires agr&#233;&#233;s, nous devions suivre les directives europ&#233;ennes pour passer d'une agriculture extensive &#224; une agriculture plus respectueuse de l'environnement et nous barricader chaque fois que les agriculteurs en col&#232;re descendaient sur Bruxelles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'&#233;tais bien vue des gens du Budget, parce que je comprenais leur langage (abscons pour les non-sp&#233;cialistes mais palpitant quand on a compris toutes les ficelles) et que je ne craignais pas d'innover en les invitant &#224; des r&#233;unions de travail au lieu de les traiter en ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Petit &#224; petit cependant, vers mes 58 ans, voyant que mon nouveau Directeur (en l'occurrence une Directrice) s'en tirait tr&#232;s bien et assimilait rapidement tout ce syst&#232;me incroyablement compliqu&#233; au point de vue administratif mais qui demandait en plus une grande symbiose avec tous les gens impliqu&#233;s, je me suis dit qu'elle pourrait reprendre le flambeau en se contentant d'une aide mat&#233;rielle pour l'&#233;tablissement des tableaux et la pr&#233;paration des documents budg&#233;taires. J'ai donc commenc&#233; &#224; penser &#224; demander ma pension &#224; 60 ans au lieu des 65 qui m'auraient valu une pension compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	J'ai eu l&#224; une des rares pr&#233;monitions que j'ai eue dans ma vie. En effet, aux &#233;lections de 1999, qui eurent lieu apr&#232;s la crise de la dioxine qui avait secou&#233; toute la Belgique, les Verts ont triomph&#233;. Il n'a pas fallu longtemps au nouveau pouvoir pour d&#233;cider de r&#233;gionaliser enti&#232;rement l'Agriculture, sauf une cellule qui devait rester en contact avec l'Union europ&#233;enne, celle-ci ne reconnaissant que les ministres nationaux et non r&#233;gionaux. Si j'&#233;tais rest&#233;e, j'aurais d&#251; d&#233;manteler tout le travail que j'avais accompli et travailler &#224; r&#233;partir les cr&#233;dits entre les diff&#233;rentes r&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Je commen&#231;ais d'ailleurs &#224; en avoir marre depuis un bout de temps. M&#234;me avant ces &#233;lections, la vie &#233;tait devenue intenable. Le gouvernement et particuli&#232;rement le Ministre de la Fonction publique, avait d&#233;cid&#233; de r&#233;former ladite fonction publique. Il n'&#233;tait plus question que de mandats de cinq ans pour les fonctionnaires g&#233;n&#233;raux, apr&#232;s lequel leur travail serait jug&#233;, les promotions se feraient apr&#232;s des &#8220;assessments&#8221; (esp&#232;ce de jeu de r&#244;les con&#231;us pour juger des capacit&#233;s de r&#233;agir d'une fa&#231;on appropri&#233;e dans des situations imaginaires) et nous &#233;tions constamment assomm&#233;s par des r&#233;unions confi&#233;es &#224; prix d'or &#224; des gens du priv&#233;, qui devaient nous &#8220;motiver&#8221;. Evidemment ils ne comprenaient rien &#224; ce qui se passait dans un minist&#232;re et nous inondait de termes et de notions am&#233;ricaines, alors que nous appliquions toujours des r&#232;gles que dataient de 1830 ! Je les aurais volontiers ignor&#233;s mais j'y allais par loyaut&#233; envers les plus humbles du service qui ne comprenaient pas ce qu'on leur voulait et qui faisaient loyalement leur travail, m&#234;me s'il s'agissait de passer le courrier &#224; la timbreuse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Aux derni&#232;res nouvelles, cette soi-disant r&#233;volution, appel&#233;e &#8220;Copernic&#8221;, s'&#233;teint de sa belle mort, non sans avoir laiss&#233; de nombreux d&#233;g&#226;ts derri&#232;re elle. J'apprends par la presse que les nominations politiques n'ont pas dit leur dernier mot et on me dit qu'il est aussi difficile qu'avant de diriger un service, malgr&#233; les pointeuses et les &#8220;primes de rendement&#8221; (tout le monde estime y avoir droit !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Malheureusement cette retraite tant attendue (je ne manquais pas de projets, j'en ai accompli beaucoup et je ne m'ennuie jamais) a &#233;t&#233; assombrie par la maladie de ma soeur. C'est le coeur lourd que je suis partie au mois de mai 2000, que j'ai assist&#233; au mariage de St&#233;phane et &#224; la communion des filles, en sachant qu'elle allait mourir bient&#244;t. Je garde d'elle le souvenir de quelqu'un d'absolument extraordinaire, faisant tellement partie de ma vie mais tellement diff&#233;rente. Elle avait os&#233; tellement de choses avant les autres, divorcer, avoir un amant, le quitter, se remarier, envoy&#233; dinguer sa belle-m&#232;re et ses belles-soeurs, s'habiller extr&#234;mement chic et puis ne plus vivre qu'en jean avec pour unique passion, d'abord un chien puis un cheval ! Elle avait appris &#224; conduire sur le tard, alors que je n'y ai jamais r&#233;ussi. Elle avait son franc-parler et &#233;tait m&#234;me brusque et presque toujours excessive. Elle &#233;tait devenue compl&#232;tement diff&#233;rente de la &#8220;petite soeur&#8221; de mon enfance. Quand elle est partie, pour moi &#231;a a &#233;t&#233; un choc terrible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'interview de Suzanne</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article342</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Suzanne Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt; sans titre &lt;br class='autobr' /&gt;
Sylvie : Suzanne, apr&#232;s 40 ans de vie dans un minist&#232;re, on peut dire que tu es une survivante... &lt;br class='autobr' /&gt;
Rires... &lt;br class='autobr' /&gt;
Suzanne : Oui et surtout que jusqu'&#224; la fin, j'ai gard&#233; mon enthousiasme. Et c'est d'ailleurs pour cela que j'&#233;tais mal vue par certains. Mais c'est vrai qu'on nous a quand m&#234;me mal trait&#233;s &#224; la fin, du fait des restructurations. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sylvie : En dehors de cela, quelle difficult&#233; es-tu la plus contente d'avoir d&#233;pass&#233;e ? (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique61" rel="directory"&gt;Le feuilleton de Suzanne &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Suzanne &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique61' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;head&gt; &lt;meta http-equiv=&#034;Content-Type&#034; content=&#034;text/html; charset=iso-8859-1&#034;&gt; &lt;title&gt; sans titre&lt;/title&gt; &lt;/head&gt; &lt;body&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:red&#034;&gt;Sylvie&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; : Suzanne, apr&#232;s 40 ans de vie dans un minist&#232;re, on peut dire que tu es une survivante...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt;Rires...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:blue&#034;&gt;Suzanne&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; : Oui et surtout que jusqu'&#224; la fin, j'ai gard&#233; mon enthousiasme. Et c'est d'ailleurs pour cela que j'&#233;tais mal vue par certains. Mais c'est vrai qu'on nous a quand m&#234;me mal trait&#233;s &#224; la fin, du fait des restructurations.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:red&#034;&gt;Sylvie&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; :&lt;span style=&#034;mso-spacerun:yes&#034;&gt; &lt;/span&gt;En dehors de cela, quelle difficult&#233; es-tu la plus contente d'avoir d&#233;pass&#233;e ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:blue&#034;&gt;Suzanne&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; : Mon divorce. Je me suis parfaitement bien tir&#233;e de cela. J'ai divorc&#233; apr&#232;s 30 ans de mariage quand mes enfants &#233;taient grands et que j'&#233;tais d&#233;j&#224; grand-m&#232;re. Je suis contente de la fa&#231;on dont &#231;a s'est pass&#233;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:red&#034;&gt;Sylvie&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; : Si je te permettais de donner un conseil aux jeunes g&#233;n&#233;rations, lequel serait-il ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:blue&#034;&gt;Suzanne&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; : J'ai toujours regrett&#233; de ne pas avoir &#233;t&#233; &#224; l'unif et j'ai toujours insist&#233; pour que mes petites-filles le fassent car elles en ont les capacit&#233;s. Faites ce que vous voulez faire !&lt;br&gt; J'ai moi-m&#234;me beaucoup souffert de la s&#233;gr&#233;gation entre personnes ayant fait des &#233;tudes et autres. Moi, je n'ai &#233;t&#233; qu'au bout de mes humanit&#233;s et pour cela j'&#233;tais consid&#233;r&#233;e comme de la gnognotte.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:red&#034;&gt;Sylvie&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; : Comment as-tu fait pour s&#233;lectionner tes souvenirs dans ton autobiographie ? Quel a &#233;t&#233; ton fil rouge ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:blue&#034;&gt;Suzanne&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; : J'ai voulu surtout raconter &#224; mon fils et ma fille ce qu'ils n'ont pas connu ... et que j'esp&#232;re d'ailleurs qu'ils ne conna&#238;tront jamais : la guerre, les lessives interminables, la cuisini&#232;re qu'il fallait chaque jour vider de ses cendres, les privations,...Sais-tu que dans ma famille, on s'&#233;clairait avec une lampe de 25 watt dans la cuisine ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt;C'est pourquoi, j'ai pass&#233; beaucoup de temps &#224; d&#233;crire le quotidien de la rue du Croissant, les menus,... Et comme ma m&#232;re est n&#233;e en 1905 et moi en 40, je peux t&#233;moigner de 100 ans !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:6.0pt; margin-left:0cm&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:red&#034;&gt;Sylvie&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; : Moi, &#224; l'&#233;coute et lecture de ton texte, je n'ai pas ressenti que tu vivais cela comme quelque chose de p&#233;nible. J'ai plut&#244;t retrouv&#233; une atmosph&#232;re paisible et m&#234;me un brin de nostalgie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:6.0pt; margin-left:0cm&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:blue&#034;&gt;Suzanne&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; : Comme beaucoup de gens vivaient comme cela, on trouvait cela normal... &lt;br&gt; Mais c'est vrai qu'&#224; l'&#233;poque tout &#233;tait plus calme. Il n'y avait pas de bruit : pas de voiture, pas de transistor. Le temps durait plus longtemps. Quand j'ai demand&#233; &#224; ma m&#232;re comment elle arrivait &#224; faire toutes ces t&#226;ches en une journ&#233;e, elle m'a dit qu'elle faisait les choses &#224; son rythme, sans chef, sans t&#233;l&#233;phone, sans TV. L'atmosph&#232;re &#233;tait moins stressante.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:6.0pt; margin-left:0cm&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:red&#034;&gt;Sylvie&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; : Quel a &#233;t&#233; le plus grand progr&#232;s que tu aies v&#233;cu ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:6.0pt; margin-left:0cm&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:blue&#034;&gt;Suzanne&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; : Je vais dire une chose idiote : l'invention du caddy !! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:6.0pt; margin-left:0cm&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt;Rires&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:6.0pt; margin-left:0cm&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:red&#034;&gt;Sylvie&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; : Ah, &#231;a en effet, je ne m'y attendais pas !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:6.0pt; margin-left:0cm&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:blue&#034;&gt;Suzanne&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; : Avant cela, ma m&#232;re, qui allait au moins 3 fois par semaine au march&#233; de St Gilles, devait tout rapporter dans des sacs &#224; provisions et des paniers qui pesaient lourd. Cela ne fait que 20-30 ans que cela a &#233;t&#233; invent&#233;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:6.0pt; margin-left:0cm&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:red&#034;&gt;Sylvie&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; : Et au niveau social, penses-tu &#224; une avanc&#233;e particuli&#232;re ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:6.0pt; margin-left:0cm&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:blue&#034;&gt;Suzanne&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; : La possibilit&#233; de divorcer en lien avec le travail des femmes. &lt;br&gt; Pour ma m&#232;re, c'&#233;tait inconcevable d'aller travailler &#224; l'ext&#233;rieur. D'ailleurs, moi-m&#234;me, j'ai &#233;t&#233; une pionni&#232;re : quand j'ai eu mon premier enfant, je l'ai mis &#224; la cr&#232;che. Il fallait voir la t&#234;te de la religieuse &#224; qui j'ai confi&#233; mon enfant : je n'avais pas le profil de l'ouvri&#232;re type !&lt;span style=&#034;mso-spacerun:yes&#034;&gt; &lt;/span&gt;Je tenais &#224; travailler...sans doute par instinct de survie. C'&#233;tait contraire &#224; ce que l'on faisait &#224; l'&#233;poque et &#233;tait m&#234;me mal vu mais c'&#233;tait une fa&#231;on d'&#234;tre ind&#233;pendante. &lt;br&gt; IL faut dire que j'ai &#233;t&#233; une f&#233;ministe avant l'heure. J'ai m&#234;me une fois vot&#233; pour le Parti F&#233;ministe Unifi&#233;. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:6.0pt; margin-left:0cm&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:red&#034;&gt;Sylvie&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; : Quel est selon toi le prochain d&#233;fi social &#224; mener ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:6.0pt; margin-left:0cm&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:blue&#034;&gt;Suzanne&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; : Pour les femmes, ce n'est toujours pas gagn&#233; ! Il y a un plafond professionnel &#224; ne pas d&#233;passer pour les femmes : cela s'appelle le plafond de verre. On les voit tr&#232;s peu &#224; des postes &#224; responsabilit&#233;s et lors d'un engagement, on leur demande toujours si elles ne comptent pas &#234;tre enceintes !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:6.0pt; margin-left:0cm&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:red&#034;&gt;Sylvie&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; : Et quel est ton prochain d&#233;fi personnel ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;margin-top:6.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:6.0pt; margin-left:0cm&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034; style=&#034;color:blue&#034;&gt;Suzanne&lt;/span&gt;&lt;span lang=&#034;FR-BE&#034;&gt; : Rester en bonne sant&#233; le plus longtemps possible. Voyager aussi, si mes moyens me le permettent : j'ai encore tant de choses &#224; voir en Europe et m&#234;me ici en Belgique. Et lire, regarder des &#233;missions. Peut-&#234;tre me remettre &#224; faire de l'aquarelle, ce que je ne fais plus depuis le d&#233;c&#232;s de ma s&#339;ur.&lt;br&gt; J'ai toujours autant de curiosit&#233; intellectuelle.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;/body&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le travail dans un service public : b&#226;timents (Suzanne R.)</title>
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		<dc:date>2007-03-07T08:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Travail</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Suzanne Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt; Le b&#226;timent que nous occupions au coin de la rue du M&#233;ridien et de la rue de l'Union &#233;tait dans un &#233;tat lamentable. J'ai appris un jour que c'avait &#233;t&#233; l'Ambassade de Russie (toujours l'ex - beau quartier de Saint-Josse). Il y avait une entr&#233;e coch&#232;re et une cour o&#249; ne se garaient plus des cal&#232;ches mais des voitures et des b&#226;timents arri&#232;re qui avaient d&#251; &#234;tre reb&#226;tis parce qu'il ne s'agissait plus d'&#233;curies, mais d'un immeuble de bureau, o&#249; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique61" rel="directory"&gt;Le feuilleton de Suzanne &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH109/arton297-33c7b.jpg?1776712217' width='150' height='109' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Suzanne &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique61' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le b&#226;timent que nous occupions au coin de la rue du M&#233;ridien et de la rue de l'Union &#233;tait dans un &#233;tat lamentable. J'ai appris un jour que c'avait &#233;t&#233; l'Ambassade de Russie (toujours l'ex - beau quartier de Saint-Josse). Il y avait une entr&#233;e coch&#232;re et une cour o&#249; ne se garaient plus des cal&#232;ches mais des voitures et des b&#226;timents arri&#232;re qui avaient d&#251; &#234;tre reb&#226;tis parce qu'il ne s'agissait plus d'&#233;curies, mais d'un immeuble de bureau, o&#249; &#233;tait install&#233; l'Economat. L'Economat d&#233;cidant de la r&#233;partition des locaux, gardait &#233;videmment pour eux les meilleurs. Nous autres, au Personnel, nous avions droit &#224; la partie avant. Il y avait une entr&#233;e qui avait d&#251; &#234;tre somptueuse, avec quelques marches qui menait &#224; un vestibule dall&#233; qui lui-m&#234;me menait &#224; un escalier d'honneur. Les bureaux du premier &#233;tage &#233;taient d'anciennes salles de r&#233;ceptions, aux murs d&#233;cor&#233;s de fresques rococo. Le tout &#233;tait noirci par d'innombrables ann&#233;es de crasse, avec des affiches et des avis punais&#233;s sur les fresques. Il y avait aussi, comme en France, des tableaux appartenant au patrimoine et plac&#233;s l&#224; par Dieu sait qui et en Dieu sait quelle ann&#233;e. Quatre jeunes gaillards travaillaient ainsi dans un bureau dont un immense mur &#233;tait occup&#233; par un tableau gigantesque et tr&#232;s sombre repr&#233;sentant un bourreau brandissant la t&#234;te coup&#233;e du comte d'Egmont (ou celle de de Hornes) vers la foule assembl&#233;e sur la Grand Place. Ils avaient suppli&#233; les responsables de l'Economat d'enlever cette horreur mais la chose &#233;tait irr&#233;alisable, le tableau &#233;tait trop lourd et impossible &#224; d&#233;placer. Bien plus tard, lorsque fut proc&#233;d&#233; au partage entre l'Etat f&#233;d&#233;ral et les R&#233;gions, des biens de l'ancien Etat unitaire, la R&#233;gion wallonne h&#233;rita des meubles de la rue du M&#233;ridien. Bien entendu, il ne restait que le fameux tableau ind&#233;pla&#231;able et d'immenses biblioth&#232;ques en acajou de 3 m&#232;tres de haut, ind&#233;pla&#231;ables &#233;galement. Tout le reste avait &#233;t&#233; emport&#233; par le personnel, certains venant m&#234;me avec une camionnette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ma soeur avait connu le m&#234;me genre de situation lors du d&#233;m&#233;nagement de la Ville de Bruxelles depuis le Palais du Midi (tellement v&#233;tuste et mal entretenu que des b&#226;ches en plastique &#233;taient tendues au-dessus de la salle des guichets pour emp&#234;cher la pluie de l'inonder) pour aller au boulevard Anspach. Certains de ses coll&#232;gues avaient m&#234;me d&#233;mont&#233; les robinets ! Je ne sais pas comment on aurait pu s'attendre &#224; une autre attitude de la part de fonctionnaires que tout le monde m&#233;prisait, depuis le public jusqu'aux responsables politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour en revenir o&#249; j'en &#233;tais, c'est-&#224;-dire aux conditions de vie des fonctionnaires et particuli&#232;rement de la diff&#233;rence entre ce que l'Etat exigeait des patrons du priv&#233; et n&#233;gligeait enti&#232;rement pour ses propres agents, je vous raconte un &#233;pisode fort prosa&#239;que. Il y avait deux &#233;tages &#224; la rue du M&#233;ridien et chaque &#233;tage avait des toilettes (encore heureux !). Ces toilettes &#233;taient mixtes (nous n'&#233;tions pas dans &#8220;Ally McBeal&#8221;, nous &#233;tions dans un b&#226;timent public et personne ne s'&#233;tait jamais pos&#233; de questions). Les portes des WC n'allaient pas jusqu'en bas, il s'en fallait de trente cm au moins. Nous avions donc droit au premier regard, au pantalon baiss&#233; des messieurs et savions qui passait des moments heureux dans les lieux en lisant son journal. Je travaillait au deuxi&#232;me mais parfois il m'arrivait, lorsque j'avais &#224; faire dans un des bureaux du premier, d'aller aux toilettes &#224; cet endroit-l&#224;. Contrairement &#224; celles du deuxi&#232;me, ces toilettes comportaient une rang&#233;e d'urinoirs plac&#233;s sur mur m&#234;me de la porte d'entr&#233;e. Un jour, je suis entr&#233;e, ai trouv&#233; mon directeur, la braguette ouverte et tenant son zizi, en train de se soulager. J'ai dit &#8220;Bonjour, Monsieur le Directeur&#8221; et me suis pr&#233;cipit&#233;e dans un des WC. J'&#233;tais furieuse. J'en ai parl&#233; autour de moi, j'ai essay&#233; qu'on r&#233;serve les toilettes du premier aux hommes et celles du deuxi&#232;me aux femmes, on m'a prise pour une excentrique, rien n'a &#233;t&#233; fait et il a fallu attendre 1984 et le d&#233;m&#233;nagement au Manhattan (bureaux b&#226;tis pour des bureaux et pas sp&#233;cialement pour l'Etat) pour que nous ayons des toilettes distinctes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Je savais par ailleurs, puisque mon mari travaillait dans le priv&#233;, que n'importe quelle firme qui occupait des employ&#233;s devait leur procurer un endroit distinct des bureaux, o&#249; ils pouvaient manger &#224; midi. Dans la firme o&#249; mon mari travaillait, il y avait un petit local, pourvu d'un frigo et d'un mini-r&#233;chaud, d'un &#233;vier, d'une table et de chaises. Et pourtant il n'y avait que deux employ&#233;s ! Chez nous, au Minist&#232;re, il n'y avait rien et nous mangions nos tartines in situ, en &#233;talant notre essuie (fourni par l'Etat, il comportait d'ailleurs une bande tiss&#233;e sp&#233;cifiant &#8220;Etat belge - Belgische Staat). En entrant en service, outre un verre (que nous devions aller laver aux toilettes &#224; l'eau froide, m&#234;me quarante ans plus tard, au Manhattan et au WTC, il n'y avait pas d'eau chaude aux toilettes, luxe inutile pour de b&#234;tes fonctionnaires), nous recevions ce fameux essuie qui &#233;tait relev&#233; chaque semaine par l'huissier et remplac&#233; par un propre. Bien entendu, on les usait jusqu'&#224; la corde et parfois on pouvait voir au travers. Pendant quinze ans je ne me suis pas pr&#233;occup&#233;e de la question, puisque je rentrais &#224; midi au Centre Rogier. Beaucoup parmi mes coll&#232;gues allaient manger d'abord au mess des Comptes Ch&#232;ques, &#224; la place Madou et plus tard au mess du Minist&#232;re des Finances, rue des Palais. Le temps passant, les heures de service &#233;taient de plus en plus surveill&#233;es, il fallait signer une liste en indiquant l'heure de chaque entr&#233;e et sortie, et de plus en plus de gens h&#233;sitaient &#224; aller aussi loin. Moi aussi, habitant Laeken d&#233;sormais, je restais au bureau pour manger &#224; midi. Je savais que des coll&#232;gues, dont le bureau se situait rue de Stassart avaient une cafetaria (nous avions des bureaux &#233;parpill&#233;s dans tous les coins). J'ai donc demand&#233; au Service Social d'avoir le droit d'am&#233;nager une pi&#232;ce vide au troisi&#232;me &#233;tage de la rue du M&#233;ridien, pour y manger &#224; midi. Le Service Social nous a fourni des assiettes et des couverts, des bols &#224; soupe et un percolateur pour le caf&#233; (mais rien &#224; mettre dedans !). Nous avons am&#233;nag&#233; un local en r&#233;cup&#233;rant de vieux meubles qui tra&#238;naient dans les greniers, nous nous sommes cotis&#233;s pour acheter le tissu de tentures que j'ai cousues, quelqu'un a apport&#233; un vieux frigo et nous faisions la cuisine sur un vieux r&#233;chaud install&#233; dans les toilettes ! Nous avions une caisse commune avec laquelle nous achetions du caf&#233; et autres fournitures. Nous y mangions ensemble &#224; midi, et nous y f&#234;tions les anniversaires et la nouvelle ann&#233;e. Nous n'&#233;tions qu'un petit groupe, consid&#233;r&#233; par tous les autres du service comme des piqu&#233;s. L'affaire a malheureusement d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;. Il y avait plusieurs amateurs de jeux de cartes dans le groupe et nous nous sommes mis &#224; jouer au whist apr&#232;s avoir mang&#233; nos tartines. Moi je rongeais mon frein, j'&#233;tais nulle au whist, je perdais tout le temps (c'est quoi l'atout ?) et j'avais envie d'aller continuer mon travail (horreur inavouable !).&lt;/p&gt;
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		<title>Le travail dans un service public : restructuration (Suzanne R.)</title>
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		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Travail</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Suzanne Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt; La premi&#232;re r&#233;gionalisation intervint en 1980. On enleva au Minist&#232;re de l'Agriculture ses comp&#233;tences pour ce qui &#233;tait de la Direction des Eaux et For&#234;ts et pour ce qui &#233;tait des Structures agricoles (remembrement des terres, etc). Il fut d&#233;cid&#233; de rassembler en un seul lieu tous les bureaux restants, &#233;parpill&#233;s dans Bruxelles. Le lieu fut choisi pour faire plaisir aux navetteurs et se trouva donc au Manhattan, &#224; la place Rogier, juste (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Suzanne &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique61' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La premi&#232;re r&#233;gionalisation intervint en 1980. On enleva au Minist&#232;re de l'Agriculture ses comp&#233;tences pour ce qui &#233;tait de la Direction des Eaux et For&#234;ts et pour ce qui &#233;tait des Structures agricoles (remembrement des terres, etc). Il fut d&#233;cid&#233; de rassembler en un seul lieu tous les bureaux restants, &#233;parpill&#233;s dans Bruxelles. Le lieu fut choisi pour faire plaisir aux navetteurs et se trouva donc au Manhattan, &#224; la place Rogier, juste en face du b&#226;timent o&#249; j'avais log&#233; pendant quinze ans ! En 1984, le d&#233;m&#233;nagement &#233;tait termin&#233; et je prenais tous les jours le 47 depuis Neder-over-Heembeek. Les bureaux avaient l'air conditionn&#233; (qui ne fonctionnait jamais comme il fallait), il &#233;tait interdit de faire fonctionner des appareils &#233;lectriques tels que percolateurs, etc et des &#8220;dames-caf&#233;s&#8221; faisaient une tourn&#233;e le matin et l'apr&#232;s-midi, pour nous fournir un caf&#233; qui co&#251;tait 5 frs. Bien s&#251;r, il ne fallait pas oublier d'aller chercher ses tickets d'avance aupr&#232;s du pr&#233;pos&#233; &#224; l'Economat. Pas de ticket, pas de caf&#233; ! Au bout d'un certain temps, nous e&#251;mes acc&#232;s &#224; une caf&#233;taria dans les sous-sols mais beaucoup d'entre nous (surtout les femmes, &#233;videmment) mangeaient vite leurs tartines au bureau et filaient faire des courses &#224; la rue Neuve. Heureusement, avec tout &#231;a, le whist et les fiestas &#233;taient enterr&#233;s et j'&#233;tais enchant&#233;e ! &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
J'aimais beaucoup mon travail mais comme je l'ai d&#233;j&#224; dit, lorsque je r&#233;ussi la premi&#232;re partie de l'examen de niveau 1, l'ambiance dans le service devint infecte. On se moqua de mes grands airs (&#233;tant la seule bruxelloise j'avais forc&#233;ment des grands airs, on ne s'imagine pas &#224; quel point les provinciaux nous d&#233;testent), on me reprocha ouvertement ce qu'on me reprochait tout bas depuis longtemps, c'est-&#224;-dire de me trouver parfaitement &#224; l'aise avec n'importe quel ing&#233;nieur ou directeur ou directeur g&#233;n&#233;ral. Pour moi ils &#233;taient tous, autant que ceux des grades inf&#233;rieurs, des gens qui avaient besoin de mon aide pour &#234;tre en r&#232;gle vis-&#224;-vis des &#8220;D&#233;penses Fixes&#8221; (le service des Finances qui payait les traitements) ou en mati&#232;re d'allocations familiales.&lt;br /&gt;
Encore plus grave : je m'entendais tr&#232;s bien depuis toujours avec les ennemis, ceux du &#8220;Statut administratif&#8221;. Il y avait en effet deux parties &#224; la Direction du Personnel : le &#8220;Statut administratif &#8220; (recrutements, promotions, cong&#233;s, maladie, mises &#224; la retraite) et le &#8220;Statut p&#233;cuniaire&#8221;, c'est &#224; dire nous (calcul des traitements et relations avec les Finances).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	J'avais des amis au &#8220;Statut administratif&#8221;. C'&#233;tait tr&#232;s mal vu. En plus je ne tutoyais personne et personne ne se hasardait &#224; me tutoyer. Je comprenais parfaitement le flamand et en saisissais toutes les nuances mais refusais de le parler. Pour moi il s'agissait de maintenir les derniers remparts du fran&#231;ais dans l'Administration, mais pour eux c'&#233;tait du snobisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Bref, le jour de 1985 o&#249; le Directeur de la Comptabilit&#233; vint me demander si je ne voulais pas remplacer le seul agent de son service qui s'occupait du Budget du D&#233;partement et qui partait &#224; la retraite, j'ai dit oui tout de suite en me disant que j'apprendrais sur le tas. Le 1er janvier 1986, je changeai donc de service, pour la premi&#232;re fois depuis mon entr&#233;e au Minist&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	J'&#233;tais dans une bienheureuse ignorance du fait que les grands pontes du Minist&#232;re du Budget et du Contr&#244;le des Finances, &#233;taient en train d'&#233;laborer un tout nouveau syst&#232;me pour tenter de moderniser un peu ce fameux budget de l'Etat. Le coll&#232;gue en route pour la retraite que je devais remplacer ne connaissait que l'ancien syst&#232;me. Il a pass&#233; sa derni&#232;re ann&#233;e &#224; me voir me d&#233;patouiller avec des circulaires incompr&#233;hensibles puisque je ne connaissais qu'une partie de l'ancien syst&#232;me (les pr&#233;visions de co&#251;t de paiement du personnel) et rien du nouveau. Il s'est tellement amus&#233; qu'il a laiss&#233; tomber ses derniers jours de cong&#233; en janvier 1987, prenant sa pension le 1er f&#233;vrier, pour me voir suer &#224; grosses gouttes pour essayer de sauver les meubles lors de la cl&#244;ture de l'ann&#233;e budg&#233;taire 1986. J'&#233;tais tomb&#233;e sur un Inspecteur des Finances particuli&#232;rement coriace qui voulait avoir la preuve de tout ce que les services du Minist&#232;re avan&#231;aient comme demandes de cr&#233;dits aff&#233;rents &#224; 1986 (par exemple les factures de t&#233;l&#233;phone du mois de d&#233;cembre) qui devaient &#234;tre pay&#233;s en 1987 et pour lesquels il fallait son aval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	A partir de l&#224; ma vie au bureau est devenue extr&#234;mement chaotique. Entre le nouveau &#8220;Budget par programmes&#8221;, l'&#233;pouvantable d&#233;ficit budg&#233;taire dont De Haene voulait absolument sortir, les probl&#232;mes de peste porcine, de bruxellose, de dioxine, etc, il n'y avait pas de quoi s'ennuyer. La r&#233;gionalisation continuait, on avait constitu&#233; un nouveau minist&#232;re (maintenant on dit un SPF, je vous laisse deviner), en englobant les diff&#233;rents parastataux sur lesquels nous avions une tutelle, comme l'ONDAH (l'Office National des D&#233;bouch&#233;s agricoles et horticoles, qui fournissait volontiers des fromages pour les f&#234;tes dans les &#233;coles !), l'ONL (Office National du Lait), etc, et en annexant le Minist&#232;re des Classes Moyennes. Leur comptabilit&#233; n'&#233;tait pas la m&#234;me que la n&#244;tre, il fallait tout analyser pour pouvoir int&#233;grer le tout en un seul budget, en butant toujours sur la mauvaise volont&#233; de chacun. En effet, le Minist&#232;re de l'Agriculture &#233;tait, du point de vue social, le plus mauvais. La plupart des autres avaient un service social constitu&#233; en ASBL, qui pr&#233;voyait des centres sportifs (comme les Finances ou les Travaux Publics), qui pourvoyait un mess (splendide &#224; la Cit&#233; Administrative) qui distribuait des cadeaux de Saint-Nicolas, qui s'occupait des pensionn&#233;s, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Chez nous, rien. La grande majorit&#233; des agents &#233;tait diss&#233;min&#233;e en province, contr&#244;lait les cultures en vue des primes CEE, et n'avait m&#234;me pas de voiture de service, ils devaient employer la leur. Difficile de s'embourber dans le chemin de la ferme, de sortir de l&#224; avec l'aide du fermier et de son tracteur, et puis de lui infliger une amende &#8220;quotas laitiers&#8221; ou &#8220;terres en jach&#232;res&#8221; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Bref, c'&#233;tait la merde sur toute la ligne et j'ai pass&#233; des ann&#233;es tr&#232;s dures et tr&#232;s &#233;prouvantes. Au d&#233;but, j'ai d&#233;coup&#233; des pages photocopi&#233;es des budgets des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, pour en faire des nouvelles o&#249; je tapais les chiffres sans devoir recopier tout le texte (en fran&#231;ais et en flamand) et puis finalement nous avons &#233;t&#233; informatis&#233;s. Les d&#233;buts ont &#233;t&#233; &#233;piques, nous avions d&#251; choisir le syst&#232;me le plus &#233;labor&#233;, c'est-&#224;-dire Wordperfect, parce qu'il permettait de faire des arr&#234;t&#233;s royaux en deux colonnes, face-&#224;-face, fran&#231;ais et flamand. Mais pour faire des tableaux, ce n'&#233;tait pas une sin&#233;cure. J'avais un gros bouquin, je l'ai toujours d'ailleurs, qui expliquait toutes les proc&#233;dures de calcul, mais qui aurait tout aussi bien pu &#234;tre en chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par-dessus le march&#233;, je ne sais plus quel imb&#233;cile avait lanc&#233; l'id&#233;e d'informatiser toutes les proc&#233;dures de budget et de comptabilit&#233;, mais de la plus mauvaise fa&#231;on qui soie. Chaque d&#233;partement devait pr&#233;senter son projet et gr&#226;ce &#224; quelqu'un, qui ne connaissait rien &#224; ces choses-l&#224; mais avait &#233;t&#233; un des premiers &#224; s'int&#233;resser &#224; l'informatique, nous &#233;tions promus &#8220;projet pilote&#8221;. Si nous r&#233;ussissions, le projet serait &#233;tendu aux autres d&#233;partements. Il aurait bien mieux valu faire partir le projet du Minist&#232;re des Finances et, une fois test&#233;, l'&#233;tendre aux autres d&#233;partements en relation avec lui. Il y eu donc un march&#233; public et une offre accept&#233;e, la &#8220;mieux-disante&#8221; comme on dit dans l'administration, c'est-&#224;-dire celle qui fait le travail pour le meilleur prix. Bien entendu nous avons eu droit &#224; des gens qui auraient d&#251; d'abord faire le travail d'analyse, mettre &#224; plat tout le syst&#232;me et &#233;laborer des proc&#233;dures informatis&#233;es. Dans leur offre, ils avaient dit avoir informatis&#233; la R&#233;gion Wallonne et conna&#238;tre le processus. En fait, la seule personne qu'ils avaient qui y comprenne quelque chose &#233;tait enceinte et on ne l'a vue qu'une fois. Elle a pass&#233; le reste de sa grossesse au lit et ce sont deux jeunes donzelles, arm&#233;es de sourires en coin devant la d&#233;bilit&#233; de notre travail, qui sont venues interroger le personnel avec un r&#233;sultat z&#233;ro. Elles ont fini par venir tout le temps chez moi, parce que j'&#233;tais la seule qui avait une vue d'ensemble de la comptabilit&#233; de l'Etat. Elles n'avaient aucune id&#233;e de ce qu'&#233;tait l'Etat et j'en ai eu la preuve flagrante le jour o&#249; je leur ai dit au t&#233;l&#233;phone qu'une loi venait de para&#238;tre au Moniteur, modifiant je ne sais plus quelle proc&#233;dure, elles m'ont dit &#8220;On n'a pas cette revue dont vous parlez !&#8221;&lt;/p&gt;
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		<title>Le travail dans un service public : &#233;galit&#233; hommes-femmes (Suzanne R.)</title>
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		<dc:date>2007-02-14T08:24:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Suzanne Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt; J'ai pass&#233; presque quarante ans de ma vie dans un Minist&#232;re. C'&#233;tait le Minist&#232;re de l'Agriculture et il m'avait &#233;t&#233; conseill&#233; par le fonctionnaire du Secr&#233;tariat Permanent au Recrutement qui s'occupait des examens et de r&#233;partir les personnes ayant r&#233;ussi dans les diff&#233;rents minist&#232;res demandeurs. J'avais le choix entre l'Agriculture et les Finances, et le brave homme me conseilla l'Agriculture. &#8220;Vous serez plus tranquille&#8221; me dit-il. En fait, (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Suzanne &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique61' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai pass&#233; presque quarante ans de ma vie dans un Minist&#232;re. C'&#233;tait le Minist&#232;re de l'Agriculture et il m'avait &#233;t&#233; conseill&#233; par le fonctionnaire du Secr&#233;tariat Permanent au Recrutement qui s'occupait des examens et de r&#233;partir les personnes ayant r&#233;ussi dans les diff&#233;rents minist&#232;res demandeurs. J'avais le choix entre l'Agriculture et les Finances, et le brave homme me conseilla l'Agriculture. &#8220;Vous serez plus tranquille&#8221; me dit-il. En fait, c'&#233;tait une proposition sexiste sans le vouloir. Il n'y avait quasiment aucun avenir pour un r&#233;dacteur entrant au Minist&#232;re de l'Agriculture, les administratifs y &#233;tait m&#233;pris&#233;s par les chefs, tous ing&#233;nieurs agronomes ou v&#233;t&#233;rinaires. J'aurais eu beaucoup plus de chance de faire une belle carri&#232;re aux Finances, o&#249; il n'y avait que des administratifs et o&#249; on organisait r&#233;guli&#232;rement des examens d'avancement. Le brave type n'imaginait pas qu'une des rares candidates f&#233;minines qu'il avait &#224; placer r&#234;ve d'autre chose que d'&#8221;&#234;tre tranquille&#8221;, de se marier et avoir des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Moi non plus &#224; vrai dire. Je n'ai compris mon erreur que des ann&#233;es-lumi&#232;re plus tard et bien entendu trop tard. J'&#233;tais alors en contact r&#233;gulier avec des agents des Finances parce que je m'occupais dans un premier temps du paiement des salaires et par la suite du budget. J'entendais bien qu'on y organisait r&#233;guli&#232;rement des examens d'accession au niveau 1 (&#233;quivalent des universitaires) pour les gens qui voulaient &#233;tudier et sortir du rang. Le premier qui a &#233;t&#233; organis&#233; pour l'ensemble des Minist&#232;res, donc y compris l'Agriculture, a eu lieu en 1986 et j'avais commenc&#233; &#224; y travailler en 1961 ! Je m'y suis lanc&#233;e par d&#233;fi envers mon directeur qui n'en avait parl&#233; qu'aux agents masculins susceptibles de s'y pr&#233;senter. Je me suis dit : tu vas voir ! Et j'ai r&#233;ussi la premi&#232;re &#233;preuve avec 80 % des points, tandis que les autres &#233;taient lessiv&#233;s. Il faut dire qu'il s'agissait d'une &#233;preuve de culture g&#233;n&#233;rale, avec conf&#233;rence &#224; &#233;couter et &#224; r&#233;sumer, sans pouvoir prendre de notes, et puis d'une dissertation sur le sujet &#233;voqu&#233;. Dans mon cas il s'agissait des &#8220;angoisses de la fin du si&#232;cle&#8221;. C'&#233;tait corrig&#233; par des professeurs d'universit&#233; et je suis donc encore tr&#232;s fi&#232;re de mon r&#233;sultat. La suite a &#233;t&#233; moins dr&#244;le. Mes coll&#232;gues masculins qui ne s'&#233;taient pas pr&#233;sent&#233; ou avaient rat&#233; se sont mis &#224; me regarder de travers, t&#233;tanis&#233;s &#224; l'id&#233;e d'avoir une femme comme chef. Ils m'ont rendu la vie si d&#233;sagr&#233;able que j'ai accept&#233; de changer de service et d'aller &#224; la Comptabilit&#233; m'occuper du Budget. Ca &#233;t&#233; la fin de mes espoirs de r&#233;ussite de la deuxi&#232;me partie. Il fallait suivre des cours de droit constitutionnel, de droit administratif, de fonctionnement des institutions internationales et d'&#233;conomie politique. Impossible d'&#233;tudier &#224; la maison. Impossible &#233;galement au bureau. Par ailleurs j'avais eu, entre-temps, l'arriv&#233;e de mes bien-aim&#233;es petites filles et Fran&#231;oise avait besoin d'aide. J'ai donc rat&#233; de peu la deuxi&#232;me partie et j'ai laiss&#233; tomber. Heureusement, le fait d'avoir r&#233;ussi la premi&#232;re partie et d'exercer les fonctions de fait, allant aux r&#233;unions et pr&#233;parant les discussions du budget &#224; la Chambre ou au S&#233;nat, j'eu droit &#224; ce qu'on appelait des &#8220;fonctions sup&#233;rieures&#8221;. J'&#233;tais donc pay&#233;e comme niveau 1, mais &#231;a ne comptait pas pour ma pension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat se pr&#233;occupait d'&#233;riger un tas de r&#232;glements du travail, qui obligeait les patrons &#224; faire ceci ou cela, et &#224; se pr&#233;occuper de la s&#233;curit&#233; sociale des travailleurs. Mais nous autres fonctionnaires nous n'&#233;tions pas li&#233;s par un contrat de travail mais nomm&#233;s par l'autorit&#233; publique. Jusqu'au milieu des ann&#233;es soixante, nous n'&#233;tions m&#234;me pas assur&#233;s obligatoires. Libre &#224; ceux qui le d&#233;siraient de s'affilier &#224; une mutuelle. Nous avions droit &#224; une pension gratuite, donc sans retenue sur le salaire et on ne manquait pas de nous le rappeler &#224; la moindre demande d'avoir un salaire plus d&#233;cent. La pension gratuite &#233;tait un &#8220;salaire diff&#233;r&#233;&#8221; ! En r&#233;alit&#233;, cette pension &#8220;gratuite&#8221; &#233;tait un leurre. On nous retenait tous les mois 7,5 % de notre traitement pour la &#8220;Caisse des Veuves et des Orphelins&#8221;, ce qui faisait une bonne cagnotte pour l'Etat et lui permettait de payer les pensions &#8220;gratuites&#8221;. En plus, seules les veuves et les orphelins d'agents masculins avaient droit &#224; une &#8220;pension de survie&#8221;(et &#224; un cadeau de Saint-Nicolas de la part du Service Social). Finalement, je pense que c'&#233;tait dans les ann&#233;es quatre-vingt, un groupe de fonctionnaires f&#233;minines &#224; d&#251; aller jusqu'&#224; la Cour de Justice europ&#233;enne pour obtenir l'&#233;galit&#233; de traitement, de fa&#231;on &#224; ce que les retenues op&#233;r&#233;es sur les salaires f&#233;minins ne servent pas uniquement aux veuves des fonctionnaires masculins mais aussi aux veufs des fonctionnaires f&#233;minins !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	A part cela l'&#233;galit&#233; entre hommes et femmes &#233;tait int&#233;grale, tous les grades &#233;taient au masculin, on &#233;tait &#8220;un commis&#8221;, &#8220;un r&#233;dacteur&#8221;, &#8220;un directeur&#8221; et tout le monde partait &#224; la pension &#224; 65 ans alors que dans le priv&#233; les femmes partaient &#224; 60 ans et les hommes &#224; 65. En fait nous vivions tout simplement sous la loi du &#8220;statut Camus&#8221;, du nom d'un monsieur qui avait mis un peu d'ordre dans la r&#233;glementation existante &#224; l'&#233;poque. Comme c'&#233;tait en 1937, il n'avait gu&#232;re envisag&#233; de probl&#232;mes li&#233;s au recrutement de personnel f&#233;minin. Le probl&#232;me ne se posait m&#234;me pas. Tout belge, ayant un casier judiciaire vierge et ayant le dipl&#244;me ad&#233;quat, pouvait passer les examens de recrutement. Pendant tr&#232;s longtemps, il n'y eu pas de probl&#232;mes, fort peu de femmes travaillant &#224; l'ext&#233;rieur et les femmes qui le faisait &#233;tant, la plupart du temps, dans les rangs inf&#233;rieurs. Si, en effet on &#233;tait dans ces ann&#233;es-l&#224;, une femme universitaire, on n'allait pas perdre son temps &#224; devenir fonctionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	A partir des ann&#233;es septante la fonction s'&#233;tait tellement d&#233;valoris&#233;e, qu'elle &#233;tait envahie par les femmes, bien contentes de trouver du travail. Aux hommes les belles carri&#232;res dans le priv&#233; ! C'est la m&#234;me chose chaque fois qu'une fonction se d&#233;valorise. Quand on pense au prestige qu'avait un instituteur ou un professeur dans le pass&#233; et qu'on voit la fa&#231;on dont ils sont trait&#233;s actuellement, on comprend qu'il n'en reste plus beaucoup, sauf au niveau universitaire. Ces emplois sont aussi devenus essentiellement f&#233;minins. M&#234;me chose &#224; la Justice et &#224; la Police. Mal pay&#233;s et mal consid&#233;r&#233;s. J'aime &#224; penser que les choses s'am&#233;lioreront et que les femmes vont cesser de penser qu'elles gagnent un &#8220;salaire d'appoint&#8221; et qu'elles ont droit &#224; une carri&#232;re professionnelle pleine et enti&#232;re. Elles doivent continuer &#224; se battre pour leurs droits, obtenir des gardes pour leurs enfants et l'&#233;galit&#233; dans les travaux m&#233;nagers. Allez les filles !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article296' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le travail dans un service public : techniques et coll&#232;gues (Suzanne R.)</title>
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		<dc:date>2007-02-14T08:23:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Technologie (&#233;volution)</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Suzanne Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Je peux dire qu'en presque quarante ans de carri&#232;re, j'ai vu la fonction publique sortir petit &#224; petit du Moyen-Age. Au d&#233;but tout se faisait &#224; la main, nous avions droit &#224; un crayon et &#224; un &#8220;use-bout-de-crayon&#8221; (je l'ai toujours). Lorsque le crayon devenait trop petit pour le tenir en main, on le fixait dans cet instrument et il servait jusqu'au bout. Nous n'avions, nous les r&#233;dacteurs, aucune machine &#224; &#233;crire. Tout &#233;tait &#233;crit &#224; la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je peux dire qu'en presque quarante ans de carri&#232;re, j'ai vu la fonction publique sortir petit &#224; petit du Moyen-Age. Au d&#233;but tout se faisait &#224; la main, nous avions droit &#224; un crayon et &#224; un &#8220;use-bout-de-crayon&#8221; (je l'ai toujours). Lorsque le crayon devenait trop petit pour le tenir en main, on le fixait dans cet instrument et il servait jusqu'au bout. Nous n'avions, nous les r&#233;dacteurs, aucune machine &#224; &#233;crire. Tout &#233;tait &#233;crit &#224; la main et envoy&#233; &#224; copier &#224; la Dactylographie. Il n'y avait pas de photocopieuse. Lorsque nous recevions un extrait d'acte de naissance pour ouvrir le droit aux allocations familiales, nous en faisions faire des copies dactylographi&#233;es &#224; envoyer aux Finances. Il fallait bien s&#251;r les &#8220;collationner&#8221; , c'&#233;tait la premi&#232;re fois que j'entendais ce mot. Il s'agissait de relire soigneusement, de relever les fautes de frappe et de renvoyer les documents pour correction des erreurs. Et de m&#234;me pour tous les autres documents, mariages, d&#233;c&#232;s, etc. Lorsque nous devions faire une &#8220;circulaire&#8221; pour faire conna&#238;tre une nouvelle r&#233;glementation, nous faisions faire par des dactylos, un &#8220;stencil&#8221;. Il s'agissait d'un papier sp&#233;cial, qui &#233;tait perc&#233; par les touches de la machine. Derri&#232;re ce papier il y avait un papier carbone et puis un papier ordinaire, o&#249; les lettres &#233;taient imprim&#233;es et qui permettait de &#8220;collationner&#8221;. Les erreurs se corrigeaient en employant un produit rouge contenu dans une petite bouteille et dont on enduisait la lettre fautive. Il fallait attendre que cela s&#232;che, remettre le stencil dans la machine &#224; &#233;crire et trouver exactement l'endroit o&#249; il fallait taper la nouvelle lettre. Du grand art ! Il fallait ensuite faire tourner le &#8220;stencil&#8221; (sans son carbone ni son double) dans une &#8220;stencileuse&#8221; (&#233;lectrique !) qui projetait l'encre dans les trous et ainsi reproduisait les lettres. Elle pouvait produire un grand nombre de copies mais s'il y avait trop d'encre les copies &#233;taient baveuses et s'il y en avait trop peu, illisibles. Ce travail &#233;tait r&#233;alis&#233; &#224; l'Imprimerie du d&#233;partement, toujours install&#233;e au rez-de-chauss&#233;e d'un b&#226;timent, tellement les machines &#233;taient lourdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Tout &#233;tait &#224; l'avenant, nous &#233;tions install&#233;s dans des b&#226;timents v&#233;tustes au milieu d'archives jaunies, un peu comme ce qu'on voit parfois encore maintenant &#224; la TV quand on montre les archives des Palais de Justice. J'ai commenc&#233; &#224; la Direction du Personnel (maintenant &#231;a s'appelle &#8220;Human ressources&#8221;, les examens s'appellent &#8220;Assesment&#8221; et l'Economat est devenu &#8220;la Logistique&#8221; !) au dernier &#233;tage de l'ancien observatoire de Bruxelles, dans le petit parc de la place Quetelet, en haut du Botanique. Ce Quetelet &#233;tait un astronome de renom &#224; son &#233;poque, mais je n'en savais rien. Il y avait belle lurette que l'Observatoire &#233;tait parti &#224; Uccle et les b&#226;timents d'une belle architecture classique mais maintenant d&#233;labr&#233;s avaient &#233;t&#233; d&#233;volus aux minables fonctionnaires que nous &#233;tions. En-dessous du toit o&#249; nous nous trouvions, mes deux coll&#232;gues et moi, il faisait une chaleur &#233;touffante en &#233;t&#233;. Un jour il a fait tellement calme dans le bureau (mes coll&#232;gues dormaient et moi je lisais) qu'une souris est venue faire un tour et n'est repartie dans son trou que lorsque j'ai tourn&#233; la t&#234;te en la voyant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Un jour nous avons d&#233;m&#233;nag&#233; et nous avons &#233;t&#233; install&#233;s au coin de la rue de la Limite et de la rue de l'Union. C'&#233;tait un ancien h&#244;tel particulier. Toute cette partie de Saint-Josse avait &#233;t&#233; &#8220;chic&#8221; cent ans auparavant. Il y avait une concierge qui vivait dans les cuisines-caves et qui avait huit enfants. Ca ne l'emp&#234;chait pas de prendre des bains de soleil dans le jardin, attirant mes coll&#232;gues masculins aux fen&#234;tres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	J'avais toujours aussi peu &#224; faire et je m'ennuyais mortellement. Je d&#251; mon salut au d&#233;part d'une coll&#232;gue du bureau d'&#224; c&#244;t&#233;, qui avait r&#233;ussi l'examen de sous-chef et chang&#233; de service et dont je pris la place. Nous &#233;tions d&#233;j&#224; dans les ann&#233;es septante ! Le travail devint int&#233;ressant parce qu'il s'agissait, non plus de faire des fiches de traitement comme au d&#233;but, ce qui n'arrivait pas souvent, les fiches se faisant seulement lors des entr&#233;es en services et des promotions, mais de faire la liaison avec le Minist&#232;re des Finances, qui payait les traitements, et &#224; qui il fallait communiquer toutes les &#8220;mutations&#8221; (mariages, enfants, changements d'adresse, changement dans le traitement, etc). Je commen&#231;ai &#224; entrer en contact par t&#233;l&#233;phone avec toutes sortes de gens qui travaillaient pour le Minist&#232;re en province et qui t&#233;l&#233;phonaient &#224; la Direction du Personnel pour savoir &#224; quoi se rapportait tel ou tel changement dans leur salaire. J'aimais bien rendre service et je faisais tout pour que les gens soient contents. De plus la l&#233;gislation en mati&#232;re de s&#233;curit&#233; sociale et notamment d'allocations familiales devenait de plus en plus compliqu&#233;e. Je passais beaucoup de temps &#224; t&#233;l&#233;phoner au Minist&#232;re de la Pr&#233;voyance sociale et &#224; l'Office National d'allocations familiales pour travailleurs salari&#233;s, entre autres. Je me constituais une documentation et devint bient&#244;t une autorit&#233; sur ces questions. J'&#233;tais tr&#232;s contente et appr&#233;ciais mon travail. Il y avait malheureusement un gros probl&#232;me en la personne de mon alter ego, du r&#244;le flamand. Il &#233;tait mon cauchemar. Il puait, fumait des cigarillos infects, refusait d'ouvrir la fen&#234;tre et ne prenait jamais aucune initiative. Il se contentait de profiter de mes recherches et de copier tout ce que je faisait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Je le ha&#239;ssais mais je devais bien le subir. Heureusement j'ai eu d'abord un troisi&#232;me coll&#232;gue qui s'appelait Edmond T., qui s'occupait du paiement du personnel de nettoyage et qui &#233;tait tr&#232;s marrant. Il jouait de la trompette dans la fanfare de Neerheylissem, et &#233;tait le type m&#234;me du wallon chaleureux mais pas tr&#232;s productif. Ca m'&#233;tait &#233;gal, il apportait une bouff&#233;e d'air frais m&#234;me si je faisais une partie de son travail pour que &#231;a avance pendant qu'il faisait des plaisanteries ! Il &#233;tait en m&#234;me temps employ&#233; comme commercial d'une banque rurale dont j'ai oubli&#233; le nom et a fini par partir pour travailler &#224; plein temps pour elle. A sa place est arriv&#233;e Jeanine Kalbusch, qui venait de Malm&#233;dy. Impossible pour elle de venir tous les jours en train, elle avait donc lou&#233; un kot &#224; Saint-Josse. Nous avons &#233;t&#233; de grandes amies malgr&#233; une diff&#233;rence d'&#226;ge de dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Lorsque le bureau a de nouveau d&#233;m&#233;nag&#233; pour la rue du M&#233;ridien, nous avons complot&#233; du mieux possible pour &#234;tre ensemble dans un bureau et virer l'abominable coll&#232;gue flamand dans un autre. Jeanine m'a aid&#233;e lors de la naissance de St&#233;phane, elle ramenait Fran&#231;oise de l'&#233;cole le mercredi midi et mangeait avec nous. Nous avions &#233;t&#233; au carnaval de Malm&#233;dy avec ses parents, ils &#233;taient venus chez nous et savaient que je tenais beaucoup &#224; elle. J'ai assist&#233; au d&#233;but de son histoire d'amour avec un autre coll&#232;gue, puis &#224; son mariage, puis &#224; son installation dans la maison qu'ils avaient fait construire &#224; Braine le Ch&#226;teau. Malheureusement, elle est partie travailler &#224; l'Office du Ducroire et nous ne sommes plus vues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il y eu alors un moment o&#249; le gouvernement avait invent&#233;, pour diminuer les statistiques de ch&#244;mage, de faire entrer des quotas de jeunes qui sortaient de l'&#233;cole comme &#8220;stagiaire-ONEM&#8221; dans toutes les entreprises, y compris l'Etat, pendant une dur&#233;e d'un an. Le but &#233;tait soi-disant de leur permettre de prendre contact avec le travail et &#233;ventuellement d'obtenir un vrai contrat de travail avec l'entrepreneur. Bien entendu ce syst&#232;me ne rimait &#224; rien &#224; l'Etat, o&#249; le seul moyen d'&#234;tre nomm&#233; &#233;tait la r&#233;ussite d'un examen et bien entendu aussi nous e&#251;mes droit &#224; tout un tas de prot&#233;g&#233;s politiques. La plupart venaient en touristes, ne fichaient rien ou foutaient la merde. C'&#233;tait un vrai cauchemar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par la suite nous e&#251;mes droit &#224; un autre cauchemar, le quota obligatoire de handicap&#233;s. Ils ne devaient pas passer d'examen, ils restaient nomm&#233;s temporairement. Il y en avait de toutes les sortes, des handicap&#233;s mentaux comme physiques. Personne ne nous avait pr&#233;par&#233; &#224; leur accueil et pour certains ce fut un vrai martyre. Je me souviens d'un nain qu'on avait mis au service &#8220;Informatique&#8221;. Il faut savoir qu'&#224; l'&#233;poque l'informatique consistait en d'&#233;normes machines qui fonctionnaient avec des cartes perfor&#233;es. Il n'y avait que des hommes dans ce service et ils se sont mis &#224; le martyriser en lui faisant transporter des bacs de documents plus lourds que lui. Il a finalement d&#251; renoncer et partir. Il y avait aussi une arri&#233;r&#233;e mentale qui &#233;tait soi-disant dactylo. On l'avait mise &#224; la Comptabilit&#233; o&#249; elle devait taper des ordonnances de paiement destin&#233;es &#224; la Cour des Comptes. Il fallait tout refaire &#224; sa place. Heureusement pour elle, elle &#233;tait tomb&#233;e sur une coll&#232;gue qui avait un &#226;me charitable et qui s'occupait d'elle. Mais tout le reste du service en avait une peur bleue, parce qu'elle piquait de violentes col&#232;res &lt;br /&gt;
pour un rien et comme elle &#233;tait b&#226;tie comme un arbre, on pr&#233;f&#233;rait se mettre &#224; l'abri. Mais nous avions une t&#233;l&#233;phoniste en chaise roulante qui s'appelait Marieke et qui faisait admirablement son travail. Un jour d'exercice d'incendie, lorsque nous avions d&#233;m&#233;nag&#233; au Manhattan, il nous avait &#233;t&#233; interdit d'utiliser les ascenseurs, il fallait descendre par les escaliers. Les coll&#232;gues de Marieke essay&#232;rent de l'amener au monte-charge qui amenait les colis depuis le garage en sous-sol. Mais il &#233;tait ferm&#233; &#224; cl&#233; et le possesseur de la cl&#233; &#233;tait parti par les escaliers. Elle &#233;tait donc rest&#233;e bloqu&#233;e dans le b&#226;timent qui aurait pu &#234;tre en feu ! Ce fut un beau toll&#233; lorsque le personnel l'appris ! Nous avions aussi Rik, &#8220;onze Rik&#8221; qui, malgr&#233; le fait qu'il &#233;tait l&#233;g&#232;rement arri&#233;r&#233; &#233;tait un huissier de premi&#232;re cat&#233;gorie, il distribuait le courrier &#224; la Comptabilit&#233;, connaissait le travail de chacun et &#233;tait d'un d&#233;vouement admirable. Tout le monde l'aimait et le prot&#233;geait. Il me parlait toujours en fran&#231;ais et je ne comprenais rien mais je ne n'osais pas le lui dire, de peur de le vexer. Je m'arrangeais toujours pour qu'il explique le m&#234;me probl&#232;me en flamand &#224; quelqu'un d'autre et alors je comprenais ! Il &#233;tait de premi&#232;re force en informatique et lorsque j'ai d&#251; me mettre &#224; Windows 98, il s'en tirait beaucoup mieux que moi. Il le voyait bien et me disait &#8220;si vous pas savoir, demander moi&#8221;. Il avait toujours un cartouche d'encre d'avance et je pouvais compter sur lui pour me l'installer illico presto. Il ne fallait par contre jamais lui demander de faire des photocopies, il emm&#234;lait tout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais ici je m'aper&#231;ois que je parle d'informatique et de photocopies comme de la chose la plus normale du monde. Cela ne l'a &#233;t&#233; pour nous que dans les ann&#233;es nonante. Nous avons commenc&#233; par avoir une photocopieuse, qui se trouvait place Quetelet, o&#249; nous devions envoyer nos documents (comme les actes de naissance) &#224; photocopier et non plus &#224; copier &#224; la machine. Il fallait les mettre dans une farde, avec un petit papier attach&#233; par un attache-tout, pr&#233;cisant le nombre d'exemplaires, et attendre le bon vouloir du pr&#233;pos&#233; &#224; la machine tout en esp&#233;rant qu'il ne renvoie pas les documents dans un autre service qui n'en avait rien &#224; faire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Plus tard nous avons eu une photocopieuse &#224; nous, dans notre b&#226;timent &#224; la rue du M&#233;ridien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article297' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les t&#226;ches m&#233;nag&#232;res (Suzanne R.)</title>
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		<dc:date>2007-01-11T09:36:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Technologie (&#233;volution)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Suzanne Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt; La vie de famille &#233;tait moins agit&#233;e que maintenant. Au d&#233;but nous n'avions ni t&#233;l&#233;phone, ni voiture, ni t&#233;l&#233;vision, ni machine &#224; laver, ni lave-vaisselle. Toutes ces choses modernes se sont impos&#233;es d'elles-m&#234;mes, et d&#232;s que nous les avions, nous ne pouvions plus nous en passer, exactement comme si maintenant nous n'avions pas de t&#233;l&#233;-commande et qu'il fallait se lever pour &#8220;changer de poste&#8221; (pas de zapping donc, et d'ailleurs nous avons d&#251; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La vie de famille &#233;tait moins agit&#233;e que maintenant. Au d&#233;but nous n'avions ni t&#233;l&#233;phone, ni voiture, ni t&#233;l&#233;vision, ni machine &#224; laver, ni lave-vaisselle. Toutes ces choses modernes se sont impos&#233;es d'elles-m&#234;mes, et d&#232;s que nous les avions, nous ne pouvions plus nous en passer, exactement comme si maintenant nous n'avions pas de t&#233;l&#233;-commande et qu'il fallait se lever pour &#8220;changer de poste&#8221; (pas de zapping donc, et d'ailleurs nous avons d&#251; attendre le c&#226;ble pour avoir un certain choix), ou installer une chaise pr&#232;s du t&#233;l&#233;phone qu'il n'&#233;tait pas possible de balader partout dans la maison. Nous n'avons eu la t&#233;l&#233;vision qu'apr&#232;s 1965, je me souviens tr&#232;s bien de l'ann&#233;e parce c'&#233;tait celle de l'enterrement de Churchill que nous avions &#233;t&#233; voir chez ma soeur, qui avait d&#233;j&#224; cette merveille (encore en noir et blanc, bien entendu).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Je trouvais tout &#224; fait normal de faire d'innombrables lessives dans le lavabo, avec du linge mouill&#233; qui pendait au-dessus de la baignoire, et de donner mes draps &#224; faire au dehors. D'abord ma m&#232;re s'en &#233;tait charg&#233;e et puis, l'&#226;ge venant, ce n'avait plus &#233;t&#233; possible. J'ai commenc&#233; &#224; les porter chez un blanchisseur, puis dans un des premiers lavoirs &#8216;automatiques&#8221;. A l'&#233;poque ils &#233;taient exploit&#233;s par des g&#233;rants qui mettaient les machines en routes et surveillaient leur fonctionnement. Ils acceptaient aussi de laver le linge apport&#233;, de repasser le plat &#224; la calandreuse, emballaient le tout et on venait le chercher. Je n'ai eu une machine &#224; laver qu'apr&#232;s notre d&#233;part du Centre Rogier, faute de place dans la salle de bain. Avant &#231;a j'avais achet&#233; un dr&#244;le d'instrument, dont je ne rappelle plus nom, qui avait un peu la forme d'une boule de l'atomium mont&#233; sur un support. On y mettait le linge, de l'eau chaude (qui heureusement chez moi coulait au robinet), du savon, on fermait herm&#233;tiquement le couvercle et on tournait une manivelle qui faisait tourner l'instrument. Le linge &#233;tait agit&#233; dans l'eau savonneuse et on pouvait en laver plus &#224; la fois que dans le lavabo. Apr&#232;s &#233;videmment, il fallait vider la cuve, tordre le linge, remplir la cuve avec de l'eau fra&#238;che pour rincer (au moins trois fois). Progr&#232;s suivant : une Mini-Wash et une essoreuse. La Mini-Wash &#233;tait install&#233;e sur une planche au-dessus de la baignoire, remplie d'eau chaude avec le tuyau de douche, elle avait un moteur, on tournait le bouton et elle agitait le linge toute seule pendant 5 minutes ! Apr&#232;s &#231;a on d&#233;crochait le tuyau de vidange pour vider la machine dans la baignoire, on essorait le linge, on rin&#231;ait (au moins trois fois) et on mettait le linge (&#224; nouveau essor&#233; &#224; la main) dans l'essoreuse &#233;lectrique. L'essoreuse avait un caract&#232;re fantasque. Il fallait que le poids du linge soit bien r&#233;parti sur les c&#244;t&#233;s et qu'il y aie un linge plat pour couvrir le tout et emp&#234;cher la moindre pi&#232;ce de s'&#233;chapper sur les c&#244;t&#233;s, entre le tambour et les parois de la machine. De toute fa&#231;on elle faisait un bruit d'enfer et dansait sur elle-m&#234;me quand elle entrait en action. J'en avais une peur bleue. A cause de ces lessives, je me souviens comme d'un cauchemar de mon cong&#233; &#8220;d'allaitement&#8221; apr&#232;s la naissance de St&#233;phane. J'avais en effet droit &#224; un cong&#233; sans solde de trois mois &#8220;pour allaitement&#8221;, apr&#232;s mon cong&#233; de maternit&#233; (allaitement ou pas). Alors qu'apr&#232;s la naissance de Fran&#231;oise et mes six semaines de cong&#233; de maternit&#233; pay&#233;, je m'&#233;tais abonn&#233;e au service &#8220;Poupon-Langes&#8221; qui venait chercher les langes sales et rapporter des propres (je me demande ce qu'il est advenu de cette firme !) , le cong&#233; sans solde m'obligeait &#224; faire des &#233;conomies. Je passais donc mes journ&#233;es &#224; laver des langes, &#224; les pendre au-dessus de la baignoire, et &#224; repasser ceux de la veille pour les st&#233;riliser. A l'&#233;poque de la naissance de Fran&#231;oise, on commen&#231;ait &#224; mettre une protection en plastique au-dessus du lange pour ne pas tout salir mais on le faisait uniquement pour sortir. Il fallait que la peau respire et que le b&#233;b&#233; soit chang&#233; tout le temps pour qu'il n'aie pas les fesses toutes rouges. On mettait un molleton &#233;pais sur le matelas du berceau et on lessivait, lessivait ! St&#233;phane a commenc&#233; &#224; conna&#238;tre les premiers langes en ouate synth&#233;tique qui &#233;taient une simple bande dont on garnissait un triangle en plastique (sans petits plis sur les c&#244;t&#233;s &#8220;anti-fuite&#8221; ni &#8220;bandes agrippantes&#8221;). On ne pouvait d'ailleurs pas l'employer pour les premiers mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il fallait aussi st&#233;riliser les biberons en les faisant bouillir et les sortir avec une pince en bois pour ne pas se br&#251;ler. La farine qu'on ajoutait au lait ne se dissolvait pas aussi facilement que maintenant. Il fallait secouer longuement le biberon et encore parfois le trou de la t&#233;tine &#233;tait bouch&#233; par un grumeau. Les t&#233;tines (en caoutchouc) se vendaient d'ailleurs sans trou et il fallait le percer soi-m&#234;me avec une aiguille chauff&#233;e &#224; blanc. Il fallait avoir le coup de main ! Trop petit il ne laissait passer qu'un mince filet de lait et trop grand, le b&#233;b&#233; s'&#233;tranglait ! Chauffer le biberon &#233;tait tout aussi al&#233;atoire. Souvent le lait &#233;tait trop chaud, on essayait avec une goutte sur le dos de la main, et s'il &#233;tait trop chaud on passait le biberon sous l'eau froide pendant que b&#233;b&#233; hurlait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Personne &#224; l'&#233;poque ne s'attendait &#224; ce qu'un p&#232;re sache langer, laver ou nourrir un b&#233;b&#233;. C'&#233;tait apparemment une science infuse qui ne venait qu'aux femmes. Quand j'ai vu plus tard mon beau-fils et mon fils s'occuper de b&#233;b&#233;s avec attention, amour et savoir-faire, j'ai &#233;t&#233; merveilleusement surprise. J'ai remerci&#233; int&#233;rieurement toutes les femmes qui avaient lutt&#233; pour l'&#233;galit&#233; dans le couple et instaur&#233; l'id&#233;e dans la soci&#233;t&#233; que les p&#232;res pouvaient aussi s'occuper des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais outre le travail d'&#233;lever mes enfants, il y avait mes heures de bureau qui, si elles n'&#233;taient pas fatigantes au d&#233;but, prenaient quand m&#234;me toute la journ&#233;e. Il y avait l'appartement &#224; entretenir, je faisais beaucoup de mes robes et celles de Fran&#231;oise. Je faisais des pulls avec de tr&#232;s grosses aiguilles, des carr&#233;s au crochet avec des restes de laine pour en faire des ch&#226;les et des couvre-lits. C'est amusant de voir comme cette mode &#8220;hippie&#8221; de ces ann&#233;es-l&#224; revient maintenant, mais maintenant il s'agit de &#8220;vintage&#8221; et de &#8220;customiser&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il y avait la cuisine &#224; faire, recevoir les amis et la famille. Mon frigo n'avait pas de compartiment &#8220;surgel&#233;s&#8221;, nous ne savions m&#234;me pas que &#231;a existait (peut-&#234;tre aux Etats-Unis ?) , juste un petit coin pour mettre un bac &#224; gla&#231;on. Gla&#231;ons que je mettais fi&#232;rement dans un &#8220;seau &#224; gla&#231;ons&#8221; accompagn&#233; d' une &#8220;pince &#224; gla&#231;ons&#8221;, pince qui a beaucoup servi bien plus tard &#224; transf&#233;rer les collections de vieux boutons de ma m&#232;re d'un pot en plastique &#224; l'autre pour occuper mes petits-enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Tout &#233;tait donc frais, &#224; &#233;plucher et &#224; pr&#233;parer. Si mes d&#233;buts en cuisine ont &#233;t&#233; assez pitoyables, je m'am&#233;liorais et produisais de bons repas, glanant des recettes &#224; droite et &#224; gauche. Il y en a une que je tiens de Francine, celles des c&#244;tes de porc &#224; l'orange qui fait encore baver Fran&#231;oise ! Il faut dire que les produits &#233;taient bien meilleurs dans ce temps-l&#224; et surtout la viande. Les gens n'avaient pas encore l'obsession de la minceur et les steaks &#233;taient entrelard&#233;s de graisse ainsi que r&#244;tis et les c&#244;tes de veau et de porc. Ca leur donnait un go&#251;t et une tendret&#233; qu'on ne trouve plus, toute la viande &#233;tant &#224; pr&#233;sent &#8220;maigre&#8221; et s&#232;che comme une trique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Un jour j'en eu plus qu'assez. J'engageai une femme &#224; journ&#233;e. Elle s'appelait Jeanne et venait le samedi matin. J'&#233;tais l&#224; bien s&#251;r et je travaillais en m&#234;me temps qu'elle. Elle adorait cirer le parquet mais par contre refusait de nettoyer le lustre en cristal ou les persiennes des fen&#234;tres. Elle passait beaucoup de son temps &#224; me raconter ses malheurs et un beau jour m'annon&#231;a qu'elle ne savait pas quand elle reviendrait, elle devait se faire op&#233;rer d'ulc&#232;res aux jambes. Je n'avais pas envie de renouveler l'exp&#233;rience et je me dis qu'en m'&#233;quipant d'une mani&#232;re un peu plus moderne, j'arriverais &#224; m'en tirer. J'achetai donc une cireuse &#233;lectrique et un lave-vaisselle. Impossible d'encastrer le lave-vaisselle sous l'&#233;vier, rien n'&#233;tait pr&#233;vu pour &#231;a. Il fut donc install&#233; en face, &#224; la place de la table et aliment&#233; par un tuyau reli&#233; au tuyau d'arriv&#233;e d'eau en-dessous de l'&#233;vier. La vidange se faisait par un autre tuyau avec une crosse accroch&#233;e sur l'&#233;vier. Le lave-vaisselle &#233;tait donc employ&#233; lorsqu'on &#233;tait s&#251;r de ne plus devoir aller dans la cuisine, avec la porte d'armoire ouverte et les deux tuyaux qui coupaient le passage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article294' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les vacances (Suzanne R.)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Vacances</dc:subject>
		<dc:subject>Voyages</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Suzanne Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt; C'&#233;tait moi qui cherchait un lieu de vacances, pr&#233;parait l'itin&#233;raire, m'occupait des r&#233;servations. Et pas seulement des r&#233;servations, depuis que nous avions une voiture, je m'occupais des bagages, les arrangeais dans le coffre (y compris un jerrycan d'essence parce qu'en France les stations services n'&#233;taient pas nombreuses) et sur le &#8220;fixe-au-toit&#8221;. A l'&#233;poque les voyages &#233;taient longs, il n'y avait pas autant d'autoroutes que (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Suzanne &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique61' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait moi qui cherchait un lieu de vacances, pr&#233;parait l'itin&#233;raire, m'occupait des r&#233;servations. Et pas seulement des r&#233;servations, depuis que nous avions une voiture, je m'occupais des bagages, les arrangeais dans le coffre (y compris un jerrycan d'essence parce qu'en France les stations services n'&#233;taient pas nombreuses) et sur le &#8220;fixe-au-toit&#8221;. A l'&#233;poque les voyages &#233;taient longs, il n'y avait pas autant d'autoroutes que maintenant. Il fallait suivre sur la carte (et pourtant les femmes ne savent pas lire une carte, para&#238;t-il !). C'&#233;tait moi aussi qui discutait avec le garagiste, lorsque la voiture avait un probl&#232;me, en italien, en espagnol, en anglais. (&#192; l'&#233;poque, essayer de faire r&#233;parer une NSU en France, une Renault en Cornouailles ou en Italie et remplacer un pneu crev&#233; en Espagne n'&#233;tait pas &#233;vident). Nous devions bien s&#251;r nous arr&#234;ter en cours de route, loger dans des h&#244;tels minables (les seuls &#224; notre port&#233;e) et manger la fristouille que je pr&#233;parais &#224; midi sur un camping-gaz !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous avons essay&#233; toutes sortes de choses, depuis les vacances &#224; l'h&#244;tel jusqu'aux vacances en location ou aux vacances au Club Med. Il y eu entre autres l'&#238;le de R&#233;, ravissante, et nous laissant le souvenir inoubliable de mon mari allant nager avec ses lunettes, pour &#234;tre d&#233;port&#233; par le courant sur des kilom&#232;tres et se retrouver rejet&#233; sur la plage, sans ses lunettes. Le retour fut assez comique, &#233;tant donn&#233; que pour y voir quand m&#234;me quelque chose il avait d&#251; mettre les miennes, qui &#233;taient nettement f&#233;minines ! Puis il y eu Viareggio d'o&#249; nous partions en excursion pour visiter Florence, Pise, Sienne, etc. Ca n'int&#233;ressait pas du tout Fran&#231;oise qui ne demandait qu'une chose &#233;videmment, jouer sur la plage .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Puis il y eu l'inoubliable voyage vers Sorrente, en train parce que j'&#233;tais enceinte et que ne voulait pas faire tous ces kilom&#232;tres en voiture. L'agence avait bien pr&#233;cis&#233; qu'il ne fallait pas emporter de nourriture, un wagon-restaurant &#233;tant pr&#233;vu. Malheureusement nous sommes rest&#233;s bloqu&#233;s pendant des heures en gare de Milan, &#224; cause d'une gr&#232;ve, et le wagon-restaurant n'a jamais &#233;t&#233; accroch&#233;. L'eau du train n'&#233;tait &#233;videmment pas potable et nous avons surv&#233;cu pendant presque 24 h avec 3 pommes et un paquet de petits-beurres que j'avais quand m&#234;me emport&#233;s. Arriv&#233;s &#224; Rome, nous avons pu acheter des boissons et respirer parce que le train Rome-Naples &#233;tait climatis&#233; ! Apr&#232;s l'arriv&#233;e &#224; Naples, nous avons encore fait des heures de car, faisant le tour des h&#244;tels pour d&#233;poser tout le monde et nous sommes all&#233;s nous coucher bien apr&#232;s minuit du deuxi&#232;me jour, apr&#232;s avoir re&#231;u une tasse de th&#233; et des petits g&#226;teaux ! C'&#233;tait tout ce que l'h&#244;telier pouvait encore nous procurer &#224; cette heure-l&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En y repensant je me dis que j'&#233;tais compl&#232;tement cingl&#233;e d'emmener une enfant si jeune dans des exp&#233;ditions pareilles. Il faut dire que partir en avion &#233;tait cher et pas du tout courant. Maintenant on emm&#232;ne des tout-petits en Turquie en moins de temps qu'il ne faut pour le dire et ils se retrouvent dans des avions climatis&#233;s, suivis de chambres climatis&#233;es dans des h&#244;tels &#8220;all-in&#8221; o&#249; ils peuvent jouer dans la piscine toute la journ&#233;e en mangeant tous les chips et les glaces qu'ils veulent. La pauvre Fran&#231;oise devenait dingue derri&#232;re dans la voiture et s'ennuyait &#224; mourir. Pourtant il y eu parfois des d&#233;clics comme lorsque, lors de ce fameux voyage &#224; Sorrente, nous avions visit&#233; les ruines de Pomp&#233;i et puis ensuite le mus&#233;e o&#249; sont expos&#233;es toutes sortes de choses retrouv&#233;es dans les fouilles. Pour la premi&#232;re fois je l'ai vue int&#233;ress&#233;e et fascin&#233;e par des lampes &#224; huile et des ustensiles de cuisine retrouv&#233;s sur le site. Elle grandissait et commen&#231;ait &#224; comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par la suite le petit fr&#232;re &#233;tait n&#233; et la premi&#232;re ann&#233;e apr&#232;s sa naissance nous sommes all&#233;s dans une ferme au Luxembourg, &#224; Welscheid. Toujours aussi aventureuse, j'avais d&#233;cid&#233; d'explorer les gorges du Loup tout en poussant le landau. C'&#233;tait &#233;videmment stupide. Un peu plus tard, lors d'une visite de mes parents, nous nous sommes rendus &#224; pied au village et une des roues du landau a cass&#233;. Le retour n'a pas &#233;t&#233; comique. Heureusement, le fils de la propri&#233;taire de la ferme nous a vu de sa voiture et a embarqu&#233; ma m&#232;re, pendant que mon p&#232;re et moi poussions le landau bancal dans une mont&#233;e sans fin jusqu'&#224; la ferme. Les fermiers &#233;taient des gens tr&#232;s chaleureux et Fran&#231;oise a pass&#233; la plus grande partie de son temps &#224; d&#233;valiser leur cerisier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Finalement, apr&#232;s la mort de Franco, je me suis d&#233;cid&#233;e &#224; choisir l'Espagne o&#249; je n'avais jamais voulu mettre les pieds sous sa dictature, contrairement &#224; d'innombrables belges qui profitait des prix ridiculement bas. Nous y avons lou&#233; deux fois une villa. Une fois, pour abr&#233;ger le voyage nous avions mis la voiture sur le train jusqu'&#224; la fronti&#232;re espagnole mais c'&#233;tait tr&#232;s cher et il fallait &#224; l'aller et au retour, d&#233;barrasser le &#8220;fixe-au-toit&#8221; de tout le brol que j'y fixais avec des &#233;lastiques &#224; crochets (parasol, si&#232;ges de plage et tutti quanti). Au retour, nous sommes arriv&#233;s &#224; la derni&#232;re minute, et j'ai d&#251; tout d&#233;faire en triple vitesse, sous l'oeil furibond du chef de train, pendant que mon mari fourrait tout dans la voiture. Je transpirais comme un veau et j'&#233;tais rouge comme une tomate. Nous e&#251;mes droit &#224; un souper sur un plateau, du genre de ceux qu'on sert dans les avions, &#224; peu pr&#232;s immangeable. Je me souviens tr&#232;s bien du Fran&#231;ais assis &#224; c&#244;t&#233; de nous qui nous disait : &#8220;vous auriez mieux fait d'apporter un saucisson et un litre de rouge !&#8221;. Il avait bien raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous avons &#233;t&#233; deux fois en Angleterre, la premi&#232;re fois dans le Norfolk, dans un village de bungalows. On &#233;tait en 1978, aucun &#8220;continental&#8221; ne faisait du tourisme en Angleterre, sauf pour aller &#224; Douvres avec la malle et profiter du cours extr&#234;mement bas de la livre pour acheter toutes sortes de choses (m&#234;me du papier-peint) et revenir le jour m&#234;me ou alors pour aller &#224; Londres. Le Norfolk &#233;tait pourtant une tr&#232;s belle contr&#233;e, avec d'innombrables petits canaux qu'on pouvait parcourir en bateau et d'immenses plages de sable fin, absolument d&#233;sertes. Il fallait pourtant se d&#233;brouiller pour des choses bizarres qui pour les anglais &#233;taient &#233;videntes. Le premier soir, par exemple, lorsque j'ai voulu allumer la cuisini&#232;re &#224; gaz, il n'y avait pas de gaz. Le bureau d'accueil &#233;tant ferm&#233;, j'ai chauff&#233; de la soupe sur mon petit camping gaz qui ne me quittait jamais. Le lendemain, j'ai &#233;t&#233; demander ce qui se passait et, voyant que je ne comprenais rien &#224; ses explications, le responsable m'a accompagn&#233;e au bungalow pour me montrer, avec un air exc&#233;d&#233; devant ma stupidit&#233;, qu'il fallait pour avoir du gaz, introduire une pi&#232;ce de 10 pence dans un compteur qui se trouvait dans la penderie. Simple, mais il faut le savoir ! Une fois les 10 pence d&#233;pens&#233;s, plouf, plus de gaz ! Nous passions donc notre temps, en faisant les courses, &#224; mettre soigneusement de c&#244;t&#233; les pi&#232;ces qui nous permettraient de faire &#224; manger ! Nous faisions l'amusement, avec notre mani&#232;re de vivre, de tous les occupants des bungalows avoisinants. Nous &#233;tions les seuls par exemple, &#224; sortir la table et les chaises lorsqu'il faisait beau et &#224; manger dehors. L'exub&#233;rance de Fran&#231;oise et de St&#233;phane dans leurs jeux les &#233;tonnaient aussi. Les Anglais ont bien chang&#233; depuis, ils mangent dehors et ils font du bruit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous sommes all&#233;s aussi en Cornouailles, mais cette fois &#224; l'h&#244;tel. Le pays &#233;tait magnifique, Fran&#231;oise &#233;tait tr&#232;s contente parce qu'elle venait de lire Daphn&#233; du Maurier et qu'elle se retrouvait sur les lieux de l'action. Le seul hic, c'est que je ne savais pas qu'il y avait des h&#244;tels &#8220;avec licence&#8221; et &#8220;sans licence&#8221;. Les &#8220;sans licence&#8221; ne servaient aucune boisson alcoolis&#233;e et les repas, typiquement anglais (ah ! la sauce &#224; la menthe) ne s'en trouvaient pas am&#233;lior&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article295' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Travaux bureau (Suzanne R.)</title>
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		<dc:date>2006-12-22T10:39:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Technologie (&#233;volution)</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Suzanne Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt; Ma carri&#232;re &#224; la banque pris brutalement fin lorsque je re&#231;us un avis de la commune de Saint-Gilles disant que j'&#233;tais en ordre utile pour entrer en fonction comme r&#233;dacteur. J'allai donc au service du personnel pour dire que je donnais mon pr&#233;avis et l'air hilare et l&#233;g&#232;rement grivois du pr&#233;pos&#233; &#224; l'id&#233;e que j'allais lui annoncer mon mariage, se transforma en ahurissement lorsque j'annon&#231;ai que ne me mariait pas mais que j'allais devenir (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique61" rel="directory"&gt;Le feuilleton de Suzanne &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot148" rel="tag"&gt;Femme, f&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot165" rel="tag"&gt;Technologie (&#233;volution)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH109/arton289-76dd0.jpg?1776712217' width='150' height='109' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Suzanne &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique61' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ma carri&#232;re &#224; la banque pris brutalement fin lorsque je re&#231;us un avis de la commune de Saint-Gilles disant que j'&#233;tais en ordre utile pour entrer en fonction comme r&#233;dacteur. J'allai donc au service du personnel pour dire que je donnais mon pr&#233;avis et l'air hilare et l&#233;g&#232;rement grivois du pr&#233;pos&#233; &#224; l'id&#233;e que j'allais lui annoncer mon mariage, se transforma en ahurissement lorsque j'annon&#231;ai que ne me mariait pas mais que j'allais devenir fonctionnaire. Il n'en revenait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les quelques mois pass&#233;s &#224; la commune de Saint-Gilles furent parmi les plus malheureux de ma vie. Pour une fois je me suis r&#233;volt&#233;e. J'ai dit &#224; mes parents qu'il n'&#233;tait pas question que je passe ma vie dans cet et que j'allais chercher du travail dans le priv&#233;. Ca n'a pas &#233;t&#233; trop difficile &#224; faire passer. Ils savaient que j'&#233;tais dans une r&#233;serve de recrutement &#224; l'Etat, o&#249; j'avais aussi r&#233;ussi un examen. Ils avaient d&#233;j&#224; cas&#233; une fille. En effet ma soeur &#233;tait entr&#233;e &#224; la Ville de Bruxelles directement apr&#232;s le lyc&#233;e et c'est l&#224; qu'elle a rencontr&#233; son futur maril. Nous suivions d'ailleurs ensemble ces fameux cours &#224; la Province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'&#233;tait les &#8220;Golden sixties&#8221;, il y avait du travail autant qu'on en voulait. Mais malgr&#233; tout j'ai rat&#233; deux possibilit&#233;s. La premi&#232;re parce que l'employeur potentiel ne voulait entendre parler de quelqu'un qui sortait de l'administration, qui pour lui &#233;tait une &#233;cole de fain&#233;antise, et la seconde, malgr&#233; des tests brillants qui faisaient l'admiration du recruteur, parce qu'il s'agissait d'&#234;tre secr&#233;taire d'un groupe d'ing&#233;nieurs chez MBLE. Mon p&#232;re ne voulait pas en entendre parler. Il n'y aurait que des hommes et en plus, les bureaux se trouvaient dans le quartier industriel du c&#244;t&#233; de la Gare du Midi et ce n'&#233;tait pas un quartier recommandable. Mon p&#232;re, de m&#234;me qu'il &#233;tait raciste sans le savoir &#233;tait aussi sexiste sans le savoir. La place d'une femme &#233;tait &#224; la maison et le travail &#224; l'ext&#233;rieur n'&#233;tait pas du tout destin&#233; &#224; devenir une carri&#232;re, mais &#224; &#234;tre une garantie de survie pour la pauvre fille n'ayant pas d&#233;got&#233; de mari. Je crois qu'il a &#233;t&#233; tr&#232;s surpris de constater que je persistais &#224; travailler, m&#234;me avec mari et enfants et un jour il m'a m&#234;me reproch&#233; de &#8220;prendre la place des hommes&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Finalement je me suis retrouv&#233;e comme secr&#233;taire-st&#233;no-dactylo chez National Cash Registers., (Caisses enregistreuses National) place Madou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous occupions un immeuble place Surlet de Chokier, en face de la place Madou, d&#233;moli depuis et &#224; l'emplacement duquel est construit le Cabinet de la Communaut&#233; fran&#231;aise (celui qui a &#233;t&#233; r&#233;nov&#233; pour la Ministre Arena !). La firme y occupait deux ou trois plateaux divis&#233;s en bureaux avec des cloisons en verre depuis un m&#232;tre du sol jusqu'au plafond. Le Directeur, dont le bureau se trouvait d'ailleurs pile devant la pointeuse, pouvait ainsi surveiller tout ce qui se passait. Comme nous &#233;tions une filiale d'une firme am&#233;ricaine, les choses se passaient d'une fa&#231;on &#8220;moderne&#8221;. C'&#233;tait d'ailleurs un contraste saisissant avec l'Administration ! Nous avions un &#8220;break&#8221; le matin et un l'apr&#232;s-midi, o&#249; nous nous retrouvions tous ensemble au m&#234;me &#233;tage pour boire un caf&#233; (et en m&#234;me temps r&#233;pandre et &#233;couter tous les potins).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais &#224; part &#231;a il fallait travailler tout le temps (et pas faire semblant). J'&#233;tais assise &#224; mon bureau en face de celui de mon chef. J'y prenais son courrier en st&#233;no et puis je me tournais d'un quart de tour sur ma chaise &#224; roulettes pour &#234;tre face &#224; ma machine &#224; &#233;crire et taper le courrier (du mieux que je pouvais parce que &#233;tant une tr&#232;s mauvaise st&#233;no, je n'arrivais pas toujours &#224; me relire. J'avais pris l'habitude, pendant qu'il r&#233;fl&#233;chissait, d'&#233;crire en clair ce qu'il venait de dire ou alors j'emportais mon carnet chez moi, quand le courrier du jour n'&#233;tait pas fini, pour vite transcrire ce dont je me souvenais) . Il fallait faire de chaque b&#234;te lettre, SEPT copies en papier pelure dont chaque fois une destin&#233;e &#224; National Cash Registers, Dayton, Ohio ! (Qu'est-ce qu'ils pouvaient bien en faire ?) Ces copies &#233;taient r&#233;alis&#233;es en intercalant du papier carbone entre chaque feuille. Lorsque j'avais fait une faute, il fallait que je place un carton entre l'original et les copies, que je gomme la faute, et puis ainsi de suite sur toutes les copies. Je m'&#233;tais dit au bout d'un certain temps, que si je mettais un bon paquet de cartons entre l'original et les copies on ne verrait pas que j'avais gomm&#233; (ce qui laissait des traces noires de carbone) et puis qu'il suffisait que je corrige mon original, la nouvelle lettre se superposant &#224; la fautive sur les copies. Malheureusement, mon chef s'en est aper&#231;u (je ne pensais pas qu'il regarderait les copies) et j'ai &#233;t&#233; pri&#233;e de renoncer &#224; mon syst&#232;me D.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Plus tard on inventerait le ruban correcteur (en fait on imprimait la lettre fautive en blanc et puis on tapait la bonne, &#231;a n'emp&#234;chait de devoir corriger les copies) et encore bien plus tard, le tipp-ex. J'ai connu un jour une fille qui travaillait pour un avocat dont le papier &#224; lettres &#233;tait cr&#232;me et les copies roses, et qui faisait fabriquer son tipp-ex de la couleur exacte. Toutes ces choses sont mortes avec l'ordinateur et le traitement de texte. Ce qui est en outre est moribond est l'orthographe. Les dactylos et secr&#233;taires de ma g&#233;n&#233;ration devaient &#233;crire sans fautes et m&#234;me corriger celles qu'elles trouvaient dans les manuscrits &#224; recopier. A ma connaissance et &#224; l'heure actuelle, les traitements de texte ont appris l'orthographe mais pas encore la grammaire et je passe mon temps &#224; relever des horreurs dans les journaux. Il faut dire que maintenant les textes des journalistes passent directement &#224; la photocomposition et qu'il n'y a plus de typographes pour corriger. De toute fa&#231;on je pense appartenir &#224; la derni&#232;re g&#233;n&#233;ration qui en fait un fromage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il y avait beaucoup de travail et beaucoup de bruit dans ce bureau. Il y avait une &#233;norme machine comptable qui faisait un chahut d'enfer et le t&#233;l&#233;phone sonnait tout le temps. Toujours dans le style &#8220;am&#233;ricain&#8221; on ne disait pas b&#234;tement &#8220;all&#244;&#8221; on prenait le r&#233;cepteur et on disait &#8220;all&#244;, Renders&#8221;. J'avais un coll&#232;gue qui passait ses journ&#233;es devant un grand bac en m&#233;tal qui contenait de grandes fiches o&#249; &#233;taient r&#233;pertori&#233;s tous les stocks de machines disponibles. Les repr&#233;sentants lui t&#233;l&#233;phonaient constamment pour demander si telle ou telle machine &#233;tait disponible. Il s'appelait Sterckx et disait donc constamment &#8220;all&#244;, Sterckx&#8221; jusqu'au jour o&#249; pris par son boulot, il a dit &#8220;all&#244;, Stock&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous vivions &#224; cette &#233;poque le d&#233;but du transfert du &#8220;management&#8221; am&#233;ricain et les repr&#233;sentants devaient faire un certain chiffre annuel. Ceux qui le d&#233;passaient &#233;taient r&#233;compens&#233;s par des bonus et ceux qui ne l'atteignaient pas &#233;tait vir&#233;s. Je me souviens des adieux humiliants d'un vieux monsieur (il devait avoir cinquante ans, j'imagine) auquel on avait signifi&#233; son renvoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les seuls moments un peu plus tranquilles &#233;taient le samedi matin. Nous devions en effet travailler un samedi matin sur deux et je n'avais pas le m&#234;me que mon chef, pour qu'il y ait quelqu'un au t&#233;l&#233;phone. Je profitais de ce jour-l&#224; pour finir le courrier en retard et il n'&#233;tait pas ravi de trouver tout &#231;a &#224; relire et &#224; signer le lundi matin ! Nous avions des horaires idiots : deux heures &#224; midi, ce qui me permettait de prendre le tram et de rentrer manger &#224; la maison mais nous terminions &#224; six heures un quart le soir. Je pensais que cette vie de travail ext&#233;nuante et ces horaires &#233;taient peu compatibles avec une vie de femme mari&#233;e, devant faire les courses et le m&#233;nage, etc et, lorsque j'appris que j'&#233;tais en ordre utile pour entrer &#224; l'Etat o&#249; j'avais aussi r&#233;ussi un examen de r&#233;dacteur, je donnai ma d&#233;mission et me retrouvai une fois de plus dans un sinistre bureau, avec de sinistres coll&#232;gues, et sans rien &#224; faire. Mais je reviendrai sur ma vie dans &#8220;mon&#8221; Minist&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article290' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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