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	<title>Ages et transmissions</title>
	<link>https://agesettransmissions.be/</link>
	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>Les hivers de mon enfance (Christine M.)</title>
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		<dc:subject>Loisirs, jeux</dc:subject>
		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Enfant et adolescente je vivais dans un petit village de Thudinie avec mes 5 soeurs et mes parents. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les ann&#233;es 60, les hivers &#233;taient plus longs et plus rigoureux qu'actuellement. Le 6 d&#233;cembre la neige avait d&#233;j&#224; envahi les paysages. Je m'en souviens car &#224; l'occasion de la Saint-Nicolas nous partions chez mes grands-parents paternels &#224; travers les routes enneig&#233;es. J'aimais courir dans la neige et me laisser fouetter par le vent, avec mes bottes en caoutchouc et mes grandes chaussettes en laine (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot175" rel="tag"&gt;Vie quotidienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Enfant et adolescente je vivais dans un petit village de Thudinie avec mes 5 soeurs et mes parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 60, les hivers &#233;taient plus longs et plus rigoureux qu'actuellement. Le 6 d&#233;cembre la neige avait d&#233;j&#224; envahi les paysages. Je m'en souviens car &#224; l'occasion de la Saint-Nicolas nous partions chez mes grands-parents paternels &#224; travers les routes enneig&#233;es. J'aimais courir dans la neige et me laisser fouetter par le vent, avec mes bottes en caoutchouc et mes grandes chaussettes en laine retenues en haut du mollet par un &#233;lastique. J'aimais escalader les bancs de neige qui s'&#233;taient accumul&#233;s sur les bas-c&#244;t&#233;s des routes. Je tra&#238;nais dehors jusqu'&#224; ce que mes pieds ne puissent plus supporter le froid. Je rentrais alors en pleurant et ma m&#232;re r&#233;chauffait mes pieds doucement entre ses mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre maison &#233;tait chauff&#233;e par deux po&#234;les &#224; charbon situ&#233;s dans les deux pi&#232;ces de vie, la salle &#224; manger et la cuisine. Une petite trappe au plafond permettait &#224; la chaleur de monter jusque dans les chambres. C'est ma m&#232;re qui &#233;tait la gardienne des feux. C'&#233;tait une lourde t&#226;che. Avant l'hiver le charbon &#233;tait livr&#233; en vrac et d&#233;vers&#233; dans la cave &#224; charbon par le soupirail. Il &#233;tait alors remont&#233; vers les foyers &#224; l'aide d'une charbonni&#232;re ou seau &#224; charbon. C'&#233;tait parfois le t&#226;che des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par temps de gel, le givre envahissait les vitres &#224; l'int&#233;rieur des pi&#232;ces non chauff&#233;es. Il s'y formait de jolies fleurs de glace que nous faisions fondre, par jeu, avec la chaleur de nos mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les chambres o&#249; nous dormions r&#233;gnait un froid glacial. Nous avions la permission de mettre nos lits c&#244;te &#224; c&#244;te, deux par deux pour avoir plus chaud. Avant de monter, nous nous blottissions longuement pr&#232;s du po&#234;le afin d'emmagasiner un maximum de chaleur. Mais le contraste &#233;tait rude et il fallait du temps avant que nos corps enfouis sous les couvertures retrouvent une douce chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'ils &#233;taient doux les jours d'hiver, lors des vacances de No&#235;l, de se retrouver bien au chaud au coin du feu et de redessiner les cartes de voeux re&#231;ues pour l'occasion, ou de jouer au Nain Jaune avec mes soeurs ou encore de d&#233;couper des images dans les magazines pour recr&#233;er des histoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore je ne r&#233;siste pas &#224; la neige. Le moindre flocon m'appelle dehors et je retrouve mon &#226;me d'enfant. Je pars &#224; la recherche d'endroit o&#249; la neige immacul&#233;e n'a pas encore &#233;t&#233; foul&#233;e pour avoir le plaisir de contempler, pendant un court instant, cet espace vierge de toute agitation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Jeux et loisirs d'enfance (Ghislaine V)</title>
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		<dc:subject>Loisirs, jeux</dc:subject>
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&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2020-21 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233;e &#224; Tubize en 1945, &#224; la fin de la guerre. Mes parents travaillaient beaucoup et avaient peu de temps pour moi. J'&#233;tais fille unique, je suis all&#233;e en pension et ne revenais &#224; la maison que tous les 15 jours. J'ai beaucoup aim&#233; l'internat car au moins je n'&#233;tais pas toute seule. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens surtout de ma premi&#232;re maison, &#224; Tubize. C'&#233;tait la maison de mes grands-parents paternels qui venaient de Flandre. Nous occupions une partie de la maison. De (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2020-21&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis n&#233;e &#224; Tubize en 1945, &#224; la fin de la guerre. Mes parents travaillaient beaucoup et avaient peu de temps pour moi. J'&#233;tais fille unique, je suis all&#233;e en pension et ne revenais &#224; la maison que tous les 15 jours. J'ai beaucoup aim&#233; l'internat car au moins je n'&#233;tais pas toute seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens surtout de ma premi&#232;re maison, &#224; Tubize. C'&#233;tait la maison de mes grands-parents paternels qui venaient de Flandre. Nous occupions une partie de la maison. De l'autre c&#244;t&#233; du couloir, c'&#233;tait le magasin pour mon p&#232;re qui &#233;tait peintre-tapissier. Ce magasin &#233;tait petit et ma m&#232;re y vendait tout ce qui est n&#233;cessaire &#224; la d&#233;coration de la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui &#233;tait chouette, dans cette maison, c'&#233;tait le tr&#232;s grand jardin, immense, un endroit extraordinaire pour jouer. Mes cousins et les petits voisins venaient jouer. Un voisin de 18 ans s'amusait &#224; nous faire peur. Dans une grange pleine de foin, il se cachait et faisait des grognements. Je jouais aussi en solitaire et je collectionnais les doryphores, ces bestioles qu'on trouve sur les pommes de terre. Un jour, j'avais trouv&#233; des billets de banque et je me suis amus&#233;e &#224; jouer facteur, je d&#233;posais les billets sur les buissons, dans les plantes, dans une cabane. &#201;videmment je me suis fait sonner les cloches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma grand-m&#232;re paternelle qui vivait dans cette maison ne parlait pas tr&#232;s bien le fran&#231;ais, elle me houspillait souvent dans son flamand. Un jour, j'avais essay&#233; de faire pipi debout comme les gar&#231;ons et je suis rentr&#233;e avec mes chaussettes mouill&#233;es. &#199;a m'a valu une insulte de la part de ma grand-m&#232;re : &#171; pesse kousse &#187;. Cela veut dire litt&#233;ralement &#171; pisseuse de chaussettes &#187;. Elle avait toujours un tablier qu'on fermait derri&#232;re, un grand tablier noir en satin brillant. Et un chignon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une histoire marquante ? Dans ces ann&#233;es-l&#224;, on ne partait pas en vacances &#224; cause du magasin. Mais une ann&#233;e, nous sommes all&#233;s dans une petite auberge, pr&#232;s de la for&#234;t d'Anlier en Ardennes. Il faut savoir que mon p&#232;re &#233;tait fils d'un garde forestier ; lui, d&#232;s 4 h du matin, il partait se promener dans les bois. Soit pour voir les animaux, soit pour cueillir des champignons. Il revenait &#224; l'auberge avec un gros sac de champignons, tout le monde aidait pour les nettoyer et on faisait des omelettes. Un jour, je l'ai accompagn&#233;. J'&#233;tais contente, nous sommes partis &#224; 5h du matin ; on a observ&#233; les animaux depuis les miradors. C&#8216;est un souvenir formidable !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Ma passion pour la nature et la randonn&#233;e (Xavier)</title>
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		<dc:date>2017-10-04T09:27:28Z</dc:date>
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		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Voyages</dc:subject>
		<dc:subject>Loisirs, jeux</dc:subject>

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&lt;p&gt;Texte &#233;crit dans le cadre du groupe de r&#233;cit de vie &#034;Je raconte une exp&#233;rience marquante&#034; &#224; l'espace senior Van Artevelde, &#224; Bruxelles-ville, 2017. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1970, lorsque j'avais 31 ans, je suis all&#233; dans une petite maison de campagne pr&#232;s de la Baraque Fraiture. Le paysage &#233;tait tout blanc de neige. J'ai vu deux personnes sur des skis se diriger vers le bois. Je me suis dit : &#171; Cela m'amuserait de faire cela ! &#187;. Mon p&#232;re m'a offert une paire de skis et j'ai commenc&#233; &#224; skier pr&#232;s de la petite maison, pr&#232;s de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot174" rel="tag"&gt;Loisirs, jeux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Texte &#233;crit dans le cadre du groupe de r&#233;cit de vie &#034;Je raconte une exp&#233;rience marquante&#034; &#224; l'espace senior Van Artevelde, &#224; Bruxelles-ville, 2017.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1970, lorsque j'avais 31 ans, je suis all&#233; dans une petite maison de campagne pr&#232;s de la Baraque Fraiture. Le paysage &#233;tait tout blanc de neige. J'ai vu deux personnes sur des skis se diriger vers le bois. Je me suis dit : &#171; Cela m'amuserait de faire cela ! &#187;. Mon p&#232;re m'a offert une paire de skis et j'ai commenc&#233; &#224; skier pr&#232;s de la petite maison, pr&#232;s de la Baraque Michel et puis dans les Vosges, le Jura, la Norv&#232;ge, le lac Ba&#239;kal en Sib&#233;rie, la Laponie, le Canada, le Spitzberg, l'Alaska, le Groenland, &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais j'avais envie d'aller de plus en plus loin, dans des paysages de plus en plus sauvages. Mon paradis sur terre, c'est l'Artique ! J'y ai eu d'immenses plaisirs esth&#233;tiques. Tous les 2 ans, je partais avec des amis pour des exp&#233;ditions de cent &#224; deux cent kilom&#232;tres en ski de randonn&#233;e, souvent en autonomie. Tirer une pulka sur la neige avec toutes nos affaires, bivouaquer, se perdre, creuser une tranch&#233;e dans la neige pour y dormir. Tout &#231;a au milieu de paysages splendides. Au d&#233;but, le GPS &#233;tait r&#233;serv&#233; aux militaires et en cas d'accident, nous ne disposions pas encore d'un t&#233;l&#233;phone-satellite mais d'une balise semblable &#224; celles actionn&#233;es par les navigateurs qui tombent &#224; l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi j'ai fait tout &#231;a ? Pas pour dire que je l'avais fait mais pour le plaisir, pour les paysages fantastiques et encore plus fantastiques quand on est isol&#233;. Le fait d'&#234;tre isol&#233; enjolive les paysages, sublime les &#233;motions. Un jour, j'ai &#233;t&#233; dans le Wadi Rum, le d&#233;sert de Lawrence d'Arabie en Jordanie ; le paysage &#233;tait tr&#232;s beau mais &#8230; Un peu plus loin, un groupe de b&#233;douins baladait des touristes dans des 4x4 en jouant aux cow-boys. A 20 m de notre bivouac, au pied des falaises, se trouvait un petit terril de bo&#238;tes de conserves vides, d'emballages et d'autres d&#233;chets. Cela g&#226;che tout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on part comme &#231;a, on est toujours tr&#232;s occup&#233; ; il faut &#234;tre tr&#232;s concentr&#233;, une petite erreur peut co&#251;ter tr&#232;s cher quand il fait -40&#176; : tu t'arr&#234;tes pour boire ; tu oublies tes gants, ils s'envolent ! Une seule solution : prendre des bas et les enfiler autour de tes mains sinon tes doigts g&#232;lent tout de suite, ils deviennent noirs et se gangr&#232;nent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu d'aventure donne beaucoup de &#171; sel &#187; &#224; ce genre d'activit&#233;, on vit tr&#232;s intens&#233;ment. Je me consid&#232;re comme un sportif paresseux mais bien entra&#238;n&#233;. J'ai horreur d'&#234;tre fatigu&#233; ; j'essaye de doser mon effort. C'est un grand plaisir physique, presque sensuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, je suis parti avec des plus jeunes, certains avaient presque l'&#226;ge de mes enfants. Une v&#233;ritable cure de jouvence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette passion a &#233;t&#233; au centre de ma vie ! Ma premi&#232;re femme disait que j'&#233;tais un adolescent attard&#233;. J'ai, en effet, termin&#233; ma jeunesse plus tardivement que la plupart de mes semblables. C'&#233;tait en f&#233;vrier 2012, &#224; 73 ans sur le plateau du Vercors. Pendant cette derni&#232;re randonn&#233;e dans la neige et la temp&#234;te, je me suis &#233;puis&#233;, j'ai eu un malaise et mes amis ont d&#251; appeler le 112. J'ai &#233;t&#233; rapatri&#233; &#224; l'h&#244;pital de Grenoble. Maintenant je marche &#224; du 3km/h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adolescence est l'&#226;ge des projets. L'&#226;ge adulte, celui du bon &#233;quilibre entre projets et r&#233;alisations. La vieillesse est l'&#226;ge des souvenirs. Un des buts de ma pr&#233;sence ici est de fixer dans ma m&#233;moire mes bons souvenirs. Je peux ainsi parler de ce que j'ai fait et donc un peu les revivre et transmettre peut-&#234;tre ma passion !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La veill&#233;e (Lucienne)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie (A&amp;T)</dc:creator>


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Loisirs, jeux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'histoire se passe en 1952, un soir d'&#233;t&#233;. Il fait tr&#232;s chaud. Il y a de l'orage dans l'air. Nous sommes &#224; la campagne, pr&#232;s de Wavre, en Brabant wallon. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des petites maisons ouvri&#232;res sont group&#233;es les unes contre les autres le long d'une chauss&#233;e. &#192; cette &#233;poque, peu de voitures circulent. Entre les groupes de maisons, on voit des prairies avec vaches et chevaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des familles, souvent nombreuses, vivent dans ces maisons. Les hommes partent au travail tr&#232;s t&#244;t le matin, vers 5 ou 6 heures. Ils vont &#224; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot174" rel="tag"&gt;Loisirs, jeux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'histoire se passe en 1952, un soir d'&#233;t&#233;. Il fait tr&#232;s chaud. Il y a de l'orage dans l'air. Nous sommes &#224; la campagne, pr&#232;s de Wavre, en Brabant wallon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des petites maisons ouvri&#232;res sont group&#233;es les unes contre les autres le long d'une chauss&#233;e. &#192; cette &#233;poque, peu de voitures circulent. Entre les groupes de maisons, on voit des prairies avec vaches et chevaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des familles, souvent nombreuses, vivent dans ces maisons. Les hommes partent au travail tr&#232;s t&#244;t le matin, vers 5 ou 6 heures. Ils vont &#224; l'usine au village voisin. Ou ils prennent le train pour travailler &#224; Bruxelles. C'est le cas de mon papa. Les femmes s'occupent de la maison : m&#233;nage, lessive, repas, couture, repassage, potager, enfants, courses&#8230; Elles ne se reposent pas beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 18 heures, les hommes rentrent du travail. Un bon repas familial r&#233;unit tout le monde autour de la table. La fatigue est l&#224;. Mais personne ne raterait ce moment d&#233;licieux : la veill&#233;e. Ce moment de d&#233;tente entre voisins !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le trottoir, devant la maison de Jean, de Laure ou de Denise, les adultes se r&#233;unissent. Ils viennent chacun avec leur chaise. Les enfants courent et jouent autour de ces petites r&#233;unions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Il fait tr&#232;s chaud et l'air est &#233;lectrique ce soir. Un gros orage se pr&#233;pare. As-tu vu ce ciel rouge ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Pourvu qu'il ne pleuve pas trop&#8230; mes pauvres l&#233;gumes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; J'ai entendu que la fille de Marie et Robert va se marier. Il para&#238;t que la robe a co&#251;t&#233; tr&#232;s cher. O&#249; vont-ils chercher tout cet argent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, bla bla bla&#8230; Chacun apporte le dernier ragot, gentilles et m&#233;chantes nouvelles. On partage soucis et plaisirs de la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout-&#224;-coup, de grands &#233;clairs violents d&#233;chirent le ciel. De gros bruits de tonnerre suivent. Impressionnant ! Cela dure longtemps, mais il ne pleut pas : c'est un orage d'&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi, j'ai 13 ans. Je suis secr&#232;tement amoureuse du fils de Jean. Il s'appelle Marc. Il a 15 ans. Il ne me regarde pas. Je suis trop gamine. Je joue encore avec son petit fr&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me cache au fond du couloir de la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Marc, je n'aime pas cet orage, j'ai peur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il vient s'asseoir pr&#232;s de moi. Il met son bras autour de mes &#233;paules et d&#233;pose tout doucement ses l&#232;vres sur les miennes. Mon premier baiser ! Je suis au Paradis !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une soir&#233;e en famille (Jeannine)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1109</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie (A&amp;T)</dc:creator>


		<dc:subject>Loisirs, jeux</dc:subject>
		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous sommes en 1949. La guerre est termin&#233;e depuis dix ans. Nous vivons en paix, simplement. Nous n'avons pas la t&#233;l&#233;vision, ni le t&#233;l&#233;phone mobile, ni internet. Ce n'est qu'en 1953 que de nombreux belges feront l'achat de leur premi&#232;re t&#233;l&#233;vision noir et blanc. A l'occasion du couronnement de la reine Elisabeth II d'Angleterre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la maison de mes parents, la salle de bain et le chauffage central ne sont pas encore install&#233;s. On se lave donc &#224; l'&#233;vier. On se chauffe gr&#226;ce au po&#234;le &#224; charbon. Les (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous sommes en 1949. La guerre est termin&#233;e depuis dix ans. Nous vivons en paix, simplement. Nous n'avons pas la t&#233;l&#233;vision, ni le t&#233;l&#233;phone mobile, ni internet. Ce n'est qu'en 1953 que de nombreux belges feront l'achat de leur premi&#232;re t&#233;l&#233;vision noir et blanc. A l'occasion du couronnement de la reine Elisabeth II d'Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la maison de mes parents, la salle de bain et le chauffage central ne sont pas encore install&#233;s. On se lave donc &#224; l'&#233;vier. On se chauffe gr&#226;ce au po&#234;le &#224; charbon. Les soir&#233;es en famille se passent dans la salle &#224; manger. La radio propose des chansons, des airs de musique agr&#233;ables. Autour de la table, maman organise le repas. Le plus souvent des tartines au fromage, du riz, des c&#233;r&#233;ales. Ma grand-m&#232;re, toujours pr&#233;sente, transforme parfois le vieux pain en un d&#233;licieux dessert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Je vais vous faire du pain perdu, dit-elle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tremper les tartines dans le lait et dans l'&#339;uf. Cuire &#224; la po&#234;le. Recouvrir de sucre. Nous adorons ce pain- l&#224; ! Mon p&#232;re r&#233;sume les &#233;v&#232;nements de la journ&#233;e. De temps en temps, il nous permet de parler d'un jeu, d'une aventure. Mon fr&#232;re est le plus &#226;g&#233;, c'est lui qui raconte. Nous n'avons pas souvent la parole &#224; table. Les enfants doivent respecter le calme du repas. Quand maman fait la vaisselle, elle chante. Maman a une tr&#232;s jolie voix. Comme toujours, c'est elle qui met de l'ambiance. Elle connait beaucoup de chansons. Toutes racontent une histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; D&#233;p&#234;chons-nous de d&#233;barrasser la table. Ils vont arriver !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs fois par semaine, les grands parents, tante et oncle viennent nous rejoindre. Depuis toujours, les r&#233;unions en famille sont incontournables. Quand la radio ne diffuse pas de pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre, nous jouons aux cartes. Le Rami et surtout le Nain Jaune. Un jeu ancien tr&#232;s amusant ! A ce jeu, il faut payer &#224; l'aide de jetons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Mais&#8230;nous n'avons pas les jetons ! Impossible de jouer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Pas grave. Je vais arranger &#231;a, dit maman&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En faisant des confitures de prunes, elle a r&#233;cup&#233;r&#233; les noyaux. Lav&#233;s et s&#233;ch&#233;s, ils nous serviront pour payer la mise du Nain Jaune. Ce sont ces noyaux de prune, sans doute, qui nous font tant rire. Nous sommes tr&#232;s souvent 8 ou 9 personnes autour de la table. Les parties s'animent. Maman fredonne en suivant le fond sonore de la radio. Parfois, nous accompagnons la chansonnette. Nous reprenons tous ensemble le refrain. &lt;br class='autobr' /&gt;
La chaleur de la pi&#232;ce est agr&#233;able. Un gros feu en fonte est aliment&#233; au charbon. De temps en temps mon p&#232;re se l&#232;ve :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Je dois charger le feu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il utilise un seau verseur. Il soul&#232;ve le couvercle du po&#234;le. Le charbon se d&#233;verse dans la bouche ouverte du foyer. La soir&#233;e se prolonge :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Il est temps d'aller dormir les enfants !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un baiser rassurant nous garantit une bonne nuit. Les adultes continuent le jeu. Les rires, les exclamations se poursuivent. Ils sont heureux. Ils se s&#233;parent enfin. Ils savent qu'ils se retrouveront un autre soir. Ils partageront les m&#234;mes plaisirs simples. Le calme revient, la radio est silencieuse Le feu s'&#233;teint doucement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demain il faudra secouer les cendres. Maman s'en chargera en chantant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Je m'ouvre au monde (Jean-Pierre L.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1071</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1071</guid>
		<dc:date>2015-08-26T08:40:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Voyages</dc:subject>
		<dc:subject>Loisirs, jeux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La poste &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai pass&#233; les 18 premi&#232;res ann&#233;es de mon existence au Congo. J'avais 10 ans, et la vie s'&#233;coulait tranquillement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon imagination s'envolait. Au sens r&#233;el du mot. Mes h&#233;ros de l'&#233;poque embarquaient sur des fus&#233;es et naviguaient dans l'espace sid&#233;ral, vers les &#233;toiles, entour&#233;s d'une fantasmagorie technique, faite de rayons paralysants, de moteurs atomiques&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le service des postes qui m'a, en grand, ouvert le monde. A 11 ans, j'ai &#233;t&#233; pris par la passion de la philat&#233;lie. Mais comment (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La poste &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai pass&#233; les 18 premi&#232;res ann&#233;es de mon existence au Congo. J'avais 10 ans, et la vie s'&#233;coulait tranquillement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon imagination s'envolait. Au sens r&#233;el du mot. Mes h&#233;ros de l'&#233;poque embarquaient sur des fus&#233;es et naviguaient dans l'espace sid&#233;ral, vers les &#233;toiles, entour&#233;s d'une fantasmagorie technique, faite de rayons paralysants, de moteurs atomiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le service des postes qui m'a, en grand, ouvert le monde. A 11 ans, j'ai &#233;t&#233; pris par la passion de la philat&#233;lie. Mais comment d&#233;passer la r&#233;colte, facile et banale, des timbres du Congo ? Je ne progressais que de quelques timbres par mois. Avec peu de vari&#233;t&#233;s. Comment acc&#233;der &#224; des &#233;changes plus lointains, et plus fournis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais remarqu&#233; que la plupart des produits alimentaires d'usage courant, que nous utilisions, provenaient de tr&#232;s loin. Quasiment, du bout du monde&#8230; Le Congo ne produisant que des mati&#232;res premi&#232;res. Chaque emballage portait l'adresse du fabricant. Inconscient de mon audace j'ai ainsi &#233;crit en Nouvelle Z&#233;lande, dans le Pacifique sud, &#224; Auckland. A l'adresse d'une grosse laiterie qui nous exp&#233;diait le beurre sal&#233; que nous consommions. J'ai &#233;crit au si&#232;ge central du Th&#233; Lipton, au Sri Lanka, Ceylan. J'ai &#233;crit &#224; Nestl&#233;, en Suisse, au si&#232;ge central de Vevey. En Egypte, &#224; une marque de cigarettes, au tabac oriental. Puis &#224; Bordeaux, au si&#232;ge social des grands vins Calvet. A Sao Paulo, au Br&#233;sil, j'ai &#233;crit &#224; la soci&#233;t&#233; qui mettait en bouteille le piment liquide Tabasco. Et durant 10 ans, je suis rest&#233; en correspondance avec le jeune fils br&#233;silien de l'industriel. Avec qui je finissais par &#233;changer des petits disques de musique, en 45 tours. Etrangement, j'ai aussi &#233;crit en Finlande, &#224; l'ambassadeur de Turquie. Je ne me souviens plus comment j'&#233;tais tomb&#233; sur cette &#233;trange adresse finlandaise. L'inconscience de l'&#226;ge tendre ? C'est le fils de l'ambassadeur turc qui m'a r&#233;pondu, et a maintenu le contact, durant un bon moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le miracle, c'est que pratiquement tous les destinataires r&#233;pondaient. Dans une enveloppe, je glissais 50 timbres oblit&#233;r&#233;s du Congo. Je pr&#233;cisais que j'&#233;tais &#233;colier, et que je serais ravi d'obtenir une r&#233;ponse, et&#8230;des timbres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse, sur papier &#224; en-t&#234;te de firme, &#233;tait souvent libell&#233;e comme suit :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Mon petit gar&#231;on, nous te remercions pour ton envoi. Comme tu pourras le comprendre, notre activit&#233; principale n'est pas la collection des timbres. N&#233;anmoins, Monsieur &#171; untel &#187; de notre soci&#233;t&#233; se fera un plaisir de continuer les &#233;changes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'univers s'ouvrait. Tout devenait possible. Je piquais le doigt sur la carte du monde. Je cherchais une marque commerciale, produite par le pays d&#233;sir&#233;, et&#8230;j'&#233;crivais. La distance n'&#233;tait plus qu'un &#233;l&#233;ment accessoire. La philat&#233;lie ne se r&#233;sumait pas &#224; l'envoi, au bout du monde, de petits bouts de papier. C'&#233;tait devenu le symbole de ma libert&#233; d'action. J'&#233;crivais en fran&#231;ais, ou dans un charabia d'anglais. Mais le Br&#233;sil et la Finlande me r&#233;pondaient en fran&#231;ais. Et tr&#232;s jeune j'ai &#233;t&#233; oblig&#233; de tenir un petit registre de ma correspondance. Je reprenais les dates d'envoi, les produits philat&#233;liques envoy&#233;s, avec leur n&#176;de r&#233;f&#233;rence au catalogue. Ainsi que les th&#232;mes discut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comptable de l'usine d'embouteillage de vins, Calvet, &#224; Bordeaux, avait la mauvaise habitude de m'envoyer quantit&#233;s de timbres d&#233;fectueux. Il leur manquait des dentelures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme r&#233;ponse &#224; mes r&#233;clamations, le comptable, tr&#232;s d&#233;sinvolte&#8230;me conseillait de &#8230;jeter les timbres de France d&#233;fectueux qu'il exp&#233;diait, sciemment, au c&#339;ur de l'Afrique, &#224; 12.000 km de distance. Il devait se dire que ce stupide gamin (moi), ne devait pas trop voir la diff&#233;rence. Je trouvais cette mentalit&#233; r&#233;voltante. Mais je le m&#233;nageais, n&#233;anmoins, car, heureusement, certains des timbres &#233;taient intacts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1958, quand est arriv&#233; le moment de quitter le Congo, pour rentrer suivre mes &#233;tudes &#224; Leuven, &#224; l'&#233;poque, encore francophone, j'ai contact&#233; tous les correspondants qui m'&#233;taient rest&#233;s fid&#232;les, et je leur ai annonc&#233; que je n'aurais plus ni le temps, ni l'esprit pour maintenir ouvertes nos correspondances. C'&#233;tait, en fait, l'officialisation qu'une p&#233;riode de ma vie se terminait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lectures&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es s'&#233;coulaient. Ma vie communautaire n'&#233;tait pas toujours facile. En effet, par mes go&#251;ts j'&#233;tais assez isol&#233; de mes camarades de classe. Je ne partageais aucun de leurs centres d'int&#233;r&#234;t. Je n'&#233;tais pas sportif, &#233;tant ainsi &#224; contre-courant de mon environnement, o&#249; toutes les apr&#232;s-midi sont consacr&#233;es au sport. Je n'&#233;tais pas scout, autre cause d'isolement social. Je ne me laissais pas aller aux confidences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, j'&#233;tais tr&#232;s &#171; accroc &#187; &#224; la biblioth&#232;que publique. Cela ne contribuait pas &#224; me rapprocher de mes condisciples. Et mes lectures &#233;taient malheureusement entam&#233;es au hasard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je retombais sur la production litt&#233;raire des ann&#233;es 1955, qui rapportait la vision pessimiste de l'apr&#232;s-guerre, ou de la guerre civile d'Espagne, qui l'avait pr&#233;c&#233;d&#233;. Et il y avait l'obs&#233;dante guerre d'Indochine, qui se terminait lentement. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi que par mes lectures, j'acqu&#233;rais le sentiment, la certitude, que ce serait bient&#244;t &#224; mon tour de monter la garde &#224; la fronti&#232;re, et de partir, lors du service militaire d&#233;fendre notre occident menac&#233; par l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mes profs, ces h&#233;ros&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un de nos professeurs avait eu l'id&#233;e g&#233;n&#233;reuse de r&#233;unir cinq de ses &#233;l&#232;ves, chez lui, autour d'une tasse de th&#233;, afin de feuilleter et commenter des livres d'art, de l'&#233;diteur Skira, d&#233;di&#233;s &#224; l'histoire de la peinture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous examinions ainsi, sagement, des reproductions de tableaux de l'&#233;poque Renaissance, Baroque ou moderne. C'&#233;tait un doublon de l'atmosph&#232;re du film, le &#171; cercle des po&#232;tes disparus &#187;. Ce spectacle met en sc&#232;ne un professeur qui essaie d'apprivoiser une classe d'&#233;l&#232;ves r&#233;volt&#233;s contre la discipline, en les initiant &#224; la po&#233;sie et aux belles lettres. Et comme dans le film, nous h&#233;sitions, entre une opposition sournoise contre l'ordre &#233;tabli, scolaire, ou les avantages que l'on pouvait tirer de la collaboration avec le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions le sentiment d'&#234;tre &#224; la crois&#233;e des chemins. Il y avait bien les voies traditionnelles, acad&#233;miques. Mais nous cherchions, intuitivement, des sentiers plus passionnants, ou plus originaux. Toutes sortes d'id&#233;es circulaient et s'opposaient. Nous avions beau &#234;tre au centre de l'Afrique et de ses &#171; t&#233;n&#232;bres &#187;, n&#233;anmoins, avec un peu de retard, toutes les facettes attrayantes de la civilisation nous parvenaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos profs avaient bourlingu&#233;. Notre professeur de physique avait particip&#233; &#224; une exp&#233;dition scientifique en Antarctique. Notre professeur d'anglais avait consacr&#233; ses cong&#233;s d'&#233;t&#233; &#224; une d&#233;couverte des USA. Il nous parlait de toutes les &#233;tranget&#233;s de ce monde, tr&#232;s diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au pr&#234;tre qui nous donnait la religion, sa passion &#233;tait l'observation des chauve-souris. Il les observait dans des grottes. Curiosit&#233; bien inoffensive. Ce qui &#233;tait moins courant, c'est que le pr&#234;tre chassait aussi le buffle. Circulant en moto, le week-end, il s'avan&#231;ait en brousse, seul, et loin, &#224; l'encontre de toute r&#232;gle de s&#233;curit&#233;. Il trouva un buffle. Il tira, le blessa. Le fauve le chargea, lui ouvrit l'estomac et, heureusement, ne s'acharna pas. L'abb&#233;, assomm&#233;, se r&#233;veilla, la nuit. Ses intestins sortaient de son estomac. Il nous raconta qu'il r&#233;ussit &#224; remettre ses boyaux, &#224; peu pr&#232;s en place. En titubant il marcha longtemps, avant de rencontrer un indig&#232;ne qui puisse le ramener &#224; la ville et &#224; l'h&#244;pital. Il surv&#233;cut. Et, par apr&#232;s, il &#233;tait tr&#232;s fier de nous montrer, au cours de religion, l'impressionnante cicatrice qui balafrait son estomac. Nous &#233;tions conscients d'avoir affaire &#224; des moines guerriers, et non &#224; de petits abb&#233;s de salon. Le cours de religion pouvait &#234;tre passionnant, certains jours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dessine-moi quelque chose de joli (Jean-Pierre L.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1063</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1063</guid>
		<dc:date>2015-03-22T15:32:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Cultures autres</dc:subject>
		<dc:subject>Loisirs, jeux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'ai v&#233;cu les 18 premi&#232;res ann&#233;es de ma vie au Congo belge. Les livres ont toujours eu beaucoup d'importance dans mon existence. Ils m'ont orient&#233; dans des mondes fantastiques. Mais les d&#233;buts furent difficiles &#8230; Au Congo, pendant la 2e guerre mondiale, on ne trouvait pas le moindre livre pour enfants. Afin de me montrer quelques images, qui soient &#224; ma port&#233;e de compr&#233;hension, ma m&#232;re imagina de d&#233;couper des photos publicitaires dans les magazines am&#233;ricains qui nous parvenaient, durant la guerre, (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;J'ai v&#233;cu les 18 premi&#232;res ann&#233;es de ma vie au Congo belge. Les livres ont toujours eu beaucoup d'importance dans mon existence. Ils m'ont orient&#233; dans des mondes fantastiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais les d&#233;buts furent difficiles &#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Congo, pendant la 2e guerre mondiale, on ne trouvait pas le moindre livre pour enfants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Afin de me montrer quelques images, qui soient &#224; ma port&#233;e de compr&#233;hension, ma m&#232;re imagina de d&#233;couper des photos publicitaires dans les magazines am&#233;ricains qui nous parvenaient, durant la guerre, au Congo. &lt;br&gt;
Dans le c&#233;l&#232;bre magazine Life, on trouvait de pleines pages, en couleurs, d&#233;di&#233;es au lait Klim, avec de sympathiques vaches, souriantes&#8230;&lt;br&gt;
Les pneumatiques Good Year, avaient comme mascotte un petit gar&#231;on, tenant une bougie allum&#233;e, qui s'appuyait contre un pneu. &lt;br&gt;
Les publicit&#233;s les plus frappantes &#233;taient celles de Coca Cola, qui mettaient en sc&#232;ne le P&#232;re No&#235;l, avec son traineau de rennes, livrant des bouteilles de Coca. &lt;br&gt;
Ayant coll&#233;, dans un grand carnet de r&#233;cup&#233;ration, toutes ces feuilles d&#233;coup&#233;es, ma m&#232;re me commentait ces images commerciales, aux couleurs gaies et intrigantes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#251; avoir acc&#232;s &#224; d'autres livres pour enfants. Mais je n'en ai pas gard&#233; de souvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;v&#233;lation fut la d&#233;couverte des magnifiques aventures de Tarzan, dans la version d'origine, dessin&#233;e avant-guerre aux USA.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces albums se distinguaient par la qualit&#233; de leur graphisme, de leurs couleurs, et par un sc&#233;nario tr&#232;s ing&#233;nieux. Toute cette fantasmagorie enflammait l'imagination d'un enfant qui manquait de points de comparaison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etrangement, c'est en pleine brousse, que ces livres dessin&#233;s furent mis &#224; ma port&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
La forte emprise du d&#233;cor tropical dans lequel je vivais s'ajouta &#224; l'&#233;motion esth&#233;tique &#233;prouv&#233;e par le d&#233;frichement des cases dessin&#233;es et colori&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assez &#233;trangement, ces deux albums de Tarzan me furent pr&#234;t&#233;s par la famille d'un &#233;leveur de b&#233;tail, qui s'&#233;tait &#233;tabli dans les hauts plateaux des Marungu, &#224; 300 km de la ville d'Albertville, (l'actuelle Kalemi&#233;), la ville o&#249; nous vivions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Petite digression et excursion sur le plateau des Marungu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour pouvoir occasionnellement respirer, en montagne, un air un peu moins torride, ma m&#232;re emmenait, cette ann&#233;e-l&#224;, ses deux fils durant quelques jours. &lt;br&gt;
Une excursion qui &#233;tait une v&#233;ritable exp&#233;dition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout commen&#231;ait par une longue navigation sur le lac Tanganyika. &lt;br&gt;
Plein sud. Sur un gros vapeur, le Baron Danis. &lt;br&gt;
Embarqu&#233;s, &#224; Albertville, au coucher du soleil, on arrivait &#224; l'aube au large du village de Moba, adoss&#233; aux premiers contreforts des hauts plateaux, objets de nos efforts. &lt;br&gt;
Au port de Moba, il n'existait aucune estacade pour amarrer le bateau. &lt;br&gt;
Le vapeur s'ancrait donc au large, &#224; 300 m du rivage. &lt;br&gt;
Le d&#233;barquement commen&#231;ait par le d&#233;chargement d'une vingtaine de vaches, entrepos&#233;es dans la cale. &lt;br&gt;
Un c&#226;ble enroul&#233; autour de leurs cornes, les vaches &#233;taient soulev&#233;es par un treuil depuis la cale, et d&#233;pos&#233;es dans l'eau du lac. &lt;br&gt;
Les vaches, lib&#233;r&#233;es du c&#226;ble, comprenaient vite et nageaient vers le rivage. &lt;br&gt;
Les crocodiles du lac, n'&#233;tant pas inform&#233;s des dates et des heures de ces d&#233;barquements, tout se passait bien. &lt;br&gt;
Pour d&#233;barquer, sans estacade, la dizaine de passagers, il y avait une grosse baleini&#232;re, accol&#233;e &#224; l'&#233;chelle de coup&#233;e. &lt;br&gt;
Une chaise en osier, avec accoudoirs, &#233;tait pr&#233;vue pour le pr&#234;tre. (S'il y en avait un &#224; bord).&lt;br class='autobr' /&gt;
Une autre chaise attendait ma m&#232;re. &lt;br&gt;
Arriv&#233;e, sans encombre, au rivage. &lt;br&gt;
Accueil par les belges du village, &#224; qui nous avions &#233;t&#233;s recommand&#233;s. &lt;br&gt;
Apr&#232;s le rassemblement des bagages, nous embarquons dans un camion benne. &lt;br&gt;
Ma m&#232;re et ses deux fils, &#224; l'avant, &#224; c&#244;t&#233; du chauffeur du camion. &lt;br&gt;
Nos valises, dans la benne, au milieu d'autres passagers. &lt;br&gt;
Le camion commence sa lente mont&#233;e dans l'escarpement qui domine le lac, et se dirige vers un haut plateau fertile, o&#249; l'herbe nourrici&#232;re permet l'&#233;levage du b&#233;tail, dans une zone exempte de la mouche ts&#233;-ts&#233;, qui transmet la maladie du sommeil. &lt;br&gt;
La mauvaise piste de montagne est &#233;troite et raide. &lt;br&gt;
Une grosse voiture arrive en sens inverse. &lt;br&gt;
Le camion serre trop sur sa droite, d&#233;rape sur le bord de la route, et tombe dans le vide. &lt;br&gt;
Un arbre arr&#234;te le pesant v&#233;hicule. &lt;br&gt;
On d&#233;barque. Emus, &#233;berlu&#233;s, mais indemnes. &lt;br&gt;
La grosse voiture s'est arr&#234;t&#233;e. &lt;br&gt;
C'est celle du m&#233;decin de l'Etat, en charge de cette r&#233;gion. &lt;br&gt;
Le docteur nous r&#233;conforte et nous conduit &#224; son domicile. &lt;br&gt;
Pour nous ragaillardir, son &#233;pouse, madame V. nous sert un repas. &lt;br&gt;
Je me souviens de blanc de poulet, aux pommes de terre pur&#233;e. Le plat me semble d&#233;licieux. &lt;br&gt;
Apr&#232;s avoir failli dispara&#238;tre dans le gouffre de la montagne, la vie retrouve sa s&#233;duction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous continuons notre lente progression vers le g&#238;te de Kagera. &lt;br&gt;
Un hameau &#233;tabli sur le haut plateau des Marungu. &lt;br&gt;
Notre destination est une maison d'&#233;tape, tr&#232;s simple. &lt;br&gt;
Un toit de paille, et une chemin&#233;e, car &#224; cette altitude il fait froid la nuit. &lt;br&gt;
A la nuit tomb&#233;e, un bon feu fut allum&#233;. Les deux enfants prirent leur petit bain, devant&lt;br class='autobr' /&gt;
le foyer, dans un grand bassin de zinc, servant &#224; laver le linge. &lt;br&gt;
Le lendemain, premi&#232;re promenade dans les alentours, et d&#233;couverte dans la poussi&#232;re du sol des nettes empreintes d'un l&#233;opard qui, la nuit, avait rod&#233; autours de la maison. &lt;br&gt;
Le l&#233;opard s'int&#233;resse &#224; notre logis car il est tr&#232;s amateur de chiens domestiques, qu'il faut mettre &#224; l'abri pour la nuit. &lt;br&gt;
Nos voisins les plus proches sont les fermiers d'une ferme d'&#233;levage de b&#233;tail. &lt;br&gt;
Bien qu'habitant loin de tout, les fils du fermier &#233;taient bien approvisionn&#233;s en bandes dessin&#233;es. &lt;br&gt;
J'ai gard&#233; souvenir de deux albums de Tarzan, en anglais. &lt;br&gt;
Dessin&#233;s, avant-guerre, aux Etats-Unis. &lt;br&gt;
Un excellent sc&#233;nario. Des couleurs agr&#233;ables. Un somptueux dessin. &lt;br&gt;
A l'heure actuelle, &#224; notre &#233;poque qui d&#233;borde d'une abondance d'images, de photos en pleine page, de couleurs &#233;clatantes, il est difficile, d'imaginer la disette des publications, destin&#233;es aux enfants, dans les ann&#233;es 1946. &lt;br&gt;
Il n'y avait, alors, que tr&#232;s peu de moyens d'&#233;dition consacr&#233;s au minuscule march&#233; commercial des adolescents. &lt;br&gt;
Les aventures de B&#233;cassine, de l'&#233;l&#233;phant Babar, et des Pieds Nickel&#233;s, n'apportaient pas de gros &#233;l&#233;ments de r&#234;ve. &lt;br&gt;
La d&#233;couverte des dangereuses aventures de Tarzan, lues dans le d&#233;cor de la brousse des Marungu, au milieu d'une nature fruste, isol&#233;e, authentique, ces exploits de fiction marqu&#232;rent l'imagination d'un enfant tr&#232;s r&#233;ceptif. &lt;br&gt;
Je percevais instinctivement avoir plong&#233; dans un univers diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'excursion sur le plateau des Marungu se termina.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vols de retour vers la Belgique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour &#224; Albertville se fit sans probl&#232;mes. &lt;br&gt;
Arriva, en 1947, le moment du d&#233;part vers la Belgique. &lt;br&gt;
Tous les trois ans, mon p&#232;re, fonctionnaire colonial, disposait d'un cong&#233; de repos qu'il &#233;tait conseill&#233; de passer dans un pays temp&#233;r&#233;, afin de compenser la duret&#233; du climat &#233;quatorial des ann&#233;es &#233;coul&#233;es. &lt;br&gt;
La premi&#232;re &#233;tape du transfert de retour reliait Albertville et Elisabethville, capitale du Katanga. &lt;br&gt;
Le vol se faisait par l'interm&#233;diaire d'un petit bimoteur. &lt;br&gt;
Ces avions &#233;taient peu fiables. Les accidents n'&#233;taient pas rares. &lt;br&gt;
Ainsi, six mois plus t&#244;t, la m&#234;me ligne avait perdu un avion, identique &#224; celui que nous devions bient&#244;t emprunter. &lt;br&gt;
Il &#233;tait r&#233;ellement perdu. &lt;br&gt;
Puisque ce n'est qu'apr&#232;s trois semaines de recherches, qu'un chasseur indig&#232;ne retrouva la carcasse de l'appareil, et les corps&#8230;&lt;br&gt;
Malgr&#233; la perspective, peu r&#233;jouissante, d'utiliser la m&#234;me ligne, nous &#233;tions r&#233;sign&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'existait pas d'autre solution pratique. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation se discutait en public. Ma titulaire de classe, une des religieuses de l'&#233;cole, fit &#224; la classe un petit r&#233;sum&#233; de la situation. C'&#233;tait tr&#232;s franc. &lt;br&gt;
&#171; Notre ami Jean Pierre va rentrer en Belgique, dans 15 jours. &lt;br&gt;
Avec sa famille il va prendre l'avion qui nous survole tous les vendredis. &lt;br&gt;
Tous ensembles, nous allons prier, afin que tout se passe bien. &lt;br&gt;
Et, en plus, je vous invite, si cela vous est possible, &#224; communier ce dimanche, afin d'ajouter la force de vos intentions &#224; vos pri&#232;res. &#187; &lt;br&gt;
C'est ainsi, que d&#233;j&#224; tr&#232;s jeune, j'ai appr&#233;ci&#233; l'important r&#233;confort moral que repr&#233;sente l'approbation du groupe. Et, je per&#231;u surtout, le soutien qu'apportaient les forces spirituelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le soutien de ce petit nuage mystique, entour&#233; par les pri&#232;res formul&#233;es par ma classe, ce vol tant redout&#233;, entre Albertville et Elisabethville se passa bien. &lt;br&gt;
Je crois aussi, que selon les lois de la statistique, l'avion ne peut pas s'&#233;craser &#224; chaque vol&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y eut ensuite un vol entre le Katanga et la capitale L&#233;opoldville. &lt;br&gt;
Puis la remont&#233;e vers le nord de l'Afrique, avec un atterrissage de nuit &#224; Kano, au Nig&#233;ria. &lt;br&gt;
Une piste dans le d&#233;sert, la nuit. Et puis, l'atterrissage &#224; Melsbroek.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Belgique, de nouvelles d&#233;couvertes &#171; litt&#233;raires &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous logions chez la s&#339;ur de mon p&#232;re, pr&#232;s de Bruges. &lt;br&gt;
Le cong&#233; de mes parents durait six mois. On me pla&#231;a &#224; l'&#233;cole des filles du village. &lt;br&gt;
Les enseignantes, des nonnes, &#233;tant pourtant tr&#232;s r&#233;ticentes &#224; scolariser un petit gar&#231;on, dans une &#233;cole o&#249; il n'y avait que des filles. De plus je paraissais plus que mes sept ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce s&#233;jour &#224; Bruges je garde le souvenir d'avoir d&#233;couvert, au domicile de ma marraine, une biblioth&#232;que enfantine, approvisionn&#233;e par les meilleures bandes dessin&#233;es, disponibles &#224; l'&#233;poque. &lt;br&gt;
Ces albums appartenaient &#224; mes cousines. Elles &#233;taient &#224; la veille de se marier et n'avaient plus la t&#234;te &#224; s'occuper de leurs albums de bandes dessin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec ravissement que je d&#233;couvris cow-boys, pirates, batailles navales, et massacres&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une violence, inconnue jusqu'ici. &lt;br&gt;
Une fiction d&#233;brid&#233;e, loin des pieuses normes morales habituelles. &lt;br&gt;
Le tout enrob&#233; de couleurs vives, s&#233;duisantes, et dessin&#233; avec talent. &lt;br&gt;
A cela s'ajoutaient des r&#233;cits tr&#232;s concrets sur la R&#233;volution Fran&#231;aise, et ses exc&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des pages sur la guillotine, la description des files d'aristocrates et d'opposants qui marchaient vers la mort&#8230;&lt;br&gt;
Et c'est ainsi, qu'&#224; 8 ans, je d&#233;couvris qu'il n'allait pas de soi&#8230;.de rester en vie. &lt;br&gt;
Jusqu'alors, je n'avais jamais envisag&#233; le c&#244;t&#233; provisoire de l'existence. &lt;br&gt;
Vivre me semblait aller de soi. Vivre en s&#233;curit&#233;. &lt;br&gt;
Ainsi, pendant plusieurs jours, apr&#232;s ces lectures, subsista cette angoisse vis-&#224;-vis des violences de la R&#233;volution. &lt;br&gt;
Qu'allais-je devenir, quand mes parents seraient guillotin&#233;s ? &lt;br&gt;
Ces lectures d&#233;sordonn&#233;es, sans encadrement, ne me permettaient pas de comprendre qu'il s'agissait d'une &#233;poque r&#233;volue. &lt;br&gt;
Et toutes ces fictions violentes, cruelles, sanglantes, s'imprimaient dans mon esprit. &lt;br&gt;
Tous ces exc&#232;s devenaient la norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour &#224; Albertville et &#8230; stup&#233;faction &#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le s&#233;jour en Belgique se termina. &lt;br&gt;
De retour &#224; Albertville, &#224; l'&#233;tablissement scolaire dirig&#233; par les s&#339;urs blanches, ma m&#232;re me pr&#233;senta &#224; l'audition de la m&#232;re sup&#233;rieure. &lt;br&gt;
Ma m&#232;re expliqua mon absence, mes cours &#224; l'&#233;cole des filles d'Assebroek, pr&#232;s de Bruges.&lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#232;re sup&#233;rieure, tr&#232;s bienveillante, me sourit : &#171; Eh bien, tout cela est parfait, mon petit Jean Pierre. Tiens, dessine-moi quelque chose de joli, sur ce papier &#187;. &lt;br&gt;
On aurait dit que toutes les enseignantes de cet institut aimaient le dessin. &lt;br&gt;
Dessiner &#233;tait le d&#233;lassement de ma titulaire de classe. &lt;br&gt;
Un instant, j'ai r&#233;fl&#233;chi. &lt;br&gt;
Et j'ai commenc&#233; &#224; dessiner ce qui, en ce moment, devait me trotter en t&#234;te. &lt;br&gt;
Je dessinai&#8230;un grand gibet en bois. Soutenant un superbe pendu&#8230;&lt;br&gt;
Celui-ci, les yeux clos, la langue pendant hors de la bouche&#8230;exactement comme ce th&#232;me &#233;tait repr&#233;sent&#233; dans les bd de pirates&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut la consternation. La stup&#233;faction. &lt;br&gt;
Ma m&#232;re et la directrice se regard&#232;rent fixement. &lt;br&gt;
L'entretien fut abr&#233;g&#233;. &lt;br&gt;
Il n'y eut pas de cons&#233;quences d&#233;sagr&#233;ables. Ni r&#233;probation formul&#233;e, ni sanctions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je devenais un personnage&#8230;&#224; surveiller. &lt;br&gt;
Si l'on replace le minime incident, d'un test de dessin, &#224; l'&#233;poque actuelle, les cons&#233;quences auraient &#233;t&#233; diff&#233;rentes. &lt;br&gt;
Au minimum, il y aurait eu le choix, urgent, d'un psychologue enfantin. &lt;br&gt;
A notre &#233;poque, o&#249; certains &#233;coliers fuient l'&#233;cole, afin de prendre part au djihad en Syrie, un tel dessin, &#224; ce point morbide, aurait repr&#233;sent&#233; un sympt&#244;me &#233;vident d'une dangereuse pulsion criminog&#232;ne&#8230;&lt;br&gt;
J'ai conserv&#233; mon go&#251;t pour la bande dessin&#233;e. &lt;br&gt;
Et, dans ce domaine, rien n'a chang&#233;. &lt;br&gt;
Les th&#232;mes actuels font toujours appel au m&#234;me fond de violence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La rue, &#233;cole de la vie (Frida V.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1023</link>
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		<dc:date>2014-03-13T14:29:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Loisirs, jeux</dc:subject>
		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'ai quatre ans. Nous quittons l'appartement pour nous installer dans une maison. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je connais enfin les grands espaces : ma rue, le square qui jouxte la maison, le parc, les champs de fleurs de l'horticulteur, notre voisin, les potagers. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je peux rouler, en toute libert&#233;, avec mon v&#233;lo &#224; trois roues jusque tout au bout de la rue, je peux promener ma poup&#233;e dans son landau. &lt;br class='autobr' /&gt;
Petit &#224; petit, je fais la connaissance des enfants de mon quartier et je lie conversation avec les &#034;ketches&#034; de la cit&#233; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai quatre ans. Nous quittons l'appartement pour nous installer dans une maison.&lt;br&gt;
Je connais enfin les grands espaces : ma rue, le square qui jouxte la maison, le parc, les champs de fleurs de l'horticulteur, notre voisin, les potagers.&lt;br&gt;
Je peux rouler, en toute libert&#233;, avec mon v&#233;lo &#224; trois roues jusque tout au bout de la rue, je peux promener ma poup&#233;e dans son landau.&lt;br&gt;
Petit &#224; petit, je fais la connaissance des enfants de mon quartier et je lie conversation avec les &#034;ketches&#034; de la cit&#233; jardin. En leur compagnie, j'apprends une langue inconnue : le flamand ou plus exactement le patois flamand.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gar&#231;ons m'apprennent &#224; jouer aux billes, &#224; manier le sabre de bois, &#224; faire des bulles de savon, les plus grosses possible, en soufflant dans une pipe en terre. Sur le pas de la porte, je joue &#224; la d&#238;nette avec les filles, mes amies. Nous &#233;changeons nos poup&#233;es, nos bijoux, nous images, nos secrets. Assises en rond, nous chantons des comptines ou faisons des rondes dans le square. Les &#034;grandes&#034; dansent &#224; la corde ou jonglent avec les balles en les lan&#231;ant contre le mur &#034;qui est si dur&#034;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai quatre ans et ne fr&#233;quente pas encore l'&#233;cole, ma voisine. J'apprends sur le terrain : &#224; pr&#233;sent, je respecte mes d'un jeu, je suis &#224; l'&#233;coute de l'autre, j'apprends &#224; partager, je dialogue, je chante et danse, j'observe et je d&#233;couvre, je corrige mes maladresses.&lt;br&gt;
Je prends des baffes et les rends bien ! Je me dispute et me r&#233;concilie. Je suis confront&#233;e &#224; la jalousie, au mensonge, &#224; la convoitise, &#224; l'hypocrisie, au chagrin, au bonheur.&lt;br&gt;
Je d&#233;couvre la Vie.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfant unique, vivant en vase clos dans un appartement jusqu'&#224; l'&#226;ge de 4 ans, j'&#233;tais, pour mes parents, la 8e merveille du monde et pour rien au monde, je n'aurais os&#233; les contredire.&lt;br&gt;
Mon petit format passait, &#224; ses yeux, pour un premier &#226;ge prolong&#233;. Mais il y avait une autre v&#233;rit&#233;. Elle aimait me porter sur les bras, me lancer dans les airs, me rouler dans les coussins du divan. Avec papa, je d&#233;couvrais les livres, les gravures qu'il d&#233;roulait le soir pour me les raconter. Je l'accompagnais &#224; des expositions de peinture, chez les bouquinistes et les antiquaires et je d&#233;ambulais &#224; ses c&#244;t&#233;s dans les rues et les parcs bruxellois.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y avait une autre v&#233;rit&#233;. &lt;br&gt;
Mes amis qui partageaient mes jeux, je les regardais. Comme ces filles, qui dansaient &#224; la corde, &#233;taient belles, agiles, a&#233;riennes ! Comme ces gar&#231;ons, &#233;taient forts, intr&#233;pides, t&#233;m&#233;raires !&lt;br&gt;
Devant ces dieux de chair et d'os, je perdais mon intelligence, mon savoir universel, ma force, mon adresse f&#233;line, mon &#233;l&#233;gance de c&#339;ur, ma beaut&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais rencontr&#233; mes vrais juges, mes contemporains, mes pairs.&lt;br&gt;
Je n'en revenais de me d&#233;couvrir par eux. Je n'&#233;tais ni merveille, ni savante, ni adroite, ni athl&#233;tique. Je n'&#233;tais qu'une petite chose qui se fondait dans la masse et qui n'int&#233;ressait personne.&lt;br&gt;
Le soir, je retrouvais mon lit, mon havre.&lt;br&gt;
En r&#234;ve, je me vengeais de la souffrance du jour, par le massacre d'une arm&#233;e de danseurs &#224; la corde ou d'une chevauch&#233;e de mousquetaires.&lt;br&gt;
Au r&#233;veil, la r&#233;alit&#233; reprenait son cours. Je replongeais dans la Vie. La vraie : la vie de la rue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dissuasive, la censure ? (Mich G.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1012</link>
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		<dc:date>2014-01-27T09:51:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>Loisirs, jeux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je suis dans une salle obscure, avec une amie de classe. Nous sommes en rh&#233;to. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu nerveuses, nous rigolons b&#234;tement, nous transgressons ici une loi interne de l'Institut St Andr&#233;, la tr&#232;s catholique &#233;cole de Charleroi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avant de nous introduire dans la salle, nous avons surveill&#233; les alentours pour nous assurer qu'aucune surveillante ne r&#244;dait, pr&#234;te &#224; nous sauter dessus et nous interdire l'entr&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec pour cons&#233;quence, un passage muscl&#233; dans le bureau de la M&#232;re pr&#233;f&#232;te et 3 jours de renvoi pour (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot174" rel="tag"&gt;Loisirs, jeux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis dans une salle obscure, avec une amie de classe. Nous sommes en rh&#233;to.&lt;br&gt;
Un peu nerveuses, nous rigolons b&#234;tement, nous transgressons ici une loi interne de l'Institut St Andr&#233;, la tr&#232;s catholique &#233;cole de Charleroi. &lt;br&gt;
Avant de nous introduire dans la salle, nous avons surveill&#233; les alentours pour nous assurer qu'aucune surveillante ne r&#244;dait, pr&#234;te &#224; nous sauter dessus et nous interdire l'entr&#233;e.&lt;br&gt;
Avec pour cons&#233;quence, un passage muscl&#233; dans le bureau de la M&#232;re pr&#233;f&#232;te et 3 jours de renvoi pour faute grave&#8230; C'est qu'on ne badine pas avec la censure : la note &#034;&#224; d&#233;conseiller&#034; passe encore, mais &#034;&#224; proscrire !&#034;, la punition est assur&#233;e et sans appel. En sus, la convocation des parents et leur mise au courant, la honte, le savon de maman &#224; la clef, furieuse que sa fille ne suive pas le chemin de la d&#233;cence pr&#244;n&#233;e par la Sainte Eglise et donne le mauvais exemple &#224; ses jeunes fr&#232;res.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvenons-nous.&lt;br&gt;
En 1960, la censure des films &#233;tait sans appel et class&#233;e en 2 cat&#233;gories : Enfants admis EA jusque 15ans, et Enfants non admis ENA &#224; partir de 16 ans. Comme j'&#233;tais petite et ne paraissait pas mon &#226;ge, l'ouvreuse me demandait &#224; chaque fois ma carte d'identit&#233; et du coup la suspicion atteignait celles qui m'accompagnaient.&lt;br&gt;
Voil&#224; pour la censure officielle.&lt;br&gt;
Existait aussi la censure pr&#244;n&#233;e par les autorit&#233;s religieuses catholiques qui faisaient force de loi dans les milieux bien pensants et &#224; plus forte raison dans les instituts catholiques- coll&#232;ge et &#233;coles. Donc, la cat&#233;gorie ENA se divisait en cat&#233;gorie- Pour adultes, &#224; d&#233;conseiller et &#224; proscrire. &lt;br&gt;
Les films int&#233;ressants faisaient partie de ces 2 derni&#232;res.&lt;br&gt;
&#171; R&#233;alisme trop brutal, mise en br&#232;che des autorit&#233;s, vision romantique de l'amour libre, adult&#232;re et critique de la fid&#233;lit&#233; conjugale &#187; c'est le texte de la censure qui d&#233;crivait exactement les films de la nouvelle vague et ceux du r&#233;alisme italien tels que Truffaut, Malle, Godart et les autres Fellini, Antonioni.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ne parlons pas des thrillers de Hitchcock qui donnaient le frisson et des films intellectuels de Bergman, ce su&#233;dois d&#233;prav&#233; !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, &#224; part une &#233;l&#232;ve qui nous aurait aper&#231;ues et cafterait, nous sommes pr&#234;tes &#224; nous faire notre opinion sur ce film tant d&#233;cri&#233;.&lt;br&gt;
Et c'est ainsi que nous avons vu &#171; la Dolce Vita &#187; qui fut le premier film d'une longue s&#233;rie.&lt;br&gt;
Car non contentes de braver l'interdit avec d&#233;lectation, ce qui ajoutait du piment &#224; l'aventure, nous commencions seulement &#224; d&#233;couvrir un courant artistique passionnant qui au fil du temps n'a pas cess&#233; de nous int&#233;resser.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques films m'ont poursuivie longtemps.&lt;br&gt;
Avec toute une bande de copains et copines, je me vois, tass&#233;e dans mon fauteuil, les mains moites, les frissons le long de la colonne. Nous faisons moins les fi&#232;res ; la critique &#8211; ah ! ce cher S&#233;lim Sasson, le gourou de tous les cin&#233;philes qui s&#233;vissait sur la RTB &#8211; nous a avertis mais nous ne pouvons le rater ce tout nouveau film d&#8216;un auteur am&#233;ricain, ma&#238;tre du suspens qui fait des plans fabuleux et cis&#232;le ses images. &lt;br&gt;
Et puis, nous avons des cours de cin&#233;ma, cela ne peut qu'enrichir notre culture. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les derni&#232;res s&#233;quences, quand nous suivons la descente dans la cave, que le d&#233;tective touche l'&#233;paule de la femme et la retourne pour voir la momie grimacer sous le balancement de l'ampoule nue, je ne suis pas la seule &#224; pousser un cri. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs soirs suivants, honteuse d'avoir peur, j'ai demand&#233; &#224; l'un de mes fr&#232;res de m'accompagner dans ma petite chambre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne croyez pas que cette exp&#233;rience me d&#233;couragea et freina mes envies boulimiques de cin&#233;ma. Aujourd'hui encore, je reste &#224; l'aff&#251;t de bons films, refusant le m&#233;diocre et le banal. &lt;br&gt;
Et si j'entretiens les frissons, je monte vaillamment me coucher sans crainte de l'obscurit&#233; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une salle de classe&#8230;.. pour prier et bien d'autres choses (Yvette M.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1007</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1007</guid>
		<dc:date>2013-12-17T09:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>Loisirs, jeux</dc:subject>
		<dc:subject>Chr&#233;tien.ne (&#234;tre)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous l'ai dit : 8m sur 8 m. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au centre une colonne portante. Une charpente apparente. Au centre &#233;galement, un gros po&#234;le cylindrique, que l'on chargeait de charbon ou de briquettes. Le mobilier : les petits et les moyens avaient des pupitres offerts par la commune de Koekelberg, les grands s'installaient autour de tables fournies par la F.N.S.S. ( F&#233;d&#233;ration Nationale de Secours aux Sinistr&#233;s). &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque grand avait d&#251; apporter sa chaise. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique155" rel="directory"&gt;Mon enfance en Ardennes (Yvette M.)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot142" rel="tag"&gt;Ecole, &#233;tudes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot174" rel="tag"&gt;Loisirs, jeux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot186" rel="tag"&gt;Chr&#233;tien.ne (&#234;tre)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique155' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je vous l'ai dit : 8m sur 8 m.&lt;br&gt;
Au centre une colonne portante. Une charpente apparente. Au centre &#233;galement, un gros po&#234;le cylindrique, que l'on chargeait de charbon ou de briquettes. Le mobilier : les petits et les moyens avaient des pupitres offerts par la commune de Koekelberg, les grands s'installaient autour de tables fournies par la F.N.S.S. ( F&#233;d&#233;ration Nationale de Secours aux Sinistr&#233;s).&lt;br&gt;
Chaque grand avait d&#251; apporter sa chaise. &lt;br&gt;
Au mur : 2 tableaux, un mat&#233;riel p&#233;dagogique de fortune.&lt;br&gt;
Le chemin de l'histoire (ligne du temps) sur papier d'emballage, l'alphabet calligraphi&#233;, les cartes de g&#233;ographie &#233;lectriques, le rappel des pi&#232;ges de la table de multiplication, les formes g&#233;om&#233;triques accompagn&#233;es de leurs formules&#8230;&#8230;&lt;br&gt;
Dans le fond de la classe : une mini-biblioth&#232;que qui contenait quelques livres lus et relus : Kazan, Sans famille, L'&#238;le au tr&#233;sor&#8230;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette salle de classe fut utilis&#233;e pour bien d'autres choses !&lt;br&gt;
Le samedi, aid&#233; de ses plus grands &#233;l&#232;ves, Papa nettoyait la classe et le vestiaire. Les bancs et les tables &#233;taient empil&#233;s dans un coin. Il versait un grand seau d'eau et &#224; l'aide d'un racloir, il amenait cette eau charg&#233;e de toutes les salissures de la semaine vers un trou perc&#233; dans le plancher.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cr&#233;puscule, arrivaient C&#233;line et Marie Toussaint afin de pr&#233;parer un rite autrement important : la messe du dimanche matin. Ma s&#339;ur a&#238;n&#233;e se souvient qu'on improvisait un autel &#224; l'aide de deux tables mises bout &#224; bout et sur&#233;lev&#233;es par des caisses &#224; munitions. Une nappe &#233;tait pos&#233;e sur les tables. Deux douilles d'obus bien astiqu&#233;es ornaient l'autel.&lt;br&gt;
Un abb&#233; venait de Bastogne pour la c&#233;l&#233;bration. Les ornements liturgiques et autres objets sacr&#233;s ne restaient pas &#224; l'&#233;cole. Marie et C&#233;line les reprenaient chez elles apr&#232;s la messe.&lt;br&gt;
Comme sacristines elles avaient le droit de les toucher. Pour nous, c'&#233;tait interdit ! Mais plus quelque chose est d&#233;fendu, plus il est tentant, c'est bien connu. Je me rappelle qu'un samedi soir, puisque tout avait &#233;t&#233; religieusement install&#233; par C&#233;line et Marie, je suis all&#233;e toucher du bout des doigts un de ces objets sacr&#233;s.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la messe, surtout en hiver puisque l'on avait chauff&#233; le local, celui-ci se transformait assez vite en salle de jeux. Ce dont je me souviens le plus, ce sont les courses &#224; trottinette ou &#224; v&#233;lo autour du pilier central. Tr&#232;s vite apr&#232;s la guerre, Papa avait mis ses talents de bricoleur au service de ses enfants. Nous avons eu des trottinettes, des tra&#238;neaux pour les jours de neige, des &#233;chasses, une balan&#231;oire, un tourniquet ou plut&#244;t une sorte de mini-carrousel &#224; deux si&#232;ges qui pivotait autour d'un axe. Il n'a jamais tr&#232;s bien fonctionn&#233;. Je me souviens aussi des &#171; ratatas &#187;, cr&#233;celles en bon fran&#231;ais, qui servaient le samedi de P&#226;ques. Puisque les cloches, selon la l&#233;gende, n'avaient plus le droit de carillonner ni les clochettes de tinter, tous les gamins du village avaient un ratata pour le rite de la messe et pour la coutume ancestrale qui consiste &#224; qu&#233;mander des &#339;ufs dans toutes les maisons du village.&lt;br&gt;
&#171; Ratata, cwar&#232;m &#232; va ! Tindo vos o&#251;s, cwar&#232;m &#232; fo&#251; ! &#187;&lt;br&gt;
Les filles &#233;taient exclues de cette coutume. Occasion de frustration pour chacune d'entre nous.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le vestiaire de l'&#233;cole, Papa avait install&#233; un banc de menuisier et tous les outils n&#233;cessaires au m&#233;tier. Scier, raboter, poncer &#233;taient pour lui bonnes fa&#231;ons de se d&#233;tendre apr&#232;s une journ&#233;e de classe.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas tout dit &#224; propos des dimanches dans notre &#233;cole d&#233;barrass&#233;e de ses tables, chaises et bancs entass&#233; dans un coin. Nous y avions de l'espace, de la chaleur et la libert&#233; en plus.&lt;br&gt;
Ma s&#339;ur a&#238;n&#233;e devenait metteur en sc&#232;ne et animatrice d'une mini troupe de th&#233;&#226;tre.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se d&#233;guisait souvent. Les v&#234;tements envoy&#233;s des USA ou d'ailleurs, aux sinistr&#233;s ardennais, n'&#233;taient pas souvent appropri&#233;s. Mais pour jouer et se d&#233;guiser c'&#233;tait une mine d'or. Ils remplissaient un coffre en bois. Il est arriv&#233; deux fois que ce jeu soit pouss&#233; plus loin et que ma s&#339;ur a&#238;n&#233;e mette sur pied un vrai spectacle &#224; l'intention des adultes. De vieilles couvertures militaires accroch&#233;es aux solives d&#233;limitaient la sc&#232;ne et les coulisses. On avait convi&#233; d'autres enfants pour &#233;toffer la troupe. Au programme il y avait la mise en sc&#232;ne de textes de lecture ou d'une chanson de l'&#233;poque : &#171; Les trois cloches &#187; par exemple se pr&#234;tait bien &#224; cet exercice. Il y avait aussi l'une ou l'autre d&#233;clamation et quelques chansons. On demandait 5 frs de droit d'entr&#233;e.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, qui avais peur de tout et m&#234;me de mon ombre, les r&#244;les &#233;taient tr&#232;s secondaires.&lt;br&gt;
Si je me souviens bien je faisais surtout de la figuration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon fr&#232;re ne participait pas du tout. Il faudra un jour que je lui demande pourquoi !&lt;br&gt;
Ma petite s&#339;ur par contre &#233;tait dans son jeu favori. Sa vocation pour le th&#233;&#226;tre est peut-&#234;tre n&#233;e alors.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce grand local qu'&#233;tait l'&#233;cole a servi &#224; autre chose encore : en hiver, Maman y mettait sa lessive &#224; s&#233;cher. C'est &#224; cause de cela qu'il y eut un jour un d&#233;but d'incendie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1009' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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