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	<title>Ages et transmissions</title>
	<link>https://agesettransmissions.be/</link>
	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>Rencontres interculturelles (Jacques S.)</title>
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		<dc:date>2021-02-12T15:01:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Voyages</dc:subject>
		<dc:subject>Racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Rencontres interculturelles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En tant que journaliste m&#233;dical, j'ai &#233;t&#233; amen&#233; &#224; voyager pour couvrir des congr&#232;s m&#233;dicaux, en ce compris dans plusieurs pays musulmans. J'y ai toujours &#233;t&#233; re&#231;u avec beaucoup de respect et de gentillesse. Pas seulement par le personnel de l'h&#244;tel, mais aussi par les passants &#224; qui je demandais mon chemin par gestes, en montrant un morceau de papier o&#249; j'avais gribouill&#233; l'adresse o&#249; je devais me rendre. &lt;br class='autobr' /&gt; En 2006, dans l'avion pour Istanbul, ma voisine m'a propos&#233; de me servir de guide dans sa ville. Elle (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot200" rel="tag"&gt;Rencontres interculturelles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En tant que journaliste m&#233;dical, j'ai &#233;t&#233; amen&#233; &#224; voyager pour couvrir des congr&#232;s m&#233;dicaux, en ce compris dans plusieurs pays musulmans. J'y ai toujours &#233;t&#233; re&#231;u avec beaucoup de respect et de gentillesse. Pas seulement par le personnel de l'h&#244;tel, mais aussi par les passants &#224; qui je demandais mon chemin par gestes, en montrant un morceau de papier o&#249; j'avais gribouill&#233; l'adresse o&#249; je devais me rendre. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2006, dans l'avion pour Istanbul, ma voisine m'a propos&#233; de me servir de guide dans sa ville. Elle m'a montr&#233; le palais de Topkapi aux robinets en or, plusieurs mosqu&#233;es, le Bosphore. Un jour, nous nous sommes retrouv&#233;s involontairement au beau milieu d'une manifestation communiste. Bon enfant et disciplin&#233;s, les r&#233;volutionnaires s'arr&#234;taient aux feux rouges. Musulmane ne portant pas le voile, ma guide m'a parl&#233; de sa religion, avec beaucoup de tol&#233;rance pour les objections de l'infid&#232;le que j'&#233;tais. C'est cette rencontre qui m'a &#8211; lentement &#8211; fait changer mes id&#233;es sur l'islam. &lt;br&gt;
En &#201;gypte, j'ai rencontr&#233; une Am&#233;ricaine d'origine mexicaine. Convertie &#224; l'islam, se sentant mal &#224; l'aise aux &#201;tats-Unis, elle a &#233;migr&#233; avec son mari arabo-am&#233;ricain. Elle porte des voiles aux couleurs vives et a un sourire ravageur. Vid&#233;aste sous-marine, elle r&#233;alise des films superbes, que l'on peut voir sur Facebook. &lt;br&gt;
Des b&#233;douins &#233;gyptiens m'ont invit&#233; &#224; prendre le th&#233; chez eux, de mani&#232;re impromptue. C'&#233;tait du th&#233; en sachet, mais c'&#233;tait de bon c&#339;ur. Je me suis demand&#233; s'il fallait demander ce que je leur devais. Dans le doute, je me suis abstenu. Bien m'en a pris, je les aurais gravement insult&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par contre, j'ai manqu&#233; de respect envers la petite b&#233;douine &#224; qui j'ai achet&#233; un bracelet sans marchander. Fi&#232;rement, du haut de ses 10 ans, elle a lanc&#233; un deuxi&#232;me bracelet &#224; mes pieds : elle ne voulait pas de ma charit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me suis promen&#233; sur le march&#233; de Bamako, seul europ&#233;en au milieu d'une foule d'Africains. Je me suis promen&#233; seul dans des ghettos noirs, un peu partout aux &#201;tats-Unis. Sans probl&#232;me.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; force, j'ai fini par trouver que le voile musulman &#233;tait sexy et qu'il mettait les yeux en valeur. Et je me suis rendu compte que les femmes voil&#233;es ne sont pas toutes des terroristes, que l'on peut m&#234;me parler et plaisanter avec certaines d'entre elles. J'avoue cependant ne pas &#234;tre &#224; l'aise devant la burqa. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Bruxelles, j'ai eu l'occasion de visiter des familles musulmanes. J'ai toujours &#233;t&#233; tr&#232;s bien re&#231;u, dans des int&#233;rieurs impeccablement tenus. Avec le recul, je regrette de ne pas m'&#234;tre d&#233;chauss&#233;, comme eux, par politesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela m'a amen&#233; &#224; revoir pas mal d'id&#233;es re&#231;ues, bas&#233;es en grande partie sur l'ignorance et la peur de l'inconnu, du genre &#171; tous des profiteurs, des fain&#233;ants, et de dangereux d&#233;linquants &#187;. Je ne veux pas para&#238;tre ang&#233;lique non plus, il y a des mauvais partout. Mais aussi chez les gens bien de chez nous. J'ai eu des ennuis avec des Arabes, mais aussi avec des blancs-bleus-belges. Je refuse dor&#233;navant les amalgames et les g&#233;n&#233;ralisations. Je refuse les emails haineux et racistes. Tant pis pour ceux et celles qui ne l'acceptent pas, je me porte mieux lorsque je ne vis pas dans la haine. &lt;br&gt;
Et je me demande dans quelle mesure certains expatri&#233;s ne se comporteraient pas mieux s'ils n'&#233;taient pas l'objet de vexations et d'exclusions, s'ils &#233;taient trait&#233;s avec respect. Je sais de quoi je parle : je suis d'origine polonaise. Une voisine de palier, belge, m'a r&#233;cemment dit de retourner dans mon pays. Je me suis aussi fait traiter de &#8216;Belge' par un Africain. De &#8216;Belge', pas de &#8216;sale Belge'&#8230;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On reproche aux immigr&#233;s de profiter de la s&#233;curit&#233; sociale belge. Quand nous sommes arriv&#233;s en Belgique en 1946, r&#233;fugi&#233;s politiques, avec litt&#233;ralement ce que nous avions sur le dos, ma famille a b&#233;n&#233;fici&#233; de la g&#233;n&#233;rosit&#233; belge. Je crois pouvoir dire que nous avons largement rembours&#233; notre dette envers la soci&#233;t&#233;, depuis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;cit d'un pr&#234;tre-ouvrier (Jean-Pierre)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1279</link>
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		<dc:date>2020-12-11T13:02:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie (A&amp;T)</dc:creator>


		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>
		<dc:subject>Chr&#233;tien.ne (&#234;tre)</dc:subject>
		<dc:subject>Rencontres interculturelles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034;, &#224; la Maison des Femmes de Molenbeek, 2016-2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233; en 1934, j'ai pass&#233; mon enfance &#224; Uccle. Mon p&#232;re &#233;tait un tyran, mes parents &#233;taient d&#233;sunis et donc l'ambiance &#224; la maison &#233;tait tr&#232;s mauvaise. Mais heureusement, j'avais une &#233;chappatoire : la paroisse, o&#249; j'avais des amis de mon &#226;ge. J'y trouvais la paix et j'y ai rencontr&#233; un pr&#234;tre protecteur qui est devenu pour moi un p&#232;re de substitution. A 18 ans je suis entr&#233; au s&#233;minaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Devenir pr&#234;tre-jardinier &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour devenir (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot200" rel="tag"&gt;Rencontres interculturelles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique170'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt;, &#224; la Maison des Femmes de Molenbeek, 2016-2017&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;N&#233; en 1934, j'ai pass&#233; mon enfance &#224; Uccle. Mon p&#232;re &#233;tait un tyran, mes parents &#233;taient d&#233;sunis et donc l'ambiance &#224; la maison &#233;tait tr&#232;s mauvaise. Mais heureusement, j'avais une &#233;chappatoire : la paroisse, o&#249; j'avais des amis de mon &#226;ge. J'y trouvais la paix et j'y ai rencontr&#233; un pr&#234;tre protecteur qui est devenu pour moi un p&#232;re de substitution. A 18 ans je suis entr&#233; au s&#233;minaire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Devenir pr&#234;tre-jardinier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour devenir pr&#234;tre, il fallait accepter le c&#233;libat et renoncer &#224; une profession. On &#233;tait enti&#232;rement au service de l'Eglise. Avant le s&#233;minaire, j'avais &#233;tudi&#233; l'horticulture, j'aimais &#231;a. La pr&#234;trise &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme une vocation, pas un m&#233;tier. Pourtant moi, je le consid&#232;re aujourd'hui comme un m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 8 ans de travail pastoral, j'ai demand&#233; &#224; aller travailler en tant que pr&#234;tre-ouvrier. Ma motivation &#233;tait de mieux conna&#238;tre le monde populaire. Et j'ai &#233;t&#233; engag&#233; comme man&#339;uvre-jardinier. Quand on dit jardinier, les gens croient que cela consiste &#224; cueillir des fleurs. Mais l'am&#233;nagement des jardins est un travail tr&#232;s dur, parfois dans la boue, avec des brouettes lourdes et peu maniables. A l'&#233;poque, on n'avait pas de mat&#233;riel moderne pour faciliter la t&#226;che. Je me souviens avoir pleur&#233; un jour de d&#233;couragement : il avait plu et il y avait plein de boue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis n&#233;anmoins rest&#233; pr&#234;tre-ouvrier pendant 6 ans. J'avais de bonnes relations avec les ouvriers qui ont ignor&#233; pendant tout un temps que j'&#233;tais pr&#234;tre. Je me souviens qu'un ouvrier apprenant que j'&#233;tais pr&#234;tre m'a dit : &#171; tu as raison de venir travailler, tes affaires vont tout de m&#234;me &#224; la ruine ! &#187; Quand un client a demand&#233; &#224; me rencontrer, un ouvrier a dit : &#171; c'est normal ces gens-l&#224; aiment parler avec les pr&#234;tres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela m'a apport&#233; beaucoup dans la connaissance de la condition ouvri&#232;re. Les contacts &#233;taient bons. J'ai d&#233;couvert que les ouvriers parlaient en patois flamand ; c'&#233;tait un refuge, afin de ne pas &#234;tre compris par les patrons ou les clients francophones. Cette exp&#233;rience m'a beaucoup servi car j'ai &#233;t&#233; par la suite dans diff&#233;rentes paroisses tr&#232;s populaires et assez difficiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etre homme et pr&#234;tre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents ne m'ont jamais parl&#233; des choses de l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je suis entr&#233; au s&#233;minaire, nous avons eu des cours de biologie, nous avons &#233;tudi&#233; le corps humain. Le professeur nous a dit : la semaine prochaine j'aborderai le cours d'&#233;ducation g&#233;nitale, ce sera en latin et vous ne poserez pas de questions ! Ce cours a &#233;t&#233; tr&#232;s clair et pr&#233;cis sur les organes de l'homme et de la femme. C'est tout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ma vie de pr&#234;tre, j'ai vu beaucoup de femmes car &#224; l'&#233;glise ce sont elles les plus pr&#233;sentes ; pour elles j'&#233;tais &#171; le m&#226;le inoffensif &#187;. Elles me faisaient confiance. J'ai fait des camps avec des guides, des cheftaines qui avaient &#224; peu pr&#232;s mon &#226;ge, il n'y a jamais eu de probl&#232;me. Au d&#233;part, on &#233;tait prot&#233;g&#233; par la soutane. Ensuite, c'&#233;tait comme une sorte de soutane invisible. Si j'avais des attirances, elles &#233;taient vite refoul&#233;es &#8230; ou sublim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'Uccle &#224; Molenbeek, je choisis les milieux populaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; responsable de plusieurs paroisses, d'abord &#224; Uccle mais &#224; ma demande j'ai souhait&#233; exercer dans des paroisses plus populaires : Schaerbeek, St Josse, Molenbeek : quel d&#233;paysement par rapport &#224; Uccle ! Je me sens chez moi l&#224; o&#249; je vis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis tr&#232;s fier du &#171; Clou &#187;, une maison de jeunes de quartier que j'ai cr&#233;&#233;e &#224; St Josse pr&#232;s du Botanique. Cela a commenc&#233; il y a quarante ans : 4 -5 gar&#231;ons et filles sont venus me voir pour faire un club ; ils m'ont dit : &#171; on est trop jeunes pour aller danser dans un dancing &#187;. On a commenc&#233; dans le local d'un ancien couvent ; initialement cela s'appelait &#171; Le Couvent &#187;. On y a install&#233; un &#171; juke-box &#187; ce qui permettait de faire des apr&#232;s-midis dansantes de 16 &#224; 22h. Je pouvais ainsi les surveiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lieu c'est transform&#233; petit &#224; petit en maison de jeunes belgo-italiens, belgo-grecs et actuellement belgo-marocains. C'est devenu une maison de jeunes reconnue ; son public est aujourd'hui quasi exclusivement masculin. Cela m'a donn&#233; une entr&#233;e extraordinaire dans le monde des jeunes immigr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 40 ans je vis au milieu de personnes d'origine &#233;trang&#232;re dans des communes multiculturelles. Mon r&#234;ve fou : une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire ! Ma devise : &#171; heureux ceux qui r&#234;vent et qui sont capables d'en payer le prix &#187; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Mon mari italien (Jeannine)</title>
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		<dc:creator>Mich&#232;le A&amp;T</dc:creator>


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Rencontres interculturelles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034;, La Fonderie, 2013-14 &lt;br class='autobr' /&gt;
J'aurais pu vivre en Italie puisque mon mari &#233;tait italien. Mais je n'avais pas envie d'aller y vivre. Au d&#233;but, on a un peu h&#233;sit&#233; et puis finalement, Michel, mon mari, a d&#233;cid&#233; de venir vivre en Belgique. C'&#233;tait en 1962. Il a trouv&#233; facilement du travail. Mais pour lui, la Belgique, c'&#233;tait du provisoire, il r&#234;vait de retourner en Italie. Et puis, on a eu les enfants, et petit &#224; petit, il a pris racine ici. Pendant longtemps, il ne (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique170'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt;, La Fonderie, 2013-14&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'aurais pu vivre en Italie puisque mon mari &#233;tait italien. Mais je n'avais pas envie d'aller y vivre. Au d&#233;but, on a un peu h&#233;sit&#233; et puis finalement, Michel, mon mari, a d&#233;cid&#233; de venir vivre en Belgique. C'&#233;tait en 1962. Il a trouv&#233; facilement du travail. Mais pour lui, la Belgique, c'&#233;tait du provisoire, il r&#234;vait de retourner en Italie. Et puis, on a eu les enfants, et petit &#224; petit, il a pris racine ici. Pendant longtemps, il ne voulait pas &#234;tre propri&#233;taire parce qu'il ne voulait pas s'enraciner ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il a pris sa retraite, beaucoup de gens ont demand&#233; : &#171; Et alors, quand allez-vous retourner en Italie ? &#187; Moi aussi, il y a quelques ann&#233;es, je me disais que j'aimerais bien vivre en Italie. Mais ici tout est tr&#232;s organis&#233; : l'administration, la s&#233;curit&#233; sociale, les h&#244;pitaux, &#8230; En Italie, si on est malade, les h&#244;pitaux ne fonctionnent pas aussi bien qu'ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel &#233;tait du Sud de l'Italie, il parlait facilement avec tout le monde. Dans le sud, on est toujours bien accueilli. Quand on allait dans la famille de Michel, ils dormaient sur le divan et nous dans la chambre &#224; coucher ! Ce sont vraiment des mentalit&#233;s diff&#233;rentes ! Je me rappelle, un jour, en Italie, on attendait le bus et il est pass&#233; sous notre nez. Quelqu'un qu'on ne connaissait pas nous a invit&#233;s &#224; prendre le caf&#233; &#224; la maison en attendant le bus suivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en Italie du Sud, les mentalit&#233;s sont plus bloqu&#233;es notamment concernant les filles et les gar&#231;ons. Quand notre fille a voulu vivre avec son ami sans &#234;tre mari&#233;e, elle s'est disput&#233;e avec son p&#232;re. Moi, j'&#233;tais d'accord et finalement elle a &#233;t&#233; vivre avec son ami. C'&#233;tait quand m&#234;me moi qui assumais tout &#224; la maison. Lui, il partait travailler !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'a jamais particip&#233; au m&#233;nage, mais s'occupait bien des enfants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De Schaerbeek &#224; Koekelberg, les quartiers changent (Lutgarde)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1258</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mich&#232;le A&amp;T</dc:creator>


		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>
		<dc:subject>Rencontres interculturelles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034;, La Fonderie, 2013-14 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis belge et j'ai toujours habit&#233; &#224; Bruxelles. En 1962, j'ai quitt&#233; la maison familiale de Schaerbeek pour venir vivre seule &#224; Koekelberg, la commune dans laquelle je travaillais. A l'&#233;poque, cela ne se faisait pas de quitter ses parents pour vivre seule. Cela m'a lib&#233;r&#233;e d'un cocon ! Depuis, j'ai toujours v&#233;cu &#224; Koekelberg. Je me suis mari&#233;e en 1966. Nous sommes d'abord rest&#233;s dans mon petit appartement, ensuite avec l'arriv&#233;e du troisi&#232;me (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot200" rel="tag"&gt;Rencontres interculturelles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique170'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt;, La Fonderie, 2013-14&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis belge et j'ai toujours habit&#233; &#224; Bruxelles. En 1962, j'ai quitt&#233; la maison familiale de Schaerbeek pour venir vivre seule &#224; Koekelberg, la commune dans laquelle je travaillais. A l'&#233;poque, cela ne se faisait pas de quitter ses parents pour vivre seule. Cela m'a lib&#233;r&#233;e d'un cocon ! Depuis, j'ai toujours v&#233;cu &#224; Koekelberg. Je me suis mari&#233;e en 1966. Nous sommes d'abord rest&#233;s dans mon petit appartement, ensuite avec l'arriv&#233;e du troisi&#232;me enfant, nous avons d&#233;m&#233;nag&#233; dans une maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque, dans le quartier, il y avait surtout des familles avec des jeunes enfants, tous des Belges. Aujourd'hui, il reste 3 &#8211; 4 Belges, ce sont des &#171; r&#233;sistants &#187;. Moi, je n'ai jamais eu beaucoup de relations avec mes voisins car je travaillais &#224; l'ext&#233;rieur. Je n'ai jamais eu non plus de probl&#232;mes de voisinage. Les gens d&#233;m&#233;nagent beaucoup. Une fois, des Marocains m'ont invit&#233;e chez eux pour la fin du Ramadan mais je n'ai pas pu y aller &#224; cause d'un emp&#234;chement de derni&#232;re minute &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'aurais pas aim&#233; vivre ailleurs. Je suis fort attach&#233;e &#224; Bruxelles et &#224; ma famille. Un jour, mon mari a eu une offre en tant que photographe pour aller travailler et vivre &#224; Dallas. Mais &#233;tant donn&#233; que je suis fille unique, je me consid&#233;rais comme responsable de mes parents et puisque le plus loin o&#249; je n'ai jamais &#233;t&#233;, c'est au pied des Dolomites, je n'ai pas voulu partir &#224; Dallas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'&#233;tais petite, j'allais en vacances dans la famille de ma m&#232;re en Campine. Tout le monde se connaissait et me saluait par mon pr&#233;nom. Maintenant, beaucoup a chang&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque o&#249; ma m&#232;re est arriv&#233;e &#224; Bruxelles, il y avait un guichet &#224; Schaerbeek pour les Flamands ; maintenant il y en a un pour les Marocains !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Interculturalit&#233; &#224; Bruxelles (Lucie S.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article969</link>
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		<dc:date>2013-04-29T12:24:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Solitude</dc:subject>
		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>
		<dc:subject>Rencontres interculturelles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je fais du b&#233;n&#233;volat dans une commune de Bruxelles&#8230;Je donne des cours d'alphab&#233;tisation aux personnes les plus &#226;g&#233;es en demande de cours de fran&#231;ais. &lt;br class='autobr' /&gt;
La plus jeune a 55 ans et la plus &#226;g&#233;e 78 ! Mais quel chouette groupe ! Ce sont toutes des femmes de nationalit&#233; diff&#233;rentes et qui avancent. Nous avons commenc&#233; par les pr&#233;sentations : pr&#233;nom, nationalit&#233;, adresse... Maintenant nous en sommes &#224; la conjugaison. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quel a &#233;t&#233; mon fou rire quand je leur ai appris le verbe &#171; se laver &#187; : je (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH113/arton969-09d5c.jpg?1779783345' width='150' height='113' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je fais du b&#233;n&#233;volat dans une commune de Bruxelles&#8230;Je donne des cours d'alphab&#233;tisation aux personnes les plus &#226;g&#233;es en demande de cours de fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus jeune a 55 ans et la plus &#226;g&#233;e 78 ! Mais quel chouette groupe ! Ce sont toutes des femmes de nationalit&#233; diff&#233;rentes et qui avancent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons commenc&#233; par les pr&#233;sentations : pr&#233;nom, nationalit&#233;, adresse... Maintenant nous en sommes &#224; la conjugaison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel a &#233;t&#233; mon fou rire quand je leur ai appris le verbe &#171; se laver &#187; : je me lave, tu me laves... H&#233; non, tu te laves et j'ai mim&#233; le fait de laver ma voisine, l&#224; elles ont aussi bien ri !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous favorisons la conversation et l'une d'elles s'est fait voler son porte-feuille &#224; la caisse d'une grande surface. Et elle s'est tr&#232;s bien faite comprendre gr&#226;ce &#224; ses mimes et mises en sc&#232;nes&#8230;C'&#233;tait un bon moment pour tout le groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous avons appris les noms de couleurs&#8230;voyant le &#187; brun &#171; elles ont toutes dit spontan&#233;ment : &#171; chocolat &#187;&#8230;en se l&#233;chant les l&#232;vres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, comme elles ne sont pas riches, elles n'ont pas compris le terme &#171; surg&#233;lateur &#187;, pourtant certaines doivent en avoir un petit dans leur frigo, mais je ne suis pas parvenue &#224; le leur faire comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il leur est difficile de prononcer le E, c'est &#233;&#8230;.j&#233; coup&#233; un&#233; pomm&#233;... et quand j'essaye de les corriger , elles rient de me voir taper sur ma poitrine pour sortir le E.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un petit aper&#231;u de ce qu'on peut vivre avec ces personnes &#8230;et je vous assure qu'elles sont reconnaissantes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les africaines me disent : &#171; merci ma&#238;tresse &#187; ! &lt;br class='autobr' /&gt;
ouf.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mutation culturelle (Bernard L.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article970</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article970</guid>
		<dc:date>2013-04-29T12:24:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>
		<dc:subject>Rencontres interculturelles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A la fin des ann&#233;es 60, un changement dans notre vie &#224; Bruxelles est apparut : notre femme d'ouvrage, belge, a &#233;t&#233; remplac&#233;e par Rimo, une costaude femme marocaine. &lt;br class='autobr' /&gt; Souriante, bosseuse, elle abattait deux fois plus de travail que les pr&#233;c&#233;dentes et elle nous apportait un vent d'exotisme. Elle baragouinait p&#233;niblement en fran&#231;ais mais se faisait tr&#232;s bien comprendre. C'est pendant cette p&#233;riode que nous avons d&#233;couvert les &#034;Hallouas&#034; petites p&#226;tisseries marocaines que l'on mange aux f&#234;tes, et le (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH106/arton970-fc11c.jpg?1779783345' width='150' height='106' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A la fin des ann&#233;es 60, un changement dans notre vie &#224; Bruxelles est apparut : notre femme d'ouvrage, belge, a &#233;t&#233; remplac&#233;e par Rimo, une costaude femme marocaine.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souriante, bosseuse, elle abattait deux fois plus de travail que les pr&#233;c&#233;dentes et elle nous apportait un vent d'exotisme. Elle baragouinait p&#233;niblement en fran&#231;ais mais se faisait tr&#232;s bien comprendre. C'est pendant cette p&#233;riode que nous avons d&#233;couvert les &#034;Hallouas&#034; petites p&#226;tisseries marocaines que l'on mange aux f&#234;tes, et le d&#233;licieux Couscous.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis Rimo a d&#251; arr&#234;ter de travailler, son mari avait &#233;pous&#233; une plus jeune au Maroc et cela l'avait boulevers&#233;. Elle fut remplac&#233;e par une autre marocaine, Oumkaltzoum, une tr&#232;s douce dame qui &#233;tait arriv&#233;e avec toute une famille &#224; nourir, son mari &#233;tant malade et invalide. C'est ensuite sa fille Batoul qui lui a succ&#233;d&#233;. Nous &#233;tions apr&#232;s ces ann&#233;es bien au fait des traditions, et des coutumes de nos amis Marocains.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretemps j'avais commenc&#233; &#224; travailler dans la restauration, et j'avais de nombreux coll&#232;gues marocains et tunisiens &#233;galement avec lesquels j'entretenais de vrais relations d'amiti&#233;. J'ai m&#234;me &#233;t&#233; invit&#233; &#224; plusieurs mariages. A mon actif, je dois dire que je n'ai &#233;t&#233; &#233;duqu&#233; avec des principes racistes dans ma famille. A titre d' exemple, mon p&#232;re nous disait que les congolais &#233;taient nos cousins, d'autres disant avec sup&#233;riorit&#233; que nous &#233;tions leurs &#034;oncles&#034;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1979 que tout a commenc&#233; &#224; basculer. Certains marocains de mes amis commen&#231;aient &#224; parler de Khomeini comme le &#034;meilleur des musulmans&#034;, le malaise s'installait. Le mari de Batoul, qui vivait jusqu'alors comme n'importe quelle europ&#233;enne a commenc&#233; &#224; faire pression sur elle pour qu'elle s'habille &#034;d&#233;cemment&#034;, lui interdisant les sorties etc.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et j'ai assist&#233; pendant les ann&#233;es qui ont suivi &#224; une lente propagation de ce pourrissement des relations, jusqu'&#224; ce que le lien se rompe tout &#224; fait lors de mon d&#233;m&#233;nagement hors de Bruxelles. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'ayant plus aucune relation avec le monde musulman, je ne peux pas juger de la situation actuelle. Une chose est s&#251;re, c'est avec tristesse que je constate que les liens d'amiti&#233; vraie que j'avais avec ces personnes ont disparu et le malaise ambiant depuis plus de dix ans me ferait h&#233;siter &#224; en renouer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bruxelles, ma belle (Viviane D.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article968</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article968</guid>
		<dc:date>2013-04-29T12:23:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>
		<dc:subject>Rencontres interculturelles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Grande ville de mon pays, je te connais &#224; peine. Je te vois en images &#224; la t&#233;l&#233;vision et, parfois, je te lis dans des livres, sur le Net ou dans les journaux. &lt;br class='autobr' /&gt; Au fond de ma m&#233;moire, il reste quelques clich&#233;s, des souvenirs d'excursions scolaires comme ta Grand-Place, ton parlement, l'Atomium, le Plan&#233;tarium et ton fid&#232;le ami, ce gamin souriant qui change de costume &#224; chaque grande occasion. On m'a souvent cont&#233; que ton Manneken Pis faisait l'unanimit&#233;. Est-il r&#233;ellement le roi de la f&#234;te quand les (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Grande ville de mon pays, je te connais &#224; peine. Je te vois en images &#224; la t&#233;l&#233;vision et, parfois, je te lis dans des livres, sur le Net ou dans les journaux. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond de ma m&#233;moire, il reste quelques clich&#233;s, des souvenirs d'excursions scolaires comme ta Grand-Place, ton parlement, l'Atomium, le Plan&#233;tarium et ton fid&#232;le ami, ce gamin souriant qui change de costume &#224; chaque grande occasion. On m'a souvent cont&#233; que ton Manneken Pis faisait l'unanimit&#233;. Est-il r&#233;ellement le roi de la f&#234;te quand les touristes affluent au pied de sa fontaine ?&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, je t'ai rendu visite deux fois. Lors de ma premi&#232;re exp&#233;dition en ao&#251;t 2008, j'ai vu ta gare du Nord o&#249; les gens nombreux se fr&#233;quentent sans m&#234;me se c&#244;toyer. J'&#233;tais une &#233;trang&#232;re au c&#339;ur d'une foule immense qui allait en tous sens. &#192; la sortie de la gare, j'ai attendu ton tram. En m'engouffrant dedans, j'avais une inqui&#233;tude, celle de rater l'arr&#234;t qui m'attendait au loin.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ma verte campagne, ce sont les chants des oiseaux qui bercent mon r&#233;veil et &#233;gayent ma journ&#233;e. Entends-tu encore les oiseaux dans tous les bruits de ton quotidien ? Dans mon vaste jardin, je savoure les minutes qui s'&#233;gr&#232;nent lentement. Et toi, sens-tu le parfum des fleurs au milieu de toutes ces odeurs qui me tournaient sur le c&#339;ur lors de cette escapade ? Tes grands parcs ont-ils &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s pour permettre &#224; tes habitants de prendre un bain de nature ?&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma toute derni&#232;re visite date du 27 d&#233;cembre 2012. Betsy, une cousine de mon p&#232;re ch&#232;re &#224; mon c&#339;ur, &#233;tait &#224; l'h&#244;pital Saint-Pierre non loin de la Porte de Hall, dans le quartier des Marolles. En voiture, la visite &#233;tait toute autre. Les tunnels qui n'en finissaient pas, la circulation abondante, les coups de klaxon, les feux&#8230; Tout semblait aller si vite !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assise derri&#232;re mon fils qui conduisait le v&#233;hicule en se faufilant dans une circulation, je n'&#233;tais pas trop rassur&#233;e. Le paysage d&#233;filait. En regardant les boutiques, leurs enseignes et les gens qui marchaient dans les rues, j'avais l'impression de visiter le monde, de changer de pays &#224; chaque nouveau quartier. Gr&#226;ce &#224; certaines tenues vestimentaires, je devinais les origines des personnes que j'observais par la fen&#234;tre.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond de mon cul-de-sac, je vois chaque matin le m&#234;me voisinage. Un petit signe de la main, un sourire au passage, quelques mots &#233;chang&#233;s&#8230; On vit chacun chez soi. O&#249; est pass&#233; le temps o&#249; les voisins partageaient la vie de leur quartier ? &#199;a me manque parfois. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez toi, la population est dense et diversifi&#233;e. Dis-moi, comment font tous ces gens pour arriver &#224; vivre ensemble avec leurs diff&#233;rences ? Habitant loin de chez eux, se regroupent-ils ensemble pour conserver la culture, les us et les coutumes de leur pays natal ?&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non loin de l'h&#244;pital, se trouvaient des restaurants de toutes les sortes. Nous sommes entr&#233;s dans un italien et nous y avons d&#233;gust&#233; une pizza d&#233;licieuse berc&#233;s par la musique typique de ce pays. Lors de ce jour de d&#233;paysement, tu m'offrais un petit air d'Italie.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le repas termin&#233;, je suis all&#233;e voir Betsy dans sa chambre d'h&#244;pital. Les jeunes qui m'accompagnaient, sont all&#233;s prendre un bain de foule. Pas besoin de parcourir le monde pour le d&#233;couvrir, il suffisait de te visiter. On trouvait de tout chez toi. Sans voyager, on pouvait s'impr&#233;gner d'une vaste diversit&#233; culturelle et go&#251;ter &#224; des mets savoureux ayant franchi les fronti&#232;res. Ils en sont revenus enchant&#233;s.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quelques pas du restaurant, une dr&#244;le de surprise m'attendait. Mon nom de famille &#233;tait &#233;crit en grandes lettres sur l'enseigne d'un fun&#233;rarium proche de l'h&#244;pital. &#201;tait-ce l&#224; signe de bon ou de mauvais pr&#233;sage ? &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruxelles, ma belle, je te connais &#224; peine. En janvier, ma Betsy m'a quitt&#233;e emportant ma raison de me rendre chez toi. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de t'abandonner, j'ai une confidence &#224; te faire. Lors de ma derni&#232;re visite, tu m'as ouvert les yeux. Je ne suis qu'une &#233;trang&#232;re vivant dans un petit coin de paradis de mon pays natal. Si je devais aller un jour vivre &#224; Bruxelles, je pense que j'aurais bien du mal &#224; m'adapter &#224; ton mode de vie si diff&#233;rent du mien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Visiter Molenbeek (Danielle D.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article950</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article950</guid>
		<dc:date>2013-04-16T09:10:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>
		<dc:subject>Rencontres interculturelles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un, deux, trois mails envoy&#233;s coup sur coup dans l'unique but de nous faire r&#233;fl&#233;chir et de nous encourager &#224; nous pr&#233;parer &#224; ce que sera notre futur d'ici quarante ans. Sans aucun doute, selon ceux-ci, un pays dirig&#233; par un r&#233;gime islamiste soumis &#224; la Charia. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'en est trop ! Surtout quand on sait que cela vient d'un &#171; ami &#187; qui roule mensuellement avec nous &#224; v&#233;lo. Oui, notre irritation premi&#232;re prend la couleur de l'indignation, sentiment propice &#224; ne pas laisser ce geste sans r&#233;ponse. Outre le fait (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot200" rel="tag"&gt;Rencontres interculturelles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH113/arton950-2e051.jpg?1779783345' width='150' height='113' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un, deux, trois mails envoy&#233;s coup sur coup dans l'unique but de nous faire r&#233;fl&#233;chir et de nous encourager &#224; nous pr&#233;parer &#224; ce que sera notre futur d'ici quarante ans. Sans aucun doute, selon ceux-ci, un pays dirig&#233; par un r&#233;gime islamiste soumis &#224; la Charia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'en est trop ! Surtout quand on sait que cela vient d'un &#171; ami &#187; qui roule mensuellement avec nous &#224; v&#233;lo. Oui, notre irritation premi&#232;re prend la couleur de l'indignation, sentiment propice &#224; ne pas laisser ce geste sans r&#233;ponse. Outre le fait d'attirer, par retour de courrier, l'attention de notre correspondant sur, tant&#244;t le manque de sources cr&#233;dibles, tant&#244;t la personnalit&#233; de l'exp&#233;diteur, un avocat point&#233; par l'Ordre pour malhonn&#234;tet&#233; et membre du FN, nous d&#233;cidons d'&#234;tre plus cr&#233;atifs en cherchant une solution qui orienterait notre groupe v&#233;lo vers une r&#233;flexion sur le mieux vivre ensemble &#224; Bruxelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trouv&#233; ! Nous les conduirons &#224; Molenbeek pour un tour de 22 kilom&#232;tres au sein de la commune. La d&#233;couverte est pr&#233;par&#233;e avec soin. L'histoire nous servira de fil conducteur. Figure de proue de la r&#233;volution industrielle, nous retrouverons les vestiges de celle-ci au coeur du Bas Molenbeek : anciennes minoteries, la fonderie, usines de tabac, d&#233;bris des premi&#232;res locomotives, bains publics toujours d'actualit&#233; mais cr&#233;&#233;s au temps des masures agglutin&#233;es sur quelques ares. Regard orient&#233; sur le Petit Ch&#226;teau inaugur&#233; peu apr&#232;s notre ind&#233;pendance pour prot&#233;ger la ville de cette rive gauche mouvement&#233;e o&#249; manifestations et gr&#232;ves se r&#233;p&#233;taient p&#233;riodiquement. Dynamique revendicatrice et solidaire excellemment bien rendue par le peintre Eug&#232;ne Laermans, originaire de Molenbeek. Ainsi, de coup de p&#233;dale &#224; coup de p&#233;dale, nous am&#232;nerons le groupe vers les premi&#232;res am&#233;liorations sociales via les logements de l'architecte Diongre et les Cit&#233;s Jardins, tous situ&#233;s au-del&#224; de la gare de l'Ouest. En effet, le Bas Molenbeek gardait les plus d&#233;sh&#233;rit&#233;s. Ainsi, d&#232;s les Golden Sixties, les Marocains y ont supplant&#233; Belges et Italiens. S'ajout&#232;rent ensuite un grand nombre d'ill&#233;gaux. Afin de plonger dans cette r&#233;alit&#233; d'aujourd'hui, nous pr&#233;voirons une fin de visite sous la houlette d'A&#239;cha, habitante de ce quartier et que nous avions eu l'occasion de conna&#238;tre comme guide b&#233;n&#233;vole lors d'une journ&#233;e sans voiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dimanche r&#233;serv&#233; pour cette activit&#233; arrive. Plus d'un membre d&#233;cline l'invitation et ce pour des raisons vari&#233;es. Sans h&#233;sitation, nous rempla&#231;ons les absents. Les uns enfourchent leur v&#233;lo depuis leur domicile, les autres mettent leur bicyclette dans le m&#233;tro jusqu'&#224; la station Sainte Catherine. Souffrant du dos, je fus de ceux-l&#224;. Et voil&#224; que montent dans la rame deux femmes totalement voil&#233;es. Hormis les yeux pour l'une, les yeux compris pour l'autre. Les voyageurs se retournent, mi effray&#233;s mi hostiles Volubiles, elles parlent entre elles du bien fond&#233; de leur tenue et se montrent fi&#232;res et insensibles au regard de tous. Je suis outr&#233;e d'une telle d&#233;sinvolture. Savent-elles qu'elles font ainsi le jeu des islamophobes ? J'&#233;tais pr&#234;te &#224; le leur dire mais elles &#233;taient trop &#233;loign&#233;es de moi. Notons que leur fran&#231;ais &#233;tait impeccable. Pas l'once d'un accent. Serait-ce des Belges converties ? Apr&#232;s cet envers du d&#233;cor, l'endroit se pointe aussit&#244;t. A la sortie du m&#233;tro, trois Marocains nous aident &#224; d&#233;barquer les v&#233;los. On retrouve dans leur geste tout le naturel berb&#232;re, aimable et attentif &#224; l'autre. Nous voil&#224; affranchis de l'image sombre que venait de donner la pr&#233;sence musulmane dans notre ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de franchir le canal, un mot d'introduction sur la randonn&#233;e. Occasion pour moi de dire que Molenbeek est ma terre d'adoption gr&#226;ce au Coup de Pouce offert depuis dix ans dans une &#233;cole &#224; discrimination positive. L'int&#233;r&#234;t du groupe pour la vie socio-&#233;conomique, pass&#233;e et actuelle, est manifeste. Plusieurs participants disent d&#233;couvrir un coin de Bruxelles o&#249; ils ne se rendent jamais. Loin d'&#234;tre d&#233;sertes, les rues offrent une foule bigarr&#233;e et vivante. L'&#233;tonnement devant cette animation est occasion de rappeler que le dimanche n'a pas, chez les Musulmans, la m&#234;me connotation culturelle que chez nous, Occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand A&#239;cha nous rejoints, d'embl&#233;e elle est accueillie tant sourire et dynamisme font partie de sa personne. Puis comme nous, elle a son v&#233;lo et son petit gilet fluo. Avec elle, nous parcourons le c&#339;ur du Bas Molenbeek et avons ainsi l'occasion de voir la maison de son association, le centre culturel, d&#233;nomm&#233; Centre des cultures et de la coh&#233;sion sociale o&#249; A&#239;cha nous dit qu'elle y fait du th&#233;&#226;tre, l'&#233;glise Saint Jean-Baptiste, premi&#232;re construction en b&#233;ton d'Europe, que l'un d'entre nous avait pris pour une mosqu&#233;e malgr&#233; la croix au sommet du clocher, la tr&#232;s commerciale chauss&#233;e de Gand o&#249; vendeurs et clients affluaient et enfin une importante mais discr&#232;te mosqu&#233;e. Un vrai bain arabo-musulman. Avec gentillesse, notre guide r&#233;pond &#224; nos questions. Nous apprenons qu'elle est de la deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration, son p&#232;re ayant travaill&#233; &#224; la mine dans le Borinage. Elle est mari&#233;e et a trois enfants. Couturi&#232;re de formation, elle se passionne pour les secondes vies qu'elle peut donner aux v&#234;tements. Actuellement, elle travaille dans le secteur associatif. A la fin du tour, elle nous communique son envie de reprendre son v&#233;lo pour d&#233;couvrir, avec nous, les communes que nous habitons, au Sud de Bruxelles. Apr&#232;s un chaleureux merci, elle nous embrasse tous, hommes et femmes sans exception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience haute en couleur a favoris&#233; plus d'ouverture vis-&#224;-vis de l'autre diff&#233;rent. D'autre part, nous avons entendu le souhait d'A&#239;cha de se faire inviter dans les communes vertes de Bruxelles. Au printemps, lors de la reprise de nos activit&#233;s cyclistes, nous organiserons tr&#232;s certainement une visite d'Auderghem avec une boucle dans la for&#234;t de Soignes o&#249; nous lui proposerons d'&#234;tre des n&#244;tres avec sa famille, voire avec l'une ou l'autre amie. Juste retour ! Quant aux absents, ils pourront ainsi poursuivre avec nous ce parcours d'ouverture et compl&#233;ter leur connaissance sur le monde maghr&#233;bin. Inch Allah !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sc&#232;ne de rue &#224; Bruxelles (Lucienne)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article965</link>
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		<dc:date>2013-04-16T09:10:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Rencontres interculturelles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;21 d&#233;cembre 2012 - 1O h. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sortant du m&#233;tro &#224; Maelbeek, je me dirige vers l'arr&#234;t du bus 59 sous le pont sous la rue de la Loi. Il fait froid et particuli&#232;rement venteux sous ce pont. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un bus arrive, frigorifi&#233;e, je me pr&#233;cipite : zut, c'est un 64 ! Pas de chance. Une dame d'origine maghr&#233;bine m'interpelle : &#034;prenez-le, madame, vous descendrez &#224; l'arr&#234;t suivant, l&#224; il n'y a pas de courant d'air&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Super, merci Madame ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux toutes jeunes filles, une blonde ravissante et une africaine tout aussi mignonne, (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Engagement (social,politique)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot200" rel="tag"&gt;Rencontres interculturelles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;21 d&#233;cembre 2012 - 1O h. &lt;br&gt;
Sortant du m&#233;tro &#224; Maelbeek, je me dirige vers l'arr&#234;t du bus 59 sous le pont sous la rue de la Loi. Il fait froid et particuli&#232;rement venteux sous ce pont. &lt;br&gt;
Un bus arrive, frigorifi&#233;e, je me pr&#233;cipite : zut, c'est un 64 ! Pas de chance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une dame d'origine maghr&#233;bine m'interpelle : &#034;prenez-le, madame, vous descendrez &#224; l'arr&#234;t suivant, l&#224; il n'y a pas de courant d'air&#034;. &lt;br&gt;
Super, merci Madame !&lt;br&gt;
Deux toutes jeunes filles, une blonde ravissante et une africaine tout aussi mignonne, discutent. Elles avaient aussi suivi le conseil de la dame et attendaient avec nous le prochain 59 bien &#224; l'abri de l'auvent &#224; l'arr&#234;t Livingstone. Le dialogue s'installe. Ces demoiselles ont re&#231;u leur bulletin de fin de trimestre. Elles sont assez contentes sauf la blonde qui d&#233;plore un &#233;chec en maths. La &#034;dame&#034; entend &#034;maths&#034; et elle interpelle les jeunes filles : &lt;br&gt;
&#034;vous pourriez donner des cours de maths &#224; mon fils, il ne s'en sort pas bien ?&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Moi, non, dit la blonde, mais toi t'es bonne en maths, pas vrai ?&#034;&lt;br&gt;
&#034;Quel &#226;ge il a votre fils ?&#034;&lt;br&gt;
&#034;17 ans&#034;&lt;br&gt;
&#034;Ouh, lala.. nous on en a 14 !, ce ne sera pas possible&#034;&lt;br&gt;
Apr&#232;s un court silence et un appel t&#233;l&#233;phonique &#224; sa soeur, la dame reprend la parole : &#034;mon neveu est en primaire, il ne s'en sort pas non plus en maths, vous pourriez l'aider ?&#034;&lt;br&gt;
&#034;Oui, pas de probl&#232;me !&#034;&lt;br&gt;
S'ensuit un &#233;change de num&#233;ros de t&#233;l&#233;phones, celui de la tante, de la jeune africaine, des paroles gentilles....&lt;br&gt;
C'est beau, non ? Des &#034;jeunes&#034; tant d&#233;cri&#233;s, des &#034;arabes&#034; tant critiqu&#233;s, &#034;une vieille dame&#034; (moi en l'occurrence) au milieu de tout cela !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La nuit du cyclone (Lucienne)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article956</link>
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		<dc:date>2013-01-08T11:26:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Rencontres interculturelles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Juillet 2011, &#231;a y est, c'est d&#233;cid&#233;, mon mari et moi accompagnerons nos enfants en Inde &#224; la fin de l'ann&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela fait une vingtaine d'ann&#233;es que mon gendre, ma fille et leurs enfants s'investissent dans une association &#224; Pondich&#233;ry, le Volontariat en Inde, cr&#233;&#233;e il y a 50 ans par une Li&#233;geoise, Madeleine de Blicq-Herman. &lt;br class='autobr' /&gt;
Etant enseignants tous les deux, ils s'y rendent en famille &#224; chaque grandes vacances et depuis deux, trois ans &#233;galement aux vacances de No&#235;l. Le travail ne manque pas !. &lt;br class='autobr' /&gt; Le 29 avril (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot163" rel="tag"&gt;Solidarit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot200" rel="tag"&gt;Rencontres interculturelles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Juillet 2011, &#231;a y est, c'est d&#233;cid&#233;, mon mari et moi accompagnerons nos enfants en Inde &#224; la fin de l'ann&#233;e. &lt;br&gt;
Cela fait une vingtaine d'ann&#233;es que mon gendre, ma fille et leurs enfants s'investissent dans une association &#224; Pondich&#233;ry, le Volontariat en Inde, cr&#233;&#233;e il y a 50 ans par une Li&#233;geoise, Madeleine de Blicq-Herman.&lt;br&gt;
Etant enseignants tous les deux, ils s'y rendent en famille &#224; chaque grandes vacances et depuis deux, trois ans &#233;galement aux vacances de No&#235;l. Le travail ne manque pas !.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29 avril 2009, leur fils adoptif indien d&#233;c&#232;de &#224; 23 ans. La souffrance est immense pour eux, pour nous. S'inspirant de la pens&#233;e de R. Tagore : &#171; La le&#231;on la plus importante que l'homme puisse apprendre de sa vie n'est pas que la douleur existe mais qu'il d&#233;pend de lui de la transformer en joie &#187;, ils font construire une maison dans un quartier tr&#232;s d&#233;favoris&#233; de Thengaithittu (en fran&#231;ais : le village des cocotiers) dans la banlieue de Pondich&#233;ry. Un jeune couple d'Indiens (Senthil et Giridja) anciens enfants parrain&#233;s du Volontariat, tr&#232;s motiv&#233;s, d&#233;sireux d'aider les enfants de leur village, acceptent d'en assumer la gestion au quotidien. Une &#233;cole des devoirs et une cr&#232;che voient le jour. La maison s'appelle Sandesh Illam (la Maison de Sandesh) du nom de leur enfant d&#233;c&#233;d&#233;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes impatients de rencontrer tous les visages souriants de ces enfants que nous avons appris &#224; conna&#238;tre &#224; travers toutes les photos ramen&#233;es de l&#224;-bas. Les petits de la cr&#232;che sont vraiment craquants ! La maison tourne bien, une cinquantaine d'enfants viennent &#224; l'&#233;cole du soir. On a trouv&#233; deux enseignants pour les encadr&#233;s, un professeur de yoga et m&#234;me un professeur de danse. La vie du quartier est plus souriante, moins sauvage pour ces enfants, les mamans s'impliquent aux r&#233;unions de parents. Les conditions de vie sont toujours difficiles, pauvres, p&#233;nibles mais l'espoir est l&#224;. A l'inauguration de la Maison, des enfants ont dit &#171; on n'avait jamais rien fait pour nous &#187;. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous arrivons donc apr&#232;s un bien long voyage et l'accueil est merveilleux : des visages illumin&#233;s de grands sourires radieux, ma fille et moi recevons chaque jour des fleurs &#224; &#233;pingler dans nos cheveux ! Arriv&#233;s le dimanche,tout va pour le mieux jusqu'au mercredi. Dans la journ&#233;e des bruits circulent : un cyclone est annonc&#233; pour jeudi 29.12 &#224; 4 h du matin. Les Indiens n'ont pas l'air trop effray&#233;s, ils ont l'habitude de leur m&#233;t&#233;o. Et comment pourraient-ils prot&#233;ger leurs maisons ? Elles sont le plus souvent constitu&#233;es d'une seule pi&#232;ce avec des murs de 50 cm de haut sur lesquels se dressent un toit en pointe fait de branches de cocotiers, bref des huttes.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons donc dormir comme d'habitude dans le petit appartement au premier &#233;tage, au dessus de la classe-cr&#232;che. Tip, top &#224; 4 heures du matin, nous sommes r&#233;veill&#233;s par des bruits &#233;normes de pluie furieuse, de bourrasques de vent, de &#171; choses &#187; qui claquent, craquent, volent. Nous n'y voyons rien, il fait nuit noire, plus d'&#233;lectricit&#233; dans la rue. C'est effrayant. Nous craignons que la r&#233;serve d'eau filtr&#233;e et le g&#233;n&#233;rateur sur le toit-terrasse ne c&#232;dent &#224; la temp&#234;te. Je pose les pieds au sol, ils sont dans l'eau ! Au premier &#233;tage ! La pluie s'infiltre avec violence &#224; travers les ch&#226;ssis des fen&#234;tres ferm&#233;es. Nous &#233;pongeons des seaux et des seaux d'eau.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inqui&#233;tude grandit, grandit. Nous sommes dans un b&#226;timent en dur qui grince d&#233;j&#224; pas mal mais le village si fragile ? Que deviennent &#171; nos &#187; enfants ? Que faire ? Impossible de sortir, on n'y voit goutte et des arbres et autres d&#233;bris tombent de partout. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 6 h 30 le jour se l&#232;ve mais il fait tr&#232;s tr&#232;s sombre, le vent hurle, la pluie est intense. Les cocotiers encore debout ploient dangereusement sous les bourrasques, les autres entravent les rues. Les villageois affol&#233;s, tremp&#233;s, courent partout, se comptent, s'entr'aident. Pas de morts dans notre quartier, seulement une jambe cass&#233;e, mais une quarantaine de morts tout de m&#234;me pour la r&#233;gion de Pondich&#233;ry.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon gendre et Senthil parcourent le village &#224; la recherche des enfants, les ram&#232;nent &#224; Sandesh Illam ainsi que nombre de personnes &#226;g&#233;es et de femmes. La grande hutte du jardin (chez nous, on dirait le pr&#233;au) s'est &#233;croul&#233;e. Nous abritons une centaine de personnes dans la classe. Les enfants se collent &#224; nous, leurs grands beaux yeux remplis d'angoisse. Ils ont froid, sont tremp&#233;s. Ils sont habitu&#233;s &#224; au moins 35&#176; et 15 de moins est une rude &#233;preuve.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut maintenant trouver de quoi nourrir tout ce monde. Nous tartinons les quelques pains-toasts qui nous restent et chacun re&#231;oit...1 cm2 de pain ! Nous n'avons rien de plus. Senthil, toujours aussi volontaire, efficace et d&#233;brouillard, enfourche sa moto, contourne comme il peut les routes encombr&#233;es d'arbres, poteaux &#233;lectriques et d&#233;bris divers et nous ram&#232;ne de quoi nourrir les villageois.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pluie se calme enfin, la temp&#234;te s'apaise, un soleil p&#226;le appara&#238;t. Le constat des d&#233;g&#226;ts est accablant, d&#233;sastreux. Les gens n'ont plus rien. Sur ce qu'il reste de leur &#171; maison &#187; ils font s&#233;cher quelques v&#234;tements et des livres scolaires. La solidarit&#233; s'installe dans la journ&#233;e mais le soir il reste encore 57 personnes qui n'ont pas o&#249; dormir. Nous les gardons dans la classe (5mx7m). Les Indiens ont besoin de peu de place pour dormir, ils s'allongent sur le sol les uns &#224; c&#244;t&#233;s des autres. On peut caser tout le monde. Cette situation durera encore quelques jours, le temps de trouver des b&#226;ches pour couvrir les maisons les plus endommag&#233;es.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie reprend progressivement, l'&#233;lectricit&#233; revient petit &#224; petit, rue apr&#232;s rue, accueillie par d'immenses cris de joie. Les ados de Sandesh Illam ont &#233;t&#233; exemplaires de solidarit&#233;. En une demi-journ&#233;e, sous la houlette de Senthil, la hutte croulante fut d&#233;mont&#233;e, les d&#233;bris rang&#233;s ne laissant que la dalle en b&#233;ton bien propre !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enfants avaient pr&#233;par&#233;s pour tout le quartier des chants, du yoga et des danses pour f&#234;ter la nouvelle ann&#233;e. Impossible &#233;videmment sans &#233;lectricit&#233;. Qu'&#224; cela ne tienne, c'est &#224; la lumi&#232;re d'un feu de camp sur la dalle que nous avons r&#233;veillonn&#233;. Et quel r&#233;veillon ! Des sourires renaissent, les grandes filles dansent et chantent. Nous &#233;tions peu nombreux mais toute l'humanit&#233; de cette soir&#233;e me remonte au coeur et c'est avec des larmes d'&#233;motion que je termine ce r&#233;cit.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cyclone s'appelait Thane.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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