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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>C'&#233;tait mieux avant&#8230;&#224; Palerme. (Lidia R.)</title>
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		<dc:subject>Voyages</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration europ&#233;enne et descendants</dc:subject>

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&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233;e &#224; Palerme o&#249; j'ai v&#233;cu mes plus belles ann&#233;es d'enfant jusqu'&#224; l'&#226;ge de 8 ans. Puis j'ai habit&#233; successivement en France, en Angleterre et une quarantaine d'ann&#233;es en Allemagne avant de venir m'installer &#224; Bruxelles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque pays a &#233;t&#233; un enrichissement personnel. En France, j'ai fait toutes mes &#233;tudes et obtenu des dipl&#244;mes universitaires. J'ai appris &#224; parler et &#224; penser comme les Fran&#231;ais. Et personne, dans ce pays, n'a imagin&#233; un seul instant que je (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot195" rel="tag"&gt;Immigration europ&#233;enne et descendants&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis n&#233;e &#224; Palerme o&#249; j'ai v&#233;cu mes plus belles ann&#233;es d'enfant jusqu'&#224; l'&#226;ge de 8 ans. Puis j'ai habit&#233; successivement en France, en Angleterre et une quarantaine d'ann&#233;es en Allemagne avant de venir m'installer &#224; Bruxelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque pays a &#233;t&#233; un enrichissement personnel. En France, j'ai fait toutes mes &#233;tudes et obtenu des dipl&#244;mes universitaires. J'ai appris &#224; parler et &#224; penser comme les Fran&#231;ais. Et personne, dans ce pays, n'a imagin&#233; un seul instant que je venais d'ailleurs. De l'Angleterre, o&#249; je ne suis rest&#233;e que deux ans, j'ai gard&#233; le go&#251;t des afternoon tea avec scones et du british breakfeast et la nostalgie des magnifiques jardins fleuris des Colleges. C'est l&#224; que j'ai rencontr&#233; mon futur mari qui m'a propos&#233; de d&#233;couvrir son pays. Je l'ai suivi en Allemagne, o&#249; je ne comptais rester que deux ans, le temps d'am&#233;liorer mes connaissances scolaires de sa langue. &#192; Br&#234;me, j'ai d&#233;couvert la culture, l'allemand du quotidien et les Br&#234;mois, plut&#244;t moroses, froids et renferm&#233;s dans un premier temps, mais se montrant tr&#232;s vite hospitaliers, chaleureux et serviables. J'ai fr&#233;quent&#233; l'universit&#233; &#034;Rouge&#034; si d&#233;cri&#233;e &#224; ses d&#233;buts et j'y ai m&#234;me enseign&#233; de longues ann&#233;es. J'ai mis au monde deux enfants mi- allemands, mi- fran&#231;ais avec une touche de sicilien tr&#232;s marqu&#233;e. Je n'ai pas r&#233;ussi ces exploits en deux ans, &#233;videmment. Il m'a fallu beaucoup plus de temps. Et maintenant j'habite &#224; Bruxelles depuis bient&#244;t 6 ans. C'est une ville cosmopolite o&#249; chaque personne peut y trouver sa place si elle veut s'int&#233;grer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, c'est toujours la Sicile qui fait battre mon c&#339;ur. Pourquoi reste-t-on attach&#233; &#224; son pays de naissance ? C'est la question que je me pose et &#224; laquelle je ne trouve pas de r&#233;ponse. Pourquoi cet attachement irrationnel ? &#201;videmment, il y a les souvenirs d'enfance. Une enfance heureuse et sereine malgr&#233; l'ombre de la mafia en arri&#232;re-fond. Il y a le ciel toujours bleu et un soleil ind&#233;fectible, la mer o&#249; aller se rafra&#238;chir en &#233;t&#233; et les pique-niques en for&#234;t. Il y a le bonheur d'appartenir &#224; une communaut&#233;, &#224; un quartier, &#224; une rue. On est des Palermitains parmi d'autres Palermitains. On a sa place dans cette ville. C'est une &#233;vidence. On parle tous le sicilien. Et aussi l'italien, plus ou moins bien, suivant notre niveau d'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, je parle couramment l'italien et moins bien le sicilien. Et m&#234;me beaucoup de jeunes Siciliens ne le parlent plus du tout. L'anglais s'est impos&#233; pour communiquer avec le reste du monde. C'est parfait. Mais pourquoi renoncer &#224; une partie de son identit&#233; ? Moi, je comprends encore tr&#232;s bien cette langue que certains d&#233;gradent au rang de dialecte. Et lorsque, dans les quartiers populaires de Palerme, j'entends des gens s'exprimer en sicilien, mon c&#339;ur bondit de joie. Je retrouve les sonorit&#233;s famili&#232;res de mon enfance, je suis &#224; nouveau la petite fille d'autrefois accompagnant sa m&#232;re au march&#233; ou suivant les instructions que son p&#232;re donne &#224; ses ouvriers. Je revois mon grand-p&#232;re nous offrant le fameux pupazzo en sucre &#224; la Toussaint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que du bonheur, loin des tracas des adultes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois que je retournais &#224; Palerme, je retrouvais la ga&#238;t&#233; et l'insouciance de mes jeunes ann&#233;es. &#192; mon retour dans mon pays d'adoption, mes proches constataient avec &#233;tonnement mon plaisir de raconter ma ville. Je parlais du soleil, de la promenade en bord de mer, des collines encerclant la ville, des d&#233;licieux pane e panelli et arancini achet&#233;s dans des kiosques sommaires, des gens assis aux terrasses des caf&#233;s &#224; l'ombre de parasols g&#233;ants et ceux, install&#233;s devant leur maison, toujours pr&#234;ts &#224; tailler la bavette &#224; un passant ou &#224; un voisin. Et surtout, surtout, le plaisir de respirer les odeurs fortes et persistantes de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'odeur de la sauce tomates &#224; l'heure du d&#233;jeuner dans les rues &#233;troites du centre ; l'odeur du caf&#233; et des p&#226;tisseries &#224; la ricotta d&#232;s le matin &#224; proximit&#233; des bars ; que dire de l'odeur qu'exhalent les olives &#233;rig&#233;es en pyramides et piquet&#233;es de fleurs comestibles, des fruits et l&#233;gumes de saison savamment mis en sc&#232;ne pour attirer le regard du chaland ? Les march&#233;s de Palerme sont r&#233;put&#233;s pour leur c&#244;t&#233; pittoresque. Les vendeurs prisent leurs marchandises &#224; tue-t&#234;te en faisant des jeux de mots. Et c'est &#224; qui criera le plus fort. Les m&#233;nag&#232;res t&#226;tent avec m&#233;fiance fruits et l&#233;gumes avant de se d&#233;cider, les gamins traversent en vespa les all&#233;es &#233;troites entre les &#233;talages, sans que personne ne s'en offusque. C'est de l'agitation constante. &#199;a parle, &#231;a bouge, &#231;a crie, &#231;a rit sans cesse. C'est la vie sous une lumi&#232;re &#233;blouissante !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, bien vite le ciel gris, le froid nordique et le manque de luminosit&#233; m'engourdissaient. La parenth&#232;se lumineuse se refermait jusqu'au prochain s&#233;jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre, j'ai pass&#233; dix jours &#224; Palerme avec mes fr&#232;res. Retour aux sources, ai-je pens&#233;. J'esp&#233;rais quoi ? Retrouver un peu de l'&#233;blouissement de mes pr&#233;c&#233;dents s&#233;jours. J'&#233;tais dans l'attente, l'expectative de retrouver la ville que j'avais laiss&#233;e trois ans auparavant. Erreur ! Palerme avait chang&#233;. Le centre n'appartient plus &#224; ses habitants, mais aux touristes, arriv&#233;s en masse, en cohortes avides de consommation. Ils ont envahi les incomparables march&#233;s du centre et tu&#233; le commerce. Ils d&#233;filent en troupeaux serr&#233;s derri&#232;re leur guide et tiennent leur sac &#224; dos bien serr&#233;s sur leur poitrine. Le message est clair : &#171; on sait que vous &#234;tes tous des voleurs, mais vous n'aurez pas acc&#232;s &#224; mon bien. &#187; C'est vexant et humiliant pour les Siciliens qui ne sont pas tous malhonn&#234;tes. Ces m&#234;mes touristes s'extasient devant une aubergine ou une figue de barbarie. Ils photographient tout, mais n'ach&#232;teront rien. Alors, les marchands, si hauts en couleur d'autrefois, ont ferm&#233; boutique. &#192; leur place se sont install&#233;s des vendeurs de souvenirs et de babioles made in China. Deux larges avenues du centre historique qui ont vu au XVIIe si&#232;cle s'&#233;riger de magnifiques palais, des maisons de ma&#238;tre et, plus tard des magasins de mode, des glaciers, des bars et des restaurants &#233;l&#233;gants, sont devenues une zone pi&#233;tonne, il y a quelques ann&#233;es. La cons&#233;quence a &#233;t&#233; terrible pour les Siciliens. Tous les magasins, de v&#234;tements, de chaussures, de cuir, d'habits de f&#234;te et de travail ont disparu les uns apr&#232;s les autres. Ces rues se sont transform&#233;es en un vaste fast food. Les tables install&#233;es &#224; l'ext&#233;rieur accueillent une immense foule de touristes venus de l'&#233;tranger pour consommer ce qu'ils croient &#234;tre la nourriture typique de l'&#238;le. Ici, le touriste est roi. Il s'est appropri&#233; la rue et la pi&#233;tine &#224; son aise, conscient de ses pr&#233;rogatives. Il ne se g&#234;ne pas pour beugler une bonne partie de la nuit, se saouler, s'empiffrer et polluer. Un oncle de ma m&#232;re qui, jusque dans les ann&#233;es soixante, nous recevait dans son immense appartement de l'&#233;l&#233;gante via Maqueda (aujourd'hui rue pi&#233;tonne) ne pourrait plus vivre l&#224;, s'il &#233;tait encore en vie. Il devrait faire du coude &#224; coude avec cette horde de gens incivils pour arriver &#224; son immeuble. Quelle tristesse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis en col&#232;re, frustr&#233;e et d&#233;&#231;ue face &#224; cette situation qui risque de perdurer. C'est le sort de beaucoup de belles villes : Venise, Barcelone et d'autres encore. Je le sais, mais cela ne me console pas. Les m&#233;dias, les vols low cost et les influenceurs incitent les gens &#224; aller pi&#233;tiner de nouveaux sentiers. Ces masses ne se d&#233;placent pas pour d&#233;couvrir l'histoire, la culture, la vie des pays qu'ils envahissent, ils viennent pour consommer et rien d'autre ne les int&#233;resse. Les ravages ne se feront sentir que dans quelques ann&#233;es. Et si quelques Palermitains s'enrichissent outrageusement avec les touristes, la plus grande majorit&#233; s'appauvrit et se voit expuls&#233;e de ses lieux de vie. La Sicile a toujours &#233;t&#233; envahie au cours de son histoire : les Ph&#233;niciens, les Grecs, les Arabes, les Normands, pour n'en citer que quelques-uns, sont venus s'installer sur l'&#238;le et l'ont enrichie de leurs cultures, connaissances et langues. Au Moyen &#194;ge, en Sicile, les lois &#233;taient &#233;dict&#233;es en trois langues : le latin, l'arabe et le grec. C'&#233;tait un lieu de culture, riche et florissant. Aujourd'hui, &#224; Palerme, les serveurs m'adressent la parole en anglais. Scandale ! Je ne suis pas touriste, moi ! Si ???&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>De Paris &#224; Bruxelles (Agn&#232;s B.)</title>
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		<dc:subject>Voyages</dc:subject>
		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>

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&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma m&#232;re, brillante gastro-ent&#233;rologue, ne parvenait &#224; communiquer qu'avec ses patients. Est-ce pour cela que j'ai choisi le m&#233;tier de la communication : interpr&#232;te de conf&#233;rence. J'ai exerc&#233; 13 ans avec le statut d'ind&#233;pendant, puis 26 ans comme fonctionnaire au Parlement europ&#233;en. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma profession m'a permis de voyager dans le monde entier. J'ai vu des choses que les touristes ignorent, par exemple des prisons africaines. Mais je n'ai pas toujours eu le temps de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ma m&#232;re, brillante gastro-ent&#233;rologue, ne parvenait &#224; communiquer qu'avec ses patients. Est-ce pour cela que j'ai choisi le m&#233;tier de la communication : interpr&#232;te de conf&#233;rence. J'ai exerc&#233; 13 ans avec le statut d'ind&#233;pendant, puis 26 ans comme fonctionnaire au Parlement europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma profession m'a permis de voyager dans le monde entier. J'ai vu des choses que les touristes ignorent, par exemple des prisons africaines. Mais je n'ai pas toujours eu le temps de visiter des lieux qui attirent les vacanciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai essay&#233; de compter les pays o&#249; je me suis rendue : &#224; chaque fois, j'en oublie, mais au moins 160, surtout en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma conclusion : je pr&#233;f&#232;re l'Europe et Bruxelles m'offre, &#224; moi la Parisienne arriv&#233;e il y a 52 ans, cette pinc&#233;e d'exotisme que je recherchais. Je l'ai parcourue &#224; pied du nord au sud, d'est en ouest. Maintenant, j'effectue mes d&#233;placements en transports en commun. Si j'&#233;tais bourgmestre ? J'essaierai d'am&#233;liorer l'&#233;tat des trottoirs et la fr&#233;quence des bus et trams.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offre culturelle est riche et j'en profite chaque jour et m&#234;me plusieurs fois par jour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La vie &#224; bord d'un navire de la marine marchande en 1968 (&#201;ric)</title>
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		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Voyages</dc:subject>

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&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2023-24 &lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#226;ce &#224; mes voyages, mon regard a chang&#233; sur l'&#234;tre humain. Voici un t&#233;moignage de mon travail &#224; la marine marchande, o&#249; je me suis engag&#233; &#224; l'&#226;ge de seize ans. Nous sommes le 20 avril 1968, il est 17 heures, les amarres sont largu&#233;es. Le remorqueur nous tire du quai, le navire quitte l'Escaut. A hauteur de Vlissingen, le pilote quitte le bateau. Nous prenons le large, direction la c&#244;te est des &#201;tats-Unis. Ma nouvelle demeure est un navire de 22.000 tonnes. (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-24&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; mes voyages, mon regard a chang&#233; sur l'&#234;tre humain. Voici un t&#233;moignage de mon travail &#224; la marine marchande, o&#249; je me suis engag&#233; &#224; l'&#226;ge de seize ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes le 20 avril 1968, il est 17 heures, les amarres sont largu&#233;es. Le remorqueur nous tire du quai, le navire quitte l'Escaut. A hauteur de Vlissingen, le pilote quitte le bateau. Nous prenons le large, direction la c&#244;te est des &#201;tats-Unis. Ma nouvelle demeure est un navire de 22.000 tonnes. Il poss&#232;de 7 cales et mesure 172 m&#232;tres de long. J'habiterai ce navire jusqu'&#224; sa fin de vie, et ce pendant 1 an, 1 mois et 13 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon univers se limite &#224; quelques m&#232;tres carr&#233;s. Un lit sur&#233;lev&#233; avec des tiroirs en dessous, un &#233;vier, une table, une banquette, une penderie. Pas de radio, pas de t&#233;l&#233;vision, pas d'internet, pas de portable, pas d'air conditionn&#233;. En mer, le soleil tape fort sur la t&#244;le. Dur dur sous les tropiques. La cabine est situ&#233;e plus bas que le pont, ce qui implique de tenir le hublot ferm&#233; quand la mer est agit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes 33 hommes &#224; bord, pas de femmes. Des officiers de pont, des officiers pour les machines, des matelots avec leur bosco pour les travaux de pont. Un chef steward pour diriger l'&#233;quipe cuisine (cuisinier, boulanger et un commis) ainsi que de deux stewards et un &#171; cabine boy &#187;. Nous avons &#224; bord un marconiste, c'est encore l'&#233;poque du morse - pour pouvoir contacter la terre - et du sextant pour prendre la position du navire. Pas de m&#233;decin &#224; bord, c'est le second officier qui fait office d'infirmier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; bord, chacun a son job. Les matelots de jour, le personnel de cabine et de cuisine travaillent en service coup&#233;, une dizaine d'heures par jour, sept jours sur sept. En mer, les officiers montent de quart, de jour comme de nuit, que ce soit en machines ou sur le pont. Pendant les escales, les m&#233;caniciens s'occupent des r&#233;parations et, les officiers de pont, de la cargaison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une travers&#233;e de l'Atlantique jusqu'au canal de Panama prenait 22 jours et nuits de mer. Il en fallait trente de plus &#224; partir de Balboa au canal de Panama pour rejoindre le Japon. Le navire faisait du tramping en fonction de son affr&#232;tement, ce qui l'amenait r&#233;guli&#232;rement &#224; des voyages de plus de 20 jours en haute mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation &#224; bord &#233;tait peu diversifi&#233;e. N'oublions pas qu'&#224; cette &#233;poque il n'y avait pas d'internet, de t&#233;l&#233;vision, quelques-uns avaient des radios avec de longues ondes. Radios bien souvent achet&#233;es au Japon, ce qui permettait de capter quelques radios anglophones. Chez les officiers, la lecture &#233;tait privil&#233;gi&#233;e ainsi que l'&#233;tude pour la prochaine &#233;tape de leur carri&#232;re. Apr&#232;s un certain nombre de mois, d'ann&#233;es en mer, l'officier pouvait rejoindre l'&#233;cole maritime pour un passage au grade sup&#233;rieur. Chez les matelots, c'&#233;taient plut&#244;t les jeux de cartes qui avaient la cote. La principale occupation &#233;tait le travail, 10 &#224; 12 heures par jour, tous les jours du calendrier. Les &#233;changes &#233;taient rares et bien souvent en fonction de l'appartenance &#224; un groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie &#224; bord &#233;tait diff&#233;rente de la vie &#224; terre. Ceux qui n'avaient pas de lien sp&#233;cifique en Belgique ne se tracassaient pas beaucoup. En effet pas de soucis pour faire les courses, pr&#233;parer &#224; manger, payer le loyer, faire r&#233;parer la voiture ou la machine &#224; laver, voire encore pour l'augmentation du prix du pain. &#202;tre solitaire s'apprenait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gestion des ressources humaines sur le bateau &#233;tait bien diff&#233;rente de ce qu'on trouvait &#224; terre. Voici trois exemples pour illustrer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un deck boy ne voulant pas travailler a &#233;t&#233; attach&#233; &#224; la passerelle &#224; l'ext&#233;rieur avec uniquement de l'eau et d&#233;fense de lui parler. Il a tenu 24 heures avant de demander de pouvoir travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quittant le Japon, les matelots &#233;taient dans tel un &#233;tat d'&#233;bri&#233;t&#233; qu'ils refusaient de travailler. Le premier lieutenant demanda au commandant ce qu'il fallait faire. Celui-ci lui a r&#233;pondu : &#171; quand ils n'auront plus rien &#224; boire, ils reviendront travailler &#187;. Ils ont repris le travail apr&#232;s 9 jours de mer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Santos au Br&#233;sil, nous &#233;tions trois &#224; devoir nous rendre chez le m&#233;decin. Le second chef m&#233;canicien l'&#233;lectricien et moi-m&#234;me avons cherch&#233; un m&#233;decin, en faisant de nombreuses haltes pendant 12 jours, nous ne l'avons jamais trouv&#233;. Nous sommes revenus &#224; bord quelques heures avant le d&#233;part du navire. Nous avons &#233;t&#233; priv&#233;s de trois jours de paie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait aussi les escales, rares instants de lien social, bien souvent dans les bars. Rien &#224; voir avec du tourisme, mais bien avec le v&#233;cu des habitants de l'endroit et bien souvent simplement la recherche d'affection.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Etre femme de marin (Ghislaine)</title>
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		<dc:date>2022-11-04T08:52:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Voyages</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2020-21 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233;e &#224; Tubize en 1945, &#224; la fin de la guerre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis toute petite, &#224; l'&#233;cole, surtout en premi&#232;re secondaire, on m'appelait &#171; bouboule &#187; parce que j'&#233;tais un peu enrob&#233;e. Le drame de ma vie est d'avoir &#233;t&#233; complex&#233;e par mon corps et cela a tout influenc&#233; dans ma vie. Bien s&#251;r, les gar&#231;ons pr&#233;f&#232;rent les filles minces. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le jour o&#249; j'ai rencontr&#233; mon mari, le fait qu'il &#233;tait amoureux de moi m'a chang&#233;e. Il &#233;tait marin et cela me plaisait. Il avait des beaux (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2020-21&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis n&#233;e &#224; Tubize en 1945, &#224; la fin de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis toute petite, &#224; l'&#233;cole, surtout en premi&#232;re secondaire, on m'appelait &#171; bouboule &#187; parce que j'&#233;tais un peu enrob&#233;e. Le drame de ma vie est d'avoir &#233;t&#233; complex&#233;e par mon corps et cela a tout influenc&#233; dans ma vie. Bien s&#251;r, les gar&#231;ons pr&#233;f&#232;rent les filles minces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour o&#249; j'ai rencontr&#233; mon mari, le fait qu'il &#233;tait amoureux de moi m'a chang&#233;e. Il &#233;tait marin et cela me plaisait. Il avait des beaux yeux bleus qui refl&#233;taient la mer. On parlait de grands espaces, de bateaux, de notre envie de voyager, ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis mari&#233;e en 1967. Six jours apr&#232;s mon mariage, mon mari est reparti en mer et je ne l'ai plus vu pendant 6 mois. Je me disais : &#171; ce n'est pas possible, on ne peut pas vivre comme &#231;a &#187;. J'ai t&#233;l&#233;phon&#233; &#224; la compagnie maritime pour trouver une solution. Je suis tomb&#233;e sur un bonhomme qui m'a dit : &#171; j'ai dans la t&#234;te de faire venir des &#233;pouses de membres de l'&#233;quipage pour travailler comme stewards. &#187;. J'&#233;tais partante et j'ai &#233;t&#233; donc la premi&#232;re femme &#224; travailler sur des bateaux marchands !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a fait de grands voyages. Le bateau transportait alors le minerais de fer vers le Japon. Ce qui donnait une terrible poussi&#232;re rouge. Avant d'arriver au port, on tapissait les murs de papiers pour avoir ensuite la facilit&#233; de les retirer. Quand on quittait le bateau, on devait changer de v&#234;tements. J'avais embarqu&#233; sur un tr&#232;s gros bateau qui a &#233;t&#233; affr&#233;t&#233; par les Japonais pendant 5 ans. Donc, on faisait des travers&#233;es entre le Chili et le Japon et l'Australie aussi. On avait le droit de revenir &#224; la maison tous les 18 mois et on avait alors 4 &#224; 5 mois de cong&#233;. Un jour, j'ai fait une fausse couche, en plein milieu de l'oc&#233;an. Sur les navires-marchands, il n'y avait pas de m&#233;decin &#224; bord, juste un infirmier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ma fille Zo&#233; est n&#233;e, j'ai d&#251; faire des choix, je n'ai pas voulu la mettre &#224; la cr&#232;che. Alors, j'ai &#233;t&#233; servante chez des aristocrates. Ils acceptaient que je fasse le m&#233;nage avec ma fille pr&#232;s de moi. J'ai aussi travaill&#233; comme &#233;ducatrice dans des maisons d'enfants du juge. L&#224; aussi, j'avais Zo&#233; avec moi. Apr&#232;s un an, j'ai eu mon petit gar&#231;on. J'ai alors travaill&#233; pendant 5 ans dans une maison d'enfants du juge. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand mon mari &#233;tait en mer, moi j'&#233;tais toute seule &#224; la maison. Mais je l'avais choisi, j'&#233;tais amoureuse de lui et j'ai bien v&#233;cu cela. L'amour me portait et cela m'a permis d'&#234;tre aussi tr&#232;s ind&#233;pendante. Je menais ma vie comme je l'entendais. Je reconnais que mon mari &#233;tant parti pendant des mois et des mois, je l'ai parfois tromp&#233;. Quand je le lui ai dit, il a eu une r&#233;action merveilleuse : &#171; je ne t'aime donc pas encore assez &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque mon mari a eu 20 ans de carri&#232;re dans la marine, on a fait construire un bateau &#224; Thuin. Il a fallu 5 ans avant de le mettre &#224; l'eau. Puis, il y a eu des voyages et enfin le Portugal. Au cours des voyages, on faisait ce qu'on trouvait comme boulot. On s'occupait des bateaux des autres, j'ai donn&#233; des cours particuliers, j'ai vendu des gaufres, des cr&#234;pes,... Sur le bateau, on partageait tout. Mon mari cuisinait et je prenais le quart et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est comique, c'est que j'ai le mal de mer. Du coup, le grand tour du monde qu'on voulait faire avec nos enfants s'est arr&#234;t&#233; au sud du Portugal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec mon mari, nous avons v&#233;cu une histoire extraordinaire !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les vacances &#224; Nieuport, 1948 (Marina S.)</title>
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		<dc:subject>Vacances</dc:subject>
		<dc:subject>Voyages</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce souvenir date de juillet 1948, lorsque les plages ont &#233;t&#233; rouvertes au public apr&#232;s la guerre. J'avais trois ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Papa et maman ont dit : &#034;on va aller en vacances &#224; la mer, et tu verras comme c'est beau. Et en plus, c'est grand, tr&#232;s grand, la mer !&#034;. C'est loin, la mer, tr&#232;s loin : mais on y va &#224; v&#233;lo. Et l&#224;, on va dormir dans une chambre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis install&#233;e dans un fauteuil en osier attach&#233; au porte-paquets du v&#233;lo de Papa. Je ne vois que le grand dos de Papa et Maman qui roule &#224; c&#244;t&#233; de nous. Je (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce souvenir date de juillet 1948, lorsque les plages ont &#233;t&#233; rouvertes au public apr&#232;s la guerre. J'avais trois ans.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papa et maman ont dit : &#034;on va aller en vacances &#224; la mer, et tu verras comme c'est beau. Et en plus, c'est grand, tr&#232;s grand, la mer !&#034;. C'est loin, la mer, tr&#232;s loin : mais on y va &#224; v&#233;lo. Et l&#224;, on va dormir dans une chambre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis install&#233;e dans un fauteuil en osier attach&#233; au porte-paquets du v&#233;lo de Papa. Je ne vois que le grand dos de Papa et Maman qui roule &#224; c&#244;t&#233; de nous. Je m'ennuie et je finis par m'endormir. On me r&#233;veille pour me montrer un moulin &#224; vent avec de grandes ailes qui tournent. Puis je me rendors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nuit pass&#233;e &#224; Tournai chez Cousine Yvonne, et on repart. Que c'est long !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il se passe quelque chose : le passage &#224; niveau est ferm&#233;. Maman se fait mal en mettant pied &#224; terre, elle ne peut plus p&#233;daler. L&#224;, je commence &#224; m'inqui&#233;ter : Maman monte dans la voiture d'un inconnu ! Ce qu'on m'a toujours strictement interdit de faire ! ! ! Papa reprend la route, en tenant le v&#233;lo de maman de la main gauche. Un homme s'approche, je l'entends discuter avec Papa mais je ne comprends pas du tout ce qu'ils disent. Puis Papa donne le v&#233;lo de Maman &#224; l'homme et je suis surprise de l'entendre dire : &#034;dans le cul&#034;. Papa dit parfois de gros mots, &#224; la maison, mais pas &#231;a, et surtout pas &#224; un monsieur qu'on ne connait pas. Que se passe-t-il ? C'est &#231;a la mer et les vacances ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, nous arrivons rapidement &#224; destination : le v&#233;lo de maman est dans la cour d'une grande maison et Maman est install&#233;e dans une chambre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lendemain, je vois enfin la mer. Quand je pense, Papa et Maman avaient dit : &#034;tu verras, c'est grand la mer, tr&#232;s grand ! &#187;. Pour moi, grand c'est haut, comme un arbre, comme ma maison, comme le moulin qu'on a vu hier. Et l&#224;, je me trouve devant de l'eau toute plate. Non ! La mer, c'est PETIT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;P.S. Il est &#233;vident que Papa n'a pas dit de gros mot, il a dit : &#171; Dank uw ! &#187; pour remercier le monsieur.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rencontres interculturelles (Jacques S.)</title>
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		<dc:subject>Voyages</dc:subject>
		<dc:subject>Racisme, discriminations</dc:subject>
		<dc:subject>Rencontres interculturelles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En tant que journaliste m&#233;dical, j'ai &#233;t&#233; amen&#233; &#224; voyager pour couvrir des congr&#232;s m&#233;dicaux, en ce compris dans plusieurs pays musulmans. J'y ai toujours &#233;t&#233; re&#231;u avec beaucoup de respect et de gentillesse. Pas seulement par le personnel de l'h&#244;tel, mais aussi par les passants &#224; qui je demandais mon chemin par gestes, en montrant un morceau de papier o&#249; j'avais gribouill&#233; l'adresse o&#249; je devais me rendre. &lt;br class='autobr' /&gt; En 2006, dans l'avion pour Istanbul, ma voisine m'a propos&#233; de me servir de guide dans sa ville. Elle (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En tant que journaliste m&#233;dical, j'ai &#233;t&#233; amen&#233; &#224; voyager pour couvrir des congr&#232;s m&#233;dicaux, en ce compris dans plusieurs pays musulmans. J'y ai toujours &#233;t&#233; re&#231;u avec beaucoup de respect et de gentillesse. Pas seulement par le personnel de l'h&#244;tel, mais aussi par les passants &#224; qui je demandais mon chemin par gestes, en montrant un morceau de papier o&#249; j'avais gribouill&#233; l'adresse o&#249; je devais me rendre. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2006, dans l'avion pour Istanbul, ma voisine m'a propos&#233; de me servir de guide dans sa ville. Elle m'a montr&#233; le palais de Topkapi aux robinets en or, plusieurs mosqu&#233;es, le Bosphore. Un jour, nous nous sommes retrouv&#233;s involontairement au beau milieu d'une manifestation communiste. Bon enfant et disciplin&#233;s, les r&#233;volutionnaires s'arr&#234;taient aux feux rouges. Musulmane ne portant pas le voile, ma guide m'a parl&#233; de sa religion, avec beaucoup de tol&#233;rance pour les objections de l'infid&#232;le que j'&#233;tais. C'est cette rencontre qui m'a &#8211; lentement &#8211; fait changer mes id&#233;es sur l'islam. &lt;br&gt;
En &#201;gypte, j'ai rencontr&#233; une Am&#233;ricaine d'origine mexicaine. Convertie &#224; l'islam, se sentant mal &#224; l'aise aux &#201;tats-Unis, elle a &#233;migr&#233; avec son mari arabo-am&#233;ricain. Elle porte des voiles aux couleurs vives et a un sourire ravageur. Vid&#233;aste sous-marine, elle r&#233;alise des films superbes, que l'on peut voir sur Facebook. &lt;br&gt;
Des b&#233;douins &#233;gyptiens m'ont invit&#233; &#224; prendre le th&#233; chez eux, de mani&#232;re impromptue. C'&#233;tait du th&#233; en sachet, mais c'&#233;tait de bon c&#339;ur. Je me suis demand&#233; s'il fallait demander ce que je leur devais. Dans le doute, je me suis abstenu. Bien m'en a pris, je les aurais gravement insult&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par contre, j'ai manqu&#233; de respect envers la petite b&#233;douine &#224; qui j'ai achet&#233; un bracelet sans marchander. Fi&#232;rement, du haut de ses 10 ans, elle a lanc&#233; un deuxi&#232;me bracelet &#224; mes pieds : elle ne voulait pas de ma charit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me suis promen&#233; sur le march&#233; de Bamako, seul europ&#233;en au milieu d'une foule d'Africains. Je me suis promen&#233; seul dans des ghettos noirs, un peu partout aux &#201;tats-Unis. Sans probl&#232;me.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; force, j'ai fini par trouver que le voile musulman &#233;tait sexy et qu'il mettait les yeux en valeur. Et je me suis rendu compte que les femmes voil&#233;es ne sont pas toutes des terroristes, que l'on peut m&#234;me parler et plaisanter avec certaines d'entre elles. J'avoue cependant ne pas &#234;tre &#224; l'aise devant la burqa. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Bruxelles, j'ai eu l'occasion de visiter des familles musulmanes. J'ai toujours &#233;t&#233; tr&#232;s bien re&#231;u, dans des int&#233;rieurs impeccablement tenus. Avec le recul, je regrette de ne pas m'&#234;tre d&#233;chauss&#233;, comme eux, par politesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela m'a amen&#233; &#224; revoir pas mal d'id&#233;es re&#231;ues, bas&#233;es en grande partie sur l'ignorance et la peur de l'inconnu, du genre &#171; tous des profiteurs, des fain&#233;ants, et de dangereux d&#233;linquants &#187;. Je ne veux pas para&#238;tre ang&#233;lique non plus, il y a des mauvais partout. Mais aussi chez les gens bien de chez nous. J'ai eu des ennuis avec des Arabes, mais aussi avec des blancs-bleus-belges. Je refuse dor&#233;navant les amalgames et les g&#233;n&#233;ralisations. Je refuse les emails haineux et racistes. Tant pis pour ceux et celles qui ne l'acceptent pas, je me porte mieux lorsque je ne vis pas dans la haine. &lt;br&gt;
Et je me demande dans quelle mesure certains expatri&#233;s ne se comporteraient pas mieux s'ils n'&#233;taient pas l'objet de vexations et d'exclusions, s'ils &#233;taient trait&#233;s avec respect. Je sais de quoi je parle : je suis d'origine polonaise. Une voisine de palier, belge, m'a r&#233;cemment dit de retourner dans mon pays. Je me suis aussi fait traiter de &#8216;Belge' par un Africain. De &#8216;Belge', pas de &#8216;sale Belge'&#8230;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On reproche aux immigr&#233;s de profiter de la s&#233;curit&#233; sociale belge. Quand nous sommes arriv&#233;s en Belgique en 1946, r&#233;fugi&#233;s politiques, avec litt&#233;ralement ce que nous avions sur le dos, ma famille a b&#233;n&#233;fici&#233; de la g&#233;n&#233;rosit&#233; belge. Je crois pouvoir dire que nous avons largement rembours&#233; notre dette envers la soci&#233;t&#233;, depuis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Berlin juste avant la chute du mur (Bernadette)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1168</link>
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		<dc:date>2020-12-11T14:03:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie (A&amp;T)</dc:creator>


		<dc:subject>Voyages</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce mois de novembre de 1989, un &#233;v&#233;nement historique a marqu&#233; ma vie : le &#171; Rideau de fer &#187; tombait. Le hasard m'avait amen&#233;e &#224; Berlin juste avant la chute du mur&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Novembre 1989. Nous avons d&#233;cid&#233; de quitter Bruxelles pendant quelques jours, de partir &#224; la d&#233;couverte d'une ville riche en histoire. Depuis longtemps je souhaitais voir Berlin ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;part ce devait &#234;tre une escapade culturelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous voil&#224; partis, en train de nuit, traversant l'Allemagne de l'Ouest et de l'Est. Vers une heure du matin, en (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce mois de novembre de 1989, un &#233;v&#233;nement historique a marqu&#233; ma vie : le &#171; Rideau de fer &#187; tombait. Le hasard m'avait amen&#233;e &#224; Berlin juste avant la chute du mur&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Novembre 1989. Nous avons d&#233;cid&#233; de quitter Bruxelles pendant quelques jours, de partir &#224; la d&#233;couverte d'une ville riche en histoire. Depuis longtemps je souhaitais voir Berlin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part ce devait &#234;tre une escapade culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voil&#224; partis, en train de nuit, traversant l'Allemagne de l'Ouest et de l'Est. Vers une heure du matin, en cours de route, nous sommes soudainement r&#233;veill&#233;s par la Police des Fronti&#232;res : contr&#244;le d'identit&#233;s, de passeports et autres documents de voyage. Apr&#232;s ce premier contact, froid et plein de suspicion &#224; la fronti&#232;re des deux Allemagne, notre train arrive &#224; Berlin-Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est six heures du matin ; trop t&#244;t pour descendre &#224; l'h&#244;tel que nous avions r&#233;serv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;posons nos sacs &#224; la consigne et d&#233;cidons de partir &#224; la d&#233;couverte de la ville en sautant dans le premier tram qui passe devant la gare, sans destination pr&#233;cise ! Avec, pour seul objectif, nous laisser conduire au gr&#233; du tram. Une bonne demi-heure plus tard, nous arrivons en bordure d'une for&#234;t au sud de Berlin, dans une petite clairi&#232;re. C'est le terminus. Une tr&#232;s belle journ&#233;e d'automne s'annonce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A notre surprise, nous constatons que nous sommes arriv&#233;s dans le secteur am&#233;ricain. Nous prenons le temps de nous rendre &#224; pied jusqu'&#224; un petit pavillon de chasse que nous apercevons au loin, puis de nous promener dans ce quartier, &#171; am&#233;ricain &#187; comme en attestaient quelques petites banni&#232;res &#233;toil&#233;es. Pas un chat en ce d&#233;but de week-end de la Toussaint. Pendant cette balade matinale, nous apercevons de grosses citrouilles &#224; l'entr&#233;e de quelques maisons. Des citrouilles, t&#233;moins tranquilles d'un soir d'Halloween, tradition populaire am&#233;ricaine qui semble avoir &#233;t&#233; import&#233;e jusqu'&#224; ce quartier de Berlin-Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette excursion improvis&#233;e, &#224; l'aube de notre premier jour de voyage, nous rappelle que nous sommes en &#171; Zone libre &#187;, mais entour&#233;s d'un mur de fer &#8230; Des images de la guerre froide et de la construction du mur (en 1961) nous reviennent &#224; l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;cidons de nous rendre au &#171; Check Point Charly &#187;, l'un de ces postes-fronti&#232;res qui permettaient le passage, au compte-gouttes, entre le secteur Ouest et le secteur Est. Le petit mus&#233;e, situ&#233; juste &#224; c&#244;t&#233;, nous impressionne. L&#224;, sont expos&#233;s des objets, des photos et des r&#233;cits de nombreux citoyens allemands qui avaient d&#233;cid&#233; de fuir l'Est pour se rendre en zone libre, seuls ou en famille. Certains avaient r&#233;ussi dans leur tentative d'&#233;vasion, d'autres y avaient laiss&#233; leur vie. Ce sont des t&#233;moignages tragiques ou rocambolesques, des destins de familles s&#233;par&#233;es ou divis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;cidons alors de changer le programme de notre voyage et de nous rendre &#224; Berlin-Est. Apr&#232;s avoir achet&#233; un visa d'un jour qui nous permet d'y aller, nous partons en m&#233;tro le lendemain avec l'objectif premier de visiter &#171; l'&#238;le aux Mus&#233;es &#187; le long de la rivi&#232;re Spree. Mais les choses ne se passent pas comme nous le souhaitions. Car, d&#232;s notre arriv&#233;e sur le quai, en sous-sol, nous devons attendre l'autorisation de sortir de la bouche du m&#233;tro. Nous sentons qu'il y a un peu de flottement dans l'air, un peu de tension aussi. Apr&#232;s trois longues heures d'attente debout, nous sommes, avec tous les voyageurs de la rame, refoul&#233;s, sans explication, vers Berlin-Ouest. Nous savions bien s&#251;r que des mouvements de contestation se d&#233;roulaient de l'autre c&#244;t&#233; du &#171; Rideau de fer &#187; depuis plusieurs mois, et dans de nombreuses villes de l'Allemagne de l'Est. Mais nous ne savions pas que les &#233;v&#233;nements se pr&#233;cipitaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour en zone libre, un peu d&#233;pit&#233;s, nous d&#233;cidons de racheter un visa d'un jour pour visiter le secteur de Berlin-Est d&#232;s le lendemain, t&#244;t dans la matin&#233;e. Cette fois, nous r&#233;ussissons &#224; passer les contr&#244;les sans difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La matin&#233;e est froide et grise et les rues bizarrement vides. Sans doute est-ce d&#251; &#224; l'heure tr&#232;s matinale du samedi. Et sans nous attarder, nous nous dirigeons vers le quartier des mus&#233;es, car nous tenions &#224; voir la collection d'art byzantin du Bode-Museum ainsi que la collection d'antiquit&#233;s du mus&#233;e de Pergame et sa magnifique porte d'Ishtar (Babylone).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En chemin, nous sommes &#233;tonn&#233;s de croiser deux tr&#232;s jeunes soldats en uniforme. Accoud&#233;s nonchalamment au bastingage du pont de la rivi&#232;re Spr&#233;e, ils semblent attendre, comme d&#233;pass&#233;s par des &#233;v&#233;nements, comme &#233;trangers &#224; ce qui se passe autour d'eux. Plus tard, nous comprendrons la raison de cette impression de &#171; flottement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La visite des deux mus&#233;es nous surprend aussi. Il n'y a quasi aucun touriste, seul un tr&#232;s discret fonctionnaire &#224; l'entr&#233;e, comme abandonn&#233; de tous&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux heures plus tard, poursuivant notre visite de la ville, nous arrivons &#224; proximit&#233; de l'Alexanderplatz. Les rues sont toujours vides et l'atmosph&#232;re toujours aussi &#233;trange. Nous apercevons soudain au d&#233;tour d'une rue, une &#233;norme foule en marche et comprenons que des bouleversements sont proches. Nous voici au milieu d'une mar&#233;e humaine, une longue vague de fond, d'hommes et de femmes, des repr&#233;sentants de l'opposition, des dissidents, des groupes d&#233;fendant les Droits de l'Homme, des personnes &#226;g&#233;es, des familles, de nombreuses familles avec enfants, brandissant des slogans et des pancartes &#171; Wir sind das Volk&#8220; (&#171; Nous sommes le peuple &#187;). Des milliers de manifestants d&#233;filent sous nos yeux, sur des kilom&#232;tres, r&#233;clamant libert&#233;s et r&#233;formes politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour restera pour moi un souvenir fort et &#233;mouvant d'un monde qui basculait...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A notre retour &#224; Bruxelles, nous apprenons qu'un million (!) de marcheurs a particip&#233; &#224; cette derni&#232;re manifestation. Le &#171; Rideau de fer &#187; se fissurait&#8230; Cinq jours plus tard, le 9 novembre, la chute du mur marquait la fin d'un monde divis&#233; en deux camps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Amours exotiques (Fennec)</title>
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		<dc:date>2020-11-16T13:43:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Voyages</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'ai 20 ans dans les ann&#233;es 70, et depuis toujours, je veux d&#233;couvrir le monde, voyager, &#234;tre exploratrice ! Pendant mes &#233;tudes, je travaille donc comme guide dans une agence de tourisme pour &#233;tudiants , ce qui me permet de faire de beaux voyages... mais l'Europe devient trop petite pour moi, je veux voir d'autres continents ! &lt;br class='autobr' /&gt; C'est donc avec grand enthousiasme (et un peu d'appr&#233;hension quand-m&#234;me...) que j'accepte d'accompagner un circuit dans le Sahara alg&#233;rien... l'Aventure, enfin ! Une (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai 20 ans dans les ann&#233;es 70, et depuis toujours, je veux d&#233;couvrir le monde, voyager, &#234;tre exploratrice ! Pendant mes &#233;tudes, je travaille donc comme guide dans une agence de tourisme pour &#233;tudiants , ce qui me permet de faire de beaux voyages... mais l'Europe devient trop petite pour moi, je veux voir d'autres continents !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est donc avec grand enthousiasme (et un peu d'appr&#233;hension quand-m&#234;me...) que j'accepte d'accompagner un circuit dans le Sahara alg&#233;rien... l'Aventure, enfin ! Une randonn&#233;e dans le d&#233;sert avec des chameaux, conduite par les Hommes Bleus, les fameux Touaregs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos guides berb&#232;res nous attendent &#224; Tamanrasset, d&#233;part de notre &#171; mehar&#233;e &#187;. D&#232;s les premi&#232;res pr&#233;sentations, je suis subjugu&#233;e par leur chef, Menda, que sa longue tenue bleue et son &#171; ch&#232;che &#187; qui ne laisse voir que ses yeux de braise rendent d'embl&#233;e myst&#233;rieux. Heureusement, nos guides parlent fran&#231;ais, et tr&#232;s vite, je pr&#233;f&#232;re marcher &#224; c&#244;t&#233; de mon chameau, car j'attrape le mal de mer l&#224;-haut, et je peux ainsi discuter avec Menda...Je vis un r&#234;ve &#233;veill&#233;...chaque journ&#233;e est tellement magique ! Le contexte d'abord, les paysages extraordinaires et hallucinants du Hoggar, la puret&#233; de l'air, le calme absolu...puis la vie avec les Touaregs, qui ont pr&#233;vu toutes nos provisions...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils gardent l' eau dans de grandes outres en peau de ch&#232;vre, ce qui la conserve toujours bien fra&#238;che. Le soir tombe tr&#232;s vite dans le d&#233;sert, nous nous arr&#234;tons donc t&#244;t... les hommes enl&#232;vent les bats des chameaux, puis leur entravent les pattes pour qu'ils puissent aller &#171; brouter &#187; sans aller trop loin (o&#249; ? C'est toujours rest&#233; un myst&#232;re pour moi). Puis ils allument un feu, r&#233;chauffent &#233;ventuellement nos raviolis, mais nous proposent toujours la galette fra&#238;che qu'ils cuisinent tous les soirs sous la braise, et le sacro-saint th&#233; &#224; la menthe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ah ! Le romantisme de ces soir&#233;es sous un ciel perc&#233; d'&#233;toiles comme je n'en n'ai plus jamais vu depuis, les histoires et les chants des touaregs, leurs rires aussi, qui les font se rouler par terre comme de grands enfants quand j'ose leur demander si nous pouvons voir leur visage, s'il est vraiment bleu... ils nous expliquent que c'est l'indigo de leur ch&#232;che qui d&#233;teint sur leur peau... seul Menda , toujours assis &#224; c&#244;t&#233; de moi, garde sa dignit&#233;, mais est constamment aux petits soins pour moi. Nous dormons sous la tente, ou parfois &#224; la belle &#233;toile, bien emmitoufl&#233;s dans nos sacs de couchage, car il fait 5&#176; la nuit ! Le matin, les chameaux ont disparu ! Mais les guides savent exactement o&#249; les retrouver...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis d&#233;j&#224; folle amoureuse, mais est-ce de mon gentil Touareg, du d&#233;sert, ou de cette belle aventure ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, nous arrivons &#224; une oasis, pour que les chameaux puissent boire, et &#224; ma grande surprise, Menda m'apprend que sa famille y habite ... pour le moment... car, en tant que nomades, ils ne restent jamais tr&#232;s longtemps au m&#234;me endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous une grande tente, je fais donc la connaissance de sa jeune femme, de ses 4 petits enfants, et de son vieux p&#232;re malade &#224; qui je laisse tous mes m&#233;dicaments, dans le vain espoir de le soulager un peu...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; Tamanrasset, je suis tellement d&#233;sesp&#233;r&#233;e de quitter le Sahara que je fais &#224; Menda la promesse solennelle de revenir... Il est aussi extr&#234;mement triste et me serre tr&#232;s fort dans ses bras...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine rentr&#233;e, je demande &#224; l'agence de pouvoir accompagner les prochains voyages, puisque j'en ai maintenant l'exp&#233;rience...J'y retournerai encore deux fois, et chaque fois, Menda me dit que je lui ai manqu&#233;, et qu'il voudrait que je reste... les berb&#232;res peuvent avoir plusieurs femmes...mais je r&#233;alise bien que je devrais alors loger sous la tente avec sa femme et ses enfants, et que ce serait la fin de notre belle relation de &#171; marcheurs du d&#233;sert &#187;. Je cache donc mes beaux souvenirs dans un coin de mon coeur, et depuis ce jour, le bleu indigo le fait toujours battre un peu plus vite...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nous sommes tous des immigr&#233;s ! (Alain)</title>
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		<dc:date>2020-11-11T12:14:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie (A&amp;T)</dc:creator>


		<dc:subject>Francophones, n&#233;erlandophones</dc:subject>
		<dc:subject>Voyages</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration europ&#233;enne et descendants</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034;, &#224; la Maison des Femmes de Molenbeek, 2016-2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233; en 1946 &#224; Etterbeek, j'ai toujours habit&#233; Molenbeek. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon grand-p&#232;re Joseph, est n&#233; en 1850, &#224; Nazareth, pr&#232;s de Gand dans la province de Flandre Orientale. Devenu adulte, il a immigr&#233; &#224; Molenbeek, une commune ouvri&#232;re appel&#233;e le petit Manchester, &#224; cause de nombreuses usines et ateliers install&#233;s pr&#232;s du canal. &lt;br class='autobr' /&gt;
Venir de Gand &#233;tait alors une v&#233;ritable immigration car les d&#233;placements &#233;taient tr&#232;s difficiles. Mes (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique170'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt;, &#224; la Maison des Femmes de Molenbeek, 2016-2017&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;N&#233; en 1946 &#224; Etterbeek, j'ai toujours habit&#233; Molenbeek.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon grand-p&#232;re Joseph, est n&#233; en 1850, &#224; Nazareth, pr&#232;s de Gand dans la province de Flandre Orientale. Devenu adulte, il a immigr&#233; &#224; Molenbeek, une commune ouvri&#232;re appel&#233;e le petit Manchester, &#224; cause de nombreuses usines et ateliers install&#233;s pr&#232;s du canal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venir de Gand &#233;tait alors une v&#233;ritable immigration car les d&#233;placements &#233;taient tr&#232;s difficiles. Mes grands-parents ont march&#233; pendant 1 jour et demi pour faire Gand-Bruxelles &#224; pied : l'aventure de l'immigration !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis un grand militant de l'id&#233;e que nous sommes tous des immigr&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Flamands de Molenbeek &#233;taient en perp&#233;tuelle bagarre avec les vrais Bruxellois de la rue Haute car ils travaillaient pour un salaire mis&#233;rable et &#233;taient donc en concurrence avec les ouvriers bruxellois. Mon grand-p&#232;re a particip&#233; &#224; de nombreuses bagarres entre ouvriers &#224; la rue Haute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de ma m&#232;re, ils &#233;taient juifs orthodoxes. En 1910, ils ont fui les pers&#233;cutions de la Russie tsariste. Ma m&#232;re, n&#233;e en 1908, a &#233;t&#233; une des seules filles &#224; aller jusqu'&#224; l'&#233;cole normale, en Belgique. C'est l&#224; qu'elle a rencontr&#233; mon p&#232;re, un goy la&#239;c. Ils ont fait un mariage d'amour, contre la volont&#233; de son p&#232;re. Du coup, elle a &#233;t&#233; reni&#233;e par sa famille. Son propre p&#232;re a m&#234;me signal&#233; &#224; la commune que sa fille &#233;tait d&#233;c&#233;d&#233;e. Elle-m&#234;me a reni&#233; son appartenance &#224; la religion juive, ce qui l'a sauv&#233;e sans doute pendant la guerre car, vers 1938-39, elle ne s'est pas inscrite comme juive sur les registres communaux. C'est gr&#226;ce &#224; cela que je suis n&#233; ! En effet, dans sa famille, 17 personnes sont mortes &#224; Auschwitz ou autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai &#233;t&#233; appel&#233; au service militaire, au d&#233;but des ann&#233;es 70, je devais &#234;tre envoy&#233;, en train, vers l'Allemagne, au d&#233;part de la tristement c&#233;l&#232;bre caserne Dossin. Ce train effectuait le m&#234;me voyage que les d&#233;port&#233;s juifs pendant la guerre. Ma m&#232;re a &#233;crit au ministre des arm&#233;es ; &#171; si vous faites voyager mon fils dans ce train vers l'Allemagne, je me coucherai sur les rails du train &#224; son passage &#187;. Mon service militaire a &#233;t&#233; transform&#233; en service civil, j'ai pass&#233; 2 ans au P&#233;rou o&#249; j'ai &#233;t&#233; envoy&#233; en assistance technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;-bas, puis ensuite au Venezuela, j'ai travaill&#233; avec des tribus indig&#232;nes encore tr&#232;s &#233;loign&#233;es de la civilisation. J'ai appris &#224; vivre avec eux, &#224; comprendre leurs m&#339;urs, leurs attitudes. Je suis fier d'avoir contribu&#233; &#224; y cr&#233;er une &#233;cole. Shell avait besoin de ce territoire et chassait les tribus qui y vivaient. Cette &#233;cole existe toujours aujourd'hui ; mes premiers &#233;l&#232;ves m'&#233;crivent parfois encore. Ils continuent &#224; vivre de mani&#232;re traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'important pour moi, lors de ce service civil, &#233;tait la rencontre avec les gens, conna&#238;tre et appr&#233;cier les diff&#233;rences. C'est l&#224; que j'ai eu ma vocation : le monde ne doit pas &#234;tre &#224; l'image de l'Europe ! Quand on se prom&#232;ne en for&#234;t avec les Indiens, ils marmonnent tout le temps car ils sont en contact avec l'esprit de leurs anc&#234;tres. Savez-vous qu'ils reconnaissent les autres par l'odeur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon int&#233;r&#234;t s'est agrandi au monde animal. Savez-vous que le chat a 35 miaulements diff&#233;rents, qu'il communique avec ses oreilles, sa queue, &#8230; ? Son langage est plus riche que le n&#244;tre. Un chat de chez nous, transpos&#233; &#224; P&#233;kin, communique tr&#232;s bien avec un chat chinois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revenant en Belgique, j'ai poursuivi des &#233;tudes en &#233;thologie. J'avais d&#233;j&#224; fait le droit et la criminologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, les animaux valent autant que les humains. Le seul moyen de vivre ensemble, c'est de se respecter. C'est vrai pour les &#234;tres humains, les animaux, les arbres &#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une ann&#233;e d'enseignement au Burundi (Yvonne)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1210</link>
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		<dc:date>2020-08-04T05:40:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie (A&amp;T)</dc:creator>


		<dc:subject>Cultures autres</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Voyages</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ao&#251;t 1959, j'ai quitt&#233; la Belgique...quitt&#233; Papa, Maman. J'avais alors 21 ans J'&#233;tais heureuse, &#233;panouie. Je pris l'avion pour la premi&#232;re fois, atterrissant &#224; Rome, Ath&#232;nes, Le Caire, Cano, des noms qui me faisaient tourner la t&#234;te, m'enchantaient ; puis L&#233;opoldville ! S&#233;jour d'une semaine, fleuve Congo impressionnant...enfin attribution d'un premier poste comme enseignante pour une ann&#233;e scolaire, &#224; Usumbura, Burundi ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s trois jours de formalit&#233;s, d'installation domestique, acquisition d'un scooter, (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ao&#251;t 1959, j'ai quitt&#233; la Belgique...quitt&#233; Papa, Maman. J'avais alors 21 ans J'&#233;tais heureuse, &#233;panouie. Je pris l'avion pour la premi&#232;re fois, atterrissant &#224; Rome, Ath&#232;nes, Le Caire, Cano, des noms qui me faisaient tourner la t&#234;te, m'enchantaient ; puis L&#233;opoldville ! S&#233;jour d'une semaine, fleuve Congo impressionnant...enfin attribution d'un premier poste comme enseignante pour une ann&#233;e scolaire, &#224; Usumbura, Burundi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s trois jours de formalit&#233;s, d'installation domestique, acquisition d'un scooter, plein de contacts chaleureux, accueillants du petit monde belge... je d&#233;couvris l'&#233;cole &#171; asiatique &#187; o&#249; j'allais exercer deux jours plus tard...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi cette appellation &#171; &#233;cole asiatique &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le si&#232;cle &#233;coul&#233;, Anglais, Belges, Allemands prirent possession de l'Afrique, se r&#233;pandant d'est en ouest, dans ce continent immense. Dans la partie sub-saharienne, ils trouv&#232;rent install&#233;s des comptoirs arabes et indiens. Ceux-ci &#233;taient purement de facture &#233;conomique : marchandises, mati&#232;res premi&#232;res. Ils monopolis&#232;rent les march&#233;s d'&#233;change et s'infiltr&#232;rent au diapason des colonies en formation. Ils furent compl&#233;mentaires, ne visant qu'une chose &#171; faire du commerce &#187;, &#233;toffes, &#233;pices, bien s&#251;r, produits de tous ordres articles h&#233;t&#233;roclites, de type bazar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les colons se r&#233;servaient l'extraction de minerais, la culture de caf&#233;, de th&#233;, pyr&#232;thre, etc. Jamais l'int&#233;r&#234;t de type n&#233;goce &#224; l'indienne ne les effleura ; point de rivalit&#233; donc, l'harmonie r&#233;gnait entre les communaut&#233;s. Ces familles et commerces indiens et arabes s'install&#232;rent c&#244;te &#224; c&#244;te, devenant le quartier asiatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De jolies maisons d'un &#233;tage, commerce au rez-de-chauss&#233;e, logement au premier. Toutes color&#233;es, jaunes, bistres, rouges, vertes, des bougainvilliers coiffant tout cela. Ces gens s'exprimaient en indo-pakistanais, en anglais, dialectes divers... Ainsi le joli b&#226;timent, &#171; &#233;cole asiatique &#187; avait &#233;t&#233; construit &#224; l'intention des nombreux enfants de ce quartier. Et voil&#224; o&#249; j'arrivai...d&#233;barqua plut&#244;t, tant l'&#233;cart &#233;tait grand, entre les c&#244;tes du Brabant wallon et les collines lumineuses du Burundi. Entre les visages p&#226;les et tous mes petits bronz&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut passionnant que d'enseigner le fran&#231;ais &#224; ces jeunes enfants de six ans par le jeu, les subterfuges, les le&#231;ons de choses qui nous entouraient, la vie de tous les jours. Apr&#232;s un an, mission accomplie, ces vingt-cinq enfants pouvaient alors commencer un vrai cycle scolaire belge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions fait un pacte, ces enfants et moi, &#171; je vous apprends le fran&#231;ais et vous m'apprenez le swahili &#187;. Ils furent meilleurs &#233;l&#232;ves que moi. Tant mieux, n'en parlons plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais pris l'habitude de r&#233;compenser un enfant m&#233;ritant, par un tour en vespa, le mercredi apr&#232;s-midi. Quel succ&#232;s quand je me pointais &#224; tel magasin ou telle famille de l'enfant laur&#233;at ! Tout le monde assistait &#224; la p&#233;tarade du d&#233;part, un petit tour de 10 minutes du Tanganika, tout proche, et, au retour, un th&#233; parfum&#233;, le meilleur que j'ai jamais consomm&#233;, me remerciait...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais une excellente relation avec ces gens. Je les aimais ! En d&#233;coulait une suite harmonieuse dans mon travail avec les enfants. C&#244;t&#233; travail, tout coulait de source, l'imagination ne faisait pas d&#233;faut, chaque jour &#233;tait exaltant, ce n'&#233;tait point labeur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Usumbura s'&#233;talait en une cascade tr&#232;s large, depuis les premi&#232;res collines &#224; l'Est o&#249; tr&#244;nait un superbe coll&#232;ge j&#233;suite ; puis s'&#233;talait harmonieusement autour de petites villas, bungalows, petits immeubles de deux &#233;tages, avant de d&#233;valer jusqu'au grand lac Tanganika. La ville &#233;tait trac&#233;e en avenues bord&#233;es de flamboyants, des arbres, d'un rouge chaleureux comme son &#233;vocation, mais aussi, des arbres rares comme les jacarandas, d'une couleur bleu violet, presque fluorescent, qui tranchaient si bien sur le feuillage vert p&#226;le des essences africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sud s'&#233;tendait la grande plaine de la Ruzizi, rivi&#232;re tr&#232;s vive ! La communaut&#233; noire &#233;tait concentr&#233;e de ce c&#244;t&#233; ; ils vivaient tr&#232;s rapproch&#233;s les uns des autres et j'avoue que je n'y p&#233;n&#233;trai jamais ! Cela ne se faisait pas ! Cette plaine chaude au bord du lac, &#233;tait le lieu de pr&#233;dilection des crocodiles du Nil et des hippopotames qui ne demandaient pas de c&#226;lins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois me restaient le d&#233;sir, la grande curiosit&#233;, l'int&#233;r&#234;t humain de mieux conna&#238;tre les indig&#232;nes ! lls nous entouraient, mais n'int&#233;graient pas notre soci&#233;t&#233; ! Donc, pour les d&#233;couvrir dans leur vie, leur habitat, il me fallait entrer en communication. J'avais connaissance de centres de soin en brousse ! des dispensaires ! Je rep&#233;rai un jeune m&#233;decin qui avait pour mission de se rendre une fois par mois, dans ces-dits dispensaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'exp&#233;rimentai...et fut conquise, j'accompagnai ce &#171; muganga &#187; de fa&#231;on assidue. L'&#233;cole m'octroyait un jour de cong&#233; par mois. Tout &#233;tait bien ! Le &#171; muganga &#187; dixit le docteur, &#233;tait attendu dans la crainte ou la fascination. Le sorcier du coin, comme la maman aux herbes, ou autres panac&#233;es restaient omni pr&#233;sent dans leurs valeurs et pr&#233;rogatives et observaient notre m&#233;decine, ce qui &#233;tait un peu g&#234;nant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les patients d&#233;filaient pour se laisser palper ! Le &#171; muganga &#187;, st&#233;thoscope sur les oreilles, install&#233; sur un tabouret de fortune, les pieds plant&#233;s au sol, relevait la t&#234;te de temps en temps pour apercevoir la file qui s'allongeait : ma modeste contribution consistait &#224; canaliser ce monde h&#233;t&#233;roclite ; instaurer des priorit&#233;s de passage, selon l'&#233;tat de la patiente ou simple visite ! L'ambiance &#233;tait bon enfant, rares &#233;taient les r&#233;calcitrants qu'il fallait obliger &#224; la pr&#233;sentation ! Souvent les vieux, tr&#232;s vieux on les laissait en paix. Par contre, les m&#232;res pr&#233;sentaient leurs enfants avec chaleur et fiert&#233; ! A ce moment je participais plus largement. La maman ayant son dos pour porter l'un, une hanche offerte au deuxi&#232;me, que faire pour les suivants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se passait toujours quelque chose de dr&#244;le, de path&#233;tique, voire dramatique, parfois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Muganga &#187; s'attendrit sur un adorable b&#233;b&#233;, l'&#233;l&#232;va &#224; la hauteur des yeux, re&#231;ut le pipi d'ange dans la figure ! C&#244;t&#233; dr&#244;le pour moi bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre fois un jeune enfant hurlait de douleur, envelopp&#233; dans ses frusques. Je le soulevai, les mains sous les aisselles, il se calma, je le posai sur mon bras, il hurla &#224; nouveau ! Une fois d&#233;shabill&#233;, il y avait d&#233;chirures aux testicules...urgence !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une naissance spontan&#233;e, presque dans la file d'attente.... La future m&#232;re se d&#233;tache, accompagn&#233;e d'une autre, &#224; trente m&#232;tres dans les buissons, peu de temps avant les cris d'un petit...Et vint un b&#233;b&#233; tr&#232;s clair ! S&#233;ch&#233; rapidement par chiffons, venu parmi nous dans la joie, l'effervescence collective, et re&#231;u pr&#233;cieusement par notre &#171; muganga &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'Afrique m'&#233;tonnait, m'enchantait, j'avais r&#234;v&#233; ! Voulu voir ! Je voyais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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