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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>De Paris &#224; Bruxelles (Agn&#232;s B.)</title>
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		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>
		<dc:subject>Voyages</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma m&#232;re, brillante gastro-ent&#233;rologue, ne parvenait &#224; communiquer qu'avec ses patients. Est-ce pour cela que j'ai choisi le m&#233;tier de la communication : interpr&#232;te de conf&#233;rence. J'ai exerc&#233; 13 ans avec le statut d'ind&#233;pendant, puis 26 ans comme fonctionnaire au Parlement europ&#233;en. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma profession m'a permis de voyager dans le monde entier. J'ai vu des choses que les touristes ignorent, par exemple des prisons africaines. Mais je n'ai pas toujours eu le temps de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot171" rel="tag"&gt;Voyages&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ma m&#232;re, brillante gastro-ent&#233;rologue, ne parvenait &#224; communiquer qu'avec ses patients. Est-ce pour cela que j'ai choisi le m&#233;tier de la communication : interpr&#232;te de conf&#233;rence. J'ai exerc&#233; 13 ans avec le statut d'ind&#233;pendant, puis 26 ans comme fonctionnaire au Parlement europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma profession m'a permis de voyager dans le monde entier. J'ai vu des choses que les touristes ignorent, par exemple des prisons africaines. Mais je n'ai pas toujours eu le temps de visiter des lieux qui attirent les vacanciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai essay&#233; de compter les pays o&#249; je me suis rendue : &#224; chaque fois, j'en oublie, mais au moins 160, surtout en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma conclusion : je pr&#233;f&#232;re l'Europe et Bruxelles m'offre, &#224; moi la Parisienne arriv&#233;e il y a 52 ans, cette pinc&#233;e d'exotisme que je recherchais. Je l'ai parcourue &#224; pied du nord au sud, d'est en ouest. Maintenant, j'effectue mes d&#233;placements en transports en commun. Si j'&#233;tais bourgmestre ? J'essaierai d'am&#233;liorer l'&#233;tat des trottoirs et la fr&#233;quence des bus et trams.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offre culturelle est riche et j'en profite chaque jour et m&#234;me plusieurs fois par jour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Premier job d'&#233;tudiante aux Galeries Anspach, 1963 (Christiane J.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1469</link>
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		<dc:date>2023-07-04T13:46:30Z</dc:date>
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		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>
		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lors de mon adolescence, il fallait avoir 18 ans pour avoir un job d'&#233;tudiante. Une compagne de classe, dont le p&#232;re &#233;tait d&#233;corateur pour les vitrines des Galeries Anspach, m'avait dit que le magasin cherchait des &#233;tudiants pour les vacances de No&#235;l. L'id&#233;e me vint de demander l'autorisation &#224; mes parents de pouvoir me pr&#233;senter &#224; l'embauche. Je dus beaucoup batailler pour obtenir la permission, mais j'y suis arriv&#233;e gr&#226;ce &#224; l'appui de mon fr&#232;re a&#238;n&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les ann&#233;es 1850, il n'y avait aucun supermarch&#233; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lors de mon adolescence, il fallait avoir 18 ans pour avoir un job d'&#233;tudiante. Une compagne de classe, dont le p&#232;re &#233;tait d&#233;corateur pour les vitrines des Galeries Anspach, m'avait dit que le magasin cherchait des &#233;tudiants pour les vacances de No&#235;l. L'id&#233;e me vint de demander l'autorisation &#224; mes parents de pouvoir me pr&#233;senter &#224; l'embauche. Je dus beaucoup batailler pour obtenir la permission, mais j'y suis arriv&#233;e gr&#226;ce &#224; l'appui de mon fr&#232;re a&#238;n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1850, il n'y avait aucun supermarch&#233; dans les communes, pas plus que d'Hypermarch&#233;s en p&#233;riph&#233;rie. Les quatre grands magasins bruxellois les plus c&#233;l&#232;bres &#233;taient Le Bon March&#233;, l'Innovation, les Grands Magasins de la Bourse et le Grand Bazar, tous construits au milieu du XIX si&#232;cle. Ils proposaient tous des articles &#224; prix mod&#233;r&#233;s. Ceux-ci attiraient la petite bourgeoisie qui d&#233;laissait ainsi les colporteurs et marchands ambulants qui petit &#224; petit disparurent compl&#232;tement. La grande nouveaut&#233; de ces enseignes c'&#233;tait qu'ils pr&#233;sentaient, dans une m&#234;me enceinte, tout ce que l'on d&#233;sirait acheter en dehors de l'alimentation. Ils proposaient de la parfumerie, des v&#234;tements, des bijoux, des souliers, des livres, des disques, des farces et attrapes, de la d&#233;coration de No&#235;l&#8230; Au dernier &#233;tage du Grand Bazar, il y avait un Salon de Th&#233; avec trois musiciens qui jouaient de la musique d'ambiance, mais aussi des valses, des tangos et des slows. Bien souvent, Bonne-maman m'y emmenait apr&#232;s avoir fait ses emplettes et nous nous r&#233;galions d'une d&#233;licieuse p&#226;tisserie tout en regardant quelques couples &#233;voluer sur la piste de danse. Ces grandes surfaces attiraient la client&#232;le par les d&#233;corations de leurs vitrines plus all&#233;chantes les unes que les autres. A cette &#233;poque, la t&#233;l&#233;vision n'existait pas et ces vitrines devenaient un but de promenades pour de nombreuses familles. Il y avait foule devant les devantures et il fallait attendre plusieurs minutes afin d'atteindre la premi&#232;re rang&#233;e pour enfin parvenir &#224; admirer les superbes &#233;talages. Les passants s'&#233;merveillaient devant ces d&#233;cors f&#233;eriques anim&#233;s par des automates et on entendait surgir des &#034;oh, comme c'est beau !&#034; des &#034;regarde-l&#224; !&#034; des &#034;tu as vu &#231;a ?&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Galeries Anspach &#233;taient le grand magasin attitr&#233; de ma famille. Nous y allions toutes les semaines. Mais nous l'avons toujours appel&#233; le Grand Bazar. C'est en 1898 que le magasin s'&#233;tait ouvert en portant ce nom. Bonne-maman n&#233;e en 1892, l'ayant connu sous cette appellation a transmis ce vocable &#224; ses enfants et petits-enfants. Pourtant, en l'an 1935, Le Grand Bazar avait chang&#233; de nom pour devenir Les Galeries Anspach. Mais en 1983, le magasin fit faillite &#224; cause de la concurrence des supermarch&#233;s de proximit&#233; et hypermarch&#233;s en p&#233;riph&#233;rie. La ville de Bruxelles racheta alors le b&#226;timent car il &#233;tait class&#233; afin d'en faire un centre commercial sous le nom de Anspach Center qui offre aujourd'hui de nombreuses boutiques ind&#233;pendantes au rez-de-chauss&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1963 que je me suis pr&#233;sent&#233;e au service d'embauche pour &#233;tudiants des Galeries Anspach. Lors de l'entretien, la responsable me donna quelques conseils pour bien accueillir les clients et pour &#234;tre une excellente vendeuse. Ensuite, elle me demanda dans quels rayons j'aimerais bien travailler. Je lui r&#233;pondis que ma pr&#233;f&#233;rence allait aux rayons des livres, de la papeterie ou des disques. J'ai sign&#233; un contrat pour six jours de huit heures de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le magasin ouvrait ses portes au public &#224; 9h. Pour commencer la journ&#233;e, je devais d'abord me pr&#233;senter au bureau de recrutement pour signer une liste de pr&#233;sence et remettre ma carte d'identit&#233;. Ensuite, je pouvais rejoindre le rayon qui m'avait &#233;t&#233; attribu&#233;. Mon horaire &#233;tait de 9h &#224; 12h30 et de 14h &#224; 18h30. Nous &#233;tions tous des &#233;tudiants engag&#233;s pour la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dant la f&#234;te de No&#235;l afin d'aider les vendeuses durant cette p&#233;riode d'achat de cadeaux. Le soir, nous devions remonter au bureau pour reprendre notre carte d'identit&#233; &#224; laquelle &#233;tait attach&#233;e &#224; l'aide d'un attache-tout des billets pour une somme de 120 francs, ce qui aujourd'hui ferait 3 euros. Apr&#232;s avoir sign&#233; un re&#231;u nous pouvions rentrer chez nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle ne fut pas ma d&#233;ception d'apprendre le premier jour, que je travaillerais au rayon lingerie ! Je fus tr&#232;s bien accueillie par la chef de rayon qui m'expliqua tr&#232;s gentiment tout ce que je devais savoir pour &#234;tre au top. Je fus tr&#232;s &#233;tonn&#233;e de voir une majorit&#233; d'hommes venir acheter des dessous en dentelles pour leur &#233;pouse ou leur maitresse comme cadeau de No&#235;l, nous faisant m&#234;me parfois des confidences ! Certains connaissaient parfaitement les mensurations de la personne aim&#233;e et trouvaient tr&#232;s vite ce qui leur plaisait. D'autres connaissaient les tailles mais demandaient des conseils : &#034;est-ce que vous croyez que cela lui plaira ? Qu'est-ce que vous choisiriez ?&#034; D'autres enfin, n'avaient aucune id&#233;e de la taille qu'ils cherchaient et alors commen&#231;ait le jeu des comparaisons : &#034;ma femme a la m&#234;me poitrine que cette vendeuse-l&#224;, quelle taille fait-elle ?&#034; Enfin il y avait quelques vicieux qui avaient des gestes et des paroles obsc&#232;nes et qui venaient l&#224; sans rien acheter, uniquement dans le but de mettre mal &#224; l'aise les vendeuses. Ma chef de rayon me disait que parmi eux, il y avait des habitu&#233;s. Pour moi qui &#233;tais assez candide, tr&#232;s prot&#233;g&#233;e du monde ext&#233;rieur par ma famille, je fus souvent choqu&#233;e, mais ce fut une &#233;cole de vie. J'&#233;tais confront&#233;e &#224; une certaine r&#233;alit&#233; que je ne connaissais pas et qui m'a endurcie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait la premi&#232;re fois que je gagnais de l'argent. Je me r&#233;jouissais de ne pas devoir demander &#224; mes parents de l'argent pour aller leur acheter des cadeaux pour mettre sous l'arbre de No&#235;l. Je jubilais &#224; l'id&#233;e de pouvoir g&#226;ter ma famille. Pendant ma pause de midi, je d&#233;ambulais dans le magasin &#224; la recherche de cadeaux pour chacun d'eux. C'est ainsi que, d&#232;s le deuxi&#232;me jour avec mes premiers 120 francs gagn&#233; la veille, j'allais faire mes premi&#232;res emplettes et j'ai continu&#233; ainsi avec l'argent re&#231;u chaque fois le jour pr&#233;c&#233;dent. C'&#233;tait tellement nouveau pour moi, d'acheter des cadeaux avec mes propres deniers que je me rappelle tr&#232;s bien la joie qui m'habitait et tout ce que j'ai choisi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour papa, un microsillon appel&#233; aussi 45 tours. Combien de fois en entendant &#034;Le Rocher aux Mouettes&#034; qui passait r&#233;guli&#232;rement comme interlude entre deux &#233;missions &#224; la t&#233;l&#233;vision, il nous disait : &#034;Chut, &#233;coutez comme c'est beau, on entend m&#234;me les mouettes ! &#034;Ce fut donc mon choix et cela a &#233;t&#233; une heureuse surprise pour lui et, pour moi, un affectueux baiser de sa part. J'ai regard&#233; les diff&#233;rents disques que nous poss&#233;dons encore &#224; la maison aujourd'hui et j'ai vu qu'un microsillon co&#251;tait &#224; l'&#233;poque 99 francs (2,5 &#8364;). Pour maman une planche &#224; repasser pliante, elle en r&#234;vait mais trouvait que cela co&#251;tait beaucoup trop cher. Je me r&#233;jouissais d&#233;j&#224; du confort qu'elle aurait enfin ! Car je savais tr&#232;s bien qu'elle ne se permettrait jamais d'acheter, rien que pour elle, ce qu'elle consid&#233;rait comme un luxe. Sa surprise et sa joie me firent chaud au c&#339;ur. Je ne sais plus quel en &#233;tait le prix mais c'&#233;tait tr&#232;s on&#233;reux et cela a pris presque la totalit&#233; de mon salaire. Pour mes fr&#232;res, un livre de poche de 20 francs (0,5&#8364;), pour Bonne-maman un livre broch&#233; de Delly dont je ne connais plus le co&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque que j'avais achet&#233; tous ses cadeaux...Eh bien ! il ne restait plus rien de mon salaire. J'avais bien calcul&#233; le montant total de mes achats avant d'acheter quoi que ce soit. Je n'avais plus d'argent mais j'&#233;tais la plus heureuse des filles en voyant la surprise et le plaisir que cela fit &#224; ma famille qui ne s'y attendait pas du tout. Ce f&#251;t un de mes plus beaux No&#235;ls.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Un mois sans voiture (Isabelle P.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1476</link>
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		<dc:subject>Developpement durable</dc:subject>
		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1994 : nous sommes une jeune famille bruxelloise comme beaucoup d'autres. Papa instituteur, maman biblioth&#233;caire, deux enfants, Antoine, 4 ans, Coline, 2 ans, et un troisi&#232;me, Baptiste ou Louise, on ne sait pas encore, on l'attend dans quelques mois. Nous avons d&#233;cid&#233; de vivre en ville. L'id&#233;e d'habiter loin et de faire de longs trajets, en voiture ou en transports en commun pour rejoindre le boulot et l'&#233;cole nous semblait insupportable. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme tous nos amis et connaissances, nous poss&#233;dons une (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot185" rel="tag"&gt;Bruxelles (quartiers)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1994 : nous sommes une jeune famille bruxelloise comme beaucoup d'autres. Papa instituteur, maman biblioth&#233;caire, deux enfants, Antoine, 4 ans, Coline, 2 ans, et un troisi&#232;me, Baptiste ou Louise, on ne sait pas encore, on l'attend dans quelques mois. Nous avons d&#233;cid&#233; de vivre en ville. L'id&#233;e d'habiter loin et de faire de longs trajets, en voiture ou en transports en commun pour rejoindre le boulot et l'&#233;cole nous semblait insupportable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous nos amis et connaissances, nous poss&#233;dons une voiture, mais, contrairement &#224; beaucoup d'autres, nous l'utilisons peu. A cela, plusieurs raisons, certaines militantes, d'autres plus pragmatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau militant d'abord : nous voulons pour nos enfants un environnement urbain, mais o&#249; ils puissent vivre dans le calme et sans pollution. Dans les ann&#233;es 90, le tout &#224; la voiture est encore tristement la r&#232;gle, et nous voulons participer au changement. Mon mari est membre actif du Gracq, utilise le v&#233;lo en presque toutes circonstances, ce qui &#224; cette &#233;poque est h&#233;ro&#239;que ou kamikaze, tant rien ou presque n'est fait en termes d'am&#233;nagements cyclables. Moi, je n'ai pas le temp&#233;rament assez combatif pour affronter au quotidien les automobilistes exasp&#233;r&#233;s de se voir frein&#233;s dans leur &#233;lan. J'ai un souvenir durable de cette bord&#233;e d'injures dont nous a abreuv&#233; un conducteur lorsque nous roulions &#224; deux de front comme la loi nous y autorisait, avenue g&#233;n&#233;ral Jacques, &#224; l'heure de pointe. Pour moi, la militance a ses limites, la mienne sera d'aller &#224; pied et en tram ! Le quartier o&#249; nous vivons, proche de la biblioth&#232;que o&#249; je travaille, a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; choisi dans cette optique de mobilit&#233; douce. Je suis au travail &#224; pied en 15 minutes. L'&#233;cole des enfants a &#233;t&#233; choisie, pour sa p&#233;dagogie bien s&#251;r, mais aussi pour sa proximit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres raisons plus terre &#224; terre nous poussent &#224; utiliser le moins possible notre voiture : m&#234;me si c'est une sympathique deux chevaux rouge qui fait presque partie de la famille, elle co&#251;te cher dans notre budget plus que serr&#233;. Mais pourrions-nous nous en passer, alors que nos familles habitent en province, que beaucoup de nos amis quittent la ville et vont s'&#233;tablir &#224; Houtsiplou les berdouilles ? Comment partir en vacances ? Et en cas d'urgence, comment faire sans voiture ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, c'est un projet de la ligue des familles qui sera pour nous le d&#233;clic : Un mois sans voiture ! Sous ce slogan, et dans le cadre d'un colloque qu'elle organise, la ligue propose &#224; des automobilistes bruxellois de se passer de leur voiture pendant un mois et de t&#233;moigner des avantages et inconv&#233;nients de la chose. Notre inscription est retenue, parmi d'autres, repr&#233;sentant la diversit&#233; des familles bruxelloises : une famille avec ados, une femme seule, un couple de retrait&#233;s, une autre famille avec enfants&#8230;Devant les cam&#233;ras du JT, Antoine est tr&#232;s fier de remettre les cl&#233;s de notre auto aux organisateurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience n'a pas &#233;t&#233; pour nous tr&#232;s compliqu&#233;e, puisque beaucoup de choses avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mises en place, et nous a permis de r&#233;fl&#233;chir &#224; ce qui justement nous paraissait encore difficile : nous avons d&#233;couvert les livraisons des supermarch&#233;s, nous avons appris &#224; ne plus faire de d&#233;placements impulsifs, mais &#224; les planifier, et nous avons calcul&#233; que prendre un taxi de temps en temps n'&#233;tait pas si couteux au vu des &#233;conomies r&#233;alis&#233;es en vendant la voiture&#8230; ce que nous avons fait, d'ailleurs, &#224; la fin de l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous n'avions pas pr&#233;vu, par contre, c'est le relais m&#233;diatique autour de l'op&#233;ration. Les JT de la RTBF et de la VRT nous ont interview&#233;s, et l'&#233;mission Autant Savoir a consacr&#233; un num&#233;ro &#224; ce sujet. Ce fut d'ailleurs un samedi mouvement&#233; ! Les journalistes, cameramen et preneurs de son ont d&#233;barqu&#233; chez nous &#224; la table du petit d&#233;jeuner, ensuite comme, budget oblige, ils n'avaient que 3 heures &#224; nous consacrer pour r&#233;aliser des images qui illustrent leur interview, ils nous ont emmen&#233;s&#8230; en voiture ! &#8230; au march&#233;, puis &#224; la gare pour qu'on y fasse semblant de prendre le train, puis, retour &#224; la maison, j'ai pr&#233;par&#233; les enfants pour aller &#224; l'&#233;cole en tram, petit cartable sur le dos, ce qui a fait dire &#224; Antoine : &#8220;mais Maman y a pas &#233;cole aujourd'hui !&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;actions ont &#233;t&#233; dans l'ensemble tr&#232;s positives, m&#234;me si dans le quartier, on nous a vite surnomm&#233;s avec un rien de raillerie les petits &#233;colos de la rue&#8230; Ce qui m'a davantage surprise, c'est le nombre de personnes admiratives qui sont venus me dire &#8220;c'est bien ce que vous fa&#238;tes, mais moi je ne pourrais pas, parce que&#8230; &#8220;avan&#231;ant chacun des arguments tr&#232;s valables, mais comme s'ils avaient besoin de s'excuser aupr&#232;s de moi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci &#233;tant, je me plais &#224; penser que cette exp&#233;rience finalement assez festive et dr&#244;le a permis &#224; certains de r&#233;fl&#233;chir &#224; leur propre mobilit&#233; &#8230;C'&#233;tait 6 ans avant la premi&#232;re journ&#233;e sans voiture, le 22 septembre 2000 (m&#234;me s'il y avait d&#233;j&#224; eu quelques dimanches sans voiture lors de la crise p&#233;troli&#232;re dans les ann&#233;es 70, je me souviens encore qu'&#224; cette &#233;poque j'avais fait du patin &#224; roulettes sur la chauss&#233;e !). On ne parlait pas encore d'urgence climatique, ou si peu, et 70 % de l'espace public &#233;tait alors occup&#233; par la voiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trente ans plus tard, les choses bougent, bien s&#251;r, les circonstances l'exigent, des politiques se mettent en place, parfois dans le chaos, mais on avance&#8230; Il faut du temps pour que les gens acceptent ce changement, et trop souvent les politiques reculent, riv&#233;s &#224; leurs scores &#233;lectoraux parce que trop souvent c'est la seule chose qui compte&#8230; Je me souviens du toll&#233; lorsque fut d&#233;cid&#233; le site propre pour le tram dans le goulet Louise. Aujourd'hui, qui s'en souvient ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il para&#238;t que d'ici 2030, en Belgique, les d&#233;placements cyclistes et &#224; pied auront augment&#233; de 70% ! Je suis contente d'apporter ma petite pierre &#224; l'&#233;difice d'une mobilit&#233; apais&#233;e pour tous. J'esp&#232;re juste que les cyclistes &#233;chapperont au syndrome &#8220;je suis le roi de la route&#8221; et respecteront les pi&#233;tons&#8230; et si n&#233;cessaire, je militerai &#224; l'association &#8220;Tous &#224; pied&#8221; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>A la rencontre de mes voisins (Christian C.)</title>
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		<dc:date>2022-07-01T13:50:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un samedi comme un autre... &lt;br class='autobr' /&gt;
Vers onze heures je vais &#224; la Place Dumont &#224; Stockel. Avenue Orban un couple nonag&#233;naire maintient l'&#233;quilibre pr&#233;caire de l'&#226;ge en faisant de la marche nordique, leurs sticks leur donnent l'assurance voulue pour progresser sans crainte. Je ne peux que les f&#233;liciter, le soup&#231;on d'accent du mari laisse percevoir une ascendance germanique. En sortant de chez V&#233;ritas, bien que d&#233;j&#224; le 1er f&#233;vrier, une fillette porte encore la couronne des rois. Elle est fi&#232;re d'&#234;tre remarqu&#233;e. Je (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un samedi comme un autre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers onze heures je vais &#224; la Place Dumont &#224; Stockel. Avenue Orban un couple nonag&#233;naire maintient l'&#233;quilibre pr&#233;caire de l'&#226;ge en faisant de la marche nordique, leurs sticks leur donnent l'assurance voulue pour progresser sans crainte. Je ne peux que les f&#233;liciter, le soup&#231;on d'accent du mari laisse percevoir une ascendance germanique. En sortant de chez V&#233;ritas, bien que d&#233;j&#224; le 1er f&#233;vrier, une fillette porte encore la couronne des rois. Elle est fi&#232;re d'&#234;tre remarqu&#233;e. Je traverse la place &#8230; je reconnais un couple connu il y a une trentaine d'ann&#233;es &#224; un souper festif. Lui se caract&#233;rise par ses lunettes pos&#233;es &#224; l'extr&#233;mit&#233; d'un nez aquilin particuli&#232;rement affil&#233;. Elle est la discr&#233;tion m&#234;me. Nous c&#233;l&#233;brons le bonheur de la grand-parentalit&#233;. Puis c'est un ex-coll&#232;gue qui permet de nous souvenir des disparus. Sa retraite se veut active par une formation de guide nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au croisement de l'avenue d'Huart, le regard d'un homme plus &#226;g&#233; que moi me fait croire que nous nous connaissons &#8230; mais bien que son sourire soit affable il me dit ne m&#234;me pas se souvenir de son propre nom. Une barbichette identique est notre trait commun &#8230; en plaisantant je lui dis que c'est un r&#233;fugi&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lien qui a taill&#233; la mienne en Equateur il y a un mois et demi. Il trouve cela tr&#232;s dr&#244;le &#8230; sa fille, la cinquantaine bien engag&#233;e abr&#232;ge : &#171; Allons papa, viens &#187;. Son Alzheimer est absolu. La sympathie &#233;tant r&#233;ciproque nous nous promettons de nous saluer lors d'une prochaine rencontre. Ensuite c'est une voisine, cette fois c'est elle qui me reconnait et nous &#233;changeons sur les al&#233;as de la vie en appartement. Je fais changer la pile de ma montre chez l'horloger ambulant. Puis j'ach&#232;te pour mon beau-fils bient&#244;t trentenaire, le Trends-Tendance qui offre un reportage sur trente trentenaires ayant r&#233;ussi &#8230; il y a Stromae et aussi Georges-Louis Bouchez &#8230; les rat&#233;s ne seraient pas exclus ? Cette diversion me permet de recroiser le couple nordique et mon amn&#233;sique qui ne m'a pas encore oubli&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la biblioth&#232;que de Joli-Bois, un jeune cherche la porte d'acc&#232;s. Timidement il me demande si je n'&#233;tais pas biblioth&#233;caire &#224; l'&#233;cole fondamentale &#224; Don Bosco. Il se pr&#233;sente Yacine, 19 ans. Il vient s'inscrire &#224; la biblioth&#232;que et me remercie pour lui avoir donn&#233; le go&#251;t de la lecture. Tiens, voil&#224; le p&#232;re d'un condisciple de ma fille a&#238;n&#233;e. Son fils ing&#233;nieur civil d&#233;laisse une multinationale pour fonder une coop&#233;rative d'achats BAB'L. J'&#233;tais en d&#233;but d'humanit&#233;s avec son fr&#232;re a&#238;n&#233; devenu par la suite photographe d'art. On remonte &#224; 1952&#8230;ledit fr&#232;re ne se porte pas bien et termine sa vie &#224; la C&#244;te d'Azur, &#233;puis&#233; par les soins donn&#233;s &#224; sa femme depuis sept ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me reste &#224; d&#233;poser un livre &#224; ma lectrice de 103 ans et &#224; reprendre les livres lus. Son op&#233;ration de la cataracte a r&#233;ussi pour l'un de ses yeux. Son &#233;quatorienne dame de compagnie me fait signe qu'elle dort beaucoup &#8230; j'avais not&#233; un tr&#232;s net ralentissement dans la fr&#233;quence de ses lectures au cours des derniers mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul n'est proph&#232;te en son pays, je rentre &#224; la maison et le fil G&#252;terman achet&#233; chez Veritas, pourtant tr&#232;s approchant de l'&#233;chantillon de tissu, est rejet&#233; avec force par ma femme pr&#233;tendant la nuance ros&#233;e plut&#244;t qu'orang&#233;e. Ah qu'il est difficile de contenter ses proches. Le m&#234;me soir la robe &#233;tait termin&#233;e. Tout en pr&#233;tendant &#234;tre all&#233; &#233;changer le fil, je m'aper&#231;ois que son habilit&#233; est telle qu'en aucune partie de la robe on peut noter la pr&#233;sence du fil &#8230; un fil blanc aurait aussi convenu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la biblioth&#232;que je ram&#232;ne &#171; Qu'Allah b&#233;nisse la France &#187; de Abd Al Malik &#187; Ce livre m'a tenu en &#233;veil jusqu'&#224; 4 h du matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes le premier f&#233;vrier 2020. Ce floril&#232;ge de rencontres deviendra &#171; covidement &#187; interdit un mois plus tard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mon enfance &#224; Bruxelles (Mariette)</title>
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		<dc:date>2021-06-15T05:30:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mich&#232;le A&amp;T</dc:creator>


		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce r&#233;cit est extrait du projet &#034;Je raconte ma vie&#034; dans un groupe multiculturel &#224; la Fonderie en 2018 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Je suis n&#233;e en 1929. Mes parents &#233;taient commer&#231;ants et j'habitais rue du Comte de Flandre &#224; Molenbeek. L&#224; o&#249; vous sortez du m&#233;tro maintenant, vous marchez sur le terrain o&#249; j'habitais. Pour jouer, les enfants pouvaient aller au march&#233; l'apr&#232;s-midi et le soir. D&#232;s mon plus jeune &#226;ge, j'ai &#233;t&#233; impliqu&#233;e dans la boutique de mes parents. Nous vendions des v&#234;tements de travail, des pantalons &#224; rubans comme on (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce r&#233;cit est extrait du projet &#034;Je raconte ma vie&#034; dans un groupe multiculturel &#224; la Fonderie en 2018&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Je suis n&#233;e en 1929. Mes parents &#233;taient commer&#231;ants et j'habitais rue du Comte de Flandre &#224; Molenbeek. L&#224; o&#249; vous sortez du m&#233;tro maintenant, vous marchez sur le terrain o&#249; j'habitais. Pour jouer, les enfants pouvaient aller au march&#233; l'apr&#232;s-midi et le soir. D&#232;s mon plus jeune &#226;ge, j'ai &#233;t&#233; impliqu&#233;e dans la boutique de mes parents. Nous vendions des v&#234;tements de travail, des pantalons &#224; rubans comme on voit dans les livres d'histoire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans ce temps-l&#224;, &#224; Molenbeek, avant-guerre, il y avait chaque ann&#233;e (maintenant je crois que c'est le weekend de l'ascension) la kermesse de Molenbeek et il y avait procession. Et quand la procession sortait, la rue &#233;tait remplie de monde. Le march&#233; de Molenbeek &#233;tait rempli. Et au moment o&#249; le cur&#233; passait &#8211; il y avait toutes les petites filles communiantes &#224; la procession &#8211; quand papa voyait arriver le cur&#233;, il disait &#171; viens, on rentre &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le soir, papa aimait jouer au jacquet : avec les cornets, on jetait les d&#233;s. On jouait aussi aux cartes et au jeu de dame.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parfois, on &#233;coutait la radio. De la musique, un feuilleton&#8230; Puis on bavardait. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Notre musique, c'&#233;tait Rina Ketty, Tino Rossi ou bien les op&#233;rettes, les valses de Vienne&#8230; On a eu un tourne-disque. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Parmi mes camarades, il y avait une fille qui habitait Anderlecht et on se retrouvait au parc Marie-Jos&#233;e ou bien chez elle, &#224; Scheut, pr&#232;s du boulevard Prince de Li&#232;ge. Quand j'avais 12 ou 13 ans, j'ai re&#231;u une paire de patins &#224; roulettes, avec des lani&#232;res au-dessus. Et je me souviens avoir d&#233;val&#233; depuis Prince de Li&#232;ge jusqu'au cimeti&#232;re de Molenbeek en patins &#224; roulettes, et retour, avec mes copines. Il n'y avait quasiment aucune maison et pas de trafic. On patinait l&#224; o&#249; maintenant il y a des centaines et des milliers de voitures. C'&#233;tait notre plaisir de vacances. Pendant les vacances, il n'&#233;tait pas question de voyage. C'&#233;tait la guerre ! On allait au solarium, au Daring, l&#224; o&#249; il y a maintenant des terrains de foot. Il y avait une piscine en plein air. Je me souviens d'un maillot que j'avais &#224; l'&#233;poque : tricot&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ecole&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'&#233;tais inscrite &#224; l'&#233;cole primaire en 1935. Maman voulait m'inscrire en fran&#231;ais mais j'ai d&#251; entrer &#224; l'&#233;cole en flamand. C'&#233;tait ici, chauss&#233;e de Merchtem. Comme j'avais fait trois mois &#224; l'&#233;cole &#224; Anvers, j'ai d&#251; faire l'&#233;cole en flamand. La loi disait que quand on avait d&#233;but&#233; dans une langue, on devait faire tout le circuit dans cette langue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre a commenc&#233; le 10 mai 1940 et nous avons &#233;t&#233; occup&#233;s &#224; Bruxelles jusqu'au 4 septembre 1944. J'avais onze ans au d&#233;but de la guerre et je me souviens tr&#232;s bien des sir&#232;nes et de tout ce chambardement. On avait un smokeleir (vendeur au march&#233; noir) qui venait &#224; la maison voir ce dont nous avions besoin. Il avait une combine avec des timbres. Nous, on n'a pas vraiment eu faim. Mais papa allait &#224; la campagne avec des essuie-mains ou une paire de draps de lit. Il allait vendre &#224; des paysans. Pendant toute la guerre, on a eu le bonheur d'avoir &#8211; derri&#232;re la cuisini&#232;re &#8211; un jambon suspendu. Quand on n'avait pas de viande de l'une ou l'autre mara&#238;ch&#232;re, on d&#233;coupait un bout de jambon. Il &#233;tait emball&#233; dans un torchon avec des petits carreaux. Maman faisait du pain perdu. Et on avait toutes sortes de petites recettes de guerre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le soir, pendant la guerre, entre mes onze et mes quinze ans, on &#233;coutait radio Londres, et comme papa &#233;tait sourd, il &#233;coutait avec un cornet &#171; ici Londres, les Fran&#231;ais parlent aux Fran&#231;ais &#187; et on &#233;coutait &#231;a religieusement. Et les messages personnels cod&#233;s : &#171; le chat a des nouvelles chaussettes &#187;. Ca avait du sens pour les r&#233;sistants. C'&#233;tait interdit d'&#233;couter Radio Londres. Parfois, papa voulait mettre fort. Mais alors on veillait &#224; fermer toutes les portes &#224; cl&#233;. Et quand c'&#233;tait fini, quand on &#233;teignait le poste, on veillait &#224; changer de fr&#233;quence. Le poste &#233;tait dans une pi&#232;ce derri&#232;re le magasin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;cit d'un pr&#234;tre-ouvrier (Jean-Pierre)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1279</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1279</guid>
		<dc:date>2020-12-11T13:02:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie (A&amp;T)</dc:creator>


		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>
		<dc:subject>Chr&#233;tien.ne (&#234;tre)</dc:subject>
		<dc:subject>Rencontres interculturelles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034;, &#224; la Maison des Femmes de Molenbeek, 2016-2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233; en 1934, j'ai pass&#233; mon enfance &#224; Uccle. Mon p&#232;re &#233;tait un tyran, mes parents &#233;taient d&#233;sunis et donc l'ambiance &#224; la maison &#233;tait tr&#232;s mauvaise. Mais heureusement, j'avais une &#233;chappatoire : la paroisse, o&#249; j'avais des amis de mon &#226;ge. J'y trouvais la paix et j'y ai rencontr&#233; un pr&#234;tre protecteur qui est devenu pour moi un p&#232;re de substitution. A 18 ans je suis entr&#233; au s&#233;minaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Devenir pr&#234;tre-jardinier &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour devenir (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique170'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt;, &#224; la Maison des Femmes de Molenbeek, 2016-2017&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;N&#233; en 1934, j'ai pass&#233; mon enfance &#224; Uccle. Mon p&#232;re &#233;tait un tyran, mes parents &#233;taient d&#233;sunis et donc l'ambiance &#224; la maison &#233;tait tr&#232;s mauvaise. Mais heureusement, j'avais une &#233;chappatoire : la paroisse, o&#249; j'avais des amis de mon &#226;ge. J'y trouvais la paix et j'y ai rencontr&#233; un pr&#234;tre protecteur qui est devenu pour moi un p&#232;re de substitution. A 18 ans je suis entr&#233; au s&#233;minaire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Devenir pr&#234;tre-jardinier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour devenir pr&#234;tre, il fallait accepter le c&#233;libat et renoncer &#224; une profession. On &#233;tait enti&#232;rement au service de l'Eglise. Avant le s&#233;minaire, j'avais &#233;tudi&#233; l'horticulture, j'aimais &#231;a. La pr&#234;trise &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme une vocation, pas un m&#233;tier. Pourtant moi, je le consid&#232;re aujourd'hui comme un m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 8 ans de travail pastoral, j'ai demand&#233; &#224; aller travailler en tant que pr&#234;tre-ouvrier. Ma motivation &#233;tait de mieux conna&#238;tre le monde populaire. Et j'ai &#233;t&#233; engag&#233; comme man&#339;uvre-jardinier. Quand on dit jardinier, les gens croient que cela consiste &#224; cueillir des fleurs. Mais l'am&#233;nagement des jardins est un travail tr&#232;s dur, parfois dans la boue, avec des brouettes lourdes et peu maniables. A l'&#233;poque, on n'avait pas de mat&#233;riel moderne pour faciliter la t&#226;che. Je me souviens avoir pleur&#233; un jour de d&#233;couragement : il avait plu et il y avait plein de boue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis n&#233;anmoins rest&#233; pr&#234;tre-ouvrier pendant 6 ans. J'avais de bonnes relations avec les ouvriers qui ont ignor&#233; pendant tout un temps que j'&#233;tais pr&#234;tre. Je me souviens qu'un ouvrier apprenant que j'&#233;tais pr&#234;tre m'a dit : &#171; tu as raison de venir travailler, tes affaires vont tout de m&#234;me &#224; la ruine ! &#187; Quand un client a demand&#233; &#224; me rencontrer, un ouvrier a dit : &#171; c'est normal ces gens-l&#224; aiment parler avec les pr&#234;tres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela m'a apport&#233; beaucoup dans la connaissance de la condition ouvri&#232;re. Les contacts &#233;taient bons. J'ai d&#233;couvert que les ouvriers parlaient en patois flamand ; c'&#233;tait un refuge, afin de ne pas &#234;tre compris par les patrons ou les clients francophones. Cette exp&#233;rience m'a beaucoup servi car j'ai &#233;t&#233; par la suite dans diff&#233;rentes paroisses tr&#232;s populaires et assez difficiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etre homme et pr&#234;tre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents ne m'ont jamais parl&#233; des choses de l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je suis entr&#233; au s&#233;minaire, nous avons eu des cours de biologie, nous avons &#233;tudi&#233; le corps humain. Le professeur nous a dit : la semaine prochaine j'aborderai le cours d'&#233;ducation g&#233;nitale, ce sera en latin et vous ne poserez pas de questions ! Ce cours a &#233;t&#233; tr&#232;s clair et pr&#233;cis sur les organes de l'homme et de la femme. C'est tout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ma vie de pr&#234;tre, j'ai vu beaucoup de femmes car &#224; l'&#233;glise ce sont elles les plus pr&#233;sentes ; pour elles j'&#233;tais &#171; le m&#226;le inoffensif &#187;. Elles me faisaient confiance. J'ai fait des camps avec des guides, des cheftaines qui avaient &#224; peu pr&#232;s mon &#226;ge, il n'y a jamais eu de probl&#232;me. Au d&#233;part, on &#233;tait prot&#233;g&#233; par la soutane. Ensuite, c'&#233;tait comme une sorte de soutane invisible. Si j'avais des attirances, elles &#233;taient vite refoul&#233;es &#8230; ou sublim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'Uccle &#224; Molenbeek, je choisis les milieux populaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; responsable de plusieurs paroisses, d'abord &#224; Uccle mais &#224; ma demande j'ai souhait&#233; exercer dans des paroisses plus populaires : Schaerbeek, St Josse, Molenbeek : quel d&#233;paysement par rapport &#224; Uccle ! Je me sens chez moi l&#224; o&#249; je vis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis tr&#232;s fier du &#171; Clou &#187;, une maison de jeunes de quartier que j'ai cr&#233;&#233;e &#224; St Josse pr&#232;s du Botanique. Cela a commenc&#233; il y a quarante ans : 4 -5 gar&#231;ons et filles sont venus me voir pour faire un club ; ils m'ont dit : &#171; on est trop jeunes pour aller danser dans un dancing &#187;. On a commenc&#233; dans le local d'un ancien couvent ; initialement cela s'appelait &#171; Le Couvent &#187;. On y a install&#233; un &#171; juke-box &#187; ce qui permettait de faire des apr&#232;s-midis dansantes de 16 &#224; 22h. Je pouvais ainsi les surveiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lieu c'est transform&#233; petit &#224; petit en maison de jeunes belgo-italiens, belgo-grecs et actuellement belgo-marocains. C'est devenu une maison de jeunes reconnue ; son public est aujourd'hui quasi exclusivement masculin. Cela m'a donn&#233; une entr&#233;e extraordinaire dans le monde des jeunes immigr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 40 ans je vis au milieu de personnes d'origine &#233;trang&#232;re dans des communes multiculturelles. Mon r&#234;ve fou : une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire ! Ma devise : &#171; heureux ceux qui r&#234;vent et qui sont capables d'en payer le prix &#187; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De Schaerbeek &#224; Koekelberg, les quartiers changent (Lutgarde)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1258</link>
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		<dc:date>2020-11-24T10:57:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mich&#232;le A&amp;T</dc:creator>


		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>
		<dc:subject>Rencontres interculturelles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034;, La Fonderie, 2013-14 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis belge et j'ai toujours habit&#233; &#224; Bruxelles. En 1962, j'ai quitt&#233; la maison familiale de Schaerbeek pour venir vivre seule &#224; Koekelberg, la commune dans laquelle je travaillais. A l'&#233;poque, cela ne se faisait pas de quitter ses parents pour vivre seule. Cela m'a lib&#233;r&#233;e d'un cocon ! Depuis, j'ai toujours v&#233;cu &#224; Koekelberg. Je me suis mari&#233;e en 1966. Nous sommes d'abord rest&#233;s dans mon petit appartement, ensuite avec l'arriv&#233;e du troisi&#232;me (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique170'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt;, La Fonderie, 2013-14&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis belge et j'ai toujours habit&#233; &#224; Bruxelles. En 1962, j'ai quitt&#233; la maison familiale de Schaerbeek pour venir vivre seule &#224; Koekelberg, la commune dans laquelle je travaillais. A l'&#233;poque, cela ne se faisait pas de quitter ses parents pour vivre seule. Cela m'a lib&#233;r&#233;e d'un cocon ! Depuis, j'ai toujours v&#233;cu &#224; Koekelberg. Je me suis mari&#233;e en 1966. Nous sommes d'abord rest&#233;s dans mon petit appartement, ensuite avec l'arriv&#233;e du troisi&#232;me enfant, nous avons d&#233;m&#233;nag&#233; dans une maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque, dans le quartier, il y avait surtout des familles avec des jeunes enfants, tous des Belges. Aujourd'hui, il reste 3 &#8211; 4 Belges, ce sont des &#171; r&#233;sistants &#187;. Moi, je n'ai jamais eu beaucoup de relations avec mes voisins car je travaillais &#224; l'ext&#233;rieur. Je n'ai jamais eu non plus de probl&#232;mes de voisinage. Les gens d&#233;m&#233;nagent beaucoup. Une fois, des Marocains m'ont invit&#233;e chez eux pour la fin du Ramadan mais je n'ai pas pu y aller &#224; cause d'un emp&#234;chement de derni&#232;re minute &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'aurais pas aim&#233; vivre ailleurs. Je suis fort attach&#233;e &#224; Bruxelles et &#224; ma famille. Un jour, mon mari a eu une offre en tant que photographe pour aller travailler et vivre &#224; Dallas. Mais &#233;tant donn&#233; que je suis fille unique, je me consid&#233;rais comme responsable de mes parents et puisque le plus loin o&#249; je n'ai jamais &#233;t&#233;, c'est au pied des Dolomites, je n'ai pas voulu partir &#224; Dallas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'&#233;tais petite, j'allais en vacances dans la famille de ma m&#232;re en Campine. Tout le monde se connaissait et me saluait par mon pr&#233;nom. Maintenant, beaucoup a chang&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque o&#249; ma m&#232;re est arriv&#233;e &#224; Bruxelles, il y avait un guichet &#224; Schaerbeek pour les Flamands ; maintenant il y en a un pour les Marocains !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mon Molenbeek des ann&#233;es 40 (Frida)</title>
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		<dc:date>2017-06-12T13:11:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>
		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mai 1940. Dans mon quartier, proche de la Gare de l'Ouest, un nouveau p&#226;t&#233; de maisons sort de terre. Il se compose de riantes habitations unifamiliales, accol&#233;es les unes aux autres pour former un ensemble. A l'arri&#232;re, chaque maison dispose d'un petit jardin tandis qu'&#224; l'avant, la vue plonge dans les champs de fleurs et les potagers. Les propri&#233;taires de ces habitations &#224; bon march&#233; sont de condition modeste : ils sont tailleur, douanier, conducteur de tramway, fonctionnaire. Les femmes ne travaillent (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mai 1940. Dans mon quartier, proche de la Gare de l'Ouest, un nouveau p&#226;t&#233; de maisons sort de terre. Il se compose de riantes habitations unifamiliales, accol&#233;es les unes aux autres pour former un ensemble. A l'arri&#232;re, chaque maison dispose d'un petit jardin tandis qu'&#224; l'avant, la vue plonge dans les champs de fleurs et les potagers. Les propri&#233;taires de ces habitations &#224; bon march&#233; sont de condition modeste : ils sont tailleur, douanier, conducteur de tramway, fonctionnaire. Les femmes ne travaillent pas. Toutes ont des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre voisins, les familles se d&#233;signent par le pr&#233;nom de leur enfant : il y a Mme Michel, Mme Poepoes (c'est le nom que me donnait ma m&#232;re), Monsieur Louis. Parfois, c'est la profession ou un trait de caract&#232;re ou bien encore le physique de la personne qui inspire le sobriquet donn&#233;. Dans ce cas, on parle de &#171; Mme Chapeau &#187;, qui ne sort jamais sans son couvre-chef ; de &#171; troleybuske &#187; qui court toujours pour arriver en retard au d&#233;p&#244;t des trams ; de &#171; botche &#187; (la bosse en patois) au regard rus&#233; et froid ; du &#171; Chinois &#187; aux yeux brid&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bonne entente et une grande solidarit&#233; r&#232;gnent au sein de ce petit monde color&#233;. La guerre vient d'&#233;clater et l'on s'entr'aide. On d&#233;panne une m&#233;nag&#232;re avec un &#339;uf ou avec des timbres d'alimentation ; Mr Michel r&#233;pare ma vieille bicyclette, mon p&#232;re vole au secours d'Odette qui se d&#233;bat avec ses devoirs scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comment pourrais-je oublier Mme Georgette, ex-danseuse des Folies Berg&#232;re ? Lorsque j'&#233;tais malade et que maman devait se rendre &#224; la Gestapo pour obtenir un droit de visite &#224; Papa, c'est Mme Georgette qui avait ma garde &#224; la maison. En attendant le retour de maman, notre danseuse lan&#231;ait ses jambes en l'air en chantant le french cancan pour me distraire et pour tuer le temps qui se faisait long lorsque maman tardait &#224; revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la vie quotidienne, chaque famille a ses habitudes. Ainsi, tous les soirs, &#224; l'heure du repas, Mme Michel sort de chez elle avec sa casserole de pommes de terre et en d&#233;verse l'eau bouillante dans la rigole pour &#233;viter la pousse des mauvaises herbes. Mme Zwinnen, la comm&#232;re, sous pr&#233;texte de battre ses carpettes ou de secouer sa chamoisette, met le nez dehors pour surveiller les voisins. Tous les soirs, un couple de retrait&#233;s passe devant la maison ; ils vont prendre le tram qui les conduit &#224; Dilbeek pour y boire leur kriek &#224; la Ferme de Ste Al&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vendredi, jour de nettoyage, toutes les m&#233;nag&#232;res r&#233;current leur trottoir &#224; l'eau claire. C'est aussi le jour o&#249; le marchand de poisson passe dans la rue et o&#249; le brasseur nous livre la bi&#232;re avec sa charrette tir&#233;e par un solide cheval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour couronner cette journ&#233;e, apr&#232;s le go&#251;ter, mes parents m'emm&#232;nent au cin&#233;ma de quartier de la Chauss&#233;e de Gand. Le &#171; Cristal &#187; et le &#171; Forum &#187; ont notre pr&#233;f&#233;rence car les films projet&#233;s sont de grands classiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au retour du cin&#233;ma, nous faisons halte chez &#171; Verleyzen &#187;, le caf&#233; chic avec terrasse pour nous d&#233;salt&#233;rer avec une bi&#232;re et un &#171; galopin &#187;, m&#233;lange d'eau et de grenadine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En hiver, maman va &#224; la friture, proche du caf&#233; et ram&#232;ne un cornet de frites pour chacun de nous. En voyant la bu&#233;e s'&#233;chapper par la fen&#234;tre entr'ouverte de la friture, je salive &#224; l'id&#233;e de manger ces frites sal&#233;es et grasses tout en marchant jusqu'&#224; la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soirs d'&#233;t&#233;, &#224; la nuit tombante, lorsque la fra&#238;cheur monte de la terre et que les enfants du quartier ont abandonn&#233; leurs jeux, je me fonds parmi les petits vieux de ma rue. Apr&#232;s le repas, ils sortent les chaises et s'installent sur le pas de la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assise sur le rebord du trottoir, j'&#233;coute jacasser les comm&#232;res qui se racontent les derni&#232;res nouvelles du quartier en tricotant des chaussettes et lorsque &#171; Nante &#187; (Ferdinand), tire de sa pipe de lentes bouff&#233;es, je suis des yeux les volutes bleues qui s'en d&#233;gagent et qui montent dans l'air calme. Un ange passe ..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'&#224; l'appel de maman, que je quitte la compagnie pour rentrer chez moi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une &#233;trange visite rue du Silence (Colette)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1031</link>
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		<dc:date>2014-06-18T10:30:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Deuils, mort</dc:subject>
		<dc:subject>Vieillissement</dc:subject>
		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'&#233;tais &#224; Bruxelles depuis deux ans, peut-&#234;tre un peu plus, m'y sentais toujours tr&#232;s bien et pensais prendre ma retraite et finir mes jours dans cette ville. Nous &#233;tions donc plus ou moins en 95, ma fille vivait en Belgique avec son compagnon, mon fils vivait en France &#224; Thionville. Je connaissais l'attitude de mes enfants par rapport &#224; la famille en g&#233;n&#233;ral, la n&#244;tre en particulier et me disais que, le jour venu, je me ferais incin&#233;rer &#224; Bruxelles. Je louais &#224; l'&#233;poque un appartement pr&#232;s du square (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot185" rel="tag"&gt;Bruxelles (quartiers)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'&#233;tais &#224; Bruxelles depuis deux ans, peut-&#234;tre un peu plus, m'y sentais toujours tr&#232;s bien et pensais prendre ma retraite et finir mes jours dans cette ville. Nous &#233;tions donc plus ou moins en 95, ma fille vivait en Belgique avec son compagnon, mon fils vivait en France &#224; Thionville. Je connaissais l'attitude de mes enfants par rapport &#224; la famille en g&#233;n&#233;ral, la n&#244;tre en particulier et me disais que, le jour venu, je me ferais incin&#233;rer &#224; Bruxelles. Je louais &#224; l'&#233;poque un appartement pr&#232;s du square Vergote. L'adresse d&#233;pendait de Schaerbeek et je me rendis donc &#224; la maison communale de cette commune pour leur signifier mes intentions. Je remplis le formulaire ad hoc, de couleur rose, et peu apr&#232;s en parlai &#224; mes enfants.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps passa. En 2000 je m'installai chez moi &#224; Uccle et je ne sais plus pour quelle personne, j'eus l'occasion d'assister &#224; un service fun&#232;bre au fun&#233;rarium d'Uccle. Je trouvai la pelouse de dispersion pleine de s&#233;r&#233;nit&#233;, bien situ&#233;e, l'endroit me plut et je me promis d'y revenir pour conna&#238;tre les formalit&#233;s &#224; accomplir pour ce qu'il est convenu d'appeler &#034;les derni&#232;res volont&#233;s&#034;. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je travaillais et choisis un jour de cong&#233; pour explorer les ressources du fun&#233;rarium rue du Silence. L'adresse me faisait sourire. Il est souvent question du surr&#233;alisme belge mais l&#224; c'&#233;tait de l'humour de carabin et mes h&#233;ritiers m&#233;ritaient bien une bouff&#233;e d'oxyg&#232;ne le jour venu. La rue du repos n'est pas mal nomm&#233;e non plus, pr&#232;s du cimeti&#232;re de &#8230;&#8230; mais la rue du Silence, c'est une trouvaille qui vaut son pesant de poussi&#232;re.&lt;br&gt;
Je me garai pr&#232;s de l'entr&#233;e du fun&#233;rarium, celui-ci jouxte le cimeti&#232;re de st Gilles. Nous sommes &#224; Uccle mais au fil du temps j'ai appris que les cimeti&#232;res n'&#233;taient pas toujours dans les communes dont ils occupaient un morceau de terrain. Questions de cadastre. J'aime bien st Gilles &#233;galement, sa maison communale est splendide. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entr&#233;e du fun&#233;rarium &#233;tait ferm&#233;e par de hautes grilles, ouvertes en journ&#233;e. Des panneaux indiquaient les horaires d'ouverture mais il &#233;tait environ 17h30 et je les vis sans les lire. Les bureaux situ&#233;s hors de l'enceinte proprement dite &#233;taient ferm&#233;s, je me dirigeai donc vers les b&#226;timents &#224; l'int&#233;rieur des grilles afin de trouver un responsable.&lt;br&gt;
Je fis le tour du b&#226;timent, personne, et, revenant vers l'entr&#233;e, je vis de loin quelqu'un qui rapprochait les grilles, semblait les fermer et partait. Je le voyais, donc &#8230;. il me voyait aussi ! Erreur !!! ou bien &#233;tait-ce un petit marrant qui voulait m'impressionner, je pressai le pas, arrivai aux grilles et constatai de visu qu'elles &#233;taient bien ferm&#233;es. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouh ouh, il y a quelqu'un ? j'ai peu de voix, elle ne porte pas, aucune r&#233;ponse. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de panique, le haut mur du cimeti&#232;re &#224; droite&#8230; pas de porte ni de br&#232;che de ce c&#244;t&#233;-l&#224;, mais &#224; gauche tout un champ, fra&#238;chement labour&#233;, ceintur&#233; des jardinets des maisons de la rue du Silence.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais venue, comme aurait dit ma fille &#034;avec mes v&#234;tements de secr&#233;taire&#034;, c&#224;d des chaussures de ville, petits talons mais pas vraiment ce que l'on met pour marcher dans un champ&#8230; fra&#238;chement labour&#233;. J'entrepris de longer les jardins, marchant en danseuse entre deux mottes, dans l'espoir de trouver quelqu'un. Premier tour&#8230;. pas un chat ni le ma&#238;tre d'un chat ! je retournai &#224; la grille&#8230; ; toujours personne. Je regardai le mur du cimeti&#232;re, toujours trop haut !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous rappellerai qu'en 2000, except&#233; les fans d'informatique, bureautique, et t&#233;l&#233;phonie aig&#252;e, le portable n'&#233;tait pas l'accessoire que chaque femme avait avec son rouge &#224; l&#232;vres. D&#233;j&#224; que je n'avais pas de rouge &#224; l&#232;vres&#8230;. le temps &#233;tait encore clair mais sans m'inqui&#233;ter de passer la nuit pr&#232;s du cimeti&#232;re, j'aspirais quand m&#234;me &#224; quitter l'endroit et rentrer chez moi.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, je d&#233;cidai de refaire un tour de piste cherchant des yeux quelqu'un ou un passage vers la rue entre deux maisons. Tout &#224; coup, miracle, un couple sortit de l'arri&#232;re d'une des maisons et se dirigea dans son jardin ; aussit&#244;t je me pr&#233;cipitai pour leur dder s'ils ne pouvaient pas m'aider &#224; sortir du champ.
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; &#034;oh vous n'&#234;tes pas la premi&#232;re &#224; qui cela arrive me dit l'homme&#034; - Cela consola ma b&#234;tise pour ne pas avoir regard&#233; les heures d'ouverture et de fermeture de l'endroit. Il me montra la cl&#244;ture grillag&#233;e pr&#232;s de chez lui &#034;regardez, ici vous pouvez passer, je vais vous aider . En effet, le brave homme vint tenir le grillage pendant que je me faufilais dessous en essayant de ne pas accrocher mes v&#234;tements.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouf ! j'&#233;tais mieux de l'autre c&#244;t&#233; parce que&#8230; quand m&#234;me&#8230;. ils sont tranquilles, silencieux mais j'ai le temps pour y rester.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que se termina ma premi&#232;re visite au fun&#233;rarium dans le but d'en faire mon dernier logis.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui en 2013, j'ai choisi, avec document &#224; l'appui, de faire disperser mes cendres sur la pelouse du cimeti&#232;re de st Gilles. &lt;br&gt;
Il n'y a que deux ans que j'ai fait la d&#233;marche de r&#233;gler les frais que cela occasionnerait. Depuis je suis all&#233;e voir les pelouses du cimeti&#232;re d'Uccle. Je me disais qu'&#224; st Gilles je ne connaissais personne, peu de monde &#224; Uccle mais quelques habitants aupr&#232;s de qui je ne d&#233;ciderais pas de passer l'&#233;ternit&#233; si j'avais le choix. La poussi&#232;re, c'est volatile, apr&#232;s tout, l&#224; ou ailleurs c'est un peu idiot cette id&#233;e que la vall&#233;e est plus belle sur un versant ou sur l'autre, je voyagerai, c'est &#233;vident, alors&#8230; je ne vais rien changer et ferai ainsi de nouvelles connaissances. L'au-del&#224; dure longtemps&#8230;&#8230;..&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ode aux potagers (Frida V.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1024</link>
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		<dc:date>2014-03-13T14:29:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>
		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tu sais, Sacha, je suis n&#233;e entre potagers et jardins... &lt;br class='autobr' /&gt;
Bonne-maman, ne me dis pas que tu as vu le jour dans un chou ou dans une rose ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Non, bien s&#251;r ! Mais, dans ma prime enfance, mon quartier, situ&#233; entre la Chauss&#233;e de Ninove, le Boulevard Mettewie, la Chauss&#233;e de Gand et la gare de l'Ouest &#233;tait un vaste jardin. Les immenses clapiers &#224; lapins n'avaient pas encore grignot&#233; la campagne. Molenbeek, &#224; cette &#233;poque, avait l'allure d'une banlieue potag&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans le quartier, tout le monde b&#234;chait, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot133" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot175" rel="tag"&gt;Vie quotidienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot185" rel="tag"&gt;Bruxelles (quartiers)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Tu sais, Sacha, je suis n&#233;e entre potagers et jardins...&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Bonne-maman, ne me dis pas que tu as vu le jour dans un chou ou dans une rose !&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Non, bien s&#251;r ! Mais, dans ma prime enfance, mon quartier, situ&#233; entre la Chauss&#233;e de Ninove, le Boulevard Mettewie, la Chauss&#233;e de Gand et la gare de l'Ouest &#233;tait un vaste jardin. Les immenses clapiers &#224; lapins n'avaient pas encore grignot&#233; la campagne. Molenbeek, &#224; cette &#233;poque, avait l'allure d'une banlieue potag&#232;re.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le quartier, tout le monde b&#234;chait, semait, plantait, binait, srclait, arrosait, repiquait.&lt;br&gt;
L'agent de quartier bichonnait ses tomates et ses poireaux. Son fils, jeune normalien, surveillait les hampes des haricots et &#233;coutait pousser le persil, le cerfeuil et la ciboulette. Mon grand-p&#232;re plantait des pommes de terre en pr&#233;vision de l'hiver ; le retrait&#233; des chemins de fer arrosait ses carr&#233;s de salade et de choux.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le petit potager de mon p&#232;re enrichi d'une cabane &#224; outils avait offert l'hospitalit&#233; aux radis, aux carottes et aux fraises et le long du fil de fer qui d&#233;limitait cet enclos, fleurissaient des pois de senteur. Mon p&#232;re humait le parfum d&#233;licat des fleurs, l'ar&#244;me distingu&#233; des fraises et caressait de la main la dentelle vert p&#226;le des carottes.&lt;br&gt;
Lorsqu'il ramenait le fruit de ses r&#233;coltes &#224; la maison, il &#233;tait convaincu que les fruits et les l&#233;gumes achet&#233;s au march&#233; ne pouvaient se comparer &#224; ceux qu'il avait surveill&#233;s comme ses enfants. Car le l&#233;gume exige des soins, de la tendresse.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A condition qu'on veuille surmonter ses faiblesses, il sait se battre contre le vent, la pluie, la chaleur, les b&#234;tes rampantes et ail&#233;es. Il se d&#233;gageait de tous ces potagers ouverts aux regards, une po&#233;sie agreste de senteurs, de saveurs et de couleurs.&lt;br&gt;
Enfant, je regardais, fascin&#233;e, les yeux mi-clos, ce tissu fait de mille pi&#232;ces de verdure tel un patchwork &#233;tal&#233; &#224; mes pieds.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au potager que se reconna&#238;t l'homme civilis&#233; qui r&#233;pugne &#224; se nourrir de produits sans go&#251;t, ni gr&#226;ce issus de l'industrie alimentaire des cow-boys. La Bible ne dit-elle pas : &#034;L'Eternel plante un jardin en Eden ?&#034;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;voquant pour toi ces souvenirs, Sacha, je me sens pousser des feuilles.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ma prime enfance, j'habitais au 1e &#233;tage d'une maison abritant la bonneterie de nos propri&#233;taires. Je me souviens de la cuisine s'ouvrant sur la terrasse. De l&#224;, perch&#233;e sur une escabelle, j'observais les potagers ouverts aux regards. Les choux et les poireaux venaient jusqu'au pied de la maison.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A une enjamb&#233;e des potagers, au-del&#224; de la voie carrossable, s'&#233;tendait le petit parc des Muses. Du haut de mon perchoir, j'observais les arbres de ce jardin public lorsque les l&#233;gumes ne me faisaient plus saliver.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des saisons, la palette des couleurs passant vert tendre des marronniers (toujours les premiers &#224; ouvrir le bal du printemps) au vert plus sombre des ch&#226;taigniers, puis &#224; l'or ou au cuivre des h&#234;tres.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hiver venu, je quittais la terrasse pour la salle &#224; manger. Autre lieu d'observation.&lt;br&gt;
Le vendredi soir, alors que maman faisait le m&#233;nage, le nez coll&#233; &#224; la fen&#234;tre, j'assistais au d&#233;fil&#233; nocturne des charrettes des mara&#238;chers. Ils avaient livr&#233; leurs l&#233;gumes aux march&#233;s de la ville et s'en retournaient sur leurs terres de banlieue : Berchem &#8211; Saint - Agathe, Jette, Ganshoren&#8230;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs carrioles &#233;taient tir&#233;es par des chevaux de trait se d&#233;pla&#231;ant &#224; pas lents, t&#234;tes baiss&#233;es, guid&#233;s dans la nuit par la faible lumi&#232;re tremblotante des lanternes accroch&#233;es &#224; l'avant des charrettes. Le bruit des sabots cognant les pav&#233;s de la rue r&#233;sonnait dans ma poitrine et le chapelet de loupiotes d&#233;roulant leurs yeux jaunes dans la nuit, me fascinait.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grandissant, je quittai l'appartement pour m'installer dans notre maison Je connus d'autres potagers, d'autres jardins, d'autres plaisirs. J'ai aim&#233; d&#233;ambuler dans les march&#233;s &#233;clatants qui chantaient le soleil et o&#249; dominait le parfum des melons et des fraises, des c&#233;leris, des poireaux et de l'oignon.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mon assiette, j'ai retrouv&#233; les haricots &#224; la vinaigrette de l'&#233;cole primaire qui m'&#233;taient servis l'apr&#232;s-midi en guise de suppl&#233;ment alimentaire pendant la guerre. Plus tard, j'ai red&#233;couvert ces m&#234;mes haricots &#224; la cantine de l'&#233;cole normale toujours aussi durs en d&#233;pit d'une longue cuisson.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A pr&#233;sent, j'ai plaisir &#224; manger de solides plats de lentilles, de d&#233;licates asperges, d'&#233;paisses soupes paysannes, des pots &#8211; au &#8211; feu sans oublier les gratins de pommes de terre et la perdrix au chou.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; vous, amis les l&#233;gumes, &#224; vous les &#233;pinards, les carottes, les artichauts, les tomates, les laitues, &#224; vous qui me donnez vos tiges, vos racines, vos feuilles, vos bourgeons, vos tubercules, &#224; vous qui me donnez force et sant&#233; que je tire mon chapeau et vous fais la r&#233;v&#233;rence !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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