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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>Les vacances &#224; Nieuport, 1948 (Marina S.)</title>
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		<dc:subject>Vacances</dc:subject>
		<dc:subject>Voyages</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce souvenir date de juillet 1948, lorsque les plages ont &#233;t&#233; rouvertes au public apr&#232;s la guerre. J'avais trois ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Papa et maman ont dit : &#034;on va aller en vacances &#224; la mer, et tu verras comme c'est beau. Et en plus, c'est grand, tr&#232;s grand, la mer !&#034;. C'est loin, la mer, tr&#232;s loin : mais on y va &#224; v&#233;lo. Et l&#224;, on va dormir dans une chambre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis install&#233;e dans un fauteuil en osier attach&#233; au porte-paquets du v&#233;lo de Papa. Je ne vois que le grand dos de Papa et Maman qui roule &#224; c&#244;t&#233; de nous. Je (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot171" rel="tag"&gt;Voyages&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce souvenir date de juillet 1948, lorsque les plages ont &#233;t&#233; rouvertes au public apr&#232;s la guerre. J'avais trois ans.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papa et maman ont dit : &#034;on va aller en vacances &#224; la mer, et tu verras comme c'est beau. Et en plus, c'est grand, tr&#232;s grand, la mer !&#034;. C'est loin, la mer, tr&#232;s loin : mais on y va &#224; v&#233;lo. Et l&#224;, on va dormir dans une chambre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis install&#233;e dans un fauteuil en osier attach&#233; au porte-paquets du v&#233;lo de Papa. Je ne vois que le grand dos de Papa et Maman qui roule &#224; c&#244;t&#233; de nous. Je m'ennuie et je finis par m'endormir. On me r&#233;veille pour me montrer un moulin &#224; vent avec de grandes ailes qui tournent. Puis je me rendors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nuit pass&#233;e &#224; Tournai chez Cousine Yvonne, et on repart. Que c'est long !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il se passe quelque chose : le passage &#224; niveau est ferm&#233;. Maman se fait mal en mettant pied &#224; terre, elle ne peut plus p&#233;daler. L&#224;, je commence &#224; m'inqui&#233;ter : Maman monte dans la voiture d'un inconnu ! Ce qu'on m'a toujours strictement interdit de faire ! ! ! Papa reprend la route, en tenant le v&#233;lo de maman de la main gauche. Un homme s'approche, je l'entends discuter avec Papa mais je ne comprends pas du tout ce qu'ils disent. Puis Papa donne le v&#233;lo de Maman &#224; l'homme et je suis surprise de l'entendre dire : &#034;dans le cul&#034;. Papa dit parfois de gros mots, &#224; la maison, mais pas &#231;a, et surtout pas &#224; un monsieur qu'on ne connait pas. Que se passe-t-il ? C'est &#231;a la mer et les vacances ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, nous arrivons rapidement &#224; destination : le v&#233;lo de maman est dans la cour d'une grande maison et Maman est install&#233;e dans une chambre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lendemain, je vois enfin la mer. Quand je pense, Papa et Maman avaient dit : &#034;tu verras, c'est grand la mer, tr&#232;s grand ! &#187;. Pour moi, grand c'est haut, comme un arbre, comme ma maison, comme le moulin qu'on a vu hier. Et l&#224;, je me trouve devant de l'eau toute plate. Non ! La mer, c'est PETIT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;P.S. Il est &#233;vident que Papa n'a pas dit de gros mot, il a dit : &#171; Dank uw ! &#187; pour remercier le monsieur.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Sur la route des vacances (Dominique)</title>
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		<dc:date>2020-08-04T05:40:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie (A&amp;T)</dc:creator>


		<dc:subject>Technologie (&#233;volution)</dc:subject>
		<dc:subject>Vacances</dc:subject>

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&lt;p&gt;Il y a un demi-si&#232;cle, la route des vacances, c'&#233;tait, pour nous (ma famille), un stress garanti pendant les pr&#233;paratifs et l'installation des bagages dans le v&#233;hicule qui allait nous permettre de franchir une grande distance pour acc&#233;der aux plages, de la c&#244;te belge tout d'abord, puis, des plages bretonnes et, plus tard, aux plages de la C&#244;te d'azur et de la Costa Brava. &lt;br class='autobr' /&gt;
En premier lieu, il fallait s'appliquer &#224; consulter la liste &#233;tablie par notre p&#232;re afin de ne rien oublier. Ceci engendrait souvent (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a un demi-si&#232;cle, la route des vacances, c'&#233;tait, pour nous (ma famille), un stress garanti pendant les pr&#233;paratifs et l'installation des bagages dans le v&#233;hicule qui allait nous permettre de franchir une grande distance pour acc&#233;der aux plages, de la c&#244;te belge tout d'abord, puis, des plages bretonnes et, plus tard, aux plages de la C&#244;te d'azur et de la Costa Brava.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, il fallait s'appliquer &#224; consulter la liste &#233;tablie par notre p&#232;re afin de ne rien oublier. Ceci engendrait souvent des tensions entre nos parents, avant le d&#233;part comme apr&#232;s, &#224; la d&#233;couverte de l'absence de certains articles mentionn&#233;s sur la fameuse liste, car notre m&#232;re n'avait pas la fibre organisationnelle de notre p&#232;re et fonctionnait plut&#244;t &#224; l'improvisation et &#224; l'instinct, proc&#233;dant au remplissage des valises sans s'occuper de l'espace disponible du coffre de la voiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs l'installation d'un porte-bagages m&#233;tallique sur le toit de la voiture s'imposera tr&#232;s vite. Un syst&#232;me de tendeurs, appel&#233; &#171; araign&#233;e &#187;, arrimait les valises au porte-bagages. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les valises &#233;taient en ska&#239; (un cuir synth&#233;tique) avec une poign&#233;e et des fermoirs m&#233;talliques ou une fermeture-&#233;clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voiture, un accessoire de vie devenu accessible &#224; un plus grand nombre dans les ann&#233;es 1950-60, avec, en t&#234;te, la Volkswagen, la &#171; voiture du peuple &#187;. La voiture deviendra tr&#232;s vite indispensable. Le tourisme en pleine expansion, des routes jalonn&#233;es de stations-service, de plus en plus nombreuses, entra&#238;neront des d&#233;placements de plus en plus fr&#233;quents, vers des destinations de plus en plus lointaines pour satisfaire un nouveau besoin d'exotisme, une soif de nouveaux espaces. La voiture deviendra synonyme de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette libert&#233; avait n&#233;anmoins un co&#251;t. Avant d'arriver &#224; destination, il y avait tout de m&#234;me quelques &#233;preuves &#224; subir : les files et les bouchons sur les routes avec les jurons paternels concomitants, la suffocation lors des fortes chaleurs, dans un habitacle r&#233;duit, l'air conditionn&#233; &#233;tant encore absent de la plupart des v&#233;hicules ; sans oublier les &#233;nervements du p&#232;re lorsque notre m&#232;re ne le renseignait pas assez vite sur la direction &#224; prendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nez plong&#233; dans la carte routi&#232;re ou sur le plan du guide Michelin, avec toute sa bonne volont&#233; et son absence de sens de l'orientation, maman faisait heureusement profil bas et, ainsi, &#233;vitait d'envenimer les choses. Elle avait l'habitude d'essuyer les pl&#226;tres et semblait dot&#233;e d'une carapace &#224; toute &#233;preuve sur laquelle glissaient tous les reproches. C'&#233;tait triste et cocasse &#224; la fois, cette fa&#231;on dont notre p&#232;re enguirlandait notre m&#232;re tout en lui donnant du &#171; Ch&#233;rie &#187; sur un ton exasp&#233;r&#233; : &#171; Mais enfin, ch&#233;rie ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, les filles, nous &#233;tions bien, assises &#224; l'arri&#232;re, munies de nos magazines (Pifs gadgets, Bobo, prince de l'&#233;vasion, Petzi, les aventures de Picsou et ses neveux, Bob et Bobette,&#8230;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous amusions &#224; regarder les plaques ou les marques des voitures ou simplement &#224; admirer le paysage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les deux ou trois heures, il fallait s'arr&#234;ter &#224; une station-service pour faire le plein, ou dans une aire de repos pour se restaurer et se reposer. Dans les ann&#233;es 1960-70, les compagnies p&#233;troli&#232;res rivalisaient pour offrir les cadeaux promotionnels les plus attractifs, en vue de fid&#233;liser les clients. Des slogans accrocheurs ont vu le jour : C'est Shell que j'aime ! et Mettez un tigre dans votre moteur ! (Esso)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BP, Shell, Esso, Total, Fina, Seca, offraient des verres, des tasses, de la vaisselle en arcopal (opale), des ramequins en verre fum&#233;s (BP), des bols chinois (Seca), des porte-cl&#233;s, des bou&#233;es (Fina),.. Au bout de quelques ann&#233;es, nous avions re&#231;u une telle quantit&#233; de vaisselle que notre m&#232;re nous en a fait profiter &#224; notre d&#233;part de la maison et c'est ainsi que je peux rendre hommage &#224; la qualit&#233; et &#224; la solidit&#233; de ces produits arcopal qui m'ont beaucoup servie et dont je me sers encore aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las, le temps des &#171; cadeaux publicitaires &#187; est r&#233;volu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de cadeaux dans les stations qui ne sont d'ailleurs plus des stations-service puisque le service a disparu avec la suppression des pompistes qui venaient vous faire le plein et proposaient de laver votre pare-brise, de v&#233;rifier la pression des pneus ou le niveau d'huile.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'automobiliste se retrouve aujourd'hui seul devant les machines : la borne de paiement et la pompe &#224; essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de cadeaux Bonux dans les paquets de lessive, plus d'images &#224; collectionner dans les emballages de b&#226;tons de chocolat Jacques, plus de timbres Soubry &#224; collecter pour garnir d'images des albums Artis-Historia,&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je d&#233;vie de ma route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens que notre p&#232;re pestait sur les v&#233;hicules tractant une caravane parce qu'ils ralentissaient le trafic et &#233;taient plus difficiles &#224; d&#233;passer sur les routes secondaires. Certaines de ces petites routes d&#233;partementales fran&#231;aises, bord&#233;es de platanes de part et d'autres, &#233;taient tr&#232;s agr&#233;ables malgr&#233; les hoquets r&#233;guliers de la voiture au passage des coutures d'asphalte coul&#233;es lat&#233;ralement tous les cent m&#232;tres, pour combler les fissures de la chauss&#233;e. Aujourd'hui, les routes sont, pour la plupart, de longs rubans lisses qui m&#233;nagent les pneus, la suspension et les occupants des v&#233;hicules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois une voiture faisait des appels de phares et klaxonnait en nous d&#233;passant tout en faisant de grands signes de la main pour nous saluer. C'&#233;taient d'autres Belges &#224; qui nous r&#233;pondions avec tout autant d'entrain. Et quand une voiture en contresens nous envoyait ses feux, c'&#233;tait pour pr&#233;venir de la pr&#233;sence de gendarmes post&#233;s au bord de la route pour contr&#244;ler la vitesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le trafic routier n'&#233;tait pas aussi dense qu'aujourd'hui et ne repr&#233;sentait pas encore 60% des &#233;missions de gaz &#224; effets de serre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;voque les voitures de mon enfance avec nostalgie. Parce qu'immanquablement associ&#233;es aux vacances, aux voyages vers d'autres horizons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La route des vacances, la qu&#234;te du Graal, le r&#234;ve de l'&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#234;ve de voyages (Anne-Marie Fo.)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Vacances</dc:subject>
		<dc:subject>Voyages</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le d&#233;but des ann&#233;es 1950 n'offrait pas tant d'opportunit&#233;s pour la p&#233;riode des vacances d'une famille de 3 enfants. Mon p&#232;re, cependant, qui &#233;tait adepte de la nature et du grand air, avait le don de trouver des solutions - permettant aux siens de prendre des distances avec le petit appartement de Forest aux dimensions et au confort tr&#232;s sommaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il avait effectu&#233; des visites dans un &#034;Stock am&#233;ricain&#034; constitu&#233; encore de mat&#233;riel USA authentique... et avait donc fait l'acquisition d'une vaste tente (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot171" rel="tag"&gt;Voyages&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;but des ann&#233;es 1950 n'offrait pas tant d'opportunit&#233;s pour la p&#233;riode des vacances d'une famille de 3 enfants. Mon p&#232;re, cependant, qui &#233;tait adepte de la nature et du grand air, avait le don de trouver des solutions - permettant aux siens de prendre des distances avec le petit appartement de Forest aux dimensions et au confort tr&#232;s sommaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avait effectu&#233; des visites dans un &#034;Stock am&#233;ricain&#034; constitu&#233; encore de mat&#233;riel USA authentique... et avait donc fait l'acquisition d'une vaste tente pyramidale en toile kaki et de divers accessoires (sac &#224; r&#233;serve d'eau, bassines, lampe temp&#234;te) susceptibles de rendre notre s&#233;jour au bon air plus confortable. Tout fut class&#233;, pli&#233;, rang&#233; au carr&#233; pour prendre le moins de place possible dans la camionnette du laitier qui fut charg&#233;e de porter cette cargaison sur ce qui fut notre lieu de vill&#233;giature : un verger attenant &#224; une ferme du Brabant Wallon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verger &#233;tait rempli de pommiers de la vari&#233;t&#233; &#034;Belle Fleur&#034;, fruits un peu acides et juteux. Je garde en m&#233;moire des souvenirs gustatifs et olfactifs (beurre, pain, lard de la ferme). Le beurre qui servait &#224; faire nos tartines ferait la fiert&#233; d'un restaurateur &#233;toil&#233; aujourd'hui .... Le pain cuit &#224; partir du froment de la ferme &#233;tait un vrai r&#233;gal. Les jours s'&#233;coulaient au rythme des petits bonheurs quotidiens d'une gamine de 11 ans : conduire ou ramener les vaches des p&#226;tures, la traite &#224; laquelle je pouvais m'initier, de m&#234;me que l'&#233;cr&#233;mage en fin de journ&#233;e. Le mardi, la fermi&#232;re se levait &#224; 4 h du matin pour faire le beurre &#224; la baratte dans sa cave. (n'&#233;tant pas d'origine rurale, elle me disait souvent : &#034;n'&#233;pouse jamais un fermier&#034;) Je ne comprenais pas tout &#224; fait car je ne mesurais pas l'ampleur des contraintes. Aller chercher les oeufs dans la paille, c'&#233;tait si gai !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, en compagnie de mon fr&#232;re a&#238;n&#233; - un grand ado qui avait parcouru la r&#233;gion &#224; v&#233;lo, nous nous sommes retrouv&#233;s au bout du village et il me montra l'horizon l&#233;g&#232;rement vallonn&#233; en me disant : &#034;tu vois, l&#224;-bas, c'est Ottignies ... Ce mot r&#233;sonna &#224; mes oreilles de fa&#231;on particuli&#232;re. J'&#233;tais subjugu&#233;e de voir mon fr&#232;re conna&#238;tre cela ... Ottignies ... une impression telle qu'aujourd'hui au cours d'un voyage quelqu'un s'adresserait &#224; moi en me montrant l'horizon dans la brume dor&#233;e d'un matin en me disant : &#034;tu vois, l&#224;-bas, c'est Samarcande ... r&#234;ve de voyages , d'histoires, d'aventures ... c'est r&#233;alisable partout et &#224; tout &#226;ge !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le grand plongeon (Suzy)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article943</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article943</guid>
		<dc:date>2013-09-16T09:13:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Vacances</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Salut les filles ! &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est moi, Suzy. &lt;br class='autobr' /&gt;
Salut qui ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Suzy, comme les gaufres ! &lt;br class='autobr' /&gt; Vous vous rappelez ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Ah, je vois &#8230; les vacances vous ont fait perdre la m&#233;moire &#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Au travail, maintenant ! &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;veillez-vous voyons ! &lt;br class='autobr' /&gt; Je vous &#233;cris du bout du monde. Oui, je passe de belles vacances au soleil au sud de la Tha&#239;lande avec mon ami Charles. Nous nous connaissons depuis bien longtemps. Mon d&#233;m&#233;nagement de 1997 nous a rapproch&#233;s au point qu'il m'a demand&#233; de bien vouloir faire un bout de chemin avec lui. (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Salut les filles ! &lt;br&gt;
C'est moi, Suzy.&lt;br&gt;
Salut qui ?&lt;br&gt;
Suzy, comme les gaufres !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous vous rappelez ?&lt;br&gt;
Ah, je vois &#8230; les vacances vous ont fait perdre la m&#233;moire &#8230;&lt;br&gt;
Au travail, maintenant !&lt;br&gt;
R&#233;veillez-vous voyons !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous &#233;cris du bout du monde. Oui, je passe de belles vacances au soleil au sud de la Tha&#239;lande avec mon ami Charles. Nous nous connaissons depuis bien longtemps. Mon d&#233;m&#233;nagement de 1997 nous a rapproch&#233;s au point qu'il m'a demand&#233; de bien vouloir faire un bout de chemin avec lui.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'a fait d&#233;couvrir la route des vacances : le camping, les for&#234;ts humides de nos Ardennes, sa faune et ses h&#244;tes. Mais cette fois, &#8230;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre intr&#233;pide guerri&#232;re n'a pas beaucoup r&#233;fl&#233;chi et elle se demande tout &#224; coup si elle n'est pas devenu folle. Les b&#233;liers sont comme &#231;a ... Ils agissent et puis ils r&#233;fl&#233;chissent ...&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi, mon p&#232;re a toujours dit que je n'avais peur de rien. C'est vrai, je ne suis pas de nature craintive.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais pris l'avion, mais qu'&#224; cela ne tienne, si Charlie peut le faire, moi aussi. Je ne parle pas un mot d'anglais, mais cela ne m'inqui&#232;te pas. Je n'ai jamais voyag&#233;, jamais quitt&#233; la Belgique.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul hic : je ne sais pas nager et j'ai peur de mettre un pied dans l'eau mais pourtant il est hors de question que je laisse Charlie galoper parmi les poissons tout seul. Ce n'est pas le but ! Alors je nagerai ... oui, enfin avec une bou&#233;e ... et un tuba.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;cidons de faire notre premi&#232;re sortie en mer. J'ai la trouille de ma vie mais j'ai d&#233;cid&#233; de ne pas le montrer. Il me tient par le poignet et j'essaie d'imiter ses gestes pour avancer. Bient&#244;t, je vois les fonds marins. Je dois contr&#244;ler ma peur ; hors de question de c&#233;der &#224; la panique devant un homme, c'est un principe. Il y a au moins 30 m&#232;tres d'eau sal&#233;e en dessous de nous ; je me r&#233;p&#232;te d&#233;sesp&#233;r&#233;ment que l'on peut se noyer dans un m&#232;tre de la m&#234;me fa&#231;on et que tout cela va finir bient&#244;t. Jusqu'ici je suis toujours en vie, c'est bon signe. Charlie ne se rend pas bien compte de ce que je vis, et comme si ce n'&#233;tait pas suffisant, il me fait un signe que je ne comprends pas, il me l&#226;che la main et &#8230; plonge pour cueillir un coquillage. Je suis morte de peur. Je ferme les yeux pour ne plus rien voir et compte les moutons pour calmer mon angoisse. Je fais des gestes d&#233;sesp&#233;r&#233;s pour tenir &#224; la surface. A ce moment-l&#224;, je ne sais pas combien ils sont inutiles puisque le morceau de &#171; frigolite &#187; nous maintient en &#233;tat de flottaison. J'ai toujours entendu dire qu'il &#233;tait dangereux d'&#234;tre pr&#232;s de quelqu'un qui ne sait pas nager, car il s'accroche et ne vous l&#226;che plus. Je me dis que cela ne doit pas m'arriver. J'ai bien envie de m'accrocher, mais je serre les poings. Tous les poissons qu'il me montre autour de nous, j'en ai rien &#224; f&#8230;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me faudra trois ans pour vaincre ma peur de l'eau et oser entrer seule dans l'eau chaude et sal&#233;e de l'oc&#233;an Indien - c'est autre chose que la piscine - afin de regarder les mur&#232;nes l&#233;opards qui semblent rugir comme le ferait un fauve ; elle a de terribles dents, recourb&#233;es vers l'int&#233;rieur. Celui qui se fait happer la main ne peut plus s'en d&#233;gager. L'oc&#233;an n'est pas le domaine de l'homme. Ce sont les poissons qui y sont chez eux. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;duses sont &#233;normes. Nous y avons &#233;t&#233; un peu fort en jouant au ballon avec l'une d'elle : elle nous a projet&#233; ses petites bulles urticantes mais ce n'est pas tr&#232;s grave. Le pire c'est quand on lui fait du &#171; rentre dedans &#187; en nageant sans la voir. L&#224; elle vous laisse un tatouage inoubliable : vous voil&#224; lac&#233;r&#233;e pour une semaine, une embrassade &#233;mouvante. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je redoute le plus, ce sont ces beaut&#233;s du diable, les oursins, ils sont des milliers &#224; border la mer. Ils ne bougent pas, mais il y a tant de choses &#224; voir que si on se laisse piquer, l'oursin vous rentre son aiguille de quelques centim&#232;tres sous la peau et celle-ci se casse en morceaux. Si vous ne connaissez pas le jus de citron qui la dissout, bonne chance pour l'enlever ! C'est douloureux mais pas autant que la pierre de feu, un corail qui se trouve au bord de l'eau. Si vous lui marchez dessus, vous avez l'impression de ne plus avoir d'orteil. Pourtant ce corail est tr&#232;s discret et quand vous regardez, vous ne voyez rien.
&lt;br&gt;
Ce n'est pas &#233;tonnant que les anciens croyaient aux esprits de l'eau &#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>5&#232;me latine : les grandes personnes savent-elles vraiment tout ? (Nicole H.)</title>
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		<dc:date>2012-11-07T08:43:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Vacances</dc:subject>
		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Nicole &#034;Au fil des bulletins scolaires&#034; Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Parents ont lou&#233; une villa en face de la mer &#224; Boulouris (pr&#232;s de St. Rapha&#235;l) pour tout le mois de juillet. Mammy (ma maman) &#8211; qui avait d&#233;j&#224; pass&#233; des vacances dans le Midi - nous promet un temps magnifique : du soleil en permanence, une eau chaude, des baignades &#224; n'en plus finir&#8230;.Elle nous confectionne des robes &#171; bain de soleil &#187; avec des maillots assortis ; et pour moi un bikini. &lt;br class='autobr' /&gt; Fin juin nous (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;Au fil des bulletins scolaires (Nicole H.)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot175" rel="tag"&gt;Vie quotidienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton de Nicole &#034;Au fil des bulletins scolaires&#034; &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique150' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les Parents ont lou&#233; une villa en face de la mer &#224; Boulouris (pr&#232;s de St. Rapha&#235;l) pour tout le mois de juillet. Mammy (ma maman) &#8211; qui avait d&#233;j&#224; pass&#233; des vacances dans le Midi - nous promet un temps magnifique : du soleil en permanence, une eau chaude, des baignades &#224; n'en plus finir&#8230;.Elle nous confectionne des robes &#171; bain de soleil &#187; avec des maillots assortis ; et pour moi un bikini.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin juin nous remplissons une malle en osier fermant avec une barre en fer et un cadenas. Nous y mettons des draps, nappes, v&#234;tements, couverts (non compris dans la location), draps de plage, jeux, etc&#8230;pour 8 personnes car nous partons avec notre bonne, Christiane. Papa conduit cette malle &#224; la gare du Midi et la fait exp&#233;dier en train. Elle nous attendra &#224; la gare de St. Rapha&#235;l.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 30 juin au soir, nous prenons le train de nuit qui nous m&#232;nera directement &#224; St. Rapha&#235;l, sans changer &#224; Paris. Malgr&#233; la malle envoy&#233;e &#224; l'avance, nous sommes lourdement charg&#233;s. Toute la famille occupe un compartiment de 1&#232;re classe pour 6 personnes. Christiane voyage de son c&#244;t&#233; en 2de classe. Comme les couchettes co&#251;tent cher nous voyageons assis, sauf Nel qui, &#224; 1 an, b&#233;n&#233;ficie encore de la nacelle de sa voiture de b&#233;b&#233;. Que cette nacelle est encombrante ! Nous essayons de dormir tant bien que mal en s'appuyant les uns sur les autres.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain matin un soleil resplendissant nous attend &#224; St. Rapha&#235;l. Nous prenons un petit d&#233;jeuner &#224; la gare puis 2 taxis jusqu'&#224; Boulouris. Installation, courses au village, repas, et enfin baignade dans la mer. La plage est juste en face de la maison. L'ennui est qu'il faut traverser la route et nous ne pouvons pas le faire sans un adulte ! Le lendemain, gros orage, pluie, vent ; je commence &#224; douter de l'omniscience des parents qui nous avaient promis un temps magnifique en permanence.&lt;br&gt;
J'ai 12 ans, et c'est la premi&#232;re fois que je me demande si les parents, et les grandes personnes en g&#233;n&#233;ral, savent vraiment tout&#8230;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une semaine, Papa, qui n'a pas assez de cong&#233;, rentre en train &#224; Bruxelles, y reste 2 semaines puis nous rejoint &#224; Boulouris pour la derni&#232;re semaine de vacances. Nous passons des vacances merveilleuses, agr&#233;ment&#233;es de quelques coups de soleil &#8211; en ce temps on ne parle pas encore de m&#233;lanome malin &#8211; nombreuses baignades, quelques visites, notamment aux ar&#232;nes de Fr&#233;jus o&#249; Nadette pr&#233;tend avoir retrouv&#233; un bout du cigare de Jules C&#233;sar et le&#231;ons de natation donn&#233;es par Papa aux plus jeunes. Tout a une fin : le 31 juillet, retour en Belgique ; envoi de la malle en osier qui arrivera quelques jours apr&#232;s nous &#224; la gare du Midi, embarquement dans le train de nuit et arriv&#233;e &#224; Bruxelles le lendemain matin.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t de cette ann&#233;e 1956, le 8 vers 8 h. du matin, la Belgique est endeuill&#233;e par un accident &#224; la mine du &#171; Bois du Cazier &#187; &#224; Marcinelle, pr&#232;s de Charleroi. Un incendie s'est d&#233;clar&#233; au fond du puits et s'est rapidement propag&#233; dans la mine. Le bilan de la catastrophe est terrible : 262 morts et seulement 13 rescap&#233;s ! Un sauveteur italien, &#224; la fin des recherches a prononc&#233; ces paroles affreuses rest&#233;es longtemps en m&#233;moire : &#171; tutti cadaveri ! &#187; La population est sous le choc. Dans toutes les familles c'est l'&#233;motion, les veill&#233;es de pri&#232;res, la solidarit&#233;, des dons divers, et surtout une prise de conscience de la dangerosit&#233; du m&#233;tier de mineur. Suite &#224; cette catastrophe plusieurs lois seront &#233;dict&#233;es pour am&#233;liorer la s&#233;curit&#233; sur les lieux du travail.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rentr&#233;e des classes en 5&#232;me gr&#233;co-latine chez Mademoiselle Baets. C'est elle qui nous donne latin, grec, fran&#231;ais et histoire. Les cours de religion sont donn&#233;s par M&#232;re Elisabeth. D&#232;s son premier cours, je deviens sa chouchoute et re&#231;ois une &#171; citation d'honneur &#187; car j'ai trouv&#233; la r&#233;ponse &#224; sa question : &#171; pourquoi le latin est-il encore vivant ? &#187; &#171; Parce que c'est la langue encore utilis&#233;e au sein de l'Eglise, pardi ! &#187;. J'en suis toute fi&#232;re ; fiert&#233; qui diminuera au cours de l'ann&#233;e quand je constaterai qu'elle donne des &#171; citations d'honneur &#187; pour un oui et pour un non.&lt;br&gt;
J'&#233;prouve une v&#233;ritable flamme pour ma titulaire ; je l'adore. Elle est douce et bonne. Je l'aime tellement que, ayant appris son adresse, rue Markelbach, je fais le trajet &#224; pieds un samedi apr&#232;s-midi (l'abonnement de tram n'est valable que pendant l'horaire scolaire) jusque chez elle uniquement pour contempler sa maison&#8230;Cela m'a pris une demi journ&#233;e !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aime mon prof principal, mais je n'aime pas le travail scolaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut dire que l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente je n'ai quasi rien fichu et j'ai perdu l'habitude d'&#233;tudier. Je pr&#233;f&#232;re de loin lire, lire et lire encore, de pr&#233;f&#233;rence en su&#231;ant un b&#226;ton de chocolat c&#244;te d'or au lait. J'&#233;tudie dans ma chambre et quand j'entends un pas dans l'escalier, vite je cache mon livre et le chocolat et prend une attitude d'&#233;l&#232;ve sage et studieuse.&lt;br&gt;
Avec un tel manque de travail, bien s&#251;r, mes bulletins hebdomadaires sont devenus m&#233;diocres.&lt;br&gt;
Et quand, aux vacances de No&#235;l, je rentre &#224; la maison avec seulement 67%, c'est l'explosion de col&#232;re chez Mammy qui me jette sans m&#233;nagement dans l'escalier de la cave. J'y resterai jusqu'au retour de Papa. Il vient me chercher le soir, l'air s&#233;v&#232;re, et me dit : &#171; va dans ta chambre ; demain nous &#233;tablirons un programme de travail. Si tu ne travailles pas pendant le trimestre, il faut compenser pendant les vacances ! &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes performances scolaires sont un sujet de frictions perp&#233;tuelles entre Mammy et moi. A mes yeux, Mammy y attache une importance d&#233;mesur&#233;e et ne tient pas compte des autres aspects de ma vie, l'amiti&#233;, par exemple.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 5&#232;me latine arrive dans ma classe une &#233;l&#232;ve que j'avais d&#233;j&#224; remarqu&#233;e l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente dans la cour de r&#233;cr&#233;ation. Elle a de magnifiques cheveux longs et boucl&#233;s, est toujours tr&#232;s entour&#233;e, elle est joyeuse et rit beaucoup. Elle est interne, a plusieurs s&#339;urs aussi &#224; l'&#233;cole et elles ont toutes un magnifique pull d'uniforme.&lt;br&gt;
Et voil&#224;, cette ann&#233;e elle est dans ma classe ! Au d&#233;but, nous ne frayons pas beaucoup. Je crois qu'elle me trouve trop gamine. C'est Colette !&lt;br class='autobr' /&gt;
Se trouve aussi dans ma classe une autre &#233;l&#232;ve, une meneuse, une audacieuse que j'admire beaucoup et &#224; qui je voudrais ressembler. Elle aussi doit me trouver trop enfant car elle ne fait pas attention &#224; moi. C'est Fran&#231;oise !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant toute cette ann&#233;e-l&#224; je fr&#233;quente surtout Marlyse qui a suivi la cat&#233;ch&#232;se avec moi l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente et qui est aur&#233;ol&#233;e de prestige aux yeux de Mammy car elle est premi&#232;re de classe. Il m'arrive de pouvoir l'inviter &#224; la maison. Mammy esp&#232;re ainsi qu'elle exercera une influence b&#233;n&#233;fique sur moi.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a de plus en plus de frictions entre Mammy et moi. Elle trouve que je suis paresseuse, que mes r&#233;sultats sont lamentables. Elle n'arr&#234;te pas de m'interdire de me regarder dans un miroir. Je suis grande pour mon &#226;ge et elle r&#233;p&#232;te souvent &#171; qui est petit est gentil &#187; ou encore &#171; pousser comme une mauvaise herbe &#187; ; ce que je prends pour des attaques personnelles, et me rend jalouse de ma petite s&#339;ur Nadette qui reste petite, elle ! !&lt;br&gt;
Heureusement qu'il y a mon petit fr&#232;re Nel. Parfois, le soir, je vais dans sa chambre contempler son sommeil. Je le trouve si paisible que cela me calme un peu.&lt;br&gt;
Heureusement aussi que j'ai des amies : Fran&#231;oise et Colette deviennent mes confidentes et je pr&#233;f&#232;re de loin passer mon temps avec elles que rentrer &#224; la maison&#8230;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aspect international du travail de Papa l'emm&#232;ne souvent &#224; l'&#233;tranger. Mammy l'accompagne quand le pays l'int&#233;resse. Les parents demandent &#224; ma Marraine ou &#224; Tanty de venir g&#233;rer la maison et nous garder pendant leur absence.&lt;br&gt;
Comme toutes deux sont &#226;g&#233;es et un peu sourdes, nous en profitons pour faire en douce tout ce qui nous est interdit par les parents. Ainsi nous lisons au lit jusqu'&#224; des heures impossibles, nous allons dans la chambre des gar&#231;ons jouer &#224; des jeux alors que nous sommes sens&#233;s dormir. Nous profitons de leur sommeil pour entrer discr&#232;tement dans leur chambre ; c'est tr&#232;s excitant de marcher dans la nuit en &#233;vitant de se faire entendre ! Nous pr&#233;tendons mordicus pouvoir faire du patin &#224; roulettes sur le trottoir, avoir l'habitude de manger une glace par jour, recevoir des bonbons comme &#171; 10 heures &#187;, mettre nos beaux v&#234;tements tous les jours, etc&#8230;C'est pendant ces p&#233;riodes que je teste diverses exp&#233;riences. Ainsi un jour, je prends un fil de fer, l'introduis dans un trou d'une prise, le recourbe et introduis l'autre bout dans le deuxi&#232;me trou. Clap ! ! Toute l'installation &#233;lectrique saute ! Et sur mes doigts, une ligne de br&#251;lure l&#224; ou je tiens le fil. Tanty est effray&#233;e, nous n'avons plus de lumi&#232;re. Bien s&#251;r je ne dis rien, pr&#233;tends ne pas savoir ce qui se passe, prends l'air &#233;tonn&#233;. A ce moment les disjoncteurs automatiques n'existent pas ; l'installation est prot&#233;g&#233;e par des fusibles en porcelaine blanche et Tanty a d&#251; appeler un &#233;lectricien pour r&#233;tablir la lumi&#232;re.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; super march&#233;s &#187; n'existent pas encore. Mammy fait des courses tous les jours, chez l'&#233;picier, le marchand de l&#233;gumes, le droguiste, le quincailler, le boucher, le cr&#233;mier, le boulanger ; chaque fois un endroit diff&#233;rent. Cela prend beaucoup de temps, d'autant plus qu'&#224; force de faire les courses chez le m&#234;me fournisseur des liens se cr&#233;ent et souvent la conversation s'engage : &#187; comment va votre fille aujourd'hui ? &#187; ou &#171; comme je sais que vous les aimez, je vous ai r&#233;serv&#233; des jeunes carottes &#187; (ce qui donne l'obligation morale de les acheter, m&#234;me si on n'en voulait pas ce jour-l&#224; !). Toutes ces civilit&#233;s augmentent encore le temps r&#233;serv&#233; aux emplettes.&lt;br&gt;
A Bruxelles existe un magasin &#171; l'Union Economique &#187; situ&#233; dans le bas de la chauss&#233;e de Louvain, pr&#232;s de la place Saint Josse, pas trop loin de l'&#233;cole. Il s'agit d'une coop&#233;rative d'achats des fonctionnaires qui vend &#224; ses membres de la marchandise un peu moins ch&#232;re qu'ailleurs. Aussi, une fois par semaine, je suis charg&#233;e de passer y acheter notamment du beurre, sucre et farine et mettre tout cela dans mon cartable. Ainsi, le receveur du tram ne voit pas que je ne reviens pas directement de l'&#233;cole. Ces courses m'ennuient parce qu'elles m'emp&#234;chent de faire le trajet avec mes amies qui rentrent directement chez elles. De plus, c'est lourd !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article940' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le petit gar&#231;on qui regardait passer les trains (Jacques B.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article917</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article917</guid>
		<dc:date>2012-08-28T09:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Technologie (&#233;volution)</dc:subject>
		<dc:subject>Vacances</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte est issu de notre recueil d'histoires v&#233;cues imprim&#233; sous forme de livre &#171; 123 j'ai vu - Des seniors d'aujourd'hui racontent leur enfance d'hier &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; Ag&#233; d'une dizaine d'ann&#233;es, j'&#233;tais en vacances chez ma grand-m&#232;re &#224; Braine-le-Comte. Ce matin-l&#224;, je regardais passer les trains, juch&#233; sur la cl&#244;ture en b&#233;ton qui bordait les voies, pr&#232;s du passage &#224; niveau. Laissez-moi vous raconter ce qui est arriv&#233; ce jour-l&#224;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plusieurs fois d&#233;j&#224;, une locomotive de man&#339;uvre est pass&#233;e et repass&#233;e devant moi, tant&#244;t (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique146" rel="directory"&gt;1,2,3 j'ai vu ...&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot165" rel="tag"&gt;Technologie (&#233;volution)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot168" rel="tag"&gt;Vacances&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L99xH150/arton917-8cfc8.jpg?1779783668' width='99' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article530' class='spip_in'&gt;Ce texte est issu de notre recueil d'histoires v&#233;cues imprim&#233; sous forme de livre &#171; 123 j'ai vu - Des seniors d'aujourd'hui racontent leur enfance d'hier &#187;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ag&#233; d'une dizaine d'ann&#233;es, j'&#233;tais en vacances chez ma grand-m&#232;re &#224; Braine-le-Comte. Ce matin-l&#224;, je regardais passer les trains, juch&#233; sur la cl&#244;ture en b&#233;ton qui bordait les voies, pr&#232;s du passage &#224; niveau. Laissez-moi vous raconter ce qui est arriv&#233; ce jour-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs fois d&#233;j&#224;, une locomotive de man&#339;uvre est pass&#233;e et repass&#233;e devant moi, tant&#244;t seule, tant&#244;t en tirant ou poussant quelques wagons destin&#233;s &#224; un train de marchandises en formation dans la gare, cinq cents m&#232;tres plus loin.&lt;br&gt;
Mais cette fois, la machine s'arr&#234;te devant moi dans un grand panache de vapeur blanche et, du haut de sa cabine, le m&#233;canicien m'adresse la parole.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Bonjour Petit, que fais-tu l&#224; ? &#187; Je lui r&#233;ponds : &#171; Je suis en vacances chez mes grands-parents &#187; et il me demande : &#171; Comment s'appelle ton grand-p&#232;re ? &#187; Je lui r&#233;ponds et il s'exclame : &#171; Emile, mais je le connais bien, nous avons travaill&#233; ensemble dans le temps ! Aimerais-tu faire un tour en locomotive avec nous ? &#187; J'ai d&#251; dire oui, car il se penche par-dessus la cl&#244;ture, me soul&#232;ve puis me d&#233;pose sur le plancher de sa cabine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une main, il actionne un curieux robinet pour desserrer les freins et, de l'autre, il d&#233;place un grand levier en fer pour lancer la vapeur dans les cylindres : la machine s'&#233;branle dans un &#233;norme nuage blanc tandis que la chemin&#233;e, l&#224;-haut devant nous, crache des jets de fum&#233;e noire en poussant de grands soupirs enrag&#233;s. Je suis tr&#232;s impressionn&#233;, je me tais. Le m&#233;canicien et le chauffeur sont un peu comme des mineurs sortant de leur mine, la gueule noire de la poussi&#232;re de ce bon charbon belge encore abondant &#224; l'&#233;poque. Ils m'observent en riant. Au ras du plancher, entre les deux hommes, il y a une grande ouverture par laquelle le chauffeur jette r&#233;guli&#232;rement des pellet&#233;es de charbon dans le feu d'enfer de la chaudi&#232;re. En y repensant, je garderai longtemps le souvenir vivace de la chaleur sur mon visage et de la lumi&#232;re qui en rayonnait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous arrivons cahin-caha &#224; la gare, nous nous y arr&#234;tons pour reprendre de l'eau, car notre locomotive en a grand besoin pour produire cette belle vapeur blanche. Ensuite un contrema&#238;tre vient faire ma connaissance pendant que des man&#339;uvres attellent d'autres wagons &#224; notre locomotive. Apr&#232;s un coup de sifflet assourdissant, un signal nous indique enfin que la voie est libre et, apr&#232;s avoir jet&#233; un coup d'&#339;il sur ses myst&#233;rieux manom&#232;tres, le m&#233;canicien red&#233;marre la machine. Vous ne me croirez jamais, mais il me propose alors de la conduire ! Il me montre la man&#339;uvre &#224; effectuer et, sur la pointe des pieds, je l'ex&#233;cute tant bien que mal, mais &#231;a marche ! Et c'est ainsi que nous revenons pr&#232;s du passage &#224; niveau. L'un des deux hommes me d&#233;pose alors du bon c&#244;t&#233; de la cl&#244;ture. Ils me font tous deux un grand geste de la main et repartent dans leur &#233;norme machine en riant de plus belle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je remonte la rue de Ronqui&#232;res en courant, pour raconter cette aventure &#224; mes grands-parents. Ils m'&#233;coutent attentivement mais je vois bien qu'ils ne me croient pas. Et d'ailleurs je n'insiste pas. Il me restera de cette aventure un vif int&#233;r&#234;t pour tout ce qui roule sur terre ou vole dans l'air, que ce soit gr&#226;ce au charbon ou au p&#233;trole. Serait-ce pour cela que je deviendrai un jour ing&#233;nieur ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Et&#233; 1944 (Jacques B.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article912</link>
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		<dc:date>2012-08-07T14:29:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Vacances</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce texte est issu de notre recueil d'histoires v&#233;cues imprim&#233; sous forme de livre &#171; 123 j'ai vu - Des seniors d'aujourd'hui racontent leur enfance d'hier &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; Les vacances de P&#226;ques 1944 se terminent. La nouvelle tombe : pas de rentr&#233;e scolaire, les &#233;coles ferment leurs portes. Jusque quand ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Et si on s'&#233;loignait de la ville ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Oui, mais o&#249; aller ? &lt;br class='autobr' /&gt; Des amis d'enfance de Bon-Papa , Monsieur et Madame D., nous offrent la solution. Monsieur D. a cr&#233;&#233; &#224; Rivi&#232;re, commune de la vall&#233;e de la Meuse, une petite (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot191" rel="tag"&gt;Guerre 40-45&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L99xH150/arton912-73d38.jpg?1779974966' width='99' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article530' class='spip_in'&gt;Ce texte est issu de notre recueil d'histoires v&#233;cues imprim&#233; sous forme de livre &#171; 123 j'ai vu - Des seniors d'aujourd'hui racontent leur enfance d'hier &#187;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vacances de P&#226;ques 1944 se terminent. La nouvelle tombe : pas de rentr&#233;e scolaire, les &#233;coles ferment leurs portes. Jusque quand ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Et si on s'&#233;loignait de la ville ?&lt;br&gt;
&#8211; Oui, mais o&#249; aller ?&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des amis d'enfance de Bon-Papa , Monsieur et Madame D., nous offrent la solution. Monsieur D. a cr&#233;&#233; &#224; Rivi&#232;re, commune de la vall&#233;e de la Meuse, une petite entreprise, une fabrique de b&#234;ches utilisant l'eau d'une rivi&#232;re, le Burnot, pour faire tourner les machines.&lt;br&gt;
D&#232;s l'entr&#233;e des Allemands en Belgique, Monsieur D. en a arr&#234;t&#233; la production, ainsi il ne sera pas oblig&#233; de travailler pour l'ennemi. Cependant, chose remarquable, il continuera &#224; payer ses ouvriers durant toute la guerre. La petite usine est donc &#224; l'arr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le long du Burnot, le hameau s'&#233;tire sur un kilom&#232;tre environ en deux rang&#233;es de maisons. Nous y d&#233;barquons d&#233;but mai 1944. Dans la vaste demeure attenante &#224; l'usine, Monsieur D. h&#233;berge Emilie, sa belle-fille veuve, maman de deux enfants de mon &#226;ge, Gilbert et Mimie. Il nous r&#233;serve la plus belle partie du logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi ce petit coin de la Province de Namur sera la d&#233;couverte de la vie &#224; la campagne : libert&#233;, grand air, espace. Sans doute les quelques plus beaux mois de mon enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peine arriv&#233;, je pose la question qui me hante :&lt;br&gt;
&#8211; Il y a des sir&#232;nes ici ? &lt;br&gt;
&#8211; Non, seules les villes jouissent de ce privil&#232;ge !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le lendemain matin, je partage la vie de Gilbert et Mimie. C'est un &#233;t&#233; radieux. Nous sommes dehors toute la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re la maison s'&#233;tend un jardin au bord d'un &#233;tang tout en longueur aliment&#233; par l'eau de la rivi&#232;re. &#192; l'entr&#233;e, un potager. Sur le c&#244;t&#233; du jardin, dans une remise surmont&#233;e d'un fenil, Tante Emilie &#233;l&#232;ve des lapins : je n'en ai jamais vu ni touch&#233; d'aussi pr&#232;s. Au milieu, une petite mare carr&#233;e o&#249; quelques canards barbotent, souvent d&#233;rang&#233;s par les rats. Parfois les canes nous offrent quelques &#339;ufs. Tout au fond, notre savane, notre terrain d'aventure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On acc&#232;de au jardin par un petit pont surmontant un barrage-&#233;cluse gr&#226;ce auquel l'&#233;tang d&#233;verse son trop-plein dans le cours d'eau. Nous y jouons, y d&#233;busquons sous les pierres de vilains poissons plats et gluants : les chabots. &#171; Nous &#187;, c'est Gilbert, moi et &#171; ceux de la route &#187; : des cousins qui r&#233;sident &#224; Rivi&#232;re chez leurs grands-parents ; ils y attendent avec leur maman le retour des Papas prisonniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e commence souvent par la qu&#234;te du lait avec nos cruches cylindriques &#224; couvercle &#233;maill&#233;. Nous montons par un chemin escarp&#233; &#224; la ferme du hameau de Bois-Laiterie, chez Fernand et Delphine G. et leur fils Jean. Nos cruches remplies par la fermi&#232;re, nous d&#233;valons la colline vers le Burnot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, ce trajet qui aboutit au Point de Vue des sept Meuses, je le refais toujours avec beaucoup d'&#233;motion : je repense &#224; mes premi&#232;res escapades loin du regard protecteur de Maman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre distraction : l'excursion dans l'usine au repos o&#249; les deux &#233;normes &#171; macas &#187; muets et immobiles m'impressionnent. Ce sont deux &#233;normes marteaux qui retombent brutalement et en cadence sur une sorte d'enclume sur&#233;lev&#233;e, arrim&#233;e &#224; un large socle de bois lui-m&#234;me profond&#233;ment fich&#233; dans le sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois Monsieur D. nous emm&#232;ne dans le bureau o&#249; il prise : d'une petite bo&#238;te en &#233;caille, il retire entre le pouce et l'index une pinc&#233;e de tabac noir r&#233;duit en poudre, l'approche de ses narines et l'aspire. G&#233;n&#233;reux et fac&#233;tieux, il nous propose de &#171; prinde one p&#232;n&#233;ye &#187; , ce que nous acceptons. C'est si &#226;cre que nous en avons les larmes aux yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma petite s&#339;ur pr&#233;f&#232;re jouer dans le tas de charbon : elle s'y enfonce jusqu'aux genoux. Un jour des bombardiers survolent la vall&#233;e de la Meuse. Maman nous entra&#238;ne comme d'habitude dans la grotte de l'autre c&#244;t&#233; de la route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Mais o&#249; est la petite ? O&#249; est Monique ? O&#249; est ma fille ?&lt;br&gt;
&#8211; Je suis t'ici - r&#233;pond Monique sortant du hangar dans l'&#233;tat que l'on devine et devenue, depuis, &#171; Monique ma fille &#187;&#8230;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les passages de plus en plus fr&#233;quents de ces lourds avions laissent sur la campagne des paquets de bizarres languettes de papier m&#233;tallis&#233; lanc&#233;es, para&#238;t-il, pour d&#233;sorienter les radars. Parfois, nous trouvons sur le sol des &#233;clats d'obus, t&#233;moignages de combats a&#233;riens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces vacances idylliques m'ont aussi laiss&#233; des souvenirs d&#233;sagr&#233;ables, parfois dramatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour combler ce troisi&#232;me trimestre manqu&#233;, l'Abb&#233; D., mon titulaire, envoie par la poste &#224; tous ses &#233;l&#232;ves en ch&#244;mage des devoirs de vacances. Maman veille strictement &#224; leur accomplissement : d&#232;s que l'&#233;paisse enveloppe arrive, elle m'enferme dans une pi&#232;ce o&#249; je dois souffrir seul. Plus question de vagabonder ce matin-l&#224; ; il s'agit de renvoyer au professeur des travaux corrects pour pouvoir passer dans la classe sup&#233;rieure. A vue d'&#339;il, ma science de la conjugaison s'est &#233;tiol&#233;e, si bien qu'un jour, &#224; la question : &#171; Donne-moi le pass&#233; compos&#233; du verbe &#171; mettre &#187;, j'ai r&#233;pondu, apr&#232;s plusieurs secondes d'h&#233;sitation, &#171; dja mettu &#187;. Bravo l'artiste. Ces vacances auront au moins servi &#224; am&#233;liorer ma pratique du wallon en ce temps-l&#224; interdite &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin a lieu le d&#233;barquement des troupes alli&#233;es en Normandie. J'entends encore le cri de Gilbert bondissant sur la route :&lt;br&gt;
&#8211; Cherbourg est pris &#8230;&lt;br&gt;
Le recul des soldats allemands a commenc&#233;. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 ao&#251;t 1944, nous devons aller dans les locaux de la Croix Rouge &#224; Namur pour y envoyer un colis &#224; Papa , toujours prisonnier en Allemagne. Est-ce d&#251; &#224; un retard de la poste ou &#224; l'autorit&#233; allemande, le hasard fait que nous n'avons pas re&#231;u l'indispensable &#233;tiquette qui doit &#234;tre appos&#233;e &#224; tout envoi postal. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce contretemps nous sauvera la vie.&lt;br&gt;
Ce jour-l&#224; restera grav&#233; dans la m&#233;moire des Namurois : les avions alli&#233;s qui ciblaient la gare et les ponts ratent leur but et c'est le centre de la ville qui re&#231;oit des tonnes de bombes : on d&#233;plorera environ 400 morts. Parmi eux, un de mes camarades d'&#233;cole. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours plus tard, les troupes am&#233;ricaines atteignent la vall&#233;e de la Meuse. &#192; la tomb&#233;e du jour une clameur se r&#233;pand : ils sont l&#224;&#8230;&lt;br&gt;
Je d&#233;couvre ma premi&#232;re jeep, occup&#233;e par quatre G.I.2 . C'est une avant-garde3, elle file directement sur Bois-Laiterie. La nuit s'annonce chaude : les Allemands battent en retraite &#224; quelques centaines de m&#232;tres. Dans leur fuite, ils tentent de d&#233;truire les ponts derri&#232;re eux pour emp&#234;cher la travers&#233;e du fleuve. Pour les Am&#233;ricains, c'est la man&#339;uvre inverse. D&#232;s lors, nous nous attendons &#224; des combats rapproch&#233;s, d&#233;j&#224; annonc&#233;s par des rafales de mitrailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir, toute la maisonn&#233;e quitte le logis &#224; la faveur de l'obscurit&#233;. Sans bruit, nous grimpons le coteau pour nous r&#233;fugier dans une grotte bien dissimul&#233;e o&#249; nous passons une nuit en silence ou en pri&#232;re pour certains des n&#244;tres.&lt;br&gt;
Le lendemain, nous quittons Burnot pour le village d'Arbre &#224; environ deux kilom&#232;tres. Des habitants nous accueillent ; nous passons cette deuxi&#232;me nuit de Lib&#233;ration dans une grande pi&#232;ce &#224; m&#234;me le sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous revenons au hameau, les Allemands ont mis le feu &#224; plusieurs habitations de Rivi&#232;re. Parmi elles, celle de Monsieur et Madame D. : ils ont eu le temps de sortir avec leurs filles et petits-fils et d'atteindre vaille que vaille, &#224; pied ou en charrette, la ferme de Bois-Laiterie o&#249; ils ont trouv&#233; refuge. Ils ont tout perdu ce jour-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'orage pass&#233;, la famille sinistr&#233;e redescend &#224; Burnot o&#249; nous nous retrouvons &#224; quinze.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre s&#233;jour touche &#224; sa fin mais les derniers souvenirs de cet endroit sont les plus tragiques. Les combats proches sont termin&#233;s. En allant jusqu'&#224; la route, nous croisons une colonne de gens tr&#232;s agit&#233;s : au centre, deux ou trois hommes sont encadr&#233;s par des membres de l'arm&#233;e blanche4, habill&#233;s de salopettes de jute beige et flanqu&#233;s de mitraillettes. Les prisonniers n'en m&#232;nent pas large. La foule toute proche de badauds mena&#231;ants et surexcit&#233;s les injurie :&lt;br&gt;
&#8211; Rexistes ! Collabos ! Inciviques ! &lt;br&gt;
&#8211; Salauds ! A mort ! &lt;br&gt;
Les plus hardis leur crachent &#224; la figure ou les frappent en plein visage malgr&#233; l'intervention peu convaincue de leurs gardiens. Je me sens tr&#232;s mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revoir la maison de Monsieur et Madame D. est un autre choc. Nous nous hasardons &#224; l'int&#233;rieur : les ruines sont encore ti&#232;des, le contenu du coffre-fort ouvert br&#251;le toujours et la carcasse calcin&#233;e de la Minerva refroidit sur ses pneus br&#251;l&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La visite du village lib&#233;r&#233; se termine aux abords d'un petit garage dans lequel on ne me permet pas d'entrer : les corps de trois soldats am&#233;ricains y sont allong&#233;s ; ils ont &#233;t&#233; tu&#233;s pour nous d&#233;fendre au cours des heures pr&#233;c&#233;dentes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je les imagine mourant seuls, loin de leur maman, de leur femme, de leur famille. &lt;br&gt;
Seuls, &#171; un trou rouge au c&#244;t&#233; &#187;.&lt;br&gt;
Mon c&#339;ur de dix ans se serre.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore, je ne passe jamais devant cette porte sans penser &#224; ces trois jeunes combattants, que je salue d&#233;sormais d'un traditionnel &#171; Salut, les boys ! &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bain de jouvencelle (Suzanne S.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article761</link>
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		<dc:date>2012-07-02T08:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Vacances</dc:subject>
		<dc:subject>Loisirs, jeux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les yeux &#224; peine ouverts, elle est sortie du lit et d'un bond de sylphide s'est pr&#233;cipit&#233;e &#224; l'int&#233;rieur de son nouveau maillot de bain, d'un vert mousse, souple, satin&#233;, caressant. Adieu laine dure &#224; la peau et longue &#224; s&#233;cher, le synth&#233;tique a fait son apparition ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Encore p&#226;le et frileux en ce matin de juillet, le ciel calme annonce une couleur pleine de promesses : d'azur il sera. Vacances d'&#233;t&#233;, deux mois de libert&#233; pour Annie, elle a douze ans, des boucles folles, un tenace besoin d'&#233;vasion. &lt;br class='autobr' /&gt;
Eh hop (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot174" rel="tag"&gt;Loisirs, jeux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les yeux &#224; peine ouverts, elle est sortie du lit et d'un bond de sylphide s'est pr&#233;cipit&#233;e &#224; l'int&#233;rieur de son nouveau maillot de bain, d'un vert mousse, souple, satin&#233;, caressant. Adieu laine dure &#224; la peau et longue &#224; s&#233;cher, le synth&#233;tique a fait son apparition !&lt;br /&gt;
Encore p&#226;le et frileux en ce matin de juillet, le ciel calme annonce une couleur pleine de promesses : d'azur il sera. Vacances d'&#233;t&#233;, deux mois de libert&#233; pour Annie, elle a douze ans, des boucles folles, un tenace besoin d'&#233;vasion.&lt;br /&gt;
Eh hop ! Elle arrache du fil une grande serviette &#224; peine s&#232;che et la fourre dans le kid-bag &#224; l'haleine de caoutchouc moisi . Ne pas oublier la petite culotte !&lt;br /&gt;
Tartines de confiture aux fraises, malt bien sucr&#233;, pas trop chaud ; et la voil&#224; partie, sac &#224; l'&#233;paule, nez au vent, &#224; peine coiff&#233;e et suivie du chien de la maison, ravi de l'escapade. La porte a claqu&#233; trop fort, tant pis !&lt;br /&gt;
Des espadrilles, une blouse de coton aux petites manches fronc&#233;es, quelques francs, si peu, gliss&#233;s dans la poche du short.&lt;br /&gt;
La peau de ses bras nus d&#233;j&#224; bronz&#233;e frissonne, elle aurait d&#251; se couvrir. Elle ne marche pas, elle s'envole vers l'Hydrion pour arriver la premi&#232;re. Elle laisse vivre les coquelicots du chemin terreux.&lt;br /&gt;
La piscine : des fermiers, les fr&#232;res Klein, tr&#244;nent &#224; la caisse d&#232;s dix heures, toujours pareils dans leur cache-poussi&#232;re un peu vert, un peu gris. Plus tard, vers midi, ils ouvriront l'aubette avec ses limonades et ses petits pains au salami d'Ardenne, mmm !&lt;br /&gt;
Du m&#234;me ton que les cache-poussi&#232;res, l'eau stagne encore dans son lit de b&#233;ton, elle se pr&#233;lasse, fr&#233;missante aux premi&#232;res heures du matin, loin des cris, des jeux, des plongeons intrusifs. On n'en voit jamais le fond. La sauvage de la source somnole, silencieuse, prisonni&#232;re, toujours fra&#238;che, voire glac&#233;e. Il faudra l'apprivoiser avant de s'y glisser. Durant la nuit, le rebord de pierre brute a perdu les empreintes des pieds humides et alentour, une herbe rude savoure la ros&#233;e.&lt;br /&gt;
Vite, une cabine ! Il est obligatoire de laisser ses v&#234;tements au vestiaire, c'est inscrit ! Le pr&#233;pos&#233; se manifestera &#224; l'ouverture du petit guichet int&#233;rieur. Parfois c'est long ! Louer une cabine priv&#233;e, comme celle de madame Zoller, l'institutrice de sixi&#232;me, ce serait bien.&lt;br /&gt;
Tr&#232;s loin, des vaches de province parqu&#233;es dans la prairie voisine et des taons amateurs de chair tendre. Annie s'installe, loin aussi des toilettes souterraines et naus&#233;abondes (elle fera pipi dans l'eau).&lt;br /&gt;
Pour calmer son impatience, elle va se bercer sur une balan&#231;oire grin&#231;ante, prot&#233;geant ses mollets du fer rouill&#233; ; une odeur de foins flotte dans l'air, le soleil s'affirme, il se faufile d&#233;j&#224; dans la rang&#233;e de sapins.&lt;br /&gt;
11 heures. &#171; Elle est bonne ! &#187;, s'&#233;crient les nageurs matinaux mettant fin &#224; la tr&#234;ve. Voici enfin le temps des clapotis et des cascades. Assise sur le bord du bassin, les orteils depuis longtemps submerg&#233;s, la petite sir&#232;ne va s'enfoncer avec d&#233;lice au c&#339;ur des ondes un peu vertes, un peu grises. Le chien de la maison s'est &#233;tendu &#224; l'ombre des sapins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Soir&#233;e d'&#233;t&#233; au Village (Marinette Y.)</title>
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		<dc:date>2012-07-02T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Nature, animaux</dc:subject>
		<dc:subject>Vacances</dc:subject>

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&lt;p&gt;Aujourd'hui je revis en pens&#233;e ces douces soir&#233;es d'&#233;t&#233; pass&#233;es en famille sur le banc fait de lattes en bois plac&#233; devant la maison. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous profitons au maximum de la clart&#233;, du beau temps, des bonnes odeurs laiss&#233;es &#224; la tra&#238;ne des charrettes &#224; foin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis chez mes grands parents, en vacances, Tellement heureuse d'&#234;tre l&#224; ! Ce banc sur lequel l'un ou l'autre voisin vient se joindre &#224; nous afin de faire une petite &#034;causette&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'au moment o&#249; mon grand p&#232;re se l&#232;ve et annonce :-&#034;J'va m'coutchi !&#034; ( je (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui je revis en pens&#233;e ces douces soir&#233;es d'&#233;t&#233; pass&#233;es en famille sur le banc fait de lattes en bois plac&#233; devant la maison. &lt;br&gt;
Nous profitons au maximum de la clart&#233;, du beau temps, des bonnes odeurs laiss&#233;es &#224; la tra&#238;ne des charrettes &#224; foin. &lt;br&gt;
Je suis chez mes grands parents, en vacances, Tellement heureuse d'&#234;tre l&#224; ! Ce banc sur lequel l'un ou l'autre voisin vient se joindre &#224; nous afin de faire une petite &#034;causette&#034;.&lt;br&gt;
Jusqu'au moment o&#249; mon grand p&#232;re se l&#232;ve et annonce :-&#034;J'va m'coutchi !&#034; ( je vais me coucher).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une mani&#232;re polie de signifier aux bavards que l'heure est venue de rendre les alentours de la maison au silence de la nuit. &lt;br&gt;
J'adore le cr&#233;puscule, l'ambiance devient feutr&#233;e, on a tous tendance &#224; baisser la voix, chaque objet ou oiseau qui passe ont perdu de leur nettet&#233;, tout devient un peu myst&#233;rieux. &lt;br&gt;
C'est l&#224; que j'ai vu mes premi&#232;res chauves-souris. Lorsque la nuit tombe, elles volent bas, sont effrayantes et il parait qu'elles s'accrochent aux cheveux ! Je cache ma t&#234;te dans ma jupe avec la peur au ventre qu'elles ne reviennent ,et ,en m&#234;me temps ai l'espoir de les revoir, je suis aux aguets. Jeu d'enfant .... &lt;br&gt;
Qui vaincra.... elles ou moi ??? &lt;br&gt;
Il y aussi les hirondelles. Elles nichent sous le fa&#238;te du pignon voisin. Nous suivons leur man&#232;ge, l'apport du repas aux petits et les longues poses sur les fils &#233;lectriques. Nos observations nous renseignent surtout sur le temps qu'il va faire le lendemain. Si elles volent haut il va faire beau, si elles volent bas, signe de pluie. &lt;br&gt;
C'est comme les limaces sur les chemins, si elles ont de la terre sur la queue, pluie assur&#233;e.... mais si c'est de l'herbe, beau soleil. &lt;br&gt;
L'obscurit&#233; me surprend toujours, elle s'installe brutalement. Le ciel n'est qu'&#233;toiles, l'air est pur et les paupi&#232;res se ferment. &lt;br&gt;
Bobonne ferme toutes les portes et monte avec moi, allume une faible lumi&#232;re. Je me glisse sous les draps et m'endors. Demain sera encore une belle journ&#233;e d'&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vacances bretonnes (Andr&#233;e C.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article817</link>
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		<dc:date>2011-09-29T11:56:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Vacances</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D&#233;s le d&#233;but des vacances, qui en France commencent le 14 juillet, nous nous embarquons, mon fr&#232;re et mes deux s&#339;urs, pour la Bretagne. Un long voyage de nuit, en train, dans un wagon de 3&#232;me classe aux banquettes de bois. Dans le petit matin gris et froid, nous arrivons &#224; Morlaix, mais le voyage n'est pas termin&#233; : un car poussif et bringuebalant nous d&#233;pose &#224; Ploun&#233;our-Menez, petit bourg du Finist&#232;re accroch&#233; aux flancs des Monts d'Arr&#233;e. Si je ferme les yeux, je vois une palette de gris : le gris (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;s le d&#233;but des vacances, qui en France commencent le 14 juillet, nous nous embarquons, mon fr&#232;re et mes deux s&#339;urs, pour la Bretagne. Un long voyage de nuit, en train, dans un wagon de 3&#232;me classe aux banquettes de bois. Dans le petit matin gris et froid, nous arrivons &#224; Morlaix, mais le voyage n'est pas termin&#233; : un car poussif et bringuebalant nous d&#233;pose &#224; Ploun&#233;our-Menez, petit bourg du Finist&#232;re accroch&#233; aux flancs des Monts d'Arr&#233;e. Si je ferme les yeux, je vois une palette de gris : le gris fonc&#233; des ardoises recouvrant les toits, le gris des maisons en granit, le gris tr&#232;s p&#226;le, l&#233;g&#232;rement iris&#233; de bleu et de rose, du ciel et, &#224; l'infini, le gris vert de la lande qui enserre ce village. Une lande couverte d'ajoncs et de bruy&#232;re est la seule petite note de mauve dans ce paysage sans limites. Merveilleuse plaine de jeux. Une lande qui devient tr&#232;s sombre le soir venu et qui se charge de myst&#232;res, on la croit toute pr&#234;te &#224; nous livrer contes et l&#233;gendes. Dans tout ce gris, qui n'a cependant rien de triste, de nombreux et &#233;clatants massifs d'hortensias d'un bleu tr&#232;s profond donnent &#224; ce village quelque chose de typique et de particuli&#232;rement harmonieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes accueillis, mon fr&#232;re et moi, par une dame qui me para&#238;t &#226;g&#233;e (mais quand on a 7 ans, on vous semble vite &#226;g&#233;), tout de noir v&#234;tue, ses cheveux retenus dans un petite coiffe blanche. La vie ne l'a pas m&#233;nag&#233;e : son mari et son fils ont &#233;t&#233; tous deux emport&#233;s par la tuberculose. Elle est douce et soumise aux &#233;v&#233;nements et son principal souci est de nous g&#226;ter et surtout de bien nous nourrir. Debout pr&#232;s de la table ronde recouverte d'une toile cir&#233;e, elle nous regarde savourer ses d&#233;licieuses&lt;br class='autobr' /&gt;
tartines garnies de cet inimitable beurre breton. Notre bon app&#233;tit est sa r&#233;compense.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle est une grande professionnelle, voire une artiste, dans la fabrication des cr&#234;pes. Elle gagne d'ailleurs quelque argent en cuisinant celles-ci dans des r&#233;ceptions.&lt;br class='autobr' /&gt;
A genoux devant l'&#226;tre, un grand cercle de m&#233;tal sans bord pos&#233; sur un tr&#233;pied, elle verse une louche de p&#226;te qu'elle &#233;tale avec une raclette en bois en trois petits coups pr&#233;cis et rapides. Cela sent bon le beurre chaud, accompagn&#233; d'un petit gr&#233;sillement. La cr&#234;pe toute fine, recouverte de sucre ou de confiture, fond dans la bouche : un r&#233;gal jamais retrouv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne peux &#233;voquer ces vacances sans parler des sabots. Ces sabots achet&#233;s d&#232;s notre arriv&#233;e, l'horreur !, me font terriblement mal aux pieds. Aussi, d&#232;s que je sors, je les cache dans les massifs d'hortensias qui ornent le perron et je cours sur mes petits chaussons de feutre qui ne r&#233;sistent pas longtemps. Finalement, mon dessus de pied s'endurcit, et j'ai finit par comprendre que pour bien marcher avec des sabots il faut tra&#238;ner des pieds, ce qu'une petite parisienne bien &#233;lev&#233;e de 7 ans ne fait pas. Mais, attention, un sabot, c'est fragile : un jour, je l'ai lanc&#233; en l'air et en retombant il s'est fendu. Mis&#232;re, &#224; pr&#233;sent le voil&#224; qui prend l'eau ! Il faut racheter une paire de sabots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vacances joyeuses et insouciantes, cependant marqu&#233;es par la rencontre de la m&#233;chancet&#233; ou plut&#244;t de la b&#234;tise qui entra&#238;ne la souffrance chez autrui&#8230; Notre h&#244;tesse s'occupe de son fr&#232;re Jean-Marie, l&#233;g&#232;rement d&#233;bile. Les hommes du village prennent un malin plaisir &#224; le faire boire. Il rentre souvent ivre et cela rend notre h&#244;tesse malheureuse et peut-&#234;tre un peu honteuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon fr&#232;re et moi nous l'entendons rem&#226;cher sa ranc&#339;ur dans un s&#233;rie de dialogues imaginaires : &#171; je leur dirai, ils me r&#233;pondront&#8230;. Je leur r&#233;pondrai&#8230; &#187; et ainsi de suite mais cela n'allait jamais plus loin. Pour moi, ces hommes qui la font souffrir, elle qui est si gentille, ce sont des &#171; m&#233;chants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quelques kilom&#232;tres de l&#224;, dans le hameau de Kergaven, riche de deux fermes, Monsieur et Madame Gourvest accueillent nos deux s&#339;urs, Christiane et Genevi&#232;ve. Nous allons souvent les rejoindre en empruntant la grand-route, peu fr&#233;quent&#233;e alors. Apr&#232;s un tournant &#224; angle droit appara&#238;t un merveilleux sentier ombrag&#233; et frais, bord&#233; de noisetiers et de genets. Des haies d&#233;limitent les bocages. De temps en temps, un gros rocher de granit nous invite &#224; l'escalade, mais attention aux vip&#232;res : nous sommes arm&#233;s d'un b&#226;ton pour frapper l'herbe. Apr&#232;s un deuxi&#232;me tournant, nous apercevons sous l'arcade des feuilles une grande b&#226;tisse tout en longueur avec un &#233;tage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au rez-de-chauss&#233;e, une grande salle commune, assez sombre, abrite une chemin&#233;e monumentale, une longue table pr&#232;s de la fen&#234;tre, avec un banc de chaque c&#244;t&#233; et, appuy&#233;s sur le mur du fond, deux lits clos aux cretonnes fleuries. La lumi&#232;re joue sur les fines sculptures et petites torsades qui ornent le lit, c'est &#224; la fois myst&#233;rieux et tr&#232;s beau. Il n'y a pas l'eau courante &#224; la ferme, juste une petite fontaine d'eau potable que ma s&#339;ur vide rien que pour se laver les mains, au grand dam de la famille. L'exploitation est relativement importante : veaux, vaches, cochons, moutons, cheval et &#233;videmment poulailler et clapiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Monsieur et Madame Gourvest forment un couple folklorique : lui est jovial et d&#233;bonnaire, assez grand, mais sans doute plus dur &#224; la t&#226;che et &#226;pre au gain que ce que ce c&#244;t&#233; jovial laisse entrevoir. Elle est petite, tout de noir v&#234;tue, moustachue et &#233;dent&#233;e, rousp&#233;teuse. De plus, elle prise, ce que je trouve particuli&#232;rement repoussant. Leurs deux filles compl&#232;tent le tableau : Jos&#233;phine, l'a&#238;n&#233;e, rieuse, douce et c&#226;line, nous materne ; elle chante &#224; longueur de temps des complaintes bretonnes qui parlent de fianc&#233;es dans l'&#233;ternelle attente d'un promis, de marins bien s&#251;r, qui le plus souvent p&#233;rissent en mer&#8230; Elle a un r&#233;pertoire in&#233;puisable qui nous enchante. La seconde, Th&#233;r&#232;se, est coquette et attend avec impatience les jours de f&#234;te pour aller danser&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en attendant le travail ne manque pas &#224; la ferme. Nous sommes en 1946 et il y a encore un prisonnier allemand &#224; la ferme : un vrai aryen, grand blond aux yeux clairs, qui me fait un peu peur. Pour moi, allemand est synonyme de guerre, de bombardements, d'angoisses. Il parle peu, fait son ouvrage et dispara&#238;t dans sa chambre, il ne partage pas les repas de la famille (est-ce un choix volontaire, une d&#233;cision du chef de famille ou une consigne administrative, je ne sais).&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'amuse en participant aux travaux des adultes : ainsi lors des moissons, je suis charg&#233;e de glaner : je ramasse avec beaucoup d'application les bl&#233;s rest&#233;s sur le champ. Je me sens investie d'une mission et me crois tr&#232;s importante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce que je pr&#233;f&#232;re, c'est participer &#224; la fabrication du beurre. Dans un local, d'une propret&#233; rigoureuse, o&#249; r&#232;gne une l&#233;g&#232;re odeur de lait suri, deux machines tr&#244;nent. Une &#233;tincelante, l'&#233;cr&#233;meuse. L'autre en bois, comme un tonneau allong&#233; pos&#233; sur deux &#171; x &#187; en bois : la baratte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rite commence : le lait est vers&#233; dans l'&#233;cr&#233;meuse. Je suis autoris&#233;e &#224; tourner la manivelle. D'un c&#244;t&#233; s'&#233;coule le petit lait, tout clairet, qui servira &#224; nourrir les cochons. De l'autre, s'&#233;coule plus lentement la cr&#232;me d'un joli ton ivoire. Elle est ensuite transvas&#233;e dans la baratte. Une manivelle munie de palettes et agit&#233;e avec vigueur va transformer cette riche cr&#232;me en beurre. Au d&#233;but , c'est facile mais d&#232;s que le beurre prend, il faut donner de l'huile de coude. Ensuite, le beurre est lav&#233;, largement sal&#233; (nous sommes en Bretagne), puis travaill&#233; entre deux larges pelles, avant d'&#234;tre mis dans des moules en bois dont le fond travaill&#233; d&#233;livrera une motte joliment d&#233;cor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Dimanche nous allons &#224; la messe, l'&#233;glise est pr&#233;c&#233;d&#233;e d'une grande place avec un tr&#232;s beau calvaire en granit. Ce n'est pas un cur&#233; qui a charge d'&#226;mes, mais un &#171; recteur &#187;. Il conna&#238;t toutes ses ouailles, aussi nous regarde-t-il d'un &#339;il soup&#231;onneux. Il prononce ses sermons en breton et les cantiques sont &#233;galement chant&#233;s en breton. Qu'&#224; cela ne tienne, mes s&#339;urs et moi chantons ce que nous entendons, notre breton est purement phon&#233;tique : ainsi avons-nous souvent claironn&#233; &#171; Broco a brezhonec o caro &#231;a vique viqua distingue &#187;. J'ai appris depuis que &#171; brezhoneg &#187; voulait dire breton, donc nous avons chant&#233; en breton, pour les bretons, avec les bretons, comme les bretons. Nous avons donc &#171; baragouin&#233; &#187; all&#233;grement, car comme chacun sait, &#171; baragouiner &#187; vient des bretons qui arrivaient &#224; Paris demandant du bara et du gouin &#224; savoir du pain et du vin, ce qui faisait dire aux parisiens : &#171; qu'est-ce qu'ils nous baragouinent &#187;. Le dimanche et autres jours de Pardon (comprenez p&#232;lerinage), le spectacle est superbe : les bretonnes rev&#234;tent leur costume traditionnel, les coiffes &#224; larges coques, amidonn&#233;es et d'une &#233;clatante blancheur ainsi que leurs collerettes l&#233;g&#232;rement remont&#233;es sur les &#233;paules, les larges jupes de taffetas aux reflets moir&#233;s et les tabliers noirs souvent en velours largement brod&#233;s. Les hommes endossent leurs chapeaux ronds &#224; rubans flottants et les gilets courts &#233;galement richement brod&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Assez bizarrement je ne me souviens pas d'avoir entendu des binious, pourtant ils sont s&#251;rement l&#224; mais, comme je d&#233;teste le son de ces instruments, sans doute les ai-je occult&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allez, comme l'on dit l&#224;-bas &#171; Kenavo merci &#187; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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