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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>Bonne-Maman (Yvette M.)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Grands-parents</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
De mes quatre grands-parents, je n'ai connu que ma grand-m&#232;re maternelle. Nous l'appelions Bonne-Maman. Je n'avais que 7 ans quand elle est d&#233;c&#233;d&#233;e, mes souvenirs sont donc rares et tr&#232;s flous. C'&#233;tait juste apr&#232;s la guerre qui avait laiss&#233; mes parents, comme presque tous les villageois alentour, compl&#232;tement sinistr&#233;s. La maison de Bonne-Maman, une des rares qui poss&#233;dait encore 4 murs, &#233;tait voisine du baraquement o&#249; mes parents et leurs 4 (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique155" rel="directory"&gt;Mon enfance en Ardennes (Yvette M.)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot190" rel="tag"&gt;Grands-parents&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique155' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De mes quatre grands-parents, je n'ai connu que ma grand-m&#232;re maternelle. Nous l'appelions Bonne-Maman. Je n'avais que 7 ans quand elle est d&#233;c&#233;d&#233;e, mes souvenirs sont donc rares et tr&#232;s flous. C'&#233;tait juste apr&#232;s la guerre qui avait laiss&#233; mes parents, comme presque tous les villageois alentour, compl&#232;tement sinistr&#233;s. La maison de Bonne-Maman, une des rares qui poss&#233;dait encore 4 murs, &#233;tait voisine du baraquement o&#249; mes parents et leurs 4 enfants habitaient. L'&#233;cole du village, avec le logement y attenant o&#249; nous &#233;tions n&#233;s tous les 4, avait enti&#232;rement br&#251;l&#233;. Les all&#233;es-venues entre la ferme de Bonne-Maman et notre baraquement se faisaient dans les deux sens. Il suffisait de traverser un pr&#233;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne-Maman, veuve depuis ses quarante-six ans, vivait dans sa maison avec son plus jeune, mon parrain, qui n'&#233;tait pas encore mari&#233;. Aid&#233;s de domestiques, ils recommen&#231;aient &#224; faire tourner l'exploitation agricole.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mes souvenirs sont gustatifs et olfactifs. &lt;br&gt;
Chez Bonne-Maman, apr&#232;s la traite des vaches et l'&#233;cr&#233;mage du lait, je pouvais tremper mes petits doigts dans le seau de cr&#232;me pour les l&#233;cher ensuite. Un vrai d&#233;lice !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai retrouv&#233; une fois en France l'odeur d'une pr&#233;paration faite par Bonne-Maman. C'&#233;tait, je crois, &#224; base de pommes de terre, r&#233;chauff&#233;es &#224; la po&#235;le, avec du lait ajout&#233; ? Peut-&#234;tre.&lt;br&gt;
L'odeur tr&#232;s caract&#233;ristique qui m'est revenue de si loin provenait probablement de la graisse qu'elle mettait dans sa po&#234;le. Du lard ?&#8230; Du saindoux ?&#8230;. Du beurre ?&#8230;.Plus personne ne peut me le dire.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soir&#233;e, Bonne-Maman montait le pr&#233;. Chez nous, il faisait sans doute plus chaud et puis elle s'y sentait en famille, entour&#233;e de sa fille, son beau-fils, et nous quatre, les petiots.&lt;br&gt;
Elle s'asseyait sur une chaise coinc&#233;e entre un buffet et le po&#234;le crapaud qui servait aussi de cuisini&#232;re. Le bonheur &#233;tait de se r&#233;fugier sur ses genoux. Sans &#234;tre tr&#232;s grosse, elle avait la poitrine rebondie et accueillante. L&#224;, elle chantait volontiers : les comptines habituelles mais aussi le &#171; Grand Saint Alexis &#187; et la &#171; Complainte du juif errant &#187; dont ma s&#339;ur a&#238;n&#233;e a retrouv&#233; les paroles mais pas la m&#233;lodie, malheureusement.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas le souvenir d'avoir &#233;t&#233; grond&#233;e par Bonne-Maman. L'autorit&#233; chez nous, c'&#233;tait Papa et personne d'autre.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les photos que nous avons d'elle sont rares et d'autant plus pr&#233;cieuses. La derni&#232;re date de cette &#233;poque (1946-47), elle a un beau sourire et pourtant elle n'a plus toutes ses dents, ce qui lui donne un menton en galoche. Ce sont ses yeux qui sourient le mieux. Ses cheveux blancs sont tir&#233;s en arri&#232;re, en petit chignon port&#233; assez haut. Elle a des boucles d'oreilles en or qui tremblotent au moindre mouvement. Sur ses genoux, comme tout enfant c'est cela qui nous fascinait. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle s'habillait comme toute vieille dame en Ardenne. Ses robes descendaient &#224; la cheville. Ses corsages n'avaient jamais de d&#233;collet&#233;. Elle avait re&#231;u en cadeau de je ne sais qui, un petit ch&#226;le bleu au crochet. Il avait &#233;t&#233; parfum&#233; et le portait tr&#232;s rarement. Nous aimions le sortir de l'armoire et plonger notre nez dedans pour en sentir le d&#233;licieux parfum. Un peu de luxe dans notre d&#233;nuement d'apr&#232;s guerre. Notre grand-m&#232;re s'est &#233;teinte chez nous sans avoir &#233;t&#233; longtemps malade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1004' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les hivers (Yvette M.)</title>
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		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet Hiver 2013, particuli&#232;rement rigoureux et long, me fait penser aux hivers de mon enfance. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans notre baraquement, la vie se concentrait autour de trois endroits chauff&#233;s : la cuisine-salle &#224; manger, une chambre &#224; coucher et l'&#233;cole dont je vous ai d&#233;j&#224; parl&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; La cuisine avait une porte qui ouvrait directement vers le dehors, orient&#233;e &#224; l'Est. Papa la calfeutrait au mieux &#224; l'aide de papier journal. Au-dessus il y avait une imposte en (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique155' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet Hiver 2013, particuli&#232;rement rigoureux et long, me fait penser aux hivers de mon enfance. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre baraquement, la vie se concentrait autour de trois endroits chauff&#233;s : la cuisine-salle &#224; manger, une chambre &#224; coucher et l'&#233;cole dont je vous ai d&#233;j&#224; parl&#233;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cuisine avait une porte qui ouvrait directement vers le dehors, orient&#233;e &#224; l'Est. Papa la calfeutrait au mieux &#224; l'aide de papier journal. Au-dessus il y avait une imposte en verre arm&#233; qui avait &#233;t&#233; trou&#233; par une balle, de ce trou partaient des f&#234;lures en &#233;toile. Il &#233;tait bouch&#233; par une grosse boulette de papier journal. Le po&#234;le crapaud avan&#231;ait loin vers le centre de la pi&#232;ce. &lt;br&gt;
Maman se levait toujours la premi&#232;re et y allumait le feu. Quand ce feu &#233;tait bien lanc&#233;, le pot rougissait tellement qu'il a fini par p&#233;ter. Feu qu'il fallait nourrir continuellement. C'est Papa qui &#233;tait charg&#233; de fendre les grosses b&#251;ches, pr&#233;parer le petit bois ou les fagotins de ramilles, remplir la charbonni&#232;re. &lt;br&gt;
C'est dans cette pi&#232;ce que Maman cuisinait. Nous mangions l&#224; matin, midi et soir, tous les six autour de la table. Papa y lisait son journal. On y &#233;coutait la radio. Maman y recevait ses amies en soir&#233;e. &lt;br&gt;
Cette pi&#232;ce &#233;tait le c&#339;ur de la maison. Le samedi, c'est aussi l&#224; que l'on prenait son bain. Au d&#233;but en tout cas. Dans une cuvelle &#224; lessiver remplie d'eau chauff&#233;e &#224; bonne temp&#233;rature, les quatre enfants passaient dans la bassine. Maman nous lavait, Papa nous posait sur une chaise et nous essuyait. C'&#233;tait le jour o&#249; l'on changeait de chemise et de culotte. &lt;br&gt;
Plus tard, pour m&#233;nager nos pudeurs, Papa aid&#233; du forgeron du village, nous a fabriqu&#233; une baignoire selon le mod&#232;le des abreuvoirs &#224; vaches. On la posait &#224; c&#244;t&#233; du lit dans la chambre des parents. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pi&#232;ce &#233;tait &#233;galement chauff&#233;e &#224; l'aide d'un po&#234;le appel&#233; continu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, la soir&#233;e se passait dans cette chambre, pour nous les enfants. Les deux lits devenaient aires de jeux. Je me souviens tr&#232;s bien des soir&#233;es qui suivaient les St Nicolas. On &#233;talait nos friandises sur les lits et le plaisir &#233;tait de compter, d'&#233;changer, de commenter, de su&#231;oter, de remballer dans les beaux papiers d'argent. Ces soir&#233;es-l&#224;, pour moi, c'&#233;tait comme le paradis. St Nicolas ne nous avait pas oubli&#233;s : un m&#233;cano pour mon fr&#232;re, une poup&#233;e en cellulo&#239;d pour moi, la m&#234;me pour ma petite s&#339;ur. On s'endormait bien au chaud, la t&#234;te remplie de r&#234;ves enchant&#233;s.&lt;br&gt;
C&#224;, c'&#233;tait quand on allumait ce feu continu. Sinon, cette foutue baraque &#233;tait tr&#232;s mal isol&#233;e. Mon fr&#232;re m'a rappel&#233; que les pipis du soir, que nous faisions dans un vase de nuit gliss&#233; sous le lit, au matin, ils &#233;taient gel&#233;s !&lt;br class='autobr' /&gt;
Au matin aussi, le bord du drap de lit mouill&#233; par notre respiration, &#233;tait raidi par le gel.&lt;br&gt;
Un rituel des soir&#233;es d'hiver &#233;tait la pr&#233;paration des bouillottes fabriqu&#233;es aussi par Papa.&lt;br&gt;
Il avait r&#233;cup&#233;r&#233; des douilles d'obus en cuivre et avait soud&#233; au-dessus un rond de m&#233;tal muni d'un bouchon &#224; visser. C'est Papa aussi qui se chargeait de les transporter dans nos lits une ou deux heures avant le coucher. Papa aussi, avait cousu des housses en tissu pour qu'elles ne br&#251;lent pas. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En hiver sous nos robes, nous portions des sortes de pantalons de training qu'on appelait des grandes culottes. Pas encore d'anoraks &#224; capuchon. Nous avions des bonnets du genre passe-montagne. Aux pieds, pour les jeux dans la neige, des bottes en caoutchouc.&lt;br&gt;
La neige ! On l'accueillait chaque hiver avec des cris de joie : Maman, il a neig&#233; !&lt;br&gt;
Contrairement aux autres enfants du village, filles ou fils d'agriculteurs, et engag&#233; aux travaux de la ferme, nous ne manquions pas de loisirs. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;cr&#233;ation, les batailles de boules de neige &#233;taient le jeu favori des gar&#231;ons. Moi, ce que j'aimais le plus, c'&#233;tait m'&#233;lancer en courant pour glisser sur la glace ou la neige tass&#233;e. Tr&#232;s tr&#232;s longues glissades que je finissais &#224; croupetons. La cour &#233;tait en pente. Un vrai bonheur. Pour les glissades &#224; tra&#238;neaux, nous allions sur la route qui, au carrefour descendait vers l'Ouest. On l'appelait la rampe. Le garde champ&#234;tre nous a plus d'une fois envoy&#233;s jouer ailleurs. Aujourd'hui ce n'est plus possible, comme sont interdites dans les &#233;coles, les batailles de boules.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre souvenir de neige.&lt;br&gt;
Les bonshommes bien s&#251;r, mais aussi une sorte d'iglou creus&#233; dans un tas de neige gel&#233;e. On y entrait &#224; quatre pattes et &#224; l'int&#233;rieur, on ne pouvait que s'asseoir mais on en &#233;tait tr&#232;s fier.&lt;br&gt;
Dans la prairie derri&#232;re le baraquement, la toute premi&#232;re neige sans aucune trace de quoi que ce soit, inspirait notre cr&#233;ativit&#233;. Nous tracions d'&#233;normes cercles et leurs rayons en pi&#233;tinant la neige &#224; petits pas. Des &#171; crombs circles &#187; &#224; notre mesure.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De ces hivers ardennais, il me revient des tas de souvenirs.&lt;br&gt; Encore un : Il avait beaucoup plu. Les pr&#233;s du c&#244;t&#233; du ruisseau &#233;taient en partie inond&#233;s. Et puis un beau jour, un gros coup de gel a fig&#233; toute cette eau et voil&#224; une patinoire. Quelle aubaine et quelle belle glissoire cela nous faisait ! On s'y est tellement amus&#233; un jour apr&#232;s l'&#233;cole qu'on n'a pas vu la nuit tomber. Papa enfin un peu inquiet, a fait retentir son sifflet pour nous rappeler. Nos parents n'&#233;taient-ils pas un peu trop insouciants ? Je me le demande parfois.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La neige pouvait &#234;tre tellement abondante que les enfants du village voisin ne venaient pas &#224; l'&#233;cole. Sauf Fernand, qui avait brav&#233; les cong&#232;res presque aussi hautes que lui, et qui &#233;tait pr&#233;sent, au grand &#233;tonnement de Papa. Fernand fut f&#233;licit&#233;, je m'en souviens. &lt;br&gt;
Les chasse-neige passaient sur les routes d&#232;s le matin mais quand le vent souffle c'est toujours &#224; recommencer. On l'a encore vu cet hiver.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma petite s&#339;ur est n&#233;e un 12 mars et il y avait ce jour-l&#224;, tellement de neige, que l'accoucheuse n'a pu venir &#224; temps. C'est Papa qui a aid&#233; Maman &#224; mettre son b&#233;b&#233; au monde. Plus tard, quand il racontait l'&#233;v&#233;nement, il pr&#233;cisait qu'il n'avait pas os&#233; couper le cordon. Quand le m&#233;decin est arriv&#233;, il a dit : Ce n'est pas difficile, regardez !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;v&#233;nement dont je n'ai pas le souvenir, mais que Papa racontait : Il y avait &#224; Foy, mon village natal, un homme h&#233;mophile, Joseph. Un jour de grande neige, il dut se rendre &#224; la clinique de Bastogne pour arr&#234;ter une h&#233;morragie. Les routes n'&#233;taient pas d&#233;gag&#233;es, ne nombreux voisins et amis furent mobilis&#233;s pour accompagner la voiture qui le conduisait et d&#233;blayer la neige &#224; coups de pelles, devant les roues. De Foy &#224; Bastogne, il y a 5 km. Papa disait qu'il y avait tellement de neige qu'on ne voyait plus la route. Joseph arriva &#224; temps &#224; la clinique. C'&#233;tait cela aussi l'hiver en Ardenne, dans ces ann&#233;es-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1003' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les animaux et moi (Yvette M.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1003</link>
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		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Nature, animaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Vivre &#224; la campagne impliquait un rapport proche mais surtout utilitaire avec les animaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mes grands-parents &#233;taient agriculteurs-&#233;leveurs, les oncles et cousins qui habitaient au village l'&#233;taient &#233;galement. Dans ce milieu-l&#224;, si on a des poules, c'est pour les &#339;ufs, les lapins on les tue et on les mange, le chat fait la chasse aux souris, le chien rassemble les troupeaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ici &#224; Bruxelles c'est tr&#232;s diff&#233;rent. Le lien affectif semble (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique155' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vivre &#224; la campagne impliquait un rapport proche mais surtout utilitaire avec les animaux.&lt;br&gt;
Mes grands-parents &#233;taient agriculteurs-&#233;leveurs, les oncles et cousins qui habitaient au village l'&#233;taient &#233;galement. Dans ce milieu-l&#224;, si on a des poules, c'est pour les &#339;ufs, les lapins on les tue et on les mange, le chat fait la chasse aux souris, le chien rassemble les troupeaux.&lt;br&gt;
Ici &#224; Bruxelles c'est tr&#232;s diff&#233;rent. Le lien affectif semble beaucoup plus fort. L'animal est une compagnie. Je n'ai jamais voulu avoir d'animal, pourtant je vis seule. Est-ce &#224; cause de ce v&#233;cu en milieu rural ? Je ne sais pas.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre, Papa avait construit un poulailler afin d'y &#233;lever quelques poules. Mais elles traversaient imprudemment la route et mouraient sous les roues des voitures. Papa se d&#233;couragea et nous permis d'installer notre boutique dans le poulailler d&#233;saffect&#233; et nettoy&#233;.&lt;br&gt;
L'&#233;levage des lapins lui dura tr&#232;s longtemps. Pour l'hiver, ils avaient des clapiers &#224; l'abri du froid. Papa pr&#233;parait leur p&#226;t&#233;e avec des &#233;pluchures de pommes de terre que l'on cuisait et auxquelles on ajoutait du son. On &#233;crasait le tout avec la main. D&#232;s que l'herbe se mettait &#224; pousser, on parquait les lapins dans de grandes cages sans fond de 4m2 environ. On d&#233;pla&#231;ait les cages d&#232;s que l'herbe &#233;tait ras&#233;e. Le syst&#232;me n'&#233;tait pas parfait : les lapins creusaient souvent des passages sous les cages afin d'aller plus loin ronger une herbe plus app&#233;tissante. Il fallait alors se pr&#233;cipiter et les r&#233;cup&#233;rer au plus vite. Pour &#231;a, Papa avait besoin de nous. Il nous obligeait aussi d'aller remplir les paniers de chicor&#233;es au bord des chemins. C'&#233;tait une corv&#233;e que nous n'aimions pas faire. Quand un lapin &#233;tait bon pour la casserole, Papa l'attrapait par les deux oreilles et lui ass&#233;nait un coup de b&#226;ton dans la nuque. C'est rapide et radical. Apr&#232;s &#231;a, le lapin &#233;tait accroch&#233; par les deux pattes arri&#232;res et &#224; partir de ses pattes, il &#233;corchait la b&#234;te en d&#233;tachant la peau de la chair, &#224; l'aide d'un bon couteau. L'animal &#233;corch&#233;, &#233;visc&#233;r&#233; et d&#233;bit&#233; en morceaux, mon P&#232;re passait le relais &#224; Maman qui devait le cuire. C'&#233;tait souvent une recette aux pruneaux. Si le lapin &#233;tait suffisamment gros on avait de la viande pour deux jours.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;levage qui occupait beaucoup Papa, c'&#233;tait les abeilles. Il s'&#233;tait fabriqu&#233; une quinzaine de ruches qu'il avait align&#233;es au fond du potager, de l'autre c&#244;t&#233; de la route. Je l'ai vu &#224; l'&#339;uvre dans toutes les phases du nourrissage et de la r&#233;colte du miel. Il s'&#233;tait peu &#224; peu perfectionn&#233; et &#233;tait m&#234;me devenu une r&#233;f&#233;rence chez les apiculteurs amateurs. Le nourrissage se faisait avant l'hiver. Il fondait du sucre qu'il distribuait &#224; chaque colonie pour remplacer le miel qu'il leur avait pr&#233;lev&#233;. Pour la r&#233;colte il s'&#233;tait &#233;quip&#233; de tout un mat&#233;riel : un extracteur, sorte d'essoreuse o&#249;, gr&#226;ce &#224; une manivelle on fait tourner les cadres. C'est la force centrifuge qui vide les alv&#233;oles de leur miel. Le miel tamis&#233; &#233;tait alors entrepos&#233; dans les maturateurs, grandes cuves de 1m de profondeur. L&#224;, nous &#233;tions charg&#233;s de m&#233;langer le miel &#224; l'aide de grandes spatules en bois. On faisait &#231;&#224; deux fois par jour pendant au moins une semaine. De cette fa&#231;on il s'&#233;paississait sans cristalliser. Enfin, c'&#233;tait la mise en bocaux. Tout un travail qui occupait chacun de nous. Nous avions des clients fid&#232;les. Comme dans tout &#233;levage, il fallait subir les al&#233;as du climat : un printemps pluvieux et c'&#233;tait une petite r&#233;colte qui ne suffisait pas &#224; satisfaire tout le monde. Une bonne ann&#233;e par contre, le miel en surabondance se conservait bien et se vendait l'ann&#233;e suivante. &lt;br&gt;
Mon fr&#232;re a poursuivi la tradition, ainsi que son fils qui a encore quelques ruches &#224; Li&#232;ge. Mais actuellement, les pauvres abeilles souffrent beaucoup. Il y a les pesticides qui les affaiblissent et les rendent vuln&#233;rables aux maladies et aux pr&#233;dateurs. C'est triste de constater la disparition du m&#233;tier d'apiculteur d&#233;courag&#233; par la mort de ses colonies.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon P&#232;re n'&#233;tait ni p&#234;cheur ni chasseur mais je me rappelle que mon fr&#232;re, encourag&#233; par un copain de classe, eut l'id&#233;e de poser des collets pour attraper des grives. &lt;br&gt;
Ses collets pr&#233;par&#233;s, il les avait accroch&#233;s dans un bois &#224; 1,50m du sol environ, suivant tout un trajet. Pour app&#226;ter les grives, il accrochait des sorbes. Je l'ai accompagn&#233; quelques fois pour voir si les pi&#232;ges avaient bien fonctionn&#233; et d&#233;crocher les grives ou les merles qui s'y &#233;taient fait prendre. Malheureusement il n'a pas eu beaucoup de chance. Quelqu'un passait-il avant nous ? L'endroit avait-il &#233;t&#233; mal choisi ? Mon fr&#232;re d&#233;crocha d&#233;finitivement ses collets.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre exp&#233;rience animale : j'avais plus ou moins dix ans. Ma petite s&#339;ur avait obtenu de nos parents l'autorisation d'&#233;lever un petit chevreau, que nous avions appel&#233; Bambi. Il &#233;tait mignon &#224; croquer. Son doux pelage blanc, sa belle petite t&#234;te avec ses grands yeux curieux, sa petite queue relev&#233;e, tout &#231;a nous comblait de plaisir, ma petite s&#339;ur et moi. Dans notre pr&#233;, il &#233;tait attach&#233; par une corde &#224; un pieu autour duquel il tournait pour brouter l'herbe mais apr&#232;s la classe, nous nous disputions pour aller le promener afin qu'il puisse manger autre chose. Les jeunes feuilles des arbres, il adorait &#231;a. La nuit on l'enfermait dans une cage avec couvercle. Ce couvercle, on le soulevait &#224; l'aide d'une corde. Cette maudite corde avec une boucle au bout fut cause de la mort pr&#233;matur&#233;e de cet amour de petit biquet. Et cela aussi &#224; cause de moi qui remis le couvercle &#224; l'envers, la corde tra&#238;nant alors dans la cage. Bambi s'y est &#233;trangl&#233;. Ma s&#339;ur me l'a reproch&#233; longtemps.&lt;br&gt;
Des souvenirs d'animaux j'en ai beaucoup. En voici encore un. Je suis alors adolescente. Des b&#251;cherons du village ont abattu un arbre au sommet duquel se trouvait un nid de petits &#233;cureuils. Fran&#231;ois, l'a&#238;n&#233; d'entre eux, a pens&#233; &#224; nous pour les nourrir et les &#233;lever. Papa a fabriqu&#233; une cage, nous avons achet&#233; un biberon pour poup&#233;e, et &#224; tout de r&#244;le nous avons nourri ces quatre b&#233;b&#233;s &#233;cureuils. Ils t&#233;taient de bon c&#339;ur et grandissaient &#224; vue d'&#339;il. On leur a donn&#233; des fruits secs, des pommes, toutes sortes de choses. Ils &#233;taient tous diff&#233;rents : L'un compl&#232;tement roux, un autre avec du noir sur les oreilles et la queue, un troisi&#232;me plus gris, le quatri&#232;me, j'ai oubli&#233;. Parfois on les sortait de leur cage et ma m&#232;re poussaient des cris de frayeur quand ils grimpaient autour des ses jambes. Ils &#233;taient plus ou moins apprivois&#233;s. Trois d'entre eux sont morts d'accident ou de carence alimentaire. Le dernier a profit&#233; d'une porte ouverte pour s'enfuir dans les arbres de la dr&#232;ve toute proche. C'est ma s&#339;ur a&#238;n&#233;e qui en eut le plus de chagrin.&lt;br&gt;
Nous avons aussi eu un chien ratier appel&#233; Milou. Plus tard nous avons recueilli un chat mais il ne chassait pas les souris. C'&#233;tait un chat paresseux.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elle fut en premi&#232;re ann&#233;e secondaire, ma s&#339;ur Suzy ramena des souris blanches et entreprit d'en faire l'&#233;levage. Il fallut arr&#234;ter l'exp&#233;rience tant l'odeur envahissait notre logis. &lt;br&gt;
Comment parler des animaux sans &#233;voquer le beau cheval de trait que mon oncle L&#233;on a conserv&#233; jusqu'&#224; sa retraite et m&#234;me apr&#232;s. Oncle L&#233;on &#233;tait un r&#234;veur, pas tr&#232;s courageux et pas vraiment fait pour son m&#233;tier d'agriculteur. Quand tous ses voisins et son fr&#232;re, s'&#233;taient mis au tracteur, il continuait de labourer, tracter ses machines et ses chariots de foin gr&#226;ce &#224; son fid&#232;le compagnon.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je termine ce chapitre par les vaches. Le cousin de ma m&#232;re, Romain Cordonnier, avait aussi une ferme et habitait tr&#232;s pr&#232;s de chez nous. Apr&#232;s l'&#233;cole, leurs enfants, dont les plus jeunes avaient plus ou moins notre &#226;ge, &#233;taient engag&#233;s aux travaux de la ferme. Moi j'adorais descendre chez eux et je suivais Liline, la fille, dans toutes ses occupations. J'assistais &#224; la traite des vaches, au nourrissage des veaux. Je la suivais dans la laiterie o&#249; il fallait &#233;cr&#233;mer le lait, laver l'&#233;cr&#233;meuse avec beaucoup de soin. Quand je rentrais chez nous, je sentais l'&#233;table disait Maman. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>A propos des naissances (Yvette M.)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
De penser &#224; cette promiscuit&#233; oblig&#233;e et parfois mal ressentie de part et d'autre, je me souviens un peu des questions qui nous turlupinaient beaucoup. A cette &#233;poque les enfants restaient longtemps ignorants de la fa&#231;on dont on fait les b&#233;b&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chez nous, Maman nous disait que le docteur ou l'accoucheuse L&#233;a Nadin apportait un b&#233;b&#233; aux femmes qui avaient &#233;t&#233; malades ou avaient fait une chute. Comme un cadeau pour acc&#233;l&#233;rer la gu&#233;rison ? Pour (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique155" rel="directory"&gt;Mon enfance en Ardennes (Yvette M.)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique155' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De penser &#224; cette promiscuit&#233; oblig&#233;e et parfois mal ressentie de part et d'autre, je me souviens un peu des questions qui nous turlupinaient beaucoup.&lt;br class='autobr' /&gt;
A cette &#233;poque les enfants restaient longtemps ignorants de la fa&#231;on dont on fait les b&#233;b&#233;s.&lt;br&gt;
Chez nous, Maman nous disait que le docteur ou l'accoucheuse L&#233;a Nadin apportait un b&#233;b&#233; aux femmes qui avaient &#233;t&#233; malades ou avaient fait une chute. Comme un cadeau pour acc&#233;l&#233;rer la gu&#233;rison ? Pour compenser une d&#233;veine quelconque ?&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tante Ghislaine &#233;tait une petite femme et quand elle &#233;tait enceinte, &#231;a se voyait beaucoup. Elle aurait presque pu rouler comme un gros ballon qu'elle &#233;tait. Le jour fatidique il &#233;tait hors de question qu'on reste l&#224; ; on aurait entendu les cris et les g&#233;missements. Maman nous envoyait ailleurs chez les cousins Cordonnier. Enfin quand on pouvait rentrer chez nous, on nous annon&#231;ait l'arriv&#233;e d'un b&#233;b&#233;. Tante Ghislaine avait retrouv&#233; sa ligne, elle &#233;tait contente que L&#233;a Nadin ne l'ait pas oubli&#233;e.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maman et Papa n'ont jamais trouv&#233; les mots pour nous expliquer. A nos questions, Maman nous ressassait la m&#234;me chose : &#171; Tante Ghislaine avait command&#233; une petite fille, L&#233;a la lui a apport&#233;e &#187;&lt;br&gt;
Entre nous, en r&#233;cr&#233;ation surtout, nous en parlions. Les autres aussi, pourtant filles de fermiers &#233;taient aussi ignorantes que moi. Un jour, un gar&#231;on nous a dit cr&#251;ment : &#171; Les parents ils font comme les taureaux et les vaches et les b&#233;b&#233;s sortent du pet des mamans ! &#187;&lt;br&gt;
Tant de questions, de suppositions qui avaient enfin un d&#233;but de r&#233;ponse. Je devais avoir 10-11 ans. Pourtant j'avais vu des vaches v&#234;ler, j'avais vu, de loin il est vrai, un &#233;talon monter une jument. Marie-Th&#233;r&#232;se nous avait dit qu'elle avait conduit &#171; sa bibique &#224; bouc &#187;.&lt;br&gt;
Papa &#233;levait des lapins et l&#224; on &#233;tait au courant de la fa&#231;on dont cela se passait. Mais c'est un peu comme si les hommes et les femmes avaient invent&#233; une fa&#231;on de faire moins animale, un peu ang&#233;lique.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette longue diversion, je reviens au baraquement qui fut notre logement durant 13 ans environ : notre enfance et notre adolescence. Papa s'&#233;tait tr&#232;s vite accommod&#233; de la situation.&lt;br&gt;
Pour Maman ce fut plus difficile. Elle aimait nous rappeler que sa maison d'enfance et de jeune-fille &#233;tait la premi&#232;re &#224; &#234;tre fleurie de g&#233;raniums chaque &#233;t&#233;. Cela gr&#226;ce &#224; elle. Elle fut heureuse d'entretenir et d'embellir sont logis de jeune mari&#233;e. Elle en &#233;tait fi&#232;re. Mais ce foutu baraquement elle ne l'a jamais vraiment investi.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Papa qui &#233;tait tr&#232;s bricoleur, elle aurait pu lui demander des am&#233;nagements, des embellissements. Elle nous disait : &#171; J'ai perdu le go&#251;t &#187;. La commune fit le projet d'une nouvelle &#233;cole situ&#233;e entre les deux villages, au lieu dit : &#171; Le Poteau &#187;, un peu &#224; l'&#233;cart donc. Elle ne se r&#233;jouissait pas d'aller habiter au Poteau. Elle avait toujours v&#233;cu au centre, le long de la grand-route et cette nouvelle &#233;cole lui paraissait loin de tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1008' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'&#233;cole au baraquement (Yvette M)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Papa &#233;tant l'instituteur du village et la classe &#233;tant comme un prolongement de notre logis, j'y avais acc&#232;s d&#232;s mes 3 ans pour jouer et d&#232;s mes 5 ans pour y commencer mes apprentissages. &lt;br class='autobr' /&gt; C'&#233;tait une &#233;cole communale mixte. Durant 13 ans, elle a accueilli une quarantaine d'enfants de 6 &#224; 14 ans, de ces deux villages proches de Bastogne : Foy et Recogne. Dans ces villages, Papa &#233;tait respect&#233; par les parents et par ses &#233;l&#232;ves. Mais il pouvait (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Papa &#233;tant l'instituteur du village et la classe &#233;tant comme un prolongement de notre logis, j'y avais acc&#232;s d&#232;s mes 3 ans pour jouer et d&#232;s mes 5 ans pour y commencer mes apprentissages.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait une &#233;cole communale mixte. Durant 13 ans, elle a accueilli une quarantaine d'enfants de 6 &#224; 14 ans, de ces deux villages proches de Bastogne : Foy et Recogne. Dans ces villages, Papa &#233;tait respect&#233; par les parents et par ses &#233;l&#232;ves. Mais il pouvait faire peur car il lui arrivait de perdre patience et de laisser aller sa col&#232;re en donnant une ou deux gifles. Il avait le visage anguleux, des cheveux et une moustache tr&#232;s noire, des yeux plus noirs encore. Ce physique-l&#224; ajoutait peut-&#234;tre &#224; la crainte que certains &#233;prouvaient face &#224; lui. Dans les ann&#233;es cinquante il avait d&#233;j&#224; entre 45 et 50 ans et beaucoup d'exp&#233;rience dans le m&#233;tier. Il s'&#233;tait d&#233;brouill&#233; pour fabriquer tout un mat&#233;riel didactique innovant et ludique. Ainsi, pour nous distraire les jours de pluie, quand les r&#233;cr&#233;ations se passaient &#224; l'int&#233;rieur, nous avions des cartes de g&#233;ographie &#233;lectrifi&#233;es : 4 continents et la Belgique. Sans avoir jamais quitt&#233; notre Ardenne profonde, on apprenait o&#249; coulait le Nil ou le Mississipi, o&#249; se trouvaient le D&#233;troit de Gibraltar, la mer Eg&#233;e, le Groenland, le port d'Anvers.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait s&#233;v&#232;re, je vous l'ai dit, mais il pouvait se montrer tendre aussi. Je me souviens de Myriam, un peu d&#233;bile et souffrant d'&#233;pilepsie qu'il posait parfois sur ses genoux lorsqu'il prenait le temps de s'asseoir. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est ce que &#231;a fait d'avoir un p&#232;re qui est aussi, de 6 &#224; 12 ans, votre instituteur ?&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma s&#339;ur a&#238;n&#233;e et moi nous aimions l'&#233;cole et avons appris la plupart des mati&#232;res sans difficult&#233;. Moi, &#224; cet &#226;ge-l&#224;, j'&#233;tais de nature sage et ob&#233;issante. Dans l'&#233;cole de Papa j'aimais tout : La lecture, l'&#233;criture, les probl&#232;mes, les fractions, l'histoire et la g&#233;ographie, le dessin et le chant, tout. Mon fr&#232;re, lui n'aimait pas l'&#233;cole, au grand d&#233;sespoir de P	apa. C'est surtout la lecture et l'orthographe qui furent laborieux. Etait-il dyslexique ? A cette &#233;poque on n'expliquait pas cette difficult&#233; tr&#232;s particuli&#232;re. Pauvre Francis qui ne r&#233;pondait pas aux attentes de son papa-instituteur. Il n'a jamais, je crois, &#233;t&#233; gifl&#233;. Papa a, pour lui, d&#233;ploy&#233; toutes les astuces et tous les encouragements possibles. Mais il y a eu des coups de gueule, c'est s&#251;r.&lt;br&gt;
Mon fr&#232;re a gard&#233; de cette enfance-l&#224; un l&#233;ger b&#233;gaiement et un manque de confiance en lui.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons jamais parl&#233; de cette enfance commune &#224; l'&#233;cole de notre papa. Nous reparlons de tout sauf de &#231;a.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma s&#339;ur cadette, elle, n'a pas de tr&#232;s bons souvenirs non plus. Elle est de nature plus rebelle et a sans doute f&#226;ch&#233; Papa plus souvent que moi. Elle me dit surtout ne pas avoir &#233;t&#233; suffisamment stimul&#233;e et encourag&#233;e &#224; &#233;tudier. Il est vrai que nous avions rarement des devoirs et que nous n'avons pas du tout entra&#238;n&#233; notre m&#233;moire par des le&#231;ons &#224; &#233;tudier ou des po&#232;mes &#224; apprendre par c&#339;ur.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quatre heures, nous jouissions d'une tr&#232;s grande libert&#233;. Nous en usions et en abusions. Je crois que, comme nous, Papa avait surtout besoin de se d&#233;tendre et de penser &#224; autre chose qu'&#224; notre scolarit&#233;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1006' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le jour des tartes (Yvette M.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1006</link>
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		<dc:date>2014-01-21T09:05:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>F&#234;tes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
A chaque grande occasion, la classe servait aussi de salle &#224; manger pour nos nombreux invit&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque ann&#233;e, fin juin, avait lieu la f&#234;te du village, la kermesse. Ce dimanche-l&#224;, nous &#233;tions une bonne quinzaine &#224; table. Maman rechignait chaque ann&#233;e mais pour Papa, il n'&#233;tait pas question de renoncer &#224; la tradition. Il y eut aussi trois communions solennelles qui furent autant de grands repas familiaux dans notre &#233;cole transform&#233;e en salle de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique155" rel="directory"&gt;Mon enfance en Ardennes (Yvette M.)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;F&#234;tes&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique155' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A chaque grande occasion, la classe servait aussi de salle &#224; manger pour nos nombreux invit&#233;s.&lt;br&gt;
Chaque ann&#233;e, fin juin, avait lieu la f&#234;te du village, la kermesse. Ce dimanche-l&#224;, nous &#233;tions une bonne quinzaine &#224; table. Maman rechignait chaque ann&#233;e mais pour Papa, il n'&#233;tait pas question de renoncer &#224; la tradition. Il y eut aussi trois communions solennelles qui furent autant de grands repas familiaux dans notre &#233;cole transform&#233;e en salle de f&#234;te.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous les enfants, ces f&#234;tes &#233;taient sources de r&#233;jouissance et d'excitation. Mais je me souviens tr&#232;s bien de la tension grandissante entre Papa et Maman. La mauvaise humeur de Maman &#233;tait palpable. Heureusement, il n'y avait ni cris, ni pleurs. Maman n'a jamais pris plaisir &#224; cuisiner. C'est un domaine o&#249; elle ne sentait pas &#224; l'aise, sauf pour la p&#226;tisserie, les tartes surtout.&lt;br&gt;
Dans les ruines de l'ancienne &#233;cole il y avait des d&#233;pendances qui avaient mieux r&#233;sist&#233; au feu. Et l&#224;, il y avait un four, de l'autre c&#244;t&#233; de la grand-route. &lt;br&gt;Le vendredi de la f&#234;te, c'&#233;tait le jour des tartes. Papa &#233;tait charg&#233; d'allumer le feu dans le four et de le chauffer &#224; point pour la cuisson d'une douzaine de tartes et de deux g&#226;teaux. C'est important pour la pr&#233;paration de la p&#226;te lev&#233;e que tout soit &#224; bonne temp&#233;rature. Maman chauffait sa cuisine. Le stress, ajout&#233; &#224; la chaleur ambiante, rendait son teint rouge coquelicot. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais fascin&#233;e de la voir p&#233;trir, &#233;tendre les p&#226;tons &#224; l'aide d'une bouteille enfarin&#233;e, dorer les bords, graisser les &#171; pelles &#187; &#224; tartes (platines) &#224; l'aide d'un morceau de lard, garnir le tout. Il y avait des tartes au sucre, aux prunes, aux groseilles &#224; maquereau, aux pommes, aux myrtilles parfois.&lt;br&gt;
Pour aligner les groseilles, les prunes, les pommes, nos petits doigts faisaient merveille. Je me souviens aussi des tartes &#224; couvercle et d'autres au pudding (cr&#232;me p&#226;tissi&#232;re). Le moment venu, on transportait le tout vers le four et l&#224;, c'&#233;tait Papa qui officiait &#224; l'aide d'outils longuement emmanch&#233;s : nettoyer le four des cendres et tisons, enfourner les tartes et g&#226;teaux. Les tartes cuites, il fallait les d&#233;mouler tr&#232;s vite en les faisant glisser sur une &#171; volette &#187; (claie). Alors, Maman levait chaque tarte &#224; bout de bras pour en v&#233;rifier la cuisson : trop cuite parfois, pas assez ou juste &#224; point. Le four n'&#233;tait pas toujours un alli&#233; fid&#232;le. Le thermostat, ce sera pour plus tard. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'entends encore Maman pester contre les &#171; pelles &#187; trop vieilles et pas assez plates, contre le four trop chaud ou pas assez, contre Papa trop press&#233;, contre tante Ghislaine qui avait l'avantage de passer en second lieu.&lt;br&gt;
Plus tard, dans la nouvelle &#233;cole, Maman a continu&#233; &#224; faire des tartes. Dans le four de sa cuisini&#232;re, elle ma&#238;trisait mieux le processus. Ces tartes &#233;taient toujours un vrai d&#233;lice.&lt;br&gt;
C'est avec &#233;motion et nostalgie que je me rappelle tous ces moments.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres fois, au nouvel an par exemple, elle nous faisait des &#171; volettes &#187; enti&#232;res de galettes &#224; la p&#226;te lev&#233;e. Une recette h&#233;rit&#233;e de sa m&#232;re. Ma s&#339;ur a repris la tradition de ces galettes rustiques et d&#233;licates &#224; la fois, car difficiles &#224; bien r&#233;ussir.&lt;br&gt;
Si on les tartine d'un peu de beurre et &#233;ventuellement de miel, c'est un r&#233;gal. Bien s&#251;r, elles sont li&#233;es &#224; mon enfance et je ne suis pas certaine que vous les aimeriez autant que je les aime.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore un souvenir de tartes : nous sommes alors des ados et vivons dans la nouvelle &#233;cole. &lt;br&gt;
Maman a rang&#233; ses belles tartes &#224; la cave.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mauvais plaisant, &#171; Est-ce toi Maguy ? Ou toi Suzy ? &#187;, a fa&#231;onn&#233; des petites boulettes de p&#226;te brunie &#224; la cassonade et les a sem&#233;es sur les tartes. &lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; &#171; Les souris sont pass&#233;es sur mes tartes ! Que faire Victor ? &#187;&lt;br&gt;
Ni vu ni connu, Papa enl&#232;ve d&#233;licatement tout &#231;a, et Maman pr&#233;sente ses tartes &#224; table, un peu d&#233;go&#251;t&#233;e tout de m&#234;me. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les invit&#233;s se r&#233;galent. Plus tard, Maman a appris la bonne farce qu'on lui avait faite. Elle a ri de bon c&#339;ur, Papa un peu moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1005' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ma naissance pendant la guerre (Yvette M.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1001</link>
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		<dc:date>2013-12-17T09:20:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Mes parents se sont mari&#233;s en 1933. Mon p&#232;re avait 29ans et ma m&#232;re 31. A 19ans, tout jeune dipl&#244;m&#233;, mon p&#232;re devient ma&#238;tre d'&#233;cole pour deux petits villages : Foy et Recogne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que la commune lui fournisse un logement attenant &#224; l'&#233;cole, il n'est pas press&#233; de se marier. Apr&#232;s la classe il enfourne son v&#233;lo et retourne dormir chez lui, c.&#224;.d. chez son p&#232;re, sa tante et ses fr&#232;res. C'est courageux car il y a 12 km &#224; faire et la route est tr&#232;s (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique155' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mes parents se sont mari&#233;s en 1933. Mon p&#232;re avait 29ans et ma m&#232;re 31. A 19ans, tout jeune dipl&#244;m&#233;, mon p&#232;re devient ma&#238;tre d'&#233;cole pour deux petits villages : Foy et Recogne.&lt;br&gt;
Bien que la commune lui fournisse un logement attenant &#224; l'&#233;cole, il n'est pas press&#233; de se marier. Apr&#232;s la classe il enfourne son v&#233;lo et retourne dormir chez lui, c.&#224;.d. chez son p&#232;re, sa tante et ses fr&#232;res. C'est courageux car il y a 12 km &#224; faire et la route est tr&#232;s vallonn&#233;e.&lt;br&gt;
Mais, peu &#224; peu, il s'installe, se fait des amis en cr&#233;ant un club de football.&lt;br class='autobr' /&gt;
Marcel, le mar&#233;chal ferrant, voisin de l'&#233;cole, le voit souvent arriver apr&#232;s sa classe. La forge est un lieu de rencontre, un endroit fascinant pour mon p&#232;re qui est un manuel.&lt;br&gt;
Il s'ach&#232;te un appareil photo et commence &#224; s'initier &#224; ce nouvel art. Il d&#233;veloppe ses photos et une des premi&#232;res sera celle de son mariage avec ma m&#232;re qui habitait &#224; 100 m de l'&#233;cole.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma m&#232;re &#233;tait quelqu'un d'assez fragile. Elle nous raconta qu'elle fit sa premi&#232;re d&#233;pression &#224; l'&#226;ge de 20 ans. Il y en aura d'autres mais les premi&#232;res ann&#233;es de mariage et la naissance de ses quatre enfants la rassurent. Et surtout papa est quelqu'un de solide et d'optimiste sur qui on peut compter.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre dite des 18 jours en 1940, il reste mobilis&#233; dans le sud de la France jusqu'&#224; la fin de l'&#233;t&#233;. Il rentre enfin au village et la guerre se poursuit dans toute l'Europe.&lt;br&gt;
Au village, c'est l'occupation allemande mais la vie continue. Ma s&#339;ur a&#238;n&#233;e &#233;tait n&#233;e en 1938, mon fr&#232;re voit le jour en 1941. Moi je nais en 1942 et en 1944 viendra ma petite s&#339;ur. Plus tard quand j'ai r&#233;alis&#233; que j'&#233;tais n&#233;e au pire de la guerre : l'ann&#233;e des rafles, des d&#233;portations, des exterminations en masse, j'ai &#233;t&#233; tr&#232;s choqu&#233;e.&lt;br&gt;
Mes parents &#233;taient-ils au courant de toutes ces horreurs ? Je ne crois pas. Quoi qu'il en soit, je sais maintenant que l'angoisse du lendemain, la guerre et la famine n'emp&#234;chent pas les hommes et les femmes de s'aimer. Mon oncle Charles &#233;tait prisonnier en Allemagne. Il avait emport&#233; quelques photos et mon p&#232;re en avait envoy&#233; d'autres. A son retour en 1945, ces photos-l&#224; furent les seules qui restaient de ces ann&#233;es de guerre et d'un certain bonheur.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais un peu plus de 2 ans quand arriva le pire en Ardenne. Je n'ai aucun souvenir. Mes parents en parlaient de temps en temps. Il y a peu, nous avons retrouv&#233; chez les cousins de Harchies tout un courrier qui leur fut envoy&#233; durant les mois de janvier, f&#233;vrier et mars, juste apr&#232;s la bataille. C'est papa, maman, ou bonne-maman qui &#233;crit ou raconte ces terribles semaines o&#249;, le village &#233;tant sur la ligne de front, il fallut se terrer de cave en cave, fuir en pleine nuit dans le froid et la neige vers un village un peu plus s&#251;r. Un mois d'angoisse et d'horreur. Papa, le pilier de notre petite famille, avait cru bien faire en quittant le village d&#232;s qu'on avait parl&#233; d'une nouvelle offensive allemande. Quand il jugea qu'il &#233;tait temps de joindre sa femme et ses enfants, afin de faire face ensemble, on ne le laissa pas entrer. De n'importe quel c&#244;t&#233; qu'il tent&#226;t de percer les lignes arm&#233;es, il &#233;tait refoul&#233;. Heureusement, maman pouvait compter sur sa m&#232;re, son jeune fr&#232;re, sur les voisines et les cousines. Quand j'imagine ce que moi, petite loupiote de 2 ans, j'ai d&#251; vivre durant ces mois de d&#233;cembre et janvier, je ressens une immense compassion pour cette petite Yvette qui vivait un enfer. Qui pleurait beaucoup, para&#238;t-il, qui r&#233;clamait son biberon, qui avait mal au ventre, qui avait des poux, et qui aurait voulu &#234;tre prise dans les bras et rassur&#233;e. Mais il y avait sa petite s&#339;ur de neuf mois qui allait plus mal de jour en jour. Tout le monde souffrait de dysenterie. Je viens de relire une lettre de maman, &#233;crite quelque semaine apr&#232;s les &#233;v&#232;nements : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce que j'ai souffert dans les caves nuit et jour n'est pas &#224; d&#233;crire. Les deux grands sont bien portants mais Yvette et Suzy ont beaucoup d&#233;p&#233;ri. La petite Suzy qui &#233;tait si bien portante avant, &#233;tait comme une pauvre petite plante qui avait manqu&#233; de lumi&#232;re et d'air, elle &#233;tait jaune. &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, je suis s&#251;re que bonne-maman me prenait dans ses bras et essayait de me consoler au mieux. On ne me l'a pas dit, je ne m'en souviens pas. Simplement je l'esp&#232;re, je le veux ainsi. Le calvaire a pris fin. Nous sommes tous vivants et papa nous a enfin retrouv&#233;s. L'&#233;cole et son corps de logis ayant &#233;t&#233; incendi&#233;s nous sommes h&#233;berg&#233;s chez une cousine de maman &#224; Libramont. L&#224;, peu &#224; peu, chacun pourra se refaire une sant&#233;. De Libramont, date mon premier souvenir. Libramont est un gros village o&#249; passent les trains de la ligne Bruxelles-Luxembourg. A cette &#233;poque les trains sont encore &#224; vapeur et d'&#233;normes paquets de fum&#233;e sortent de la locomotive, surtout au d&#233;marrage. Les voies sont enjamb&#233;es par un pont routier et ce pont est souvent envahi par les fum&#233;es. J'en garde le souvenir. Ces paquets de fum&#233;es me faisaient tr&#232;s peur. Ce pont m&#234;me sans fum&#233;e me faisait tr&#232;s peur.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Foy, mon village natal, il ne reste quasiment que des ruines. Peu &#224; peu les fermiers reviennent pour retrouver leur terre, leur gagne-pain. Ils rach&#232;tent : lui, un cheval, eux deux vaches&#8230;. trois cochons. Ils &#171; charruent &#187; et s&#232;ment &#224; nouveau. On reconstruit, on bouche les trous laiss&#233;s par les bombes, on r&#233;cup&#232;re ce que l'on peut. Le fond d'aide aux sinistr&#233;s (F.N.S.S.) s'organise. Des baraquements sont attribu&#233;s aux familles, des meubles et des v&#234;tements aussi. La solidarit&#233; est familiale, nationale et m&#234;me internationale.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1010' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La vie au baraquement (Yvette M.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1010</link>
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		<dc:date>2013-12-17T09:19:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Les villageois attendent un ma&#238;tre d'&#233;cole pour leurs enfants. La commune installe l'&#233;cole et notre famille dans un tr&#232;s grand baraquement qui provient d'un camp allemand. Certaines fen&#234;tres sont encore pourvues de grilles ! C'est vous dire que c'&#233;tait accueillant ! &lt;br class='autobr' /&gt; Ce baraquement s'&#233;tirait le long de la grand-route Bastogne-Li&#232;ge, juste en face des ruines de l'&#233;cole et de la maison o&#249; je suis n&#233;e. C'est un baraquement tout en bois, construit (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les villageois attendent un ma&#238;tre d'&#233;cole pour leurs enfants. La commune installe l'&#233;cole et notre famille dans un tr&#232;s grand baraquement qui provient d'un camp allemand. Certaines fen&#234;tres sont encore pourvues de grilles ! C'est vous dire que c'&#233;tait accueillant ! &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce baraquement s'&#233;tirait le long de la grand-route Bastogne-Li&#232;ge, juste en face des ruines de l'&#233;cole et de la maison o&#249; je suis n&#233;e. C'est un baraquement tout en bois, construit sur pilotis. Il n'y a bien s&#251;r ni cave ni grenier. Le toit, en double pente, est couvert de carton bitum&#233;. Les plafonds suivent la pente du toit. Il a plus de 30 m de long et va abriter l'&#233;cole ( carr&#233; de 8 m sur 8 m), le vestiaire et &#171; le trou &#224; charbon &#187; ( 2 carr&#233;s de 4 m sur 4 m) Notre habitation comporte six autres pi&#232;ces : 3 chambres &#224; coucher, 1 chambre &#224; usages multiples, la cuisine et l'arri&#232;re-cuisine.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre autres carr&#233;s, tous de m&#234;me dimension, vont bient&#244;t accueillir le fr&#232;re de maman, oncle L&#233;on, qui vient de se marier et o&#249; na&#238;tront trois de leurs quatre enfants. Pas d'isolation thermique ni acoustique. En hiver, papa colmatait &#224; l'aide de vieux journaux toutes les entr&#233;es d'air froid. On allumait un po&#234;le suppl&#233;mentaire pour chauffer les chambres &#224; coucher. En &#233;t&#233;, comme dans un grenier ou une mansarde, nous subissions les jours de canicule. Il est arriv&#233; plus d'une fois que papa invite ses &#233;l&#232;ves &#224; sortir pour faire la classe dehors. Les cloisons en planches qui s&#233;paraient toutes ces petites chambres permettaient d'entendre tout ce qui se passait d'une chambre &#224; l'autre. La chambre &#224; coucher o&#249; dormaient mon oncle, ma tante et leurs quatre enfants, &#233;tait contigu&#235; &#224; notre arri&#232;re-cuisine.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au matin, les parents s'absentaient pour la traite de leurs vaches, &#224; deux cent m&#232;tres de l&#224;.&lt;br&gt;
On entendait souvent l'un ou l'autre des enfants appeler : &#171; Tante Marthe, il y a G&#233;rard qui m'emb&#234;te ! &#171; ou &#171; Marraine, viens voir, G&#233;rard m'a pris mes bonbons ! &#187; G&#233;rard, l'a&#238;n&#233;, se sentait investi de l'autorit&#233; parentale et en abusait. Papa n'intervenait jamais mais Maman se sentait oblig&#233;e d'aller r&#233;tablir la paix. &lt;br&gt;
Ces quatre cousins, n&#233;s apr&#232;s la guerre, nous avons souvent eu la charge de les garder pendant que leurs parents travaillaient dans les &#233;tables. C'&#233;tait plus une corv&#233;e qu'un plaisir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1007' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une salle de classe&#8230;.. pour prier et bien d'autres choses (Yvette M.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1007</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1007</guid>
		<dc:date>2013-12-17T09:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>Loisirs, jeux</dc:subject>
		<dc:subject>Chr&#233;tien.ne (&#234;tre)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous l'ai dit : 8m sur 8 m. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au centre une colonne portante. Une charpente apparente. Au centre &#233;galement, un gros po&#234;le cylindrique, que l'on chargeait de charbon ou de briquettes. Le mobilier : les petits et les moyens avaient des pupitres offerts par la commune de Koekelberg, les grands s'installaient autour de tables fournies par la F.N.S.S. ( F&#233;d&#233;ration Nationale de Secours aux Sinistr&#233;s). &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque grand avait d&#251; apporter sa chaise. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique155" rel="directory"&gt;Mon enfance en Ardennes (Yvette M.)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot142" rel="tag"&gt;Ecole, &#233;tudes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot174" rel="tag"&gt;Loisirs, jeux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot186" rel="tag"&gt;Chr&#233;tien.ne (&#234;tre)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique155' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je vous l'ai dit : 8m sur 8 m.&lt;br&gt;
Au centre une colonne portante. Une charpente apparente. Au centre &#233;galement, un gros po&#234;le cylindrique, que l'on chargeait de charbon ou de briquettes. Le mobilier : les petits et les moyens avaient des pupitres offerts par la commune de Koekelberg, les grands s'installaient autour de tables fournies par la F.N.S.S. ( F&#233;d&#233;ration Nationale de Secours aux Sinistr&#233;s).&lt;br&gt;
Chaque grand avait d&#251; apporter sa chaise. &lt;br&gt;
Au mur : 2 tableaux, un mat&#233;riel p&#233;dagogique de fortune.&lt;br&gt;
Le chemin de l'histoire (ligne du temps) sur papier d'emballage, l'alphabet calligraphi&#233;, les cartes de g&#233;ographie &#233;lectriques, le rappel des pi&#232;ges de la table de multiplication, les formes g&#233;om&#233;triques accompagn&#233;es de leurs formules&#8230;&#8230;&lt;br&gt;
Dans le fond de la classe : une mini-biblioth&#232;que qui contenait quelques livres lus et relus : Kazan, Sans famille, L'&#238;le au tr&#233;sor&#8230;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette salle de classe fut utilis&#233;e pour bien d'autres choses !&lt;br&gt;
Le samedi, aid&#233; de ses plus grands &#233;l&#232;ves, Papa nettoyait la classe et le vestiaire. Les bancs et les tables &#233;taient empil&#233;s dans un coin. Il versait un grand seau d'eau et &#224; l'aide d'un racloir, il amenait cette eau charg&#233;e de toutes les salissures de la semaine vers un trou perc&#233; dans le plancher.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cr&#233;puscule, arrivaient C&#233;line et Marie Toussaint afin de pr&#233;parer un rite autrement important : la messe du dimanche matin. Ma s&#339;ur a&#238;n&#233;e se souvient qu'on improvisait un autel &#224; l'aide de deux tables mises bout &#224; bout et sur&#233;lev&#233;es par des caisses &#224; munitions. Une nappe &#233;tait pos&#233;e sur les tables. Deux douilles d'obus bien astiqu&#233;es ornaient l'autel.&lt;br&gt;
Un abb&#233; venait de Bastogne pour la c&#233;l&#233;bration. Les ornements liturgiques et autres objets sacr&#233;s ne restaient pas &#224; l'&#233;cole. Marie et C&#233;line les reprenaient chez elles apr&#232;s la messe.&lt;br&gt;
Comme sacristines elles avaient le droit de les toucher. Pour nous, c'&#233;tait interdit ! Mais plus quelque chose est d&#233;fendu, plus il est tentant, c'est bien connu. Je me rappelle qu'un samedi soir, puisque tout avait &#233;t&#233; religieusement install&#233; par C&#233;line et Marie, je suis all&#233;e toucher du bout des doigts un de ces objets sacr&#233;s.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la messe, surtout en hiver puisque l'on avait chauff&#233; le local, celui-ci se transformait assez vite en salle de jeux. Ce dont je me souviens le plus, ce sont les courses &#224; trottinette ou &#224; v&#233;lo autour du pilier central. Tr&#232;s vite apr&#232;s la guerre, Papa avait mis ses talents de bricoleur au service de ses enfants. Nous avons eu des trottinettes, des tra&#238;neaux pour les jours de neige, des &#233;chasses, une balan&#231;oire, un tourniquet ou plut&#244;t une sorte de mini-carrousel &#224; deux si&#232;ges qui pivotait autour d'un axe. Il n'a jamais tr&#232;s bien fonctionn&#233;. Je me souviens aussi des &#171; ratatas &#187;, cr&#233;celles en bon fran&#231;ais, qui servaient le samedi de P&#226;ques. Puisque les cloches, selon la l&#233;gende, n'avaient plus le droit de carillonner ni les clochettes de tinter, tous les gamins du village avaient un ratata pour le rite de la messe et pour la coutume ancestrale qui consiste &#224; qu&#233;mander des &#339;ufs dans toutes les maisons du village.&lt;br&gt;
&#171; Ratata, cwar&#232;m &#232; va ! Tindo vos o&#251;s, cwar&#232;m &#232; fo&#251; ! &#187;&lt;br&gt;
Les filles &#233;taient exclues de cette coutume. Occasion de frustration pour chacune d'entre nous.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le vestiaire de l'&#233;cole, Papa avait install&#233; un banc de menuisier et tous les outils n&#233;cessaires au m&#233;tier. Scier, raboter, poncer &#233;taient pour lui bonnes fa&#231;ons de se d&#233;tendre apr&#232;s une journ&#233;e de classe.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas tout dit &#224; propos des dimanches dans notre &#233;cole d&#233;barrass&#233;e de ses tables, chaises et bancs entass&#233; dans un coin. Nous y avions de l'espace, de la chaleur et la libert&#233; en plus.&lt;br&gt;
Ma s&#339;ur a&#238;n&#233;e devenait metteur en sc&#232;ne et animatrice d'une mini troupe de th&#233;&#226;tre.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se d&#233;guisait souvent. Les v&#234;tements envoy&#233;s des USA ou d'ailleurs, aux sinistr&#233;s ardennais, n'&#233;taient pas souvent appropri&#233;s. Mais pour jouer et se d&#233;guiser c'&#233;tait une mine d'or. Ils remplissaient un coffre en bois. Il est arriv&#233; deux fois que ce jeu soit pouss&#233; plus loin et que ma s&#339;ur a&#238;n&#233;e mette sur pied un vrai spectacle &#224; l'intention des adultes. De vieilles couvertures militaires accroch&#233;es aux solives d&#233;limitaient la sc&#232;ne et les coulisses. On avait convi&#233; d'autres enfants pour &#233;toffer la troupe. Au programme il y avait la mise en sc&#232;ne de textes de lecture ou d'une chanson de l'&#233;poque : &#171; Les trois cloches &#187; par exemple se pr&#234;tait bien &#224; cet exercice. Il y avait aussi l'une ou l'autre d&#233;clamation et quelques chansons. On demandait 5 frs de droit d'entr&#233;e.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, qui avais peur de tout et m&#234;me de mon ombre, les r&#244;les &#233;taient tr&#232;s secondaires.&lt;br&gt;
Si je me souviens bien je faisais surtout de la figuration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon fr&#232;re ne participait pas du tout. Il faudra un jour que je lui demande pourquoi !&lt;br&gt;
Ma petite s&#339;ur par contre &#233;tait dans son jeu favori. Sa vocation pour le th&#233;&#226;tre est peut-&#234;tre n&#233;e alors.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce grand local qu'&#233;tait l'&#233;cole a servi &#224; autre chose encore : en hiver, Maman y mettait sa lessive &#224; s&#233;cher. C'est &#224; cause de cela qu'il y eut un jour un d&#233;but d'incendie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1009' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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