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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>Notre-Dame du Rempart entre dans la r&#233;sistance (Jos&#233; T.)</title>
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		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour plus de s&#233;curit&#233; encore, mon p&#232;re remit son sort entre les mains de Notre-Dame du Rempart, protectrice de la ville. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les jours, &#224; la sortie des bureaux, il se rendait dans la chapelle de la Vierge, avenue du Rempart, pour lui adresser sa pri&#232;re : &#034;Prot&#233;gez-nous des sales Boches&#034; et glisser dans un cat&#233;chisme qui tra&#238;nait l&#224;, tout express, sur le dossier d'une chaise num&#233;rot&#233;e, l'un ou l'autre (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique138" rel="directory"&gt;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne (Jos&#233; T.)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L144xH150/arton747-a203f.jpg?1776945133' width='144' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique138' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour plus de s&#233;curit&#233; encore, mon p&#232;re remit son sort entre les mains de Notre-Dame du Rempart, protectrice de la ville. &lt;br /&gt;
Tous les jours, &#224; la sortie des bureaux, il se rendait dans la chapelle de la Vierge, avenue du Rempart, pour lui adresser sa pri&#232;re : &#034;Prot&#233;gez-nous des sales Boches&#034; et glisser dans un cat&#233;chisme qui tra&#238;nait l&#224;, tout express, sur le dossier d'une chaise num&#233;rot&#233;e, l'un ou l'autre message urgent et cod&#233;. Il savait que quelqu'un viendrait, derri&#232;re lui, occuper le m&#234;me si&#232;ge, lirait le message pour l'apprendre par c&#339;ur avant de le jeter dans un caniveau. A l'occasion, lorsqu'il &#233;tait &#224; court de temps, et que le destinataire du message r&#233;sidait dans les environs imm&#233;diats, il m'utilisait comme agent de liaison. &lt;br /&gt;
&#034;Tu dois passer inaper&#231;u&#034;, me recommandait-il. Je m'y appliquais s&#233;rieusement. Qu'il est difficile de se rendre invisible. Je ne m'&#233;tais pas rendu compte que mon corps prenait tant de place. D'ailleurs, m&#234;me si je me cachais derri&#232;re un arbre ou dans une encoignure de porte, mon ombre pouvait encore me d&#233;noncer.&lt;br /&gt;
Le lundi et le jeudi apr&#232;s-midi, j'&#233;tais de garde dans la chambre de ma grande s&#339;ur et me faisais tout petit, assis sur son lit, tandis qu'elle captait et transmettait ses messages. Sa main s'ouvrait et se fermait &#224; la vitesse des ailes d'un colibri en train de pomper le suc d'une fleur. La regardant faire, j'avais l'impression de me trouver dans un monde magique qui fonctionnerait selon ses propres lois physiques. Elle d&#233;chiffrait, &#224; voix haute, sur un ton neutre et m&#233;canique tel un patient sous hypnose, les messages qu'elle captait dans l'air et dont je prenais note sous sa dict&#233;e. Le contenu des messages &#233;taient aussi myst&#233;rieux que la mani&#232;re dont ils nous parvenaient. &#034;Faites venir le ramoneur&#034; ou bien &#034;La bo&#238;te &#224; chaussure est vide&#034; ou encore &#034;L&#226;chez les pigeons&#034;. Parfois, il y avait une adresse et c'est alors que je me transformais en coursier invisible.&lt;br /&gt; Tous les jours de nouveaux martyrs venaient s'&#233;pancher entre &#034;ses mains qui parlent&#034;. Elle &#233;tait li&#233;e &#224; leur sort. Elle les &#233;coutait, les r&#233;confortait oubliant ainsi son propre drame. Dans la nuit, elle les entendait l'appeler et parfois &#233;tait r&#233;veill&#233;e &#224; l'aube par les cris d'adieu de celui qu'on d&#233;portait ou qu'on allait fusiller ou d&#233;capiter.&lt;br /&gt; Sa chambre n'&#233;tait plus une station de t&#233;l&#233;graphie sans fil mais une cellule qu'elle partageait avec ces inconnus meurtris, souffrants, et qu'elle ne voyait pas et peut-&#234;tre ne verrait jamais, sinon en photo, si les visiteurs insistaient pour la lui montrer.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article748' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une tentative avort&#233;e (Jos&#233; T.)</title>
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		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Conseils de guerre de l'Oberfeldkommandatur tournaient &#224; plein rendement. Les prisons continuaient &#224; se remplir. &lt;br class='autobr' /&gt; La presse clandestine placardait des circulaires appelant &#224; la r&#233;sistance contre l'occupant et d&#233;non&#231;ait les &#034;collaborateurs&#034;. Les &#034;messagers de la libert&#233; &#034; &#233;taient de plus en plus nombreux et les rexistes commen&#231;aient &#224; trembler. &lt;br class='autobr' /&gt; Le poste de radio branch&#233; sur la BBC bourdonnait plus que (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique138" rel="directory"&gt;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne (Jos&#233; T.)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L144xH150/arton748-57012.jpg?1776945133' width='144' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique138' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les Conseils de guerre de l'Oberfeldkommandatur tournaient &#224; plein rendement. Les prisons continuaient &#224; se remplir. &lt;br /&gt; La presse clandestine placardait des circulaires appelant &#224; la r&#233;sistance contre l'occupant et d&#233;non&#231;ait les &#034;collaborateurs&#034;. Les &#034;messagers de la libert&#233; &#034; &#233;taient de plus en plus nombreux et les rexistes commen&#231;aient &#224; trembler.&lt;br /&gt; Le poste de radio branch&#233; sur la BBC bourdonnait plus que jamais ; les nouvelles &#233;taient rassurantes et &#224; la fois inqui&#233;tantes. Si les alli&#233;s progressaient, les bombardements s'intensifiaient autour de nous et faisaient des victimes innocentes. Entre avril et mai, chaque jour les sir&#232;nes d'alerte se lament&#232;rent longuement sur les toits de la ville et la gare de triage de Ronet, situ&#233;e dans les faubourgs, fut souvent cribl&#233;e de balles et de bombes. Les avions alli&#233;s rempla&#231;aient dans le ciel la Luftwaffen d&#233;faillante.&lt;br /&gt; Un parfum de lib&#233;ration flottait avec insistance dans l'air. Nous appr&#238;mes que les alli&#233;s s'appr&#234;taient &#224; investir Rome.&lt;br /&gt; C'est dans ce climat d'affairement fi&#233;vreux qui annon&#231;ait le grand d&#233;barquement que l'Arm&#233;e secr&#232;te(A.S) du secteur de Namur, avertie que la Feldkommandatur se pr&#233;parait &#224; d&#233;porter tous les d&#233;tenus politiques vers l'Allemagne, d&#233;cida de planifier l'&#233;vasion massive des condamn&#233;s &#224; mort et des d&#233;tenus politiques.de la prison. Spada et bien d'autres auraient pu &#233;chapper &#224; la mort.&lt;br /&gt;
Nous &#233;tions fin mai 1944. L'A.S esp&#233;rait obtenir que les appareils de la R.A.F bombardent la gare de Namur, &#224; proximit&#233; de la prison et, profitant de la panique, elle dynamiterait le mur d'enceinte pour envahir la prison, chloroformer les gardes tapis dans les abris, et lib&#233;rer les d&#233;tenus politiques. Notre maison devait &#234;tre le quartier g&#233;n&#233;ral de cette op&#233;ration qui se ferait &#224; partir de notre jardin, par le mur de ronde, &#224; l'aller et au retour.&lt;br /&gt; Pour la circonstance, on nous mit en s&#233;curit&#233;, tous les trois, chez notre tante qui r&#233;sidait &#224; Vedrin. Ma grande s&#339;ur, elle, pr&#233;tendit rester &#224; son poste.&lt;br /&gt; Apr&#232;s une semaine qui nous sembla durer un mois, nous appr&#238;mes que le plan d'&#233;vasion avait &#233;t&#233; abandonn&#233;, Londres ayant refus&#233; de bombarder la gare au centre de la ville. Nous rentr&#226;mes chez nous, dans la hantise de plus en plus pr&#233;sente d'&#234;tre surpris et arr&#234;t&#233;s.&lt;br /&gt; Berc&#233;s un temps par un vain espoir, les condamn&#233;s &#224; mort durent se r&#233;signer &#224; leur sort. Quant &#224; nous, nous l'avions &#233;chapp&#233; belle. Que serions-nous devenus si l'attaque de la prison avait eu lieu ? &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article749' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Namur sous les bombes (Jos&#233; T.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article749</link>
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&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 6 juin, les Alli&#233;s d&#233;barquent sur les c&#244;tes de France. La paix ne doit plus tarder. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 21 juillet 1944, mon p&#232;re met notre radio &#224; la fen&#234;tre, le son &#224; fond, afin que les prisonniers puissent entendre l'hymne national. &lt;br class='autobr' /&gt; Un mois se passe encore et la proph&#233;tie qui annon&#231;ait la fin du monde, lorsque des oiseaux noirs envahiraient le ciel en si grand nombre qu'ils feraient de l'ombre au soleil, se r&#233;alise (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique138" rel="directory"&gt;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne (Jos&#233; T.)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L144xH150/arton749-72822.jpg?1776945133' width='144' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique138' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 6 juin, les Alli&#233;s d&#233;barquent sur les c&#244;tes de France. La paix ne doit plus tarder.&lt;br /&gt;
Le 21 juillet 1944, mon p&#232;re met notre radio &#224; la fen&#234;tre, le son &#224; fond, afin que les prisonniers puissent entendre l'hymne national.&lt;br /&gt; Un mois se passe encore et la proph&#233;tie qui annon&#231;ait la fin du monde, lorsque des oiseaux noirs envahiraient le ciel en si grand nombre qu'ils feraient de l'ombre au soleil, se r&#233;alise sous nos yeux.&lt;br /&gt; Nous sommes le 18 ao&#251;t 1944. Je viens de d&#233;poser un message que ma s&#339;ur m'a confi&#233; et je rentre chez moi par la rue Nanon. Depuis plusieurs heures, les sir&#232;nes larmoient p&#233;niblement sur les toits de la ville. Habitu&#233; que je suis &#224; ces fausses alertes, je ne me mets pas &#224; l'abri. J'aime regarder les gros avions qui traversent le ciel, en direction de l'Allemagne, pour y d&#233;verser leurs bombes. Cela me rassure.&lt;br /&gt; C'est ainsi que mon attention est attir&#233;e par le comportement bizarre d'une forteresse volante qui, isol&#233;e, fait des tours de piste au-dessus de la ville. Elle laisse derri&#232;re elle un cercle de fum&#233;e blanche qui se d&#233;ploie dans le ciel immens&#233;ment bleu. Je me fais la remarque qu'elle me dit &#034;bonjour&#034; &#224; sa mani&#232;re et je lui crie &#034;Hello&#034; en retour.&lt;br /&gt;
Quelques minutes plus tard, une escadrille de plusieurs dizaines de forteresses survole la ville &#224; plus basse altitude dans un vrombissement infernal, mais au lieu de continuer leur chemin vers l'Allemagne comme elles le faisaient d'habitude, elles font demi-tour &#224; deux reprises, puis soudain, l&#226;chent leurs bombes. Je sens la terre trembler sous mes pieds. Pris de panique, je cours droit devant moi, les gueules de chiens enrag&#233;s lanc&#233;s &#224; mes trousses. J'esp&#232;re les semer &#224; la course, mais elles sont plus rapides que moi !. J'entends quelqu'un crier : &#034;Couchez-vous ! Couchez-vous !&#034; et je me jette &#224; plat ventre dans un champ de pommes de terre. J'enfonce mon nez dans les feuilles et ferme les yeux, esp&#233;rant ainsi me rendre invisible.&#034; Si je ne les vois pas, les bombardiers ne pourront me voir&#034;. Ils me survolent, comme s'ils me cherchaient, d&#233;chirant l'air de leurs rugissements. La terre s'entrouvre autour de moi. L'air se d&#233;place comme s'il &#233;tait solide. C'est la fin du monde annonc&#233;e.&lt;br /&gt;
J'entends les forteresses volantes s'&#233;loigner. Bref instant de r&#233;pit, faux espoir, une seconde vague de &#034;Lib&#233;rators&#034; revient sur la ville et l&#226;che de nouvelles bombes. Une voix de femme prie &#224; c&#244;t&#233; de moi. &#034;Sainte Marie, m&#232;re de Dieu, prot&#233;gez-nous !&#034;&#8230;Nouveau r&#233;pit, les semeurs de mort reviennent une troisi&#232;me fois &#224; la charge. Je n'ose pas relever la t&#234;te. Je ne veux pas les voir. J'entends le monde s'effondrer autour de moi. Le silence succ&#232;de &#224; nouveau au tonnerre. Les monstres tonitruants se sont-t-ils retir&#233;s d&#233;finitivement ? &#034;Ils sont partis&#034; lance une voix d'homme. Je me retourne sur le dos et je scrute l'espace. &lt;br /&gt;
Sur le centre ville, un nuage de fum&#233;e noire et rouge, incandescent, monte dans le ciel, cache le soleil. Les sir&#232;nes se taisent. Le silence est impressionnant. Je me remets sur mes pieds, mes jambes tremblent. Un sanglot m'&#233;touffe. Pleurs de soulagement ou d'humiliation, pleurs d'avoir eu peur, d'une peur animale qui ne me quitte pas. J'ai vu la mort en moi, contre moi, sur moi. Elle a d&#233;chir&#233; mon enfance, elle m'a d&#233;pouill&#233; de moi-m&#234;me. &lt;br /&gt;
Ce jour-l&#224;, j'ai d&#233;couvert que j'&#233;tais vuln&#233;rable. La sensation de mon impuissance &#224; &#233;chapper &#224; la mort, le fait d'&#234;tre &#224; sa merci, sous la menace d'aveugles m&#233;caniques inhumaines, me r&#233;v&#233;la combien la vie &#233;tait fragile..&lt;br /&gt;
*&lt;br /&gt;
Je cours vers la maison, toujours pleurant. Ma m&#232;re est sur le seuil. Elle me voit, vient &#224; ma rencontre et me prend dans ses bras. Elle pleure aussi. Je n'ai pas chang&#233; et pourtant je ne suis plus le m&#234;me. &#034;Allons, allons, c'est fini. Ils sont partis. Dieu du ciel, tu es sain et sauf !&#034; soupire-t-elle, en me d&#233;barbouillant le visage t&#226;ch&#233; de terre.&#034; Papa est en ville et les bombes sont tomb&#233;es par l&#224;. Esp&#233;rons qu'il ne lui est rien arriv&#233;&#8230;Nous restons sur le seuil &#224; guetter le retour de mon p&#232;re.&lt;br /&gt;
Retour de la ville, des gens nous disent qu'il n'y a plus une maison debout, que le centre est compl&#232;tement ras&#233;, qu'il y a des milliers de morts. Et notre p&#232;re tarde &#224; rentrer. Le voil&#224; ! Du bout de la rue, il nous fait signe en agitant le bras. Nous courons &#224; sa rencontre. Il est indemne Nous sommes vivants.&lt;br /&gt;
&#8211; J'&#233;tais au milieu de la rue de Fer quand c'est arriv&#233;, explique mon p&#232;re. Les gens regardaient les avions nous survoler. Je ne sais ce qui m'a pouss&#233; &#224; descendre dans un abri. C'est la premi&#232;re fois de toute la guerre que cela m'a pris. On peut dire que &#231;a m'a sauv&#233; la vie. Quand je suis remont&#233; dans la rue, tout &#233;tait en ruine autour de moi et les gens que j'avais laiss&#233;s dehors &#233;taient couch&#233;s par terre, bless&#233;s ou morts. Il ne reste plus rien debout. la Place d'Armes, la rue Bas de la Place, la Place du Th&#233;&#226;tre Royal, le th&#233;&#226;tre m&#234;me, la place de la bourse, et la bourse ne sont plus que d&#233;bris fumants. Beaucoup de morts, beaucoup de morts&#8230;&lt;br /&gt;
&#8211; Notre Dame du rempart est avec nous !conclut ma m&#232;re. Nous avons &#233;chapp&#233; &#224; la mort, une nouvelle fois&#034;.&lt;br /&gt;
Pourquoi avec nous et pas avec les trois cent vingt-deux autres qui, eux, n'ont pas &#233;chapp&#233; aux bombes ? Cette question qui m'est venue, ce jour l&#224; ; &#224; l'esprit, et &#224; laquelle aucune r&#233;ponse sens&#233;e ne me fut donn&#233;e, non seulement me poursuivra toute la vie mais &#233;veillera mon scepticisme et m'aidera &#224; ranger au placard la Vierge du Rempart, et son fils et son p&#232;re..&lt;br /&gt;
&#034;Confront&#233;e &#224; la barbarie, la libert&#233; n'a pas de prix&#034; cette conclusion me suff&#238;t.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article750' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le sonnet de colombe (Jos&#233; T.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article750</link>
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&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Les alli&#233;s lib&#233;r&#232;rent Namur le 5 septembre I944 ; entretemps des centaines de r&#233;sistants furent encore d&#233;port&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous &#233;tions au courant de la date de leur d&#233;part, toujours aux premi&#232;res heures du jour. De l'obscurit&#233; mis&#233;rable des cellules dans laquelle clignotaient quelques rais de lumi&#232;re affair&#233;s, des cris jaillissaient, &#233;touff&#233;s par les ge&#244;liers : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Au revoir ! On ne vous oubliera jamais ! Jamais ! &lt;br class='autobr' /&gt; Que (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique138" rel="directory"&gt;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne (Jos&#233; T.)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L144xH150/arton750-5d052.jpg?1776945133' width='144' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique138' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les alli&#233;s lib&#233;r&#232;rent Namur le 5 septembre I944 ; entretemps des centaines de r&#233;sistants furent encore d&#233;port&#233;s.&lt;br /&gt;
Nous &#233;tions au courant de la date de leur d&#233;part, toujours aux premi&#232;res heures du jour. De l'obscurit&#233; mis&#233;rable des cellules dans laquelle clignotaient quelques rais de lumi&#232;re affair&#233;s, des cris jaillissaient, &#233;touff&#233;s par les ge&#244;liers :&lt;br /&gt;
&#8211; Au revoir ! On ne vous oubliera jamais ! Jamais ! &lt;br /&gt; Que sont-ils devenus ces r&#233;sistants et ces martyrs qui, durant leur s&#233;jour &#224; la prison de Namur, ont gard&#233; espoir, gr&#226;ce &#224; la colombe ? Andr&#233; de Ryckman de Betz, Andr&#233; Legrand, Raymond Marchand, Paul Spierts, Pol Depaire, Paul Staes, Paul Lambotte, Paul R&#233;gnier, De Vogelart, de Liedekerke, L&#233;opold Renard, les Decloux, p&#232;re et fils, le droguiste Keffer, Pierre et Jean Oger, Charles Paquet, Renier, Jean Calozet, Etienne Pochet, Georges Barbason, M.Oger et M.Kiend de Bouge, l'abb&#233; Servais, Vicaire de Vedrin, R.P Arysostone Eeckhout de Maredsous, de Wasseige, Bourgmestre de W&#233;pion, Joseph Lelaboureur de Wierde, Andr&#233; Gilbert de Sart-Bernard ,Georges Barbason, Fernand Ogez et tant d'autres&#8230;Certains ont surv&#233;cu, beaucoup sont morts en d&#233;portation dont les deux derniers t&#233;l&#233;graphistes, Marcel Nassogne et L&#233;opold De Hulster..&lt;br /&gt;
Le P&#232;re Leloir, aum&#244;nier de l'Arm&#233;e Secr&#232;te, lib&#233;r&#233; le 10 avril 1945 du camp de Buchenwald, d&#233;c&#233;d&#233; quelques mois plus tard dans un accident de voiture, eut encore le temps de publier un recueil de po&#232;mes m&#233;moris&#233;s durant sa d&#233;tention, dont l'un, le &#034;sonnet de colombe&#034; est d&#233;di&#233; &#224; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;&#192; Melle Marguerite Trussart&lt;br /&gt;
Qui risqua mille fois sa vie pour sauver les n&#244;tres&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
Le sonnet de colombe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hardie elle se tient debout dans l'embrasure&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa menotte se ferme et s'ouvre en barre et point&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par l&#224; que le monde veule nous rejoint&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par le geste nerveux de l'enfant grave et pure.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vois son corsage rouge et sa main droite s&#251;re.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle &#233;met : elle lance et resserre son poing.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seigneur, serait-ce vrai ? Je ne me trompe point.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la d&#233;b&#226;cle et la d&#233;route, elle l'assure.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sais-tu enfant, qu'un jour plus tard, un jour plus t&#244;t.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cent hommes de plus ou de moins au poteau.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ton message, est-il vrai, fillette aux boucles blondes ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprends, r&#233;p&#232;te, &#244; main sans bague ni rubis,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Main qui re&#231;us et qui transmis nos alibis&#8230;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patience ! Encore vingt jours, et je vous rends au monde !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31/07/44&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article751' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les paroles s'envolent et les &#233;crits restent (Jos&#233; T.)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai retrouv&#233; dans les archives gard&#233;es par mon fr&#232;re, cette lettre, h&#233;ritage de mon d&#233;funt, &#233;manant de Mme Marion-Lavis de Montgauthier dont l'&#233;poux et les deux fils avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s. Cette lettre illustre parfaitement comment les choses se passaient et combien le risque de nous faire pincer &#233;tait grand. J'ai retrouv&#233; dans les archives gard&#233;es par mon fr&#232;re, cette lettre, h&#233;ritage de mon d&#233;funt, &#233;manant de Mme (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L144xH150/arton751-df82c.jpg?1776945133' width='144' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique138' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai retrouv&#233; dans les archives gard&#233;es par mon fr&#232;re, cette lettre, h&#233;ritage de mon d&#233;funt, &#233;manant de Mme Marion-Lavis de Montgauthier dont l'&#233;poux et les deux fils avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s. Cette lettre illustre parfaitement comment les choses se passaient et combien le risque de nous faire pincer &#233;tait grand.&lt;br /&gt;J'ai retrouv&#233; dans les archives gard&#233;es par mon fr&#232;re, cette lettre, h&#233;ritage de mon d&#233;funt, &#233;manant de Mme Marion-Lavis de Montgauthier dont l'&#233;poux et les deux fils avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s. Cette lettre illustre parfaitement comment les choses se passaient et combien le risque de nous faire pincer &#233;tait grand.&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#034;&#8230;A la suite d'alertes et de combats dans les environs de Spontin, le groupe Andr&#233; Poncelet de Dinant qui comptait, &#224; ce moment, une quinzaine d'hommes et une femme, s'&#233;tait r&#233;fugi&#233; dans une villa &#224; 2kms de notre ferme. Chaque soir, ils venaient se restaurer chez nous.&lt;br /&gt;
Le lundi 20 septembre 1943, &#224; la suite d'une d&#233;nonciation, 500 allemands cern&#232;rent la villa et la ferme. Tous les occupants de la villa furent tu&#233;s, &#224; part deux d'entre eux qui furent faits prisonniers dont l'un fut fusill&#233; par la suite.&lt;br /&gt;
Mon mari et mes deux fils furent arr&#234;t&#233;s, pass&#232;rent quelques jours &#224; la prison de Dinant et furent ensuite transf&#233;r&#233;s &#224; la prison de Namur.&lt;br /&gt;
Je ne pouvais pas les voir mais je pouvais d&#233;poser et retirer leur linge. Un jour, j'ai trouv&#233;, enroul&#233; dans le col de la chemise de mon fils ain&#233;e, une feuille &#224; cigarette sur laquelle il me d&#233;crivait une maison de la rue Delimoy, &#224; Namur, d'o&#249; je pourrais converser avec lui. Mais comment la trouver ? Lui, la voyait sur l'arri&#232;re, de l'int&#233;rieur de la prison, tandis que moi je ne voyais que les fa&#231;ades dans la rue et c'&#233;tait tout diff&#233;rent.&lt;br /&gt;
J'avais sonn&#233; &#224; plusieurs portes en vain, lorsqu'un jour, alors que je rentrais chez moi par le train, d&#233;sesp&#233;r&#233;e, une bribe de conversation entre deux femmes dans le m&#234;me compartiment que moi, me mit en &#233;mois. L'une disait : &#034;t&#233;l&#233;phonez au 47-Haversin. Jugez de ma stup&#233;faction, c'&#233;tait mon n&#176; de t&#233;l&#233;phone. J'interpelle aussit&#244;t la dame qui me dit : &#034; Auriez-vous quelqu'un en prison ? &#034;. Sur mon affirmation, elle me dit : &#034;Rendez-vous au n&#176; 43, de la rue Delimoy, &#224; Namur.&#034;&lt;br /&gt;
Je m'y rendis le lendemain et j'eus la satisfaction d'&#234;tre re&#231;ue gentiment par la famille Trussart. Je fus admise &#224; me rendre &#224; l'&#233;tage. Mais comment attirer l'attention de mon cher prisonnier ? Monsieur Trussart me dit :&#034; Penchez &#8211;vous par la fen&#234;tre comme si vous regardiez dans notre cour et appelez-le par son nom.&#034;. Deux secondes plus tard, j'eus l'indicible bonheur de voir une main qui s'agitait &#224; travers les barreaux et d'entendre un joyeux &#034;bonjour maman&#034;.&lt;br /&gt;
Il faut avoir subi mes jours et mes nuits d'angoisse pour comprendre la triste joie de cet instant. Nous p&#251;mes converser ensemble. Il n'avait pas encore &#233;t&#233; interrog&#233;. Nous nous sommes entretenus de choses que j'ignorais et qui devaient dispara&#238;tre ainsi que la fa&#231;on de r&#233;pondre aux agents de la Gestapo.&lt;br /&gt;
Gr&#226;ce &#224; la famille Trussart, mon mari et mes deux fils ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s apr&#232;s avoir pass&#233; trois mois &#224; la prison de Namur.&lt;br /&gt;
J'ai d&#233;j&#224; bien pens&#233; &#224; cela depuis qu'on conna&#238;t toutes les horreurs commises par cette r... maudite, &#224; quel danger cette famille s'exposait. Je me souviens d'un jour o&#249; une des gamines vint crier :&#034; Il y a des allemands dans la rue qui semblent chercher quelque chose&#034;. Dans mon affolement, je me suis jet&#233;e sous les couvertures dans le lit d'une des filles. Heureusement c'&#233;tait une fausse alerte !&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Mont-Gauthier, le 30.9.47&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article752' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Comment passer entre les gouttes ? (Jos&#233; T.) (dernier &#233;pisode)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article752</link>
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		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Allemagne capitula le 7 mai 1945. La &#034;colombe&#034; allait sur ses 22 ans, lorsqu'en juillet 1949, suite &#224; l'intervention des prisonniers politiques survivants, elle re&#231;ut officiellement de la ville de Namur un t&#233;moignage de vive reconnaissance pour &#034;l'aide clandestine d&#233;sint&#233;ress&#233;e leur apport&#233;e durant leur d&#233;tention &#224; la prison de Namur&#034; et fut cit&#233;e &#224; l'Ordre de l'Arm&#233;e Secr&#232;te. &lt;br class='autobr' /&gt; Mon p&#232;re put de son c&#244;t&#233; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique138" rel="directory"&gt;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne (Jos&#233; T.)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L144xH150/arton752-db04e.jpg?1776945133' width='144' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique138' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Allemagne capitula le 7 mai 1945. La &#034;colombe&#034; allait sur ses 22 ans, lorsqu'en juillet 1949, suite &#224; l'intervention des prisonniers politiques survivants, elle re&#231;ut officiellement de la ville de Namur un t&#233;moignage de vive reconnaissance pour &#034;l'aide clandestine d&#233;sint&#233;ress&#233;e leur apport&#233;e durant leur d&#233;tention &#224; la prison de Namur&#034; et fut cit&#233;e &#224; l'Ordre de l'Arm&#233;e Secr&#232;te.&lt;br /&gt; Mon p&#232;re put de son c&#244;t&#233; ajouter une m&#233;daille de r&#233;sistant &#224; la panoplie de ses d&#233;corations gagn&#233;es &#224; la guerre 14-18 qu'il avait pi&#233;tin&#233;es rageusement le 28 mai 1940 suite &#224; la capitulation royale, et que ma m&#232;re avait restaur&#233;es et &#233;pingl&#233;es dans un cadre tout neuf.&lt;br /&gt; A noter, comme le dit le sonnet, que ma s&#339;ur n'&#233;tait plus une enfant depuis longtemps. Partager la souffrance des autres l'avait m&#251;rie avant l'&#226;ge. Elle pouvait dire : &#034;Apr&#232;s une telle &#233;preuve, je ne serai plus jamais la m&#234;me&#034; et je peux dire, &#224; mon tour, la connaissant, qu'elle en resta meurtrie &#224; vie. &lt;br /&gt; La vie ne la m&#233;nagea pas. Si son adolescence fut bouscul&#233;e, ce qui s'ensuivit fut dramatique. Elle se maria tr&#232;s jeune et obtint le divorce apr&#232;s une bataille juridique hom&#233;rique. D&#233;pression, perte de sommeil, elle n'&#233;tait pas n&#233;e pour cultiver le bonheur. Son dernier souci, aujourd'hui, est de veiller sur sa petite fille.&lt;br /&gt; Quand je l'interroge sur ce temps de guerre qui a boulevers&#233; le cours de sa vie, elle pr&#233;tend avoir tout oubli&#233;, refuse d'en parler et rend hommage &#224; l'h&#233;ro&#239;sme et au courage de nos parents.&lt;br /&gt; Cependant, une question n'a cess&#233; de me tarauder l'esprit&#8230;&lt;br /&gt;
Comment se peut-il que nous n'ayons pas &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233;s par la Gestapo ? Un ge&#244;lier n'avait-il pas confi&#233; &#224; un de nos &#034;clients&#034; que les Allemands avaient connaissance de l'existence d'un &#034;t&#233;l&#233;phone&#034; entre la prison et l'ext&#233;rieur ? Des centaines de personnes de toutes origines n'ignoraient rien de nos activit&#233;s clandestines. Est-il possible qu'aucune ne parla ? &lt;br /&gt;
Le commandant de l'Arm&#233;e Secr&#232;te de Nassogne, par exemple, fut averti par nos soins, - un de ses hommes ayant &#034;crach&#233; le morceau&#034; sous la torture, le mot de passe, l'emplacement des d&#233;p&#244;ts de munitions et d'essence d&#233;voil&#233;s - que les S.S. projetaient d'&#233;liminer le maquis de Jan&#233;e.&lt;br /&gt; &#8211; Qu'ils viennent ! Nous les attendons de pied ferme, avait r&#233;torqu&#233; le commandant Bodart en charge de ce secteur, sur le ton du &#034;nuts&#034; matamoresque du G&#233;n&#233;ral am&#233;ricain Mc Aulifft &#224; Bastogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aurait-il pris la m&#234;me d&#233;cision s'il avait su que l'assaut serait men&#233; par la Garde et les L&#233;gions wallonnes et flamandes renforc&#233;es par un escadron blind&#233; de la Wafen S.S. soit plus de 2.500 soldats aguerris et surarm&#233;s. &lt;br /&gt;
Plusieurs r&#233;sistants furent captur&#233;s et tortur&#233;s sur place, mais les S.S. perdirent tout de m&#234;me 185 hommes dans la plus importante bataille que l'Arm&#233;e Secr&#232;te eut &#224; mener sur le territoire belge. S'&#233;tant rendu compte que leur plan avait &#233;t&#233; &#233;vent&#233; et que l'Arm&#233;e Secr&#232;te avait eu le temps de s'organiser, les S.S. firent tout pour d&#233;couvrir d'o&#249; la fuite &#233;tait venue. Personne ne parla.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce r&#233;seau de communication, dont ma s&#339;ur d&#233;tenait la clef, avait des ramifications sur un tr&#232;s vaste territoire, particuli&#232;rement en province de Namur et dans le Brabant wallon, et &#224; Bruxelles m&#234;me. Nombre de r&#233;sistants arr&#234;t&#233;s auraient pu nous d&#233;noncer sous la torture, ne serait-ce que ceux qui assur&#232;rent la transmission des messages. Jamais rien ne filtra. &lt;br /&gt; Ma s&#339;ur Maria pr&#233;tend que c'est un miracle et que nous le devons &#224; Notre-Dame du Rempart, protectrice de la ville de Namur dont mon p&#232;re n'oublia jamais le soutien. Jusqu'&#224; sa mort, chaque jour, il la remercia d'avoir prot&#233;g&#233; sa famille. Grand invalide de guerre, meurtri dans sa chair, gaz&#233;, tr&#233;pan&#233;, n'ayant connu d'adolescence que celle qu'il avait pass&#233;e de seize &#224; vingt ans dans les tranch&#233;es du &#034;boyau de la mort&#034;, sur l'Yser, dans son esprit seule la foi pouvait expliquer qu'il soit sorti vivant de toutes ces &#233;preuves.&lt;br /&gt; Je ne crois pas au miracle. La chance, oui, le hasard, peut-&#234;tre le destin ! Je ne sais ce que ces mots sous-entendent sinon qu'ils existent pour expliquer l'inexplicable sans devoir, n&#233;cessairement, s'en r&#233;f&#233;rer &#224; Dieu ou au Diable. Par contre, je crois au courage et &#224; l'intelligence dont certains hommes sont capables lorsqu'ils sont mis en face de leurs responsabilit&#233;s. On parle alors de fraternit&#233; et d'h&#233;ro&#239;sme. &lt;br /&gt; J'ai racont&#233; cette histoire pr&#233;cis&#233;ment pour rendre hommage &#224; la m&#233;moire de ces r&#233;sistants, de mes valeureux parents et de ma grande s&#339;ur, qui fut l'h&#233;ro&#239;ne de mes 12 ans. &lt;br /&gt; Elle refusera probablement de me lire comme elle a refus&#233; syst&#233;matiquement de r&#233;pondre &#224; mes questions lorsque je tentais d'&#233;clairer certains aspects de cette p&#233;riode dont elle occupait les premi&#232;res lignes.&lt;br /&gt;
Je l'entends me dire : &#034; Laisse-moi tranquille. Le h&#233;ros de cette histoire, ce n'est pas moi, c'est papa ! &#034; Ou bien encore : &#034;Je ne veux plus en entendre parler. Cela me fait trop mal&#034;.&lt;br /&gt; Qu'elle le veuille ou non, c'est pourtant &#224; son intention que je rapporte cet exceptionnel fait de r&#233;sistance, afin qu'elle sache qu'elle fut, en ce temps-l&#224;, mon h&#233;ro&#239;ne, et combien j'admirais ce qu'elle faisait et combien cela me f&#226;che qu'elle n'en ait pas &#233;t&#233; r&#233;compens&#233;e comme il se doit. La vie ne l'a pas g&#226;t&#233;e. Ce ne fut pas la seule injustice. Si mon p&#232;re &#233;chappa aux camps de concentration, il connut une mort atroce, rong&#233; par un cancer dans lequel il se noya.&lt;br /&gt;
Notre-Dame du Rempart &#224; laquelle il vouait une telle adoration n'aurait-elle pu lui &#233;viter une fin de vie aussi mis&#233;rable !&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Je hais cette femme f&#233;tiche aux pieds de laquelle il alluma tant de cierges.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Macadam et Micheline, noms de guerre ou petits noms d'amour (Jos&#233; T.) </title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article740</link>
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		<dc:date>2010-05-31T13:46:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis que ma s&#339;ur Maguy s'appelle Micheline, je la d&#233;couvre et la regarde mieux. &lt;br class='autobr' /&gt; Les traits fins, le corps bien proportionn&#233;, mince, coquette et charmante, elle aime mettre en valeur sa f&#233;minit&#233;. Quand elle m'autorise &#224; entrer dans la chambre &#034;des filles&#034;, je la trouve souvent devant le grand miroir de sa garde-robe en train de se peigner ou de se maquiller. Elle me prie parfois de boutonner sa blouse (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L144xH150/arton740-711af.jpg?1776945133' width='144' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique138' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis que ma s&#339;ur Maguy s'appelle Micheline, je la d&#233;couvre et la regarde mieux. &lt;br /&gt; Les traits fins, le corps bien proportionn&#233;, mince, coquette et charmante, elle aime mettre en valeur sa f&#233;minit&#233;. Quand elle m'autorise &#224; entrer dans la chambre &#034;des filles&#034;, je la trouve souvent devant le grand miroir de sa garde-robe en train de se peigner ou de se maquiller. Elle me prie parfois de boutonner sa blouse dans le dos. Elle attire naturellement le regard des gar&#231;ons et ne reste pas indiff&#233;rente &#224; leurs avances. &lt;br /&gt; Au cours d'un s&#233;jour r&#233;cent &#224; la campagne chez le cousin F, je constatai qu'il ne lui d&#233;plaisait pas qu'un jeune homme la courtise. J'&#233;tais son messager aupr&#232;s de ce gar&#231;on qui attendait je ne sais quoi plant&#233; devant les grilles cadenass&#233;es de la propri&#233;t&#233;. Par contre, les familiarit&#233;s du cousin F, la rebutaient et c'est &#224; cause de cela que notre s&#233;jour fut abr&#233;g&#233;. Impressionnant de bonne sant&#233;, le cousin, mari&#233; et d&#233;j&#224; p&#232;re, nous inqui&#233;tait par le plaisir &#233;vident qu'il trouvait &#224; ch&#226;trer, en notre pr&#233;sence, les cochonnets hurlants et &#224; exhiber dans sa main rouge de sang leurs bourses tum&#233;fi&#233;es.&#034; Ils prendront plus vite du poids&#034;, disait-il, en rigolant.&lt;br /&gt; En fait, tout ce que je connaissais de ma grande s&#339;ur, c'est qu'elle suivait des cours de commerce et de dactylo dans une &#233;cole priv&#233;e, contre son gr&#233; par ailleurs car, en fait, elle r&#234;vait d'&#234;tre h&#244;tesse de l'air, ce qui lui fut refus&#233; plus tard en raison de sa petite taille. Je me souviens aussi qu'elle nous raconta que pour abr&#233;ger le chemin qui la conduisait &#224; l'Institution scolaire, elle avait travers&#233; &#224; pied la Meuse gel&#233;e sur toute sa largeur tant l' hiver fut rude, cette ann&#233;e l&#224;.&lt;br /&gt;
Probablement r&#234;vait-t-elle aussi d'une aventure dans laquelle le valeureux chevalier, sans peur et sans reproche, l'emporterait sur son cheval blanc pour lui offrir les pr&#233;sents de l'amour.&lt;br /&gt;
&#034;Macadam&#034; jeune r&#233;fractaire du travail, qui n'avait pas vingt ans, et qui &#233;tait tomb&#233; sous son charme, r&#234;vait, sans doute, d'&#234;tre ce chevalier-l&#224; et ne se cachait pas pour le lui faire savoir, entre deux messages s&#233;rieux envoy&#233;s par des d&#233;tenus dont la vie &#233;tait en sursis.&lt;br /&gt;
Sous la houlette d'un flirt qui ne tarda pas &#224; se dessiner, n'&#233;tait-ce pas l'occasion inesp&#233;r&#233;e d'&#233;chapper &#224; la tutelle familiale, ma s&#339;ur apprit donc l'alphabet morse au rythme des battements de son c&#339;ur.&lt;br /&gt;
Moi, qui n'avais encore que douze ans, je la devinais, je la comprenais, je l'admirais. Elle devint, sans qu'elle s'en doute, mon h&#233;ro&#239;ne.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article741' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les mains qui parlent (Jos&#233; T.)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'instigation de son Rom&#233;o, le laborieux jeu de lettres en cartons fut vite remplac&#233; par la main : ferm&#233;e en poing pour un point et ouverte pour une barre. &lt;br class='autobr' /&gt; Pas d'&#233;crit, pas de son, c'est le syst&#232;me de communication le plus s&#251;r et le plus silencieux jamais mis au point dans l'histoire de la cryptographie. Il ne laisse aucune trace. Il vole et passe dans l'air comme un papillon rose. Les tourtereaux sont (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique138' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A l'instigation de son Rom&#233;o, le laborieux jeu de lettres en cartons fut vite remplac&#233; par la main : ferm&#233;e en poing pour un point et ouverte pour une barre.&lt;br /&gt; Pas d'&#233;crit, pas de son, c'est le syst&#232;me de communication le plus s&#251;r et le plus silencieux jamais mis au point dans l'histoire de la cryptographie. Il ne laisse aucune trace. Il vole et passe dans l'air comme un papillon rose. Les tourtereaux sont seuls au monde, ce qui les rend plus ing&#233;nieux. Le mot &#034;amour&#034; se traduit en abr&#233;g&#233; par un &#034;point&#034; qui est la lettre &#034;A&#034;, premi&#232;re lettre de l'alphabet. &lt;br /&gt; De son c&#244;t&#233;, &#034;Macadam&#034; mettait, en m&#234;me temps, en place un r&#233;seau de communication &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de la prison en utilisant les tuyauteries comme fil conducteur. Sur base du m&#234;me syst&#232;me morse mais en s'appuyant sur les sons, martelant les tuyaux, du creux d'une cuill&#232;re pour les barres et du dos pour les points, il captait et envoyait des messages. La nuit, la prison bourdonnait comme une for&#234;t hant&#233;e par des tams-tams et, d&#232;s le matin, les messages circulaient entre la prison et ma s&#339;ur qui les donnait en clair &#224; mon p&#232;re qui se chargeait de les transmettre aux destinataires.&lt;br /&gt;
D&#232;s le 14 novembre 1943, &#034;,un syst&#232;me de liaison t&#233;l&#233;graphique entre la prison et l'ext&#233;rieur. La m&#233;canique g&#233;niale des &#034;Mains qui parlent&#034; est mise en place et ne s'arr&#234;tera plus d'&#233;mettre jusqu'&#224; la Lib&#233;ration. &lt;br /&gt; Et oui, ma grande s&#339;ur qui &#034;&#8230;se tient debout dans l'embrasure, fermant et ouvrant sa menotte en barre et point&#8230;&#034; n'est ni folle, ni sourde, ni muette. Amoureuse, elle ignore tout simplement qu'elle est devenue, en fait, l'agent principal de liaison d'un r&#233;seau de communication clandestin dont les ramifications ne cesseront de s'&#233;tendre jusqu'&#224; atteindre les maquis de l'Ardenne profonde, et dont l'Arm&#233;e Secr&#232;te tirera bient&#244;t profit. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article742' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le chien a mal aux dents (Jos&#233; T.)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Des centaines de messages vont ,d&#232;s lors, circuler, entre la prison et l'ext&#233;rieur, soit adress&#233;s aux familles des d&#233;tenus, soit &#224; des r&#233;seaux de r&#233;sistance, maintenant le moral des prisonniers et sauvant des vies menac&#233;es par la Gestapo. &lt;br class='autobr' /&gt;
En mars 1944 ,&#034;Macadam&#034;, transf&#233;r&#233; dans une autre prison, passe le syst&#232;me &#224; Pierre Adam de Namur &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il fallut redoubler de vigilance. &lt;br class='autobr' /&gt; Une lettre ,dat&#233;e du 29 mai 1944, (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique138' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des centaines de messages vont ,d&#232;s lors, circuler, entre la prison et l'ext&#233;rieur, soit adress&#233;s aux familles des d&#233;tenus, soit &#224; des r&#233;seaux de r&#233;sistance, maintenant le moral des prisonniers et sauvant des vies menac&#233;es par la Gestapo.&lt;br /&gt;
En mars 1944 ,&#034;Macadam&#034;, transf&#233;r&#233; dans une autre prison, passe le syst&#232;me &#224; Pierre Adam de Namur&lt;br /&gt;
Mais il fallut redoubler de vigilance.&lt;br /&gt; Une lettre ,dat&#233;e du 29 mai 1944, frapp&#233;e du cachet hitl&#233;rien, sign&#233;e par le Heeresjustizoberinspektor, priait mon p&#232;re &#034; &lt;i&gt;de bien vouloir laisser les fen&#234;tres de la fa&#231;ade post&#233;rieure de votre maison ferm&#233;es pendant toute la journ&#233;e et d'y laisser les rideaux baiss&#233;s. Ne cherchez par aucun moyen &#224; communiquer avec les prisonniers&lt;/i&gt;&#8230;&#034;Cette lettre se terminait par cette formule &#233;trangement polie et bienveillante ! : &#034; &lt;i&gt;Si suite &#224; cet avertissement, vous ne tenez pas compte de nos recommandations, nous serons dans l'obligation d'agir et de ne plus tenir compte d'aucune indulgence &#224; votre &#233;gard. &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
La Gestapo s'&#233;tait rendu compte qu'il y avait des fuites. Apr&#232;s avoir soup&#231;onn&#233; certains gardiens, elle suspecta l'existence &#034;d'un t&#233;l&#233;phone&#034; vers l'ext&#233;rieur. Elle fit circuler &#034;des moutons&#034; dans les cellules. Il fallut stopper toute communication avec les d&#233;tenus, le temps que la m&#233;fiance se dissipe. Patience, patience, notre fen&#234;tre resta close. Le petit bouquet de marguerites tint lieu de consolation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis en &#233;veil par l'Arm&#233;e secr&#232;te qui, mitraillette sous le manteau, &#233;tait venue sur place v&#233;rifier le fonctionnement de notre r&#233;seau, mon p&#232;re prit de sages mesures de pr&#233;caution. Pour filtrer les visiteurs il imposa un mot de passe, &#034;Le chien a mal aux dents&#034; et pendit dans le hall d'entr&#233;e, c&#244;t&#233; ouvre-porte, dans un cadre dor&#233;, la photographie d'un fox terrier &#224; poil dur, gueule band&#233;e, yeux larmoyants, sosie de Milou mordu par un perroquet r&#226;leur, dans &#034;Tintin au Congo&#034;. En face, sur une commode, il entassa astucieusement des &#034;SIGNAL&#034;, revue de propagande nazie, &#233;dit&#233;e &#224; Berlin, style &#034;Le Soir Illustr&#233;&#034;, en plus national socialiste.&lt;br /&gt; &#8211; Qu'on nous prenne pour des collaborateurs nazis, tant mieux ! Nous serons ainsi en s&#233;curit&#233;.&lt;br /&gt;
Nous d&#233;vorions jusqu'&#224; l'indigestion ces revues o&#249; abondaient images et couleurs.&lt;br /&gt; Sur une photo en pleine page, un char allemand cloue au sol un avion russe qui s'appr&#234;te &#224; d&#233;coller et sur une autre, en double page, c'est un g&#233;ant teuton, casqu&#233; et bott&#233;, le visage balafr&#233;, la bouche d&#233;form&#233;e, l'uniforme tach&#233; de sang, qui r&#233;duit au silence, avec son lance-flamme, un bunker russe dont les occupants, torches vivantes, tentent de s'&#233;chapper. En l&#233;gende, on peut lire : &#034;Le soldat allemand se bat jusqu'&#224; sa derni&#232;re cartouche, le soldat russe fuit d&#232;s qu'il se croit cern&#233;.&#034;.&lt;br /&gt;
C'est dans le m&#234;me num&#233;ro de cette revue si g&#233;n&#233;reusement illustr&#233;e que je d&#233;couvris la munificence du mus&#233;e du Louvre et fit connaissance avec Isabelle, &#233;pouse de l'empereur Charles-Quint, peinte par le Titien. L'article s'intitulait : &#034;Voici ce qui nous rend la vie agr&#233;able !&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article743' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'amour et la mort (Jos&#233; T.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article743</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Les rideaux sont tir&#233;s, la fen&#234;tre entreb&#226;ill&#233;e et, par ce petit espace m&#233;nag&#233; que ma s&#339;ur gagne en rampant pour &#233;viter l'&#339;il de la Gestapo toujours aux aguets, ses &#034;mains qui parlent &#034; et qui sont muettes quelques jours, recommenc&#232;rent &#224; parler. &lt;br class='autobr' /&gt; Avant d'&#234;tre d&#233;port&#233; &#224; son tour, Adam refila le syst&#232;me &#224; son cod&#233;tenu, Robert Van Gremberghe, dit &#034;Spada &#034; &lt;br class='autobr' /&gt; D&#232;s l'abord, ce dernier insista afin que l'on pr&#233;vienne, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique138" rel="directory"&gt;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne (Jos&#233; T.)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L144xH150/arton743-5a54f.jpg?1776945133' width='144' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton &#034;Ma soeur, cette h&#233;ro&#239;ne&#034;, &#233;crit par Jos&#233; T. &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique138' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les rideaux sont tir&#233;s, la fen&#234;tre entreb&#226;ill&#233;e et, par ce petit espace m&#233;nag&#233; que ma s&#339;ur gagne en rampant pour &#233;viter l'&#339;il de la Gestapo toujours aux aguets, ses &#034;mains qui parlent &#034; et qui sont muettes quelques jours, recommenc&#232;rent &#224; parler. &lt;br /&gt; Avant d'&#234;tre d&#233;port&#233; &#224; son tour, Adam refila le syst&#232;me &#224; son cod&#233;tenu, Robert Van Gremberghe, dit &#034;Spada &#034;&lt;br /&gt; D&#232;s l'abord, ce dernier insista afin que l'on pr&#233;vienne, Loucky, sa fianc&#233;e r&#233;sidant &#224; Bruxelles. Celle-ci, recherch&#233;e aussi par la Gestapo et mise au courant par les bons soins de mon p&#232;re, craignant les contr&#244;les dans le train, nous arriva &#224; v&#233;lo. &lt;br /&gt; C'&#233;tait une belle jeune fille, sportive et valeureuse, chevelure blonde relev&#233;e en rouleau sur le front, les l&#232;vres couleur cerise et les yeux couleur d'aventure. Elle portait des chaussures &#224; talon compens&#233; avec des semelles de li&#232;ge, ce qui la rendait plus grande et plus svelte. Elle avait vingt ans. &lt;br /&gt; &#8211; Nous avons particip&#233; au sabotage d'un train de munitions. Dans l'escarmouche qui en r&#233;sulta, un soldat allemand fut tu&#233; et mon fianc&#233; a &#233;t&#233; captur&#233;, nous avoua-t-elle. &lt;br /&gt; Ainsi f&#251;mes-nous embarqu&#233;s dans une aventure plus p&#233;rilleuse que jamais dont Loucky devint la nouvelle h&#233;ro&#239;ne. Nous &#233;tions tous sous l'emprise de son charme, mais elle n'en avait cure. Modiste de son emploi, elle avait l'art de se tailler les robes qui mettait en valeur sa beaut&#233; Elle &#233;tait s&#233;duisante Mais il n'y avait dans son c&#339;ur qu'une seule place, celle r&#233;serv&#233;e &#224; son h&#233;ros, &#034;Spada&#034;, le Zorro de Bruxelles, agent du Service Sp&#233;cial de Sabotage de l'Arm&#233;e Secr&#232;te.!&lt;br /&gt; Une amiti&#233; admirative et r&#233;ciproque naquit bient&#244;t entre elle et ma s&#339;ur, toutes deux amoureuses d'un d&#233;tenu dont la vie &#233;tait en sursis. Elles se consolaient mutuellement, inconscientes des risques qu'elles couraient. &lt;br /&gt; Adopt&#233;e par la famille, Loucky passait ses week-ends chez nous, nos s&#339;urs partageant leur chambre avec elle. Elle apportait, chaque fois, un bouquet de roses rouges qu'elle d&#233;posait dans un vase sur l'appui de fen&#234;tre de la chambre, bien en vue des cellules. Elle signalait ainsi sa pr&#233;sence &#224; son fianc&#233;. Ma s&#339;ur l'imitait &#224; sa mani&#232;re. Elle m'envoyait cueillir des marguerites qui poussaient en quantit&#233; sur la pelouse du chemin de ronde. Elle les exposait dans son propre vase, une tasse &#224; caf&#233; &#233;br&#233;ch&#233;e. Je me doutais que le rouge des roses exprimait un sentiment plus fort que la blancheur des marguerites au c&#339;ur jaune et j'en d&#233;duisis que la relation qui liait Loucky &#224; &#034;Spada&#034; &#233;tait plus intime que celle qu'entretenait ma s&#339;ur avec &#034;Macadam &#034;dont on entendait plus parler. &lt;br /&gt; Cependant Loucky n'&#233;tait pas pr&#233;sente tous les jours. Elle tenait un salon de mode r&#233;put&#233; &#224; Bruxelles et devait souvent s'absenter. Durant ce temps, c'&#233;tait ma s&#339;ur qui recueillait les confidences et les &#233;tats d'&#226;me de &#034;Spada.&lt;br /&gt; Soumis r&#233;guli&#232;rement dans les caves de la Gestapo, &#224; des interrogatoires, il en sortait meurtri et ma s&#339;ur tentait de le r&#233;conforter, tout en dissimulant la r&#233;alit&#233; &#224; Loucky afin de la m&#233;nager. C'est ainsi qu'au fil du temps et des &#233;preuves, une relation plus intime se d&#233;veloppa entre Spada et ma s&#339;ur qui s'inventait, &#224; l'insu de sa meilleure amie et tr&#232;s innocemment, un nouvel amour. Un jour, Spada la louangeait pour sa coiffure, un autre jour, il la complimentait pour sa blouse. De son c&#244;t&#233;, elle l'id&#233;alisait. Quant &#224; &#034;Macadam&#034;, &#034;loin des mains, loin du c&#339;ur&#034; il se trouvait d&#233;finitivement d&#233;class&#233;.&lt;br /&gt; C'est ainsi que dans ce climat de vie et de mort naquit entre ces &#034;Mains qui se parlent&#034; mais ne se voient pas, entre le mur sinistre de la prison et la fen&#234;tre entreb&#226;ill&#233;e d'une maison, un amour clandestin et tragique.&lt;br /&gt; C'&#233;tait parfois si douloureux &#224; vivre que ma s&#339;ur se confiait &#224; ma m&#232;re pour se soulager. &#034;Ils l'ont frapp&#233; &#224; la t&#234;te avec un presse-papier...Ils veulent qu'il d&#233;nonce ses comparses&#8230; Il avait le visage en sang quand ils l'ont ramen&#233; dans sa cellule...Ils lui ont arrach&#233; un ongle avec une pince&#034; clamait-t-elle au bord de la crise de nerf. &#034;Sa main est si douloureuse qu'il ne peut plus la lever et correspondre mais il refuse toujours de parler. C'est son ami de cellule, le fr&#232;re Adolphe, qui a pris la rel&#232;ve. &#034;&lt;br /&gt;
Ma m&#232;re se taisait et laissait ma s&#339;ur pleurer sur son &#233;paule, devinant que tant de douleur exprim&#233;e ne pouvait &#234;tre l'effet que d'un attachement d&#233;sesp&#233;r&#233;. Moi-m&#234;me, impuissant, j'en &#233;tais boulevers&#233;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ainsi s'&#233;tirait ce roman que nous lisions ensemble, qui se termina en trag&#233;die ce jour fatidique o&#249; &#034;Spada&#034; le terroriste, le fianc&#233; de Loucky, sur lequel ma s&#339;ur avait veill&#233; sans compter, mains, c&#339;ur et &#226;me, pourrait-on dire, passionn&#233;ment en tout cas, fut condamn&#233; &#224; mort. &lt;br /&gt; &#8211; Il refuse toujours de parler. Ils vont le fusiller, sanglotait ma grande s&#339;ur, au comble de la d&#233;solation. Elle r&#233;v&#233;lait au grand jour le sentiment profond qui la liait &#224; cet homme, un sentiment qui la d&#233;passait, plus grand et plus fort qu'elle n'en pouvait supporter et la plongeait dans un monde hors de toute consid&#233;ration et de toute norme.&lt;br /&gt; Toute la nuit, elle veilla, laissant br&#251;ler sur l'appui de fen&#234;tre la flamme d'une bougie. Aux premi&#232;res lueurs de l'aube du 1er juillet 1944, elle envoya &#224; son amour secret les derniers mots de r&#233;confort avant qu'on ne le coll&#226;t au champ de man&#339;uvre de Ronet, contre un panneau de briques &#233;br&#233;ch&#233;es, face &#224; un peloton casqu&#233;. &lt;br /&gt; Elle imagina un interminable silence, un interminable chant d'oiseau dans les rayons horizontaux du soleil levant et, avec le condamn&#233; &#224; mort, elle entendit le dernier mot de la derni&#232;re chanson humaine : &#034;Feuer !&#034; Comme le condamn&#233; au poteau d'ex&#233;cution, elle sentit dans son corps, en m&#234;me temps qu'un claquement sec qui r&#233;veilla en sursaut l'espace endormi, le dernier contact fulgurant de l'acier qui le traversait de part en part, suivi d'un silence d&#233;finitif tandis que la terre vampire se gorgeait de son sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article744' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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