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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>Pourquoi avoir quitt&#233; la Hongrie ? (Elisabeth)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie (A&amp;T)</dc:creator>


		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Guerres autres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Elisabeth &#034;Entre Hongrie et Belgique, un chemin d'immigration&#034; Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Ayant &#233;t&#233; sollicit&#233;e pour &#233;crire sur les motivations qui ont pouss&#233; mes parents &#224; quitter leur pays le 21 d&#233;cembre 1957, il n'est pas simple pour moi de remonter l'horloge du temps de bient&#244;t 60 ann&#233;es, surtout qu'il n'y a plus personne que je puisse interroger sur ce sujet. Donc je vais creuser en mes propres souvenirs et en ce que j'entendis raconter par mes parents plus tard. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que je (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique164" rel="directory"&gt;Entre Hongrie et Belgique, un chemin d'immigration (Elisabeth H.)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot163" rel="tag"&gt;Solidarit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot192" rel="tag"&gt;Guerres autres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH97/arton1134-58baa.jpg?1776712217' width='150' height='97' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Elisabeth &#034;Entre Hongrie et Belgique, un chemin d'immigration&#034; &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique164' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ayant &#233;t&#233; sollicit&#233;e pour &#233;crire sur les motivations qui ont pouss&#233; mes parents &#224; quitter leur pays le 21 d&#233;cembre 1957, il n'est pas simple pour moi de remonter l'horloge du temps de bient&#244;t 60 ann&#233;es, surtout qu'il n'y a plus personne que je puisse interroger sur ce sujet. Donc je vais creuser en mes propres souvenirs et en ce que j'entendis raconter par mes parents plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je sais, c'est qu'avoir chang&#233; de pays n'a pas trop boulevers&#233; l'enfant de 8 ans que j'&#233;tais : l'enfant se sent toujours bien l&#224; o&#249; sont ses parents. Ce sont eux qui se sont charg&#233;s de tout le poids de la vie, ayant &#224; coeur de nous laisser vivre le plus longtemps possible l'insouciance de l'enfance. Mes fr&#232;res et moi ignorions tout concernant leur d&#233;cision et les pr&#233;paratifs se sont faits clans la plus grande discr&#233;tion. Nous n'avons m&#234;me pas salu&#233; nos copains ou copines de classe avant de partir. En interrogeant aujourd'hui mes fr&#232;res jumeaux, de trois ans mes a&#238;n&#233;s, eux non plus n'ont que peu de souvenirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfant ne regarde pas en arri&#232;re, il se projette toujours dans le futur. Ainsi, je ne garde de ma vie en Hongrie que des flashs, sans aucun autre ressenti que d'avoir &#233;t&#233; entour&#233;e, prot&#233;g&#233;e par des parents aimants, d'une grand-m&#232;re, un parrain et une marraine et une tante encore c&#233;libataire. Il y avait aussi un cousin du m&#234;me &#226;ge que mes fr&#232;res ainsi qu'une cousine plus grande que nous mais qui ne partageait plus nos jeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de papa il n'y avait plus de famille &#224; part le grand-p&#232;re paternel habitant &#224; Budapest, qui se situait &#224; 2.00 km au nord de notre ville. Il serait venu l'une ou l'autre fois pour passer No&#235;l avec nous, mais je ne garde aucun souvenir de lui. Donc notre famille n'&#233;tait pas bien grande. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, ne restent plus que le cousin et la cousine, et la famille qui s'est agrandie par les mariages et les naissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre le motif de notre d&#233;part, il faut que je raconte l'histoire de mon p&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
H est n&#233; le 25 juin 1914 &#224; Budapest. Donc toute son enfance et sa jeunesse se sont d&#233;roul&#233;es pendant les ann&#233;es d'entre-deux guerres, dans la capitale, o&#249; la vie n'&#233;tait pas facile ; &#224; cette &#233;poque les gens vivaient mieux &#224; la campagne, para&#238;t-il. Apr&#232;s lui, avec quelques ann&#233;es de distance, mon grand-p&#232;re ayant sans doute &#233;t&#233; mobilis&#233; durant la guerre 14-18, sont n&#233;es encore deux petites soeurs. Ma grand-m&#232;re avait une sant&#233; pr&#233;caire : une maladie l'a emport&#233;e trop t&#244;t, laissant &#224; charge de son mari deux petites filles autour de 10 ans et mon p&#232;re qui devait avoir 15 ou 16 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement mon p&#232;re devint apprenti dans un garage ce qu'il n'aimait pas. Voulant continuer ses &#233;tudes, d&#232;s que possible, il les a financ&#233;es lui-m&#234;me et s'est retrouv&#233; avec des futurs ing&#233;nieurs sur les bancs d'&#233;cole en cours d'apr&#232;s-midi et en cours du soir. Son dipl&#244;me en mains, il n'&#233;chappa pourtant pas au service militaire qui &#233;tait de 4 ann&#233;es. Comme la guerre s'&#233;tait d&#233;clar&#233;e entretemps, il a investi 7 ann&#233;es de sa vie au service de son pays. Donc il &#233;tait d&#233;cid&#233; de rattraper au plus vite le temps perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant m&#234;me sa totale d&#233;mobilisation, &#233;tant donn&#233; son dipl&#244;me, il a obtenu une place stable comme ing&#233;nieur de ponts et chauss&#233;es. Il s'&#233;tablit dans notre ville o&#249; il prit un logement chez l'habitant, un couple tr&#232;s gentil. Assez rapidement, ce couple lui a pr&#233;sent&#233; une jeune fille &#224; marier qui fut ma m&#232;re. Tous deux avaient d&#233;j&#224; 31 ans, voulaient se marier et fonder une famille. Le mariage s'est fait simplement, le 2 d&#233;cembre 1945, en plein hiver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papa avait un m&#233;tier de direction. Il &#233;tait charg&#233; de faire remettre en &#233;tat les routes dans toute notre province et pour cela il avait une &#233;quipe d'ouvriers sous ses ordres. Mes parents habitaient une maison de fonction o&#249;, l'ann&#233;e apr&#232;s leur mariage, l'arriv&#233;e de jumeaux a donn&#233; le bonheur et la fiert&#233; &#224; mes parents. Cette fonction-l&#224;, papa n'a pas pu la garder plus de 4 ou 5 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre, les russes n'ont jamais tout &#224; fait quitt&#233; la Hongrie et le r&#233;gime communiste devint de plus en plus oppressant. Tout le monde devait se faire membre du 'Parti', surtout ceux qui occupaient une fonction importante dans la soci&#233;t&#233;. Papa, donnant le mauvais exemple &#224; ses ouvriers en refusant de se faire communiste, a &#233;t&#233; invit&#233; &#224; c&#233;der sa place, non pas &#224; un plus comp&#233;tent que lui, mais &#224; un plus ob&#233;issant. A cette &#233;poque, il fallait suivre les indications d'une famille politique manipulatrice et de plus en plus corrompue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les 7 ann&#233;es de service militaire, il avait suffisamment ob&#233;i &#224; des &#171; ordres stupides &#187; comme il disait, donc il &#233;tait d&#233;cid&#233; dor&#233;navant &#224; mener sa vie en suivant d'autres valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il obtint une place &#224; la banque r&#233;gionale de sa ville. L&#224;, il avait une bonne vue sur les magouilles et les d&#233;penses absurdes dans la gestion du bien commun. Comme il n'avait pas un caract&#232;re &#224; garder sa langue en poche, il revendiquait la libert&#233; d'expression et de foi. Tous les dimanches il se rendait &#224; l'&#233;glise du centre-ville avec sa famille. Nous, les enfants, suivions le cours de religion et allions au cat&#233;chisme pour faire notre premi&#232;re communion. Ceci n'&#233;tait pas au go&#251;t du r&#233;gime communiste qui rassemblait les enfants, &#233;tonnamment tous les dimanches matin et les cong&#233;s scolaires, pour les endoctriner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, papa fut convoqu&#233; devant un conseil o&#249; les accusations pleuvaient. Il s'est d&#233;fendu bec et ongles, connaissant bien tous les articles de loi du nouveau r&#233;gime, en stipulant les failles et les contradictions que comportaient les accusations. Il f&#251;t rel&#226;ch&#233; avec les avertissements n&#233;cessaires de se tenir calme car, une prochaine fois, il n'&#233;chapperait plus &#224; une condamnation et un enfermement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 1956, il y eut l'insurrection : les &#233;tudiants et la classe intellectuelle en avaient assez de l'oppression russe et voulaient g&#233;rer le pays sans ing&#233;rence. Ce fut un bain de sang. Comme c'&#233;taient les d&#233;buts de la t&#233;l&#233;vision, ici en Belgique, la TV diffusait en continu les &#233;v&#233;nements qui se d&#233;roulaient &#224; Budapest et dans les autres grandes villes du pays. Les chars russes sont parvenus &#224; r&#233;primer l'insurrection. Apr&#232;s quoi, ce fut le d&#233;part massif de beaucoup de Hongrois qui ne pouvaient plus accepter l'oppression et ceux qui avaient particip&#233; activement &#224; la r&#233;volution, craignaient pour leur vie. En effet, ont suivi des interrogatoires muscl&#233;s et des actes de torture pour obtenir des d&#233;nonciations, de fausses accusations. Et avec cela, des enfermements, des ex&#233;cutions, des pendaisons, des d&#233;portations en Sib&#233;rie, des accidents provoqu&#233;s pour faire dispara&#238;tre des personnes g&#234;nantes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon p&#232;re n'a pas pris part active &#224; cette insurrection, ne voulant pas compromettre sa famille. Toute la population pourtant a subi les cons&#233;quences de cette r&#233;volution d'octobre. Je me souviens tr&#232;s vaguement d'une anecdote o&#249;, un soir, mes parents nous ont avertis que nous irions peut-&#234;tre nous r&#233;fugier &#224; la cave la nuit. Ce ne fut pas n&#233;cessaire. Moi, comme enfant, je n'ai aucun autre souvenir de cette p&#233;riode. Les grandes personnes recevaient de jour en jour les nouvelles de proches qui disparaissaient et ils vivaient dans l'angoisse de ce qui pouvait bien encore leur arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie de tous les jours serait d&#233;sormais diff&#233;rente apr&#232;s cette insurrection &#233;touff&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un certain moment, mon p&#232;re apprit que des juifs avaient obtenu des papiers pour &#233;migrer en Am&#233;rique. Il s'est dit : je ne suis pas juif et je ne veux pas aller en Am&#233;rique, mais j'ai deux soeurs qui habitent depuis de longues ann&#233;es en Belgique. Je vais faire la demande pour les rejoindre avec toute ma famille, on verra bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les ann&#233;es '30, la Belgique avait organis&#233; des vacances pour des enfants hongrois dans des familles d'accueil. Ils arrivaient par trains entiers. Ainsi les deux soeurs de papa sont venues en Belgique, une &#224; Poperinge et l'autre &#224; Ypres. Les familles belges respectives les faisaient revenir les ann&#233;es suivantes aussi. Lorsqu'elles devinrent adultes, elles ont d&#233;cid&#233; de rester d&#233;finitivement en Belgique. Tante Th&#233;r&#232;se s'est mari&#233;e assez tardivement et a eu un fils. Tante Elisabeth ne s'est jamais mari&#233;e mais est rest&#233;e habiter toute sa vie durant, dans sa famille d'accueil o&#249; elle a connu six g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc papa, encourag&#233; par ses deux soeurs et leurs familles respectives, a fait la demande de visa pour immigrer avec sa femme et trois enfants en Belgique. C'est invraisemblable, mais il a obtenu les papiers apr&#232;s avoir motiv&#233; sa demande. Naturellement, il ne pouvait invoquer le r&#233;gime communiste qui ne lui convenait pas. II a donn&#233; comme motivation sa sant&#233; : en effet il n'y avait pas si longtemps qu'il avait &#233;t&#233; op&#233;r&#233; d'un ulc&#232;re et que deux tiers de son estomac avait &#233;t&#233; enlev&#233;s. &#171; Il voulait mettre ses enfants et sa femme en s&#233;curit&#233; pr&#232;s de ses soeurs en Belgique, au cas o&#249; sa sant&#233; n&#233;cessiterait d'autres soins &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les autorit&#233;s hongroises c'&#233;tait clair et net que notre d&#233;part serait d&#233;finitif, sans possibilit&#233; de retour. D'ailleurs, tout ce que nous laisserions derri&#232;re nous serait confisqu&#233;. Ainsi, la femme et le fils d'un sergent nous ont &#233;t&#233; impos&#233;s et sont venus occuper la plus belle pi&#232;ce de notre maison, d&#233;j&#224; plusieurs mois avant notre d&#233;part. Apr&#232;s notre d&#233;part, ils habiteront toute la maison !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, un photographe vint &#224; la maison pour faire une s&#233;rie de photos. C'&#233;tait certainement n&#233;cessaire pour ajouter le portrait de chacun de nous aux documents et pour donner un souvenir &#224; la famille que nous laissions derri&#232;re nous ainsi qu'aux familles qui nous attendaient en Belgique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, les autorit&#233;s belges ont mis leur veto pour nous accueillir pour une dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e : ils avaient donn&#233; acc&#232;s &#224; des milliers de r&#233;fugi&#233;s hongrois pendant et apr&#232;s la r&#233;volution d'octobre '56 et ils ne voulaient pas accueillir davantage de personnes. La famille belge de mes deux tantes a donn&#233; toute la garantie n&#233;cessaire aux autorit&#233;s belges, pour notre accueil : elle assurait le travail pour papa, ainsi que le logement et notre mise en route pour d&#233;buter une nouvelle vie. Plus tard nous avons appris que la famille belge &#233;tait m&#234;me all&#233;e en p&#232;lerinage &#224; Lourdes pour confier &#224; la Sainte Vierge la r&#233;ussite de notre arriv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents n'auraient jamais consenti &#224; risquer le passage de la fronti&#232;re ou du rideau de fer comme clandestins, risquant leur vie ou la n&#244;tre. Etonnamment, tout s'est fait d'une mani&#232;re enti&#232;rement r&#233;glement&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes partis avec un jour de retard, parce que, arriv&#233;s &#224; Budapest, les autorit&#233;s de la gare devaient rev&#233;rifier tous nos documents avant de d&#233;livrer le ticket de train. Plus tard, le train prit du retard &#224; la fronti&#232;re parce que, &#224; nouveau, les gardes-fronti&#232;res devaient t&#233;l&#233;phoner &#224; Budapest pour se renseigner &#224; notre sujet. Notre d&#233;part, retard&#233; d'un jour, fut providentiel puisque le train que nous aurions d&#251; prendre eut un grave accident en cours de route. La famille qui nous attendait, ayant appris l'accident au journal, &#233;tait dans l'angoisse jusqu'au moment o&#249; un t&#233;l&#233;gramme leur parvint annon&#231;ant notre arriv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai tr&#232;s peu de souvenirs concernant notre d&#233;part ainsi que de notre voyage en train. Je sais vaguement que nous avons dormi &#224; Budapest, chez des amis de papa, les deux nuits avant notre d&#233;part. Moi je dormais sur deux fauteuils mis l'un en face de l'autre. Ensuite, je me vois dans le compartiment couchette de Vienne &#224; Ostende o&#249; un filet fut tir&#233; entre tes cieux couchettes d'en haut dans lequel je pouvais dormir. Pour le reste, je suppose que, pour les enfants que nous &#233;tions, mes fr&#232;res et moi, le voyage devait &#234;tre excitant, probablement aussi fatigant puisqu'assez long.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s &#233;tonnamment, je me souviens tr&#232;s bien de notre arriv&#233;e &#224; Ostende, le 22 d&#233;cembre 1957 et de l'accueil que la 'famille belge' nous fit. J'ai m&#234;me le souvenir pr&#233;cis de la fa&#231;on dont j'&#233;tais habill&#233;e... &#201;tant la plus petite, je me suis sentie directement tr&#232;s entour&#233;e. Cette sensation n'a jamais &#233;t&#233; d&#233;mentie et je me suis tr&#232;s vite acclimat&#233;e &#224; mon nouvel entourage. Nous avons habit&#233; durant deux ann&#233;es et demie &#224; Poperinge et j'en garde beaucoup de tr&#232;s bons souvenirs mais ce sera un nouveau chapitre &#224; &#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1135' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Premier No&#235;l et d&#233;but d'une nouvelle vie en Belgique (Elisabeth)</title>
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		<dc:creator>Sylvie (A&amp;T)</dc:creator>


		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Elisabeth &#034;Entre Hongrie et Belgique, un chemin d'immigration&#034; Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Trois jours apr&#232;s notre arriv&#233;e en Belgique, c'&#233;tait No&#235;l. Notre famille belge a tout fait pour nous rendre cette f&#234;te agr&#233;able. J'ai re&#231;u une poup&#233;e avec de vrais cheveux mais elle n'a jamais remplac&#233; ma poup&#233;e b&#233;b&#233;, grandeur nature, qui &#233;tait rest&#233;e en Hongrie. Elle s'appelait Dodo. Plus tard maman a cousu toute une s&#233;rie de v&#234;tements pour cette poup&#233;e pour que j'apprenne &#224; la ch&#233;rir mais rien (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L109xH150/arton1135-7be53.jpg?1776712217' width='109' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Elisabeth &#034;Entre Hongrie et Belgique, un chemin d'immigration&#034; &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique164' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Trois jours apr&#232;s notre arriv&#233;e en Belgique, c'&#233;tait No&#235;l. Notre famille belge a tout fait pour nous rendre cette f&#234;te agr&#233;able. J'ai re&#231;u une poup&#233;e avec de vrais cheveux mais elle n'a jamais remplac&#233; ma poup&#233;e b&#233;b&#233;, grandeur nature, qui &#233;tait rest&#233;e en Hongrie. Elle s'appelait Dodo. Plus tard maman a cousu toute une s&#233;rie de v&#234;tements pour cette poup&#233;e pour que j'apprenne &#224; la ch&#233;rir mais rien n'y a fait, je ne l'ai jamais vraiment adopt&#233;e et elle ne re&#231;ut jamais de nom. Ma maman &#233;tait g&#234;n&#233;e vis-&#224;-vis de la famille qui me l'avait offerte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous habitions provisoirement dans une maison qui &#233;tait destin&#233;e &#224; la d&#233;molition. La maison qui &#233;tait pr&#233;vue pour nous n'allait se lib&#233;rer que quelques mois plus tard. En attendant c'&#233;taient le froid et l'humidit&#233; qui entraient par toutes les fissures mais il y avait quand m&#234;me le strict n&#233;cessaire pour d&#233;marrer. Mes parents &#233;taient &#233;tonn&#233;s de l'absence de salle de bain ; plus tard ils apprirent que la Belgique avait du retard sur la Hongrie en ce qui concernait le confort sanitaire. M&#234;me notre famille d'accueil qui &#233;tait ais&#233;e n'avait de l'eau courante que dans la cuisine. Chaque chambre &#224; coucher avait une cr&#233;dence avec une bassine et une cruche assortie en porcelaine. Les lavabos n'existaient pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La famille belge de ma tante Elisabeth poss&#233;dait un grand magasin de meubles avec trois niveaux d'exposition et un coin o&#249; ils vendaient aussi des jouets. Dans un b&#226;timent annexe se trouvaient l'entrep&#244;t de meubles et de jouets ainsi qu'un atelier. Plusieurs ouvriers y travaillaient et trois servantes s'occupaient du nettoyage, de la lessive et du m&#233;nage. Trois g&#233;n&#233;rations vivaient sous le m&#234;me toit, avec en plus, ma tante. Les trois enfants de la famille se sont mari&#233;s l'un apr&#232;s l'autre ces ann&#233;es-l&#224; et ont quitt&#233; la maison. Mon p&#232;re fut engag&#233; pour le travail dans l'atelier et pour le transport des meubles ainsi que pour la conduite des trois camions de taille diff&#233;rente qu'ils poss&#233;daient. Il devait se rendre disponible selon les n&#233;cessit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les vacances de No&#235;l, au mois de janvier, j'entrais dans ma nouvelle &#233;cole (Grauwe Zusters Penitenten) en poursuivant ma 2&#232;me ann&#233;e. J'ai le tr&#232;s bon souvenir que l'enseignante s'investissait pour que je m'ins&#232;re au plus vite. Elle poss&#233;dait un dictionnaire pour se faire comprendre. Les religieuses aussi qui tenaient l'&#233;cole &#233;taient bienveillantes envers l'unique &#233;l&#232;ve &#233;trang&#232;re que comptait leur &#233;cole. Mes deux fr&#232;res ont &#233;t&#233; accueillis au mois de janvier en 1&#232;re primaire dans l'&#233;cole des gar&#231;ons. Ils y sont rest&#233;s jusqu'aux grandes vacances. L'ann&#233;e d'apr&#232;s, ils ont refait la 5&#232;me primaire qu'ils avaient entam&#233;e en Hongrie. Pour eux, ce changement et cette r&#233;gression n'&#233;taient pas &#224; leur avantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques fois, les r&#233;fugi&#233;s hongrois des deux Flandres se rassemblaient. En y allant la premi&#232;re fois, mon p&#232;re fut offusqu&#233; de la distribution de colis alimentaires. &#171; Comment donc, je ne suis pas venu en Belgique pour recevoir la charit&#233; ! Je gagne ma vie et j'ach&#232;te moi-m&#234;me ce dont ma famille a besoin l &#187; Il accepta n&#233;anmoins quelques jouets comme cadeaux pour les enfants. Il lui avait fallu d&#233;j&#224; accepter le n&#233;cessaire pour red&#233;marrer sa vie avec sa famille, c'&#233;tait suffisant ! Nous n'aimions pas trop ces rencontres o&#249; chacun se plaisait &#224; raconter son douloureux v&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme j'&#233;tais fort ch&#233;rie par ma tante et toute sa famille belge, surtout par Greta qui avait 18 ans, j'allais souvent chez eux. Leur grande maison, les salles d'expositions, l'atelier et surtout l'entrep&#244;t des jouets devenaient mon terrain de jeu. J'avais acc&#232;s et champ libre partout. J'appris vite la langue puisque toutes les personnes que j'y rencontrais m'adressaient la parole. Rapidement je lus tous les livres Spirou, Marsupilami, Tintin que je trouvais dans la maison. Le premier &#233;t&#233;, je fus &#233;galement envoy&#233;e dans une colonie de vacances pour bien apprendre la langue, tandis que mes parents, avec mes fr&#232;res, allaient &#224; Bruxelles pour visiter l'expo '58.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assez rapidement maman a ressenti que les relations avec les deux soeurs de papa n'&#233;taient pas aussi chaleureuses qu'avec ses propres soeurs rest&#233;es en Hongrie. Papa aussi a bien compris que retrouver ses deux s&#339;urs, apr&#232;s plus de 20 ans de s&#233;paration n'&#233;tait pas ce qu'il avait esp&#233;r&#233;. En fait, ils ont peu v&#233;cu ensemble et sans leur m&#232;re, d&#233;c&#233;d&#233;e trop jeune. Leur p&#232;re n'avait pas r&#233;ussi &#224; souder la famille.&lt;br class='autobr' /&gt;
Probablement pour mettre du baume sur la nostalgie de maman, &#224; l'approche de notre 2&#232;me No&#235;l, notre grand-m&#232;re est venue nous rendre visite. Un de mes fr&#232;res avait attrap&#233; la jaunisse et &#233;tait interdit d'&#233;cole pendant deux ou trois mois. C'est &#224; ce moment-l&#224; que grand-m&#232;re est venue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle m'a rapport&#233; la grande poup&#233;e Dodo qui me manquait toujours. Cette poup&#233;e, aujourd'hui, se trouve chez moi. Je l'ai r&#233;cup&#233;r&#233;e chez mes parents, apr&#232;s que ma ni&#232;ce et mon neveu l'aient maltrait&#233;e dans leurs jeux d'enfants mais elle a surv&#233;cu. La venue de grand-m&#232;re servait surtout &#224; consoler maman qui avait le mal du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul endroit o&#249; mes parents ne se sentaient pas d&#233;pays&#233;s, c'&#233;tait en allant &#224; la messe le dimanche. C'&#233;tait le temps o&#249; les messes se disaient en gr&#233;gorien, il n'y fallait pas comprendre grande chose &#224; cette &#233;poque. Ils &#233;taient heureux de pouvoir vivre leur foi ici, en pleine libert&#233;, et que nous, les enfants, fr&#233;quentions des &#233;coles catholiques o&#249; la pri&#232;re trouvait sa place avant les cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habiter &#224; Poperinge devenait doucement trop lourd. Dans cette ville, il n'y avait aucune distraction. Si nous voulions faire une promenade, il n'y avait que le cimeti&#232;re. Nous promener en ville attirait l'attention de tous les passants : nous &#233;tions les seuls &#233;trangers dans cette ville et tout le monde nous connaissait et, rien que par leur regard, ils nous faisaient ressentir que nous &#233;tions diff&#233;rents d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s deux ann&#233;es, papa a trouv&#233; &#224; Anvers un autre travail. Il a lou&#233; une chambre dans la Maison Hongroise qui existait &#224; l'&#233;poque et revenait toutes les fins de semaine avec des grosses oranges pour nous, les enfants, et des poivrons pour maman. Ces denr&#233;es alimentaires nous manquaient &#233;norm&#233;ment, puisque indispensables dans toute pr&#233;paration de la cuisine hongroise. Pour les grandes vacances 1950, papa a trouv&#233; un appartement o&#249; nous avons d&#233;m&#233;nag&#233;. Nous y avons habit&#233; jusqu'&#224; l'achat de notre maison, dix ans apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papa voulut donc se d&#233;tacher de notre premier enracinement belge. Le travail de transporteur de meubles ne convenait pas pour sa sant&#233; et il se sentait aussi devenir de plus en plus l'homme &#224; tout faire de la famille. Il ne voulait pas non plus &#234;tre dans l'obligation de rester redevable durant toute sa vie &#224; ceux qui nous ont accueillis avec beaucoup de bienveillance. Ils nous ont aid&#233;s &#224; red&#233;marrer dans la vie, pour cela il restait reconnaissant, mais il ne voulait pas se laisser enfermer dans une non-libert&#233;, en se mettant enti&#232;rement &#224; la disposition de notre famille d'accueil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu son &#226;ge, d&#233;j&#224; 45 ans, et ne connaissant pas ais&#233;ment la langue, il &#233;tait difficile pour papa de trouver un m&#233;tier qui corresponde &#224; sa formation. ll trouva une offre d'emploi dans un garage FIAT &#224; Anvers, tout ce qu'il avait d&#233;test&#233; dans sa jeunesse. Pourtant, gr&#226;ce &#224; son habilet&#233; manuelle, son savoir-faire et sa d&#233;brouillardise, il devint un ouvrier appr&#233;ci&#233; par son patron. Durant les 10 ann&#233;es qu'il y a travaill&#233;, il s'est sp&#233;cialis&#233; dans la r&#233;paration, surtout des moteurs. Ensuite, ayant achet&#233; une maison avec un grand garage, il devint son propre patron. Par ce travail bien stable, il a offert &#224; sa famille un &#233;quilibre, une stabilit&#233; et un avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1136' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mon pays, ma patrie (Elisabeth)</title>
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		<dc:creator>Sylvie (A&amp;T)</dc:creator>


		<dc:subject>Religion, valeurs et &#233;thique</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Elisabeth &#034;Entre Hongrie et Belgique, un chemin d'immigration&#034; Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;m&#233;nageant &#224; Anvers, mon enfance insouciante est rest&#233;e &#224; Poperinge. Je l'ai retrouv&#233;e encore quelques fois en retournant en vacances chez ma tante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Papa avait trouv&#233; pour moi une &#233;cole francophone, se disant qu'avec le fran&#231;ais, j'irais plus loin qu'avec le n&#233;erlandais. Le temps d'affronter des difficult&#233;s commen&#231;ait pour moi. Pour m'encourager, il s'inscrivit lui-m&#234;me en cours du soir (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Elisabeth &#034;Entre Hongrie et Belgique, un chemin d'immigration&#034; &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique164' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En d&#233;m&#233;nageant &#224; Anvers, mon enfance insouciante est rest&#233;e &#224; Poperinge. Je l'ai retrouv&#233;e encore quelques fois en retournant en vacances chez ma tante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papa avait trouv&#233; pour moi une &#233;cole francophone, se disant qu'avec le fran&#231;ais, j'irais plus loin qu'avec le n&#233;erlandais. Le temps d'affronter des difficult&#233;s commen&#231;ait pour moi. Pour m'encourager, il s'inscrivit lui-m&#234;me en cours du soir pour apprendre le fran&#231;ais et souvent je l'accompagnais. A cette &#233;poque, il ne connaissait pas encore bien les questions linguistiques de pays d'accueil. Le nouveau pacte scolaire de 1960 stipulait que chaque r&#233;gion ne devait avoir que des &#233;coles dans sa langue respective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole o&#249; il m'inscrivit &#233;tait une &#233;cole priv&#233;e fr&#233;quent&#233;e surtout par des enfants de diplomates. ll y avait une classe unique pr&#233;vue pour tous les &#233;l&#232;ves en apprentissage du fran&#231;ais. Seulement apr&#232;s la connaissance suffisante de la langue, nous pouvions retrouver notre classe respective. A peine le n&#233;erlandais bien appris, me voil&#224; &#224; recommencer dans une nouvelle langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois-ci, je n'ai plus retrouv&#233; la bienveillance &#224; mon &#233;gard et je ne trouvais pas bien ma place dans cette &#233;cole o&#249; les &#233;l&#232;ves &#233;taient de confessions et d'origines diff&#233;rentes. Le cours de religion regroupait en une seule classe les &#233;l&#232;ves de diff&#233;rents niveaux. Je me souviens douloureusement qu'un jour, &#224; mon retour de celui-ci, la titulaire de ma classe d'accueil me confisqua tout un paquet d'images pieuses, re&#231;ues juste auparavant, et qu'elle le jeta dans la poubelle. Ce geste m'avait boulevers&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s deux ann&#233;es plus un trimestre, je suis retourn&#233;e dans une &#233;cole n&#233;erlandophone pour ne pas prendre encore plus de retard dans ma scolarit&#233;. Ce changement, en cours d'ann&#233;e d&#233;j&#224; entam&#233;e, me co&#251;ta une ann&#233;e de retard : je changeais de section Moderne vers la section Latin-Grec. Tout au long de mes ann&#233;es d'humanit&#233;s, je me suis sentie en d&#233;calage de deux ann&#233;es avec mes compagnes de classe, puisque n&#233;e au mois de d&#233;cembre, je suis entr&#233;e en premi&#232;re ann&#233;e primaire &#224; 7 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huit ann&#233;es apr&#232;s notre arriv&#233;e en Belgique, comme tous les autres Hongrois, nous avons fait la demande pour &#234;tre naturalis&#233;s belges. A cette &#233;poque, la proc&#233;dure durait deux ann&#233;es. Ayant obtenu sans probl&#232;me les documents, nous avons commenc&#233; &#224; retourner en Hongrie pour les vacances. J'avais 18 ans quand j'ai revu le pays de mon enfance et la famille hongroise qui s'&#233;tait agrandie depuis les 10 derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes deux fr&#232;res qui avaient tout juste 21 ans, donc majeurs, ont remis &#224; plus tard l'acceptation de la naturalisation, ne voulant pas faire de service militaire. Ils sont rest&#233;s des '&#233;trangers' plus longtemps, ce qui n'&#233;tait &#224; leur avantage lors des demandes d'embauche. Ils sont devenus belges autour de leurs 27 ans en payant les frais administratifs. Ensuite, eux aussi ont commenc&#233; &#224; red&#233;couvrir le pays que nous avions quitt&#233;. Chacun y retournait &#224; son propre rythme. Mais jamais plus nous ne nous y sommes retrouv&#233;s tous ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents &#233;taient-ils heureux d'&#234;tre venus en Belgique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papa n'aurait jamais avou&#233; le contraire. ll se sentait surtout libre de g&#233;rer sa vie et celle de sa famille comme il l'entendait. Maman a toujours gard&#233; la nostalgie. Elle est toujours rest&#233;e femme au foyer. En Hongrie, avant son mariage, elle gagnait sa vie et aidait sa m&#232;re veuve avec trois enfants, en travaillant comme couturi&#232;re ind&#233;pendante. Pour apprendre la langue, elle a essay&#233; de travailler dans un atelier de couture &#224; Anvers. Les jeunes filles avec qui elle travaillait, au lieu de l'aider dans l'apprentissage de la langue, se sont tellement moqu&#233;es d'elle qu'elle n'a pas tenu bien longtemps. Sur ce point, papa trouvait plus important que les trois enfants aient une maman qui prenne soin d'eux plut&#244;t qu'une maman qui aurait pu devenir une malade nerveuse dans un milieu hostile. Ainsi, maman n'a jamais vraiment appris la langue du pays. Plus tard, avec ma belle-s&#339;ur belge et les deux petits-enfants qui sont venus tr&#232;s souvent &#224; la maison, elle a quand m&#234;me appris les rudiments du n&#233;erlandais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es ont pass&#233;, nos parents ont sacrifi&#233; leur vie pour que nous, les enfants, nous puissions bien nous int&#233;grer dans notre nouveau pays. Notre avenir a pris forme. Avec le temps, malgr&#233; sa nostalgie permanente, m&#234;me maman avait compris que sa place &#233;tait pr&#232;s de ses enfants et petits-enfants. Sa belle-fille flamande, qui avait bien adopt&#233; toute notre famille hongroise, y a certainement contribu&#233; activement. Mon fr&#232;re et ma belle-soeur sont all&#233;s tous les deux ans en Hongrie pour leurs vacances avec leurs deux enfants. Maintenant que ces enfants sont devenus adultes, ma ni&#232;ce avec son mari et leurs deux enfants respectifs continuent eux aussi ce rythme de vacances en Hongrie tous les deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais nous n'avons envisag&#233; un seul instant retourner d&#233;finitivement en Hongrie. La Belgique est devenue enti&#232;rement notre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois les parents d&#233;c&#233;d&#233;s ainsi que tous ceux qui nous ont connus comme enfants en Hongrie, les liens se sont &#233;cart&#233;s pour moi de plus en plus. En ce qui me concerne, j'y vais de moins en moins. C'est ici que j'ai tiss&#233; ma vie et je ne connais aucune nostalgie ou attirance majeure. Je ne le nie pas, quand je revois encore des membres de ma famille en Hongrie, je me sens tout &#224; fait bien avec eux et ils nous font &#224; chaque fois toujours la f&#234;te. Pourtant, une fois en dehors de ma vision, je les sens loin de ce qu'est devenue ma vie. Quand je reviens, apr&#232;s avoir pass&#233; des vacances l&#224;-bas, je sens bien qu'ici nous vivons d'autres valeurs, nous avons d'autres centres d'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut savoir choisir clans la vie, une fois le choix fait, ne plus regarder en arri&#232;re. On ne peut vivre ici et ailleurs en m&#234;me temps et nous n'avons qu'une seule vie &#224; vivre. Notre avenir est devant nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent les hommes se rendent mutuellement la vie impossible. Des pays se font la guerre et certains sont contraints &#224; faire des choix, en &#226;me et en conscience, auparavant non envisag&#233;s. Mes parents ont fait leur choix avec des cons&#233;quences difficiles pour eux et pour leurs enfants aussi. Voil&#224; que le rideau de fer et le mur de Berlin sont tomb&#233;s, mais l'histoire se r&#233;p&#232;te et la b&#234;tise humaine ne tonnait pas de fin : d'autres murs s'&#233;rigent&#8230; Les r&#233;fugi&#233;s ne sont pas les bienvenus. Il nous sera toujours offert des occasions pour grandir en humanit&#233; en reconnaissant l'autre qui est diff&#233;rent comme un fr&#232;re. Peut-&#234;tre a-t-il aussi besoin de mon aide et de ma bienveillance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule l'histoire nous dira o&#249; va notre plan&#232;te avec ces brassages de populations. Moi, j'ai donn&#233; ma r&#233;ponse : toute personne humaine a une valeur sacr&#233;e, cela personne ne peut le lui enlever. Nous sommes tous des fr&#232;res et soeurs en humanit&#233;. Pour apprendre &#224; g&#233;rer notre terre et la vie des hommes, apprenons &#224; vivre dans un esprit honn&#234;te et fraternel. Que nous vivions dans un pays ou dans un autre, pour Dieu, cela n'a pas d'importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Belgique n'a pas &#233;t&#233; le paradis r&#234;v&#233; pour mes parents. Leur choix et leurs sacrifices m'ont permis de devenir celle que je suis aujourd'hui et cela est &#233;norme. Jamais l&#224;-bas je n'aurais pu faire le choix de vie que j'ai fait ici. C'est la foi qui m'a ouvert la porte du bonheur. La bienveillance de mes parents et de mon entourage m'y ont aid&#233;e. De patrie, je n'en ai qu'une seule et je vis d&#233;j&#224; dedans : c'est le Royaume de Dieu. Cette d&#233;couverte c'est la Belgique qui m'a permis de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien construire son avenir, je pense qu'il est bon de se rem&#233;morer les bienfaits dont nous avons &#233;t&#233; b&#233;n&#233;ficiaires. Il n'est pas bon pourtant de s'&#233;terniser sur le pass&#233; c'est l'avenir qui est devant nous. Cet avenir je peux le recevoir comme un don, gr&#226;ce &#224; l'intervention de tous les intervenants du pass&#233; et ceux d'aujourd'hui. Parmi eux, Dieu s'est toujours d&#233;clar&#233; 'pr&#233;sent' C'est une autre mani&#232;re de lire sa propre histoire et celle de sa famille, si le coeur vous en dit, essayez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1137' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Etre implant&#233;e quelque part (Elisabeth)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie (A&amp;T)</dc:creator>


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Religion, valeurs et &#233;thique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Elisabeth &#034;Entre Hongrie et Belgique, un chemin d'immigration&#034; Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Vers la fin du mois d'octobre 2016, une petite dame de 89 ans que j'ai appris &#224; conna&#238;tre il y a deux ans me t&#233;l&#233;phone. Elle me demande de l'accompagner &#224; la Maison Hongroise o&#249; allait avoir lieu une s&#233;ance acad&#233;mique &#224; l'occasion des comm&#233;morations des 60 ans de la r&#233;volution d'octobre 1956. Beaucoup plus par esprit de serviabilit&#233; que par conviction personnelle, nous nous y sommes rendues. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot160" rel="tag"&gt;Religion, valeurs et &#233;thique&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH113/arton1137-d94d5.jpg?1776712217' width='150' height='113' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Elisabeth &#034;Entre Hongrie et Belgique, un chemin d'immigration&#034; &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique164' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vers la fin du mois d'octobre 2016, une petite dame de 89 ans que j'ai appris &#224; conna&#238;tre il y a deux ans me t&#233;l&#233;phone. Elle me demande de l'accompagner &#224; la Maison Hongroise o&#249; allait avoir lieu une s&#233;ance acad&#233;mique &#224; l'occasion des comm&#233;morations des 60 ans de la r&#233;volution d'octobre 1956. Beaucoup plus par esprit de serviabilit&#233; que par conviction personnelle, nous nous y sommes rendues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, j'appris que toute une s&#233;rie de manifestations allaient avoir lieu ce week-end du 22-23 octobre conf&#233;rences, t&#233;moignages, festivit&#233;s &#224; l'esplanade du Cinquantenaire, messe &#224; la Cath&#233;drale, suivie d'une procession de lumi&#232;res jusqu'&#224; la Colonne du Congr&#232;s, concert dans la grande salle de Flagey, et la sortie d'un livre avec les t&#233;moignages des Hongrois arriv&#233;s en Belgique il y a 60 ans. Je me suis donc plong&#233;e durant ce week-end dans mes racines pour exp&#233;rimenter ce que j'allais ressentir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai, c'&#233;tait bien agr&#233;able de savoir que j'avais ma place quelque part dans tout cela, que je pouvais tout comprendre, participer activement aux chants, &#224; la pri&#232;re...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai rafraichi un peu ma connaissance historique des faits :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; la r&#233;sistance en octobre '56 avait dur&#233; 20 jours ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 33 ann&#233;es d'oppression ont suivi jusqu'&#224; la chute du mur de Berlin en 1989 ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 200.000 &#224; 300.000 hongrois se sont dispers&#233;s dans tous les pays du monde ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; dont 2.000 &#224; 3.000 en Belgique en un premier moment. D'autres ont suivi apr&#232;s.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;A part cela, ayant c&#244;toy&#233; un millier de personnes durant ce week-end, je n'ai pas trouv&#233; plus que cinq visages connus mais j'ai essay&#233; d'entrer en contact avec quelques inconnus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est ce qui me lie encore &#224; cette communaut&#233; hongroise &#224; part la langue et une m&#234;me origine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certainement pas un nationalisme qui par moment essaye de prendre le dessus. Notre v&#233;cu est si diff&#233;rent les uns des autres : les Hongrois de '56 et les autres, ceux que l'on appelle 'les nouveaux Hongrois de l'Europe' qui ont un pied en Belgique et un autre pied dans leur pays. Il y a ceux qui ont pay&#233; leur libert&#233; en acceptant le d&#233;racinement de leur pays, les nouveaux arriv&#233;s d'aujourd'hui qui sont &#224; la recherche d'une aisance &#233;conomique et d'autres qui deviennent les nouveaux riches...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abolition des fronti&#232;res est une chose, vivre les uns avec les autres dans une m&#234;me entente et le respect en est une autre. Des diff&#233;rences et des ressemblances, je peux en trouver dans chaque personne que je rencontre. L'approche et l'unit&#233; que je recherche avec l'autre, je dois d'abord les chercher et essayer de les vivre en moi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien assumer ses racines est une r&#233;alit&#233; &#224; construire, un d&#233;fi &#224; relever. Une plong&#233;e d&#233;mesur&#233;e vers ses racines peut signifier que l'on est toujours &#224; la recherche de l'unit&#233; de sa personne. La nostalgie emp&#234;che de vivre le quotidien que la vie impose ou propose. Le d&#233;ni de ses origines n'est qu'un camouflage de la v&#233;rit&#233; sans laquelle une vie sereine est impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avoir aussi d'autres racines est une richesse que rien ni personne ne nous enl&#232;vera. Elle nous donne une ouverture d'esprit avec la possibilit&#233; d'int&#233;grer en nous toutes les diff&#233;rences. Vivre ici, tout en venant d'ailleurs, est aussi un atout pour voir clair et pour se distancier quand un nationalisme mal plac&#233; veut prendre le dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bon de savoir que nous avons des origines implant&#233;es quelque part mais il est surtout important de savoir qu'avant toute chose, la plupart d'entre nous ont &#233;t&#233; implant&#233;s sous le coeur protecteur d'une maman, fruit d'un acte d'amour de deux &#234;tres humains. Parfois ce premier implant fait d&#233;faut. Mais, m&#234;me si les enfants dont la vie est accompagn&#233;e par l'amour de leurs parents ont une longueur d'avance, la vie est assez longue pour que chacun d&#233;couvre que l'amour existe vraiment. Nous ne sommes pas &#233;gaux devant la vie et quelle que soit notre origine en venant au monde, se construire est la mission de tous et de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute vie se d&#233;roule sous la pluie et le soleil, et les couleurs de l'arc-en-ciel sont les m&#234;mes pour chacun de nous : le violet, l'indigo, le bleu pastel, le vert, le jaune-or, l'orange, le rouge, ces couleurs nous les retrouvons dans notre v&#233;cu. L'arc-en-ciel symbolise que le ciel et la terre sont reli&#233;s par un anneau de fian&#231;ailles qu'il nous est propos&#233; d'accepter ou pas. Etre enracin&#233; dans une terre est important, &#234;tre reli&#233; par cet anneau de fian&#231;ailles est autrement important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de d&#233;couvrir que j'&#233;tais enracin&#233;e puis d&#233;racin&#233;e de mon pays, j'ai d&#233;couvert que j'&#233;tais enracin&#233;e dans l'amour de mes parents qui ont tenu bon, &#224; travers tous les orages de leur vie, parce qu'ils &#233;taient eux-m&#234;mes enracin&#233;s dans un amour plus grand qui pr&#233;c&#233;dait leur capacit&#233; d'aimer. Depuis, j'ai assum&#233; mes origines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais qu'il y a un Dieu bienveillant pour chacun de nous, qu'on le sache ou pas. Cet amour nous pr&#233;c&#232;de peu importe o&#249; m&#232;ne notre vie. La d&#233;couverte de cet amour m'a permis de vivre ma vie dans la recherche de la hauteur, la profondeur, la largeur et le tout, sans fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque je ne peux vivre ma vie d'une mani&#232;re d&#233;sincarn&#233;e, je vis ma vie ici et maintenant. L'horloge du temps ne peut &#234;tre tourn&#233;e en arri&#232;re donc, je garde mon regard fix&#233; vers l'avant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rester toujours attentive au rythme que la vie me donne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Veiller &#224; ne pas se laisser emporter par des vagues trop fortes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Garder jalousement l'unit&#233; et la s&#233;r&#233;nit&#233; acquises tout au long des ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Partager ce qui peut &#234;tre avec celui ou celle qui cherche aussi des contacts dans un partage r&#233;ciproque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; comment j'envisage mon avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un plus un font un (1+1=1). Une racine, plus une deuxi&#232;me racine n'en font pas deux, mais font l'originalit&#233; de quelque chose de nouveau qui s'inscrit d&#233;j&#224; dans l'&#233;ternit&#233;...&lt;br class='autobr' /&gt;
A chacun sa route, &#224; chacun son chemin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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