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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>Le coup de pouce &#224; l'&#233;cole Saint Augustin (Danielle V.)</title>
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		<dc:date>2023-01-24T11:19:52Z</dc:date>
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		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a plusieurs ann&#233;es, j'ai fait partie de l'&#233;quipe du coup de pouce &#224; l'&#233;cole Saint Augustin. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai beaucoup aim&#233; cette activit&#233; qui consistait en g&#233;n&#233;ral &#224; aider les enfants en difficult&#233; avec les maths ou l'orthographe. Par exemple, je leur faisais pr&#233;parer la dict&#233;e qu'ils auraient &#224; faire en classe le lendemain. On pourrait dire que c'&#233;taient des cours particuliers pour leur expliquer ce qu'ils n'avaient pas compris en classe. Lorsque l'enfant s'am&#233;liorait, c'&#233;tait la joie pour lui et (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a plusieurs ann&#233;es, j'ai fait partie de l'&#233;quipe du coup de pouce &#224; l'&#233;cole Saint Augustin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai beaucoup aim&#233; cette activit&#233; qui consistait en g&#233;n&#233;ral &#224; aider les enfants en difficult&#233; avec les maths ou l'orthographe. Par exemple, je leur faisais pr&#233;parer la dict&#233;e qu'ils auraient &#224; faire en classe le lendemain. On pourrait dire que c'&#233;taient des cours particuliers pour leur expliquer ce qu'ils n'avaient pas compris en classe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque l'enfant s'am&#233;liorait, c'&#233;tait la joie pour lui et pour moi. L'institutrice nous confiait parfois des enfants qui avaient &#233;t&#233; malades et qui devaient rattraper les cours non vus ou qui &#233;taient primo arrivants, avec eux, c'&#233;tait assez facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus difficile, c'&#233;taient ceux qui n'avaient plus aucune confiance en eux, qui se consid&#233;raient comme nuls, qui avaient si souvent entendu qu'ils n'arriveraient jamais &#224; rien qu'ils en &#233;taient convaincus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, j'ai aid&#233; une &#233;l&#232;ve dans ce cas, et pourtant elle en avait des dons, elle &#233;tait peut-&#234;tre mauvaise en maths et fran&#231;ais mais elle savait faire bien plus de choses que les autres &#233;l&#232;ves alors que ses parents analphab&#232;tes et absents la journ&#233;e ne pouvaient jamais l'aider, &#224; 8 ans, c'est elle qui s'occupait de sa petite s&#339;ur, qui faisait les courses et pr&#233;parait les repas pas &#233;tonnant qu'elle dormait en classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces enfants il faut beaucoup de courage, chaque fois qu'ils disent : je ne sais pas, il faut leur montrer qu'ils peuvent y arriver, qu'ils peuvent le faire. Un jour, la maitresse avait demand&#233; aux enfants de pr&#233;parer une petite &#233;locution sur le sujet qu'ils voulaient, ils avaient un mois pour le faire. Elle avait choisi le mouton, &#233;videmment, elle ne pouvait trouver aucune documentation chez elle, je lui apportais des photos de mouton et elle les collait sur des feuilles, ensuite, elle &#233;crivait un petit texte sous chaque image et elle apprenait les textes par ch&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour de son &#233;locution, elle a pu expliquer les images et r&#233;citer son texte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une vie au service des enfants travailleurs du P&#233;rou et d'ailleurs (Nelly)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1448</link>
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		<dc:date>2022-11-04T08:51:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2020-21 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233;e &#224; Lima, au P&#233;rou, en 1955. Je suis la troisi&#232;me de quatre filles. On habitait dans un quartier populaire. Quand j'avais 5 ans, mon p&#232;re a disparu et ma m&#232;re a d&#251; se d&#233;brouiller toute seule. Je voyais ma m&#232;re travailler beaucoup. Elle &#233;tait concierge et lavait le linge des personnes du quartier. Le matin, avant d'aller &#224; l'&#233;cole, mes s&#339;urs et moi l'aidions. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens que ma maman a pleur&#233; quand j'ai arr&#234;t&#233; l'&#233;cole, &#224; la fin de l'&#233;cole primaire. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2020-21&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis n&#233;e &#224; Lima, au P&#233;rou, en 1955. Je suis la troisi&#232;me de quatre filles.&lt;br class='autobr' /&gt;
On habitait dans un quartier populaire. Quand j'avais 5 ans, mon p&#232;re a disparu et ma m&#232;re a d&#251; se d&#233;brouiller toute seule. Je voyais ma m&#232;re travailler beaucoup. Elle &#233;tait concierge et lavait le linge des personnes du quartier. Le matin, avant d'aller &#224; l'&#233;cole, mes s&#339;urs et moi l'aidions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens que ma maman a pleur&#233; quand j'ai arr&#234;t&#233; l'&#233;cole, &#224; la fin de l'&#233;cole primaire. J'avais 12 ans et je voulais travailler pour l'aider. J'ai travaill&#233; dans 2 familles, je m'occupais des enfants. Dans la premi&#232;re, j'&#233;tais exploit&#233;e. Je devais tout faire, j'&#233;tais comme en prison mais j'&#233;tais contente de pouvoir donner mon salaire &#224; maman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai eu 17 ans, ma s&#339;ur ain&#233;e m'a dit :
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Nelly, il faut que tu reprennes tes &#233;tudes. Tu es intelligente, moi je travaille dans une usine de v&#234;tements de femmes et je t'apprendrai la couture et on va s'en sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ma s&#339;ur m'a appris &#224; coudre sur les machines industrielles. J'ai trouv&#233; un boulot comme &#231;a et j'ai suivi l'&#233;cole secondaire en cours du soir. Ensuite j'ai continu&#233; l'universit&#233; et j'ai obtenu mon dipl&#244;me d'enseignante en sciences sociales. &#192; ce moment-l&#224;, j'&#233;tais aussi cat&#233;chiste dans mon quartier. C'est ainsi qu'un pr&#234;tre nous a propos&#233; de nous occuper des enfants du quartier. Et je suis devenue enseignante pour les enfants pauvres qui doivent travailler pour aider leur famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a a &#233;t&#233; la plus belle exp&#233;rience de ma vie ! Et le d&#233;but de l'organisation des enfants et adolescents travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions une &#233;quipe de trois jeunes adolescentes. Nous vivions dans une maison avec une vingtaine d'enfants de la rue. On se levait &#224; quatre heures du matin pour cuisiner, leur donner &#224; manger avant qu'ils aillent travailler dans la rue : laver des voitures, vendre diff&#233;rents produits, aider au march&#233;... Ensuite je me reposais un peu pour &#234;tre faire l'enseignante &#224; leur retour. Parfois tr&#232;s tard le soir, &#224; minuit avec des bougies, je les aidais &#224; faire leurs devoirs. Il fallait aussi les encadrer, les structurer. Un enfant dans le groupe peut s'ouvrir aux autres, partager ses probl&#232;mes et ses joies. Il est valoris&#233; quand il voit qu'il y a d'autres enfants qui travaillent pour aider leur famille, acheter du mat&#233;riel scolaire. Ces enfants ont l'envie de s'en sortir, ils sont responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a a &#233;t&#233; mon travail jusqu'en 1990. Depuis 1982 cette organisation fait partie d'un mouvement international catholique (Midade) qui a son si&#232;ge &#224; Paris. L'esprit fondateur de cette organisation est belge, le cardinal Cardijn. Lorsque la f&#233;d&#233;ration internationale &#224; Paris m'a demand&#233; de faire partie de leur &#233;quipe pour partager notre exp&#233;rience, j'en ai parl&#233; avec les enfants et ils m'ont dit : &#171; Tu dois y aller ! &#187;. Et je suis all&#233;e &#224; Paris. Cela a permis de mettre en valeur les enfants, leur lutte au niveau local et international. C'&#233;tait une exp&#233;rience tr&#232;s riche. Car le th&#232;me du travail des enfants est encore en d&#233;bat. Les enfants disent &#171; Nous avons le droit de travailler ! &#187; mais ils doivent pouvoir travailler dans des conditions dignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'exp&#233;rience de 4 ans &#224; Paris, je suis retourn&#233;e au P&#233;rou pour continuer mon travail &#224; l'&#233;cole publique. Et apr&#232;s 8 ann&#233;es dans mon pays, je suis venue en Belgique pour suivre une formation en th&#233;ologie. Ici, nous avons ici cr&#233;&#233; une association (BelgicaNNATs) qui continue &#224; soutenir la cause des enfants au niveau r&#233;gional, national et international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, dans les pays d'Am&#233;rique Latine, le mouvement des enfants travailleurs existe encore. Il s'est d&#233;velopp&#233; m&#234;me en Afrique et moi j'en suis fi&#232;re. On a cr&#233;&#233; des maisons pour les enfants, des &#233;coles, apport&#233; du soutien aux familles. Et cela continue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ma vie, j'ai toujours accompagn&#233; les gens dans des situations difficiles qui veulent s'en sortir. Je les aide &#224; les mettre en valeur. Mon message : ce n'est pas parce qu'on est pauvre qu'on ne peut pas y arriver. J'ai toujours fait partie d'associations. M&#234;me tout jeune, on peut transformer sa vie et celle des autres !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>A la rencontre de mes voisins (Christian C.)</title>
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		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un samedi comme un autre... &lt;br class='autobr' /&gt;
Vers onze heures je vais &#224; la Place Dumont &#224; Stockel. Avenue Orban un couple nonag&#233;naire maintient l'&#233;quilibre pr&#233;caire de l'&#226;ge en faisant de la marche nordique, leurs sticks leur donnent l'assurance voulue pour progresser sans crainte. Je ne peux que les f&#233;liciter, le soup&#231;on d'accent du mari laisse percevoir une ascendance germanique. En sortant de chez V&#233;ritas, bien que d&#233;j&#224; le 1er f&#233;vrier, une fillette porte encore la couronne des rois. Elle est fi&#232;re d'&#234;tre remarqu&#233;e. Je (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un samedi comme un autre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers onze heures je vais &#224; la Place Dumont &#224; Stockel. Avenue Orban un couple nonag&#233;naire maintient l'&#233;quilibre pr&#233;caire de l'&#226;ge en faisant de la marche nordique, leurs sticks leur donnent l'assurance voulue pour progresser sans crainte. Je ne peux que les f&#233;liciter, le soup&#231;on d'accent du mari laisse percevoir une ascendance germanique. En sortant de chez V&#233;ritas, bien que d&#233;j&#224; le 1er f&#233;vrier, une fillette porte encore la couronne des rois. Elle est fi&#232;re d'&#234;tre remarqu&#233;e. Je traverse la place &#8230; je reconnais un couple connu il y a une trentaine d'ann&#233;es &#224; un souper festif. Lui se caract&#233;rise par ses lunettes pos&#233;es &#224; l'extr&#233;mit&#233; d'un nez aquilin particuli&#232;rement affil&#233;. Elle est la discr&#233;tion m&#234;me. Nous c&#233;l&#233;brons le bonheur de la grand-parentalit&#233;. Puis c'est un ex-coll&#232;gue qui permet de nous souvenir des disparus. Sa retraite se veut active par une formation de guide nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au croisement de l'avenue d'Huart, le regard d'un homme plus &#226;g&#233; que moi me fait croire que nous nous connaissons &#8230; mais bien que son sourire soit affable il me dit ne m&#234;me pas se souvenir de son propre nom. Une barbichette identique est notre trait commun &#8230; en plaisantant je lui dis que c'est un r&#233;fugi&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lien qui a taill&#233; la mienne en Equateur il y a un mois et demi. Il trouve cela tr&#232;s dr&#244;le &#8230; sa fille, la cinquantaine bien engag&#233;e abr&#232;ge : &#171; Allons papa, viens &#187;. Son Alzheimer est absolu. La sympathie &#233;tant r&#233;ciproque nous nous promettons de nous saluer lors d'une prochaine rencontre. Ensuite c'est une voisine, cette fois c'est elle qui me reconnait et nous &#233;changeons sur les al&#233;as de la vie en appartement. Je fais changer la pile de ma montre chez l'horloger ambulant. Puis j'ach&#232;te pour mon beau-fils bient&#244;t trentenaire, le Trends-Tendance qui offre un reportage sur trente trentenaires ayant r&#233;ussi &#8230; il y a Stromae et aussi Georges-Louis Bouchez &#8230; les rat&#233;s ne seraient pas exclus ? Cette diversion me permet de recroiser le couple nordique et mon amn&#233;sique qui ne m'a pas encore oubli&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la biblioth&#232;que de Joli-Bois, un jeune cherche la porte d'acc&#232;s. Timidement il me demande si je n'&#233;tais pas biblioth&#233;caire &#224; l'&#233;cole fondamentale &#224; Don Bosco. Il se pr&#233;sente Yacine, 19 ans. Il vient s'inscrire &#224; la biblioth&#232;que et me remercie pour lui avoir donn&#233; le go&#251;t de la lecture. Tiens, voil&#224; le p&#232;re d'un condisciple de ma fille a&#238;n&#233;e. Son fils ing&#233;nieur civil d&#233;laisse une multinationale pour fonder une coop&#233;rative d'achats BAB'L. J'&#233;tais en d&#233;but d'humanit&#233;s avec son fr&#232;re a&#238;n&#233; devenu par la suite photographe d'art. On remonte &#224; 1952&#8230;ledit fr&#232;re ne se porte pas bien et termine sa vie &#224; la C&#244;te d'Azur, &#233;puis&#233; par les soins donn&#233;s &#224; sa femme depuis sept ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me reste &#224; d&#233;poser un livre &#224; ma lectrice de 103 ans et &#224; reprendre les livres lus. Son op&#233;ration de la cataracte a r&#233;ussi pour l'un de ses yeux. Son &#233;quatorienne dame de compagnie me fait signe qu'elle dort beaucoup &#8230; j'avais not&#233; un tr&#232;s net ralentissement dans la fr&#233;quence de ses lectures au cours des derniers mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul n'est proph&#232;te en son pays, je rentre &#224; la maison et le fil G&#252;terman achet&#233; chez Veritas, pourtant tr&#232;s approchant de l'&#233;chantillon de tissu, est rejet&#233; avec force par ma femme pr&#233;tendant la nuance ros&#233;e plut&#244;t qu'orang&#233;e. Ah qu'il est difficile de contenter ses proches. Le m&#234;me soir la robe &#233;tait termin&#233;e. Tout en pr&#233;tendant &#234;tre all&#233; &#233;changer le fil, je m'aper&#231;ois que son habilit&#233; est telle qu'en aucune partie de la robe on peut noter la pr&#233;sence du fil &#8230; un fil blanc aurait aussi convenu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la biblioth&#232;que je ram&#232;ne &#171; Qu'Allah b&#233;nisse la France &#187; de Abd Al Malik &#187; Ce livre m'a tenu en &#233;veil jusqu'&#224; 4 h du matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes le premier f&#233;vrier 2020. Ce floril&#232;ge de rencontres deviendra &#171; covidement &#187; interdit un mois plus tard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le jeu du pigeon (Monick M.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1394</link>
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		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans notre cellule de base, la gent f&#233;minine, c'est-&#224;-dire les deux filles et moi, sommes r&#233;guli&#232;rement abord&#233;es par des inconnus-e-s, quand nous sommes seules en rue ou dans les transports. Souvent, c'est une demande de renseignements : &#171; o&#249; se trouve tel monument ? Comment se rendre &#224; tel endroit ? Quel bus prendre pour aller ici ou l&#224; ? ... &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela se produit moins souvent chez la gent masculine de notre cellule de base : Philippe, mon mari et Denis, notre fils a&#238;n&#233;. Pour Philippe, je le comprends. (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans notre cellule de base, la gent f&#233;minine, c'est-&#224;-dire les deux filles et moi, sommes r&#233;guli&#232;rement abord&#233;es par des inconnus-e-s, quand nous sommes seules en rue ou dans les transports. Souvent, c'est une demande de renseignements : &#171; o&#249; se trouve tel monument ? Comment se rendre &#224; tel endroit ? Quel bus prendre pour aller ici ou l&#224; ? ... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela se produit moins souvent chez la gent masculine de notre cellule de base : Philippe, mon mari et Denis, notre fils a&#238;n&#233;. Pour Philippe, je le comprends. Il est d'un naturel hyper m&#233;fiant et ne doit pas &#234;tre d'un abord facile. Pour Denis, je ne sais pas. Peut-&#234;tre que, comme d'apr&#232;s &#171; Les hommes viennent de Mars et les femmes de V&#233;nus &#187;, les m&#226;les sont-ils obnubil&#233;s par leur but ; l'endroit o&#249; arriver, l'activit&#233; &#224; faire et se ferment-ils aux sollicitations qui ne sont pas directement li&#233;es &#224; cette finalit&#233; ? Ils ricanent en tous cas tous les deux quand on leur raconte nos aventures, ce qu'on nous a confi&#233;, ceux qui nous ont racont&#233; toute leur vie ou tous leurs malheurs. De l&#224;, &#224; nous traiter de &#171; pigeons &#187;, il n'y a qu'un pas qu'ils ont all&#232;grement franchi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les filles et moi avons d&#233;cid&#233; de cr&#233;er le &#171; jeu du pigeon &#187; pour savoir qui &#233;tait la plus &#171; pigeonne &#187; des trois. Une feuille divis&#233;e en trois colonnes est affich&#233;e au panneau, dans l'entr&#233;e : chacune mettra une barre dans son espace respectif lorsqu'elle est abord&#233;e. De temps en temps, on ajoute un commentaire : &#171; Et quand on m'aborde dans une autre langue, &#231;a compte double ? R&#233;ponse : Bien essay&#233; ! Et quand c'est &#224; l'&#233;tranger, j'ai droit &#224; un bonus ? R&#233;ponse : Dans tes r&#234;ves ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'est bien amus&#233;es, on a collectionn&#233; des barres et des barres et on en a conclu que nous devions avoir de bonnes t&#234;tes, avenantes, souriantes, ouvertes &#224; l'autre et &#224; la rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, je lis dans les transports. Je pr&#233;f&#232;re monter dans le tram 8 pour aller en ville, c'est un trajet beaucoup plus long mais il n'y a pas de correspondance et je peux m'immerger tranquille dans mon bouquin. Un soir, alors que le tram portait encore le num&#233;ro 94, j'&#233;tais plong&#233;e dans ma lecture quand toutes les lumi&#232;res se sont &#233;teintes. J'&#233;tais arriv&#233;e au terminus de l'&#233;poque (Mus&#233;e du Tram) et le chauffeur prenait sa pause avant de repartir dans l'autre sens. Ma m&#233;saventure l'a beaucoup amus&#233; et apr&#232;s m'avoir fait un peu languir, il a accept&#233; de m'ouvrir la porte en dehors d'un arr&#234;t r&#233;glement&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture n'emp&#234;che pas les gens de m'aborder. &#171; Ah ! c'est beau ce qui vous lisez l&#224; ? &#187; ou &#171; J'ai d&#233;j&#224; lu un livre &#233;crit par cet auteur. &#187; C'est souvent un pr&#233;texte pour entrer en contact, pour &#233;changer quelques mots. Parfois, &#231;a m'agace mais je ne le montre pas. Je me dis que je serai peut-&#234;tre la seule personne qui &#233;changera quelques banalit&#233;s avec cette personne-l&#224;, ce jour-l&#224;. Et c'est &#231;a l'essentiel, non ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Pourquoi avoir quitt&#233; la Hongrie ? (Elisabeth)</title>
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		<dc:date>2017-09-05T12:23:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie (A&amp;T)</dc:creator>


		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Guerres autres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Elisabeth &#034;Entre Hongrie et Belgique, un chemin d'immigration&#034; Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Ayant &#233;t&#233; sollicit&#233;e pour &#233;crire sur les motivations qui ont pouss&#233; mes parents &#224; quitter leur pays le 21 d&#233;cembre 1957, il n'est pas simple pour moi de remonter l'horloge du temps de bient&#244;t 60 ann&#233;es, surtout qu'il n'y a plus personne que je puisse interroger sur ce sujet. Donc je vais creuser en mes propres souvenirs et en ce que j'entendis raconter par mes parents plus tard. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que je (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique164" rel="directory"&gt;Entre Hongrie et Belgique, un chemin d'immigration (Elisabeth H.)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH97/arton1134-58baa.jpg?1771324445' width='150' height='97' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Elisabeth &#034;Entre Hongrie et Belgique, un chemin d'immigration&#034; &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique164' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ayant &#233;t&#233; sollicit&#233;e pour &#233;crire sur les motivations qui ont pouss&#233; mes parents &#224; quitter leur pays le 21 d&#233;cembre 1957, il n'est pas simple pour moi de remonter l'horloge du temps de bient&#244;t 60 ann&#233;es, surtout qu'il n'y a plus personne que je puisse interroger sur ce sujet. Donc je vais creuser en mes propres souvenirs et en ce que j'entendis raconter par mes parents plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je sais, c'est qu'avoir chang&#233; de pays n'a pas trop boulevers&#233; l'enfant de 8 ans que j'&#233;tais : l'enfant se sent toujours bien l&#224; o&#249; sont ses parents. Ce sont eux qui se sont charg&#233;s de tout le poids de la vie, ayant &#224; coeur de nous laisser vivre le plus longtemps possible l'insouciance de l'enfance. Mes fr&#232;res et moi ignorions tout concernant leur d&#233;cision et les pr&#233;paratifs se sont faits clans la plus grande discr&#233;tion. Nous n'avons m&#234;me pas salu&#233; nos copains ou copines de classe avant de partir. En interrogeant aujourd'hui mes fr&#232;res jumeaux, de trois ans mes a&#238;n&#233;s, eux non plus n'ont que peu de souvenirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfant ne regarde pas en arri&#232;re, il se projette toujours dans le futur. Ainsi, je ne garde de ma vie en Hongrie que des flashs, sans aucun autre ressenti que d'avoir &#233;t&#233; entour&#233;e, prot&#233;g&#233;e par des parents aimants, d'une grand-m&#232;re, un parrain et une marraine et une tante encore c&#233;libataire. Il y avait aussi un cousin du m&#234;me &#226;ge que mes fr&#232;res ainsi qu'une cousine plus grande que nous mais qui ne partageait plus nos jeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de papa il n'y avait plus de famille &#224; part le grand-p&#232;re paternel habitant &#224; Budapest, qui se situait &#224; 2.00 km au nord de notre ville. Il serait venu l'une ou l'autre fois pour passer No&#235;l avec nous, mais je ne garde aucun souvenir de lui. Donc notre famille n'&#233;tait pas bien grande. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, ne restent plus que le cousin et la cousine, et la famille qui s'est agrandie par les mariages et les naissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre le motif de notre d&#233;part, il faut que je raconte l'histoire de mon p&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
H est n&#233; le 25 juin 1914 &#224; Budapest. Donc toute son enfance et sa jeunesse se sont d&#233;roul&#233;es pendant les ann&#233;es d'entre-deux guerres, dans la capitale, o&#249; la vie n'&#233;tait pas facile ; &#224; cette &#233;poque les gens vivaient mieux &#224; la campagne, para&#238;t-il. Apr&#232;s lui, avec quelques ann&#233;es de distance, mon grand-p&#232;re ayant sans doute &#233;t&#233; mobilis&#233; durant la guerre 14-18, sont n&#233;es encore deux petites soeurs. Ma grand-m&#232;re avait une sant&#233; pr&#233;caire : une maladie l'a emport&#233;e trop t&#244;t, laissant &#224; charge de son mari deux petites filles autour de 10 ans et mon p&#232;re qui devait avoir 15 ou 16 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement mon p&#232;re devint apprenti dans un garage ce qu'il n'aimait pas. Voulant continuer ses &#233;tudes, d&#232;s que possible, il les a financ&#233;es lui-m&#234;me et s'est retrouv&#233; avec des futurs ing&#233;nieurs sur les bancs d'&#233;cole en cours d'apr&#232;s-midi et en cours du soir. Son dipl&#244;me en mains, il n'&#233;chappa pourtant pas au service militaire qui &#233;tait de 4 ann&#233;es. Comme la guerre s'&#233;tait d&#233;clar&#233;e entretemps, il a investi 7 ann&#233;es de sa vie au service de son pays. Donc il &#233;tait d&#233;cid&#233; de rattraper au plus vite le temps perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant m&#234;me sa totale d&#233;mobilisation, &#233;tant donn&#233; son dipl&#244;me, il a obtenu une place stable comme ing&#233;nieur de ponts et chauss&#233;es. Il s'&#233;tablit dans notre ville o&#249; il prit un logement chez l'habitant, un couple tr&#232;s gentil. Assez rapidement, ce couple lui a pr&#233;sent&#233; une jeune fille &#224; marier qui fut ma m&#232;re. Tous deux avaient d&#233;j&#224; 31 ans, voulaient se marier et fonder une famille. Le mariage s'est fait simplement, le 2 d&#233;cembre 1945, en plein hiver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papa avait un m&#233;tier de direction. Il &#233;tait charg&#233; de faire remettre en &#233;tat les routes dans toute notre province et pour cela il avait une &#233;quipe d'ouvriers sous ses ordres. Mes parents habitaient une maison de fonction o&#249;, l'ann&#233;e apr&#232;s leur mariage, l'arriv&#233;e de jumeaux a donn&#233; le bonheur et la fiert&#233; &#224; mes parents. Cette fonction-l&#224;, papa n'a pas pu la garder plus de 4 ou 5 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre, les russes n'ont jamais tout &#224; fait quitt&#233; la Hongrie et le r&#233;gime communiste devint de plus en plus oppressant. Tout le monde devait se faire membre du 'Parti', surtout ceux qui occupaient une fonction importante dans la soci&#233;t&#233;. Papa, donnant le mauvais exemple &#224; ses ouvriers en refusant de se faire communiste, a &#233;t&#233; invit&#233; &#224; c&#233;der sa place, non pas &#224; un plus comp&#233;tent que lui, mais &#224; un plus ob&#233;issant. A cette &#233;poque, il fallait suivre les indications d'une famille politique manipulatrice et de plus en plus corrompue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les 7 ann&#233;es de service militaire, il avait suffisamment ob&#233;i &#224; des &#171; ordres stupides &#187; comme il disait, donc il &#233;tait d&#233;cid&#233; dor&#233;navant &#224; mener sa vie en suivant d'autres valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il obtint une place &#224; la banque r&#233;gionale de sa ville. L&#224;, il avait une bonne vue sur les magouilles et les d&#233;penses absurdes dans la gestion du bien commun. Comme il n'avait pas un caract&#232;re &#224; garder sa langue en poche, il revendiquait la libert&#233; d'expression et de foi. Tous les dimanches il se rendait &#224; l'&#233;glise du centre-ville avec sa famille. Nous, les enfants, suivions le cours de religion et allions au cat&#233;chisme pour faire notre premi&#232;re communion. Ceci n'&#233;tait pas au go&#251;t du r&#233;gime communiste qui rassemblait les enfants, &#233;tonnamment tous les dimanches matin et les cong&#233;s scolaires, pour les endoctriner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, papa fut convoqu&#233; devant un conseil o&#249; les accusations pleuvaient. Il s'est d&#233;fendu bec et ongles, connaissant bien tous les articles de loi du nouveau r&#233;gime, en stipulant les failles et les contradictions que comportaient les accusations. Il f&#251;t rel&#226;ch&#233; avec les avertissements n&#233;cessaires de se tenir calme car, une prochaine fois, il n'&#233;chapperait plus &#224; une condamnation et un enfermement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 1956, il y eut l'insurrection : les &#233;tudiants et la classe intellectuelle en avaient assez de l'oppression russe et voulaient g&#233;rer le pays sans ing&#233;rence. Ce fut un bain de sang. Comme c'&#233;taient les d&#233;buts de la t&#233;l&#233;vision, ici en Belgique, la TV diffusait en continu les &#233;v&#233;nements qui se d&#233;roulaient &#224; Budapest et dans les autres grandes villes du pays. Les chars russes sont parvenus &#224; r&#233;primer l'insurrection. Apr&#232;s quoi, ce fut le d&#233;part massif de beaucoup de Hongrois qui ne pouvaient plus accepter l'oppression et ceux qui avaient particip&#233; activement &#224; la r&#233;volution, craignaient pour leur vie. En effet, ont suivi des interrogatoires muscl&#233;s et des actes de torture pour obtenir des d&#233;nonciations, de fausses accusations. Et avec cela, des enfermements, des ex&#233;cutions, des pendaisons, des d&#233;portations en Sib&#233;rie, des accidents provoqu&#233;s pour faire dispara&#238;tre des personnes g&#234;nantes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon p&#232;re n'a pas pris part active &#224; cette insurrection, ne voulant pas compromettre sa famille. Toute la population pourtant a subi les cons&#233;quences de cette r&#233;volution d'octobre. Je me souviens tr&#232;s vaguement d'une anecdote o&#249;, un soir, mes parents nous ont avertis que nous irions peut-&#234;tre nous r&#233;fugier &#224; la cave la nuit. Ce ne fut pas n&#233;cessaire. Moi, comme enfant, je n'ai aucun autre souvenir de cette p&#233;riode. Les grandes personnes recevaient de jour en jour les nouvelles de proches qui disparaissaient et ils vivaient dans l'angoisse de ce qui pouvait bien encore leur arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie de tous les jours serait d&#233;sormais diff&#233;rente apr&#232;s cette insurrection &#233;touff&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un certain moment, mon p&#232;re apprit que des juifs avaient obtenu des papiers pour &#233;migrer en Am&#233;rique. Il s'est dit : je ne suis pas juif et je ne veux pas aller en Am&#233;rique, mais j'ai deux soeurs qui habitent depuis de longues ann&#233;es en Belgique. Je vais faire la demande pour les rejoindre avec toute ma famille, on verra bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les ann&#233;es '30, la Belgique avait organis&#233; des vacances pour des enfants hongrois dans des familles d'accueil. Ils arrivaient par trains entiers. Ainsi les deux soeurs de papa sont venues en Belgique, une &#224; Poperinge et l'autre &#224; Ypres. Les familles belges respectives les faisaient revenir les ann&#233;es suivantes aussi. Lorsqu'elles devinrent adultes, elles ont d&#233;cid&#233; de rester d&#233;finitivement en Belgique. Tante Th&#233;r&#232;se s'est mari&#233;e assez tardivement et a eu un fils. Tante Elisabeth ne s'est jamais mari&#233;e mais est rest&#233;e habiter toute sa vie durant, dans sa famille d'accueil o&#249; elle a connu six g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc papa, encourag&#233; par ses deux soeurs et leurs familles respectives, a fait la demande de visa pour immigrer avec sa femme et trois enfants en Belgique. C'est invraisemblable, mais il a obtenu les papiers apr&#232;s avoir motiv&#233; sa demande. Naturellement, il ne pouvait invoquer le r&#233;gime communiste qui ne lui convenait pas. II a donn&#233; comme motivation sa sant&#233; : en effet il n'y avait pas si longtemps qu'il avait &#233;t&#233; op&#233;r&#233; d'un ulc&#232;re et que deux tiers de son estomac avait &#233;t&#233; enlev&#233;s. &#171; Il voulait mettre ses enfants et sa femme en s&#233;curit&#233; pr&#232;s de ses soeurs en Belgique, au cas o&#249; sa sant&#233; n&#233;cessiterait d'autres soins &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les autorit&#233;s hongroises c'&#233;tait clair et net que notre d&#233;part serait d&#233;finitif, sans possibilit&#233; de retour. D'ailleurs, tout ce que nous laisserions derri&#232;re nous serait confisqu&#233;. Ainsi, la femme et le fils d'un sergent nous ont &#233;t&#233; impos&#233;s et sont venus occuper la plus belle pi&#232;ce de notre maison, d&#233;j&#224; plusieurs mois avant notre d&#233;part. Apr&#232;s notre d&#233;part, ils habiteront toute la maison !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, un photographe vint &#224; la maison pour faire une s&#233;rie de photos. C'&#233;tait certainement n&#233;cessaire pour ajouter le portrait de chacun de nous aux documents et pour donner un souvenir &#224; la famille que nous laissions derri&#232;re nous ainsi qu'aux familles qui nous attendaient en Belgique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, les autorit&#233;s belges ont mis leur veto pour nous accueillir pour une dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e : ils avaient donn&#233; acc&#232;s &#224; des milliers de r&#233;fugi&#233;s hongrois pendant et apr&#232;s la r&#233;volution d'octobre '56 et ils ne voulaient pas accueillir davantage de personnes. La famille belge de mes deux tantes a donn&#233; toute la garantie n&#233;cessaire aux autorit&#233;s belges, pour notre accueil : elle assurait le travail pour papa, ainsi que le logement et notre mise en route pour d&#233;buter une nouvelle vie. Plus tard nous avons appris que la famille belge &#233;tait m&#234;me all&#233;e en p&#232;lerinage &#224; Lourdes pour confier &#224; la Sainte Vierge la r&#233;ussite de notre arriv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents n'auraient jamais consenti &#224; risquer le passage de la fronti&#232;re ou du rideau de fer comme clandestins, risquant leur vie ou la n&#244;tre. Etonnamment, tout s'est fait d'une mani&#232;re enti&#232;rement r&#233;glement&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes partis avec un jour de retard, parce que, arriv&#233;s &#224; Budapest, les autorit&#233;s de la gare devaient rev&#233;rifier tous nos documents avant de d&#233;livrer le ticket de train. Plus tard, le train prit du retard &#224; la fronti&#232;re parce que, &#224; nouveau, les gardes-fronti&#232;res devaient t&#233;l&#233;phoner &#224; Budapest pour se renseigner &#224; notre sujet. Notre d&#233;part, retard&#233; d'un jour, fut providentiel puisque le train que nous aurions d&#251; prendre eut un grave accident en cours de route. La famille qui nous attendait, ayant appris l'accident au journal, &#233;tait dans l'angoisse jusqu'au moment o&#249; un t&#233;l&#233;gramme leur parvint annon&#231;ant notre arriv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai tr&#232;s peu de souvenirs concernant notre d&#233;part ainsi que de notre voyage en train. Je sais vaguement que nous avons dormi &#224; Budapest, chez des amis de papa, les deux nuits avant notre d&#233;part. Moi je dormais sur deux fauteuils mis l'un en face de l'autre. Ensuite, je me vois dans le compartiment couchette de Vienne &#224; Ostende o&#249; un filet fut tir&#233; entre tes cieux couchettes d'en haut dans lequel je pouvais dormir. Pour le reste, je suppose que, pour les enfants que nous &#233;tions, mes fr&#232;res et moi, le voyage devait &#234;tre excitant, probablement aussi fatigant puisqu'assez long.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s &#233;tonnamment, je me souviens tr&#232;s bien de notre arriv&#233;e &#224; Ostende, le 22 d&#233;cembre 1957 et de l'accueil que la 'famille belge' nous fit. J'ai m&#234;me le souvenir pr&#233;cis de la fa&#231;on dont j'&#233;tais habill&#233;e... &#201;tant la plus petite, je me suis sentie directement tr&#232;s entour&#233;e. Cette sensation n'a jamais &#233;t&#233; d&#233;mentie et je me suis tr&#232;s vite acclimat&#233;e &#224; mon nouvel entourage. Nous avons habit&#233; durant deux ann&#233;es et demie &#224; Poperinge et j'en garde beaucoup de tr&#232;s bons souvenirs mais ce sera un nouveau chapitre &#224; &#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1135' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Premier No&#235;l et d&#233;but d'une nouvelle vie en Belgique (Elisabeth)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1135</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1135</guid>
		<dc:date>2017-09-05T12:23:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie (A&amp;T)</dc:creator>


		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Elisabeth &#034;Entre Hongrie et Belgique, un chemin d'immigration&#034; Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
Trois jours apr&#232;s notre arriv&#233;e en Belgique, c'&#233;tait No&#235;l. Notre famille belge a tout fait pour nous rendre cette f&#234;te agr&#233;able. J'ai re&#231;u une poup&#233;e avec de vrais cheveux mais elle n'a jamais remplac&#233; ma poup&#233;e b&#233;b&#233;, grandeur nature, qui &#233;tait rest&#233;e en Hongrie. Elle s'appelait Dodo. Plus tard maman a cousu toute une s&#233;rie de v&#234;tements pour cette poup&#233;e pour que j'apprenne &#224; la ch&#233;rir mais rien (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L109xH150/arton1135-7be53.jpg?1771360913' width='109' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Elisabeth &#034;Entre Hongrie et Belgique, un chemin d'immigration&#034; &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique164' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Trois jours apr&#232;s notre arriv&#233;e en Belgique, c'&#233;tait No&#235;l. Notre famille belge a tout fait pour nous rendre cette f&#234;te agr&#233;able. J'ai re&#231;u une poup&#233;e avec de vrais cheveux mais elle n'a jamais remplac&#233; ma poup&#233;e b&#233;b&#233;, grandeur nature, qui &#233;tait rest&#233;e en Hongrie. Elle s'appelait Dodo. Plus tard maman a cousu toute une s&#233;rie de v&#234;tements pour cette poup&#233;e pour que j'apprenne &#224; la ch&#233;rir mais rien n'y a fait, je ne l'ai jamais vraiment adopt&#233;e et elle ne re&#231;ut jamais de nom. Ma maman &#233;tait g&#234;n&#233;e vis-&#224;-vis de la famille qui me l'avait offerte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous habitions provisoirement dans une maison qui &#233;tait destin&#233;e &#224; la d&#233;molition. La maison qui &#233;tait pr&#233;vue pour nous n'allait se lib&#233;rer que quelques mois plus tard. En attendant c'&#233;taient le froid et l'humidit&#233; qui entraient par toutes les fissures mais il y avait quand m&#234;me le strict n&#233;cessaire pour d&#233;marrer. Mes parents &#233;taient &#233;tonn&#233;s de l'absence de salle de bain ; plus tard ils apprirent que la Belgique avait du retard sur la Hongrie en ce qui concernait le confort sanitaire. M&#234;me notre famille d'accueil qui &#233;tait ais&#233;e n'avait de l'eau courante que dans la cuisine. Chaque chambre &#224; coucher avait une cr&#233;dence avec une bassine et une cruche assortie en porcelaine. Les lavabos n'existaient pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La famille belge de ma tante Elisabeth poss&#233;dait un grand magasin de meubles avec trois niveaux d'exposition et un coin o&#249; ils vendaient aussi des jouets. Dans un b&#226;timent annexe se trouvaient l'entrep&#244;t de meubles et de jouets ainsi qu'un atelier. Plusieurs ouvriers y travaillaient et trois servantes s'occupaient du nettoyage, de la lessive et du m&#233;nage. Trois g&#233;n&#233;rations vivaient sous le m&#234;me toit, avec en plus, ma tante. Les trois enfants de la famille se sont mari&#233;s l'un apr&#232;s l'autre ces ann&#233;es-l&#224; et ont quitt&#233; la maison. Mon p&#232;re fut engag&#233; pour le travail dans l'atelier et pour le transport des meubles ainsi que pour la conduite des trois camions de taille diff&#233;rente qu'ils poss&#233;daient. Il devait se rendre disponible selon les n&#233;cessit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les vacances de No&#235;l, au mois de janvier, j'entrais dans ma nouvelle &#233;cole (Grauwe Zusters Penitenten) en poursuivant ma 2&#232;me ann&#233;e. J'ai le tr&#232;s bon souvenir que l'enseignante s'investissait pour que je m'ins&#232;re au plus vite. Elle poss&#233;dait un dictionnaire pour se faire comprendre. Les religieuses aussi qui tenaient l'&#233;cole &#233;taient bienveillantes envers l'unique &#233;l&#232;ve &#233;trang&#232;re que comptait leur &#233;cole. Mes deux fr&#232;res ont &#233;t&#233; accueillis au mois de janvier en 1&#232;re primaire dans l'&#233;cole des gar&#231;ons. Ils y sont rest&#233;s jusqu'aux grandes vacances. L'ann&#233;e d'apr&#232;s, ils ont refait la 5&#232;me primaire qu'ils avaient entam&#233;e en Hongrie. Pour eux, ce changement et cette r&#233;gression n'&#233;taient pas &#224; leur avantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques fois, les r&#233;fugi&#233;s hongrois des deux Flandres se rassemblaient. En y allant la premi&#232;re fois, mon p&#232;re fut offusqu&#233; de la distribution de colis alimentaires. &#171; Comment donc, je ne suis pas venu en Belgique pour recevoir la charit&#233; ! Je gagne ma vie et j'ach&#232;te moi-m&#234;me ce dont ma famille a besoin l &#187; Il accepta n&#233;anmoins quelques jouets comme cadeaux pour les enfants. Il lui avait fallu d&#233;j&#224; accepter le n&#233;cessaire pour red&#233;marrer sa vie avec sa famille, c'&#233;tait suffisant ! Nous n'aimions pas trop ces rencontres o&#249; chacun se plaisait &#224; raconter son douloureux v&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme j'&#233;tais fort ch&#233;rie par ma tante et toute sa famille belge, surtout par Greta qui avait 18 ans, j'allais souvent chez eux. Leur grande maison, les salles d'expositions, l'atelier et surtout l'entrep&#244;t des jouets devenaient mon terrain de jeu. J'avais acc&#232;s et champ libre partout. J'appris vite la langue puisque toutes les personnes que j'y rencontrais m'adressaient la parole. Rapidement je lus tous les livres Spirou, Marsupilami, Tintin que je trouvais dans la maison. Le premier &#233;t&#233;, je fus &#233;galement envoy&#233;e dans une colonie de vacances pour bien apprendre la langue, tandis que mes parents, avec mes fr&#232;res, allaient &#224; Bruxelles pour visiter l'expo '58.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assez rapidement maman a ressenti que les relations avec les deux soeurs de papa n'&#233;taient pas aussi chaleureuses qu'avec ses propres soeurs rest&#233;es en Hongrie. Papa aussi a bien compris que retrouver ses deux s&#339;urs, apr&#232;s plus de 20 ans de s&#233;paration n'&#233;tait pas ce qu'il avait esp&#233;r&#233;. En fait, ils ont peu v&#233;cu ensemble et sans leur m&#232;re, d&#233;c&#233;d&#233;e trop jeune. Leur p&#232;re n'avait pas r&#233;ussi &#224; souder la famille.&lt;br class='autobr' /&gt;
Probablement pour mettre du baume sur la nostalgie de maman, &#224; l'approche de notre 2&#232;me No&#235;l, notre grand-m&#232;re est venue nous rendre visite. Un de mes fr&#232;res avait attrap&#233; la jaunisse et &#233;tait interdit d'&#233;cole pendant deux ou trois mois. C'est &#224; ce moment-l&#224; que grand-m&#232;re est venue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle m'a rapport&#233; la grande poup&#233;e Dodo qui me manquait toujours. Cette poup&#233;e, aujourd'hui, se trouve chez moi. Je l'ai r&#233;cup&#233;r&#233;e chez mes parents, apr&#232;s que ma ni&#232;ce et mon neveu l'aient maltrait&#233;e dans leurs jeux d'enfants mais elle a surv&#233;cu. La venue de grand-m&#232;re servait surtout &#224; consoler maman qui avait le mal du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul endroit o&#249; mes parents ne se sentaient pas d&#233;pays&#233;s, c'&#233;tait en allant &#224; la messe le dimanche. C'&#233;tait le temps o&#249; les messes se disaient en gr&#233;gorien, il n'y fallait pas comprendre grande chose &#224; cette &#233;poque. Ils &#233;taient heureux de pouvoir vivre leur foi ici, en pleine libert&#233;, et que nous, les enfants, fr&#233;quentions des &#233;coles catholiques o&#249; la pri&#232;re trouvait sa place avant les cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habiter &#224; Poperinge devenait doucement trop lourd. Dans cette ville, il n'y avait aucune distraction. Si nous voulions faire une promenade, il n'y avait que le cimeti&#232;re. Nous promener en ville attirait l'attention de tous les passants : nous &#233;tions les seuls &#233;trangers dans cette ville et tout le monde nous connaissait et, rien que par leur regard, ils nous faisaient ressentir que nous &#233;tions diff&#233;rents d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s deux ann&#233;es, papa a trouv&#233; &#224; Anvers un autre travail. Il a lou&#233; une chambre dans la Maison Hongroise qui existait &#224; l'&#233;poque et revenait toutes les fins de semaine avec des grosses oranges pour nous, les enfants, et des poivrons pour maman. Ces denr&#233;es alimentaires nous manquaient &#233;norm&#233;ment, puisque indispensables dans toute pr&#233;paration de la cuisine hongroise. Pour les grandes vacances 1950, papa a trouv&#233; un appartement o&#249; nous avons d&#233;m&#233;nag&#233;. Nous y avons habit&#233; jusqu'&#224; l'achat de notre maison, dix ans apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papa voulut donc se d&#233;tacher de notre premier enracinement belge. Le travail de transporteur de meubles ne convenait pas pour sa sant&#233; et il se sentait aussi devenir de plus en plus l'homme &#224; tout faire de la famille. Il ne voulait pas non plus &#234;tre dans l'obligation de rester redevable durant toute sa vie &#224; ceux qui nous ont accueillis avec beaucoup de bienveillance. Ils nous ont aid&#233;s &#224; red&#233;marrer dans la vie, pour cela il restait reconnaissant, mais il ne voulait pas se laisser enfermer dans une non-libert&#233;, en se mettant enti&#232;rement &#224; la disposition de notre famille d'accueil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu son &#226;ge, d&#233;j&#224; 45 ans, et ne connaissant pas ais&#233;ment la langue, il &#233;tait difficile pour papa de trouver un m&#233;tier qui corresponde &#224; sa formation. ll trouva une offre d'emploi dans un garage FIAT &#224; Anvers, tout ce qu'il avait d&#233;test&#233; dans sa jeunesse. Pourtant, gr&#226;ce &#224; son habilet&#233; manuelle, son savoir-faire et sa d&#233;brouillardise, il devint un ouvrier appr&#233;ci&#233; par son patron. Durant les 10 ann&#233;es qu'il y a travaill&#233;, il s'est sp&#233;cialis&#233; dans la r&#233;paration, surtout des moteurs. Ensuite, ayant achet&#233; une maison avec un grand garage, il devint son propre patron. Par ce travail bien stable, il a offert &#224; sa famille un &#233;quilibre, une stabilit&#233; et un avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1136' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mon pays, ma patrie (Elisabeth)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie (A&amp;T)</dc:creator>


		<dc:subject>Religion, valeurs et &#233;thique</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Elisabeth &#034;Entre Hongrie et Belgique, un chemin d'immigration&#034; Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;m&#233;nageant &#224; Anvers, mon enfance insouciante est rest&#233;e &#224; Poperinge. Je l'ai retrouv&#233;e encore quelques fois en retournant en vacances chez ma tante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Papa avait trouv&#233; pour moi une &#233;cole francophone, se disant qu'avec le fran&#231;ais, j'irais plus loin qu'avec le n&#233;erlandais. Le temps d'affronter des difficult&#233;s commen&#231;ait pour moi. Pour m'encourager, il s'inscrivit lui-m&#234;me en cours du soir (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Elisabeth &#034;Entre Hongrie et Belgique, un chemin d'immigration&#034; &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique164' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En d&#233;m&#233;nageant &#224; Anvers, mon enfance insouciante est rest&#233;e &#224; Poperinge. Je l'ai retrouv&#233;e encore quelques fois en retournant en vacances chez ma tante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papa avait trouv&#233; pour moi une &#233;cole francophone, se disant qu'avec le fran&#231;ais, j'irais plus loin qu'avec le n&#233;erlandais. Le temps d'affronter des difficult&#233;s commen&#231;ait pour moi. Pour m'encourager, il s'inscrivit lui-m&#234;me en cours du soir pour apprendre le fran&#231;ais et souvent je l'accompagnais. A cette &#233;poque, il ne connaissait pas encore bien les questions linguistiques de pays d'accueil. Le nouveau pacte scolaire de 1960 stipulait que chaque r&#233;gion ne devait avoir que des &#233;coles dans sa langue respective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole o&#249; il m'inscrivit &#233;tait une &#233;cole priv&#233;e fr&#233;quent&#233;e surtout par des enfants de diplomates. ll y avait une classe unique pr&#233;vue pour tous les &#233;l&#232;ves en apprentissage du fran&#231;ais. Seulement apr&#232;s la connaissance suffisante de la langue, nous pouvions retrouver notre classe respective. A peine le n&#233;erlandais bien appris, me voil&#224; &#224; recommencer dans une nouvelle langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois-ci, je n'ai plus retrouv&#233; la bienveillance &#224; mon &#233;gard et je ne trouvais pas bien ma place dans cette &#233;cole o&#249; les &#233;l&#232;ves &#233;taient de confessions et d'origines diff&#233;rentes. Le cours de religion regroupait en une seule classe les &#233;l&#232;ves de diff&#233;rents niveaux. Je me souviens douloureusement qu'un jour, &#224; mon retour de celui-ci, la titulaire de ma classe d'accueil me confisqua tout un paquet d'images pieuses, re&#231;ues juste auparavant, et qu'elle le jeta dans la poubelle. Ce geste m'avait boulevers&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s deux ann&#233;es plus un trimestre, je suis retourn&#233;e dans une &#233;cole n&#233;erlandophone pour ne pas prendre encore plus de retard dans ma scolarit&#233;. Ce changement, en cours d'ann&#233;e d&#233;j&#224; entam&#233;e, me co&#251;ta une ann&#233;e de retard : je changeais de section Moderne vers la section Latin-Grec. Tout au long de mes ann&#233;es d'humanit&#233;s, je me suis sentie en d&#233;calage de deux ann&#233;es avec mes compagnes de classe, puisque n&#233;e au mois de d&#233;cembre, je suis entr&#233;e en premi&#232;re ann&#233;e primaire &#224; 7 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huit ann&#233;es apr&#232;s notre arriv&#233;e en Belgique, comme tous les autres Hongrois, nous avons fait la demande pour &#234;tre naturalis&#233;s belges. A cette &#233;poque, la proc&#233;dure durait deux ann&#233;es. Ayant obtenu sans probl&#232;me les documents, nous avons commenc&#233; &#224; retourner en Hongrie pour les vacances. J'avais 18 ans quand j'ai revu le pays de mon enfance et la famille hongroise qui s'&#233;tait agrandie depuis les 10 derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes deux fr&#232;res qui avaient tout juste 21 ans, donc majeurs, ont remis &#224; plus tard l'acceptation de la naturalisation, ne voulant pas faire de service militaire. Ils sont rest&#233;s des '&#233;trangers' plus longtemps, ce qui n'&#233;tait &#224; leur avantage lors des demandes d'embauche. Ils sont devenus belges autour de leurs 27 ans en payant les frais administratifs. Ensuite, eux aussi ont commenc&#233; &#224; red&#233;couvrir le pays que nous avions quitt&#233;. Chacun y retournait &#224; son propre rythme. Mais jamais plus nous ne nous y sommes retrouv&#233;s tous ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents &#233;taient-ils heureux d'&#234;tre venus en Belgique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papa n'aurait jamais avou&#233; le contraire. ll se sentait surtout libre de g&#233;rer sa vie et celle de sa famille comme il l'entendait. Maman a toujours gard&#233; la nostalgie. Elle est toujours rest&#233;e femme au foyer. En Hongrie, avant son mariage, elle gagnait sa vie et aidait sa m&#232;re veuve avec trois enfants, en travaillant comme couturi&#232;re ind&#233;pendante. Pour apprendre la langue, elle a essay&#233; de travailler dans un atelier de couture &#224; Anvers. Les jeunes filles avec qui elle travaillait, au lieu de l'aider dans l'apprentissage de la langue, se sont tellement moqu&#233;es d'elle qu'elle n'a pas tenu bien longtemps. Sur ce point, papa trouvait plus important que les trois enfants aient une maman qui prenne soin d'eux plut&#244;t qu'une maman qui aurait pu devenir une malade nerveuse dans un milieu hostile. Ainsi, maman n'a jamais vraiment appris la langue du pays. Plus tard, avec ma belle-s&#339;ur belge et les deux petits-enfants qui sont venus tr&#232;s souvent &#224; la maison, elle a quand m&#234;me appris les rudiments du n&#233;erlandais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es ont pass&#233;, nos parents ont sacrifi&#233; leur vie pour que nous, les enfants, nous puissions bien nous int&#233;grer dans notre nouveau pays. Notre avenir a pris forme. Avec le temps, malgr&#233; sa nostalgie permanente, m&#234;me maman avait compris que sa place &#233;tait pr&#232;s de ses enfants et petits-enfants. Sa belle-fille flamande, qui avait bien adopt&#233; toute notre famille hongroise, y a certainement contribu&#233; activement. Mon fr&#232;re et ma belle-soeur sont all&#233;s tous les deux ans en Hongrie pour leurs vacances avec leurs deux enfants. Maintenant que ces enfants sont devenus adultes, ma ni&#232;ce avec son mari et leurs deux enfants respectifs continuent eux aussi ce rythme de vacances en Hongrie tous les deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais nous n'avons envisag&#233; un seul instant retourner d&#233;finitivement en Hongrie. La Belgique est devenue enti&#232;rement notre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois les parents d&#233;c&#233;d&#233;s ainsi que tous ceux qui nous ont connus comme enfants en Hongrie, les liens se sont &#233;cart&#233;s pour moi de plus en plus. En ce qui me concerne, j'y vais de moins en moins. C'est ici que j'ai tiss&#233; ma vie et je ne connais aucune nostalgie ou attirance majeure. Je ne le nie pas, quand je revois encore des membres de ma famille en Hongrie, je me sens tout &#224; fait bien avec eux et ils nous font &#224; chaque fois toujours la f&#234;te. Pourtant, une fois en dehors de ma vision, je les sens loin de ce qu'est devenue ma vie. Quand je reviens, apr&#232;s avoir pass&#233; des vacances l&#224;-bas, je sens bien qu'ici nous vivons d'autres valeurs, nous avons d'autres centres d'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut savoir choisir clans la vie, une fois le choix fait, ne plus regarder en arri&#232;re. On ne peut vivre ici et ailleurs en m&#234;me temps et nous n'avons qu'une seule vie &#224; vivre. Notre avenir est devant nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent les hommes se rendent mutuellement la vie impossible. Des pays se font la guerre et certains sont contraints &#224; faire des choix, en &#226;me et en conscience, auparavant non envisag&#233;s. Mes parents ont fait leur choix avec des cons&#233;quences difficiles pour eux et pour leurs enfants aussi. Voil&#224; que le rideau de fer et le mur de Berlin sont tomb&#233;s, mais l'histoire se r&#233;p&#232;te et la b&#234;tise humaine ne tonnait pas de fin : d'autres murs s'&#233;rigent&#8230; Les r&#233;fugi&#233;s ne sont pas les bienvenus. Il nous sera toujours offert des occasions pour grandir en humanit&#233; en reconnaissant l'autre qui est diff&#233;rent comme un fr&#232;re. Peut-&#234;tre a-t-il aussi besoin de mon aide et de ma bienveillance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule l'histoire nous dira o&#249; va notre plan&#232;te avec ces brassages de populations. Moi, j'ai donn&#233; ma r&#233;ponse : toute personne humaine a une valeur sacr&#233;e, cela personne ne peut le lui enlever. Nous sommes tous des fr&#232;res et soeurs en humanit&#233;. Pour apprendre &#224; g&#233;rer notre terre et la vie des hommes, apprenons &#224; vivre dans un esprit honn&#234;te et fraternel. Que nous vivions dans un pays ou dans un autre, pour Dieu, cela n'a pas d'importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Belgique n'a pas &#233;t&#233; le paradis r&#234;v&#233; pour mes parents. Leur choix et leurs sacrifices m'ont permis de devenir celle que je suis aujourd'hui et cela est &#233;norme. Jamais l&#224;-bas je n'aurais pu faire le choix de vie que j'ai fait ici. C'est la foi qui m'a ouvert la porte du bonheur. La bienveillance de mes parents et de mon entourage m'y ont aid&#233;e. De patrie, je n'en ai qu'une seule et je vis d&#233;j&#224; dedans : c'est le Royaume de Dieu. Cette d&#233;couverte c'est la Belgique qui m'a permis de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien construire son avenir, je pense qu'il est bon de se rem&#233;morer les bienfaits dont nous avons &#233;t&#233; b&#233;n&#233;ficiaires. Il n'est pas bon pourtant de s'&#233;terniser sur le pass&#233; c'est l'avenir qui est devant nous. Cet avenir je peux le recevoir comme un don, gr&#226;ce &#224; l'intervention de tous les intervenants du pass&#233; et ceux d'aujourd'hui. Parmi eux, Dieu s'est toujours d&#233;clar&#233; 'pr&#233;sent' C'est une autre mani&#232;re de lire sa propre histoire et celle de sa famille, si le coeur vous en dit, essayez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1137' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'exode (Yvonne)</title>
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		<dc:creator>Sylvie (A&amp;T)</dc:creator>


		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

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&lt;p&gt;Mes parents m'ont donn&#233; une bien extraordinaire date de naissance ! Je suis n&#233;e le 1er septembre 1939 &#8230; le jour o&#249; l'arm&#233;e allemande envahit la Pologne. C'est le d&#233;but de la seconde guerre mondiale. Le 10 mai 40, les allemands envahissent la Belgique. Mardi 14 mai 1940, maman, mon fr&#232;re de 22 mois et moi, b&#233;b&#233; de 9 mois, nous quittons Bruxelles pour suivre papa, technicien radio, travaillant &#224; l'INR, l'anc&#234;tre de la RTBF. Il est oblig&#233; d'ob&#233;ir aux ordres et de suivre l'&#233;quipe de l'INR et le (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mes parents m'ont donn&#233; une bien extraordinaire date de naissance ! Je suis n&#233;e le 1er septembre 1939 &#8230; le jour o&#249; l'arm&#233;e allemande envahit la Pologne. C'est le d&#233;but de la seconde guerre mondiale. Le 10 mai 40, les allemands envahissent la Belgique. Mardi 14 mai 1940, maman, mon fr&#232;re de 22 mois et moi, b&#233;b&#233; de 9 mois, nous quittons Bruxelles pour suivre papa, technicien radio, travaillant &#224; l'INR, l'anc&#234;tre de la RTBF. Il est oblig&#233; d'ob&#233;ir aux ordres et de suivre l'&#233;quipe de l'INR et le gouvernement belge en exil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais vous raconter notre exode. Bien s&#251;r, je suis beaucoup trop petite pour &#234;tre consciente de tout ce qui se passe autour de moi. Maman a racont&#233; et a &#233;crit cette histoire. Permettez que je lui emprunte sa plume et sa m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#232;re &#233;tape : Ostende. Nous y arrivons, apr&#232;s 25 heures de route sous les bombardements, parmi d'autres gens en fuite et des maisons en ruine. Nous retrouvons papa mais pour tr&#232;s peu de temps. Les Allemands bombardent Ostende. Papa continue &#224; fuir avec l'&#233;quipe de l'INR. Il ira jusqu'&#224; Bordeaux. Mais &#231;a, nous ne le saurons que 4 ans plus tard. Nous n'aurons aucune nouvelle de lui pendant toute la dur&#233;e de la guerre. Cela sera horriblement angoissant pour maman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; nous, maman, moi, mon fr&#232;re et d'autres familles, nous embarquons sur un bateau fran&#231;ais. Les avions allemands passent et repassent. Nous sommes install&#233;s dans la salle des machines, nous ne voyons rien. Il y a du monde, beaucoup de monde. Les toilettes ne sont pas suffisantes, on se soulage o&#249; on peut. Des marins apportent du lait et des biscuits pour les enfants. O&#249; allons-nous : au Canada ? en Am&#233;rique ? en Australie ? en Angleterre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 mai, nous approchons des c&#244;tes anglaises, nous arrivons &#224; Southampton. Nous attendons &#8230; On nous met un carton avec notre nom, notre &#226;ge, d'o&#249; nous venons, la somme d'argent que nous avons : 500 francs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous montons dans un bus jusque Wimbledon. Nous y passons la nuit par terre dans un couloir plein de courants d'air. Moi, heureusement, je suis dans un berceau avec un biberon. Avec une autre femme enceinte et ses deux filles, maman prie, pleure. Qu'allons-nous devenir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 mai, on nous r&#233;unit dans une tr&#232;s grande cour. Un haut-parleur parle en anglais, en flamand et enfin en fran&#231;ais. Un bus nous emm&#232;nera vers le village de Banstead. Heureusement, nous y retrouvons les autres &#171; &#233;pouses de l'INR &#187;. Une dame parlant fran&#231;ais nous accompagne, elle sera responsable du groupe. Chaque semaine elle nous donnera quelques shillings pour vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous arrivons &#224; Banstead. Et l&#224;, oh miracle, deux autres dames nous attendent dans la salle &#224; manger d'une villa. Un grand feu flambe dans la chemin&#233;e. Pour nous qui vivons depuis une semaine comme des sauvages, c'est une &#233;motion impossible &#224; d&#233;crire !&lt;br class='autobr' /&gt;
Une nappe blanche est dress&#233;e sur une longue table, les couverts sont bien mis. Nous sommes invit&#233;s &#224; nous asseoir. Nous d&#233;gustons un bon potage, de la viande, des pommes de terre et surtout des gros pois verts cuits &#224; l'eau. Quel d&#233;lice ! Nous sommes comme dans un r&#234;ve ! Apr&#232;s, ces dames nous montrent nos chambres. Dans chaque chambre, le lit est bien fait. Il y a un lavabo avec des brosses &#224; dents, du savon, des essuies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'&#224; 9 mois, je me suis retrouv&#233;e &#233;migr&#233;e avec ma maman et mon fr&#232;re de 22 mois. En repensant &#224; tout ce que maman a racont&#233;, je ne puis m'emp&#234;cher de me poser la question suivante : comment, nous les belges, accueillons-nous aujourd'hui les personnes fuyant leur pays en guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci &#224; toutes les personnes inconnues qui m'ont permis de vivre mes 5 premi&#232;res ann&#233;es dans l'insouciance !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment mon professeur de natation m'a d&#233;test&#233;e d&#232;s mon premier cours (V&#233;ronique L.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article986</link>
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		<dc:date>2013-09-16T09:03:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours &#233;t&#233; la plus petite de la classe. Chaque fois que nous devions nous ranger par ordre de taille, j'&#233;tais toujours la premi&#232;re de la file ou de la rang&#233;e&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette situation m'a valu de nombreux avantages mais aussi jou&#233; quelques m&#233;chants tours. &lt;br class='autobr' /&gt; En 1970, &#224; 12 ans, j'ai chang&#233; d'&#233;cole. Sortie de la section primaire du Lyc&#233;e Dachsbeck, je suis entr&#233;e &#224; l'Ecole Normale Emile Andr&#233;, situ&#233;e en plein c&#339;ur des Marolles. Je ne connaissais personne ! Nous avons re&#231;u (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours &#233;t&#233; la plus petite de la classe. Chaque fois que nous devions nous ranger par ordre de taille, j'&#233;tais toujours la premi&#232;re de la file ou de la rang&#233;e&#8230; &lt;br&gt;
Cette situation m'a valu de nombreux avantages mais aussi jou&#233; quelques m&#233;chants tours. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1970, &#224; 12 ans, j'ai chang&#233; d'&#233;cole. Sortie de la section primaire du Lyc&#233;e Dachsbeck, je suis entr&#233;e &#224; l'Ecole Normale Emile Andr&#233;, situ&#233;e en plein c&#339;ur des Marolles. Je ne connaissais personne !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons re&#231;u notre premier cours de natation dans une classe, notre professeur ayant choisi de nous y transmettre les consignes pratiques et quelques explications d'ordre g&#233;n&#233;ral sur le d&#233;roulement des cours tout au long de nos six ann&#233;es d'&#233;tude. D'aspect r&#233;barbatif et s&#233;v&#232;re, avec une voix forte et s&#232;che, Madame K. nous avait ainsi expliqu&#233; qu'il &#233;tait obligatoire de porter un maillot une pi&#232;ce, bleu et uni, mais que, consciente des nombreux frais auxquels nos parents faisaient face en cette rentr&#233;e scolaire importante, nous pouvions porter notre maillot habituel jusqu'&#224; ce que nous devions en acheter un autre. Parce que nous allions grandir et&#8230;.nous transformer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle nous avait d&#233;crit avec force d&#233;tails d&#233;plaisants tous les inconv&#233;nients li&#233;s au port du bikini en cas de plongeon ou de saut du sauveteur, deux figures qui se trouvaient au programme impos&#233; par l'inspection. Elle nous sugg&#233;ra aussi d'&#233;ventuellement attendre l'h&#233;ritage du maillot de notre grande s&#339;ur quand celui-ci deviendrait trop petit pour elle.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;l&#232;ve appliqu&#233;e, j'avais transmis toutes ces instructions &#224; Maman. C'est ainsi que Kathy, ma grande s&#339;ur de deux ans mon a&#238;n&#233;e, re&#231;ut un nouveau maillot bleu. Mais l'essayage de son ancien maillot bleu lign&#233; blanc se r&#233;v&#233;la d&#233;sastreux. Il pendait lamentablement plus bas que mes maigres genoux&#8230;. Nous avons alors d&#233;cid&#233; que je porterais mon maillot habituel en attendant.&lt;br class='autobr' /&gt;
La semaine suivante, je me retrouvai au c&#339;ur d'une grappe de grandes filles quelque peu intimid&#233;es, agglutin&#233;es pr&#232;s de la sortie des cabines DAMES dans la piscine de la place du Jeu de Balle. Madame K. n'avait pas besoin de porte-voix. De sa voix d&#233;sagr&#233;able, elle nous intima l'ordre de sauter une &#224; une du plongeoir, de faire une longueur de brasse, de sortir de l'eau du c&#244;t&#233; de la petite profondeur et d'attendre l&#224;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est quand ce fut mon tour et que je m'&#233;lan&#231;ai sur le plongeoir qu'elle d&#233;couvrit mon maillot : une petite culotte &#233;ponge ray&#233;e vert pomme et blanc. Madame K. a vu rouge ! Alors que pour moi, une fillette plate comme une planche, il &#233;tait tout bonnement mon maillot une pi&#232;ce habituel, pour elle il s'est soudain transform&#233; en tenue diabolique : le monokini port&#233; par l'insolente de la classe.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sous une salve de paroles humiliantes que j'ai effectu&#233; ma premi&#232;re longueur au terme de laquelle j'ai &#233;t&#233; pri&#233;e d'aller me rhabiller et de venir ensuite m'asseoir sur le bord pour le reste de la le&#231;on. Madame K. m'avait prise en grippe pour six ann&#233;es cons&#233;cutives ! &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant &#224; son cours que j'ai commis en peu plus tard mon premier acte h&#233;ro&#239;que. Toujours terroris&#233;e par les remarques d&#233;sobligeantes que Madame K. ne manquait pas de m'ass&#233;ner tout au long des exercices et par cette sensation diffuse que je pouvais perdre connaissance dans l'eau tant il faisait chaud, humide, et &#233;touffant de chlore et que les distances &#224; parcourir &#233;taient longues, je m'arrangeais pour nager &#224; quelques centim&#232;tres du bord. Pour passer inaper&#231;ue et pour pouvoir me rattraper au bord en cas de coup dur.&lt;br class='autobr' /&gt;
A ma trenti&#232;me longueur, je prends mon &#233;lan du bord de la grande profondeur et lorsque je reprends mon souffle, j'aper&#231;ois au loin un monsieur qui boit la tasse du c&#244;t&#233; de la petite profondeur. A chaque brasse, je constate qu'il n'&#233;merge pas vraiment et lorsque j'arrive enfin &#224; sa hauteur, je ne vois plus qu'une main qui s'agite en quelques soubresauts d&#233;sesp&#233;r&#233;s. Sans h&#233;sitation, je lui tends la mienne. Il s'y agrippe tellement fort que je suis happ&#233;e vers le fond. Mon instinct de survie m'a donn&#233; l'&#233;nergie de r&#233;sister et d'accrocher ma main gauche au bord. Litt&#233;ralement &#233;cartel&#233;e, je ne pense qu'&#224; une chose, accrocher les mains de cet homme au bord plut&#244;t qu'&#224; moi car il me fait mal et m'emporte vers le fond&#8230; et surtout, surtout sortir au plus vite sa t&#234;te de l'eau. J'y parviens enfin. L'homme crache plein d'eau, tousse et reprend enfin plus ou moins son souffle. Quand il me semble hors de danger, je me hisse sur le bord, les jambes tremblantes pour appeler le ma&#238;tre-nageur et lui expliquer ce qui s'est pass&#233;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madame K. se met bien entendu &#224; hurler qu'il est interdit de sortir de l'eau avant que je n'ai termin&#233; mes quarante longueurs. Je ne l'&#233;coute pas et cours tout droit vers le ma&#238;tre-nageur. Je lui demande d'aller v&#233;rifier que l'homme est vraiment tir&#233; d'affaire. Madame K. me poursuit et dit au ma&#238;tre-nageur qu'elle me conna&#238;t bien, que je suis une insolente capable d'inventer les pires mensonges pour me faire remarquer. Le ma&#238;tre-nageur lui a clou&#233; le bec en lui disant qu'il lui semblait impossible que je puisse me blesser de la sorte par insolence. C'est alors que j'ai d&#233;couvert les griffures profondes et les h&#233;matomes, le sang coulait le long de mon bras droit&#8230;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ma&#238;tre-nageur a aid&#233; l'homme &#224; sortir de la piscine et je suis tranquillement retourn&#233;e terminer mes longueurs. Madame K. &#233;tait bouche-b&#233;e. Quand la fin de la le&#231;on a sonn&#233;, l'homme m'attendait pr&#232;s du couloir d'entr&#233;e vers les cabines des dames. Il a pris mes deux petites mains dans les siennes, m'a regard&#233;e droit dans les yeux et m'a dit : &#171; MERCI ! MERCI ! JE VOUS DOIS LA VIE ! MERCI ! &#187;. Je me souviens encore de la gratitude qui illuminait son regard brillant et noir. Je me suis enfuie car j'&#233;tais g&#234;n&#233;e de ce contact si intense avec un inconnu.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus rigolo, c'est que je suis la seule de la classe &#224; avoir rat&#233; mon brevet de sauvetage. Je ne suis jamais parvenue &#224; remorquer le grand mannequin de bois qui coulait toujours entre mes jambes au lieu de me suivre tranquillement quand je tentais de l'amener au bout de la longueur impos&#233;e dans l'&#233;preuve. Mes compagnes de classe ne manquaient jamais de me rappeler que moi, je n'avais pas besoin de ce vulgaire bout de papier pour prouver que j'&#233;tais capable se sauver quelqu'un puisque j'avais sauv&#233; un homme, un vrai et en chair et en os !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Interculturalit&#233; &#224; Bruxelles (Lucie S.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article969</link>
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		<dc:date>2013-04-29T12:24:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Solitude</dc:subject>
		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>
		<dc:subject>Rencontres interculturelles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je fais du b&#233;n&#233;volat dans une commune de Bruxelles&#8230;Je donne des cours d'alphab&#233;tisation aux personnes les plus &#226;g&#233;es en demande de cours de fran&#231;ais. &lt;br class='autobr' /&gt;
La plus jeune a 55 ans et la plus &#226;g&#233;e 78 ! Mais quel chouette groupe ! Ce sont toutes des femmes de nationalit&#233; diff&#233;rentes et qui avancent. Nous avons commenc&#233; par les pr&#233;sentations : pr&#233;nom, nationalit&#233;, adresse... Maintenant nous en sommes &#224; la conjugaison. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quel a &#233;t&#233; mon fou rire quand je leur ai appris le verbe &#171; se laver &#187; : je (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot200" rel="tag"&gt;Rencontres interculturelles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH113/arton969-09d5c.jpg?1771360913' width='150' height='113' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je fais du b&#233;n&#233;volat dans une commune de Bruxelles&#8230;Je donne des cours d'alphab&#233;tisation aux personnes les plus &#226;g&#233;es en demande de cours de fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus jeune a 55 ans et la plus &#226;g&#233;e 78 ! Mais quel chouette groupe ! Ce sont toutes des femmes de nationalit&#233; diff&#233;rentes et qui avancent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons commenc&#233; par les pr&#233;sentations : pr&#233;nom, nationalit&#233;, adresse... Maintenant nous en sommes &#224; la conjugaison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel a &#233;t&#233; mon fou rire quand je leur ai appris le verbe &#171; se laver &#187; : je me lave, tu me laves... H&#233; non, tu te laves et j'ai mim&#233; le fait de laver ma voisine, l&#224; elles ont aussi bien ri !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous favorisons la conversation et l'une d'elles s'est fait voler son porte-feuille &#224; la caisse d'une grande surface. Et elle s'est tr&#232;s bien faite comprendre gr&#226;ce &#224; ses mimes et mises en sc&#232;nes&#8230;C'&#233;tait un bon moment pour tout le groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous avons appris les noms de couleurs&#8230;voyant le &#187; brun &#171; elles ont toutes dit spontan&#233;ment : &#171; chocolat &#187;&#8230;en se l&#233;chant les l&#232;vres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, comme elles ne sont pas riches, elles n'ont pas compris le terme &#171; surg&#233;lateur &#187;, pourtant certaines doivent en avoir un petit dans leur frigo, mais je ne suis pas parvenue &#224; le leur faire comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il leur est difficile de prononcer le E, c'est &#233;&#8230;.j&#233; coup&#233; un&#233; pomm&#233;... et quand j'essaye de les corriger , elles rient de me voir taper sur ma poitrine pour sortir le E.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un petit aper&#231;u de ce qu'on peut vivre avec ces personnes &#8230;et je vous assure qu'elles sont reconnaissantes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les africaines me disent : &#171; merci ma&#238;tresse &#187; ! &lt;br class='autobr' /&gt;
ouf.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



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