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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>Mon enfance &#224; Bruxelles (Mariette)</title>
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		<dc:date>2021-06-15T05:30:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mich&#232;le A&amp;T</dc:creator>


		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce r&#233;cit est extrait du projet &#034;Je raconte ma vie&#034; dans un groupe multiculturel &#224; la Fonderie en 2018 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Je suis n&#233;e en 1929. Mes parents &#233;taient commer&#231;ants et j'habitais rue du Comte de Flandre &#224; Molenbeek. L&#224; o&#249; vous sortez du m&#233;tro maintenant, vous marchez sur le terrain o&#249; j'habitais. Pour jouer, les enfants pouvaient aller au march&#233; l'apr&#232;s-midi et le soir. D&#232;s mon plus jeune &#226;ge, j'ai &#233;t&#233; impliqu&#233;e dans la boutique de mes parents. Nous vendions des v&#234;tements de travail, des pantalons &#224; rubans comme on (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce r&#233;cit est extrait du projet &#034;Je raconte ma vie&#034; dans un groupe multiculturel &#224; la Fonderie en 2018&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Je suis n&#233;e en 1929. Mes parents &#233;taient commer&#231;ants et j'habitais rue du Comte de Flandre &#224; Molenbeek. L&#224; o&#249; vous sortez du m&#233;tro maintenant, vous marchez sur le terrain o&#249; j'habitais. Pour jouer, les enfants pouvaient aller au march&#233; l'apr&#232;s-midi et le soir. D&#232;s mon plus jeune &#226;ge, j'ai &#233;t&#233; impliqu&#233;e dans la boutique de mes parents. Nous vendions des v&#234;tements de travail, des pantalons &#224; rubans comme on voit dans les livres d'histoire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans ce temps-l&#224;, &#224; Molenbeek, avant-guerre, il y avait chaque ann&#233;e (maintenant je crois que c'est le weekend de l'ascension) la kermesse de Molenbeek et il y avait procession. Et quand la procession sortait, la rue &#233;tait remplie de monde. Le march&#233; de Molenbeek &#233;tait rempli. Et au moment o&#249; le cur&#233; passait &#8211; il y avait toutes les petites filles communiantes &#224; la procession &#8211; quand papa voyait arriver le cur&#233;, il disait &#171; viens, on rentre &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le soir, papa aimait jouer au jacquet : avec les cornets, on jetait les d&#233;s. On jouait aussi aux cartes et au jeu de dame.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parfois, on &#233;coutait la radio. De la musique, un feuilleton&#8230; Puis on bavardait. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Notre musique, c'&#233;tait Rina Ketty, Tino Rossi ou bien les op&#233;rettes, les valses de Vienne&#8230; On a eu un tourne-disque. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Parmi mes camarades, il y avait une fille qui habitait Anderlecht et on se retrouvait au parc Marie-Jos&#233;e ou bien chez elle, &#224; Scheut, pr&#232;s du boulevard Prince de Li&#232;ge. Quand j'avais 12 ou 13 ans, j'ai re&#231;u une paire de patins &#224; roulettes, avec des lani&#232;res au-dessus. Et je me souviens avoir d&#233;val&#233; depuis Prince de Li&#232;ge jusqu'au cimeti&#232;re de Molenbeek en patins &#224; roulettes, et retour, avec mes copines. Il n'y avait quasiment aucune maison et pas de trafic. On patinait l&#224; o&#249; maintenant il y a des centaines et des milliers de voitures. C'&#233;tait notre plaisir de vacances. Pendant les vacances, il n'&#233;tait pas question de voyage. C'&#233;tait la guerre ! On allait au solarium, au Daring, l&#224; o&#249; il y a maintenant des terrains de foot. Il y avait une piscine en plein air. Je me souviens d'un maillot que j'avais &#224; l'&#233;poque : tricot&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ecole&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'&#233;tais inscrite &#224; l'&#233;cole primaire en 1935. Maman voulait m'inscrire en fran&#231;ais mais j'ai d&#251; entrer &#224; l'&#233;cole en flamand. C'&#233;tait ici, chauss&#233;e de Merchtem. Comme j'avais fait trois mois &#224; l'&#233;cole &#224; Anvers, j'ai d&#251; faire l'&#233;cole en flamand. La loi disait que quand on avait d&#233;but&#233; dans une langue, on devait faire tout le circuit dans cette langue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre a commenc&#233; le 10 mai 1940 et nous avons &#233;t&#233; occup&#233;s &#224; Bruxelles jusqu'au 4 septembre 1944. J'avais onze ans au d&#233;but de la guerre et je me souviens tr&#232;s bien des sir&#232;nes et de tout ce chambardement. On avait un smokeleir (vendeur au march&#233; noir) qui venait &#224; la maison voir ce dont nous avions besoin. Il avait une combine avec des timbres. Nous, on n'a pas vraiment eu faim. Mais papa allait &#224; la campagne avec des essuie-mains ou une paire de draps de lit. Il allait vendre &#224; des paysans. Pendant toute la guerre, on a eu le bonheur d'avoir &#8211; derri&#232;re la cuisini&#232;re &#8211; un jambon suspendu. Quand on n'avait pas de viande de l'une ou l'autre mara&#238;ch&#232;re, on d&#233;coupait un bout de jambon. Il &#233;tait emball&#233; dans un torchon avec des petits carreaux. Maman faisait du pain perdu. Et on avait toutes sortes de petites recettes de guerre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le soir, pendant la guerre, entre mes onze et mes quinze ans, on &#233;coutait radio Londres, et comme papa &#233;tait sourd, il &#233;coutait avec un cornet &#171; ici Londres, les Fran&#231;ais parlent aux Fran&#231;ais &#187; et on &#233;coutait &#231;a religieusement. Et les messages personnels cod&#233;s : &#171; le chat a des nouvelles chaussettes &#187;. Ca avait du sens pour les r&#233;sistants. C'&#233;tait interdit d'&#233;couter Radio Londres. Parfois, papa voulait mettre fort. Mais alors on veillait &#224; fermer toutes les portes &#224; cl&#233;. Et quand c'&#233;tait fini, quand on &#233;teignait le poste, on veillait &#224; changer de fr&#233;quence. Le poste &#233;tait dans une pi&#232;ce derri&#232;re le magasin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mon enfance pendant la guerre (Mani)</title>
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		<dc:creator>Mich&#232;le A&amp;T</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; &#224; Laeken (2016) &lt;br class='autobr' /&gt;
Avant la guerre, j'ai connu une enfance comme tous les autres enfants de la campagne entre St Hubert et Bouillon. Apr&#232;s l'invasion allemande en Belgique, un jour de mai 1940, nous sommes partis en exode vers la France et les zones non occup&#233;es. J'avais 8 ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
La route &#233;tait remplie de poussettes, de brouettes, &#8230; Mon p&#232;re, ma m&#232;re et mon fr&#232;re &#233;taient &#224; v&#233;lo. On dormait sur les routes, dans les foss&#233;s. Des soldats fran&#231;ais et belges se cachaient dans (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; &#224; Laeken (2016)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la guerre, j'ai connu une enfance comme tous les autres enfants de la campagne entre St Hubert et Bouillon. Apr&#232;s l'invasion allemande en Belgique, un jour de mai 1940, nous sommes partis en exode vers la France et les zones non occup&#233;es. J'avais 8 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La route &#233;tait remplie de poussettes, de brouettes, &#8230; Mon p&#232;re, ma m&#232;re et mon fr&#232;re &#233;taient &#224; v&#233;lo. On dormait sur les routes, dans les foss&#233;s. Des soldats fran&#231;ais et belges se cachaient dans le flux des r&#233;fugi&#233;s. Du coup, les avions allemands mitraillaient tout le monde. Nous avons &#233;t&#233; mitraill&#233;s plusieurs fois notamment dans un bois pr&#232;s de Sedan, en France. On se mettait &#224; l'abri dans des foss&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous sommes arriv&#233;s pr&#232;s de Vouzier dans le village natal de maman &#224; Montgon, en Champagne-Ardennes. Ma grand-m&#232;re, ma s&#339;ur et mes tantes nous attendaient. Nous sommes rest&#233;s quelques jours. Les Allemands arrivaient. Nous avons continu&#233; &#224; fuir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite nous nous sommes retrouv&#233;s dans la cave d'une grande ferme &#224; Epernay ; l&#224;, encore, nous avons &#233;t&#233; mitraill&#233;s. Des vaches sont mortes. Nous n'avions pas mang&#233; depuis longtemps. Mon p&#232;re est sorti et il nous a apport&#233; du foie de g&#233;nisse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons repris la route jusqu'&#224; Paris. L&#224; encore nous avons &#233;t&#233; bombard&#233;s. Pendant un ou deux jours, nous nous sommes r&#233;fugi&#233;s dans des abris. Des gens d'associations sont venus nous aider. Ensuite, nous avons &#233;t&#233; conduits &#224; la gare. Nous avons &#233;t&#233; s&#233;par&#233;s, les Belges d'un c&#244;t&#233; et les Fran&#231;ais de l'autre. Ma grand-m&#232;re et mes tantes n'&#233;taient donc plus avec nous. Nous avons &#233;t&#233; conduits en train jusqu'&#224; Issoire qui &#233;tait &#224; l'&#233;poque en France libre. Nous y avons &#233;t&#233; accueillis par la Croix Rouge. On a dormi dans une grande salle avec plein de lits. Ensuite, nous avons &#233;t&#233; conduits dans un petit village assez d&#233;labr&#233;. Je me rappelle encore du visage de mon p&#232;re quand nous sommes arriv&#233;s : il pleurait ! Mon p&#232;re &#233;tait artisan : plombier-ardoisier-zingueur. Par la suite, il a eu du travail &#224; Issoire. Nous sommes rest&#233;s plus de deux ans dans ce village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de septembre 1940 et pendant deux ans, j'ai &#233;t&#233; &#224; l'&#233;cole dans ce village. J'aimais l'&#233;cole parce qu'elle &#233;tait diff&#233;rente de chez nous. En classe, l'institutrice mangeait des bonbons, elle lisait beaucoup jusqu'au jour o&#249; un inspecteur l'a surprise&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1942, nous sommes revenus &#224; la maison, dans les Ardennes parce qu'Issoire et le petit village dans lequel nous &#233;tions, &#233;taient devenus zone occup&#233;e par les Allemands. Quand nous sommes rentr&#233;s &#224; la maison, tout avait &#233;t&#233; vol&#233; : il ne restait plus qu'une table et une garde-robe. La maison avait &#233;t&#233; habit&#233;e par des Allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons repris notre vie normale tant bien que mal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mon enfance pendant la guerre (Rolande)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1288</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mich&#232;le A&amp;T</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; &#224; Laeken (2016) &lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais 6 ans quand la guerre a &#233;clat&#233;. Nous habitions &#224; Schaerbeek. &lt;br class='autobr' /&gt;
En septembre 1940, je suis all&#233;e pour la premi&#232;re fois &#224; l'&#233;cole. J'&#233;tais dans une classe n&#233;erlandophone parce que mes parents &#233;taient n&#233;erlandophones. Les Allemands obligeaient les enfants &#224; suivre l'&#233;cole dans la langue de leur communaut&#233; d'origine. En classe, j'ai &#233;t&#233; surprise de voir une petite fille juive qui portait une &#233;toile jaune. Les autres enfants ne voulaient pas jouer avec (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; &#224; Laeken (2016)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais 6 ans quand la guerre a &#233;clat&#233;. Nous habitions &#224; Schaerbeek.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 1940, je suis all&#233;e pour la premi&#232;re fois &#224; l'&#233;cole. J'&#233;tais dans une classe n&#233;erlandophone parce que mes parents &#233;taient n&#233;erlandophones. Les Allemands obligeaient les enfants &#224; suivre l'&#233;cole dans la langue de leur communaut&#233; d'origine. &lt;br class='autobr' /&gt;
En classe, j'ai &#233;t&#233; surprise de voir une petite fille juive qui portait une &#233;toile jaune. Les autres enfants ne voulaient pas jouer avec elle. Elle &#233;tait laiss&#233;e sur le c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Schaerbeek, nous avons connu les bombardements de l'arm&#233;e britannique. Les Anglais voulaient d&#233;truire le pont de Schaerbeek et la gare parce que la Belgique &#233;tait occup&#233;e par l'arm&#233;e allemande.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens que pendant des bombardements, les Allemands sont venus chercher des Juifs. C'est ainsi que je les ai vu prendre deux filles et les jeter en bas de l'escalier. C'&#233;tait affreux. De notre c&#244;t&#233;, &#224; la maison, nous allions &#224; la cave. Pour moi, comme enfant, c'&#233;tait terrible mais aussi excitant parce qu'il fallait se cacher. Je ne voyais pas vraiment la gravit&#233; ; pourtant, je me rappelle d'un boulanger qui regardait les avions pendant le bombardement ; il a eu la t&#234;te coup&#233;e et il a continu&#233; &#224; marcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite aux bombardements, notre maison &#233;tait inhabitable et nous sommes partis vivre chez mes grands-parents maternels en Flandre. L&#224;, j'allais &#224; l'&#233;cole sans &#234;tre inscrite. En classe, l'institutrice me demandait sans cesse de parler de Bruxelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, mon oncle me dit : &#171; Vous &#234;tes venus chez nous pour manger notre pain &#187;. Il avait plusieurs enfants &#224; nourrir et mon papa &#233;tait prisonnier en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, nous sommes retourn&#233;s &#224; Bruxelles chez mes grands-parents paternels o&#249; nous avons &#233;t&#233; bien accueillis. Mon grand-p&#232;re m'a m&#234;me achet&#233; un violon ! Ma grand'm&#232;re, tr&#232;s pr&#233;voyante, avait achet&#233;, avant la guerre, des r&#233;serves de nourriture par 50 kg. Il y avait assez &#224; manger. Nous avons m&#234;me mang&#233; apr&#232;s la guerre du chocolat achet&#233; avant la guerre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant toute cette p&#233;riode, je n'allais pas &#224; l'&#233;cole ; je jouais avec les autres enfants. Je me souviens que nous devions nous entra&#238;ner &#224; porter des masques &#224; gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de la guerre, ma maman a lou&#233; &#224; Jette un &#171; quartier &#187; au 2e &#233;tage : deux petites pi&#232;ces. L'eau &#233;tait en bas. La toilette &#233;tait au rez-de-chauss&#233;e dans le jardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, Bruxelles &#233;tait bourr&#233;e d'Am&#233;ricains. Ils &#233;taient beaux, les Am&#233;ricains ! Heureusement que je n'avais que 11 ans ! On voyait des chars partout ! C'&#233;tait la folie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous n'avions toujours pas de nouvelles de mon p&#232;re, qui avait &#233;t&#233; fait prisonnier en Allemagne. Nous voyions les autres prisonniers revenir. Certains nous racontaient qu'ils avaient vu mourir mon p&#232;re. Finalement, il est revenu &#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me suis dit : &#171; Qu'est-ce qu'il vient faire ici ? &#187;. En fait, je m'&#233;tais sentie abandonn&#233;e par lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre finie, la vie a repris normalement, petit &#224; petit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Souvenirs de guerre &#224; la cit&#233; de Bon Air (Jeanne)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1280</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie (A&amp;T)</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034;, &#224; la Maison des Femmes de Molenbeek, 2016-2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;e en 1935, je suis l'a&#238;n&#233;e d'une famille de 6 enfants. Ma grand-m&#232;re en a eu 15 ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Mes parents, militants de &#8216;gauche' se sont mobilis&#233;s lors de la guerre d'Espagne de 1936. Ma m&#232;re &#233;tait une des premi&#232;res &#224; adh&#233;rer aux &#8216;Femmes pr&#233;voyantes socialistes&#8216;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens tr&#232;s bien du tremblement de terre de 1938. J'avais une tr&#232;s jolie poup&#233;e dont la t&#234;te &#233;tait en porcelaine. Ma poup&#233;e est tomb&#233;e de l'armoire et la t&#234;te (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique170'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt;, &#224; la Maison des Femmes de Molenbeek, 2016-2017&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;N&#233;e en 1935, je suis l'a&#238;n&#233;e d'une famille de 6 enfants. Ma grand-m&#232;re en a eu 15 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents, militants de &#8216;gauche' se sont mobilis&#233;s lors de la guerre d'Espagne de 1936. Ma m&#232;re &#233;tait une des premi&#232;res &#224; adh&#233;rer aux &#8216;Femmes pr&#233;voyantes socialistes&#8216;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens tr&#232;s bien du tremblement de terre de 1938. J'avais une tr&#232;s jolie poup&#233;e dont la t&#234;te &#233;tait en porcelaine. Ma poup&#233;e est tomb&#233;e de l'armoire et la t&#234;te s'est cass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai v&#233;cu pr&#232;s de la cit&#233; de Bon Air, entour&#233;e de champs, &#224; Anderlecht. Mon grand-p&#232;re &#233;tait cultivateur de fraises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pendant la guerre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond du jardin, il y avait une cabane. Il nous &#233;tait d&#233;fendu d'aller voir au fond du jardin ce qui s'y passait, et pourtant nous parvenaient des bruits de marteaux. Plus tard, on saura que c'&#233;tait un r&#233;fugi&#233; qui s'y cachait et fabriquait pour mon grand-p&#232;re des petits casiers &#224; fraises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma m&#232;re pr&#233;parait des repas pour les n&#233;cessiteux de la guerre. Sur le grand po&#234;le de Louvain elle faisait mijoter 2 casseroles, dans l'une du lapin, dans l'autre du &#8230; chat. Le lapin &#233;tait pour notre famille. Le &#171; lapin aux petites oreilles &#187;, le chat donc, allait chez les pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papa, lui, partait en v&#233;lo &#224; Alost pour ramener des &#339;ufs qu'il donnait ou vendait ensuite au prix d'achat &#224; la famille et aux r&#233;sistants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon p&#232;re a imprim&#233; un journal non autoris&#233; pendant la guerre ; il a &#233;t&#233; pris&lt;br class='autobr' /&gt;
par la Gestapo en 42, tortur&#233;, tremp&#233; dans un bain glacial, la t&#234;te coinc&#233;e dans une planche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la guerre, les Allemands m'ont oblig&#233;e &#224; aller &#224; l'&#233;cole flamande. Apr&#232;s la guerre, j'ai pu rejoindre l'&#233;cole francophone.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une enfance pendant la guerre (Lutgarde)</title>
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		<dc:date>2020-11-24T10:54:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mich&#232;le A&amp;T</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034;, La Fonderie, 2013-14 &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant la guerre, j'habitais une brasserie &#224; Schaerbeek, les brasseries Roelants. Environ 70 personnes y travaillaient ; tous les corps de m&#233;tiers y &#233;taient repr&#233;sent&#233;s depuis le palefrenier jusqu'au chimiste. On habitait l'ancienne maison du brasseur, mes parents travaillaient tous les deux &#224; la brasserie. Mon p&#232;re dirigeait l'atelier de marmographie, la publicit&#233; sur verre avant les plaques &#233;maill&#233;es. Nous &#233;tions souvent bombard&#233;s car nous (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique170'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt;, La Fonderie, 2013-14&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant la guerre, j'habitais une brasserie &#224; Schaerbeek, les brasseries Roelants. Environ 70 personnes y travaillaient ; tous les corps de m&#233;tiers y &#233;taient repr&#233;sent&#233;s depuis le palefrenier jusqu'au chimiste. On habitait l'ancienne maison du brasseur, mes parents travaillaient tous les deux &#224; la brasserie. Mon p&#232;re dirigeait l'atelier de marmographie, la publicit&#233; sur verre avant les plaques &#233;maill&#233;es. Nous &#233;tions souvent bombard&#233;s car nous habitions pr&#232;s de la gare. Je me souviens d'un bombardement : mon p&#232;re m'a prise sur les &#233;paules et on a couru dans l'abri. Ensuite il m'a couverte de son corps pour me prot&#233;ger. Les murs tremblaient&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La brasserie a vu d&#233;fil&#233; Allemands et Anglais ; elle &#233;tait r&#233;quisitionn&#233;e pour loger les soldats. Chaque fois que les Allemands voulaient faire une razzia sur les chevaux, on nous t&#233;l&#233;phonait de la maison communale pour qu'on les cache. Certains livreurs de bi&#232;re revenaient parfois saouls de leur tourn&#233;e et c'est le cheval qui, connaissant le chemin du retour, ramenait seul la charrette et son cocher &#224; la brasserie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un soir, des Anglais sont venus d&#238;ner &#224; la maison. Ma m&#232;re avait pr&#233;par&#233; des chicons qu'ils ont laiss&#233;s dans leur assiette. J'ai &#233;t&#233; choqu&#233;e car on n'avait pas grand-chose et mes parents s'&#233;taient priv&#233;s pour leur offrir ce repas. Du coup, moi qui n'aimais pas les chicons et qui n'en mangeais pas, cette fois- l&#224;, je les ai mang&#233;s ! Et depuis, j'aime les chicons !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un de mes oncles faisait du &#171; smokelage &#187;, du troc ! Il a aid&#233; toute la famille. Papa, lui, peignait, c'&#233;tait un artiste. Il r&#233;alisait des reproductions de Murillo fort appr&#233;ci&#233;es des paysans flamands qui nous offraient en &#233;change de la nourriture et de l'argent. Quand j'&#233;tais malade, je devais boire du jus de viande. Je vois encore ma m&#232;re &#233;craser la viande de rosbif, pay&#233;e par les peintures de papa, afin que j'en boive le jus. Eux, ils mangeaient la viande, toute s&#232;che.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nicole, n&#233;e en 1940, de parents Juifs allemands</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1249</link>
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		<dc:date>2020-11-23T14:08:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mich&#232;le A&amp;T</dc:creator>


		<dc:subject>Juif.ve (&#234;tre)</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034;, Laeken, 2012-13 &lt;br class='autobr' /&gt;
Belge, maman, mamy et senior active, je suis n&#233;e en Belgique au d&#233;but de la guerre de parents juifs allemands. &lt;br class='autobr' /&gt;
Enfance en Belgique, pendant la guerre &lt;br class='autobr' /&gt;
Mes parents sont juifs, originaires d'Allemagne. Ils ont fui l'Allemagne nazie avant la guerre. Ils se sont connus en Belgique en 1938. Papa &#233;tait gantier. Il adorait les photos et avait une voiture. C'&#233;tait un papa &#171; moderne &#187; : il s'est beaucoup occup&#233; de moi, b&#233;b&#233; ; il me donnait le bain et &#224; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique170'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt;, Laeken, 2012-13&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Belge, maman, mamy et senior active, je suis n&#233;e en Belgique au d&#233;but de la guerre de parents juifs allemands.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enfance en Belgique, pendant la guerre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents sont juifs, originaires d'Allemagne. Ils ont fui l'Allemagne nazie avant la guerre. Ils se sont connus en Belgique en 1938. Papa &#233;tait gantier. Il adorait les photos et avait une voiture. C'&#233;tait un papa &#171; moderne &#187; : il s'est beaucoup occup&#233; de moi, b&#233;b&#233; ; il me donnait le bain et &#224; manger. Il a &#233;t&#233; dans les premiers d&#233;port&#233;s en 1940. Il est mort du typhus en ao&#251;t 1940 ; j'avais 6 mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec maman, mon oncle et ma tante, nous avons d&#251; nous cacher pendant la guerre, d'abord dans un h&#244;tel &#224; Corbion sur Semois, au sud de la Belgique, ensuite &#224; Biemme o&#249; une dame &#226;g&#233;e, Emma, nous a recueillis dans sa grande maison. Je me souviens que le cur&#233; du village n'avait jamais vu de juif, il voulait en voir un. Mais enfin, cela ne se voit pas les juifs &#8230; rires &#8230; Ce cur&#233; est devenu l'ami de mon oncle. Un souvenir marquant ? et bien justement, &#224; Biemme, je nous revois tous les quatre cach&#233;s derri&#232;re une porte dans la grande maison. Et devant la porte, il y avait cette dame, que j'appelais tante Emma, qui discutait calmement avec les allemands en pleine rafle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etre femme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'&#233;tais adolescente, je me disais que plus tard j'aimerais m'occuper de mes enfants. Dans les 7 premi&#232;res ann&#233;es de mon mariage, j'ai travaill&#233;. Ensuite avant d'accoucher pour la premi&#232;re fois, j'ai arr&#234;t&#233;. J'avais l'impression d'&#234;tre sans valeur ; mon mari gagnait bien sa vie. Quand on demandait &#224; mon mari ce que je faisais, il r&#233;pondait : ma femme, elle ne fait rien, elle est &#224; la maison. Mon mari ne langeait pas les enfants, ne les lavait pas. Un jour, nous sommes partis en vacances, les enfants avaient quelques mois ; il m'a dit : mais tu n'arr&#234;tes pas entre les repas, la lessive et le reste ! Une jeune fille a &#233;t&#233; engag&#233;e pour m'aider. Rester &#224; la maison n'est pas un travail gratifiant. L'homme, lui, il trouve cela normal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand mon mari est devenu ind&#233;pendant, j'ai d&#251; recommencer &#224; travailler comme secr&#233;taire. Ma fille avait 15 ans et elle ne l'a pas bien support&#233;. Mon mari, forc&#233; et contraint, faisait juste les grosses courses en plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Religion, philosophie de vie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne veux pas vous heurter mais &#8230; par ma m&#232;re, je suis n&#233;e juive, dans une famille o&#249; on ne pratiquait pas. Enfant, j'ai appris un peu l'h&#233;breu mais ce n'&#233;tait pas dr&#244;le et je n'en n'ai pas gard&#233; grand-chose. Est-il possible qu'il existe un Dieu qui laisse faire des atrocit&#233;s sur terre ? Dans la religion juive, il existe des choses dont on ne peut pas discuter, on refuse de moderniser cette religion ; on ne peut toujours pas manger de porc. Avant, je comprends, le porc &#233;tait la viande qui se laissait le moins bien conserver mais maintenant tout a chang&#233; &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne crois pas que c'est Dieu qui a cr&#233;&#233; la vie sur la terre ; je crois en l'&#233;volution, les recherches sur les galaxies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis toujours sentie belge ; je suis n&#233;e ici. M&#234;me si mes parents ont fui l'Allemagne nazie puisqu'ils &#233;taient juifs. A 18 ans j'ai choisi d'&#234;tre uniquement belge, pas allemande ! Je me suis toujours sentie int&#233;gr&#233;e et comme les autres, tout en &#233;tant juive. Je reconnais &#234;tre juive mais je ne le revendique pas. Jamais je n'ai senti de discrimination.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ca se passe en 1943 ou 44, j'avais 3, 4 ans ... et c'&#233;tait la guerre (Clodomir)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1188</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1188</guid>
		<dc:date>2020-04-14T07:19:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment distinguer ce qui est vraiment souvenir personnel v&#233;cu de ce qu'on m'a racont&#233; par la suite tellement souvent que j'ai fini par le consid&#233;rer inconsciemment comme mon souvenir ? Tri impossible &#224; faire cinquante ans plus tard ! Et voil&#224; p&#234;le-m&#234;le ce qui me reste de cette &#233;poque terrible. Je suis n&#233; en novembre 1939 ; ceci explique le caract&#232;re un peu flou et impr&#233;cis des souvenirs que je vais raconter, et, de plus, tous les t&#233;moins de cette &#233;poque sont morts depuis longtemps ; il n'y a donc plus (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment distinguer ce qui est vraiment souvenir personnel v&#233;cu de ce qu'on m'a racont&#233; par la suite tellement souvent que j'ai fini par le consid&#233;rer inconsciemment comme mon souvenir ? Tri impossible &#224; faire cinquante ans plus tard ! Et voil&#224; p&#234;le-m&#234;le ce qui me reste de cette &#233;poque terrible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233; en novembre 1939 ; ceci explique le caract&#232;re un peu flou et impr&#233;cis des souvenirs que je vais raconter, et, de plus, tous les t&#233;moins de cette &#233;poque sont morts depuis longtemps ; il n'y a donc plus personne qui puisse m'aider &#224; pr&#233;ciser les faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ca se passe en 1943 ou 44, j'avais donc 3 ou 4 ans. C'&#233;tait la guerre. Nous habitions &#224; Esneux, un petit village &#224; 17 km au sud de Li&#232;ge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mon p&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je me vois ou je crois me voir avec Maman devant la petite chapelle au pied de la Salte ; derri&#232;re la chapelle, un enclos o&#249; mon p&#232;re et d'autres hommes du village sont enferm&#233;s sous la garde d'un officier allemand et de ses soldats. Quel &#226;ge ai-je ? 3 ans, 4 ans ? Je ne sais plus et je n'ai plus personne &#224; qui le demander ; je ne le saurai jamais ! Maman me dit de prier le saint qui est dans la chapelle et dont j'ai oubli&#233; le nom ; je suis &#224; genoux par terre. L'angoisse de Maman est terrible ; d'autant plus que les deux coll&#232;gues de mon p&#232;re ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; emmen&#233;s en Allemagne ; c'est mon premier souvenir, ce n'est pas le pire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Papa est tr&#232;s vite rentr&#233; &#224; la maison, et j'ai appris beaucoup plus tard ce qui s'&#233;tait r&#233;ellement pass&#233;. Le bourgmestre d'Esneux (un rexiste, probablement) est venu trouver l'officier et lui a fait valoir que deux des trois policiers de la commune avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; emmen&#233;s ; il ne restait que mon p&#232;re : l'arm&#233;e allemande n'aurait aucun int&#233;r&#234;t &#224; ce que la commune soit totalement d&#233;pourvue de policiers et, de ce fait, pratiquement paralys&#233;e ; c'est ainsi que mon p&#232;re a d&#251; la vie &#224; un rexiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Papa m'a racont&#233; bien plus tard que, en 40, il consid&#233;rait que l'Allemagne avait gagn&#233; la guerre et qu'il fallait s'en accommoder ; la r&#233;sistance n'avait aucun sens pour lui &#224; cette &#233;poque ; de plus, contrairement &#224; ce qui s'&#233;tait pass&#233; en 14, les Allemands &#233;taient tr&#232;s corrects en ce d&#233;but d'occupation ; on les admirait presque ! Ce n'est que bien plus tard, apr&#232;s Stalingrad (hiver 42-43) qu'il a repris espoir et s'est engag&#233; dans un r&#233;seau de renseignement au service des alli&#233;s ; &#224; ma connaissance, il n'y a pas jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant, il n'a &#233;t&#233; qu'un maillon ; mais &#224; cette &#233;poque, m&#234;me les maillons risquaient leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Notre r&#233;fractaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mon p&#232;re &#233;tait dans la r&#233;sistance ; il faisait partie d'un service de renseignement alli&#233;. Son r&#244;le &#233;tait -pour autant que je le sache- de transmettre des renseignements qui lui &#233;taient communiqu&#233;s par le &#171; maillon &#187; pr&#233;c&#233;dent de la &#171; cha&#238;ne &#187; au maillon suivant&#8230;. Et, aussi, une fois, un clandestin qui cherchait &#224; &#233;chapper aux Allemands, &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1940, le F&#252;hrer avait annex&#233; &#224; l'Allemagne les &#171; Cantons de l'Est &#187; Eupen, Malm&#233;dy, Saint Vith et, pour faire bonne mesure, &#233;galement quelques autres communes qui n'avaient jamais &#233;t&#233; allemandes, dont Montzen et Welkenraedt.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les jeunes hommes de ces communes, &#233;tant donc de nationalit&#233; allemande, &#233;taient tenus de faire leur service dans la Wehrmacht ; et pour &#233;viter toute difficult&#233; de proximit&#233;, on les envoyait d'office sur le front de l'Est. Ce sont nos &#171; Malgr&#233; nous &#187;, &#224; nous, comme les Alsaciens pour les Fran&#231;ais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains d&#8216;entre eux essayaient de se soustraire &#224; cette obligation ; ils entraient dans la clandestinit&#233;, on les appelait les &#171; r&#233;fractaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait le cas de notre clandestin, originaire de Montzen ; comment est-il arriv&#233; chez nous ? Je ne m'en souviens pas. Il y est rest&#233; 3 semaines (ou 6 ?). Il avait de faux papiers mais il fallait quand m&#234;me le cacher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens de son faux pr&#233;nom qui &#233;tait Willy et, par affection pour le petit gamin blond et boucl&#233; que j'&#233;tais &#224; l'&#233;poque, il m'avait confi&#233; son vrai pr&#233;nom Andr&#233; (une imprudence !).&lt;br class='autobr' /&gt;
Une autre imprudence : il est all&#233; &#224; la messe avec ma m&#232;re !&lt;br class='autobr' /&gt;
Parfois, les soldats allemands p&#233;n&#233;traient dans les maisons pour saisir les cuivres, les v&#233;los, les radios&#8230;.. ; heureusement, les voisins nous avertissaient : &#171; Les Allemands perquisitionnent &#187;&#8230;..Willy montait dare dare dans le faux grenier en passant par une trappe dans le plafond du palier du premier &#233;tage et se cachait derri&#232;re un tas de sacs de toile de jute. .Une fois, les Allemands sont entr&#233;s dans la maison et ont confisqu&#233; la radio ; La trappe &#233;tait peu visible&#8230;Mais imaginez quelle &#233;tait l'angoisse de mes parents&#8230;..si les Allemands l'avaient vue !&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette lourde angoisse pesait aussi sur moi, sans que j'en sois conscient et m'a marqu&#233; pour longtemps ; &#224; l'&#226;ge de 30 ans, je faisais encore r&#233;guli&#232;rement des cauchemars o&#249; je r&#234;vais que les Allemands perquisitionnaient.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les robots : (c'est &#224; dire les V1)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1945, nous &#233;tions lib&#233;r&#233;s mais la guerre n'&#233;tait pas finie ; les Allemands sortaient leurs derni&#232;res armes, dont les V1 qu'ils envoyaient en principe sur l'Angleterre, mais ce n'&#233;tait pas au point et beaucoup tombaient dans les environs de Li&#232;ge ; on les entendait venir : ils faisaient un bruit diff&#233;rent de celui d'un avion et imm&#233;diatement reconnaissable ; tant que le moteur ne s'arr&#234;tait pas, c'&#233;tait bon, ils ne faisaient que passer, mais si le moteur s'arr&#234;tait, on savait qu'ils allaient tomber dans les quelques secondes qui suivaient. &#034;C'est po nos &#244;tes&#034; criait l'adulte pr&#233;sent et on se pr&#233;cipitait tous dans la cave ou simplement sous la table de la cuisine pour &#233;viter au moins les &#233;clats de verre. Les robots &#233;taient une cause de terreur permanente &#224; tel point que papa avait d&#233;cid&#233; que nous dormirions tous dans la cave ; ce fut atroce pour moi : j'avais quatre ans, et j'y ai fait des cauchemars horribles ; quand je me couchais sur le c&#244;t&#233; gauche, je voyais des tanks qui d&#233;filaient avec des soldats casqu&#233;s dans la tourelle ; si je me couchais sur le c&#244;t&#233; droit, je voyais un amput&#233; d'une jambe, couvert de pansements sanglants qui essayait de monter un escalier en s'aidant de b&#233;quilles : de toutes mani&#232;res, je me r&#233;veillais en hurlant ! Apr&#232;s deux nuits de cette p&#233;nible exp&#233;rience, papa a d&#233;cid&#233; de remonter dormir au premier &#034;Il vaut mieux &#234;tre tu&#233; sur le coup que de mourir &#233;touff&#233; sous les d&#233;combres ! &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une enfance dans la guerre, ce n'est pas un cadeau !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;A ces enfants qui sont n&#233;s un peu avant 1940, il ne faudra jamais parler du paradis de l'enfance&lt;/i&gt; &#187; une citation dont j'ai oubli&#233; l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voici une autre, qui vient d'un chanson peu connue de Jos&#233; Thomas :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mon enfance, mon enfance,&lt;br class='autobr' /&gt;
J'suis pas f&#226;ch&#233; qu'tu sois pass&#233;e,&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon enfance, mon enfance,&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne voudrai pas recommencer.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi non plus, Jos&#233;, je ne voudrais pas recommencer !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les premiers jours de la guerre 1940 (Sabine) </title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est &#224; travers le regard de maman et mes souvenirs de petite fille de 6 ans, que je vous raconte les premiers jours de la guerre de 1940. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 10 mai 1940 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les avions allemands survolent Bruxelles, la DTCA belge tire avec rage, mais sans succ&#232;s. Les allemands lancent des bombes sur Bruxelles, une de celles-ci tombe au boulevard Brand Whitlock, au bout de notre avenue de Woluw&#233; St Lambert. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'apr&#232;s-midi, maman d&#233;cide de ne pas quitter la Belgique, mais d'aller &#224; la campagne, pr&#232;s de Ath, dans (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est &#224; travers le regard de maman et mes souvenirs de petite fille de 6 ans, que je vous raconte les premiers jours de la guerre de 1940.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 10 mai 1940&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les avions allemands survolent Bruxelles, la DTCA belge tire avec rage, mais sans succ&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les allemands lancent des bombes sur Bruxelles, une de celles-ci tombe au boulevard Brand Whitlock, au bout de notre avenue de Woluw&#233; St Lambert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'apr&#232;s-midi, maman d&#233;cide de ne pas quitter la Belgique, mais d'aller &#224; la campagne, pr&#232;s de Ath, dans la propri&#233;t&#233; familiale &#224; Tongre-Notre-Dame, avec ses 4 enfants. (8 ans, 6 ans, 4 ans et 2 ans).&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre oncle Yves, encore &#233;tudiant, nous y conduit en auto.&lt;br class='autobr' /&gt;
Papa rejoint son r&#233;giment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 11 mai&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tongre-Notre-Dame se vide doucement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Durant la journ&#233;e, 500 soldats fran&#231;ais arrivent au village, ce sont la plupart des Alg&#233;riens avec leur fez rouge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils s'installent dans le parc et le soir dansent au rythme des casseroles, &#224; notre plus grande joie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 14 mai&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un cort&#232;ge sans fin de r&#233;fugi&#233;s qui passe et repasse sur la route du village. Les gens fuient sans arr&#234;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une vingtaine s'installe chez nous, avant de repartir vers d'autres cieux&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le soir, nous nous retrouvons &#224; 25 personnes autour de la table. Que manger ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 15 mai&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grand combat d'avions juste au-dessus de nous, vacarme terrible, nous descendons tous dans la cave, sauf les gar&#231;ons qui vont sur le toit pour mieux voir&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous les enfants, nous avons peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 16 mai&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un Etat-Major anglais s'installe pr&#232;s de chez nous avec une dizaine de camions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi, nos invit&#233;s d&#233;cident de partir vers la France, nous voil&#224; seuls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 18 mai&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Allemands arrivent, et le bourgmestre donne l'ordre &#224; tous ses concitoyens de quitter le village.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; tout, maman d&#233;cide de rester, nous voil&#224; donc tout &#224; fait seuls, maman seule femme &#224; bord.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les soldats fran&#231;ais en partance sont tout &#233;tonn&#233;s de nous voir rester.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le soir, les bombardements augmentent, vive la cave, chaque enfant dans un caveau de vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 19 mai&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apr&#232;s-midi, un bruit de moto, ce sont les Allemands qui ouvrent la grille d'entr&#233;e et p&#233;n&#232;trent dans le jardin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Maman se dirige vers la porte avec ses 4 enfants, et les 2 Allemands lui demandent s'il y a encore des soldats fran&#231;ais ou anglais dans le village. &lt;br class='autobr' /&gt;
Suite &#224; sa r&#233;ponse n&#233;gative, ils se mettent &#224; rire et demandent du vin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis, arrive une centaine d'Allemands dans le parc. Dans la maison, nous voil&#224; confin&#233;s dans 2 chambres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le soir, ils nous donnent du chocolat. (ce que je n'ai pas oubli&#233;&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 20 mai&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit, nous devons mettre une grande armoire derri&#232;re notre porte, car des Allemands saouls tentent d'entrer dans notre chambre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 21 mai&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arrivage de 200 Allemands.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'avons plus de quoi nous nourrir, et nous sommes dans l'obligation de demander &#224; l'arm&#233;e allemande de nous alimenter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous recevons la gamelle militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 22 mai&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma soeur ain&#233;e tombe malade : la rougeole. Elle d&#233;lire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le m&#233;decin allemand d&#233;cide de nous rapatrier sur Bruxelles, de peur d'une &#233;pid&#233;mie de rougeole pour son arm&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous voil&#224; donc, en convoi sur Bruxelles, entour&#233;s de soldats arm&#233;s pour nous reconduire &#224; la maison.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un souvenir qui reste bien marqu&#233; en moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'oublierai jamais le courage de maman qui ne montrait jamais sa peur et qui pleine de fantaisies nous racontait des Contes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Souvenirs d'enfance en Italie (Monica)</title>
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		<dc:date>2017-10-04T09:35:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Cultures autres</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Texte &#233;crit dans le cadre du groupe de r&#233;cit de vie &#034;Je raconte une exp&#233;rience marquante&#034; &#224; l'espace senior Van Artevelde, &#224; Bruxelles-ville, 2017. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un souvenir marquant de mon enfance ? 1944, Scapoli, un petit village de campagne dans la r&#233;gion de Naples, mon village. Je vois un monsieur arriver. J'ai 4 ans et c'est la premi&#232;re fois que je vois mon p&#232;re. Il veut que je l'appelle papa. Mais, moi, je ne veux pas, je ne connais pas ce monsieur, personne ne m'a rien expliqu&#233;. Il me donne une fess&#233;e pour (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Texte &#233;crit dans le cadre du groupe de r&#233;cit de vie &#034;Je raconte une exp&#233;rience marquante&#034; &#224; l'espace senior Van Artevelde, &#224; Bruxelles-ville, 2017.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un souvenir marquant de mon enfance ? 1944, Scapoli, un petit village de campagne dans la r&#233;gion de Naples, mon village. Je vois un monsieur arriver. J'ai 4 ans et c'est la premi&#232;re fois que je vois mon p&#232;re. Il veut que je l'appelle papa. Mais, moi, je ne veux pas, je ne connais pas ce monsieur, personne ne m'a rien expliqu&#233;. Il me donne une fess&#233;e pour que je l'appelle papa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la guerre a &#233;clat&#233; en 1939, il faisait son service militaire. Il a &#233;t&#233; fait prisonnier en Albanie. Et moi, je suis n&#233;e en 1940, je ne me rappelais donc pas du tout de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des souvenirs de la guerre ? Je nous revois, avec ma m&#232;re, cach&#233;es dans les montagnes dans une grotte. Le ciel &#233;tait pos&#233; sur les montagnes, je pensais qu'il n'y avait plus rien au-del&#224;. C'&#233;tait &#224; l'&#233;poque du d&#233;barquement des Anglais et des Am&#233;ricains en Sicile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre, nous avons continu&#233; &#224; vivre &#224; Scapoli dans une ferme. Mon p&#232;re est redevenu ma&#231;on et sculpteur de pierre. Moi, je m'occupais avec maman de la maison, des champs, de mes jeunes fr&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 5, 6 heures du matin, j'&#233;tais debout. Je donnais &#224; manger aux lapins, aux poules. De 9h30 &#224; 12h, c'&#233;tait l'heure de l'&#233;cole. Ensuite, je faisais &#224; manger pour la famille et m'occupais des ch&#232;vres, des moutons, des tomates, &#8230; On n'achetait rien, on faisait tout &#224; la main : les p&#226;tes, les lasagnes, les pizzas, &#8230; Une fois par semaine, on cuisait le pain dans un grand four &#224; bois (le m&#234;me que pour les pizzas). Je me souviens qu'un jour, &#224; 14 ans, j'ai pour la premi&#232;re fois r&#233;ussi &#224; mettre le pain dans le four. J'&#233;tais tr&#232;s fi&#232;re d'avoir r&#233;ussi ! Mais on ne m'a pas f&#233;licit&#233;e. Jamais, nous n'&#233;tions f&#233;licit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 6 h du soir, on rentrait les moutons, les ch&#232;vres ; on les trayait. Et puis, on pr&#233;parait &#224; souper et on mangeait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je jouais quand j'&#233;tais enfant ? C'est quoi &#231;a jouer ? Je n'ai jamais eu de poup&#233;e, ni de jouet. Parfois, je r&#234;vais &#8230; Je n'avais pas le temps d'&#233;tudier non plus. Apr&#232;s la 4e primaire, je n'ai plus &#233;t&#233; &#224; l'&#233;cole. Pour aller en 5e, j'aurais d&#251; aller dans une &#233;cole plus &#233;loign&#233;e. Mon p&#232;re n'a pas voulu : &#171; Tu n'es pas un gar&#231;on. En tant que fille, ce qui est important c'est de savoir faire le m&#233;nage, d'&#233;duquer les enfants et de t'occuper de ton mari. &#187; J'&#233;tais vex&#233;e parce que mes copines continuaient l'&#233;cole. Mes fr&#232;res aussi ont poursuivi. Ma m&#232;re a m&#234;me donn&#233; un terrain sur lequel a &#233;t&#233; construit une nouvelle &#233;cole dans laquelle mes fr&#232;res sont all&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 14 ans, j'&#233;tais form&#233;e. A cette &#233;poque, les filles se mariaient parfois &#224; cet &#226;ge-l&#224;. Ma dot &#233;tait faite ; je l'avais brod&#233;e et cousue moi-m&#234;me. Je me souviens d'avoir fabriqu&#233; mon premier soutien avec une taie d'oreiller ! Plein de gar&#231;ons me couraient derri&#232;re. J'ai eu des amoureux. Mais je n'aimais pas les ragots du village. A 16 ans, j'ai rejoint ma tante et mon oncle, glaciers &#224; Li&#232;ge, en Belgique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, j'ai l'impression d'avoir eu une enfance heureuse ; tout &#231;a, cette vie, pour moi, c'&#233;tait normal et puis, j'adorais bouger ! D'un autre c&#244;t&#233;, je n'ai pas vraiment eu d'enfance, ni de jeunesse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La lib&#233;ration : 3 septembre 1944 (Adrien)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article475</link>
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		<dc:date>2016-09-02T07:43:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;3 septembre 1944, Enghien &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a peu de monde &#224; la messe ce dimanche matin Le capucin de service ne semble pas avoir le c&#339;ur &#224; son ouvrage d'officiant. Les fid&#232;les parlent entre eux presque &#224; voix haute. Je per&#231;ois des bribes de leurs conversation : &#171; Radio Londres a annonc&#233; hier soir que les troupes am&#233;ricaines sont entr&#233;es en Belgique &#187;, &#171; Arras a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e avant-hier &#187;, &#171; Ils vont certainement arriver aujourd'hui &#187;, &#171; Un drapeau belge a &#233;t&#233; plant&#233; cette nuit sur la tour de la grande &#233;glise &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; L'espoir (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L143xH150/arton475-be5b3.jpg?1776944056' width='143' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 septembre 1944, Enghien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Il y a peu de monde &#224; la messe ce dimanche matin Le capucin de service ne semble pas avoir le c&#339;ur &#224; son ouvrage d'officiant. Les fid&#232;les parlent entre eux presque &#224; voix haute. Je per&#231;ois des bribes de leurs conversation : &#171; Radio Londres a annonc&#233; hier soir que les troupes am&#233;ricaines sont entr&#233;es en Belgique &#187;, &#171; Arras a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e avant-hier &#187;, &#171; Ils vont certainement arriver aujourd'hui &#187;, &#171; Un drapeau belge a &#233;t&#233; plant&#233; cette nuit sur la tour de la grande &#233;glise &#187;.	&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espoir est palpable. Le bonheur qui en est le corollaire d&#233;ride tous les visages et y dessine des amorces de sourires.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ite missa est &#187;. Le &#171; Deo gratias &#187; qui suit se perd dans le brouhaha provoqu&#233; par la sortie pr&#233;cipit&#233;e des ouailles que Dieu a d&#251; trouver bien ti&#232;des en cette belle matin&#233;e de septembre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon p&#232;re n'arr&#234;te pas de tousser, nerveusement. Une inqui&#233;tude perce la cuirasse de sa joie. Probablement la crainte de violents combats ou de bombardements imminents.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rentrer &#224; la maison nous devons traverser une rue qu'encombre une pitoyable soldatesque &#224; l'uniforme vert de gris. Les militaires progressent en deux files. La premi&#232;re comporte des v&#233;hicules hippomobiles et des soldats se mouvant &#224; pied dans le d&#233;sordre le plus complet. La deuxi&#232;me se compose de camions, motos, camionnettes, autochenilles, chars et canons tract&#233;s. Le convoi fortement camoufl&#233; de branchages fait songer &#224; une for&#234;t en marche. Le d&#233;fil&#233; se poursuit jour et nuit depuis pr&#232;s d'une semaine. Les fuyards abrutis par la fatigue avancent comme des automates, le regard vide de toute expression. Est-ce l&#224; tout ce qui reste de cette fi&#232;re arm&#233;e conqu&#233;rante de mai 1940 ? Le soleil &#233;clatant et le ciel profond&#233;ment bleu sont les seuls points communs entre les journ&#233;es d'invasion et ce dimanche de d&#233;b&#226;cle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; &#224; la maison, mon p&#232;re d&#233;place le couvercle en b&#233;ton d'une citerne ext&#233;rieure laquelle, vid&#233;e de ses eaux, nous a servi d'abri lors d'alertes a&#233;riennes. J'aime descendre dans ce lieu, me fondre dans sa p&#233;nombre, savourer sa fra&#238;cheur et lancer des petits cris que l'&#233;cho fait rebondir sur les parois ciment&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est l'heure de la sieste, mais elle ne sera pas respect&#233;e aujourd'hui.
&lt;br /&gt;
Tous les habitants du quartier post&#233;s sur le pas de leur porte s'interpellent et se communiquent des nouvelles qui, pour la plupart, s'apparentent plut&#244;t &#224; des rumeurs. Des tirs provenant de l'ext&#233;rieur de la ville arr&#234;tent net les conversations. Soudain un avion de chasse anglais nous survole &#224; basse altitude. Au ronronnement assourdissant de son puissant moteur suivent des d&#233;tonations de mitrailleuses et des explosions successives. Les commentaires vont bon train. Le combat doit se d&#233;rouler dans les environs du cimeti&#232;re. La mitraillade se renouvelle &#224; plusieurs reprises. Tr&#232;s peu de temps apr&#232;s l'avion passe &#224; nouveau, en sens inverse, presque &#224; la hauteur des toits. Un peu plus tard, une nouvelle rumeur prend corps, une colonne blind&#233;e allemand aurait &#233;t&#233; an&#233;antie au lieu-dit &#171; Le Patriote &#187;. Un cycliste appara&#238;t, la chemise tremp&#233;e de transpiration. Il confirme le massacre dont il se dit avoir &#233;t&#233; le t&#233;moin. Il pr&#233;tend aussi que les Allemands ont fusill&#233; un groupe de r&#233;sistants. Et les rumeurs se transforment en nouvelles.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La joie se m&#234;le &#224; la tristesse, l'espoir &#224; la crainte. De l'excitation rehauss&#233;e d'appr&#233;hension naissent des &#233;clats de rires nerveux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la fa&#231;ade d'une maison de la rue vient d'&#234;tre hiss&#233; un grand drapeau belge. La demeure est occup&#233;e par un collaborateur notoire. A la stupeur et la consternation provoqu&#233;es par ce revirement grotesque suit une bienfaisante hilarit&#233;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une demi heure plus tard, une jeune femme d&#233;boule dans la rue et la voix vibrante d'&#233;motion s'&#233;crie : &#171; Les Anglais sont l&#224; ! Ils sont &#224; la rue de Bruxelles ! &#187;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quoi peuvent bien ressembler ces dieux que la propagande nazie ne nous a montr&#233;s que morts ou prisonniers ?&lt;br /&gt;
Les gens du quartier se h&#226;tent vers la rue de Bruxelles, situ&#233;e &#224; moins de cent m&#232;tres de chez moi.&lt;br /&gt;
Le bruit d'une fusillade nourrie stoppe net la ru&#233;e. Encore quelques coups de feu suivis d'un silence intriguant. Le courant s'inverse, tout le monde se pr&#233;cipite vers son domicile et s'y calfeutre.&lt;br /&gt;
Mon p&#232;re et moi regardons dans la rue par le ch&#226;ssis grillag&#233; de la porte du magasin. Un soldat allemand tourne le coin de la rue qui relie la mienne &#224; la rue de Bruxelles. Il boite, titube, se rattrape aux portes des maisons, s'appuie sur les fa&#231;ades. Il s'assied sur le perron en pierre bleue de la maison situ&#233;e en face de notre poste d'observation. Avec lenteur il replie son pied gauche et en entoure la cheville de ses deux mains. Une aur&#233;ole sanglante colore son bas, une balle a fracass&#233; son pied. Il l&#232;ve plusieurs fois la t&#234;te au ciel comme pour en implorer une aide et pousse des r&#226;les &#224; plusieurs reprises. Inquiet, il tourne la t&#234;te sans arr&#234;t scrutant les deux c&#244;t&#233;s de la rue d'o&#249; pourrait surgir un nouveau danger. Un k&#233;pi &#224; longue visi&#232;re lui conf&#232;re encore une allure agressive et cela en d&#233;pit de son &#233;tat et l'absence d'armement.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mart&#232;lement de bottes prend naissance au coin de la rue, s'amplifie et s'approche. Trois r&#233;sistants en uniforme de toile beige viennent se placer face au bless&#233; et braquent sur lui une mitraillette Sten.&lt;br /&gt;
Apr&#232;s un bref conciliabule et une fouille rapide, deux d'entre eux rel&#232;vent le mis&#233;rable &#233;clop&#233;, l'entourent et placent ses bras sur leurs &#233;paules. Les quatre hommes s'&#233;loignent &#224; grands pas. La jambe inerte du bless&#233; rebondit sur les pav&#233;s dans un raclement de cr&#233;celle. Un quart d'heure plus tard, vers 16H30, mes parents, quelques voisins et moi reprenons le chemin de la rue de Bruxelles. Dans une rue adjacente, une femme jette des seaux d'eau sur une &#233;norme flaque de sang &#233;tal&#233;e sur un trottoir et balaie le liquide ros&#226;tre dans le caniveau. Elle nous explique qu'un militaire allemand s'est tra&#238;n&#233; sur une cinquantaine de m&#232;tres pour venir succomber devant sa porte. Elle ne cesse de se lamenter sur le sort affreux de ce tr&#232;s jeune soldat dont elle a entendu les derni&#232;res cris et r&#226;les. Elle ajoute qu'il faisait partie d'une &#233;quip&#233;e de militaires fuyant &#224; bord d'une voiture particuli&#232;re. D&#233;bouchant dans la rue de Bruxelles, ils se sont retrouv&#233;s face &#224; un char anglais arr&#234;t&#233; vers lequel s'avan&#231;aient des civils en joie.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'en suivit un combat rapide et in&#233;gal. Une mitrailleuse du char per&#231;a la voiture d'une multitude de projectiles, y semant la mort et la d&#233;solation. Un seul occupant se rendit, indemne. Les autres furent tu&#233;s ou bless&#233;s. L'&#233;clop&#233; de ma rue faisait partie de ces fuyards.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous atteignons le convoi des lib&#233;rateurs. Le bonheur que j'ai ressenti &#224; ce moment s'est greff&#233; &#224; tout jamais dans la m&#233;moire de mon c&#339;ur.&lt;br /&gt;
La foule entoure les chars et les jeeps &#224; l'arr&#234;t. Elle veut toucher le mat&#233;riel arborant une &#233;toile blanche &#224; cinq branches comme pour se persuader qu'elle ne r&#234;ve pas, que le cauchemar se termine. Des soldats se penchent, acceptent en souriant les fleurs que leurs tendent des mains fr&#233;n&#233;tiques. Des hommes et des femmes se hissent sur les chars et se glissent dans les jeeps et les chenillettes. Des jeunes filles embrassent leurs lib&#233;rateurs qui leur rendent leurs baiser avec une innocence toute feinte. Aux cris d'all&#233;gresse se m&#234;lent les pleurs des plus &#233;mus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les militaires alli&#233;s doivent reprendre la route. Les moteurs d&#233;marrent dans un nuage bleut&#233; de gaz d'&#233;chappement.&lt;br /&gt;
Et d&#233;filent sans fin les v&#233;hicules salu&#233;s par des centaines de mains. Le crissement des chenilles sur les pav&#233;s fait vibrer les vitres des maisons et fr&#233;mir mes entrailles. Quatre ann&#233;es de souffrances, de faim, de peur, d'humiliations, s'estompent dans les hurlements de joie que ne parvient pas &#224; surmonter le rugissement du charroi guerrier. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voiture allemande mitraill&#233;e a &#233;t&#233; pouss&#233;e dans une rue adjacente. Les impacts des balles ne peuvent se compter. La plupart des objets qu'elle contenait ont &#233;t&#233; enlev&#233;s par les habitants. Seuls y tra&#238;nent encore quelques v&#234;tements souill&#233;s de sang.&lt;br /&gt;
Une foule en liesse remplit les rues de la ville. Beaucoup de gens s'embrassent, rient, laissent &#233;clater leur bonheur avec une exaltation proche du d&#233;lire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le balcon de l'h&#244;tel de ville quatre femmes tondues font face aux passants. L'une d'elle pleure &#224; chaudes larmes. Des insultes et quolibets scabreux fusent de toute part. La vue de femmes chauves me stup&#233;fie et me heurte, je ne pouvais m'imaginer une femme tondue. Ma m&#232;re m'explique qu'elles se sont mal conduites avec des Allemands. Certaines en ont m&#234;me &#233;pous&#233;s.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attroupement &#233;trange sur la grande place, en face de la maison communale et le long de l'&#233;glise. Une cinquantaine de soldats &#224; l'uniforme inconnu conversent dans une langue baroque. On nous apprend que ce sont des prisonniers russes que les Allemands employaient dans un d&#233;p&#244;t de munition &#233;tabli au Bois de Strioux. L'occupant l'a fait sauter il y a quelques jours. Les Russes aimeraient qu'on les prenne en charge et qu'on les rapatrie rapidement. Mais personne ne semble se soucier d'eux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus loin, sur le perron d'une maison patricienne, un coiffeur s'affaire &#224; tondre la t&#234;te d'une femme. Cinq autres, sur le trottoir, attendent leur tour, certaines avec r&#233;signation. L'une d'elle est v&#234;tue d'une simple combinaison. Deux autres, parmi les plus jeunes, pleurent en se tenant par la main. Des s&#339;urs probablement. Des injures et quelques rires gras s'&#233;l&#232;vent de la foule : &#171; Salopes ! Putains ! &#187;. La plupart des spectateurs demeurent cependant silencieux. Une grande tristesse m'envahit. Leur crime a-t-il donc &#233;t&#233; si grave pour provoquer un tel ch&#226;timent, de telles humiliations ? La fille en combinaison me fait penser &#224; ma s&#339;ur lorsqu'elle se d&#233;shabillait le soir dans notre chambre commune. Au moment o&#249; elle &#244;tait ce sous-v&#234;tement, je devais tourner mon regard vers le mur. Le bruissement soyeux des dessous enflammait mon imagination de gamin et &#233;veillait d'impr&#233;cises envies &#224; l'&#233;rotisme inconscient.&lt;br /&gt;
Deux femmes arborent un cr&#226;ne totalement chauve. L'impitoyable tondeuse poursuit sa sinistre t&#226;che et se faufile dans la permanente d'une fille blonde. Elle alimente par une intermittente cascade de cheveux une mer ondoyante de m&#232;ches de tons divers &#233;tal&#233;es sur le perron.&lt;br /&gt;
Mes parents m'&#233;loignent de ce navrant spectacle qu'ils ne semblent d'ailleurs pas approuver.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des soldats de l'arm&#233;e secr&#232;te appel&#233;e aussi Arm&#233;e Blanche par opposition aux uniformes noirs des volontaires belges enr&#244;l&#233;s dans l'arm&#233;e nazie, encadrent un groupe de civils en marche. Tous portent une valise ou un baluchon. Ces hommes sont d'anciens collaborateurs avec l'ennemi. Des poings se l&#232;vent vers eux, des invectives fusent de partout.&lt;br /&gt;
La ville enti&#232;re se retrouve dans la rue. Pas un seul Enghiennois n'est demeur&#233; chez lui. Chacun savoure la libert&#233; retrouv&#233;e. Termin&#233;s les contr&#244;les d'identit&#233;, les rafles, la censure des m&#233;dias, la propagande agressive, les d&#233;nonciations vraies ou fausses, l'autocensure du verbe et de l'&#233;criture, les fouilles corporelles et des bagages avec des armes point&#233;es vers soi, le m&#233;pris de l'occupant, les prises et ex&#233;cutions d'otages, la bassesse des collaborateurs et autres tra&#238;tres, l'&#233;ducation tronqu&#233;e, la haine des Juifs, la Gestapo, la torture, la clandestinit&#233;, le camp de Breendonk, l'appr&#233;hension du jour m&#234;me et du lendemain. Bref, c'est le retour &#224; une vie d&#233;cente dont l'&#233;panouissement va pouvoir se d&#233;velopper dans le cadre de la d&#233;mocratie renaissante. Le soulagement est immense, l'espoir proche de la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre : &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article476' class='spip_in'&gt;La lib&#233;ration : 4 septembre 44&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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