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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>&#202;tre femme, &#234;tre homme (Laetitia S.)</title>
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		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>LGBTQIA+</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
On na&#238;t tous avec un potentiel f&#233;minin et masculin. On choisit de laisser s'exprimer l'un ou l'autre intens&#233;ment ou non et de fa&#231;on constante ou sporadique. Des traits, des gestuelles, une culture, des exemples identitaires, des histoires personnelles viennent fa&#231;onner notre rapport au genre. &lt;br class='autobr' /&gt;
En ce qui me concerne, elle est plus fluide que la norme : c'est une histoire en construction. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne parviens pas &#224; m'identifier au genre f&#233;minin. J'ai toujours (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot148" rel="tag"&gt;Femme, f&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot181" rel="tag"&gt;LGBTQIA+&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On na&#238;t tous avec un potentiel f&#233;minin et masculin. On choisit de laisser s'exprimer l'un ou l'autre intens&#233;ment ou non et de fa&#231;on constante ou sporadique. Des traits, des gestuelles, une culture, des exemples identitaires, des histoires personnelles viennent fa&#231;onner notre rapport au genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui me concerne, elle est plus fluide que la norme : c'est une histoire en construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne parviens pas &#224; m'identifier au genre f&#233;minin. J'ai toujours cherch&#233; &#224; prendre distance avec les codes, les int&#233;r&#234;ts, les discussions propres aux filles et aux femmes. Je ne les comprenais pas et elles ne m'int&#233;ressaient pas. J'ai souvent eu des copains gar&#231;ons. Mais l&#224; aussi, les obligations de jeux, de s&#233;duction, de surveiller son comportement, ses paroles, ne pas faire assez de ci ou trop de cela, &#231;a m'a souvent fatigu&#233;e. En bref, devoir baliser les relations sur le genre m'apparait futile et inutile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, je n'ai jamais cherch&#233; &#224; devenir le d&#233;chet que je me sens actuellement. Je suis aujourd'hui dans une anti-f&#233;minit&#233; non choisie. Un cerveau encombr&#233; d'un corps, dont je me suis dissoci&#233;e. Fruit d'un m&#233;ticuleux travail de sape d'estime de moi apr&#232;s des ann&#233;es de vie isol&#233;e avec un narcissique. Il m'a fallu presque une ann&#233;e avant d'oser remettre du vernis sur les pieds. Et encore, ils &#233;taient cach&#233;s dans mes souliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon c'est vrai, je d&#233;teste les odeurs de parfum synth&#233;tiques et envahissantes. Les cr&#232;mes &#233;touffent ma peau, les poudres m'incommodent. D&#232;s que je souligne un trait par-ci ou une couleur par-l&#224;, je me sens fard&#233;e, tel un clown qui doit aller parader. Cela n'aide pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que je suis devenue maman, j'ai opt&#233; pour les tenues confortables, faciles &#224; enfiler, qui permettent de s'agenouiller et se d&#233;gueulasser. Non seulement je ne mettais plus aucune jolie tenue que mon ancien compagnon s'&#233;tait m&#233;thodiquement &#233;vertu&#233; &#224; d&#233;nigrer et &#224; critiquer, mais je voulais aussi m'all&#233;ger pour fuir mon bourreau. Alors, dans un &#233;lan vital de me s&#233;parer de tout ce qui m'accrochait &#224; mon ancienne vie, j'ai tout rel&#233;gu&#233; &#224; la donnerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s t&#244;t &#8211; vers la fin de mes primaires &#8211; alors que j'observais mon a&#238;n&#233;e se maquiller les yeux, je sus que l'exemple de f&#233;minit&#233; qu'elle m'offrait me d&#233;plaisait voire m'&#233;c&#339;urait. Je me souviens du mascara qui plaquait ses cils et je voyais en la femme qu'elle cherchait &#224; &#234;tre une Cruella d'enfer, fort peu sympathique et risible. Int&#233;rieurement quelque chose se d&#233;cida que ce n'&#233;tait pas pour moi. Et je me souviens prononcer avec conviction et v&#233;h&#233;mence &#171; Moi, jamais je ne me maquillerai &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, j'ai bien &#233;videmment essay&#233; le maquillage. Et opt&#233; pour quelques styles vestimentaires en fonction des &#233;poques de ma vie. Grunge, Classique, Artiste, Hippie, Boh&#232;me, Punk, Absolute Mom puis Minimalist Mom. J'avoue que j'ai toujours eu une pr&#233;f&#233;rence pour le style distingu&#233; des femmes des ann&#233;es 20-30-40. Je parcourais d'abord les quizz des magazines pour ado &#171; Quel est votre style ? &#187;, mais aussi les manuels d'histoire de la mode, fascin&#233;e par les tenues d'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi tous mes r&#234;ves professionnels, j'aurais bien voulu &#234;tre costumi&#232;re de th&#233;&#226;tre et op&#233;ra ou coiffeuse pour films d'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, parlons-en de la coiffure. Toute mon enfance et une grande partie de ma vie, j'ai port&#233; les cheveux courts. Ma m&#232;re m'expliquait que c'&#233;tait une question de commodit&#233;. Elle se maquillait peu, juste ce qu'il fallait, pour prendre soin d'elle, se pomponner pour des occasions particuli&#232;res. Elle &#233;tait d'une f&#233;minit&#233; discr&#232;te. Je me souviens avoir senti ses poudres libres, ouvert des tubes &#224; l&#232;vres et comptabilis&#233; les pinceaux. Je l'ai toujours connue avec les cheveux courts, et elle s'&#233;tait mise en t&#234;te de faire pareil avec moi. C'&#233;tait une torture, parce que je d&#233;testais aller chez le coiffeur. Et c'est toujours le cas aujourd'hui. Cette n&#233;cessit&#233; d'hygi&#232;ne est pour moi un vrai supplice. Les odeurs, j'en ai d&#233;j&#224; parl&#233;. Le massage de t&#234;te quasi obligatoire o&#249; on tente de me faire me d&#233;tendre, mais qui me rend encore plus crisp&#233;e, la lumi&#232;re aveuglante au plafond, les conversations parasites et futiles des clientes, le bruit et la chaleur des s&#232;che-cheveux, le choix des couleurs criardes et sans go&#251;t du salon de coiffure. La conversation banale ou intime impos&#233;e lors d'une proximit&#233; oblig&#233;e, la sensation de ne pas me faire comprendre par le professionnel sur mes attentes que, ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, j'ai tent&#233; de rendre explicites, tr&#232;s explicites ou floues, ou m&#234;me visuelles. Et par-dessus tout, le fait de devoir assumer une coupe trop courte qui fait ressortir le masculin en moi que je sens d&#233;j&#224; de fa&#231;on tr&#232;s marqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la xi&#232;me fois de ma vie, je tente de laisser pousser mes cheveux. Pour &#233;quilibrer ma balance identitaire et chercher cette part de f&#233;minin en moi qui ne sait pas comment s'exprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que je n'ai pas appris, je n'ai pas cherch&#233; &#224; apprendre, parce que j'ai &#233;t&#233; bafou&#233;e dans ma f&#233;minit&#233;, parce que, m&#234;me avec un accouchement par c&#233;sarienne, j'ai eu l'impression d'&#233;chouer dans mon r&#244;le de femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre parce que je n'ai jamais trouv&#233; d'exemples et de pairs &#224; qui m'identifier. Sans doute, parce que je cherche encore &#224; me construire dans mon &#234;tre, dans ma chair, dans mes rapports aux femmes, &#224; l'homme, aux individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand j'entends mon enfant chanter &#171; maman, t'es la plus belle &#187;, je sens mes oreilles sourire de plaisir et mon &#226;me vibrer de bonheur. M&#234;me si un &#233;cho en moi cherche pourtant encore &#224; me d&#233;nigrer, je sais qu'&#224; ses yeux, la beaut&#233; n'a pas les crit&#232;res que je crois. Et qu'il me voit moi. La voil&#224; ma v&#233;rit&#233; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>J'aime une femme &#8230;(Joline)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mich&#232;le A&amp;T</dc:creator>


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>LGBTQIA+</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si vous voulez conna&#238;tre la 1&#232;re partie de l'histoire de Joline : &#034;Militer pour l'avortement et ... avorter&#034;, cliquez ici &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien prot&#233;g&#233;e par la pilule contraceptive, j'ai repris ma vie doucement et prudemment. Plus tard je me suis mari&#233;e, j'ai eu trois enfants. &lt;br class='autobr' /&gt;
20 ans apr&#232;s, j'ai quitt&#233; mon mari pour &#233;pouser une femme. C'est une autre histoire ; la voici ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Je pense que rares sont les femmes qui se sont appropri&#233;es le mot homosexualit&#233;. Quand j'entends ce mot, je l'associe &#224; des hommes. Mais bon, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot181" rel="tag"&gt;LGBTQIA+&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si vous voulez conna&#238;tre la 1&#232;re partie de l'histoire de Joline : &#034;Militer pour l'avortement et ... avorter&#034;, cliquez &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1299' class='spip_in'&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien prot&#233;g&#233;e par la pilule contraceptive, j'ai repris ma vie doucement et prudemment. Plus tard je me suis mari&#233;e, j'ai eu trois enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 ans apr&#232;s, j'ai quitt&#233; mon mari pour &#233;pouser une femme. C'est une autre histoire ; la voici !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que rares sont les femmes qui se sont appropri&#233;es le mot homosexualit&#233;. Quand j'entends ce mot, je l'associe &#224; des hommes. Mais bon, passons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2000, alors que je vivais ma vie de femme mari&#233;e pas vraiment heureuse, je rencontre une personne dans une camionnette de police qui devait nous transporter &#224; une conf&#233;rence &#224; Dublin. Je me suis assise dans cette camionnette ; la femme &#224; c&#244;t&#233; de moi se retourne et se pr&#233;sente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis comme foudroy&#233;e et r&#233;alise &#224; l'instant que ma vie va basculer. J'apprends qu'elle est fran&#231;aise d'origine alg&#233;rienne et vit depuis plus de quinze ans au Royaume Uni et en Irlande. Pendant les deux jours de conf&#233;rence je ne la quitte pratiquement pas des yeux. Lorsqu'elle part pour rentrer chez elle &#224; Belfast chez sa compagne, je suis paniqu&#233;e. Est-ce que je vais la revoir ? Est-ce que je veux la revoir ? Pour la premi&#232;re fois de ma vie j'ai rencontr&#233; une vraie lesbienne et je n'arr&#234;te pas d'y songer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les semaines et puis les mois passent. On s'&#233;change des petits mails plut&#244;t professionnels, puis plus rien, silence radio. Je suis triste mais je me dis : c'est peut &#234;tre mieux ainsi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Puis un mois de septembre en 2001, un coup de fil :
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Je suis en bas de ton bureau, as-tu le temps de prendre un caf&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Je claque le t&#233;l&#233;phone et cours &#224; sa rencontre. Les mois qui suivent elle vient me voir et nous dinons ensemble. La distance commence &#224; peser et je lui d&#233;clare mon amour, quelle d&#233;livrance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mon mari je demande un divorce parce que je ne veux plus vivre un amour cach&#233;, cach&#233; de mon mari, de mes enfants, de mes amis, de mes parents, de mes coll&#232;gues. Mon mari est &#233;videmment furieux d'avoir &#233;t&#233; tromp&#233; avec une lesbienne, mais je suis d&#233;cid&#233;e, je n'ai plus vingt ans, je n'ai qu'une vie et je vais vivre mon amour. Son psy me convoque pour me dire que si mon mari se suicide, ce sera de ma faute. Je suis choqu&#233;e par ses propos et regrette de ne pas l'avoir enregistr&#233;. Mon mari me promet qu'il va me trainer dans la boue et me d&#233;noncer aupr&#232;s de tout le monde, y compris mes fils, mes coll&#232;gues, la famille et mes amis. C'est ce qu'il a fait en effet, mais sans grand succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, ce n'est pas un probl&#232;me car j'ai d&#233;j&#224; parl&#233; avec chacun de mes fils s&#233;par&#233;ment, avec ma m&#232;re qui a 80 ans (qui a perdu une fille - ma soeur d&#233;c&#233;d&#233;e - mais qui me d&#233;clare en avoir retrouv&#233; une autre), j'en informe ma hi&#233;rarchie et mes coll&#232;gues et mes amis. Je l'ai m&#234;me annonc&#233; via un article dans le courrier du personnel ! Je n'ai pas eu de r&#233;actions n&#233;gatives, pas m&#234;me de la part des gens que je connais &#224; peine, comme mes voisins. Je suis contente, fi&#232;re, debout et heureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes mari&#233;es en 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Etre homosexuel (Arthur)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1298</link>
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		<dc:date>2021-04-29T07:43:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mich&#232;le A&amp;T</dc:creator>


		<dc:subject>Homme (r&#244;le)</dc:subject>
		<dc:subject>LGBTQIA+</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je suis d'origine sicilienne, n&#233; en 1958 et je suis arriv&#233; en Belgique &#224; l'&#226;ge de six ans. D'aussi loin que je me rappelle, mon comportement ne correspondait pas &#224; ce que l'on attendait d'un petit gar&#231;on. D&#232;s ma petite enfance, je pr&#233;f&#233;rais les jeux de filles : j'aimais sauter &#224; la corde, jouer &#224; la marelle. Je mettais sur mes ongles le vernis rouge de ma m&#232;re. Je me faisais de longs cheveux avec un essuie de cuisine sur la t&#234;te. Je d&#233;testais jouer au football avec les autres gar&#231;ons. Vers l'&#226;ge de 12 ans, (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis d'origine sicilienne, n&#233; en 1958 et je suis arriv&#233; en Belgique &#224; l'&#226;ge de six ans. D'aussi loin que je me rappelle, mon comportement ne correspondait pas &#224; ce que l'on attendait d'un petit gar&#231;on. D&#232;s ma petite enfance, je pr&#233;f&#233;rais les jeux de filles : j'aimais sauter &#224; la corde, jouer &#224; la marelle. Je mettais sur mes ongles le vernis rouge de ma m&#232;re. Je me faisais de longs cheveux avec un essuie de cuisine sur la t&#234;te. Je d&#233;testais jouer au football avec les autres gar&#231;ons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vers l'&#226;ge de 12 ans, lorsque je vais en vacances en Sicile chez mon cousin, ses copains m'appellent &#171; fi-fille &#187;. Ils disent que j'ai des mani&#232;res eff&#233;min&#233;es Pour que l'on ne se moque pas de moi, je dois contr&#244;ler ma fa&#231;on de marcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je commence &#224; travailler &#224; l'&#226;ge de 16 ans. A l'&#226;ge o&#249; les gar&#231;ons flirtent avec les filles, moi je suis attir&#233; par les gar&#231;ons. Dans mon lieu de travail, je n'ai aucun probl&#232;me avec mes coll&#232;gues. Mais lors de vacances en Italie chez un autre cousin, ses amis sont cruels avec moi. Je me cache pour pleurer, mon cousin essaye de me rassurer mais c'est trop dur &#224; supporter. Je d&#233;cide m&#234;me de ne plus jamais retourner en vacances chez lui pour me prot&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers l'&#226;ge de 20 ans, j'ai eu mon permis de conduire, cela me permet de sortir plus loin de la maison. Je fr&#233;quentais des lieux &#171; h&#233;t&#233;ro &#187; puis j'assistais &#224; des spectacles gays. Un soir, un coll&#232;gue de mon p&#232;re m'a vu sortir d'un de ces bars. Cela provoque des tensions avec mon p&#232;re et avec mes fr&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand je sors, je dois tout le temps faire attention pour ne pas &#234;tre reconnu. Je d&#233;couvre peu &#224; peu ma vie mais je ne m'acceptais pas encore comme homosexuel. C'est la p&#233;riode la plus difficile de ma vie. Je suis en d&#233;pression. J'ai pens&#233; me suicider. J'&#233;tais partag&#233;, une part de moi ne voulait pas, une autre part voulait mettre fin aux moqueries et rejets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, j'ai pu parler de mon malaise &#224; une femme qui avait vingt ans de plus que moi. Elle aussi avait v&#233;cu des choses difficiles : on l'avait oblig&#233;e &#224; se marier. Alors on se confiait l'un &#224; l'autre. Cela me faisait du bien d'&#234;tre &#233;cout&#233; sans &#234;tre jug&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette femme m'a conseill&#233; d'aller parler &#224; mon m&#233;decin de famille pour avoir un traitement anti d&#233;presseur. Devant lui, je ne suis pas arriv&#233; &#224; expliquer pourquoi j'avais des crises d'angoisse. Le m&#233;decin m'a fait une lettre de recommandation pour un psychiatre ; j'ai d&#233;chir&#233; la lettre et je n'y suis jamais all&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; l'&#226;ge de 27 ans, je vivais encore chez mes parents. J'ai trouv&#233; un travail &#224; Bruxelles et je suis all&#233; loger chez une tante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon p&#232;re m'a dit : &#171; Soit tu te maries et je te donne 300.000 francs belges, soit tu quittes la maison &#187;. J'avais pris confiance en moi. Ce jour-l&#224; j'ai os&#233; m'opposer &#224; mon p&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai trouv&#233; un appartement. Cela m'a permis de sortir plus librement. J'ai pu rencontrer des gens int&#233;ressants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je passais &#224; la maison dire bonjour &#224; ma m&#232;re, elle &#233;tait triste mais elle m'encourageait &#224; faire ma vie. Mais je ne parlais plus &#224; mon p&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, un jour, mon p&#232;re s'est mis &#224; genou devant moi pour me demander pardon. Malgr&#233; cela, un mur restait entre nous deux ; je ne pouvais plus l'appeler &#171; Papa &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 80, le sida apparait. Je deviens plus prudent. J'&#233;vite les endroits pour homosexuels. Pour ne pas faire des rencontres risqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais fait partie d'associations de militance. J'ai toujours v&#233;cu mes relations de fa&#231;on tr&#232;s discr&#232;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai v&#233;cu pendant vingt ans avec un compagnon beaucoup plus &#226;g&#233; que moi. Quand il est d&#233;c&#233;d&#233;, j'ai rencontr&#233; mon compagnon actuel. Depuis treize ans, je vis tr&#232;s &#233;panoui avec lui. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a trois ans environ, un de mes neveux homosexuel s'est mari&#233;. J'ai pu pr&#233;senter mon compagnon pour la premi&#232;re fois &#224; la famille enti&#232;re. J'en ai &#233;t&#233; tr&#232;s &#233;mu et tr&#232;s heureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, certaines personnes consid&#232;rent encore l'homosexualit&#233; comme un vice. Je pense que chacun doit pouvoir vivre sa vie comme il le sent et ne pas s'occuper du regard des autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si c'&#233;tait &#224; refaire, je partirais plus t&#244;t de chez mes parents.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un oncle pas comme les autres (Cathie)</title>
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		<dc:date>2021-03-18T09:31:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mich&#232;le A&amp;T</dc:creator>


		<dc:subject>LGBTQIA+</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ma m&#232;re &#233;tait l'a&#238;n&#233;e d'une famille de 6 enfants. Son plus jeune fr&#232;re, Oncle J., diff&#233;rait de 13 ans avec elle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand je suis n&#233;e, en1942, il avait, je crois, 16 ans. Un jeune oncle donc ! Il &#233;tait beau, gentil, tr&#232;s dr&#244;le et nous l'adorions ! D'ailleurs, tout le monde l'adorait ! Quand il arrivait quelque part, une r&#233;union de famille par exemple, l'atmosph&#232;re changeait imm&#233;diatement ! Et m&#234;me la vieille tante la grincheuse (nous en avions plusieurs !) devenait charmante ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand nous &#233;tions enfants et que (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ma m&#232;re &#233;tait l'a&#238;n&#233;e d'une famille de 6 enfants. Son plus jeune fr&#232;re, Oncle J., diff&#233;rait de 13 ans avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je suis n&#233;e, en1942, il avait, je crois, 16 ans. Un jeune oncle donc ! Il &#233;tait beau, gentil, tr&#232;s dr&#244;le et nous l'adorions ! D'ailleurs, tout le monde l'adorait ! Quand il arrivait quelque part, une r&#233;union de famille par exemple, l'atmosph&#232;re changeait imm&#233;diatement ! Et m&#234;me la vieille tante la grincheuse (nous en avions plusieurs !) devenait charmante !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous &#233;tions enfants et que nous faisions un s&#233;jour chez ma grand-m&#232;re, il arrivait qu'il passe quelques jours avec nous. C'&#233;tait la f&#234;te ! Il passait beaucoup de temps &#224; faire toutes sortes de choses avec nous. Il &#233;tait musicien et un de nos grands plaisirs &#233;tait de nous asseoir par terre en tailleur et de l'&#233;couter nous jouer quelques morceaux &#224; la harpe. Il nous montrait comment faire sonner les cordes, il nous faisait coller l'oreille contre le bois de la harpe pour entendre r&#233;sonner la musique dans tout notre corps, c'&#233;tait magique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'y connaissait aussi tr&#232;s bien en plantes et nous emmenait dans le jardin &#224; la d&#233;couverte de diff&#233;rentes esp&#232;ces. Et puis, il y avait les histoires ! Il nous racontait des aventures arriv&#233;es &#224; des anc&#234;tres plus ou moins imaginaires et nous devions les retenir !&lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait merveilleux, chaleureux, gentil, dr&#244;le et un peu farfelu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne vivait pas comme mes parents ni mes autres oncles et tantes ; il n'&#233;tait pas mari&#233;, changeait souvent de travail, &#171; disparaissait &#187; parfois pendant quelques mois&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes s&#339;urs et moi esp&#233;rions toujours qu'il nous am&#232;nerait un jour une petite tante aussi &#171; chouette &#187; que lui&#8230; Mais &#231;a n'en venait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais plus de 20 ans quand j'ai finalement compris qu'il &#233;tait homosexuel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela a &#233;t&#233; pour moi un choc &#233;norme ! Bien s&#251;r, je savais que cela existait, mais &#224; l'&#233;poque, c'&#233;tait consid&#233;r&#233; comme quelque chose de &#171; mal &#187;, contre nature, inacceptable&#8230;J'ai donc mis du temps &#224; assimiler la chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, j'ai peu &#224; peu r&#233;alis&#233; que cela ne changeait en rien ce que je savais de Oncle J. : c'&#233;tait quelqu'un de merveilleux, gentil, plein d'humour et de talents divers, avec un grand sens de la famille. Le fait de le savoir homosexuel ne changeait rien &#224; cela.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'aimais. Et m&#234;me, je me suis mise &#224; l'aimer encore davantage en r&#233;alisant les souffrances qu'il avait du endurer de ne pouvoir parler &#224; personne de ce qu'il vivait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet dans son d&#233;sir de ne choquer personne il avait cloisonn&#233; sa vie en 2 parties, d'un c&#244;t&#233; la famille, de l'autre les amis. Aucune communication entre ces deux univers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien plus tard, nous d&#238;nions un soir avec lui, mon mari et moi et au cours du repas, il nous dit soudain :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Est-ce que vous savez que&#8230;je suis&#8230;diff&#233;rent ? &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Je lui ai r&#233;pondu :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Oncle J., il y a bien longtemps que je sais que tu es homosexuel. Mais tu es avant tout mon oncle que j'aime &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a eu les larmes aux yeux. C'&#233;tait la premi&#232;re fois que ses 2 univers se rencontraient&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand mes enfants avaient une dizaine d'ann&#233;es, apr&#232;s une visite de Oncle J., je leur ai demand&#233; s'ils savaient pourquoi Oncle J. ne s'&#233;tait jamais mari&#233;. Mon fils m'a r&#233;pondu : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Bah, il est p&#233;d&#233; peut-&#234;tre ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela ne lui posait aucun probl&#232;me ! Les temps avaient bien chang&#233; !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien plus tard, Oncle J. est tomb&#233; gravement malade et a du &#234;tre hospitalis&#233;. Tous ses neveux lui rendirent des petites visites. Et puis nous avons appris qu'il &#233;tait condamn&#233; et n'en avait plus pour tr&#232;s longtemps. Alors ses 19 neveux se sont organis&#233;s pour assurer une pr&#233;sence continue pr&#232;s de lui, jour et nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit avant sa mort, j'&#233;tais de garde pr&#232;s de lui. Il &#233;tait dans un demi-coma et je ne sais pas s'il entendait ce qu'on lui disait.Mais je lui ai pris la main et je lui ai parl&#233;. Je lui ai dit que gr&#226;ce &#224; lui, j'avais appris &#224; regarder les gens pour ce qu'ils sont, malgr&#233; leurs &#233;ventuelles diff&#233;rences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lui ai dit merci.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mon cousin du Canada (Kitty)</title>
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		<dc:date>2020-11-17T06:38:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>LGBTQIA+</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1953 : mon oncle, Jacques, fr&#232;re de mon p&#232;re, jamais revenu d'Auschwitz, &#233;migre avec sa femme, leur fille, Mireille (6 ans) et leur fils, Richard (2 ans) au Canada. Volontaire bombardier de la Royal Dutch Navy, Jacques a vu la guerre et ses horreurs de trop pr&#232;s. Il cherche un vent de ' libert&#233;' dans ce nouveau pays dont tout le monde parle. Moi, j'ai 12 ans et j'accompagne maman sur les quais du port d'Anvers pour embrasser cette famille proche que je ne reverrai pas avant longtemps. &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'&#233;poque, (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1953 : mon oncle, Jacques, fr&#232;re de mon p&#232;re, jamais revenu d'Auschwitz, &#233;migre avec sa femme, leur fille, Mireille (6 ans) et leur fils, Richard (2 ans) au Canada. Volontaire bombardier de la Royal Dutch Navy, Jacques a vu la guerre et ses horreurs de trop pr&#232;s. Il cherche un vent de ' libert&#233;' dans ce nouveau pays dont tout le monde parle. Moi, j'ai 12 ans et j'accompagne maman sur les quais du port d'Anvers pour embrasser cette famille proche que je ne reverrai pas avant longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque, bien s&#251;r, pour avoir des nouvelles les uns des autres, il y a le t&#233;l&#233;phone (tr&#232;s cher) mais surtout le courrier. Les nouvelles canadiennes sont bonnes. Mon oncle a trouv&#233; un bon boulot, puis ouvre son premier magasin d'&#233;lectro-m&#233;nager. Ma tante est b&#233;n&#233;vole &#224; la Croix-Rouge. Les enfants sortiront avec honneur de l'universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En me rappelant les lettres lues ainsi que les d&#233;coupes annex&#233;es de certains journaux locaux, je me dis qu'il y &#233;tait question beaucoup plus souvent des r&#233;compenses et prix divers obtenus par Mireille que par Richard. Elle faisait du th&#233;&#226;tre et f&#234;tait plein d'&#233;v&#233;nements. Lui allait bien et vivait en &#8216;kot' universitaire plut&#244;t qu'&#224; la maison. Stop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mireille se maria, photos &#224; l'appui. Rien de sp&#233;cial &#224; propos de son fr&#232;re qui avait un bon boulot de comptable et qui allait acheter une maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1976 : enfin ! Nous d&#233;cidons d'aller faire un &#8216;tour' au Canada. La maison de ma famille est vaste, avec jardin et piscine. Ils re&#231;oivent beaucoup d'amis, voisins et, bien s&#251;r leurs enfants et les amis de ceux-ci. Ma cousine nous pr&#233;sente son mari et mon cousin nous pr&#233;sente un copain, Charles, professeur d'anglais. Un jour, Richard nous emm&#232;ne visiter sa maison. Nous sommes accueillis par Charles, et c'est l&#224;, dans l'unique chambre &#224; coucher avec lit double que, pour la premi&#232;re fois, l'&#233;vidence nous saute aux yeux : mon cousin vit &#8216;en couple'. Ils nous expliquent d'ailleurs avoir achet&#233; la maison ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni au cours de ce s&#233;jour, ni apr&#232;s, nous n'avons avec quiconque abord&#233; la question de l'homosexualit&#233; de mon cousin. Mon mari et moi &#233;tions toujours tr&#232;s ouverts sur le sujet et j'ai longtemps cru que c'&#233;tait le cas pour mon oncle et ma tante. Ce n'est que plus tard que j'ai appris les difficult&#233;s rencontr&#233;es par mon cousin depuis son plus jeune &#226;ge et, ensuite, &#224; partir de ses 20 ans. Cette ann&#233;e-l&#224;, il d&#233;cide de faire son &#8216;coming out'. Mon oncle n'a pas beaucoup de r&#233;actions mais se demande ce qu'il a rat&#233; dans l'&#233;ducation de son fils. Les parents et amis comprennent mais finalement, dans l'ensemble, on lui donne le conseil d'aller consulter un psychiatre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il perdit pas mal d'amis car il faut dire que, dans les ann&#233;es soixante, au Canada, comme ici en Belgique d'ailleurs, la police faisait des razzias dans les seuls endroits de rencontres possibles des communaut&#233;s qu'on appelle maintenant LGBT (lesbien-gay-bi-trans). Les arrestations se faisaient pour des raisons fallacieuses. Il faut ajouter &#224; cela qu'on ne connaissait pas encore bien la fa&#231;on dont se transmettait le SIDA mais on savait que le milieu gay &#233;tait fortement touch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact religieux jud&#233;o-chr&#233;tien pesait &#233;galement lourdement sur la communaut&#233; gay. Mon cousin et son ami pr&#233;f&#233;raient donc vivre ouvertement mais prudemment. Dans les ann&#233;es 80/90, les tensions envers la communaut&#233; sont toujours tr&#232;s ressenties par le couple. A cette &#233;poque, Richard a voulu venir &#224; la rencontre de plusieurs membres de sa famille rest&#233;e en Europe. Lors de son s&#233;jour chez nous, nous avons ressenti une sorte de mal &#234;tre et nos conversations sont rest&#233;es &#8216;prudentes' et surfaient plut&#244;t sur la mani&#232;re g&#233;n&#233;rale dont vivaient toujours les gays dans le monde occidental. Ce n'est, d'ailleurs, que r&#233;cemment qu'une autre cousine m'a racont&#233; que lors d'une rencontre avec Richard, encore &#233;tudiant, celui-ci lui avait &#8216;avou&#233;' son penchant pour les hommes. Il lui avait fait jurer de n'en parler &#224; personne. Elle a tenu parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis retourn&#233;e au Canada il y une dizaine d'ann&#233;es. L'accueil y fut des plus chaleureux. Les tensions, enfin, apais&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Richard et Charles f&#234;tent, l'ann&#233;e prochaine, les 50 ans de leur couple.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Christian (Lucienne)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1241</link>
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		<dc:date>2020-11-17T06:31:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Amiti&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>LGBTQIA+</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D&#233;but des ann&#233;es 1980, le SIDA fait des ravages dans le monde entier. Les homosexuels sont point&#233;s du doigt. Aucun traitement ne vient en aide &#224; cette &#233;pid&#233;mie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis assistante aupr&#232;s d'un m&#233;decin qui a mis au point un traitement am&#233;liorant sensiblement l'immunit&#233; de ces malades. Les informations circulent tr&#232;s vite dans cette sph&#232;re tr&#232;s ferm&#233;e et il y a urgence. Les patients affluent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je rencontre de plein fouet et dans des circonstances dramatiques, un monde que je ne connais pas. Dans mon (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;but des ann&#233;es 1980, le SIDA fait des ravages dans le monde entier. Les homosexuels sont point&#233;s du doigt. Aucun traitement ne vient en aide &#224; cette &#233;pid&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis assistante aupr&#232;s d'un m&#233;decin qui a mis au point un traitement am&#233;liorant sensiblement l'immunit&#233; de ces malades. Les informations circulent tr&#232;s vite dans cette sph&#232;re tr&#232;s ferm&#233;e et il y a urgence. Les patients affluent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rencontre de plein fouet et dans des circonstances dramatiques, un monde que je ne connais pas. Dans mon esprit, &#224; l'&#233;poque, un homosexuel est un homme eff&#233;min&#233;, tr&#232;s mal accept&#233; par la soci&#233;t&#233; bien-pensante, vivant dans la discr&#233;tion. Point. N'&#233;tant pas confront&#233;e &#224; cette diff&#233;rence dans mon entourage, je ne me posais pas de questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de l'accompagnement, de l'&#233;coute de toute cette d&#233;tresse, j'ai d&#233;couvert de tr&#232;s belles personnes, notamment, une amiti&#233; particuli&#232;re et profonde avec mon regrett&#233; Christian.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se pr&#233;sente au cabinet m&#233;dical pour un rendez-vous&#8230;et un &#171; quelque chose &#187; se passe. Il pourrait &#234;tre mon fils. C'est un joli blondinet aux yeux bleu acier malicieux. Comme la plupart des autres patients homos qui consultent, il n'est pas du tout eff&#233;min&#233; bousculant tous mes clich&#233;s et pr&#233;jug&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s rapidement nous devenons amis. Nous nous voyons hors cadre m&#233;dical. Il se sent rassur&#233; avec moi. Relation empathique, chaleureuse. J'adore son humour, son intelligence, sa curiosit&#233;, son sens artistique. Il m'a fait rentrer dans le monde de l'homosexualit&#233;, dans SON monde. Ce ne fut pas toujours facile. J'&#233;tais per&#231;ue comme une intruse, on se m&#233;fiait. Une fois la glace bris&#233;e, je m'y suis fait pas mal d'amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai entendu combien il &#233;tait douloureux de vivre sa diff&#233;rence en se faisant insulter, culpabiliser, agresser, rejeter. Le d&#233;sespoir aussi devant l'incompr&#233;hension de beaucoup de leurs parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'ayant pas d'alternatives devant cette mort programm&#233;e, Christian et moi nous inscrivons &#224; toutes sortes de s&#233;minaires, conf&#233;rences, ateliers, etc&#8230;pr&#233;tendant apporter des solutions &#224; cette maladie. Du r&#233;confort au charlatanisme, notre ascenseur &#233;motionnel est mis &#224; rude &#233;preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce cadre que je c&#244;toie beaucoup d'hommes, la plupart tr&#232;s jeunes, et une jeune fille, infect&#233;s par ce virus. Je les suivrai jusqu'aux derniers moments, le plus souvent &#224; Saint Pierre ou &#224; Saint Luc o&#249; des unit&#233;s particuli&#232;res avaient &#233;t&#233; ouvertes comme maintenant avec la Covid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian me disait : &#171; chez les homos tu trouveras beaucoup d'infirmiers, restaurateurs, artistes, coiffeurs, antiquaires, &#8230; &#187;. Toutes des professions n&#233;cessitant de la sensibilit&#233;, de l'esth&#233;tisme. Mais pas que ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Christian n'&#233;tait rien de tout cela mais c'&#233;tait un d&#233;lice de partager avec lui, un film, une exposition, un concert. Amusantes aussi, nos discussions chiffons. Il attachait beaucoup d'importance &#224; l'&#233;l&#233;gance, &#224; l'harmonie des couleurs, &#224; la d&#233;coration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu la gravit&#233; de la situation, les &#233;changes avec mes amis homos furent empreints de profondeur, d'essentiel, de chaleur humaine et aussi de franches rigolades, d'humour, d'autod&#233;rision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian est parti pendant l'&#233;t&#233; 1984. &lt;br&gt;
Il m'a ouvert les yeux et le c&#339;ur sur l'homosexualit&#233;. &lt;br&gt;
Merci Christian.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'alibi (Jeannine)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1240</link>
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		<dc:date>2020-11-17T06:26:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Amiti&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>LGBTQIA+</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Eric a vingt et un an. Ses parents sont en relations avec les miens. Notre fils cherche une partenaire pour aller au bal s de l'Ecole Royale Militaire, leur disent-ils. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je sors d'une aventure amoureuse traumatisante, mes parents esp&#232;rent me changer les id&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'accepte la proposition. Le gar&#231;on me t&#233;l&#233;phone et une premi&#232;re rencontre est fix&#233;e devant le cin&#233;ma Arenberg. Je sais qu'il est grand, blond, qu'il a vingt et un ans. Un peu g&#234;n&#233;s tous deux nous brisons la glace. Eric est sympathique, (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Eric a vingt et un an. Ses parents sont en relations avec les miens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Notre fils cherche une partenaire pour aller au bal s de l'Ecole Royale Militaire, leur disent-ils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sors d'une aventure amoureuse traumatisante, mes parents esp&#232;rent me changer les id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'accepte la proposition. Le gar&#231;on me t&#233;l&#233;phone et une premi&#232;re rencontre est fix&#233;e devant le cin&#233;ma Arenberg. Je sais qu'il est grand, blond, qu'il a vingt et un ans. Un peu g&#234;n&#233;s tous deux nous brisons la glace. Eric est sympathique, apparemment calme et bien &#233;duqu&#233;. Il m'explique qu'il fait des &#233;tudes de polytechnique en tant qu'&#233;l&#232;ve officier &#224; l'Ecole Royale Militaire. Je suis donc invit&#233;e au grand bal annuel. Il m'indique en quelques mots comment cela se passe et me certifie que je serai ravie. Je me pr&#233;pare f&#233;brilement &#224; cette soir&#233;e mythique. Quelques jours plus tard il vient me chercher en voiture chez mes parents. Je le trouve beau dans son bel uniforme d'officier. Je suis gracieuse dans une ravissante robe de bal, pr&#234;te pour une soir&#233;e exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entr&#233;e du b&#226;timent est par&#233;e d'un tapis rouge et de magnifiques bouquets de fleurs. Eric me guide vers la salle principale o&#249; se pressent des jeunes couples qui rivalisent d'&#233;l&#233;gance. Je d&#233;couvre avec ravissement une soci&#233;t&#233; diff&#233;rente de la mienne. Je suis pr&#233;sent&#233;e &#224; ses camarades de promotion, en particulier &#224; son grand ami Jean qui lui fait compliment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Tu as amen&#233; une charmante jeune fille, lui dit-il en me baisant la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la soir&#233;e, ses camarades de promotion me laissent entendre que c'est la premi&#232;re fois qu'Eric est accompagn&#233; d'une jeune fille. Nous profitons des quatre salles de bal r&#233;parties dans les &#233;tages. Je vais de d&#233;couvertes en d&#233;couvertes. Eric est bon danseur et nous appr&#233;cions tous les deux les quatre orchestres qui proposent des musiques et des rythmes diff&#233;rents. Je suis sur un nuage. J'ai le sentiment de vivre un conte de f&#233;e. L'animation g&#233;n&#233;rale, la musique, les grands escaliers, tout m'impressionne. C'est une exp&#233;rience unique pour moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous rentrons au milieu de la nuit et pr&#233;voyons de nous revoir bient&#244;t. Je suis ravie de cette nouvelle relation. J'ose r&#234;ver mais sans trop y croire. En 1955 n'existent ni r&#233;seaux sociaux ni t&#233;l&#233;phones portables. Je dois donc attendre un appel t&#233;l&#233;phonique d'Eric.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s plusieurs semaines d'un silence &#233;trange, Eric m'invite &#224; un apr&#232;s-midi dansant de l'Ecole Militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Je dois te dire que cet &#233;v&#233;nement qui a lieu plusieurs fois par an, est surnomm&#233; &#8216;le pince fesses'.me dit-il, en s'excusant pour cette libert&#233; d'expression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ris car enfin je le trouve moins guind&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son ami Jean est pr&#233;sent, toujours aussi courtois tandis qu'Eric reste pr&#233;venant et affable. Nous avons, lui et moi, de longues conversations, j'ai l'impression que nous commen&#231;ons &#224; &#234;tre en harmonie. Je l'appr&#233;cie beaucoup mais je ne suis pas amoureuse. Au fil du temps, il ne se manifeste que rarement, pas d'appels t&#233;l&#233;phoniques pendant plusieurs semaines. Je suis &#233;tonn&#233;e, un peu d&#233;&#231;ue, mais il se justifie par des missions de d&#233;placement en Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; - Je te ferai signe &#224; mon retour, me dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais d'&#233;tonnement en questionnements. Lors de ces retrouvailles il s'amuse &#224; me raconter ses escapades avec les petites anglaises, anecdotes partag&#233;es bien s&#251;r en connivence avec son ami Jean. Je trouve ces confidences inattendues et d&#233;rangeantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233;- l&#224; nous partirons &#224; Bruges, &#224; Gand. Et puis nous passons une journ&#233;e tr&#232;s romantique dans les dunes de la mer du Nord. Plus tard nous allons &#224; Deinze o&#249; il souhaite me faire rencontrer sa grand-m&#232;re. Petit &#224; petit nos relations, bien qu'irr&#233;guli&#232;res, se font plus tendres. Il m'embrasse, me sert fougueusement dans ses bras. Et pourtant un jour il s'&#233;loigne de moi et me dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Prenons nos distances, car je sens que nous pourrions &#234;tre amen&#233;s &#224; des exc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis &#233;tonn&#233;e, surprise, je ne comprends pas cette phrase, cette attitude. Je le trouve singulier. Nous commen&#231;ons pourtant &#224; mieux nous conna&#238;tre et nous parlons beaucoup. Quand la conversation nous am&#232;ne &#224; parler de la vie du couple, il me dit avec aplomb :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; En tout cas, moi, je ferai chambre &#224; part. Je ne supporterais pas de partager un r&#233;veil n&#233;glig&#233; avec ma compagne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avoue qu'il me d&#233;concerte s&#233;rieusement. J'ai connu un autre gar&#231;on avant lui, je sais ce que signifie une relation amoureuse. Son comportement me semble peu banal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour nous parlons lecture, auteurs et il me demande :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Que penses -tu d'Andr&#233; Gide ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#233;ponds par l'&#233;num&#233;ration de mes lectures, mon admiration pour l'auteur. Je sens que ma r&#233;ponse le d&#233;sar&#231;onne. En 1955, le genre et les tendances sexuelles ne sont pas &#233;voqu&#233;es ouvertement. Je suppose qu'Eric essaye d'ouvrir un d&#233;bat, de me faire r&#233;fl&#233;chir. A quoi ? De quoi veux-t-il m'avertir ? Je ne sais pas. Je suis perturb&#233;e, j'ai dix-huit ans, je me sens mal &#224; l'aise. Trop de choses nous s&#233;parent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une nouvelle absence marqu&#233;e par un silence prolong&#233;, je d&#233;cide de ne pas poursuivre ces rencontres qui ne m'apportent qu'&#233;nigmes et interrogations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s r&#233;flexions et l'analyse de certaines attitudes, je comprends enfin, la r&#233;alit&#233; &#233;vidente : Eric est homosexuel. Je n'&#233;tais qu'un alibi ! Ma pr&#233;sence le rassurait sans doute, lui offrait l'image du jeune homme bien sous tous rapports. Je le d&#233;douanais d'une situation sur laquelle il s'interrogeait lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai r&#233;trospectivement soup&#231;onn&#233; ses parents de m'avoir utilis&#233;e comme &#233;chappatoire &#224; une r&#233;alit&#233; qu'ils refusaient. Je l'ai per&#231;u comme un camouflet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais j'ai compris le d&#233;sarroi d'Eric. J'en ai gard&#233; une tendresse particuli&#232;re pour ce gar&#231;on. Homosexuel il a essay&#233; -sinc&#232;rement sans doute- de combattre ses pulsions. Un combat impossible : son ami Jean &#233;tait le plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je n'ai plus jamais eu de leurs nouvelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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