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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>Les bassines (Mireille M.)</title>
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		<dc:date>2025-08-01T07:36:06Z</dc:date>
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		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>
		<dc:subject>Grands-parents</dc:subject>
		<dc:subject>Technologie (&#233;volution)</dc:subject>

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&lt;p&gt;Texte &#233;crit dans le cadre de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens de mon grand-p&#232;re pench&#233; au-dessus d'une bassine ronde en acier &#233;maill&#233; blanc ourl&#233;e d'un liser&#233; bleu. Il a retir&#233; sa chemise et gard&#233; son singlet. Il nettoie son visage et ses bras avec vigueur. Il insiste particuli&#232;rement derri&#232;re les oreilles et sur la nuque comme si la poussi&#232;re de charbon s'&#233;tait incrust&#233;e &#224; jamais dans les plis de sa peau. Ensuite il retire le singlet et en enfile un immacul&#233;. Il d&#233;place la bassine et ma (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot175" rel="tag"&gt;Vie quotidienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot190" rel="tag"&gt;Grands-parents&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot165" rel="tag"&gt;Technologie (&#233;volution)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Texte &#233;crit dans le cadre de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je me souviens de mon grand-p&#232;re pench&#233; au-dessus d'une bassine ronde en acier &#233;maill&#233; blanc ourl&#233;e d'un liser&#233; bleu. Il a retir&#233; sa chemise et gard&#233; son singlet. Il nettoie son visage et ses bras avec vigueur. Il insiste particuli&#232;rement derri&#232;re les oreilles et sur la nuque comme si la poussi&#232;re de charbon s'&#233;tait incrust&#233;e &#224; jamais dans les plis de sa peau. Ensuite il retire le singlet et en enfile un immacul&#233;. Il d&#233;place la bassine et ma grand-m&#232;re dresse la table pour le repas du soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, ma m&#232;re a accept&#233; de me raconter des bribes de sa jeunesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Le jour du bain dans la maison familiale &#224; Hannut, on prenait la grande bassine ovale en acier galvanis&#233; rang&#233;e dans la remise. Mes parents la hissaient sur l'imposant po&#234;le &#224; charbon en fonte &#233;galement utilis&#233; pour se chauffer et cuisiner. Une fois l'eau bien chaude, ils s'emparaient de la bassine et la posaient sur le carrelage de la cuisine. En position assise, m&#234;me un adulte pouvait y &#233;tendre les jambes. Pour me rincer les cheveux, maman utilisait une cruche. Quand je suis devenue adolescente et que je proc&#233;dais &#224; ma toilette, mes parents me laissaient seule. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et moi, je me rappelle &#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Vers l'&#226;ge de quatre ans, je quitte Hannut et mes grands-parents maternels qui m'ont &#233;lev&#233;e pour vivre avec mes parents et mon petit fr&#232;re &#224; Bruxelles. Cette perspective m'excite. &lt;br class='autobr' /&gt;
A la rue de la Ferme, on se lave aussi dans des bassines. La plus grande se trouve dans la cave o&#249; il fait bien chaud, gr&#226;ce au radiateur en fonte. J'apprendrai que la bassine se remplissait avec l'eau qui s'&#233;coulait, &#224; bonne temp&#233;rature, par le tuyau de la corpulente machine &#224; laver. Astucieux, les parents !&lt;br class='autobr' /&gt;
Un jour, faute de les trouver dans l'une des trois pi&#232;ces du petit rez-de-chauss&#233;e, mon fr&#232;re et moi osons descendre l'escalier qui m&#232;ne &#224; la cave. Nous les entendons converser joyeusement de l'autre c&#244;t&#233; de la porte. Je pose un doigt sur mes l&#232;vres en regardant mon fr&#232;re qui comprend le message. Puis, je colle un &#339;il au trou de la serrure. Je vois mon p&#232;re qui lave d&#233;licatement le dos de ma m&#232;re avec une &#233;ponge. C'est un moment suspendu, tout en douceur et beaut&#233;. Mon fr&#232;re tr&#233;pigne, je finis par lui c&#233;der la place. Pour les enfants que nous sommes, cette sc&#232;ne signifie que nos parents sont amoureux. Nous sourions. Cela restera notre secret. &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'&#226;ge adulte, je d&#233;couvrirai la photographie Le violon d'Ingres de Man Ray. Elle me ram&#232;ne &#224; ce moment d'intimit&#233; entre mes parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1966, nous d&#233;m&#233;nageons rue de la Commune, toujours sur le territoire de Saint-Josse-Ten-Noode, &#224; quelques minutes &#224; pied de l'ancienne adresse. L'appartement situ&#233; au deuxi&#232;me &#233;tage comporte une cuisine, un s&#233;jour, deux chambres, une salle de bain, un wc et un d&#233;barras. Nos d&#233;placements y sont plus fluides. Une petite terrasse donne sur un arri&#232;re d'immeubles. Pas le moindre brin d'herbe dans le paysage. Le jardinet qui ouvre sur une vue d&#233;gag&#233;e et la balan&#231;oire de la rue de La Ferme me manquent. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai huit ans et c'est la premi&#232;re fois que je proc&#232;de &#224; ma toilette dans une salle de bain. Pour les parents aussi, c'est nouveau aussi. Le samedi, mon fr&#232;re et moi prenons notre bain ensemble dans la baignoire. La remplir prend un temps consid&#233;rable. Il est possible de s'y immerger compl&#232;tement. Nous faisons des concours de pets pour le plaisir des bulles qui remontent &#224; la surface et nous &#233;clatons de rire. Malgr&#233; les yeux ferm&#233;s, le shampoing pique aux yeux. J'aimerais que ma m&#232;re soit plus douce quand elle lave et d&#233;m&#234;le mes cheveux. Elle semble aveugle &#224; mes grimaces, press&#233;e d'en finir aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 5 ans, je passe mes premi&#232;res vacances chez ma grand-tante et mon grand-oncle que je connais &#224; peine. Heureusement, leur maison est assez proche de celle des grands-parents &#224; qui je rends visite tous les jours et o&#249; je retrouve mon fr&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma grand-tante est femme au foyer. J'apprendrai, &#224; l'&#226;ge adulte, qu'aussit&#244;t mari&#233;e elle a cess&#233; de travailler &#224; l'usine, que la maison appartenait &#224; ses beaux-parents et qu'ils ont perdu leur fils unique en bas &#226;ge. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai l'impression que mon grand-oncle fait la loi et je ne per&#231;ois pas de tendresse entre eux. Ils font chambre &#224; part et je partage un lit avec elle. Je n'appr&#233;cie pas cette situation &#224; laquelle je ne peux que me r&#233;signer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon grand-oncle m'apprend &#224; jouer aux cartes, &#224; manipuler un cerf-volant, &#224; rouler &#224; v&#233;lo &#8230; Nous devenons complices et il y a beaucoup d'affection entre nous. Avec ma grand-tante, la relation reste distante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette demeure, il n'y a pas de salle de bain. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le couple reste avec moi dans la cuisine pendant que je me lave et cela me met mal &#224; l'aise. Leur pr&#233;sence me devient d'autant plus insupportable quand mes seins commencent &#224; pousser. Pourquoi n'ont-ils pas la d&#233;licatesse de quitter la pi&#232;ce ? Pourquoi font-ils la sourde oreille &#224; mes demandes r&#233;p&#233;t&#233;es ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ressens comme un malaise chez ma grand-tante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je pique des col&#232;res et mon besoin d'intimit&#233; est enfin respect&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..&lt;br class='autobr' /&gt;
Les disputes entre mes parents se multiplient. L'&#233;cole est mon havre de paix et aussi les vacances &#224; Hannut. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma m&#232;re entamera une proc&#233;dure de divorce. Elle veut et obtiendra qu'il soit prononc&#233; aux torts exclusifs de son mari. Situation qui s'av&#232;re rare &#224; l'&#233;poque.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelqu'un me tire de mon sommeil. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je d&#233;couvre mon grand-oncle au pied du lit. Que fait-il l&#224; ? Qu'est-ce qu'il me fait ? Je ne me suis jamais sentie aussi mal alors que lui me dit : tu vois, ils sont contents. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne parviens pas &#224; m'enfuir, &#224; crier. Je ne sais plus si mes seins font partie de mon corps compl&#232;tement raide. Peut-&#234;tre suis-je morte ? J'apprendrai que j'ai v&#233;cu un &#233;tat de sid&#233;ration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Indiff&#233;rent &#224; la d&#233;tresse et &#224; la terreur dans mes yeux, lui ne s'int&#233;resse qu'&#224; ma poitrine.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l'&#233;t&#233; de mes 13 ans, peut-&#234;tre 14.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s, je vais vivre une exp&#233;rience effrayante : mon esprit et mon enveloppe corporelle se d&#233;solidarisent. J'apprendrai que j'ai v&#233;cu une dissociation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la remise o&#249; tr&#244;ne l'imposante machine &#224; laver qui avait appartenu &#224; mes parents, de simples tentures d&#233;limitent maintenant un espace salle de bain. Je me lave le plus rapidement possible. Le bain, je continuerai &#224; le prendre chez les grands-parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un matin de ce m&#234;me &#233;t&#233;, l'ogre tente d'aller plus loin. Ma col&#232;re explose et je parviens &#224; mettre fin &#224; ses assauts, d&#233;finitivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chemin de gu&#233;rison sera long. &lt;br class='autobr' /&gt;
La blessure se rappelle encore parfois &#224; moi. J'ai appris &lt;i&gt;&#224; vivre avec&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce grand-oncle d&#233;funt, je parviens aujourd'hui &#224; dire : je n'oublie pas qu'il y a eu de bons moments entre nous et je t'en remercie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Haut et fort, j'ajoute : tous les jeux ne sont pas permis. &lt;br class='autobr' /&gt;
As-tu entam&#233; un chemin pour respecter l'autre, ses &#233;lans, son corps, sa personne ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Puisses-tu &#234;tre accompagn&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Haut et fort, je dis encore : la femme libre que je suis devenue prend soin de ne pas salir son corps et son c&#339;ur. Elle t'envoie de la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inceste et les violences sexuelles envers les petites et grandes personnes nous concernent toutes et tous. &lt;br class='autobr' /&gt;
Oeuvrons ensemble pour obtenir des moyens suffisants au niveau de la pr&#233;vention et d'un accompagnement par des &#233;quipes qualifi&#233;es et profond&#233;ment humaines. Un accompagnement aussi &#224; destination des personnes qui ont commis ces agressions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cr&#233;ons ensemble de nouvelles fa&#231;ons de faire soci&#233;t&#233;. D&#232;s le plus jeune &#226;ge, filles et gar&#231;ons apprendraient &#224; nouer des relations respectueuses, &#233;galitaires, solidaires, harmonieuses, pleines d'amiti&#233;. Une soci&#233;t&#233; o&#249; l'on prendrait soin de la relation et du Vivant &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecrire sur le traumatisme en a activ&#233; le souvenir et cela a parfois &#233;t&#233; difficile &#224; vivre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; mes sentiments contrast&#233;s, je choisis de partager ce texte. Puisse-t-il nourrir le chemin de ma ni&#232;ce, de ma petite ni&#232;ce et d'autres personnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ferme les yeux, j'inspire et j'expire profond&#233;ment. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des images de Dr&#244;me s'invitent. Je me trouve dans ma chambre pr&#233;f&#233;r&#233;e de l'ancien corps de ferme restaur&#233; par des amis. La fen&#234;tre de la petite salle de bain attenante ouvre sur le patio avec sa longue table accueillante, &#233;clabouss&#233;e de soleil. Je m'abandonne au maternage de l'eau, dans la douche &#224; l'italienne aux murs enduits au tadelakt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mireille M juin 2025 et 2026&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La vie &#224; la campagne apr&#232;s la guerre (Clodomir)</title>
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		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;cemment, lors d'une promenade je suis repass&#233; devant la maison de mes grands-parents &#224; Limont pr&#232;s d'Esneux ; les souvenirs affluent et j'ai repens&#233; &#224; la vie que menaient mes grands-parents chez qui j'allais en vacances, enfant, et j'ai eu envie de vous en parler. Nous n'avons aucune id&#233;e aujourd'hui de la vie qu'on menait &#224; cette &#233;poque (1945-1950) dans un petit village &#224; la campagne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si vous aussi vous avez de tels souvenirs&#8230;pourquoi ne pas nous en faire part ? Cela pourrait &#234;tre amusant et (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;R&#233;cemment, lors d'une promenade je suis repass&#233; devant la maison de mes grands-parents &#224; Limont pr&#232;s d'Esneux ; les souvenirs affluent et j'ai repens&#233; &#224; la vie que menaient mes grands-parents chez qui j'allais en vacances, enfant, et j'ai eu envie de vous en parler. Nous n'avons aucune id&#233;e aujourd'hui de la vie qu'on menait &#224; cette &#233;poque (1945-1950) dans un petit village &#224; la campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous aussi vous avez de tels souvenirs&#8230;pourquoi ne pas nous en faire part ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela pourrait &#234;tre amusant et int&#233;ressant de comparer nos enfances respectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie de mes grands-parents :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;chauffage au charbon&lt;/strong&gt; ; on commandait son charbon par tonnes ; le meilleur, c'&#233;tait l'anthracite ; mais c'&#233;tait aussi le plus cher, et on n'avait pas toujours les moyens de se l'offrir : il fallait parfois se contenter de &#034;boulets&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt; Le fournisseur d&#233;posait le charbon sur le trottoir, et il fallait le rentrer dans la cave par le soupirail. Chaque jour, on descendait &#224; la cave muni d'un seau &#224; charbon de forme ovale avec un bec verseur et une anse, et on remontait la quantit&#233; de charbon n&#233;cessaire pour un jour. Il n'y avait qu'une seule source de chaleur dans la maison et elle servait aussi pour la cuisine. En hiver, toutes les autres pi&#232;ces &#233;taient froides (le chauffage central n'existait que chez les riches) et on se tenait forc&#233;ment tous dans la m&#234;me pi&#232;ce. Le soir, en hiver, on mettait le &#034;feu&#034; en continu : &#231;a consistait &#224; le charger &#224; fond et &#224; fermer la clef pour qu'il fonctionne au ralenti pendant la nuit ; le matin, il n'y avait qu'&#224; rouvrir la clef et recharger.&lt;br class='autobr' /&gt; On montait se coucher dans des chambres glaciales, et, pour ne pas devoir descendre au WC pendant la nuit, on avait un pot de chambre sous son lit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &lt;strong&gt;cuisiner&lt;/strong&gt;, on mettait la casserole sur la cuisini&#232;re (Nestor Martin chez mes grands-parents ; chez mes parents Fopona, puis La Couvinoise et, plus tard, un &#034;continu&#034; Surdiac dans la salle &#224; manger) en &#244;tant le nombre de cercles de fonte n&#233;cessaire pour que le diam&#232;tre de l'orifice corresponde au fond de la casserole qui se trouvait de ce fait directement expos&#233; &#224; la flamme ; il y avait aussi deux &#034;coffres&#034; (fours) pour les tartes et pour chauffer les fers &#224; repasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y avait pas de salle de bains (seuls les riches en poss&#233;daient) et on prenait son &lt;strong&gt;bain &lt;/strong&gt; une fois par semaine dans une &#034;tine&#034; (bassine) en galvanis&#233;, avec de l'eau chauff&#233;e dans la bouilloire sur la cuisini&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On faisait la &lt;strong&gt;lessive &lt;/strong&gt; une fois tous les quinze jours dans une machine en bois, &#034;le tonneau&#034;, avec un pulsateur entra&#238;n&#233; par un moteur synchrone qu'il fallait lancer &#224; la main ; il fallait aussi chauffer de grandes quantit&#233;s d'eau sur la cuisini&#232;re car la machine ne s'en chargeait pas. &lt;br class='autobr' /&gt; Pour le blanc, on ajoutait du &#034;bleu&#034; &#224; l'eau de rin&#231;age avant de le mettre &#224; s&#233;cher dehors sur l'herbe : on appelait cela &#171; verger &#187;, et c'&#233;tait suppos&#233; rendre le blanc bien blanc. Il fallait remplir et vider la machine &#224; la main avec des seaux. La lessive prenait une journ&#233;e enti&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;caf&#233; &lt;/strong&gt; &#233;tait vendu en grains : il fallait le moudre soi-m&#234;me ; nous avions un moulin &#224; caf&#233; en bois surmont&#233; d'un d&#244;me en cuivre dans lequel on introduisait les grains &#224; moudre ; on tournait la manivelle en serrant le moulin entre les genoux pour bien le maintenir ; le caf&#233; moulu s'&#233;coulait dans un tiroir en bois ; c'&#233;tait pour le gamin que j'&#233;tais alors un grand plaisir de moudre le caf&#233;, une r&#233;compense !&lt;br class='autobr' /&gt; Ensuite on introduisait le caf&#233; moulu dans le &#171; ramponneau &#187;, une esp&#232;ce de chaussette fix&#233;e &#224; une rondelle de fer blanc, qu'on posait sur une cafeti&#232;re &#233;maill&#233;e ; on y versait ensuite de l'eau bouillante qu'on avait fait chauffer dans un bouilloire ; c'est ainsi qu'on faisait le caf&#233; ; on pouvait alors le verser par la buse incurv&#233;e de la cafeti&#232;re ; celle-ci restait sur le coin de la cuisini&#232;re pour qu'il y ait toujours du caf&#233; chaud * ; il &#233;tait de coutume entre voisins d' aller les uns chez les autres, sp&#233;cialement vers 4 heures, &#171; prendre le caf&#233; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Une expression pittoresque : quand le caf&#233; &#233;tait trop clair, on disait : &#171; On voit Napol&#233;on au fond de ton caf&#233; &#187; ; bien des ann&#233;es plus tard, j'ai eu l'explication de cette expression qui serait li&#233;e &#224; l'utilisation de la vaisselle Empire ; le monogramme de Napol&#233;on y figurait au fond des tasses, et si le caf&#233; &#233;tait bon, on ne le voyait pas ; caf&#233; trop clair, Napol&#233;on visible ! Si ce n'est pas vrai, &#231;a m&#233;riterait de l'&#234;tre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre, le petit village de mes grands-parents n'avait pas le &lt;strong&gt;t&#233;l&#233;phone &lt;/strong&gt; ; il fallait aller &#224; Tavier (3 km) pour avoir acc&#232;s &#224; un t&#233;l&#233;phone&#8230;.pratique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire, il n'y avait pas l&lt;strong&gt;'eau courante&lt;/strong&gt;&#8230;il y avait une pompe au centre du village (environ 100m de la maison) ; il fallait aller chercher l'eau avec deux seaux suspendus &#224; une palanche (en wallon, on h&#226;rk&#232;) qu'on portait sur les &#233;paules ; on versait l'eau dans un tonneau et on en avait pour un ou deux jours, puis il fallait recommencer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon p&#232;re se souvenait m&#234;me d'une &#233;poque o&#249; on n'avait pas &lt;strong&gt;l'&#233;lectricit&#233;&lt;/strong&gt;, on s'&#233;clairait avec un quinquet (qui sait encore ce que c'est ?). Les soir&#233;es n'&#233;taient pas longues en hiver&#8230; mais, en &#233;t&#233;, on se regroupait avec les voisins devant la maison sur la &#171; pav&#233;e &#187;&#8230;on passait la soir&#233;e jusqu'&#224; 21h30 environ en papotant, &#233;ventuellement on jouait aux cartes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon grand-p&#232;re fumait une superbe &lt;strong&gt;pipe &lt;/strong&gt; en &#233;cume dont le fourneau repr&#233;sentait une t&#234;te d'Arabe avec un turban&#8230; cela, je l'ai connu jusqu'en 1951, 52.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;po&#234;le &lt;/strong&gt; &#233;tait un po&#234;le-crapaud avec deux fours&#8230; les fers &#224; repasser &#233;taient en fonte et on les chauffait sur le po&#234;le (&#224; charbon, bien s&#251;r).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait encore beaucoup de &lt;strong&gt;chevaux &lt;/strong&gt; et leur crottin &#233;tait tr&#232;s recherch&#233; comme engrais pour le potager ; d&#232;s qu'on voyait un cheval se soulager, on se pr&#233;cipitait avec une ramassette et une petite brosse pour r&#233;cup&#233;rer le tr&#233;sor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la fa&#231;ade une vigne grimpante donnait des petits raisins verts tr&#232;s s&#251;rs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette vigne ne portait qu'un an sur deux et il n'en reste rien actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le village, la langue usuelle &#233;tait le &lt;strong&gt;wallon &lt;/strong&gt; et les surnoms pullulaient : &#034;li dj&#232;ne (le jaune), li bleu, li blan et li r&#232;gu&#232;d&#233;....&#034; Je n'ai jamais su ce que signifiaient ces surnoms et mon p&#232;re ne le savait pas non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voyait parfois un personnage tr&#232;s pittoresque &#224; t&#234;te d'Arabe (&#224; l'&#233;poque, c'&#233;tait rare et exotique) qui allait de maison en maison et vendait des tapis ; on l'appelait le &#034;tchouk tchouk nougat&#034;. Il n'a pas d&#251; faire fortune &#224; Limont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ya avait 2 &lt;strong&gt;fanfares &lt;/strong&gt; : la Lyre et L'harmonie, l'une catholique et l'autre socialiste ; et une soci&#233;t&#233; de gymnastique. Et 3 magasins : la Coop&#233;rative socialiste, le &#171; Bien &#202;tre &#187; catholique, et le C.A.V. suppos&#233; lib&#233;ral (?),,,,,,&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela dans un petit village, loin de la grand route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La maison que j'ai revue r&#233;cemment a &#233;t&#233; transform&#233;e et am&#233;nag&#233;e mais la structure d'origine est rest&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les hivers de mon enfance (Christine M.)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Loisirs, jeux</dc:subject>
		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Enfant et adolescente je vivais dans un petit village de Thudinie avec mes 5 soeurs et mes parents. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les ann&#233;es 60, les hivers &#233;taient plus longs et plus rigoureux qu'actuellement. Le 6 d&#233;cembre la neige avait d&#233;j&#224; envahi les paysages. Je m'en souviens car &#224; l'occasion de la Saint-Nicolas nous partions chez mes grands-parents paternels &#224; travers les routes enneig&#233;es. J'aimais courir dans la neige et me laisser fouetter par le vent, avec mes bottes en caoutchouc et mes grandes chaussettes en laine (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Enfant et adolescente je vivais dans un petit village de Thudinie avec mes 5 soeurs et mes parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 60, les hivers &#233;taient plus longs et plus rigoureux qu'actuellement. Le 6 d&#233;cembre la neige avait d&#233;j&#224; envahi les paysages. Je m'en souviens car &#224; l'occasion de la Saint-Nicolas nous partions chez mes grands-parents paternels &#224; travers les routes enneig&#233;es. J'aimais courir dans la neige et me laisser fouetter par le vent, avec mes bottes en caoutchouc et mes grandes chaussettes en laine retenues en haut du mollet par un &#233;lastique. J'aimais escalader les bancs de neige qui s'&#233;taient accumul&#233;s sur les bas-c&#244;t&#233;s des routes. Je tra&#238;nais dehors jusqu'&#224; ce que mes pieds ne puissent plus supporter le froid. Je rentrais alors en pleurant et ma m&#232;re r&#233;chauffait mes pieds doucement entre ses mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre maison &#233;tait chauff&#233;e par deux po&#234;les &#224; charbon situ&#233;s dans les deux pi&#232;ces de vie, la salle &#224; manger et la cuisine. Une petite trappe au plafond permettait &#224; la chaleur de monter jusque dans les chambres. C'est ma m&#232;re qui &#233;tait la gardienne des feux. C'&#233;tait une lourde t&#226;che. Avant l'hiver le charbon &#233;tait livr&#233; en vrac et d&#233;vers&#233; dans la cave &#224; charbon par le soupirail. Il &#233;tait alors remont&#233; vers les foyers &#224; l'aide d'une charbonni&#232;re ou seau &#224; charbon. C'&#233;tait parfois le t&#226;che des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par temps de gel, le givre envahissait les vitres &#224; l'int&#233;rieur des pi&#232;ces non chauff&#233;es. Il s'y formait de jolies fleurs de glace que nous faisions fondre, par jeu, avec la chaleur de nos mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les chambres o&#249; nous dormions r&#233;gnait un froid glacial. Nous avions la permission de mettre nos lits c&#244;te &#224; c&#244;te, deux par deux pour avoir plus chaud. Avant de monter, nous nous blottissions longuement pr&#232;s du po&#234;le afin d'emmagasiner un maximum de chaleur. Mais le contraste &#233;tait rude et il fallait du temps avant que nos corps enfouis sous les couvertures retrouvent une douce chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'ils &#233;taient doux les jours d'hiver, lors des vacances de No&#235;l, de se retrouver bien au chaud au coin du feu et de redessiner les cartes de voeux re&#231;ues pour l'occasion, ou de jouer au Nain Jaune avec mes soeurs ou encore de d&#233;couper des images dans les magazines pour recr&#233;er des histoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore je ne r&#233;siste pas &#224; la neige. Le moindre flocon m'appelle dehors et je retrouve mon &#226;me d'enfant. Je pars &#224; la recherche d'endroit o&#249; la neige immacul&#233;e n'a pas encore &#233;t&#233; foul&#233;e pour avoir le plaisir de contempler, pendant un court instant, cet espace vierge de toute agitation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Jeux et loisirs d'enfance (Ghislaine V)</title>
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		<dc:subject>Loisirs, jeux</dc:subject>
		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>

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&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2020-21 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233;e &#224; Tubize en 1945, &#224; la fin de la guerre. Mes parents travaillaient beaucoup et avaient peu de temps pour moi. J'&#233;tais fille unique, je suis all&#233;e en pension et ne revenais &#224; la maison que tous les 15 jours. J'ai beaucoup aim&#233; l'internat car au moins je n'&#233;tais pas toute seule. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens surtout de ma premi&#232;re maison, &#224; Tubize. C'&#233;tait la maison de mes grands-parents paternels qui venaient de Flandre. Nous occupions une partie de la maison. De (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2020-21&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis n&#233;e &#224; Tubize en 1945, &#224; la fin de la guerre. Mes parents travaillaient beaucoup et avaient peu de temps pour moi. J'&#233;tais fille unique, je suis all&#233;e en pension et ne revenais &#224; la maison que tous les 15 jours. J'ai beaucoup aim&#233; l'internat car au moins je n'&#233;tais pas toute seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens surtout de ma premi&#232;re maison, &#224; Tubize. C'&#233;tait la maison de mes grands-parents paternels qui venaient de Flandre. Nous occupions une partie de la maison. De l'autre c&#244;t&#233; du couloir, c'&#233;tait le magasin pour mon p&#232;re qui &#233;tait peintre-tapissier. Ce magasin &#233;tait petit et ma m&#232;re y vendait tout ce qui est n&#233;cessaire &#224; la d&#233;coration de la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui &#233;tait chouette, dans cette maison, c'&#233;tait le tr&#232;s grand jardin, immense, un endroit extraordinaire pour jouer. Mes cousins et les petits voisins venaient jouer. Un voisin de 18 ans s'amusait &#224; nous faire peur. Dans une grange pleine de foin, il se cachait et faisait des grognements. Je jouais aussi en solitaire et je collectionnais les doryphores, ces bestioles qu'on trouve sur les pommes de terre. Un jour, j'avais trouv&#233; des billets de banque et je me suis amus&#233;e &#224; jouer facteur, je d&#233;posais les billets sur les buissons, dans les plantes, dans une cabane. &#201;videmment je me suis fait sonner les cloches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma grand-m&#232;re paternelle qui vivait dans cette maison ne parlait pas tr&#232;s bien le fran&#231;ais, elle me houspillait souvent dans son flamand. Un jour, j'avais essay&#233; de faire pipi debout comme les gar&#231;ons et je suis rentr&#233;e avec mes chaussettes mouill&#233;es. &#199;a m'a valu une insulte de la part de ma grand-m&#232;re : &#171; pesse kousse &#187;. Cela veut dire litt&#233;ralement &#171; pisseuse de chaussettes &#187;. Elle avait toujours un tablier qu'on fermait derri&#232;re, un grand tablier noir en satin brillant. Et un chignon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une histoire marquante ? Dans ces ann&#233;es-l&#224;, on ne partait pas en vacances &#224; cause du magasin. Mais une ann&#233;e, nous sommes all&#233;s dans une petite auberge, pr&#232;s de la for&#234;t d'Anlier en Ardennes. Il faut savoir que mon p&#232;re &#233;tait fils d'un garde forestier ; lui, d&#232;s 4 h du matin, il partait se promener dans les bois. Soit pour voir les animaux, soit pour cueillir des champignons. Il revenait &#224; l'auberge avec un gros sac de champignons, tout le monde aidait pour les nettoyer et on faisait des omelettes. Un jour, je l'ai accompagn&#233;. J'&#233;tais contente, nous sommes partis &#224; 5h du matin ; on a observ&#233; les animaux depuis les miradors. C&#8216;est un souvenir formidable !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La premi&#232;re fois que j'ai vu mon p&#232;re pleurer (Christiane J.)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Deuils, mort</dc:subject>
		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;25 f&#233;vrier 1956. Assise avec mes fr&#232;res autour de la table de la cuisine, nous attendions que nos parents nous rejoignent apr&#232;s avoir termin&#233; leur petit rituel cr&#233;pusculaire. Maman remonta la pendule, fermait les tentures, recouvrit la cage des oiseaux d'une couverture, non sans avoir pris plaisir &#224; leur dire &#034;bonne nuit les pipits&#034; que mon p&#232;re r&#233;p&#233;ta joyeusement en &#233;cho. Elle prit alors nos trois pyjamas et nos six pantoufles et rejoignit papa devant la cuisini&#232;re &#224; charbon. Celui-ci la pr&#233;para pour (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;25 f&#233;vrier 1956. Assise avec mes fr&#232;res autour de la table de la cuisine, nous attendions que nos parents nous rejoignent apr&#232;s avoir termin&#233; leur petit rituel cr&#233;pusculaire. Maman remonta la pendule, fermait les tentures, recouvrit la cage des oiseaux d'une couverture, non sans avoir pris plaisir &#224; leur dire &#034;bonne nuit les pipits&#034; que mon p&#232;re r&#233;p&#233;ta joyeusement en &#233;cho. Elle prit alors nos trois pyjamas et nos six pantoufles et rejoignit papa devant la cuisini&#232;re &#224; charbon. Celui-ci la pr&#233;para pour la soir&#233;e. Apr&#232;s avoir tisonn&#233; les escarbilles pour qu'elles tombent dans le cendrier, il vida une charbonni&#232;re d'anthracite dans sa gueule et, enfin, tourna la cl&#233; pour un tirage d'air au ralenti, afin de garder une bonne chaleur durant toute la veill&#233;e. Maman ouvrit alors la porte du four pour y placer nos petites pantoufles et d&#233;poser, sur la barre protectrice, nos pyjamas, afin qu'ils nous r&#233;chauffent agr&#233;ablement lorsque nous les enfilerions. Papa pla&#231;a la bouilloire au coin du feu et sema sur la taque les pelures d'orange de notre dessert. Maman servit alors un lait chaud &#224; ses trois garnements et du caf&#233; pour elle et son mari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela &#233;tant termin&#233;, ils nous rejoignirent enfin pour s'attabler avec nous. La soir&#233;e pouvait commencer. Ce jour-l&#224;, comme tr&#232;s souvent, papa faisait ses mots crois&#233;s, son gros dictionnaire Larousse pos&#233; &#224; ses c&#244;t&#233;s. Mon grand fr&#232;re lisait le journal Tintin, mon petit fr&#232;re qui venait tout juste d'avoir cinq ans, en compagnie de son nounours coloriait son livre d'images. Moi, je d&#233;coupais des illustrations pour mon cahier d'&#034;Etude du milieu&#034; et maman, en &#233;criture &#034;&#224; la ronde&#034;, y calligraphiait les titres. En m&#234;me temps, nous &#233;coutions l'&#233;mission radiophonique du vendredi, anim&#233; par Zappy Max &#224; Radio Luxembourg. La bouilloire maintenant chantonnait, les pelures d'oranges embaumaient la pi&#232;ce, le chat ronronnait &#224; c&#244;t&#233; du po&#234;le au rythme du tic-tac du r&#233;gulateur. Nous &#233;tions si bien tous ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le bonheur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19h30, un coup de sonnette ! Qui donc pouvait bien sonner &#224; notre porte &#224; cette heure ? Papa regarda par la fen&#234;tre. C'est un homme avec une casquette, dit-il en ouvrant la porte pour descendre les trois &#233;tages. Nous &#233;tions tr&#232;s curieux, impatients, une l&#233;g&#232;re crainte au fond du c&#339;ur, comme un mauvais pressentiment. Papa arriva enfin, il &#233;tait tout blanc, tenait un petit papier gris-vert &#224; la main et ne disait mot. Il se pla&#231;a dos &#224; la cuisini&#232;re, face &#224; moi, le regard fixe me traversant comme si je n'existais pas. Je ne le quittais pas des yeux. Mais qu'est-ce-qui se passe ? dit maman. Toujours sans rien dire, il lui tendit le t&#233;l&#233;gramme et elle le lut tout haut : &#034;Henri d&#233;c&#233;d&#233; accidentellement - avertir famille de Belgique - enterrement mercredi &#224; Bl&#233;r&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que maman lisait, je vis des larmes couler sans bruit le long des joues de mon p&#232;re. Ses yeux &#233;taient ferm&#233;s, aucune parole ne sortait de sa bouche. Maman l'entoura de ses bras en r&#233;p&#233;tant sans cesse &#034;Oh pitchoun, oh mon pitchoun !&#034; Ah ces larmes, ce silence du paternel ! J'&#233;tais t&#233;tanis&#233;e, paralys&#233;e, je n'avais jamais vu papa pleurer. Mon p&#232;re c'&#233;tait mon roc, mon refuge, mon Dieu. Que se passait-il ? Mon c&#339;ur s'asphyxiait. Le malheur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maman ferma la radio, nous dit d'embrasser notre papa et d'aller au lit, qu'elle viendrait plus tard nous donner notre bisou et notre petite croix. Lors de sa venue, je me jetais dans ses bras en pleurant, non pour ce tonton vivant en France et que je n'avais jamais vu, mais d'avoir observ&#233; le chagrin de papa, cela me faisait si mal et si peur. Elle prit tout son temps pour me cajoler et m'expliquer tout ce que je ne comprenais pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je garde un souvenir qui saigne de cette soir&#233;e m&#233;morable, jamais je ne pourrai oublier la douleur et la peur qui m'&#233;treignit lorsque je vis mon p&#232;re pleurer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Premier job d'&#233;tudiante aux Galeries Anspach, 1963 (Christiane J.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1469</link>
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		<dc:date>2023-07-04T13:46:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>
		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lors de mon adolescence, il fallait avoir 18 ans pour avoir un job d'&#233;tudiante. Une compagne de classe, dont le p&#232;re &#233;tait d&#233;corateur pour les vitrines des Galeries Anspach, m'avait dit que le magasin cherchait des &#233;tudiants pour les vacances de No&#235;l. L'id&#233;e me vint de demander l'autorisation &#224; mes parents de pouvoir me pr&#233;senter &#224; l'embauche. Je dus beaucoup batailler pour obtenir la permission, mais j'y suis arriv&#233;e gr&#226;ce &#224; l'appui de mon fr&#232;re a&#238;n&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les ann&#233;es 1850, il n'y avait aucun supermarch&#233; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot185" rel="tag"&gt;Bruxelles (quartiers)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lors de mon adolescence, il fallait avoir 18 ans pour avoir un job d'&#233;tudiante. Une compagne de classe, dont le p&#232;re &#233;tait d&#233;corateur pour les vitrines des Galeries Anspach, m'avait dit que le magasin cherchait des &#233;tudiants pour les vacances de No&#235;l. L'id&#233;e me vint de demander l'autorisation &#224; mes parents de pouvoir me pr&#233;senter &#224; l'embauche. Je dus beaucoup batailler pour obtenir la permission, mais j'y suis arriv&#233;e gr&#226;ce &#224; l'appui de mon fr&#232;re a&#238;n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1850, il n'y avait aucun supermarch&#233; dans les communes, pas plus que d'Hypermarch&#233;s en p&#233;riph&#233;rie. Les quatre grands magasins bruxellois les plus c&#233;l&#232;bres &#233;taient Le Bon March&#233;, l'Innovation, les Grands Magasins de la Bourse et le Grand Bazar, tous construits au milieu du XIX si&#232;cle. Ils proposaient tous des articles &#224; prix mod&#233;r&#233;s. Ceux-ci attiraient la petite bourgeoisie qui d&#233;laissait ainsi les colporteurs et marchands ambulants qui petit &#224; petit disparurent compl&#232;tement. La grande nouveaut&#233; de ces enseignes c'&#233;tait qu'ils pr&#233;sentaient, dans une m&#234;me enceinte, tout ce que l'on d&#233;sirait acheter en dehors de l'alimentation. Ils proposaient de la parfumerie, des v&#234;tements, des bijoux, des souliers, des livres, des disques, des farces et attrapes, de la d&#233;coration de No&#235;l&#8230; Au dernier &#233;tage du Grand Bazar, il y avait un Salon de Th&#233; avec trois musiciens qui jouaient de la musique d'ambiance, mais aussi des valses, des tangos et des slows. Bien souvent, Bonne-maman m'y emmenait apr&#232;s avoir fait ses emplettes et nous nous r&#233;galions d'une d&#233;licieuse p&#226;tisserie tout en regardant quelques couples &#233;voluer sur la piste de danse. Ces grandes surfaces attiraient la client&#232;le par les d&#233;corations de leurs vitrines plus all&#233;chantes les unes que les autres. A cette &#233;poque, la t&#233;l&#233;vision n'existait pas et ces vitrines devenaient un but de promenades pour de nombreuses familles. Il y avait foule devant les devantures et il fallait attendre plusieurs minutes afin d'atteindre la premi&#232;re rang&#233;e pour enfin parvenir &#224; admirer les superbes &#233;talages. Les passants s'&#233;merveillaient devant ces d&#233;cors f&#233;eriques anim&#233;s par des automates et on entendait surgir des &#034;oh, comme c'est beau !&#034; des &#034;regarde-l&#224; !&#034; des &#034;tu as vu &#231;a ?&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Galeries Anspach &#233;taient le grand magasin attitr&#233; de ma famille. Nous y allions toutes les semaines. Mais nous l'avons toujours appel&#233; le Grand Bazar. C'est en 1898 que le magasin s'&#233;tait ouvert en portant ce nom. Bonne-maman n&#233;e en 1892, l'ayant connu sous cette appellation a transmis ce vocable &#224; ses enfants et petits-enfants. Pourtant, en l'an 1935, Le Grand Bazar avait chang&#233; de nom pour devenir Les Galeries Anspach. Mais en 1983, le magasin fit faillite &#224; cause de la concurrence des supermarch&#233;s de proximit&#233; et hypermarch&#233;s en p&#233;riph&#233;rie. La ville de Bruxelles racheta alors le b&#226;timent car il &#233;tait class&#233; afin d'en faire un centre commercial sous le nom de Anspach Center qui offre aujourd'hui de nombreuses boutiques ind&#233;pendantes au rez-de-chauss&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1963 que je me suis pr&#233;sent&#233;e au service d'embauche pour &#233;tudiants des Galeries Anspach. Lors de l'entretien, la responsable me donna quelques conseils pour bien accueillir les clients et pour &#234;tre une excellente vendeuse. Ensuite, elle me demanda dans quels rayons j'aimerais bien travailler. Je lui r&#233;pondis que ma pr&#233;f&#233;rence allait aux rayons des livres, de la papeterie ou des disques. J'ai sign&#233; un contrat pour six jours de huit heures de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le magasin ouvrait ses portes au public &#224; 9h. Pour commencer la journ&#233;e, je devais d'abord me pr&#233;senter au bureau de recrutement pour signer une liste de pr&#233;sence et remettre ma carte d'identit&#233;. Ensuite, je pouvais rejoindre le rayon qui m'avait &#233;t&#233; attribu&#233;. Mon horaire &#233;tait de 9h &#224; 12h30 et de 14h &#224; 18h30. Nous &#233;tions tous des &#233;tudiants engag&#233;s pour la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dant la f&#234;te de No&#235;l afin d'aider les vendeuses durant cette p&#233;riode d'achat de cadeaux. Le soir, nous devions remonter au bureau pour reprendre notre carte d'identit&#233; &#224; laquelle &#233;tait attach&#233;e &#224; l'aide d'un attache-tout des billets pour une somme de 120 francs, ce qui aujourd'hui ferait 3 euros. Apr&#232;s avoir sign&#233; un re&#231;u nous pouvions rentrer chez nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle ne fut pas ma d&#233;ception d'apprendre le premier jour, que je travaillerais au rayon lingerie ! Je fus tr&#232;s bien accueillie par la chef de rayon qui m'expliqua tr&#232;s gentiment tout ce que je devais savoir pour &#234;tre au top. Je fus tr&#232;s &#233;tonn&#233;e de voir une majorit&#233; d'hommes venir acheter des dessous en dentelles pour leur &#233;pouse ou leur maitresse comme cadeau de No&#235;l, nous faisant m&#234;me parfois des confidences ! Certains connaissaient parfaitement les mensurations de la personne aim&#233;e et trouvaient tr&#232;s vite ce qui leur plaisait. D'autres connaissaient les tailles mais demandaient des conseils : &#034;est-ce que vous croyez que cela lui plaira ? Qu'est-ce que vous choisiriez ?&#034; D'autres enfin, n'avaient aucune id&#233;e de la taille qu'ils cherchaient et alors commen&#231;ait le jeu des comparaisons : &#034;ma femme a la m&#234;me poitrine que cette vendeuse-l&#224;, quelle taille fait-elle ?&#034; Enfin il y avait quelques vicieux qui avaient des gestes et des paroles obsc&#232;nes et qui venaient l&#224; sans rien acheter, uniquement dans le but de mettre mal &#224; l'aise les vendeuses. Ma chef de rayon me disait que parmi eux, il y avait des habitu&#233;s. Pour moi qui &#233;tais assez candide, tr&#232;s prot&#233;g&#233;e du monde ext&#233;rieur par ma famille, je fus souvent choqu&#233;e, mais ce fut une &#233;cole de vie. J'&#233;tais confront&#233;e &#224; une certaine r&#233;alit&#233; que je ne connaissais pas et qui m'a endurcie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait la premi&#232;re fois que je gagnais de l'argent. Je me r&#233;jouissais de ne pas devoir demander &#224; mes parents de l'argent pour aller leur acheter des cadeaux pour mettre sous l'arbre de No&#235;l. Je jubilais &#224; l'id&#233;e de pouvoir g&#226;ter ma famille. Pendant ma pause de midi, je d&#233;ambulais dans le magasin &#224; la recherche de cadeaux pour chacun d'eux. C'est ainsi que, d&#232;s le deuxi&#232;me jour avec mes premiers 120 francs gagn&#233; la veille, j'allais faire mes premi&#232;res emplettes et j'ai continu&#233; ainsi avec l'argent re&#231;u chaque fois le jour pr&#233;c&#233;dent. C'&#233;tait tellement nouveau pour moi, d'acheter des cadeaux avec mes propres deniers que je me rappelle tr&#232;s bien la joie qui m'habitait et tout ce que j'ai choisi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour papa, un microsillon appel&#233; aussi 45 tours. Combien de fois en entendant &#034;Le Rocher aux Mouettes&#034; qui passait r&#233;guli&#232;rement comme interlude entre deux &#233;missions &#224; la t&#233;l&#233;vision, il nous disait : &#034;Chut, &#233;coutez comme c'est beau, on entend m&#234;me les mouettes ! &#034;Ce fut donc mon choix et cela a &#233;t&#233; une heureuse surprise pour lui et, pour moi, un affectueux baiser de sa part. J'ai regard&#233; les diff&#233;rents disques que nous poss&#233;dons encore &#224; la maison aujourd'hui et j'ai vu qu'un microsillon co&#251;tait &#224; l'&#233;poque 99 francs (2,5 &#8364;). Pour maman une planche &#224; repasser pliante, elle en r&#234;vait mais trouvait que cela co&#251;tait beaucoup trop cher. Je me r&#233;jouissais d&#233;j&#224; du confort qu'elle aurait enfin ! Car je savais tr&#232;s bien qu'elle ne se permettrait jamais d'acheter, rien que pour elle, ce qu'elle consid&#233;rait comme un luxe. Sa surprise et sa joie me firent chaud au c&#339;ur. Je ne sais plus quel en &#233;tait le prix mais c'&#233;tait tr&#232;s on&#233;reux et cela a pris presque la totalit&#233; de mon salaire. Pour mes fr&#232;res, un livre de poche de 20 francs (0,5&#8364;), pour Bonne-maman un livre broch&#233; de Delly dont je ne connais plus le co&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque que j'avais achet&#233; tous ses cadeaux...Eh bien ! il ne restait plus rien de mon salaire. J'avais bien calcul&#233; le montant total de mes achats avant d'acheter quoi que ce soit. Je n'avais plus d'argent mais j'&#233;tais la plus heureuse des filles en voyant la surprise et le plaisir que cela fit &#224; ma famille qui ne s'y attendait pas du tout. Ce f&#251;t un de mes plus beaux No&#235;ls.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le lundi, c'est jour de lessive ! (Bernadette C.)</title>
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		<dc:date>2023-03-08T11:04:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Technologie (&#233;volution)</dc:subject>
		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le lundi, c'est le jour de lessive. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les ann&#233;es 50, la lessive est une des activit&#233;s m&#233;nag&#232;res les plus importantes apr&#232;s la cuisine. Une journ&#233;e pleine, que maman commence &#224; 5h du matin, aid&#233;e de &#171; la femme &#224; journ&#233;e &#187; et plus tard, de celle de mes soeurs qui aident au m&#233;nage. Chauss&#233;e de ses grandes bottes noires en caoutchouc, son tablier muni d'une poche pour y mettre un grand mouchoir destin&#233; &#224; s'essuyer le visage d&#233;goulinant dans la vapeur de l'eau qui bout, maman est pr&#234;te pour sa plus longue (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le lundi, c'est le jour de lessive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 50, la lessive est une des activit&#233;s m&#233;nag&#232;res les plus importantes apr&#232;s la cuisine. Une journ&#233;e pleine, que maman commence &#224; 5h du matin, aid&#233;e de &#171; la femme &#224; journ&#233;e &#187; et plus tard, de celle de mes soeurs qui aident au m&#233;nage. Chauss&#233;e de ses grandes bottes noires en caoutchouc, son tablier muni d'une poche pour y mettre un grand mouchoir destin&#233; &#224; s'essuyer le visage d&#233;goulinant dans la vapeur de l'eau qui bout, maman est pr&#234;te pour sa plus longue journ&#233;e de travail de la semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La buanderie est une annexe dans la cour. D'abord, on met de l'eau &#224; bouillir dans un grand chaudron pos&#233; sur un fourneau &#224; bois, dans le fond de la buanderie. Il faut &#171; d&#233;faire les lits &#187; de leurs draps, prendre le linge entrepos&#233; dans un tonneau en triplex dans la salle de bains au 1er &#233;tage, et descendre le tout dans la cour. Lorsque l'eau est bouillante, on y verse du savon, on y plonge les draps de lit en les enfon&#231;ant dans l'eau avec une grande pince en bois. Il n'est pas question de se br&#251;ler, ce travail est r&#233;serv&#233; &#224; maman, car c'est dangereux : monter sur un marchepied pour remuer le linge de temps en temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le linge restant est tri&#233;, en tas, dans la cour : le linge de corps, le linge de m&#233;nage, les cotons clairs (les robes, chemises et chemisiers), les cotons plus fonc&#233;s, &#171; les bleus &#187;, (salopettes et pantalons gris), et puis les tissus d&#233;licats : la soie et les lainages. Ces diff&#233;rents tas passent dans la grande cuve, les uns apr&#232;s les autres, en fonction de la temp&#233;rature de l'eau qui descend au fur et &#224; mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite le linge sorti de cette cuve est plac&#233; dans la lessiveuse &#233;lectrique &#224; palettes (sorte de broche qui brasse le linge), un grand tonneau en bois cercl&#233; de m&#233;tal, sur pied. Une grande roue garnie d'une courroie sur le c&#244;t&#233; lance le mouvement. Le linge est ensuite retir&#233; de cette lessiveuse, bien essor&#233; avec les mains avant de le placer dans une tine une bassine) en zinc pour le rin&#231;age. Il passe alors dans l'essoreuse centrifugeuse &#233;lectrique, qui a utilement remplac&#233; l'essoreuse &#224; deux cylindres en caoutchouc, actionn&#233;e par une manivelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;t&#233;, les draps de lit sont &#233;tendus sur la pelouse, pour supprimer les derni&#232;res taches et garder la blancheur. Le reste du linge est pendu aux fils dans le jardin, dans le grenier par mauvais temps. Pour garder le linge blanc, on le plonge aussi dans du bleu de m&#233;thyl&#232;ne. Il faut amidonner les cols et les poignets des chemises et chemisiers. Quant au washoteur, cette cloche en m&#233;tal avec un ressort, au bout d'un manche pour la tenir, il sert &#224; brasser le linge d&#233;licat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette journ&#233;e de travail se termine vers 19 h, tout le linge &#233;tant rassembl&#233; dans les mannes en osier, bien pli&#233;&#8230; pr&#234;t &#224; &#234;tre repass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les apr&#232;s quatre heures de la semaine sont r&#233;serv&#233;es au repassage, et &#224; maman, qui en m&#234;me temps, surveille les devoirs des petits. J'ai connu les fers &#224; repasser en fonte avec une poign&#233;e en m&#233;tal &#224; mettre &#224; chauffer sur la cuisini&#232;re &#224; charbon. La planche &#224; repasser (sans pieds) est suspendue entre la table et une armoire ; on repasse les pi&#232;ces plates sur la table recouverte d'une &#171; couverture &#224; repasser &#187;. Le linge ayant eu le temps d'&#234;tre bien sec, il faut l'humecter avant de le repasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une famille compos&#233;e de 8 filles et 3 gar&#231;ons, repasser des robes avec des nids d'abeille, des cols en dentelle, des chemises aux cols amidonn&#233;s, des jupes pliss&#233;es, des pantalons en laine &#224; repasser &#224; la pattemouille, tient carr&#233;ment de la gageure. Voil&#224; un travail m&#233;nager que j'ai eu l'occasion de prendre en horreur ! Par contre, j'ai gard&#233; le plaisir de pendre le linge dans le jardin. J'y mets le raffinement de regrouper les pi&#232;ces par genre, ou par couleur. Il va sans dire que les machines &#233;lectriques automatiques, et maintenant &#233;lectroniques, les centrales vapeur et les textiles ind&#233;froissables, ont chang&#233; la vie mais quelles contrari&#233;t&#233;s elles peuvent provoquer quand elles tombent en panne !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mon arri&#232;re grand-m&#232;re (Jacqueline)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1443</link>
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		<dc:date>2022-11-04T08:52:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Developpement durable</dc:subject>
		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>
		<dc:subject>Grands-parents</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2020-21 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233;e en 1947. Quand j'avais 3-4 ans, mes parents ont divorc&#233;. Dans ma classe, les petites filles avaient un papa et une maman, je ne me sentais pas comme les autres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma m&#232;re travaillait et, pendant les grandes vacances, j'allais chez mon arri&#232;re-grand-m&#232;re qui habitait &#224; Manage. J'y suis all&#233;e jusqu'&#224; mes 18 ans, en train. J'en ai de bons souvenirs. Je m'ennuyais un peu car je n'avais pas d'autres enfants avec qui jouer. Mon arri&#232;re-grand-m&#232;re &#233;tait (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot190" rel="tag"&gt;Grands-parents&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2020-21&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis n&#233;e en 1947. Quand j'avais 3-4 ans, mes parents ont divorc&#233;. Dans ma classe, les petites filles avaient un papa et une maman, je ne me sentais pas comme les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma m&#232;re travaillait et, pendant les grandes vacances, j'allais chez mon arri&#232;re-grand-m&#232;re qui habitait &#224; Manage. J'y suis all&#233;e jusqu'&#224; mes 18 ans, en train. J'en ai de bons souvenirs. Je m'ennuyais un peu car je n'avais pas d'autres enfants avec qui jouer. Mon arri&#232;re-grand-m&#232;re &#233;tait une Flamande qui vivait en Wallonie. Elle &#233;tait tr&#232;s &#233;conome, elle avait v&#233;cu 2 guerres. Elle avait un petit jardin, j'y jouais et elle cultivait des l&#233;gumes. Elle faisait du crochet, elle me tricotait des pulls, des chaussettes. Elle d&#233;tricotait 2 pulls pour en faire un nouveau. On ne jetait rien. Elle vivait &#224; l'ancienne, elle repassait le linge avec un fer &#224; braises. Elle &#233;conomisait la lumi&#232;re, le caf&#233; &#233;tait moulu &#224; la main. Quand elle a re&#231;u un moulin &#233;lectrique, elle le rangeait chaque fois qu'elle l'avait utilis&#233; dans la boite d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai gard&#233; de mon arri&#232;re- grand-m&#232;re cette habitude d'&#233;viter le gaspillage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon arri&#232;re-grand-m&#232;re &#233;tait superstitieuse. Elle faisait une croix avec le couteau sur le pain avant de le couper. On allait chez elle &#224; la nouvelle ann&#233;e pour le r&#233;veillon et il fallait manger du chou blanc. Cela allait nous prot&#233;ger des soucis financiers pendant l'ann&#233;e. Elle voulait qu'&#224; minuit ce soit un homme qui lui souhaite le premier les v&#339;ux car cela lui porterait bonheur. Et les cadeaux c'&#233;tait la plupart du temps un flacon d'eau de Cologne qu'elle allait acheter &#224; la Louvi&#232;re chez Nopri ou Priba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus beau cadeau que j'ai re&#231;u &#224; la maison ? C'&#233;tait quand j'avais 12 ans. En revenant de l'&#233;cole, je passais devant la vitrine de la papeterie et r&#234;vais tous les jours devant une grande boite de 30 crayons de couleurs de la marque Caran d'Ache, des crayons avec lesquels on peut peindre. Sur le couvercle de la boite, il y avait la photo du mont Cervin, ce qui m'a toujours attir&#233;e. A la Saint-Nicolas, j'ai finalement re&#231;u la boite de crayons de couleurs. Ce n'&#233;tait pas n'importe quelle boite, elle co&#251;tait tr&#232;s cher. Je ne sais pas ce qu'elle est devenue. Et &#224; 30 ans, je suis all&#233;e au mont Cervin !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La vie quotidienne dans les ann&#233;es 60 (Dominique B.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1390</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1390</guid>
		<dc:date>2022-07-01T13:55:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;LE PETIT-DEJEUNER &lt;br class='autobr' /&gt;
Maman se levait toujours la premi&#232;re. Elle pr&#233;parait le petit-d&#233;jeuner, d&#233;j&#224; habill&#233;e, coiff&#233;e, maquill&#233;e, un petit tablier autour de la taille. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des c&#233;r&#233;ales Corn flakes ou Rice Krispies de Kellogg's que nous appelions &#171; Pif, paf pof &#187; &#224; cause du petit cr&#233;pitement que l'on entendait lorsqu'on y versait le lait. Le lait, pasteuris&#233; Stabilac dans des bouteilles d'1 L en verre blanc, portait l'inscription RINCEZ-MOI S.V.P - SPOEL MIJ A.U.B. Un livreur reprenait les bouteilles vides laiss&#233;es (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot133" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot175" rel="tag"&gt;Vie quotidienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE PETIT-DEJEUNER&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maman se levait toujours la premi&#232;re. Elle pr&#233;parait le petit-d&#233;jeuner, d&#233;j&#224; habill&#233;e, coiff&#233;e, maquill&#233;e, un petit tablier autour de la taille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des c&#233;r&#233;ales Corn flakes ou Rice Krispies de Kellogg's que nous appelions &#171; Pif, paf pof &#187; &#224; cause du petit cr&#233;pitement que l'on entendait lorsqu'on y versait le lait. Le lait, pasteuris&#233; Stabilac dans des bouteilles d'1 L en verre blanc, portait l'inscription RINCEZ-MOI S.V.P - SPOEL MIJ A.U.B. Un livreur reprenait les bouteilles vides laiss&#233;es sur le pas de la porte, un papier enroul&#233;, fich&#233; dans le goulot d'une bouteille, mentionnant la prochaine commande &#224; livrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un camion passait &#233;galement pour les boissons telles que bi&#232;res, eaux et sodas. Notre m&#232;re achetait de la bi&#232;re Double Piedboeuf et Triple Piedboeuf pour accompagner le repas de midi. Dans les ann&#233;es 1950-60, la vogue des sodas a pris son essor avec le Coca-Cola et les limonades : Colibri, aux petites bouteilles de verre stri&#233;, Fanta, citron et orange. Dans ces ann&#233;es-l&#224;, toutes les bouteilles &#233;taient en verre. Toutes &#233;taient consign&#233;es. Le sirop de grenadine faisait partie des boissons d&#233;salt&#233;rantes de la journ&#233;e. La marque Teisseire &#233;tendra plus tard le choix des parfums (menthe, &#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au matin, maman faisait d&#233;canter du caf&#233; Rombouts dans un filtre en inox pos&#233; sur la cafeti&#232;re de c&#233;ramique. Le filtre m&#233;tallique &#233;tait muni d'un filtre en papier blanc contenant une cuill&#232;re de chicor&#233;e recouverte de caf&#233; moulu. Maman y versait, en plusieurs fois, l'eau chauff&#233;e dans la bouilloire. Le bec verseur de la bouilloire en inox &#233;tait muni d'un sifflet qui &#233;mettait un son strident tout en projetant de la vapeur lorsque l'eau avait atteint la temp&#233;rature d'&#233;bullition. Les premi&#232;res cafeti&#232;res automatiques &#224; filtre seront commercialis&#233;es dans les ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LESSIVE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1960, maman utilisait une bassine en fer blanc avec une planche &#224; laver (en anglais : washboard ou frottoir en langue cajun de Louisiane. L'ustensile sera utilis&#233; en tant qu'instrument de musique &#224; La Nouvelle-Orl&#233;ans.) Pendant plusieurs ann&#233;es, il a fallu se rendre au salon-lavoir (la blanchisserie Bon Air) pour lessiver et repasser les draps dans une calandre &#233;lectrique, un long rouleau rotatif. Plus tard, maman fera une partie de la lessive &#224; la maison &#224; l'aide d'une mini-wash (un mini lave-linge), pos&#233;e dans la baignoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra attendre les ann&#233;es 70 pour voir 70% des m&#233;nages belges &#233;quip&#233;s d'un lave-linge automatique. Le lave-linge entrera chez nous &#224; la fin des ann&#233;es septante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE MENAGE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tablier nou&#233; autour de la taille, maman nettoyait le tapis d'Orient de la salle &#224; manger de l'appartement de l'avenue Mutsaert &#224; l'aide d'un balai m&#233;canique. Une invention am&#233;ricaine, comme beaucoup d'autres. Au bout d'un manche &#233;tait fix&#233;e une bo&#238;te m&#233;tallique contenant des brosses qui tournaient avec les mouvements d'aller-retour du balai en faisant un bruit de ferraille caract&#233;ristique. En 1965, le balai sera remplac&#233; par un aspirateur Hoover.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de lave-vaisselle en ce temps-l&#224;. La ma&#238;tresse de maison, comme on disait &#224; cette &#233;poque, enfilait des gants en caoutchouc de couleur pour faire la vaisselle dans un &#233;vier en fa&#239;ence. L'&#233;vier en inox viendra plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA PHARMACIE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de m&#233;dicaments dans la pharmacie des ann&#233;es 1960 si on la compare &#224; celle du 21&#232;me si&#232;cle :
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Un tube m&#233;tallique de comprim&#233;s La Croix Blanche, du parac&#233;tamol avec de la caf&#233;ine, pour les douleurs et maux de t&#234;te.
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Des comprim&#233;s d'aspirine Bayer.
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; De l'H&#233;bucol ou des pastilles Rennie pour la digestion.
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Du Mercurochrome pour d&#233;sinfecter les plaies.
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Des gommes Valda ou des pastilles Vicks pour la gorge.
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; De la pommade Vicks Vaporub &#224; base d'eucalyptus et de camphre pour faciliter la respiration.
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Et, l'outil principal de la pharmacie : le thermom&#232;tre &#224; mercure, aux reflets argent&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA TELEVISION ET LE TELEPHONE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utilisation des premi&#232;res t&#233;l&#233;visions n&#233;cessite le placement d'une antenne-r&#226;teau sur le toit de la maison. Par mauvais temps, l'antenne risquait de bouger, de se casser ou de tomber. En cas de panne, s'il faisait trop venteux, il fallait parfois attendre plusieurs jours avant que le technicien vienne replacer l'antenne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il fallait tourner un bouton sur le poste pour changer de cha&#238;ne. Une speakerine pr&#233;sentait les programmes. Une &#171; mire &#187; s'affichait en fin de programme ou en cas de panne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res images t&#233;l&#233;vis&#233;es &#233;taient en noir et blanc. La t&#233;l&#233;vision en couleur existera &#224; partir de 1970 en Belgique. La premi&#232;re &#233;mission en couleur sera Le Jardin Extraordinaire, sur la RTBF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Jardin Extraordinaire &#233;tait une &#233;mission documentaire sur les animaux, pr&#233;sent&#233;e par Arlette Vincent depuis 1965, assist&#233;e de Maryse, l'&#233;pouse du r&#233;alisateur. La plupart des animaux venaient du zoo d'Anvers. Deux biologistes se succ&#232;deront : Edgar Kesteloot et Paul Galand. La premi&#232;re diffusion en couleur date de 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne &#171; &#233;cran &#187; prendra de l'ampleur, principalement dans les deux derni&#232;res d&#233;cennies avec des &#233;crans de t&#233;l&#233;vision de plus en plus grands, des t&#233;l&#233;phones avec &#233;cran (les GSM et les smartphones). Et avec l'apparition du ph&#233;nom&#232;ne &#171; Internet &#187;, les &#233;crans d'ordinateurs et des tablettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au t&#233;l&#233;phone, celui de mon enfance &#233;tait noir, en bak&#233;lite et muni d'un cadran. Plus tard s'ajoutera aussi un t&#233;l&#233;phone en plastique &#224; cadran. Le plastique une autre nouveaut&#233; importante du si&#232;cle dernier. Une mati&#232;re devenue incontournable dans les ann&#233;es 1960.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les trente glorieuses, 1945-1975 (Yvonne M.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1392</link>
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		<dc:date>2022-07-01T13:53:20Z</dc:date>
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		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>

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&lt;p&gt;N&#233;e en 1938, dans une famille rassurante, 8 enfants dont j'&#233;tais la septi&#232;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
La petite enfance est marqu&#233;e par ce cocon familial ; La campagne nous tient au calme, tandis que les bouleversements de la guerre agitent les villes ; avec son cort&#232;ge de privations, parfois de grandes difficult&#233;s &#224; assurer, le pain quotidien ! Le chauffage, bois ou charbon, tout &#233;tait p&#233;nurie. J'entendais et comprenais tout ce d&#233;sarroi, tandis que j'appr&#233;ciais nos modestes privil&#232;ges, d'habiter notre campagne d'Ohain ! &lt;br class='autobr' /&gt;
En (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot175" rel="tag"&gt;Vie quotidienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;N&#233;e en 1938, dans une famille rassurante, 8 enfants dont j'&#233;tais la septi&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite enfance est marqu&#233;e par ce cocon familial ; La campagne nous tient au calme, tandis que les bouleversements de la guerre agitent les villes ; avec son cort&#232;ge de privations, parfois de grandes difficult&#233;s &#224; assurer, le pain quotidien ! Le chauffage, bois ou charbon, tout &#233;tait p&#233;nurie. J'entendais et comprenais tout ce d&#233;sarroi, tandis que j'appr&#233;ciais nos modestes privil&#232;ges, d'habiter notre campagne d'Ohain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1945, j'ai 7 ans, une liesse collective &#233;clate ! D&#233;borde de partout, un char am&#233;ricain accueille les enfants ! Tous habill&#233;s de rouge, jaune et noir...la Belgique &#224; l'unisson ! Voil&#224; qui me marqua &#224; jamais, d'un sentiment patriotique ! Petit &#224; petit, une vie &#034;normale&#034; reprit son cours...aux champs apais&#233;s, aux usines lib&#233;r&#233;es, les gens rassasi&#233;s, c'&#233;tait la paix retrouv&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1950, j'ai 12 ans, le monde qui m'entoure est souriant, travailleur et r&#233;compens&#233; ! Les explorateurs de terres et richesses lointaines se mirent &#224; d&#233;couvrir leur propre pays ! Grande am&#233;lioration dans le monde agricole, de superbes tracteurs et autres machines remplacent les chevaux braban&#231;ons devenus trop lents, face au rythme nouveau. Les nouvelles technologies foisonnent en appareils m&#233;nagers de tous genres. La musique nous est rendue avec d&#233;lectation ! Par des filtres tr&#232;s sophistiqu&#233;s ! Les magasins de radios font fortune !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit &#224; petit, les &#233;coles secondaires s'enrichissent de cr&#233;neaux techniques et professionnels, voil&#224; qui r&#233;pond imp&#233;rativement au domaine de la construction ! Ce secteur connait, et connaitra des ann&#233;es encore un bel engouement ; tout le monde trouve du travail ! Le ch&#244;mage fait exception ! Les jeunes familles se permettent l'achat d'un appartement ou une maison, selon l'endroit ! Les banques sont pr&#234;teuses, la confiance r&#232;gne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1958, on atteint un pic d'ivresse dans l'activit&#233; multiple et le bien-&#234;tre, tant en Belgique, que dans les pays limitrophes ; une grande exposition va concr&#233;tiser cet &#233;tat de fait ! Le g&#233;nie belge offre l'Atomium au monde et sa fl&#232;che du g&#233;nie civil et tout autour de lui, se pressent dans un &#233;gal orgueil national les Russes et leur spoutnik ; d'autres pays vantant l'art, le renouveau mobilier et autre &#8220;design&#8221; ; d'autres encore parlant tourisme ! Un avenir heureux est en marche ! J'ai 20 ans, l'Expo 58 fut un point charni&#232;re dans mon devenir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expansion continue &#224; favoriser &#233;tudes, travail, confort de vie, la sant&#233; pour tous, des cliniques universitaires s'&#233;quipent &#224; l'image du pays des r&#234;ves, l'Am&#233;rique !&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois, on s'expatrie moins pour chercher fortune, l'Europe apais&#233;e, travailleuse, innovante et humaine devient un mod&#232;le et attise la convoitise des pays pauvres, ou en voie de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1960 je d&#233;couvris l'Egypte et le Moyen-Orient. En 1961 l'Inde ! Tandis que j'enseignais en Afrique durant 4 ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mes yeux, observatrice jeune et raisonn&#233;e, j'ai pu mesurer combien vaste est le monde, surtout, combien vastes sont les donn&#233;es, selon la g&#233;ographie de naissance, et partout son &#233;volution. Ces m&#233;langes de cultures s'oppos&#232;rent ou s'imbriqu&#232;rent par le biais du travail bien souvent, par l'humanitaire ou le profit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je reconnais avoir v&#233;cu en Europe, l'expansion sans pr&#233;c&#233;dent, d'un monde &#233;voluant pour le bien de chacun. Le point d'orgue est, bien entendu, l'Union Europ&#233;enne, qui tint &#224; distance tout bellig&#233;rant. Je reconnais avoir &#233;t&#233; berc&#233;e, avoir grandi et m'&#234;tre d&#233;velopp&#233;e dans un contexte exceptionnel fait de chances et d'&#224; propos !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La phase ascendante de l'apr&#232;s-guerre de 1945 &#224; 1975 qu'on appelle par la suite : les 30 glorieuses !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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