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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>Pour ou contre l'avortement (Clodomir)</title>
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		<dc:date>2021-10-28T07:32:33Z</dc:date>
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		<dc:subject>Contraception, avortement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous sommes &#224; la fin des ann&#233;es 50 ; &#224; cette &#233;poque, en Belgique, l'avortement est strictement interdit et puni par la loi. Il commence &#224; y avoir des mouvements pour la lib&#233;ralisation et m&#234;me des projets de loi dans ce sens. Moi, personnellement, je suis, &#224; ce moment, catholique fervent, croyant pratiquant ; pour moi, la situation est claire : d&#232;s que le spermatozo&#239;de p&#233;n&#232;tre l'ovule, il y a apparition d'un &#234;tre humain dot&#233; d'une &#226;me immortelle ; l'avortement est donc un assassinat et particuli&#232;rement (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot187" rel="tag"&gt;Contraception, avortement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH89/arton1357-19a03.jpg?1776944152' width='150' height='89' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous sommes &#224; la fin des ann&#233;es 50 ; &#224; cette &#233;poque, en Belgique, l'avortement est strictement interdit et puni par la loi. Il commence &#224; y avoir des mouvements pour la lib&#233;ralisation et m&#234;me des projets de loi dans ce sens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Moi, personnellement, je suis, &#224; ce moment, catholique fervent, croyant pratiquant ; pour moi, la situation est claire : d&#232;s que le spermatozo&#239;de p&#233;n&#232;tre l'ovule, il y a apparition d'un &#234;tre humain dot&#233; d'une &#226;me immortelle ; l'avortement est donc un assassinat et particuli&#232;rement odieux, puisque la victime est un &#234;tre sans d&#233;fense. Je r&#233;p&#232;te que tout est clair en moi : pas le moindre doute !&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette optique, je pars &#224; Bruxelles pour participer &#224; un manifestation &#171; antiavortement &#187; et je me retrouve englu&#233; dans une masse de repr&#233;sentants de la &#171; droite cl&#233;ricale conservatrice &#187; que je d&#233;teste pour ses positions sociales et son cl&#233;ricalisme pr&#233;cis&#233;ment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma r&#233;action est imm&#233;diate : &#171; Je ne veux pas faire cause commune avec ces gens-l&#224; ! &#187;. je quitte la manifestation et reprends le train.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma position sur la question reste n&#233;anmoins la m&#234;me, en plein accord avec ma &#171; fianc&#233;e &#187; de l'&#233;poque, Micheline ; mais je suis plut&#244;t passif sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me resurgira dans ma vie beaucoup plus tard. En 1971, ma femme, Anne, et moi avons eu un enfant &#171; mort-n&#233; &#187; ; c'est un drame terrible ; Anne a de la peins &#224; s'en remettre, le gyn&#233;cologue a recommand&#233; : au moins 2 ans sans enfants et a prescrit comme moyen contraceptif le diaphragme. Malgr&#233; cela, &#224; peine 6 mois plus tard, Anne est de nouveau enceinte ; la rage au c&#339;ur, elle pense que le m&#233;decin &#171; s'est foutu d'elle et la consid&#232;re comme une lapine &#187; la rage et aussi la peur&#8230;...on envisage d'avorter (toujours interdit, rappelons-le), on cherche et on trouve un m&#233;decin qui allait devenir c&#233;l&#232;bre par la suite : le docteur Peers ! On prend rendez-vous et, au dernier moment, nous renon&#231;ons&#8230;. Nous n'avons pu nous y r&#233;soudre et surmonter notre r&#233;pugnance face &#224; l'acte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Heureusement, apr&#232;s une grossesse v&#233;cue dans un &#233;tat d'inqui&#233;tude que vous pouvez imaginer, il nous na&#238;tra une petite fille en bonne sant&#233; qui fera notre joie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contraception ? Que faire ? Nous avons essay&#233; la pilule qui ne r&#233;ussit pas bien &#224; ma femme, le pr&#233;servatif&#8230; beurk&#8230;.et finalement , &#224; la quarantaine, trouvant qu'il est injuste que le poids de la contraception repose principalement sur la femme et &#233;tant certain de ne plus vouloir d'enfant, je me fais vasectomiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore plus tard, apr&#232;s notre divorce, je me dis que je peux faire l'amour avec n'importe quelle femme sans me soucier de savoir si elle prend bien sa pilule&#8230;.quelle ivresse ! Mais qui ne durera pas&#8230;.je n'avais pas pr&#233;vu l'arriv&#233;e du SIDA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, qu'est-ce que je pense de l'avortement ? Tout au fond de moi, il me r&#233;pugne&#8230;. Mais c'est un peu court ! Je pense que l'avortement ne peut pas devenir une m&#233;thode de contraception ordinaire et doit rester un recours exceptionnel ; qu'un &#233;tat ne peut l'interdire que &#224; condition d'avoir mis &#224; la disposition de la population toutes les m&#233;thodes de contraception existantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'entre pas dans les consid&#233;rations religieuses qui, &#224; mon avis, doivent rester personnelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le premier centre pluraliste de planning familial (Gis&#232;le)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1356</link>
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		<dc:date>2021-10-28T07:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Contraception, avortement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 60 t&#233;moignent d'un bouleversement des conceptions de vie familiale, professionnelle. Le contr&#244;le de la f&#233;condit&#233; est &#224; l'ordre du jour. Celui-ci modifie les relations, les r&#244;les de chacun au sein du couple, le mod&#232;le familial et la relation famille-soci&#233;t&#233;. A l'&#233;poque, se rassembler et d&#233;passer les cloisonnements philosophiques sur ces questions conjugales et familiales, est un grand d&#233;fi. &lt;br class='autobr' /&gt; Mon engagement dans le premier centre pluraliste de planning familial date de 1968. Nous &#233;tions un groupe (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique154" rel="directory"&gt;Au travail !&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot148" rel="tag"&gt;Femme, f&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot187" rel="tag"&gt;Contraception, avortement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH150/arton1356-a5d56.jpg?1776943898' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les ann&#233;es 60 t&#233;moignent d'un bouleversement des conceptions de vie familiale, professionnelle. Le contr&#244;le de la f&#233;condit&#233; est &#224; l'ordre du jour. Celui-ci modifie les relations, les r&#244;les de chacun au sein du couple, le mod&#232;le familial et la relation famille-soci&#233;t&#233;. A l'&#233;poque, se rassembler et d&#233;passer les cloisonnements philosophiques sur ces questions conjugales et familiales, est un grand d&#233;fi. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon engagement dans le premier centre pluraliste de planning familial date de 1968. Nous &#233;tions un groupe tr&#232;s motiv&#233; qui regroupait Jean Corbisier de la Ligue des familles, Monique Rifflet de la Famille Heureuse, le Chanoine de Locht du Centre Chr&#233;tien ainsi que Catherine Osterrieth. Cet engagement est le fruit de mon long parcours o&#249;, avec d&#233;termination, j'ai construit ma vie professionnelle et personnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai eu une enfance difficile. Ma m&#232;re &#233;tant gravement d&#233;prim&#233;e et mon p&#232;re alcoolique et violent, ayant lui-m&#234;me beaucoup souffert dans son enfance, j'ai d&#251; &#171; batailler &#187; pour commencer mes &#233;tudes d'infirmi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Juin 1947, j'allais avoir 14 ans&#8230; Je voulais arr&#234;ter mes &#233;tudes en &#171; Coupe-couture &#187; et devenir infirmi&#232;re. Ma m&#232;re trouva l'&#233;nergie pour sortir de son lit et d&#233;clarer : &#171; Ou tu continues coupe-couture ou tu vas travailler &#187;. Voulait-elle me convaincre ou faire de moi une petite employ&#233;e comme elle l'avait &#233;t&#233; d&#232;s l'&#226;ge de 14 ans ? Devant mon silence, elle me pr&#233;senta quelques jours plus tard, v&#234;tue d'une nouvelle robe, achet&#233;e au march&#233; de la Place Saint Denis, au directeur d'une petite entreprise. Sans me donner la parole un instant, il me prit 15 jours &#224; l'essai pour trier et classer ses documents et convint avec ma m&#232;re de mon salaire. Il ne m'associa &#224; rien comme si j'&#233;tais sourde et muette ou encore une enfant incapable d'avoir des sentiments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi soir, apr&#232;s ma premi&#232;re journ&#233;e de travail, en larmes, je suis all&#233;e voir la sup&#233;rieure de l'&#233;cole de &#171; coupe-couture &#187;. Devant mon d&#233;sarroi et ma d&#233;termination, elle me proposa de parler &#224; ma m&#232;re et &#224; une religieuse de l'&#233;cole des Ursulines de Forest qui organisaient une classe d'humanit&#233;s modernes, non payante. Cette classe regroupait plusieurs ann&#233;es et &#233;tait tenue par une religieuse &#226;g&#233;e. Nous n'avions aucun contact avec les jeunes filles de l'&#233;cole payante. Son entr&#233;e &#233;tait dans une autre rue&#8230; Le samedi suivant, &#224; pied, je me rendis &#224; la grille et je ressentis la col&#232;re et la honte de ne pas &#234;tre dans l'&#233;cole luxueuse mais je maintins ma d&#233;cision. Je suis arriv&#233;e &#224; convaincre mon amie et sa maman plus souple que la mienne. Elle t&#233;l&#233;phona &#224; ma m&#232;re qui, du bout des l&#232;vres, donna son accord. Pendant deux ans, j'ai v&#233;cu dans une classe d'une quinzaine d'adolescentes pas toujours faciles. Chacune, soutenue par la religieuse qui avait beaucoup de patience, travaillait selon son &#226;ge et son niveau. Notre classe &#233;tait chauff&#233;e par un po&#234;le &#224; bois qu'il fallait charger toute la journ&#233;e.&#8230; A midi, nous y r&#233;chauffions notre gamelle. Nous ne sortions gu&#232;re de la classe. S&#233;par&#233;es, par une cour, des gr&#233;co-latines de l'&#233;cole payante, &#224; l'uniforme impeccable et conduite g&#233;n&#233;ralement par un parent, nous exprimions notre jalousie par de nombreuses moqueries. Je devais prendre un bus puis un tram et ensuite un trolleybus pour me rendre &#224; l'&#233;cole&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ann&#233;es plus tard, en juin 1949, apr&#232;s avoir bien r&#233;fl&#233;chi, j'ai arr&#234;t&#233; mes humanit&#233;s modernes pour commencer des &#233;tudes de pu&#233;ricultrice aux Deux Alice. C'&#233;tait l'&#233;tape vers mes &#233;tudes d'infirmi&#232;re. Je n'avais pas l'&#226;ge requis mais j'ai r&#233;ussi l'examen d'entr&#233;e et je fus accept&#233;e. Nous &#233;tions au cours avec les infirmi&#232;res de 1&#232;re ann&#233;e. J'ai travaill&#233; &#224; 5 heures du matin en maternit&#233; et la nuit en p&#233;diatrie : mettre les nouveau-n&#233;s au sein, les changer&#8230; soigner et surveiller les enfants malades, faire des piq&#251;res, prendre la temp&#233;rature, pr&#233;parer et donner les biberons&#8230; Bref je travaillais comme une infirmi&#232;re dipl&#244;m&#233;e&#8230; et je me pr&#233;parais &#224; devenir professionnelle. A 18 ans j'ai commenc&#233; les &#233;tudes d'infirmi&#232;re mais en 2&#232;me ann&#233;e, contamin&#233;e par la poliomy&#233;lite, j'ai du abandonner mon r&#234;ve&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la cr&#233;ation du centre pluraliste et son installation rue de Stalle &#224; Uccle, je faisais des animations &#224; &#171; Aimer &#224; l'ULB &#187; et je travaillais &#233;galement, depuis quelque temps dans un autre centre de planning. Il nous a fallu quelques mois pour organiser le centre pluraliste. Nous avons ouvert officiellement ses portes, dans des locaux d&#233;finitifs, le 7 octobre 1969. J'assurais une permanence trois jours/semaine, recevais en consultations conjugales, r&#233;pondais au t&#233;l&#233;phone et fixais les rendez-vous. L'&#233;quipe comprenait gyn&#233;cologue, juriste et assistante sociale. Chacun avait la cl&#233; et accueillait les personnes qui avaient une demande d'aide discr&#232;te. Les d&#233;buts furent difficiles. A No&#235;l, nous avons partag&#233; le contenu de la caisse qui n'&#233;tait pas bien lourde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervenant, quelles que soient son opinion, ses interrogations, re&#231;oit la souffrance des personnes et les aide &#224; ne pas se sentir jug&#233;es et &#224; prendre des d&#233;cisions. Il est bien difficile de d&#233;m&#234;ler la part de l'imaginaire, des r&#233;ticences personnelles, des conditions sociales, du pass&#233;, des r&#234;ves qui s'&#233;croulent, des r&#233;actions des parents&#8230; Etre enceinte &#224; 16 ans, avoir encore un enfant alors que l'on tire le diable par la queue ou croire que la m&#233;nopause est l&#224; alors que c'est une grossesse, autant de situations de d&#233;tresse auxquelles j'&#233;tais confront&#233;e. Quel avenir pour ce petit, pour la maman, le couple, les autres enfants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'ai d&#233;but&#233;, je ressentais surtout une solidarit&#233; avec cet enfant &#224; na&#238;tre, capable de se battre pour vivre&#8230; Je me suis interrog&#233;e sur mon enfance et sur mes premi&#232;res grossesses. En 1956, alors que j'attendais un nouvel enfant et m'en r&#233;jouissais, un m&#233;decin d'une clinique catholique, en raison de mes probl&#232;mes de sant&#233;, m'avait propos&#233; un avortement th&#233;rapeutique. Il faut dire qu'&#224; l'&#233;poque la contraception se limitait &#224; l'abstinence, le pr&#233;servatif ou la bien al&#233;atoire m&#233;thode Ogino. Ce retour sur mon histoire, sur mes luttes m'a permis de mieux &#233;couter et de mieux comprendre les femmes, les couples et les jeunes. Plusieurs fois, dans ma 2 chevaux, &#224; mes frais, j'en ai accompagn&#233; plusieurs en Hollande pour une interruption de grossesse. Le conseil d'administration voulait l'ignorer mais manifestait sa d&#233;sapprobation vis-&#224;-vis de mes prises de position. Et puis je m'absentais une journ&#233;e laissant le centre &#224; une accueillante b&#233;n&#233;vole&#8230; Ce travail oblige les intervenants &#224; s'interroger sur leur enfance et sur leur rapport au couple, &#224; la naissance, &#224; l'avortement&#8230; Le Docteur Willy Peers, incarc&#233;r&#233; en 1973 pour avoir pratiqu&#233; des avortements &#224; la Clinique de Namur, disait volontiers : &#171; Si l'enfant est seul, abandonn&#233;, il survivra peut-&#234;tre mais il ne parlera pas, ne pensera pas, ne marchera pas&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant 35 ans, j'ai travaill&#233; dans deux centres de plannings familiaux. Dans ces deux centres j'ai travaill&#233; dans une &#233;quipe pluridisciplinaire respectueuse, attentive, tol&#233;rante, se mettant en question en &#233;quipe, dans les formations et les supervisions avec un psychanalyste. Depuis 1968, bien des choses ont &#233;volu&#233;. A l'initiative de Marc Abramovicz, de Monique Rifflet et de moi-m&#234;me, nous avons cr&#233;&#233; &#171; La f&#233;d&#233;ration des centres pluralistes &#187;. Actuellement les 22 centres existants sont f&#233;d&#233;r&#233;s, ils sont reconnus par les pouvoirs publics et les &#233;quipes se sont &#233;toff&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil du temps, les demandes se sont &#233;largies : grossesse inattendue, d&#233;cision d'un avortement, contraception, mais aussi les droits des jeunes, l'endettement, le deuil, le divorce&#8230; Les centres sont aussi sollicit&#233;s pour des animations dans les &#233;coles ou au centre sur la sexualit&#233;, l'homosexualit&#233;, l'&#233;ducation sexuelle&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, j'ai l'impression que les tr&#232;s jeunes ont un acc&#232;s plus facile &#224; la contraception. Ils peuvent en parler avec d'autres jeunes, et souvent avec leur maman. Mais cela ne veut pas dire que la sexualit&#233; est devenue simple. En apparence le jeune est surinform&#233; mais ses peurs, ses questions sur l'amour, l'attachement demeurent. Le passage &#224; l'acte non pr&#233;par&#233;, non prot&#233;g&#233; reste une r&#233;alit&#233;. Il peut se passer sans amour par simple d&#233;sir de satisfaire l'autre, d'&#234;tre &#171; comme les autres &#187;&#8230; Mais il existe des situations plus d&#233;licates : la petite s&#339;ur sollicit&#233;e par les grands fr&#232;res, abus&#233;e par un p&#232;re, un adulte &#233;tranger, ami de la famille&#8230; dans un contexte de silence, de souffrance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le planning familial, j'ai rencontr&#233; des personnes de tout &#226;ge, des jeunes en qu&#234;te de leur identit&#233; sexuelle, des couples, des adultes souffrant d'une s&#233;paration, d'un d&#233;c&#232;s, des familles recompos&#233;es avec les probl&#232;mes entre les enfants de deux lits&#8230; Tout ceci n&#233;cessite d'approcher la douleur de l'&#233;chec, de ne pas renoncer, de tenter de comprendre les contradictions, l'incompr&#233;hension de part et d'autre, d'entendre la souffrance de chacun. Tout ce travail peut aboutir &#224; la s&#233;paration mais aussi &#224; un d&#233;passement de ses blocages et &#224; une reprise du dialogue qui laisse place &#224; des changements progressifs de chacun et &#224; l'analyse de ses responsabilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail m'a permis de me d&#233;velopper comme personne et de construire un vrai trajet professionnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Avorter seule et en cachette (Anne)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1293</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1293</guid>
		<dc:date>2021-03-18T09:15:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mich&#232;le A&amp;T</dc:creator>


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Contraception, avortement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 1967, j'ai presque 18 ans. Je ne connais pas grand-chose de la sexualit&#233;, mes parents ne m'en ont jamais parl&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un soir, je suis invit&#233;e &#224; une &#171; Surprise-Party &#187; avec une bande de copains et copines. Pendant la soir&#233;e, la musique marche fort, je bois beaucoup de Martini. Je n'ai pas l'habitude de boire car pour mes parents, une jeune fille &#171; bien &#187; ne doit pas boire d'alcool. Un jeune homme m'embrasse et m'emm&#232;ne dans une chambre. Je n'ai pas de souvenir pr&#233;cis de ce qui s'est pass&#233;. Je ne connais pas (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot148" rel="tag"&gt;Femme, f&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot187" rel="tag"&gt;Contraception, avortement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1967, j'ai presque 18 ans. Je ne connais pas grand-chose de la sexualit&#233;, mes parents ne m'en ont jamais parl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un soir, je suis invit&#233;e &#224; une &#171; Surprise-Party &#187; avec une bande de copains et copines. Pendant la soir&#233;e, la musique marche fort, je bois beaucoup de Martini. Je n'ai pas l'habitude de boire car pour mes parents, une jeune fille &#171; bien &#187; ne doit pas boire d'alcool.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un jeune homme m'embrasse et m'emm&#232;ne dans une chambre. Je n'ai pas de souvenir pr&#233;cis de ce qui s'est pass&#233;. Je ne connais pas ce gar&#231;on et je ne le reverrai plus jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mois plus tard, je suis inqui&#232;te, je crois &#234;tre enceinte. J'ai besoin de tout mon courage pour en parler &#224; ma m&#232;re. Elle ne croit pas ce que je lui raconte. Elle me dit qu'il est impossible de tomber enceinte apr&#232;s une seule rencontre sexuelle. Elle se pr&#233;occupe surtout de ce que les voisins vont penser. Puis, tr&#232;s en col&#232;re, ma m&#232;re me dit : &#171; Tu pars de la maison, d&#233;brouilles-toi et ne reviens pas ici tant que tu es enceinte ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce moment-l&#224;, je suis terrifi&#233;e. Je suis paniqu&#233;e de ne pas savoir o&#249; aller. Je n'ai pas d'argent. Je me sens totalement abandonn&#233;e face &#224; une situation impossible &#224; g&#233;rer toute seule. Je me confie &#224; une amie qui vient de se marier. Elle connait un m&#233;decin qui pratique des avortements. L'avortement est interdit par la loi, c'est pourquoi le m&#233;decin m'oblige &#224; promettre de n'en parler &#224; personne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon amie me ram&#232;ne ensuite chez elle et je loge dans son garage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours plus tard, j'ai tr&#232;s mal au ventre et j'ai beaucoup de fi&#232;vre. Je me sens vraiment tr&#232;s mal. Mon amie a peur, elle appelle une ambulance. A la clinique, les infirmi&#232;res sont des religieuses, pas des &#171; bonnes &#187; S&#339;urs. Elles me harc&#232;lent pour que je leur explique ce que j'ai fait ; elles veulent savoir qui m'a aid&#233;. Malgr&#233; les fortes douleurs, je r&#233;ussis &#224; ne rien dire. Pour arr&#234;ter l'infection, je subis un curetage en salle d'op&#233;ration. Ensuite, je reste dans une chambre, seule, sans aucune visite. Je ne reverrai plus jamais cette amie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques jours &#224; l'h&#244;pital, mon p&#232;re vient me chercher et me ram&#232;ne &#224; la maison. Pour mes parents, c'est comme s'il ne s'&#233;tait rien pass&#233;, l'histoire est close. Aucun des deux n'en reparle. Ce silence me soulage : il me permet de penser que si cela n'existe pas pour mes parents, cela n'a pas exist&#233; pour moi non plus. Du moins j'aime le croire &#224; ce moment-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque-l&#224;, une fille enceinte &#233;tait toujours consid&#233;r&#233;e comme la seule coupable. L'avortement &#233;tait un sujet &#171; tabou &#187; dont on ne parlait pas. De plus, l'avortement &#233;tait pratiqu&#233; dans des conditions clandestines tr&#232;s dangereuses pour la sant&#233; des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, plus tard, je me suis mari&#233;e, j'ai &#233;t&#233; enceinte et j'ai &#233;t&#233; tr&#232;s soulag&#233;e car cet avortement n'a pas eu de cons&#233;quences n&#233;gatives sur la possibilit&#233; d'&#234;tre &#224; nouveau enceinte. Ai-je parl&#233; de l'avortement &#224; mon mari ? Non, jamais ! Il ne m'aurait pas &#233;pous&#233;e &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai eu 45 ans, j'ai eu la chance de faire une th&#233;rapie. J'ai r&#233;alis&#233; que j'avais &#233;t&#233; viol&#233;e. J'ai pris conscience que je n'avais pas eu d'autres choix dans ma situation et dans la soci&#233;t&#233; o&#249; je vivais. Et surtout, cela m'a permis de me pardonner, enfin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel traumatisme ne s'oublie jamais. J'ai toujours une certaine tristesse et de la compassion pour la jeune fille que j'&#233;tais &#224; 17 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, je n'ose en parler &#224; personne car l'avis des gens sur l'avortement reste encore tr&#232;s n&#233;gatif et tr&#232;s jugeant pour les femmes qui y ont eu recours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une vie de c&#233;libataire (Anne-Marie)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1292</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1292</guid>
		<dc:date>2021-03-18T09:04:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mich&#232;le A&amp;T</dc:creator>


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Contraception, avortement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je suis n&#233;e &#224; Anderlecht en 1939. J'y ai toujours v&#233;cu. C&#233;libataire et sans enfants, j'ai &#233;t&#233; une femme libre et ai v&#233;cu de mon travail. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le sexe ? La seule fois o&#249; ma m&#232;re m'en a parl&#233;, elle m'a parl&#233; des r&#232;gles. J'avais 11 ans. Pour une fois, elle s'int&#233;ressait &#224; moi. J'ai mis de l'encre rouge pour faire croire que j'&#233;tais d&#233;j&#224; r&#233;gl&#233;e ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand j'&#233;tais jeune adulte, mes amies avaient des aventures, mais la pilule n'existait pas encore. Les femmes tremblaient &#224; l'id&#233;e d'&#234;tre enceinte. Je me suis dit, moi &#231;a jamais ! A (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot148" rel="tag"&gt;Femme, f&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot187" rel="tag"&gt;Contraception, avortement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis n&#233;e &#224; Anderlecht en 1939. J'y ai toujours v&#233;cu. C&#233;libataire et sans enfants, j'ai &#233;t&#233; une femme libre et ai v&#233;cu de mon travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sexe ? La seule fois o&#249; ma m&#232;re m'en a parl&#233;, elle m'a parl&#233; des r&#232;gles. J'avais 11 ans. Pour une fois, elle s'int&#233;ressait &#224; moi. J'ai mis de l'encre rouge pour faire croire que j'&#233;tais d&#233;j&#224; r&#233;gl&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'&#233;tais jeune adulte, mes amies avaient des aventures, mais la pilule n'existait pas encore. Les femmes tremblaient &#224; l'id&#233;e d'&#234;tre enceinte. Je me suis dit, moi &#231;a jamais ! A cette &#233;poque, j'ai rencontr&#233; des hommes, j'ai &#233;t&#233; amoureuse mais cela est rest&#233; platonique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, ma m&#232;re m'a dit : &#171; Si tu rencontres un homme mari&#233;, je pr&#233;f&#232;re mourir ! &#187; Cette phrase m'a poursuivie et influenc&#233;e. D'instinct, j'ai &#233;t&#233; vers des hommes non libres, avec des probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la pilule est arriv&#233;e dans les ann&#233;es 67, j'avais 26 ans et je me suis dit, maintenant je me laisse aller ; je suis partie en Italie et en avant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai rencontr&#233; un Italien. On a eu une liaison pendant deux ans. Il travaillait dans l'h&#244;tellerie. A un certain moment, il travaillait &#224; Stuttgart. Il a propos&#233; de venir me rejoindre &#224; Bruxelles, mais mon p&#232;re a dit : &#171; jamais un &#233;tranger &#187; ! J'ai menac&#233; de partir en Allemagne. Mon p&#232;re a dit : &#171; si tu pars, tu ne reviens plus jamais &#187;. Je suis partie un jour &#224; 5 h du matin dans le noir pour le retrouver. Quelques jours apr&#232;s, quand je suis revenue, ils &#233;taient tous les deux dans un fauteuil, comme deux juges. Mon p&#232;re m'a dit : &#171; Monte dans ta chambre &#187;. J'ai eu des id&#233;es de suicide, mon p&#232;re l'a senti et m'a finalement dit : &#171; Tu feras ta vie comme tu le veux &#187;. Jamais plus pendant le reste de leur vie, on a &#233;chang&#233; un mot sur le sujet. Je ne voulais pas qu'ils souffrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e d'apr&#232;s, j'ai d&#233;m&#233;nag&#233; pour aller habiter seule dans un appartement. Mes parents ne comprenaient pas pourquoi, ni pourquoi je ne me mariais pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais rencontr&#233; l'homme avec qui j'aurais aim&#233; vivre, me marier et avoir des enfants. Si je me mariais, c'&#233;tait pour avoir des enfants. Mais pour &#233;lever des enfants, il fallait &#234;tre sur la m&#234;me longueur d'onde, en harmonie. Pas comme mes parents, qui ne s'entendaient pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul homme qui aurait convenu &#233;tait bien s&#251;r mari&#233; ; je lui ai demand&#233; de vivre avec moi mais il n'a pas voulu ; il avait trois enfants adolescents et ne voulait pas divorcer. Nous nous sommes vus pendant 20 ans &#8230; Aujourd'hui quand je vois ce qu'il est devenu, je ne regrette rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pilule m'a lib&#233;r&#233;e et m'a permis d'avoir des relations sexuelles et amoureuses, sans crainte et dans la joie. J'ai eu des relations plus longues, d'autres plus courtes, pendant les vacances. J'ai connu un Marocain, un Africain. J'ai toujours &#233;t&#233; discr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais v&#233;cu en couple. J'ai eu la vie sentimentale d'une c&#233;libataire libre. A l'&#233;poque, ce que je vivais &#233;tait banni par la soci&#233;t&#233; ; j'&#233;tais la seule parmi mes amies qui vivait comme cela ; mais elles m'acceptaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que je suis au bout de ma vie, je ne regrette pas mon c&#233;libat. J'ai v&#233;cu libre, ind&#233;pendante et courageuse. Les maux de la vie, je les ai affront&#233;s seule. J'en suis fi&#232;re. Je m'aime bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amiti&#233; reste la grande affaire de ma vie. J'ai &#233;t&#233; beaucoup plus heureuse dans mes amiti&#233;s que dans mes amours&#8230; J'attends de mes amis ce qu'ils peuvent me donner&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait d'&#234;tre sans descendance m'indiff&#232;re. Si j'en avais eu, j'aurais aim&#233; qu'ils soient bien dans leur peau et leur corps mais pour cela j'aurais d&#251; &#234;tre en harmonie avec moi-m&#234;me et avec mon compagnon. Tel n'a pas &#233;t&#233; mon chemin de vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une r&#233;volution (Jeannine K.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article666</link>
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		<dc:date>2009-12-14T08:26:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Contraception, avortement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte est issu de notre recueil d'histoires v&#233;cues imprim&#233; sous forme de livre &#171; Et la lessive - Instantan&#233;s sur l'&#233;volution de la femme au 20e si&#232;cle &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre mariage a lieu en 1962. Deux enfants naissent rapidement : le premier en 1963, l'autre en 1965. Cela se passe &#224; l'h&#244;pital Saint Pierre, &#224; l'&#233;poque le premier h&#244;pital de Belgique, &#224; la pointe du progr&#232;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Me voici &#224; la visite de contr&#244;le gyn&#233;cologique. A la fin de la visite, le docteur Bratt m'annonce qu'il veut me parler en compagnie de son (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot187" rel="tag"&gt;Contraception, avortement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L98xH150/arton666-0a79a.jpg?1776944152' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article580' class='spip_in'&gt;Ce texte est issu de notre recueil d'histoires v&#233;cues imprim&#233; sous forme de livre &#171; Et la lessive - Instantan&#233;s sur l'&#233;volution de la femme au 20e si&#232;cle &#187;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Notre mariage a lieu en 1962. Deux enfants naissent rapidement : le premier en 1963, l'autre en 1965. Cela se passe &#224; l'h&#244;pital Saint Pierre, &#224; l'&#233;poque le premier h&#244;pital de Belgique, &#224; la pointe du progr&#232;s.&lt;br /&gt;
Me voici &#224; la visite de contr&#244;le gyn&#233;cologique. A la fin de la visite, le docteur Bratt m'annonce qu'il veut me parler en compagnie de son assistant. Ils sont responsables depuis peu du tout nouveau service de contr&#244;le des naissances qui a pour but d'accro&#238;tre et promouvoir toutes les m&#233;thodes de contraception. &lt;br /&gt;
&#8211; Alors, ch&#232;re madame, je vois que vous &#234;tes mari&#233;e depuis trois ans Vous avez deux enfants. Avez-vous l'intention d'avoir une famille nombreuse ? Comment pensez-vous contr&#244;ler les prochaines grossesses ? Quelle est votre m&#233;thode ?&lt;br /&gt;
Questions qui m'embarrassent ! Ma maman m'a donn&#233; une &#233;ducation pudibonde : aucun conseil. Nous ne parlions pas de ces choses l&#224;.&lt;br /&gt;
&#8211; Je pratique la m&#233;thode Ogino et&#8230; on fait attention.&lt;br /&gt;
&#8211; La meilleure fa&#231;on d'avoir un b&#233;b&#233; tous les ans ! me dit en riant le gyn&#233;cologue. Je crois que voici le moment de vous informer qu'il existe maintenant une toute nouvelle m&#233;thode de contraception qui nous vient des Etats Unis, qui a fait ses preuves et qui va vous permettre de d&#233;cider du moment o&#249; vous souhaiterez un autre b&#233;b&#233; ! &lt;br /&gt;
Et mes deux m&#233;decins de m'expliquer avec moult exemples techniques ce myst&#232;re de la pilule contraceptive. &lt;br /&gt;
Bien que sa d&#233;couverte date de 1956, ce n'est qu'en 1964 qu'elle est introduite en Belgique. Je n'en ai personnellement jamais entendu parler. &lt;br /&gt;
Nous sommes jeunes mari&#233;s ; mon &#233;poux travaille &#224; la centrale nucl&#233;aire de Mol. Il quitte la maison le lundi pour y rentrer le vendredi. L'abstinence ? Il ne faut pas nous demander l'impossible ! Etres &#233;loign&#233;s l'un de l'autre c'est dur mais ce qui est agr&#233;able dans la s&#233;paration ce sont les retrouvailles ! &lt;br /&gt;
J'&#233;coute &#233;merveill&#233;e cet expos&#233; m&#233;dical. Une r&#233;v&#233;lation ! Mes interlocuteurs ne doivent pas me demander deux fois quel est mon choix ! &lt;br /&gt;
Enfin lib&#233;r&#233;e de cette &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s qui, tous les mois, me menace de cette angoisse paralysante ! Car dans ce cas-l&#224; qui porte la responsabilit&#233; ? Qui prend les risques ? Qui d&#233;cide d'interrompre, de s'abstenir ? Qui demande &#224; &#234;tre raisonnable ? Et comment est-ce interpr&#233;t&#233; ? Et qui se sent coupable ? Rarement l'homme, reconnaissons-le. &lt;br /&gt;
Je reviens radieuse raconter en d&#233;tail &#224; mon &#233;poux l'entrevue avec mon gyn&#233;co :&lt;br /&gt;
&#8211; Tu te rends compte, ch&#233;ri, de la chance qu'on nous offre ? &lt;br /&gt;
L'accueil n'est pas des plus enthousiastes :&lt;br /&gt; &#8211; Une pilule ? Qu'est-ce que cela cache ? Pourquoi combattre ce qui est naturel ? On n'est pas bien comme &#231;a ? Et ta sant&#233; ? Quels effets secondaires ? Et si on veut un autre enfant ? &lt;br /&gt;
Tant de questions qui dissimulent mal un r&#233;el embarras, une inqui&#233;tude toute l&#233;gitime du m&#226;le : quels effets sur ma virilit&#233; ? Sur mon pouvoir ? &lt;br /&gt;
J'apaise ses craintes et la pilule prend place sur la table de nuit. Le geste devient automatique et nos relations jouissent d'une libert&#233; jusque l&#224; inconnue. Bient&#244;t, ma prise quotidienne de ce petit comprim&#233; ne pose plus de probl&#232;mes &#224; mon &#233;poux. En aurait-il &#233;t&#233; de m&#234;me si le comprim&#233; &#233;tait &#224; usage masculin ? &lt;br /&gt; La pilule contraceptive est une r&#233;volution ! Cette d&#233;couverte est pour la femme une incroyable d&#233;livrance ! &lt;br /&gt;
Deux enfants c'est bien, mais si on faisait un troisi&#232;me ? On peut enfin se poser la question, y r&#233;fl&#233;chir sereinement, programmer la d&#233;cision d'agrandir la famille. &lt;br /&gt;
Il faut du temps pour me convaincre ! Preuve que le pouvoir de d&#233;cision est maintenant partag&#233;. &lt;br /&gt;
Sept ans plus tard na&#238;t notre troisi&#232;me b&#233;b&#233;.&lt;br /&gt;
Mais les mentalit&#233;s n'ont pas beaucoup chang&#233; ; il est difficile de faire admettre &#224; mon entourage que cette naissance tardive n'est pas un &#171; accident &#187; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le prix &#224; payer (Dominique L.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article665</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article665</guid>
		<dc:date>2009-12-14T08:24:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Contraception, avortement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte est issu de notre recueil d'histoires v&#233;cues imprim&#233; sous forme de livre &#171; Et la lessive - Instantan&#233;s sur l'&#233;volution de la femme au 20e si&#232;cle &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
A vingt et un ans je fais la connaissance de Roger. La rencontre a lieu lors d'une vente de charit&#233; o&#249; j'ai la charge d'un comptoir. Il me &#171; tient la jambe &#187; selon l'expression consacr&#233;e, pendant une grande partie de l'apr&#232;s-midi. Il revient le lendemain et le surlendemain. Peu de jours apr&#232;s je deviens sa ma&#238;tresse : h&#244;tel de luxe, champagne, c'est (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot187" rel="tag"&gt;Contraception, avortement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L98xH150/arton665-486f8.jpg?1776944152' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article580' class='spip_in'&gt;Ce texte est issu de notre recueil d'histoires v&#233;cues imprim&#233; sous forme de livre &#171; Et la lessive - Instantan&#233;s sur l'&#233;volution de la femme au 20e si&#232;cle &#187;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
A vingt et un ans je fais la connaissance de Roger. La rencontre a lieu lors d'une vente de charit&#233; o&#249; j'ai la charge d'un comptoir. Il me &#171; tient la jambe &#187; selon l'expression consacr&#233;e, pendant une grande partie de l'apr&#232;s-midi. Il revient le lendemain et le surlendemain. Peu de jours apr&#232;s je deviens sa ma&#238;tresse : h&#244;tel de luxe, champagne, c'est merveilleux.&lt;br /&gt;
Il a vingt-deux ans de plus que moi. Il n'est ni beau ni laid ; simplement il a du charme et moi je suis &#171; un fruit &#224; cueillir &#187;. Etourdie, je ne prends pas le temps de r&#233;fl&#233;chir : cet inconnu peut me transmettre une maladie, me faire un enfant. Qui est-il ? D'o&#249; vient-il ? Quelle est sa vie amoureuse ant&#233;rieure ? Autant de questions que je ne me pose pas : je suis innocente, inconsciente, folle.&lt;br /&gt;
Et pourtant cet homme m'offre pendant treize ann&#233;es un amour &#171; confortable &#187; : je me laisse aimer ; avec lui je me sens en s&#233;curit&#233;, je n'ai pas peur d'&#234;tre quitt&#233;e. Il est l&#224; chaque fois que j'ai besoin de lui. Il habite un studio et poss&#232;de une petite voiture Renault. Mon domicile &#224; moi est une chambre chez l'habitant.&lt;br /&gt; Que faisons-nous ensemble ? l'AMOUR&lt;br /&gt;
Nous appr&#233;cions les restaurants ; quand il fait une bonne affaire, il m'offre un grand restaurant. Car c'est un homme d'affaires. Divorc&#233; depuis longtemps, il a une ex-&#233;pouse en Suisse et trois enfants.&lt;br /&gt;
A Paris, il fr&#233;quente dans des bars un architecte, un homme politique, un consul, un m&#233;decin. Les conversations sont anim&#233;es et int&#233;ressantes : ils refont le monde.&lt;br /&gt; J'ai quitt&#233; Bordeaux o&#249; j'habitais pour devenir com&#233;dienne. Je suis des cours de th&#233;&#226;tre chez Madame Dussane de la Com&#233;die Fran&#231;aise, chez Monsieur Simon, cours c&#233;l&#232;bre, chez Monsieur Dublin, bien connu &#224; Paris. J'obtiens en province diff&#233;rents r&#244;les : celui d'une putain, celui de Sainte Agn&#232;s, puis celui d'une femme amoureuse dans &#171; Le baladin du monde occidental &#187;, un beau r&#244;le. Je fais un peu de cin&#233;ma, notamment dans &#171; Minuit, Quai de Bercy &#187; avec l'acteur Eric von Stroheim. Cependant ma carri&#232;re ne d&#233;marre pas.&lt;br /&gt;
Notre liaison dure de 1948 &#224; 1961 mais la pilule contraceptive n'arrive sur le march&#233; que dans les ann&#233;es soixante.&lt;br /&gt;
Le prix &#224; payer pour ces treize ann&#233;es de bonheur : TROIS AVORTEMENTS .&lt;br /&gt;
Le premier est ex&#233;cut&#233; par une &#171; faiseuse d'anges &#187;. Elle habite un quartier populaire de Paris. Roger a eu cette adresse par un de ses amis : petit appartement modeste sans ascenseur ; le local me semble encombr&#233; mais je ne suis pas l&#224; pour examiner le d&#233;cor. Je suis rassur&#233;e car l'avorteuse parle de &#171; piq&#251;res &#187; : j'en conclus que je suis enceinte depuis peu de temps. Quelques injections et le r&#233;sultat est obtenu sans douleur et &#224; mon domicile.&lt;br /&gt;
Roger me met toujours en confiance, je ne ressens aucune culpabilit&#233; : aucune autre solution, il n'y a pas &#224; h&#233;siter, il faut faire vite. Je suis du signe du B&#233;lier. Le mariage est impensable avec cet homme de vingt-deux ans mon a&#238;n&#233;, sans situation professionnelle stable : il n'est pas question d'annoncer cela &#224; ma famille bourgeoise qui habite une grande ville de la province fran&#231;aise&#8230;&lt;br /&gt;
Le deuxi&#232;me avortement est plus d&#233;sagr&#233;able, plus &#233;prouvant : une intervention manuelle est n&#233;cessaire ; je rentre chez moi : je dois attendre vingt-quatre heures avant l'expulsion. J'ai de la chance : pas de suites infectieuses et pourtant que de risques : la st&#233;rilit&#233;, la mort peut -&#234;tre&#8230;&lt;br /&gt;
La troisi&#232;me fois, l'intervention a lieu en clinique gr&#226;ce &#224; l'ami m&#233;decin de Roger. Aucun probl&#232;me.&lt;br /&gt;
Je n'ai pas conserv&#233; de souvenirs plus pr&#233;cis de ces trois accidents de parcours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est int&#233;ressant de rappeler que c'est bien plus tard, en 1974, que Simone Veil, Ministre de la Justice, lib&#233;ralise en France l'acc&#232;s &#224; la contraception pour une p&#233;riode de cinq ann&#233;es. La loi Veil est d&#233;finitivement adopt&#233;e le trente et un d&#233;cembre 1979. Le 26 novembre 1974, Simone Veil d&#233;fend son projet de loi pour la d&#233;p&#233;nalisation de l'avortement devant l'Assembl&#233;e nationale. La loi sera vot&#233;e en 1975, le dix-sept janvier.&lt;br /&gt;
En Belgique, le Roi Baudouin, par conviction personnelle, refuse en 1990 de signer la loi d&#233;p&#233;nalisant l'avortement et se met &#171; dans l'impossibilit&#233; de r&#233;gner &#187; pendant cinq jours.&lt;br /&gt;
Mais la pilule contraceptive arrive sur le march&#233; avant la publication des lois, les m&#339;urs &#233;tant souvent en avance sur la l&#233;gislation&#8230;&lt;br /&gt;
Une coll&#232;gue de bureau me fait conna&#238;tre ce m&#233;dicament et me donne l'adresse de son m&#233;decin : j'ai trente-quatre ans. A ce moment, ma liaison commence &#224; battre de l'aile et un moyen de contraception n'est plus n&#233;cessaire. Je veux me marier mais pas avec Roger qui le propose.&lt;br /&gt; A trente-neuf ans, j'&#233;pouse un homme que j'aime et apr&#232;s neuf mois, j'ai la joie d'annoncer la naissance d'une ravissante petite fille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Manet (Johanna P.)</title>
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		<dc:date>2009-12-14T08:18:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Parents (&#234;tre)</dc:subject>
		<dc:subject>Contraception, avortement</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce texte est issu de notre recueil d'histoires v&#233;cues imprim&#233; sous forme de livre &#171; Et la lessive - Instantan&#233;s sur l'&#233;volution de la femme au 20e si&#232;cle &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Midi ! Dans la coquette cuisine de ma tante Irma, nous sommes attabl&#233;s devant un repas app&#233;tissant. En ce jour ensoleill&#233; du printemps 1941, Manet est venue rendre visite &#224; sa fille Irma et &#224; ses trois petits-enfants, mes cousins Jos&#233;, Jean et Marie-Louise. Manet est confortablement install&#233;e aux c&#244;t&#233;s de la benjamine &#226;g&#233;e de 3 ans, Marie-Louise, qui (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot158" rel="tag"&gt;Parents (&#234;tre)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot187" rel="tag"&gt;Contraception, avortement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L98xH150/arton663-8a207.jpg?1776944152' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article580' class='spip_in'&gt;Ce texte est issu de notre recueil d'histoires v&#233;cues imprim&#233; sous forme de livre &#171; Et la lessive - Instantan&#233;s sur l'&#233;volution de la femme au 20e si&#232;cle &#187;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Midi ! Dans la coquette cuisine de ma tante Irma, nous sommes attabl&#233;s devant un repas app&#233;tissant. En ce jour ensoleill&#233; du printemps 1941, Manet est venue rendre visite &#224; sa fille Irma et &#224; ses trois petits-enfants, mes cousins Jos&#233;, Jean et Marie-Louise. Manet est confortablement install&#233;e aux c&#244;t&#233;s de la benjamine &#226;g&#233;e de 3 ans, Marie-Louise, qui &#233;prouve quelques difficult&#233;s &#224; couper ses pommes de terre nature.&lt;br /&gt;
&#8211; Veux-tu que je les transforme en un joli g&#226;teau ? lui propose Manet.&lt;br /&gt;
&#8211; Oh ! Oui ! sourit la petite.&lt;br /&gt;
Alors, en un tour de main expert, l'a&#239;eule &#233;crase &#224; la fourchette les pommes de terre garnies de sauce et les transforme ainsi en pur&#233;e. Elle fignole son &#339;uvre, lui donne une forme ronde et plate. A la surface, elle dessine quelques traits entrecrois&#233;s et le tour est jou&#233;. Marie-Louise reste bouche b&#233;e d'admiration devant son assiette et, ravie, se d&#233;lecte de ce joli g&#226;teau. Elle s'amuse aussi &#233;norm&#233;ment avec les petits pois qu'elle fait rouler en disant : &#034;Ce sont des baballes&#034;.&lt;br /&gt;
&#8211; Veux-tu, toi aussi, un petit g&#226;teau ? me demande Manet.&lt;br /&gt;
&#8211; Oh ! Non&#8230; moi je suis grande, j'ai huit ans !&lt;br /&gt;
Je refuse l'offre de Manet surtout parce qu'elle avait d&#233;j&#224; port&#233; plusieurs fois sa fourchette &#224; la bouche, ce qui r&#233;pugne la fille sensible que je suis, tandis que ma toute petite cousine n'a pas encore cette d&#233;licatesse. Souvenir doux et rayonnant de mon enfance ! Souvent, au cours de ma vie, me reviendra en m&#233;moire ce joli tableau : Manet, grand-m&#232;re attentionn&#233;e, se pr&#233;occupant du bien-&#234;tre de sa mignonne descendante.&lt;br /&gt;
Tout habill&#233;e de noir, comme c'&#233;tait la mode en ce temps-l&#224; pour les dames d'un certain &#226;ge, Manet portait aussi de gros bas tricot&#233;s &#224; la main. De taille moyenne mais large d'&#233;paules, elle avait une silhouette imposante. Cette forte femme avait une grande particularit&#233;, elle &#233;tait m&#232;re de 24 enfants. &lt;br /&gt;
Pr&#233;nomm&#233;e Marie et fille d'honn&#234;tes marchands ambulants de poissons, elle &#233;pousa un certain Adolphe, sans profession bien d&#233;finie. Adolphe et Marie continu&#232;rent le commerce ambulant de poissons. Jeune femme, elle avait v&#233;cu dans sa ville natale de Flandre, poussant devant elle, &#224; la force des bras, une lourde charrette charg&#233;e de poissons et crevettes. Dans toutes les rues, par tous les temps, de sa voix forte, elle appelait les clients.&lt;br /&gt; Adolphe &#233;tait un mari joyeux mais plut&#244;t paresseux. Il aidait Marie dans son commerce, mais h&#233;las, pour &#233;tancher sa soif et prendre quelque repos, il s'arr&#234;tait souvent dans les nombreux caf&#233;s qui sillonnaient leur route. Il s'y attardait tandis que son &#233;pouse continuait courageusement la vente.&lt;br /&gt;
Marie &#233;tait continuellement enceinte. Elle ne s'en plaignait pas, trouvait cet &#233;tat normal &#224; une &#233;poque o&#249; chaque famille comptait au moins 8 &#224; 10 enfants. En d&#233;but ou en fin de grossesse, rien ne changeait pour Marie ; chaque jour, elle poussait sa charrette et vendait son poisson. Elle n'a jamais accouch&#233; en maternit&#233;. En ce temps-l&#224;, seules les femmes tr&#232;s pauvres et les filles abandonn&#233;es se rendaient &#224; l'h&#244;pital. Les enfants de bonne famille naissaient &#224; la maison.&lt;br /&gt;
Marie &#233;tait pourtant un cas tout &#224; fait sp&#233;cial. Comme elle circulait toujours dans la rue pour son commerce, les contractions la prenaient en plein air et elle n'avait jamais le temps de rentrer chez elle. Apr&#232;s voir rang&#233; sa charrette sur le bord du chemin, elle frappait &#224; la porte la plus proche et demandait &#224; la personne venue lui ouvrir : &lt;br /&gt;
&#8211; Excusez-moi, puis-je accoucher dans un coin de votre maison ? Je ne sais plus me retenir. &lt;br /&gt;
On l'aidait autant que possible et l'heureux &#233;v&#233;nement avait lieu le plus souvent dans le corridor. D&#232;s la naissance, le b&#233;b&#233; &#233;tait plac&#233; &#224; la campagne. La nourrice co&#251;tait peu d'argent mais par contre, accueillait un grand nombre d'enfants. Elle s'en occupait de son mieux. Marie, que ses enfants surnomm&#232;rent Manet, avait toujours quatre ou cinq enfants en pension &#224; la campagne. A l'&#226;ge de 5 ans, chaque enfant revenait &#224; la maison et commen&#231;ait sa scolarit&#233;.&lt;br /&gt;
Vint l'heureux jour o&#249; Manet et Adolphe eurent r&#233;uni assez d'&#233;conomies pour prendre en location un double commerce. A pr&#233;sent, sur une jolie place de leur ville de Roulers juste en face de la statue du po&#232;te Rodenbach, Manet installa une poissonnerie. Son &#233;poux en bon voisin ouvrit un estaminet. Autrement dit, Marie vendait son poisson et Adolphe buvait pas mal de bi&#232;re avec les consommateurs, jouait aux cartes et surtout se vantait &#224; tous de poss&#233;der deux livrets de mariage. En effet, sur un livret de mariage &#233;taient pr&#233;vues douze lignes pour inscrire au maximum douze enfants. Ce nombre &#233;tant d&#233;pass&#233; depuis longtemps, l'h&#244;tel de ville fut bien oblig&#233; d'attribuer &#224; ce couple prolifique un deuxi&#232;me livret o&#249; la liste des rejetons s'allongeait all&#232;grement.&lt;br /&gt;
Puis un jour, un drame endeuilla cette famille nombreuse. Manet perdit accidentellement un de ses enfants. Un petit gar&#231;on &#226;g&#233; de 4 ans se noya dans une mare. Sa nourrice, d&#233;sesp&#233;r&#233;e, voulut rendre &#224; Manet les quatre fr&#232;res et s&#339;urs qui &#233;taient encore sous sa garde. Mais la m&#232;re insista : &lt;br /&gt;
&#8211; C'est un grand malheur pour nous tous mais si je reprends mes quatre enfants, il me sera impossible de continuer le commerce n&#233;cessaire &#224; nourrir ma grande famille. Je te supplie de les garder.&lt;br /&gt;
Au 17&#232;me accouchement, Manet donna naissance &#224; ma tante Irma ; c'&#233;tait en 1907. Puis vint la guerre 14 -18. Irma, petite fille de 7 ans, vit partir au combat cinq fr&#232;res-soldats dont deux n&#233;s la m&#234;me ann&#233;e, l'un en janvier et l'autre en d&#233;cembre. Un seul des cinq, le plus jeune, fut tu&#233;, le dernier jour de la guerre.&lt;br /&gt;
Plus tard, elle me raconta certains de ses souvenirs d'enfance dont celui-ci :&lt;br /&gt;
&#8211; Le jour de la lessive, en rentrant de l'&#233;cole, je ne trouvais pas ma maman. Elle disparaissait derri&#232;re des montagnes de linge sale ! &lt;br /&gt;
Et cet autre souvenir jamais oubli&#233; : voici Irma rentrant de l'&#233;cole. Intelligente, elle &#233;tait la premi&#232;re de sa classe. Elle portait un gros livre cartonn&#233; qu'elle avait re&#231;u en r&#233;compense de son premier prix. Toute fi&#232;re, elle voulut montrer son tr&#233;sor &#224; sa m&#232;re. &lt;br /&gt;
&#8211; Cela tombe bien, s'&#233;cria Manet, j'avais justement besoin d'un sous-plat suppl&#233;mentaire.&lt;br /&gt;
Et sans un regard pour le beau livre, elle le plaqua sur la table et y d&#233;posa imm&#233;diatement l'&#233;norme chaudron de soupe, noir de fum&#233;e, le d&#238;ner de toute la famille. Le premier prix obtenu par Irma n'avait d'importance que pour son utilit&#233; m&#233;nag&#232;re. Pouvait-on en tenir rigueur &#224; cette m&#232;re d&#233;bord&#233;e de travail ? Tante Irma, elle, n'oubliera jamais sa d&#233;ception.&lt;br /&gt;
Ils avaient tous les deux 17 ans ! Irma &#233;pousa Elias, le fr&#232;re unique de maman. Tante Irma et oncle Elie ainsi que leurs trois enfants &#233;taient les seuls parents qui m'entouraient &#224; Li&#232;ge au cours de mon enfance et de ma jeunesse. Les membres de ma nombreuse famille paternelle vivaient en Flandre, je ne les voyais qu'en de rares occasions. &lt;br /&gt;
De tous les fr&#232;res et s&#339;urs d'Irma, je n'ai connu que Julienne qui &#233;pousa un Li&#233;geois, Alfred Fauconnier, et s'installa &#224; Li&#232;ge. Elle &#233;tait la r&#233;plique de sa m&#232;re, Manet. Elle incita son &#233;poux &#224; ouvrir une poissonnerie. Ce fut un succ&#232;s ; une deuxi&#232;me poissonnerie ouvrit ses portes &#224; Li&#232;ge, puis une troisi&#232;me &#224; Ostende. Peut-&#234;tre avez-vous connu les poissonneries Fauconnier ?&lt;br /&gt;
Quand Julienne comprit qu'elle &#233;tait en train de suivre le chemin de sa m&#232;re, elle choisit d'aller habiter dans le voisinage de la maternit&#233; de Rocourt o&#249; elle donna naissance &#224; douze enfants. Apr&#232;s la naissance de ce petit qu'elle esp&#233;ra &#034;dernier&#034;, elle osa poser la question, en ce temps-l&#224;, honteuse : &lt;br /&gt;
&#8211; Docteur, j'en ai douze, expliquez-moi, s'il vous pla&#238;t, ce que je dois faire pour ne plus avoir d'enfants ?&lt;br /&gt;
Et le docteur lui r&#233;pondit en souriant : &lt;br /&gt;
&#8211; Faites comme saint Joseph et la sainte Vierge !&lt;br /&gt;
Des ann&#233;es plus tard, Julienne racontera encore cette anecdote en riant aux larmes, car c'est tout ce qu'elle re&#231;ut comme renseignement de la part de son gyn&#233;cologue.&lt;br /&gt;
Julienne adorait ses enfants, &#233;coutez-la parler :&lt;br /&gt;
&#8211; C'&#233;tait un moment inoubliable, chaque soir &#224; l'heure du coucher. Je les envoyais au lit, chacun avec un biberon de lait chaud. Car certains grands, jaloux de plus petits, r&#233;clamaient eux-aussi un biberon. Je les voyais monter les escaliers &#224; la queue leu leu. Le premier arriv&#233; sur le palier se retournait et criait :&#034;Bonsoir maman !&#034;. Alors tous les autres se retournaient et criaient &#224; leur tour : &#171; Bonsoir maman !&#034;. Ils &#233;taient si beaux, les gar&#231;ons en pyjama, les filles en chemise de nuit, serrant leur biberon sur leur poitrine. J'&#233;tais fi&#232;re car il y avait un enfant sur chaque marche.&lt;br /&gt;
Et Manet, la grand-m&#232;re, v&#233;cut une heureuse vieillesse en allant visiter ses nombreux enfants et petits-enfants. Jamais aucun membre de la famille ne parvint &#224; en calculer le nombre exact.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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