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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>L'expo 58, la promesse d'un monde nouveau (Alain)</title>
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		<dc:date>2020-12-11T12:20:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie (A&amp;T)</dc:creator>


		<dc:subject>Expo 58</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034;, &#224; la Maison des Femmes de Molenbeek, 2016-2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
A 12 ans, j'ai d&#233;couvert l'Expo 58. C'est un souvenir inoubliable pour moi, une exp&#233;rience de vie vraiment importante. L'expo 58 m'a ouvert les yeux sur le monde. J'avais un abonnement, j'y allais tout le temps. J'y ai vu les premiers ordinateurs qui &#233;taient alors gigantesques. J'ai vu la maquette grandeur nature du Spoutnik, premier satellite plac&#233; en orbite autour de la terre, les diff&#233;rents pavillons dont celui de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot189" rel="tag"&gt;Expo 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique170'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt;, &#224; la Maison des Femmes de Molenbeek, 2016-2017&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A 12 ans, j'ai d&#233;couvert l'Expo 58. C'est un souvenir inoubliable pour moi, une exp&#233;rience de vie vraiment importante. L'expo 58 m'a ouvert les yeux sur le monde. J'avais un abonnement, j'y allais tout le temps. J'y ai vu les premiers ordinateurs qui &#233;taient alors gigantesques. J'ai vu la maquette grandeur nature du Spoutnik, premier satellite plac&#233; en orbite autour de la terre, les diff&#233;rents pavillons dont celui de la Tha&#239;lande qui avait reproduit un temple c&#233;l&#232;bre de Bangkok. J'ai &#233;t&#233; marqu&#233; par le pavillon du Congo qui exposait les minerais et tant d'autres richesses. J'y ai rencontr&#233; Monsieur Bomboko qui deviendra plus tard une autorit&#233; du Congo ind&#233;pendant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai souvent bross&#233; l'&#233;cole pour me rendre &#224; l'Expo. J'&#233;tais fascin&#233; par cette ouverture sur le monde et ses technologies. Je faisais des rencontres de personnes &#233;trang&#232;res qui parlaient facilement &#224; ce gamin curieux, des personnes d'une autre couleur de peau, qui avaient des id&#233;es diff&#233;rentes des n&#244;tres. C'est en discutant avec ce Congolais que j'ai appris que tous les Congolais n'habitaient pas dans des huttes. A l'&#233;poque, l'homme anglais, &#233;tait le summum de la civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expo 58 est &#224; la base de mon int&#233;r&#234;t pour le monde. C'&#233;tait aussi la promesse d'un monde nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait aussi le d&#233;but de la t&#233;l&#233;vision ; une autre ouverture sur le monde, tr&#232;s p&#233;dagogique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Mon Congo, vu de Bruxelles (Serge)</title>
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		<dc:date>2020-05-14T08:36:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Colonisation</dc:subject>
		<dc:subject>Expo 58</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mes souvenirs du Congo o&#249; je ne me suis jamais rendu ? Voyons voir&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord &#171; Tintin au Congo &#187;, la premi&#232;re bande dessin&#233;e offerte par mes parents alors que j'apprenais &#224; lire&#8230; Tintin, les &#034;N&#232;gres&#034;, les missionnaires, les crocodiles, les &#233;l&#233;phants et les lions, les hommes-l&#233;opards et les sorciers, tout &#231;a me faisait r&#234;ver, et ce livre a certainement particip&#233; &#224; ma conviction d'enfant d'apprendre rapidement &#224; lire pour tout comprendre&#8230; C'est ainsi que je savais d&#233;j&#224; lire en entrant en 1&#232;re primaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1958, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot189" rel="tag"&gt;Expo 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L144xH150/arton1204-e9d8c.jpg?1780044183' width='144' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mes souvenirs du Congo o&#249; je ne me suis jamais rendu ? Voyons voir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord &#171; Tintin au Congo &#187;, la premi&#232;re bande dessin&#233;e offerte par mes parents alors que j'apprenais &#224; lire&#8230; Tintin, les &#034;N&#232;gres&#034;, les missionnaires, les crocodiles, les &#233;l&#233;phants et les lions, les hommes-l&#233;opards et les sorciers, tout &#231;a me faisait r&#234;ver, et ce livre a certainement particip&#233; &#224; ma conviction d'enfant d'apprendre rapidement &#224; lire pour tout comprendre&#8230; C'est ainsi que je savais d&#233;j&#224; lire en entrant en 1&#232;re primaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1958, j'avais 5 ans et demi &#224; l'ouverture de l'Expo. Pendant toute la dur&#233;e de l'Expo, mes parents ou tante Eug&#233;nie, avaient pris l'habitude de m'y emmener le dimanche. Il m'en reste quelques souvenirs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait surtout ce circuit automobile pour enfants o&#249; j'avais plusieurs fois pilot&#233; des voitures&#8230; je me souviens de ma frustration et de ma grosse col&#232;re du jour o&#249; l'on m'y avait refus&#233; l'entr&#233;e. Un enfant s'&#233;tait gravement bless&#233; et depuis, par mesure de s&#233;curit&#233;, seuls les plus de 8 ans &#233;taient autoris&#233;s &#224; y rouler&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait aussi le t&#233;l&#233;ph&#233;rique&#8230; J'en recevrai d'ailleurs un &#224; la Saint Nicolas&#8230; Mais vu l'encombrement dans la salle &#224; manger, les parents l'ont rapidement enlev&#233;, pour ne jamais le r&#233;installer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il y avait l'enclos des &#034;N&#232;gres&#034; que je voulais vraiment voir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir en vrai le village de &#171; Tintin au Congo &#187; : des vrais &#034;N&#232;gres&#034; qui mangent, qui se chamaillent, qui chantent ou qui jouent du tam-tam !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois qu'on allait &#224; l'Expo, nous partions les voir, mais c'&#233;tait chaque fois la d&#233;convenue. On ne les a jamais vus, seulement des cases vides sur terre battue&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#034;N&#232;gres&#034; &#233;taient malades et le village &#233;tait ferm&#233;, me disait-on chaque fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au retour, nous allions en p&#226;tisserie acheter des petits g&#226;teaux&#8230; mon pr&#233;f&#233;r&#233; &#233;tait en chocolat, c'&#233;tait le &#171; t&#234;te de n&#232;gre &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais pass&#233; mon &#171; Jardin d'enfant &#187; (comme on disait pour les classes maternelles) et ma 1&#232;re primaire &#224; l'Enfant J&#233;sus, rue &#8216;t Kint &#224; Bruxelles. Je me souviens qu'on y parlait des missions au Congo. Les missionnaires &#233;taient habill&#233;s et casqu&#233;s de blanc pour se prot&#233;ger du soleil d'Afrique, au contraire des soutanes noires des religieux d'ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;cole, se trouvait une tirelire pour collecter de l'argent pour les missions. Une tirelire qui repr&#233;sentait un enfant n&#232;gre qui remerciait de la t&#234;te lorsqu'on mettait une pi&#232;ce dans la fente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premi&#232;re, parmi les &#233;l&#232;ves de notre classe se trouvait Martine, qui par suite d'une maladie avait la peau noire. On pouvait sans crainte jouer avec elle : ce n'&#233;tait pas contagieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des ann&#233;es plus tard, Maman m'expliquera que ses parents blancs l'ont adopt&#233;e au Congo et qu'ils n'avaient rien trouv&#233; de mieux que de parler d'une maladie lorsque Martine leur avait pos&#233; des questions sur sa couleur de peau. Maman trouvait ce mensonge dangereux, car quand elle sera grande, Martine le reprochera certainement &#224; ses parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1&#232;re primaire (1958-1959), sans doute le 15 novembre pour la f&#234;te du Roi, nous avions appris la Braban&#231;onne, et il avait &#233;t&#233; demand&#233; aux &#233;l&#232;ves d'apporter quelque chose en rapport avec la Belgique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette occasion, les parents m'avaient offert un peloton de petits soldats qui d&#233;filaient au pas, le fusil &#224; l'&#233;paule. Il y avait quelques soldats musiciens et un porte-drapeau&#8230;C'&#233;taient des soldats en pl&#226;tre arm&#233;&#8230; Ils sont rest&#233;s expos&#233;s dans la classe jusqu'&#224; la fin de l'ann&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
On nous avait fait colorier l'image des drapeaux crois&#233;s belge et congolais. Le congolais &#233;tait bleu avec une &#233;toile jaune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite mon petit fr&#232;re Raymond et moi sommes devenus grands amateurs de jeux de soldats&#8230; Les soldats en pl&#226;tre arm&#233; qui d&#233;filaient gentiment ont vite c&#233;d&#233; la place &#224; leurs successeurs en plastique, avec lesquels nous nous faisions la guerre. C'est ainsi qu'&#224; la Saint Nicolas de 1960 nous avons re&#231;u des soldats noirs. Nous avions re&#231;u moiti&#233; soldats blancs et moiti&#233; soldats noirs. Exactement les m&#234;mes uniformes, les m&#234;mes postures mais les uns blancs, les autres noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait m&#234;me deux rois&#8230; Enfin, l'un des deux &#233;tait pr&#233;sident de la r&#233;publique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maman avait un cousin de son c&#244;t&#233; maternel, Willy qui &#233;tait colon au Congo. C'&#233;tait lui qui &#233;tait cens&#233; &#234;tre le parrain de notre s&#339;ur Anne, n&#233;e en janvier 1960. Ses activit&#233;s au Congo ne lui ont pas permis de revenir en Belgique pour le bapt&#234;me&#8230; C'est ainsi qu'&#224; 7 ans, j'ai eu l'honneur et la grande fiert&#233; de devenir le parrain de ma petite soeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1964, il y avait eu de nouveaux massacres et les paras belges &#233;taient intervenus &#224; Stanleyville&#8230; Je me souviens avoir cherch&#233; dans le Soir Illustr&#233; le visage de Willy parmi les r&#233;fugi&#233;s et les cadavres&#8230;Je sais qu'il est revenu du Congo... mais apr&#232;s on l'a perdu de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons plus de contact avec la partie maternelle et flamande de notre famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque, j'&#233;tais en 6&#232;me primaire &#224; l'institut St Georges, rue des Alexiens. L'instituteur &#233;tait Mr Louis D.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s ces &#233;v&#233;nements, nous avons re&#231;u un nouvel &#233;l&#232;ve en cours d'ann&#233;e, un certain Leurquin dont je ne me souviens pas du pr&#233;nom, revenu avec sa m&#232;re, r&#233;fugi&#233;s du Congo.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son p&#232;re y avait laiss&#233; la vie. Leurquin n'&#233;tait pas un &#233;l&#232;ve comme les autres. Il &#233;tait un peu retard&#233;&#8230; sans doute avait-il &#233;t&#233; traumatis&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens d'un devoir de r&#233;daction, pour lequel Leurquin avait pris son p&#232;re comme sujet. On devait &#233;crire une page et demie, mais lui n'avait &#233;crit que quelques lignes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces quelques lignes m'avaient &#233;mu, car nous savions que son p&#232;re avait &#233;t&#233; assassin&#233; au Congo. En tenant compte du contexte, ces quelques lignes auraient pu m&#233;riter un dix. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais Mr D. n'a pas &#233;t&#233; &#233;mu : il lui a donn&#233; z&#233;ro.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>1958, une &#233;poque exaltante ... (Fran&#231;oise)</title>
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		<dc:subject>Expo 58</dc:subject>

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&lt;p&gt;La pr&#233;paration de l'Expo 58 &lt;br class='autobr' /&gt;
Plusieurs ann&#233;es avant, les journaux parl&#233;s et &#233;crits commenc&#232;rent &#224; nous d&#233;tailler tous les bouleversements qui se pr&#233;paraient dans la capitale en vue de &#171; l'Exposition Internationale de 1958 &#187;. Une premi&#232;re autoroute, deux bandes dans chaque sens, 105 kilom&#232;tres de long, permit de rejoindre Ostende rapidement. Le Belge moderne s'annon&#231;ait comme un Belge mobile, empruntant la voiture ou le train. Depuis 1952, la jonction &#171; Nord-Midi &#187; permettait une nouvelle mobilit&#233;, la ville (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;La pr&#233;paration de l'Expo 58&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs ann&#233;es avant, les journaux parl&#233;s et &#233;crits commenc&#232;rent &#224; nous d&#233;tailler tous les bouleversements qui se pr&#233;paraient dans la capitale en vue de &#171; l'Exposition Internationale de 1958 &#187;. Une premi&#232;re autoroute, deux bandes dans chaque sens, 105 kilom&#232;tres de long, permit de rejoindre Ostende rapidement. Le Belge moderne s'annon&#231;ait comme un Belge mobile, empruntant la voiture ou le train. Depuis 1952, la jonction &#171; Nord-Midi &#187; permettait une nouvelle mobilit&#233;, la ville devint un n&#339;ud de voies ferroviaires, routi&#232;res, navigables et a&#233;riennes. D&#232;s ce moment, Bruxelles, devint un chantier permanent. L'environnement et les embouteillages ne posaient pas encore de probl&#232;mes, les in&#233;galit&#233;s sociales ne semblaient pas insolubles et l'&#233;nergie nucl&#233;aire ne recelait que des promesses !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insidieusement, une effervescence incroyable s'empara du pays, tr&#232;s longtemps &#224; l'avance ; la Belgique fut dynamis&#233;e. On ne parlait plus que de &#231;a &#171; L'EXPO &#187; ! J'avais 17 ans, j'&#233;tais en avant-derni&#232;re ann&#233;e d'humanit&#233; et tout ce remue-m&#233;nage m'int&#233;ressait beaucoup. &#192; force de d&#233;couvrir les grands travaux dans Bruxelles pour &#171; L'Expo &#187; et tous les projets des pavillons du monde entier, j'eus l'impression d'une fin d'&#233;poque. Un peu comme si enfin les tourments des deux guerres s'effa&#231;aient pour faire place &#224; un futur prometteur. Il semblait que tout devenait possible&#8230; une dr&#244;le de belle &#233;poque commen&#231;ait ! On d&#233;couvrait les projets de : &#171; La Belgique Joyeuse &#187;, oui la vie devenait plus l&#233;g&#232;re. On pouvait s'amuser, rire voire se divertir la nuit enti&#232;re ! Que n'a-t-on pas dit et &#233;crit sur cette expo ? Tous les belges &#233;taient pris dans une esp&#232;ce d'ivresse au progr&#232;s, oui une page se tournait et le monde entier attendait, esp&#233;rait&#8230; des jours meilleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bouleversements se manifest&#232;rent dans tous les domaines, ce f&#251;t l'&#233;poque des couleurs franches, criardes, os&#233;es, des mati&#232;res plastiques rutilantes, du formica, du design d&#233;lirant et multicolore. On se l&#226;che, on ose, les papiers peints, les tissus, les objets sont plein de vitalit&#233; tout est &#224; l'optimisme. La soci&#233;t&#233; croit en la science qui semble avoir r&#233;ponse &#224; tout, les progr&#232;s techniques sont en pleine expansion. La Belgique consacra de nombreux pavillons &#224; ses industries, ses services et sa culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me rappelle un t&#233;moin qui a subsist&#233; longtemps apr&#232;s l'Expo : la fl&#232;che du G&#233;nie civil en b&#233;ton, qui rendait un hommage prodigieux &#224; l'audace des techniques de construction modernes. La conception et la r&#233;alisation de cette fl&#232;che en voile de b&#233;ton, longue de 80 m&#232;tres, qui s'&#233;levait &#224; 36 m&#232;tres du sol, s'appuyait sur un socle en b&#233;ton s'&#233;largissant en forme de coupole. Elle semblait dire : &lt;br class='autobr' /&gt;
regardez, je tiens ! &#192; ses pieds, une carte en relief de la Belgique, couvrait un quart d'hectare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce f&#251;t une &#233;poque exaltante. De 1958 &#224; 1973, en Belgique, le revenu par habitant doubla, il passa de 53.400 &#224; 105.200 francs c-&#224;-d. qu'un Belge pouvait se procurer deux fois plus de choses.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Expo 58&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cette vitrine du monde, avec tout ce qu'elle promettait&#8230;, je ne l'ai vue que deux fois ! Oui, je n'ai &#233;t&#233; &#224; l'expo qu'&#224; deux occasions. La premi&#232;re en juin, avec ma classe en voyage scolaire et une fois avec mon p&#232;re pendant les grandes vacances. Bien qu'ayant 17 ans, jamais mes parents n'auraient accept&#233;s que j'y vienne seule ou avec des amies. J'en ai gard&#233; surtout un souvenir de trop peu, tant il y avait de choses &#224; voir ou &#224; faire ! Tout y &#233;tait d&#233;couverte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens tr&#232;s bien du pavillon des &#201;tats-Unis, une des rares constructions de l'expo &#224; avoir &#233;t&#233; conserv&#233;e. Celui-ci contrastait avec la rigueur p&#233;dagogique de son voisin sovi&#233;tique. Il &#233;tait gigantesque et circulaire, une sorte d'anneau de 36 c&#244;t&#233;s soutenu par 72 colonnes de 22 m&#232;tres de haut. &#192; l'int&#233;rieur, un design ultra moderne fait de noir et de lumi&#232;res avec des vitrines, des fontaines, des sodas et des ice-creams et en prime les premi&#232;res t&#233;l&#233;visions en couleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste en face, le pavillon sovi&#233;tique rectangulaire et son &#233;norme hall domin&#233; par la statue g&#233;ante de L&#233;nine. On y montrait, entre autres choses spectaculaires, le plus gros roulement &#224; billes du monde et surtout la reproduction du spoutnik et ses &#171; bip,bip &#187;, premier satellite lanc&#233; autour de la terre, dont les r&#233;cents succ&#232;s dans l'espace donnaient des complexes &#224; tout l'occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens aussi, des constructions des voisins proches, la France dont le pavillon, &#233;quilibr&#233; par une fl&#232;che, fut sans doute celui qui suscitait le plus de curiosit&#233;, on y pr&#233;sentait entre autres choses, la nouvelle &#171; Citro&#235;n DS 19 &#187; et les exemples les plus significatifs de la modernit&#233; &#224; la port&#233;e de tous ! Et que dire des luxueuses vitrines de haute couture et ses d&#233;fil&#233;s tr&#232;s suivis. Plus loin, le pavillon des Pays-Bas et son mur d'eau, ses mar&#233;es, moulins et bulbes de fleurs. Il me revient aussi, celui de la Hongrie et son folklore (peut-&#234;tre m'a-t-il marqu&#233; &#224; cause de la r&#233;volution de 1956) et de celui de la Tch&#233;coslovaquie o&#249; j'ai achet&#233; un petit cendrier en poterie que je poss&#232;de encore. Curieusement ces deux derniers pays m'&#233;taient moins connus, bien que g&#233;ographiquement plus proches que ceux du &#171; nouveau monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec papa j'ai &#233;t&#233; d&#233;couvrir le pavillon du Canada&#8230; c'est l&#224;, qu'il m'expliqua son r&#234;ve improbable de s'y rendre. Il m'expliqua la grandeur et la d&#233;mesure des paysages, des villes et surtout du St-Laurent dont &#224; l'embouchure on ne voit pas les deux rives simultan&#233;ment ! Il me parla de la flottaison des bois, qui en long trains s'y d&#233;pla&#231;aient. De la fabrication de la p&#226;te &#224; papier, qui arrivait dans nos papeteries via le transport maritime. Je ne sais ce qui avait d&#233;clench&#233; en lui cet enthousiasme pour ce pays, mais ce jour-l&#224;, son r&#234;ve devint le mien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les souvenirs que je garde de cette c&#233;l&#232;bre expo, sont une abondance de d&#233;couvertes, la terre &#224; port&#233;e des yeux. O&#249; que l'on soit dans la grande avenue de l'Exposition, l'Atomium &#233;tait visible, cette construction rappelait par son choix, l'av&#232;nement d'une &#232;re nouvelle : l'&#232;re de l'atome. Les neuf sph&#232;res illustraient les atomes dans le r&#233;seau cristallin, les tubes symbolisaient les forces mol&#233;culaires de liaison, les proportions originales du cristal de fer qu'il repr&#233;sentait furent augment&#233;es quelque 165 milliards de fois pour le r&#233;aliser. L'Atomium &#233;tait porteur d'un message moins innocent que l'on ne pense, au lendemain de la deuxi&#232;me guerre mondiale, le monde entier se donnait pour mission de retourner l'opinion publique en faveur de l'&#233;nergie nucl&#233;aire et faire oublier sa connotation n&#233;gative d'Hiroshima et de Nagasaki.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi, que de voir tant de choses, mais tout compte fait d'en visiter si peu, est n&#233; en moi un d&#233;sir de voyager, de voir de mes propres yeux. Mon go&#251;t des voyages &#224; l'&#233;tranger est peut-&#234;tre n&#233; &#224; ce moment-l&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Atomium (Jeannine)</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie (A&amp;T)</dc:creator>


		<dc:subject>Expo 58</dc:subject>

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&lt;p&gt;Quand je me rends sous l'Atomium je frissonne. Je retrouve mes vingt ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis toujours je vis &#224; Bruxelles. Dans les ann&#233;es cinquante, la ville se transforme. Construction de ponts, de tunnels, d&#233;molition de certains quartiers. Je ne r&#233;alise pas trop ce qui se pr&#233;pare. Et pourtant, en avril 1958, au Heysel, s'installe une &#233;norme exposition internationale. Le monde entier se donne rendez-vous &#224; Bruxelles. Pour pr&#233;senter le meilleur de chaque pays. C'est &#171; l'Expo 58 &#187;. J'ai vingt ans. La (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand je me rends sous l'Atomium je frissonne. Je retrouve mes vingt ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis toujours je vis &#224; Bruxelles. Dans les ann&#233;es cinquante, la ville se transforme. Construction de ponts, de tunnels, d&#233;molition de certains quartiers. Je ne r&#233;alise pas trop ce qui se pr&#233;pare. Et pourtant, en avril 1958, au Heysel, s'installe une &#233;norme exposition internationale. Le monde entier se donne rendez-vous &#224; Bruxelles. Pour pr&#233;senter le meilleur de chaque pays. C'est &#171; l'Expo 58 &#187;. J'ai vingt ans. La t&#233;l&#233;vision n'est pas encore dans ma famille. Je ne connais pas grand-chose. J'ach&#232;te un abonnement. Je vais pouvoir tout visiter pendant 6 mois. Tout voir. Tout appr&#233;cier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; que 43 pays viennent &#224; Bruxelles. Ils am&#232;nent leurs tr&#233;sors, transmettent leur &#233;nergie, pr&#233;sentent leurs sp&#233;cialit&#233;s. L'Atomium en est le symbole. Des ing&#233;nieurs et architectes ont construit ces neufs boules de fer et d'acier. Elles illustrent la technique au service de la paix. Des centaines d'ouvriers ont travaill&#233; tr&#232;s dur &#224; sa construction. Il fallait &#234;tre un peu acrobate. Le r&#233;sultat est extraordinaire. L'Atomium devait durer dix ans. Cinquante ans plus tard il est toujours l&#224;. La nuit il brille gr&#226;ce &#224; des milliers de petites lampes. Aujourd'hui ces neuf sph&#232;res sont devenues le phare de la Belgique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Expo 58 est install&#233;e sur une tr&#232;s grande &#233;tendue. Tout le Heysel est couvert de pavillons superbes. Je m'y rends &#224; chaque fin de semaine. Il y a tant de choses &#224; voir. Les gens viennent de tr&#232;s loin. On annonce les visiteurs c&#233;l&#232;bres : des ministres, des ambassadeurs, des rois et des princes. Des vedettes de th&#233;&#226;tre, de cin&#233;ma. Tout le monde doit &#234;tre pr&#233;sent au Heysel. C'est la f&#234;te tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarque en premier le pavillon Am&#233;ricain : tout rond, tout en verre, &#233;l&#233;gant, lumineux. A l'int&#233;rieur : des arbres, des fontaines, des d&#233;fil&#233;s de mode, des exp&#233;riences nouvelles. L'Am&#233;rique nous charme, &#233;l&#233;gante et gracieuse. En face : le pavillon de l'Union Sovi&#233;tique, carr&#233;, &#233;norme, imposant. Domin&#233; par des statues gigantesques, des grandes photos de travailleurs. Ils sont les plus puissants. Les Russes sont les premiers &#224; avoir envoy&#233; un engin dans l'espace. Ils exposent le &#171; spoutnik &#187;.Tout le monde en avait parl&#233;. Ils en sont tr&#232;s fiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; C'est &#231;a le Spoutnik ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Mais oui ! C'est un satellite ! Cela fait un an qu'on en parle. Il a tourn&#233; autour de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; On le croyait plus grand : il est tout petit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les boules de l'Atomium sont &#233;normes. Pendant l'Expo, on y monte &#224; l'aide de grands escaliers mobiles. Au sommet, je suis &#224; 102 m&#232;tres du sol. J'admire enfin tous les pavillons. L&#224;-haut, je d&#233;couvre le monde. La Hollande et ses canaux, l'Italie et ses sympathiques petites maisons blanches, la Tha&#239;lande au temple enti&#232;rement recouvert d'or, l'Angleterre myst&#233;rieuse, la France comme un oiseau aux ailes ouvertes. Et tant d'autres constructions originales. Le Congo belge pr&#233;sente la faune et la flore du pays. Le public est attir&#233; par un exotique village congolais. Des familles y vivent. Le village sera tr&#232;s vite ferm&#233; &#224; cause de r&#233;actions malsaines des visiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un funiculaire me transporte dans des petites cabines. Je passe au-dessus des jardins, des fontaines. La foule d&#233;file sans interruption. L'ambiance est tr&#232;s agr&#233;able. Je profite de tout. Et le soir, je vais m'amuser &#224; la Belgique Joyeuse, un quartier &#224; l'ancienne qui a &#233;t&#233; construit provisoirement. Des restaurants, des brasseries sont ouverts toute la nuit. Un luna park, immense, propose des attractions nouvelles. Je f&#234;te mes vingt ans dans cette ambiance joyeuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en octobre, c'est termin&#233;. J'ai le c&#339;ur lourd. Certains pavillons sont d&#233;mont&#233;s et reconstruits ailleurs. D'autres sont d&#233;truits. De cette belle &#233;poque, il ne reste que l'Atomium. Et des souvenirs plein la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi je frissonne sous les boules de l'Atomium.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>4&#232;me latine : vive l'amiti&#233; ! (Nicole H.)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Expo 58</dc:subject>
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&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Nicole &#034;Au fil des bulletins scolaires&#034; Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai 13 ans. En septembre 1957 je rentre en 4&#232;me gr&#233;co-latine (l'actuelle 3&#232;me) chez M&#232;re Louise qui est notre titulaire et prof. de maths. Je me sens en d&#233;phasage par rapport &#224; mes compagnes qui ont un an de plus que moi. Elles portent des bas nylon, elles ! et moi encore des socquettes : la honte ! Elles parlent de leurs sorties, de gar&#231;ons et m'excluent de leurs conversations qui &#8211;il est vrai &#8211; ne (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Nicole &#034;Au fil des bulletins scolaires&#034; &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique150' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai 13 ans. En septembre 1957 je rentre en 4&#232;me gr&#233;co-latine (l'actuelle 3&#232;me) chez M&#232;re Louise qui est notre titulaire et prof. de maths. Je me sens en d&#233;phasage par rapport &#224; mes compagnes qui ont un an de plus que moi. Elles portent des bas nylon, elles ! et moi encore des socquettes : la honte ! Elles parlent de leurs sorties, de gar&#231;ons et m'excluent de leurs conversations qui &#8211;il est vrai &#8211; ne m'int&#233;ressent pas. Mes profs disent que je manque de maturit&#233;. Heureusement que j'ai Fran&#231;oise et Colette. Colette qui est joyeuse et chante toujours &#171; quoiqu' il arrive, j'ai toujours le sourire ; je prends la vie du bon c&#244;t&#233; ; je me dis qu'il peut arriver pire et &#231;a suffit pour me mettre en ga&#238;t&#233; &#187; Nous tenons d'interminables conciliabules, nous nous aidons pour nos devoirs. Colette est pensionnaire et supporte mal cette situation. Elle n'accepte pas que les religieuses puissent lire son courrier, aussi bien souvent, je lui poste ses lettres en douce. J'ai beaucoup de travail scolaire, principalement en n&#233;erlandais. Notre prof, Madame Bonquet, est une terreur. Cette branche me demande autant d'efforts que toutes les autres branches r&#233;unies ! &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1958, tout le monde n'a qu'un mot &#224; la bouche : &#171; l'exposition universelle &#187; tr&#232;s vite r&#233;sum&#233;e en &#171; expo 58 &#187;. C'est un &#233;v&#233;nement de grande ampleur : de nombreux pays exposent leur art, leur savoir-faire, leur artisanat, dans des pavillons construits uniquement pour cela sur le plateau du Heyzel. Pour faciliter le transport de tous les visiteurs vers l'expo, Bruxelles se lance dans de grands travaux d'infrastructure : prolongation de lignes de trams, tunnels routiers de la petite ceinture, h&#244;tels, centres sportifs et culturels, parkings immenses, etc&#8230;et surtout, construction de l'Atomium. Ce b&#226;timent ultramoderne est compos&#233; de 9 boules immenses recouvertes d'aluminium, raccroch&#233;es les unes aux autres par des tubes (contenant des ascenseurs) et d&#233;fiant les lois de l'&#233;quilibre. La science atomique est en plein essor et ce b&#226;timent se veut un hommage &#224; la gloire de cette toute nouvelle science.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Belgique construit aussi la &#171; fl&#232;che du g&#233;nie civil &#187;, structure en b&#233;ton qui s'&#233;l&#232;ve dans les airs sans support ! Impressionnant !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de pays participent &#224; cette exposition, notamment les Etats-Unis qui montrent un pavillon circulaire &#8211; un des rares qui ne sera pas d&#233;truit &#224; la fin de l'expo &#8211; Les am&#233;ricains y vendent, entre autres, des cornets de glace d'un genre encore inconnu en Europe, les &#171; soft ices &#187;. La marchande met un cornet sous un levier d'une machine, l&#232;ve ce levier et tombe dans le cornet un gros serpentin de cr&#232;me glac&#233;e, soit blanc vanille, soit rose fraise, soit brun chocolat (de toute fa&#231;on sans beaucoup de go&#251;t), elle imprime un mouvement tournant au cornet pendant qu'il se remplit et donne ainsi &#224; la glace une apparence comme si elle sortait d'une douille. Ces glaces ont un succ&#232;s fou. Nous d&#233;couvrons aussi lors de cette expo les &#171; hot dogs &#187;, inconnus chez nous jusqu'alors.&lt;br&gt;
L'exposition ouvre ses portes d'avril &#224; octobre, si je me souviens bien. Elle est l'objet des voyages scolaires de toutes les &#233;coles du royaume. Nous y allons avec notre classe de 4&#232;me latine un jour du troisi&#232;me trimestre.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de cette ann&#233;e scolaire, Fran&#231;oise me propose de cr&#233;er avec elle une section locale de la JECF : Jeunesse &#233;tudiante catholique f&#233;minine, mouvement de jeunesse d&#233;pendant de l'Action Catholique, un peu hybride, rassemblant les caract&#233;ristiques du scoutisme et de la JOC fond&#233;e par l'Abb&#233; Cardijn. Nous sommes soutenues par Jeanine van der Aa, chef d'une section importante &#224; Uccle, que Fran&#231;oise connaissait d&#233;j&#224;. La chef est Fran&#231;oise et je suis son assistante. Nous faisons un peu de publicit&#233; dans les classes, proposons une r&#233;union par semaine sur le temps de midi, un minicamp pendant l'ann&#233;e et un grand camp aux vacances d'&#233;t&#233;. Tr&#232;s vite nous sommes une vingtaine de jocistes. Pour ouvrir et cl&#244;turer les r&#233;unions Fran&#231;oise entame d'une voix forte et s&#251;re le chant du mouvement : &#171; J&#233;ciiiistes, debout !, le monde est d&#233;chir&#233; de haine et de mensonges ; Hardi pour le sauver, laissons l&#224; tous nos songes ; cherchons la v&#233;rit&#233;, vivons dans l'amiti&#233;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#187; &lt;br&gt;
Buts tr&#232;s nobles &#224; la hauteur de notre enthousiasme !! &lt;br&gt;
Cette section locale que nous avons cr&#233;&#233;e conna&#238;tra de plus en plus de succ&#232;s et continuera m&#234;me apr&#232;s notre d&#233;part en fin de rh&#233;torique.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour de ce trimestre, mon amie Colette est pri&#233;e de quitter l'&#233;cole pour cause d' &#171; insubordination &#187;. La directrice, M&#232;re Aloyse, ne l'aime vraiment pas. Du jour au lendemain Colette a d&#251; plier bagages et ses parents trouver une autre &#233;cole pour qu'elle y passe la fin de l'ann&#233;e. Pendant un mois elle n'a pas pu voir ses parents ni rentrer le W.E. &#224; la maison. Je suis &#224; la fois tr&#232;s triste et furieuse. Aussi, avec Fran&#231;oise, les samedis apr&#232;s-midi nous faisons du stop pour aller la voir dans son pensionnat &#224; Uccle et passer quelques moments avec elle. En cachette des parents bien s&#251;r ! Les r&#233;unions JEC servent d'alibi.&lt;br&gt;
Colette r&#233;int&#233;grera l'&#233;cole &#224; la rentr&#233;e suivante. Pendant les vacances il y a eu un changement de directrice ; la nouvelle s'appelle M&#232;re Marie Bernadette.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les grandes vacances de cette ann&#233;e, les parents d&#233;cident de ne pas partir en vill&#233;giature mais de les consacrer &#224; visiter l'expo. Ils ach&#232;tent un abonnement pour chaque membre de la famille et 2 &#224; 3 fois par semaine nous passons une journ&#233;e &#224; l'expo. J'en ai gard&#233; un souvenir fabuleux ! Chaque fois il y a quelque chose de nouveau &#224; d&#233;couvrir. Des cousins viennent parfois passer une semaine chez nous et nous allons alors entre jeunes, tout seuls, comme des grands, passer la journ&#233;e &#224; l'expo. Je visite ainsi la &#171; Belgique joyeuse &#187; avec ses restos et ses divertissements, je vais voir plusieurs fois le pavillon du Siam qui est magnifique, je ne me lasse pas de contempler le spoutnik au pavillon de l'URSS et bien s&#251;r je mange des soft ices.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin juillet, grande excitation : mon premier grand camp j&#233;ciste ! Nous passons 2 semaines &#224; Habay la Vieille, dormons dans une grange, nous lavons dans l'Anlier, faisons la vaisselle avec de l'eau de cette m&#234;me rivi&#232;re, participons &#224; de grands jeux et tous les soirs : feu de camp ! c'est un moment magique, profond, prenant, priant, chantant &#171; as-tu compt&#233; les &#233;toiles et les astres radieux&#8230; &#187;, je me sens devenir meilleure, je prends plein de bonnes r&#233;solutions&#8230;.bref, je suis sur un petit nuage. Le retour &#224; la maison n'en est que plus dur. De nouveau supporter les petits fr&#232;res et s&#339;urs, de nouveau devoir ob&#233;ir &#224; Mammy (ma maman), de nouveau ranger, mettre de l'ordre, veiller &#224; ses v&#234;tements, et des tas d'autres choses tr&#232;s terre &#224; terre alors que je viens de vivre tant de moments exaltants !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article939' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; C'&#233;tait au temps o&#249; Bruxelles brusselait&#8230; &#187; (Lucille)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article856</link>
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		<dc:date>2011-11-30T07:11:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Loisirs, jeux</dc:subject>
		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>
		<dc:subject>Expo 58</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Notre p&#232;re avait quitt&#233; la Belgique en toute h&#226;te lors de l'invasion allemande et il resta en Afrique jusqu'en 1945. J'avais deux ans lors de son d&#233;part et sept ans lors de son retour... ce retour qui bouleversa toutes nos vies d'enfants et celle de notre m&#232;re. Elle qui avait &#233;t&#233; si courageuse durant la guerre, seule avec six enfants, poussa un gros soupir, le relais &#233;tait assur&#233;. Nous l'avions connue mince, peut-&#234;tre par la force des &#233;v&#233;nements. Son poids se mit &#224; faire du yo-yo et nous ne la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot189" rel="tag"&gt;Expo 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Notre p&#232;re avait quitt&#233; la Belgique en toute h&#226;te lors de l'invasion allemande et il resta en Afrique jusqu'en 1945. J'avais deux ans lors de son d&#233;part et sept ans lors de son retour... ce retour qui bouleversa toutes nos vies d'enfants et celle de notre m&#232;re. Elle qui avait &#233;t&#233; si courageuse durant la guerre, seule avec six enfants, poussa un gros soupir, le relais &#233;tait assur&#233;. Nous l'avions connue mince, peut-&#234;tre par la force des &#233;v&#233;nements. Son poids se mit &#224; faire du yo-yo et nous ne la reconnaissions plus. Pour ma part, pouvoir dire Papa &#224; un homme &#233;tait ce dont j'avais r&#234;v&#233; longtemps, je me sentais enfin une enfant &#171; normale &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lui fus particuli&#232;rement reconnaissante d'avoir rapport&#233; dans ses bagages une bo&#238;te de DDT me d&#233;barrassant rapidement des poux, mes ennemis de toujours, qui me repeuplaient r&#233;guli&#232;rement la t&#234;te. Les m&#233;nag&#232;res pouss&#232;rent un soupir de soulagement &#224; l'apparition du produit miracle, le &#171; Mir &#187;, produit pour la vaisselle, pas encore concentr&#233; et qui se vendait en bouteilles d'un litre. Et puis ce furent les machines &#224; lessiver, les aspirateurs, les frigo... Bic (1946) ne fut pas le bienvenu dans les &#233;coles, il &#233;tait plut&#244;t interdit d'utiliser ce mode d'&#233;criture &#171; qui d&#233;formait &#187;... La vie changeait, nous recevions des bananes, des oranges, du Coca Cola, du Chewing gum, nous mangions de la viande, mais aussi l'ignoble porridge venu tout droit d'Angleterre. Les v&#234;tements nous &#233;taient tout &#224; coup accessibles mais notre m&#232;re pr&#233;f&#233;rait acheter des tissus et coudre elle-m&#234;me nos robes et jupes (les pantalons nous &#233;taient interdits). Le pr&#234;t-&#224;-porter n'avait pas encore envahi les &#233;talages des magasins.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les musiques d'antan&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
La radio &#233;tait le m&#233;dia le plus populaire, c'est par elle que nous nous tenions au courant des chansons &#224; la mode. La r&#233;clame &#233;tait pr&#233;sente sur Radio Luxembourg et Europe n&#176;1, avec certaines &#233;missions telles que &#171; La famille Duraton &#187;, &#171; Papa, Maman, la bonne et moi &#187; avec l'ing&#233;nieux Darry Cowl, les annonces de pub comme &#171; Cadum, Cadum, Cadum, les p'tits Cadum entretiennent la beaut&#233;... &#187; mais nous n'&#233;tions pas satur&#233;s comme aujourd'hui par une pub envahissante. Les radios nationales nous semblaient fort ennuyeuses et ternes.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papa avait p&#233;n&#233;tr&#233; dans la Mecque du disque, &#171; Cado Radio &#187;, place de Brouck&#232;re, dont nous voyions la pub au cin&#233;ma : &#171; Les disques que vous entendez &#224; l'entracte ont &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;s pour vous par Cado Radio &#187; et tout cela sur fond de musique classique, le 1er Concerto pour piano de Tchaikowsky. C'&#233;tait l'&#233;poque des chansons d'Yves Montand, &#171; J'aime fl&#226;ner sur les grands boulevards &#187;, &#171; Les feuilles mortes se ramassent &#224; la pelle &#187;, de Charles Trenet avec &#171; La mer &#187;, d'Edith Piaf &#224; qui nous ne rendions pas justice, elle nous semblait insupportable, de Frank Sinatra et ses chansons sirupeuses... Nous sortions tout doucement d'un certain isolement. &lt;br&gt;
Les disques &#233;taient lourds et ne comportaient que deux chansons, une au recto et l'autre au verso. Une s&#339;ur de maman, partie rejoindre son fianc&#233; aux Etats-Unis, nous envoya un disque LP (long playing) de Marian Anderson. Encore fallait-il avoir l'appareil pour le faire jouer ! Et &#224; la Saint Nicolas suivante, l'appareil nous fut offert par Papa. Nous &#233;tions les premiers parmi nos copains &#224; avoir ce genre d'objet et nous apparaissions comme des novateurs. Il faut dire que le disque tombait tout seul de la tige centrale et se mettait en place. Cela avait de quoi fasciner nos yeux d'enfants.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;poque des &#171; trams sans portes &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Notre p&#232;re nous retira de l'&#233;cole paroissiale et nous envoya en ville, les gar&#231;ons au coll&#232;ge St. Michel, les filles &#224; l'Enfant J&#233;sus. Nous devions emprunter deux trams, de ces vieux trams &#224; plate-forme ouverte, des &#171; trams sans porte &#187;. Maman nous disait que nous devions nous asseoir dans le compartiment mais nous pr&#233;f&#233;rions la plate-forme avec les copains et les copines, quitte &#224; &#234;tre ennuy&#233;es par des mains baladeuses. Mais nous avions nos mots de passe : &#171; attention : &#233;charpe jaune &#224; l'horizon &#187;. L'&#233;cole ne nous autorisait pas &#224; parler avec les gar&#231;ons dans le tram et un jour je fus convoqu&#233;e &#224; la direction ; en fait, les gar&#231;ons &#224; qui j'avais adress&#233; la parole &#233;taient mes fr&#232;res et l'accusatrice en eut l'oreille un peu basse.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La circulation automobile &#233;tait tr&#232;s raisonnable, celle des camions reprit avant celle des voitures. La Belgique se redressait. &lt;br&gt;
Notre abonnement de tram stipulait, &#224; l'arr&#234;t pr&#232;s, quel &#233;tait notre itin&#233;raire et il &#233;tait donc limit&#233; &#224; celui-ci. &lt;br&gt;&lt;span class='spip_document_407 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L274xH184/tram-f5849.jpg?1779778409' width='274' height='184' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les trams &#233;taient command&#233;s par un conducteur &#224; la grande manivelle et un receveur qui percevait le prix du trajet et veillait &#224; la bonne tenue de son tram. Il venait de temps en temps ouvrir la porte coulissante entre le compartiment et la plate-forme et demandait : &#171; Allemaal bediend ? &#187; ou &#171; Tout le monde servi ? &#187;. Qu'il demande cela en flamand ne nous d&#233;rangeait pas, nous pensions que le personnel des trams &#233;tait flamand, c'est tout. Si vous &#233;tiez surpris en tort par un &#171; receveur &#187; z&#233;l&#233;, il vous supprimait votre abonnement. &lt;br&gt;
Il y avait aussi les dangers auxquels nous nous exposions pour rattraper un tram. Nous descendions en marche d&#232;s que l'engin ralentissait et remontions dans le tram pr&#233;c&#233;dent mais j'ai toujours mieux domin&#233; la man&#339;uvre pour descendre que celle pour monter. Nous &#233;tions absolument inconscients du danger. &lt;br&gt;
Le tram 28 nous permettait de rattraper un 27 rat&#233; car les deux trams se s&#233;paraient en bas de l'avenue de Broqueville, le 28 continuant vers la place St. Lambert. Le Wolu Shopping Center n'existait &#233;videmment pas, le terrain n'&#233;tait qu'un immense champ de betteraves jusqu'&#224; la maison communale de Woluwe St. Lambert. &lt;br&gt;
Le receveur du 27 devait faire son &#171; blok &#187;, c'est-&#224;-dire enfoncer un gros bloc de fonte dans l'aiguillage et pour cela il descendait du tram. Cette man&#339;uvre nous permettait parfois de r&#233;ussir nos rattrapages. Ou alors, comble de bonheur, le tram perdait la fl&#232;che qui le raccordait au r&#233;seau &#233;lectrique. Une phrase est rest&#233;e c&#233;l&#232;bre du conducteur criant au receveur : &#171; Jef, de flech is af &#187;. &lt;br&gt;
Le receveur n'&#233;tait pas m&#233;chant &#224; notre &#233;gard, il savait bien que nous habitions un endroit isol&#233;. Mes fr&#232;res sautaient du tram avant son arr&#234;t au terminus et il m'apprirent &#224; le faire. La premi&#232;re fois, je tombai dans les bras de mon p&#232;re qui avait eu vent de la chose. Il faut dire que c'&#233;tait dangereux et je crois que j'aurais autant hurl&#233; que mon p&#232;re si j'avais vu mes enfants proc&#233;der &#224; la man&#339;uvre. &lt;br&gt;
Et puis ce fut l'arriv&#233;e des &#034;trams &#224; portes&#034; qui nous fascin&#232;rent d'abord. Nous &#233;tions fiers quand nous en avions emprunt&#233; un mais c'en &#233;tait fini de nos courses entre le 25, le 27 et le 28 : nous &#233;tions prisonniers des portes jusqu'&#224; l'arr&#234;t complet de l'engin.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'automobile&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Nous vivions assez insouciants par rapport aux voitures, absentes de notre quartier. Le boulanger et le laitier livraient en carriole &#224; cheval. Mais en ville aussi nous prenions des libert&#233;s avec les premiers feux de signalisation &#224; la rue Neuve ou au boulevard A. Max. La police se d&#233;cida &#224; dresser des PV et l'un de mes fr&#232;res se retrouva au tribunal de simple police car Papa ne voulait pas payer la contravention. Il arriva au tribunal pour se trouver devant un voisin qui &#233;tait le magistrat du jour et qui se contenta de faire la le&#231;on &#224; Pierre. On se mit &#224; b&#226;tir des &#171; buildings &#187; au centre de la ville dans ce qu'on a appel&#233; &#171; le quartier Nord &#187;. Il y avait pas mal de chantiers et on vit appara&#238;tre le ph&#233;nom&#232;ne de la bruxellisation qui pr&#233;c&#233;da le fa&#231;adisme. Certaines maisons disparurent, notamment des b&#226;timents &#171; Art Nouveau &#187; que des entrepreneurs peu scrupuleux se h&#226;t&#232;rent, en quelques coups de pelles, de ranger au rayon des souvenirs. Il a fallu du temps pour que les Bruxellois, tr&#232;s excit&#233;s par les changements provoqu&#233;s par l'Expo 58, se rendent compte de ce qu'on faisait de leur ville. Mais tout &#233;tait nouveau. Nous &#233;tions fascin&#233;s par trop de choses qui n'en valaient pas toujours la peine tant les disettes intellectuelles de la guerre avaient frein&#233; notre &#233;volution.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; Paris en voyage scolaire en 1956 que j'ai pris conscience du trafic automobile, Bruxelles &#233;tait pour peu de temps encore, en retard mais surtout, il &#233;tait d&#233;j&#224; trop tard. De plus en plus de familles poss&#233;daient une vieille am&#233;ricaine, achet&#233;e dans les stocks am&#233;ricains, ou des petites voitures fran&#231;aises ou italiennes. Nous avons beaucoup ri quand les religieuses de l'&#233;cole paroissiale surgirent au volant d'une 2 CV en 1948, passant dans les nids de poule cr&#233;&#233;s par les chars durant la guerre. Les malheureuses &#233;taient envoy&#233;es au plafond et leurs cornettes en p&#226;tissaient.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos vies allaient &#234;tre boulevers&#233;es plus encore quand on se mit &#224; abattre les arbres du bois derri&#232;re notre jardin pour faire nous ne savions quoi. Aujourd'hui, le stade Fallon y occupe l'espace. Il y eut d'abord un mar&#233;cage, puis un mini-golf, fort &#224; la mode et o&#249; j'ai encore jou&#233; en 1960. La voiture envahissait l'espace au m&#234;me titre que le t&#233;l&#233;phone, on vit appara&#238;tre des engins curieux, des caravanes que tiraient douloureusement des voitures trop petites. Mais au moins, avec cela, mes copines pouvaient dire qu'elles &#233;taient all&#233;es en vacances &#224; &#171; la c&#244;te d'Azur &#187;, endroit mythique &#224; mes yeux. En 1951 je suis entr&#233;e en premi&#232;re commerciales et ce fut l'apprentissage de la st&#233;no et de la dactylo sur des machines pr&#233;historiques et l'utilisation du papier carbone. J'&#233;tais tr&#232;s r&#233;fractaire &#224; la st&#233;no et j'avais cr&#233;&#233; mon propre syst&#232;me au grand dam du professeur mais elle devait reconna&#238;tre que je pulv&#233;risais les records de vitesse et elle me laissa tranquille.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papa repartit en Afrique pour des tourn&#233;es d'inspection et nous sommes all&#233;s, impressionn&#233;s, le conduire &#224; Melsbroeck, le champ d'aviation national. Les passagers prenaient la pose sur la passerelle et j'ai encore une de ces photos qui appara&#238;t un peu stupide aujourd'hui. Mon p&#232;re prenait r&#233;guli&#232;rement l'avion et cela faisait de moi quelqu'un de sp&#233;cial &#224; l'&#233;cole !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'expo 58&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Mais les choses s&#233;rieuses commen&#231;aient &#224; se manifester pour la ville : la pr&#233;paration de l'Exposition universelle de Bruxelles de 1958. Les grands travaux publics coup&#232;rent la ville en quartiers, en isol&#232;rent certains, la ville &#233;tait plus que jamais un immense chantier. Comme nous nous pr&#233;parions au secr&#233;tariat il &#233;tait important pour nous d'apprendre les langues : le flamand, l'anglais et l'allemand. Un petit examen de passage et nous voil&#224; transform&#233;es en &#171; interpr&#232;tes &#187;, tr&#232;s fi&#232;res, nos badges &#224; la boutonni&#232;re, pleines de bonne volont&#233; pour aider tout qui avait besoin de renseignements, en quatre langues, svp. Papa se prit au jeu et je fus exp&#233;di&#233;e en Angleterre en 1956 et en Allemagne en 1957. L&#224; je vis la diff&#233;rence entre la Belgique et deux pays qui n'avaient pas encore eu le temps de se reconstruire et d'all&#233;ger la vie de la population. Il &#233;tait de bon ton d'apporter en Angleterre du caf&#233;, du chocolat et du sucre. En Allemagne, les habitants devaient partager leur maison pour loger tout le monde ; les maisons &#233;taient affect&#233;es suivant le nombre de personnes dans la famille et le propri&#233;taire devait laisser le reste en partage. J'&#233;tais surprise. Et puis, coup de th&#233;&#226;tre, les Russes avaient lanc&#233; Spoutnik. Ils avaient gagn&#233; la course &#224; la conqu&#234;te de l'espace.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cin&#233;ma et la t&#233;l&#233;vision&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
La rue Neuve restait le centre d'attraction de la ville et nous faisions &#171; du shopping &#187;, mot introduit dans notre langage par les Am&#233;ricains dont l'influence dominait. Chaque ann&#233;e, &#224; la No&#235;l, Walt Disney sortait un dessin anim&#233; : Bambi, Dumbo, Cendrillon... et nous nous pr&#233;cipitions &#224; l'Eldorado, place de Brouck&#232;re pour des places &#224; 10 frs. au deuxi&#232;me balcon. Le cin&#233;ma &#233;tait immense et plein &#224; craquer. Il est vrai que la t&#233;l&#233;vision faisait &#224; peine son apparition (1953). Le cin&#233;ma en couleurs sur grand &#233;cran nous ravissait m&#234;me si la plupart des films &#233;taient am&#233;ricains sous-titr&#233;s. Nous &#233;tions devenus des sp&#233;cialistes des westerns. J'avais une voisine &#224; l'&#233;cole qui collectionnait de magnifiques photos que lui envoyaient les grands acteurs am&#233;ricains : Gary Cooper, John Wayne, Humphrey Bogart, Gary Grant, James Mason, Ava Gardner, Zsa Zsa Gabor, Olivia de Havilland... Il y eu les peplum : &#171; Quo vadis &#187; (1951) et durant les ann&#233;es '60, &#171; N&#233;ron &#187;, le fameux &#171; Ben Hur &#187;.. &#171; Autant en emporte le vent &#187;, tourn&#233; d&#232;s 1939, atteignait enfin l'Europe avec la ravissante Vivien Leigh et Clarck Gable, ce qui nous poussa &#224; lire le livre, une brique indigeste mais qui nous initia &#224; l'histoire des Etats-Unis. Dans d'autres genres le cin&#233;ma fran&#231;ais et l'apparition de Marlon Brando en 1953 avec ses chaussures Dockside et les ravages que fit Brigitte Bardo. Nous avons fait un flash-back sur la guerre en 1952 avec &#171; Jeux interdits &#187; que ma s&#339;ur a voulu voir plusieurs fois et, &#224; chaque fois, &#224; ma grande honte, elle sortait en larmes du cin&#233;ma. Fred Astaire nous initia aux claquettes. &#171; Daddy Longlegs &#187; et James Dean nous firent comprendre qu'en Am&#233;rique on peut ouvrir le frigo et boire le lait &#224; la bouteille.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chemin de la t&#233;l&#233;vision &#233;tait tout trac&#233;, nous &#233;tions avides de photos et de nouvelles du monde. Lentement mais s&#251;rement la soci&#233;t&#233; de consommation se mettait en place et nous avons vu nos parents sceptiques se laisser conqu&#233;rir par un frigo, une machine &#224; lessiver, engins qui leur paraissaient inutiles. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#202;tre &#224; la mode&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Les gar&#231;ons ne portaient plus la culotte golf mais &#224; l'image des hommes de la marine am&#233;ricaine ils portaient en hiver le duffel coat achet&#233; dans les magasins &#171; stocks am&#233;ricains &#187;. Dans les classes plus &#233;lev&#233;es de la soci&#233;t&#233;, on portait le fameux loden vert autrichien.&lt;br&gt; Etre &#224; la mode commen&#231;ait &#224; avoir une signification et la guerre s'&#233;loignait de nos pens&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre rue fut d&#233;baptis&#233;e et passa de &#171; Vill&#233;giature &#187; &#224; &#171; Georges Maerckaert &#187; guerre plus facile &#224; orthographier avec un sous-titre &#171; victime de la barbarie teutonique &#187;. Le boulanger s'est motoris&#233; et nous sommes entr&#233;s rapidement et s&#251;rement dans une nouvelle &#232;re. Les femmes qui ne sortaient pas de chez elles sans chapeau les abandonn&#232;rent petit &#224; petit ainsi que les hommes qui d&#233;laiss&#232;rent les chapeaux mous. Quant &#224; nous, les filles, jusqu'en 1960 nous avons port&#233; des gants blancs, ce qui ravit l'Am&#233;rique quand Jackie Kennedy rapporta la mode dans son pays. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant la &#171; guerre froide &#187; allait nous rappeler &#224; l'ordre et la rivalit&#233; entre les deux mondes, le communiste et le lib&#233;ral, fit dire &#224; mon p&#232;re que &#171; la Belgique vivait au-dessus de ses moyens &#187; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Expo 58 ... (Claire G.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article437</link>
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		<dc:date>2008-03-12T11:19:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Expo 58</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1958, une ann&#233;e de soleil, de curiosit&#233; intellectuelle, de d&#233;couvertes et de fiert&#233;. N'avais-je pas 12 ans, une queue de cheval bien tir&#233;e, les insignes de sizeni&#232;re sur mon pull de louvette, un magnifique bulletin, le plus merveilleux des papas du monde ? Ma biblioth&#232;que &#233;tait riche de nombreux romans, d'ouvrages documentaires, d'encyclop&#233;dies. J'adorais mes s&#339;urs, mes parents, mon professeur de piano&#8230; Bref j'&#233;tais une petite fille heureuse. Alors, imaginez, quand cette exposition s'annon&#231;a&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot189" rel="tag"&gt;Expo 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1958, une ann&#233;e de soleil, de curiosit&#233; intellectuelle, de d&#233;couvertes et de fiert&#233;. N'avais-je pas 12 ans, une queue de cheval bien tir&#233;e, les insignes de sizeni&#232;re sur mon pull de louvette, un magnifique bulletin, le plus merveilleux des papas du monde ? Ma biblioth&#232;que &#233;tait riche de nombreux romans, d'ouvrages documentaires, d'encyclop&#233;dies. J'adorais mes s&#339;urs, mes parents, mon professeur de piano&#8230; Bref j'&#233;tais une petite fille heureuse. Alors, imaginez, quand cette exposition s'annon&#231;a&#8230;&lt;br /&gt;
Mon scientifique de p&#232;re nous y emmenait tous les jours et nous visitions tr&#232;s syst&#233;matiquement un pavillon, puis l'autre. Apr&#232;s une semaine de ce r&#233;gime, Maman en avait assez de lutter contre les puces qu'elle ramassait &#224; chaque occasion (et d'ailleurs d'&#233;tranges migraines survenaient souvent en fin de journ&#233;e) et ma s&#339;ur Anne n'avait plus qu'une envie c'&#233;tait jouer, sauter &#224; la corde, faire le clown debout sur les montants des balan&#231;oires au jardin. Quant-&#224; Aline, le b&#233;b&#233; de la famille, de toute fa&#231;on elle dormait dans sa poussette. &lt;br /&gt;
Papa d&#233;cida donc que nous irions &#224; deux &#224; cette grande f&#234;te. Il m'expliquait chaque vitrine, chaque stand, m'autorisait &#224; prendre tous les prospectus disponibles, patientait longuement lorsque je m'extasiais devant les maquettes anim&#233;es propos&#233;es par certains pays. De mon c&#244;t&#233;, je ne me plaignais de rien. J'attendais tranquillement pendant qu'il prenait ses photos, l'&#233;coutais m'expliquer la th&#233;orie d'Einstein, essayais vaillamment de retenir les r&#232;gles de physique et les fondements de biologie cellulaire qu'il m'inculquait. Tout nous int&#233;ressait et nous avons souvent d&#251; regagner les sorties en h&#226;te &#224; l'heure de la fermeture. Parfois Papa se souvenait que je n'&#233;tais encore qu'une grande petite fille. Il m'offrait une glace, bien trop grosse, ou m&#234;me un coca cola, boisson rigoureusement interdite &#224; la maison. Bien s&#251;r en rentrant je n'avais plus du tout envie du repas pr&#233;par&#233; et gard&#233; au chaud &#224; notre intention par Maman qui ne manquait pas de d&#233;clarer &#224; Papa que, vraiment, il exag&#233;rait. Mais je me glissais en vitesse dans mes draps blancs (repass&#233;s &#224; l'&#233;poque, aujourd'hui je les &#233;tire bien en les sortant de la machine) et j'ouvrais avec d&#233;lice un Marabout Mademoiselle, au titre qui &#233;veillait mille &#233;toiles ('58 bien s&#251;r) dans mes yeux : &#171; Isabelle fair hostess &#187;. &lt;br /&gt;
PS. Aujourd'hui j'ai pris conscience de certains c&#244;t&#233;s odieux de cette par ailleurs enthousiasmante expo '58. L'exhibition d'&#234;tres humains sens&#233;s pr&#233;senter la vie dans les colonies m'appara&#238;t comme particuli&#232;rement scandaleuse. Lorsque j'y pense, j'ai honte, m&#234;me si mon p&#232;re, sensible sans doute &#224; ce manque absolu de respect pour de la dignit&#233; de ces hommes, ne m'a pas emmen&#233;e voir le pavillon du Congo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'expo 58 telle que je l'ai v&#233;cue ... (Paul) </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Expo 58</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 1958, j'avais 12 ans et je venais de commencer ma 6&#232;me latine &#224; l'Ath&#233;n&#233;e Royal d'Etterbeek. &lt;br class='autobr' /&gt;
Peu auparavant, mes grands-parents, ayant pris leur retraite, &#233;taient all&#233;s habiter chez mon oncle, &#224; Jette, 5 Square Robert Allein, non loin du Heysel. &lt;br class='autobr' /&gt;
De chez eux, sur la colline, on voyait se construire l'Atomium, et on rencontrait sur les grandes routes de gigantesques camions qui transportaient les grands tubes constituants celui-ci. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toute ma famille se souvenait de l'Exposition de 1935, qu'ils (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot189" rel="tag"&gt;Expo 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1958, j'avais 12 ans et je venais de commencer ma 6&#232;me latine &#224; l'Ath&#233;n&#233;e Royal d'Etterbeek.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu auparavant, mes grands-parents, ayant pris leur retraite, &#233;taient all&#233;s habiter chez mon oncle, &#224; Jette, 5 Square Robert Allein, non loin du Heysel.&lt;br /&gt;
De chez eux, sur la colline, on voyait se construire l'Atomium, et on rencontrait sur les grandes routes de gigantesques camions qui transportaient les grands tubes constituants celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute ma famille se souvenait de l'Exposition de 1935, qu'ils avaient visit&#233;s &#224; maintes reprises et me racontaient ce dont ils se souvenaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents avaient pris l'initiative d'acheter trois abonnements (ils coutaient 500 F pour les adultes) et, d&#232;s le printemps, chaque samedi, le m&#234;me sc&#233;nario se r&#233;p&#233;tait : quittant Woluwe vers 10 h, avec &#034;Rosalie&#034;, la premi&#232;re VW bleu horizon de mon p&#232;re, nous allions d&#238;ner chez mes grands-parents.&lt;br /&gt;
D&#232;s le repas achev&#233;, nous laissions la voiture devant leur maison et descendions &#224; pied vers l'entr&#233;e de l'Expo avenue Houba de Stropper.&lt;br /&gt;
Nous arrivions par l'entr&#233;e &#034;des Nations&#034; et traversions alors le pavillon des Nations Unies o&#249; l'on projetait un petit dessin anim&#233; avec des personnages amusants qui &#233;voluaient &#224; la pr&#233;histoire.&lt;br /&gt;
On d&#233;couvrait aussi les toutes nouvelles Communaut&#233;s Europ&#233;ennes : le pavillon de la CECA avec sa mine de charbon, celui du Conseil de l'Europe o&#249; j'ai acquis le premier timbre de service de cet organisme (une surcharge sur le timbre fran&#231;ais de 35 Fr repr&#233;sentant la cath&#233;drale de Rouen).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents s'&#233;taient fait des amis en 1955 pendant nos vacances &#224; l'h&#244;tel du Perekop &#224; Berdorf au Luxembourg : Ren&#233; et Val&#233;rie Lebegge.&lt;br /&gt;
Ces gens, un peu plus &#226;g&#233;s que mes parents, nous avaient trouv&#233; sympathiques et nous avaient fait profiter de leur voiture pour visiter ce pays que nous ne connaissions pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eux aussi s'&#233;taient abonn&#233;s et nous avions rendez-vous chaque samedi apr&#232;s midi pour parcourir ensembles les diff&#233;rents pavillons de l'exposition. &lt;br /&gt;
On se retrouvait au restaurant &#034;Civitas Dei&#034; devant le pavillon du Vatican pour y d&#233;guster une cr&#232;me &#224; la glace tricolore : vanille, fraise, chocolat&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de ce moment, nous commencions la visite des palais de chaque pays.&lt;br /&gt;
Autour du point de rendez-vous, il y avait les pavillons fran&#231;ais (avec une fl&#232;che qui pouvait rivaliser avec celle du G&#233;nie Civil), tha&#239;landais (sa pagode dor&#233;e nous &#233;merveillait, surtout que la plupart des autres b&#226;timents &#233;taient ultra modernes !), non loin de l&#224;, se faisant vis-&#224;-vis : les Etats-Unis et l'URSS.&lt;br /&gt;
Le premier, ovale, disposait d'un cin&#233;ma &#224; 360&#176;, f&#233;&#233;rique et impressionnant, le second pr&#233;sentait leurs 2 premiers Spoutniks, quelle merveille pour un gamin de 12 ans !&lt;br /&gt;
On y distribuait de superbes brochures vantant les miracles de la civilisation sovi&#233;tique, avec de belles photos de paysans heureux devant leurs belles r&#233;coltes, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Expo &#233;tait pour moi comme un grand livre de g&#233;ographie, je d&#233;couvrais de nouveaux pays dont j'ignorais alors jusqu'&#224; l'existence : le Nicaragua, les colonies portugaises &#233;parpill&#233;es en Afrique ou en Oc&#233;anie, &#8230;&lt;br /&gt;
La plupart nous pr&#233;sentaient leur production : au pavillon espagnol, on achetait du raisin blanc et des melons ; au Br&#233;sil, du caf&#233; et des pierres pr&#233;cieuses (ma m&#232;re y a re&#231;u de mon p&#232;re une belle topaze jaune), en Yougoslavie, on m'a achet&#233; une ceinture de cuir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plein d'autres palais et pavillons retenaient notre attention : les Pays-Bas avec leurs vagues artificielles, la Tch&#233;coslovaquie avec sa turbine g&#233;ante ; par contre le pavillon de la Grande-Bretagne me semblait vide et une musique &#233;trange y &#233;tait diffus&#233;e, on ne s'y est pas attard&#233;.&lt;br /&gt;
En Norv&#232;ge ou en Finlande (les deux pavillons &#233;taient contigus), ils proposaient des petits phoques en vraie fourrure !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pavillon Hachette, j'ai pu voir un premier &#034;cerveau artificiel&#034; mais il m'a d&#233;&#231;u : ce n'&#233;tait rien d'autre qu'une sorte de &#034;juke-box&#034; qui r&#233;pondait &#224; des questions pr&#233;-enregistr&#233;es avec une lenteur (on voyait se d&#233;placer un bras qui sortait un disque d'un rangement et le posait sur une platine avant de d&#233;biter un message enregistr&#233;&#8230;) &lt;br /&gt;
Mon professeur de fran&#231;ais l'avait interrog&#233; et &#8230; mis en &#233;chec ! &lt;br /&gt;
On &#233;tait encore loin en ce temps l&#224; de l'informatique d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pavillon des t&#233;l&#233;communications, il y avait une machine &#224; &#233;crire incroyable qui permettait d'&#233;crire un texte sur une autre machine situ&#233;e &#224; c&#244;t&#233; d'elle ! (un t&#233;lex).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne garde que peu de souvenir des f&#234;tes ou des spectacles, qui n'int&#233;ressaient pas mes parents, et tr&#232;s peu de la Belgique joyeuse que nous n'avons visit&#233; qu'une fois.&lt;br /&gt;
Je me souviens juste de vieilles ruelles moyen&#226;geuses (comme &#224; Bruxelles ou &#224; Bruges) avec de petits caf&#233;s, d'une chanteuse des rues, habill&#233;e en costume d'&#233;poque 1900, qui entonnait &#034;frou-frou&#034;, d'un avaleur de sabres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul spectacle que j'ai pu voir, la &#034;Lanterna magika&#034; de Prague, un savant m&#233;lange de cin&#233;ma noir et blanc et de mime, m'a charm&#233;.&lt;br /&gt;
Une autre fois, par hasard, on a assist&#233; &#224; une repr&#233;sentation de marins am&#233;ricains qui devaient passer, accompagn&#233;s d'une musique cara&#239;be, sous une barre plac&#233;e de plus en plus bas en restant toujours en appuis uniquement sur leurs pieds&#8230;(incroyable).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes toujours promen&#233;s, mais il &#233;tait possible d'utiliser soit le t&#233;l&#233;ph&#233;rique (depuis les grands palais, en passant sous l'Atomium, jusqu'aux environs du pavillon am&#233;ricain), soit le petit train automobile, soit le pousse-pousse pour deux passagers.&lt;br /&gt;
Et l'exposition disposait d'un h&#233;liport ou &#233;voluaient des h&#233;licopt&#232;res de type &#034;banane&#034; en provenance de l'All&#233;e verte pr&#232;s du centre ville ou de l'a&#233;roport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'allais toujours de d&#233;couvertes en d&#233;couvertes : je crois aujourd'hui que ma vie a &#233;t&#233; tr&#232;s influenc&#233;e par cette belle exposition internationale : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; j'y ai appris &#224; aimer la g&#233;ographie et les voyages, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; &#224; m'int&#233;resser &#224; toutes sortes de domaines,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; j'y suis devenu un europ&#233;en convaincu,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; j'y ai d&#233;couvert la philat&#233;lie (aujourd'hui, je poss&#232;de tous les timbres Europa depuis l'origine de cette th&#233;matique, c'est-&#224;-dire depuis 1956).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon futur m&#233;tier sera influenc&#233;, quant &#224; lui, par les visites au palais des sciences o&#249; je m'initiais &#224; de nombreuses techniques (j'ai cependant toujours regrett&#233; de ne pas avoir quelques ann&#233;es de plus en 1958, afin de mieux pouvoir profiter des informations pr&#233;sent&#233;es).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Nous y avons fait identifier nos groupes sanguins, mes parents et moi : mon p&#232;re &#233;tait class&#233; A, ma m&#232;re et moi : O ; ce qui s'expliquait ais&#233;ment avec des tableaux.&lt;br /&gt;
On nous a expliqu&#233; le moteur &#224; r&#233;action, les cellules &#034;solaires&#034; (d&#233;j&#224;), les techniques de production des antibiotiques, &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui m'a le plus frapp&#233;, c'&#233;tait le stand de Hoechst, ou tr&#244;nait une grande extrudeuse qui, &#224; partir de granul&#233;s de polystyr&#232;ne, injectait dans des moules des rondelles de 10 cm environ avec sur une face la belle &#233;toile symbole de l'Expo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_227 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH150/expo58-bc7d0.jpg?1779788786' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sortaient de la machine, attach&#233;es deux par deux (par leur &#034;paraison&#034;), tr&#232;s chaudes, et on les s&#233;parait d&#232;s qu'elles &#233;taient un peu refroidies.&lt;br /&gt;
Mes copains raffolaient de ces objets, les attachant &#224; leur v&#233;lo, collectionnant ces plaquettes de diverses couleurs (blanches, ivoire, orange, bleues,&#8230;), surtout celles vein&#233;es de deux couleurs (en fait, des d&#233;chets de fabrication, lorsqu'on voulait changer de couleur !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si j'ai r&#233;alis&#233; (en 1970) mon m&#233;moire de fin d'&#233;tudes d'Ing&#233;nieur Industriel chimiste sur la polym&#233;risation du nylon 6, et si j'ai travaill&#233; toute ma carri&#232;re dans l'industrie p&#233;trochimique (productrice de polym&#232;res), ce n'est sans doute pas par hasard !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et chaque fois, mes parents et leurs amis terminaient la visite en fin d'apr&#232;s midi autour d'un verre au bar du pavillon Germinal ; on commen&#231;ait la visite au Vatican, on la terminait chez les socialistes, curieux cheminement politique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite chacun allait reprendre sa voiture et nous rentrions &#224; la maison, apr&#232;s avoir pris rendez-vous avec nos amis, les Lebegge, pour l'excursion du lendemain dimanche, pour y d&#233;couvrir ensemble la Belgique, cette fois&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au samedi suivant, pas n&#233;cessaire de prendre rendez-vous avec eux : du 17 avril au 19 octobre (sauf nos 15 jours de vacances &#224; la c&#244;te d'Azur en juillet), nous nous retrouvions au m&#234;me endroit pour d'autres d&#233;couvertes : peut &#234;tre le Congo belge, cette fois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul F.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'expo 58 (Sophie R.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article433</link>
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		<dc:date>2008-02-27T15:35:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Expo 58</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ah l'expo 58 ! Que de joies, d'&#233;merveillement, d'espoirs dans un monde meilleur et pacifi&#233; o&#249; tout n'&#233;tait que fraternit&#233; et d&#233;sir de conna&#238;tre l'autre&#8230;L'&#226;ge d'or des ann&#233;es sixties se profilait avec son insouciance, sa confiance en l'existence , sa foi en un avenir prometteur, son optimisme. L'objectif de l'expo &#233;tait affirm&#233; dans la formule &#171; Un bilan du monde pour rendre celui-ci plus humain &#187; ! Comme bon nombre de personnes qui ont pu vivre ces moments magiques, j'en ai gard&#233; un souvenir extraordinaire&#8230; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot189" rel="tag"&gt;Expo 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ah l'expo 58 ! Que de joies, d'&#233;merveillement, d'espoirs dans un monde meilleur et pacifi&#233; o&#249; tout n'&#233;tait que fraternit&#233; et d&#233;sir de conna&#238;tre l'autre&#8230;L'&#226;ge d'or des ann&#233;es sixties se profilait avec son insouciance, sa confiance en l'existence , sa foi en un avenir prometteur, son optimisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'objectif de l'expo &#233;tait affirm&#233; dans la formule &#171; Un bilan du monde pour rendre celui-ci plus humain &#187; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme bon nombre de personnes qui ont pu vivre ces moments magiques, j'en ai gard&#233; un souvenir extraordinaire&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'expo a ouvert ses portes le 17 avril et pour moi, petite lyc&#233;enne qui terminais sa rh&#233;to, je fus amen&#233;e &#224; participer &#233;troitement &#224; l'&#233;v&#232;nement ce qui me remplit de fiert&#233; et me fis prendre conscience que j'&#233;tais enfin devenue une jeune personne &#224; part enti&#232;re :&lt;br class='autobr' /&gt;
Papa avait en effet &#233;t&#233; associ&#233; au projet de r&#233;alisation du Pavillon Philips dont l'&#233;laboration graphique avait &#233;t&#233; confi&#233;e au c&#233;l&#232;bre architecte Le Corbusier. A l'int&#233;rieur : une v&#233;ritable ode &#224; la musique : la diffusion du po&#232;me musical &#233;lectronique de Var&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au jour dit mes parents furent naturellement convi&#233;s &#224; l'inauguration officielle du b&#226;timent qui se profilait tel un voilier &#224; 2 voiles de b&#233;ton d'une rare &#233;l&#233;gance . &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils avaient pris la d&#233;cision de m'emmener avec eux et je v&#233;cus donc l'ivresse du moment avec une rare intensit&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'occasion : large robe de plumetis fleuri follement juponn&#233;e et l&#233;g&#232;rement d&#233;collet&#233;e ; aux pieds des ballerines blanches, un petit collier de perles fines pr&#234;t&#233; par maman et un somptueux chignon qui retenait mes longs cheveux de l'&#233;poque !&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais devenue une vraie princesse et vivais un v&#233;ritable conte de f&#233;e !&lt;br class='autobr' /&gt;
Munis de laissez pass&#233;s officiels, v&#233;hicul&#233;s dans une voiture de la soci&#233;t&#233; conduite par un chauffeur, nous e&#251;mes donc le privil&#232;ge de p&#233;n&#233;trer dans l'expo le premier jour et de voir de pr&#232;s , le Prince Albert couper le cordon qui barrait l'entr&#233;e du pavillon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les personnes pr&#233;sentes assist&#232;rent en suite au feu d'artifice spectaculaire donn&#233; sur l'esplanade des Grands palais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre famille royale ne ch&#244;mait pas ces jours l&#224; :chacun &#233;tait &#224; pied d'&#339;uvre pour les inaugurations successives et pour l'accueil des personnalit&#233;s accourues du monde entier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il convient de rappeler que l'expo attira plus de 40 millions de visiteurs en 6 mois d'existence !&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque jour au journal t&#233;l&#233;vis&#233;, en noir et blanc de la seule t&#233;l&#233;vision belge, les t&#233;l&#233;spectateurs voyaient atterrir les grands de ce monde mais aussi un flot incessant de personnalit&#233;s du monde des spectacles, du sport et des arts .Nous avions l'impression que la petite Belgique &#233;tait devenue le centre du monde ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Chez nous ce fut un d&#233;fil&#233; incessant de parents ou d'amis venus de France, d'Angleterre, voir m&#234;me des Etats-Unis&#8230;Nous les h&#233;bergions &#224; tour de r&#244;le puis les guidions avec un plaisir et une fiert&#233; toujours renouvel&#233;s le long des larges all&#233;es survol&#233;es par de petites nacelles vertes et jaunes pour leur faire d&#233;couvrir les divers pavillons et attractions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et le soir , rituellement nous cl&#244;turions les visites &#224; La Belgique Joyeuse pour leur faire savourer les bonnes gueuzes belges pendant que nous les jeunes nous dansions le Rock &#8216;n Roll &#224; perdre haleine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Munie d'un abonnement que j'ai toujours gard&#233; en souvenir, je prenais le tram et rejoignais au moins 3 ou 4 fois par semaine mes copains et copines &#224; l'Expo ; le week -end c'&#233;tait les parents qui nous emmenaient manger des paellas au pavillon de l'Espagne ou des raclettes et fondues au Pavillon suisse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre l'insolante beaut&#233; du pavillon am&#233;ricain pr&#233;c&#233;d&#233; de sa pi&#232;ce d'eau aux jets multiples pr&#233;sentant toutes les modernit&#233;s et commodit&#233;s possibles notamment en mati&#232;re de t&#233;l&#233;vision couleur, et l'arrogance du Pavillon sovi&#233;tique o&#249; dominaient les r&#233;f&#233;rences &#224; la conqu&#234;te de l'espace, les fresques aux statues colossales c&#233;l&#233;brant le communisme triomphant mais aussi les produits alimentaires comme le caviar et le saumon, notre choix se portait aussi sur de petites structures plus exotiques tels celles de la Tha&#239;lande, en forme de temple bouddhiste, la Hollande avec ses tulipes, ses jacinthes et ses vaches, le Br&#233;sil et ses jolies danseuses de samba, le Congo pr&#233;sentant des animaux empaill&#233;s mais aussi de &#171; vrais autochtones &#187; en train de sculpter des objets d&#233;coratifs &#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai plus que des flashs dans ma m&#233;moire : un d&#233;cor magique, un kal&#233;idoscope de couleurs, de sons, une ambiance de folie et de gaiet&#233;, une insouciance totale&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait aussi l'ann&#233;e de mes 18 ans et de 4 mois de vacances qui marquaient la fin des &#233;tudes secondaires et l'entr&#233;e en octobre &#224; l'Universit&#233; libre de Bruxelles, la fin de l'adolescence v&#233;cue dans une totale apoth&#233;ose.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Expo 58 (Jeannine K.)</title>
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		<dc:date>2008-02-27T12:00:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Expo 58</dc:subject>

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&lt;p&gt;Si vous voulez, je vous en parle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes deux amies Bruxelloises. Nous avons 20 ans en 1958. Il suffit de prononcer le mot Expo 58 pour provoquer chez chacune des soupirs extasi&#233;s : nos yeux brillent, les souvenirs abondent ! Elle y a d&#233;couvert l'amour de sa vie, j'y ai d&#233;couvert le Monde ! J'ai souvent l'impression quand je parle de L'Exposition Universelle avec une &#233;motion que j'arrive difficilement &#224; dissimuler, que ceux qui m'&#233;coutent se posent la question : &#171; Etait-ce vraiment aussi (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot189" rel="tag"&gt;Expo 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si vous voulez, je vous en parle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes deux amies Bruxelloises. Nous avons 20 ans en 1958. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il suffit de prononcer le mot Expo 58 pour provoquer chez chacune des soupirs extasi&#233;s : nos yeux brillent, les souvenirs abondent ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle y a d&#233;couvert l'amour de sa vie, j'y ai d&#233;couvert le Monde ! &lt;br class='autobr' /&gt; J'ai souvent l'impression quand je parle de L'Exposition Universelle avec une &#233;motion que j'arrive difficilement &#224; dissimuler, que ceux qui m'&#233;coutent se posent la question : &#171; Etait-ce vraiment aussi fantastique ? &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais rendez-vous compte ! La guerre est termin&#233;e depuis un dizaine d'ann&#233;e. Nous faisons enfin quelques voyages hors fronti&#232;res : le Grand Duch&#233; de Luxembourg, la Hollande, le Nord de la France ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous savons peu de choses des autres pays, sinon les clich&#233;s traditionnels. Nous n'avons pas encore ouvert les yeux sur le monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et voil&#224; que Bruxelles accueille toutes les nations dans leurs plus beaux atours. &lt;br class='autobr' /&gt; Mon p&#232;re m'offre un abonnement de six mois. (Je l'ai toujours !)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait de vivre &#224; deux pas d'une exposition aussi importante est un privil&#232;ge dont nous profitons largement. J'y passe tous mes loisirs, mes vacances. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une multitude de pavillons, certains grandioses, d'autres plus modestes, rivalisent d'imagination pour pr&#233;senter les richesses et les technologies de pointe de chaque pays. &lt;br class='autobr' /&gt;
La France est l&#233;g&#232;rement en retard pour cause de gr&#232;ve. Les Bruxellois ne manquent pas de railler leurs voisins &#224; l'occasion de ce rendez-vous manqu&#233;. Mais on est s&#233;duit par l'exhibition de leurs les plus belles &#339;uvres d'art et, chose extraordinaire, un avion est suspendu &#224; la vo&#251;te. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'URSS et l'Am&#233;rique se font face. C'est l'&#233;poque de la guerre froide. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'URSS, pavillon volontairement imposant, &#233;norme, de verre et d'acier, nous &#233;crase par sa solennit&#233;. On gravit plusieurs marches pour acc&#233;der &#224; un hall immense flanqu&#233; de statues gigantesques, repr&#233;sentant la force vive de l'Union Sovi&#233;tique. Des reportages photos et des maquettes nous vantent un pays communiste id&#233;al. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et voil&#224; le tout petit Spoutnik, h&#233;riss&#233; de pointes comme autant de paratonnerres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lanc&#233; par l'URSS en 1957, il a tourn&#233; pour la premi&#232;re fois autour de la lune. Nous avons le privil&#232;ge d'en admirer la reproduction exacte, au centre du pavillon.&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; C'est &#231;a le Spoutnik ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Comme c'est petit ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous entendons les m&#234;mes r&#233;flexions que celles des touristes aujourd'hui devant Manneken-Pis ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Juste en face se profile le pavillon am&#233;ricain, tout en rondeurs, avec ses plans d'eau et ses fontaines. &lt;br class='autobr' /&gt; Lumineux, l&#233;ger et agr&#233;able, les Am&#233;ricains ont tout bas&#233; sur la s&#233;duction. Ce pavillon contraste totalement avec le b&#226;timent carr&#233; et lourd qui lui fait face.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des d&#233;fil&#233;s quotidiens de mode, des concerts et des spectacles color&#233;s se d&#233;roulent au milieu des fontaines et d'arbres emprisonn&#233;s &#224; l'int&#233;rieur. Un ravissement perp&#233;tuel. &lt;br class='autobr' /&gt;
La Hollande a reproduit ses canaux, la Grande-Bretagne expose sous bonne garde, les joyaux de la couronne, l'Italie, toute blanche, a diss&#233;min&#233; les pavillons &#224; travers des ruelles qui nous emm&#232;nent dans le Sud, avec ou sans soleil. On y d&#233;couvre le caf&#233; expresso. &lt;br class='autobr' /&gt;
La Tha&#239;lande nous &#233;merveille par la reproduction grandeur nature du temple de Bangkok, &#224; la toiture recouverte de feuilles d'or. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plein d'autres pavillons et lieux de d&#233;couvertes nous fascinent. La Tch&#233;coslovaquie, toute en gr&#226;ce, nous fait d&#233;couvrir les repr&#233;sentations de la Lanterne Magique : un jeu d'acteurs et de films, d'images m&#234;l&#233;es qui nous propulsent dans un monde magique, jamais vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des t&#233;l&#233;si&#232;ges sillonnent les espaces a&#233;riens de l'Expo. &lt;br class='autobr' /&gt;
La marche &#224; pied est l'exercice commun de tous les visiteurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
On comprend tr&#232;s vite que l'id&#233;al est de se munir de chaussures ou sandales confortables. Et certains, n'h&#233;sitent pas &#224; plonger les pieds dans l'eau des fontaines. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des machines vibratoires sont d'ailleurs install&#233;es un peu partout. Moyennant une pi&#232;ce de monnaie, elles soulagent en quelques minutes les lourdeurs des jambes et fatigues accumul&#233;es pendant la visite.. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les jours se produisent des manifestations nouvelles. &lt;br class='autobr' /&gt;
De prestigieux spectacles &#233;trangers parmi les plus r&#233;put&#233;s viennent &#224; nous. Je veux tout voir !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Th&#233;&#226;tre National Populaire de France et G&#233;rard Philippe, l'Old Vic de Londres, l'op&#233;ra de P&#233;kin, les ballets Mo&#239;sse&#239;ev de Moscou&lt;br class='autobr' /&gt;
Je garde une &#233;motion toute particuli&#232;re pour une com&#233;die musicale am&#233;ricaine venue de New-York, &#171; a Wonderful Town &#187; de L&#233;onard Bernstein. Nous connaissons ces com&#233;dies musicales gr&#226;ce au cin&#233;ma mais nous n'avons jamais vu de tels spectacles en direct. C'est stup&#233;fiant ! Mise en sc&#232;ne, rythme, musique : on sort de l&#224; transfigur&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Et puis il y a &#171; la Belgique Joyeuse &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Tout un quartier &#224; l'ancienne : ruelles en pav&#233;s, pignons, places et venelles &#224; la Breughel. Petits orchestres et fanfares y d&#233;versent leurs notes endiabl&#233;es. Les fa&#231;ades en trompe l'&#339;il sont tr&#232;s r&#233;ussies. &lt;br class='autobr' /&gt;
Caf&#233;s, restaurants, estaminets et lieux folkloriques sont nombreux. La bi&#232;re s'y consomme en abondance bien s&#251;r. &lt;br class='autobr' /&gt;
A proximit&#233; est install&#233; un immense Luna Park aux attractions internationales, extravagantes qui offrent aux jeunes de mon &#226;ge &#233;motions fortes. Vertiges et frayeurs sont garantis. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais tout a une fin bien s&#251;r. &lt;br class='autobr' /&gt;
En octobre, l'Expo ferme ses portes. Mon amie fait des projets de mariage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Moi je fais un p&#232;lerinage malsain sur les chantiers de d&#233;molition. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais dans ma t&#234;te, tout est bien vivant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon amie va f&#234;ter ses 50 ans de mariage ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; moi, 1958 continue &#224; me procurer une vague extraordinaire d'&#233;motions, de souvenirs, d'images claires et nettes. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai v&#233;cu l'&#233;v&#233;nement avec l'enthousiasme de la jeunesse, la soif de la d&#233;couverte , l'exaltation de mes 20 ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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