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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>Un festin dans les Andes (Christian C.)</title>
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		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Cultures autres</dc:subject>
		<dc:subject>F&#234;tes</dc:subject>

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&lt;p&gt;Il me reste deux semaines pour montrer ma reconnaissance &#224; tous ceux qui ont particip&#233; &#224; la construction de notre maison &#224; Cochabamba en Bolivie d&#233;but 2007. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lundi dernier, &#224; quinze m&#232;tres de la maison, j'ai eu l'attention attir&#233;e par une cuvette d'environ un m&#232;tre de diam&#232;tre et un demi-m&#232;tre de profondeur, tapiss&#233;e de briques et partiellement remplie de pierres. J'avais pens&#233; remplir le trou de terre arable pour y planter un palmier. J'ai voulu en savoir plus sur l'origine de cette excavation en (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il me reste deux semaines pour montrer ma reconnaissance &#224; tous ceux qui ont particip&#233; &#224; la construction de notre maison &#224; Cochabamba en Bolivie d&#233;but 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi dernier, &#224; quinze m&#232;tres de la maison, j'ai eu l'attention attir&#233;e par une cuvette d'environ un m&#232;tre de diam&#232;tre et un demi-m&#232;tre de profondeur, tapiss&#233;e de briques et partiellement remplie de pierres. J'avais pens&#233; remplir le trou de terre arable pour y planter un palmier. J'ai voulu en savoir plus sur l'origine de cette excavation en interrogeant Marco, le plafonneur. Il me parle des traces de la pr&#233;paration d'un plat typique des hauts-plateaux. Envo&#251;t&#233; par ses explications je lui demande si avec Don Daniel, son beau-p&#232;re, ils seraient d'accord de pr&#233;parer un tel repas le samedi midi, en invitant les corps de m&#233;tiers ayant particip&#233; &#224; la construction de la maison. Aucune h&#233;sitation. J'en parle &#224; Don Mario, l'entrepreneur. On se met d'accord sur le nombre de participants : une trentaine. Et le nombre de poulets &#224; acheter : douze, mettons quinze pour ne pas para&#238;tre pingre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le samedi, avant huit heures, Mama Mona et Papa Francisco, mes beaux-parents, partent acheter :la quinzaine de poulets &#224; couper en morceaux, dix kilos de pommes de terre, des platanos-bananes &#224; cuire- des oignons, tomates et laitues. Vers dix heures Don Daniel et son beau-fils agrandissent la cavit&#233;, la tapissent de briques, pr&#233;parent des pierres en les lavant, rassemblent des bois de construction vou&#233;s aux d&#233;chets. Au moyen de fers &#224; b&#233;ton, ils r&#233;alisent un savant montage o&#249; se m&#234;lent bois et pierres. En-dessous papier journal et petit bois. A onze heures, mise &#224; feu. C'est presque le d&#233;part d'une fus&#233;e : fum&#233;es et flamm&#232;ches puis feu puissant. On croirait l'&#233;mergence d'un mini-volcan. De temps en temps une pierre &#233;clate. A trois, munis de pelles dont l'une &#224; long manche, les tisons non consomm&#233;s sont retir&#233;s. Les pierres brulantes sont rassembl&#233;es. Deux grandes casseroles en aluminium contenant les volatiles sont amen&#233;es. Astuce : pierres et morceaux de volaille sont altern&#233;s dans les marmites. Ces derni&#232;res, munies de leurs couvercles sont plac&#233;es au centre de la cuvette puis rapidement entour&#233;es de pommes de terre, de bananes &#224; cuire et d'autres pierres surchauff&#233;es. L'ensemble est soigneusement recouvert de nombreux papiers forts provenant de sacs de ciment. Puis abondamment recouverts d'une couche de terre d'une vingtaine de centim&#232;tres d'&#233;paisseur. Le tout sous un soleil&#8230;absent, avec, de temps en temps une petite pluie fine. C'est la premi&#232;re fois depuis mon arriv&#233;e il y a un mois qu'il fait couvert tout au long de la journ&#233;e et que la Cordill&#232;re des Andes habituellement si majestueuse se cache sous les nuages. Voil&#224;, me dit-on : il suffit d'attendre entre 45 et 60 minutes. Il est midi trente. A treize heures quinze je pr&#233;viens : 3/4h. Les trois hommes reviennent. Avec le soin d'arch&#233;ologues d&#233;couvrant une momie inca, la couche de terre est enlev&#233;e. Les nombreuses couches de papier sont &#244;t&#233;es tels des linceuls. Oh merveille : on me passe une pomme de terre d&#233;licieusement cuite &#224; point. Puis c'est l'enl&#232;vement des couvercles : parmi les pierres fumantes s'&#233;l&#232;ve le fumet de la basse-cour promue met royal : le plat des Andes, p'ampaku.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretemps les corps de m&#233;tiers arrivent de divers chantiers. Je ne les connais pas tous. Mama Mona et Papa Francisco arrivent avec les salades et boissons. Assiettes copieuses : &#233;normes portions de poulet, deux pommes de terre, une banane cuite avec sa pelure, un &#233;pi de ma&#239;s cuit &#224; l'eau et la salade. Les hommes se dispersent dans le jardin. Outre les ma&#231;ons il y a peintres, parqueteurs et menuisiers. Je suis subjugu&#233;. D'o&#249; peut remonter cette fa&#231;on de cuisiner r&#233;pandue sur l' Alti-plano des Andes. Ceux qui ont v&#233;cu dans ces villages &#233;loign&#233;s disent que la volaille peut &#234;tre remplac&#233;e par du porc, des poissons, du gibier. Les natifs de Cochabamba voient pour la premi&#232;re fois cette pr&#233;paration &#233;labor&#233;e. A la fin de ce festin, je remercie tous ceux qui ont contribu&#233; &#224; la construction, &#224; en faire une &#339;uvre d'art, exemple du savoir-faire bolivien. L'apr&#232;s-midi se poursuit. Les hommes partent apr&#232;s avoir re&#231;u leur paie. Marlen, l'architecte s'&#233;tant tromp&#233;e d'heure arrive avec son conjoint pour se contenter des restes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Anniversaires (L&#233;na) </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>F&#234;tes</dc:subject>
		<dc:subject>Vieillissement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;F&#234;ter son anniversaire, c'est somme toute assez banal : cela revient chaque ann&#233;e &#224; la m&#234;me date, un peu comme No&#235;l et le jour de l'an nouveau. Les dates anniversaires s'accumulent, ne se ressemblent pas, cependant la plupart se perdent dans le m&#234;me brouillard de l'oubli. Comment ai-je f&#234;t&#233; mes 27 ans ? 41 ans ? 63ans ? Je n'en sais plus rien et, &#224; vrai dire, cela me laisse plut&#244;t indiff&#233;rente. Dans l'apr&#232;s-coup ! Car, je dois bien l'admettre, depuis quelques ann&#233;es, j'ai pris l'habitude d'annoncer mon (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;F&#234;ter son anniversaire, c'est somme toute assez banal : cela revient chaque ann&#233;e &#224; la m&#234;me date, un peu comme No&#235;l et le jour de l'an nouveau. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les dates anniversaires s'accumulent, ne se ressemblent pas, cependant la plupart se perdent dans le m&#234;me brouillard de l'oubli.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment ai-je f&#234;t&#233; mes 27 ans ? 41 ans ? 63ans ? Je n'en sais plus rien et, &#224; vrai dire, cela me laisse plut&#244;t indiff&#233;rente. Dans l'apr&#232;s-coup !&lt;br class='autobr' /&gt;
Car, je dois bien l'admettre, depuis quelques ann&#233;es, j'ai pris l'habitude d'annoncer mon nouvel &#226;ge anticipativement, histoire de m'accoutumer pendant un an &#224; l'&#226;ge que je vais avoir. &#199;a peut para&#238;tre idiot mais c'est comme &#231;a ! A force j'en oublie parfois mon &#226;ge r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#226;ge r&#233;el, c'est une chose que n'oublient pas les enfants. Ils aspirent tellement &#224; avoir un an de plus. Ils ressentent beaucoup de fiert&#233; &#224; grandir, &#224; rejoindre le m&#234;me &#226;ge que le copain ou la copine qui a eu un an de plus un peu avant eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de quand commence-t-on &#224; remplacer le mot &#171; grandir &#187; par le mot &#171; vieillir &#187; ? On ne l'&#233;nonce pas forc&#233;ment comme tel. Pourtant il y a un moment o&#249; le mot commence &#224; s'infiltrer peu &#224; peu tout au fond de soi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Souvent, mon miroir me r&#233;fl&#233;chit une image horrible qui ne correspond absolument pas &#224; la mani&#232;re dont je me sens. Je ne reconnais pas cette femme trop grosse, au teint terne et au cou rid&#233;. Bah ! Tant que je ne me sens pas vieille, je balaye all&#232;grement le miroir et les pens&#233;es parasites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vers 20 ans environ que l'on arr&#234;te de &#171; grandir &#187;, dans le sens o&#249; on a atteint sa taille adulte d&#233;finitive. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus tard vient le moment o&#249; on commence &#224; avoir conscience qu'il nous appartient de continuer &#224; grandir &#171; autrement &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tant que l'on est dans une disposition d'ouverture proche de celle de l'enfant, curieux d'&#233;largir ses connaissances, on ne se sent pas vieillir. Quelque chose continue &#224; &#171; grandir &#187; en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res sensations de &#171; vieillir &#187; ne tiennent g&#233;n&#233;ralement pas &#224; l'&#226;ge mais &#224; des circonstances douloureuses qui p&#232;sent certains jours ou certaines p&#233;riodes de la vie : une vilaine grippe, un deuil, une s&#233;paration, une op&#233;ration chirurgicale un peu lourde, un &#233;tat d'esprit triste ou maussade difficile &#224; surmonter. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;preuve pass&#233;e, on retrouve son allant et, rassur&#233;, on a l'impression de se retrouver &#224; nouveau comme avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a les passages &#224; la dizaine sup&#233;rieure. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour moi, comme pour d'autres, ces passages sont des &#233;tapes qui font conscientiser davantage le temps qui passe. Ce sont des dates v&#233;cues au pr&#233;sent qui mettent en tension un pass&#233; qui s'allonge et un avenir qui raccourcit. Je crois que cela ne laisse personne indiff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens de mes 20 ans gr&#226;ce &#224; la soir&#233;e dansante organis&#233;e par mes parents. Je me souviens de mes 50 ans parce que mes enfants m'avaient organis&#233; une f&#234;te surprise avec tous mes amis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai aucun souvenir de mes 30ans, 40 ans ni 60 ans. Sans doute aucune f&#234;te un peu diff&#233;rente des autres n'est venue ponctuer ces anniversaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, quand Bernard et les enfants m'ont demand&#233; comment je souhaitais passer cette nouvelle dizaine, ma premi&#232;re pens&#233;e a &#233;t&#233; de me dire : Oh la la, non, piti&#233; ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon premier mouvement a &#233;t&#233; de vouloir me r&#233;fugier dans un trou, ou de me cacher sous la couette la t&#234;te sous l'oreiller. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout au plus vais-je f&#234;ter cet anniversaire comme les pr&#233;c&#233;dents, sans chichis, &#224; petites doses r&#233;p&#233;t&#233;es. Quelques lunchs en t&#234;te-&#224;-t&#234;te avec des amies choisies, une bouteille p&#233;tillante avec mon petit groupe d'&#233;criture, un bon repas en famille couronn&#233; d'un incontournable g&#226;teau au chocolat.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aime bien les rituels, m&#234;me si cela contribue &#224; fondre chaque anniversaire dans une sorte de r&#233;p&#233;titions du m&#234;me qui ne permet plus de les distinguer les uns des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, ma nature a repris le dessus. Quel que soit l'&#226;ge sur ma carte d'identit&#233;, il y a toujours en moi un enfant qui aime trop faire la f&#234;te, surtout en organiser, parfois avoir la surprise d'en &#234;tre le centre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors oui, j'avais envie de marquer le coup. Comment ? Peu m'importait, juste besoin de faire quelque chose qui sorte de l'ordinaire, pour que cela reste grav&#233; dans ma m&#233;moire comme un souvenir particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisqu'on &#233;tait au Portugal pour la cueillette des agrumes, autant faire un petit aller et retour &#224; Lisbonne pour y retrouver mon fils et sa compagne portugaise. &lt;br class='autobr' /&gt;
Premi&#232;re fois de ma vie que je f&#234;te mon anniversaire &#224; Lisbonne ! Voil&#224; d&#233;j&#224; un bon point en faveur de l'extra-ordinaire !&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#244;tel oblig&#233; pour la nuit, donc autant en choisir un avec thalasso, circuit &#224; bulles et hammam. Mmmm ! Le massage aux pierres chaudes, une exp&#233;rience divine, et donc m&#233;morable. A recommencer d&#232;s que possible !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile ensuite de retrouver ma pr&#233;sence d'esprit pour accueillir une partie de la famille dans un bon restaurant du bord de mer.&lt;br class='autobr' /&gt;
La surprise arrive sous la forme d'un gros ballon d'enfant avec les chiffres &#171; 7 &#187; et &#171; 0 &#187; en rose brillant sur fond noir, entour&#233;s de pastilles grises et mauves. Je ne passe pas inaper&#231;ue dans le restaurant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux chiffres fatidiques se retrouvent en bougies dor&#233;es sur le g&#226;teau chocolat. J'ai droit aux chants de circonstance, d'abord en fran&#231;ais puis en portugais. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je joue le jeu jusqu'au bout. Le c&#244;t&#233; &#171; kitch &#187; de toute cette mise en sc&#232;ne m'appara&#238;t plut&#244;t comique et pas aussi aga&#231;ant que j'aurais pu l'imaginer. Preuve que je suis malgr&#233; tout dans une disposition positive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s&#251;r, je m'en souviendrais de mes 70 ans et ce n'est pas pour me d&#233;plaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis arriv&#233;e &#224; un &#226;ge o&#249; il me semble important de me fabriquer quelques nouveaux bons souvenirs. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a peut toujours servir !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>No&#235;l de mon enfance (Lena)</title>
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		<dc:subject>F&#234;tes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Durant ma petite enfance &#224; Li&#232;ge, dans les ann&#233;es 50, No&#235;l &#233;tait exclusivement une f&#234;te religieuse. J'avais l'impression que la cr&#232;che &#233;tait l'&#233;l&#233;ment central, m&#234;me si le grand sapin, en arri&#232;re-plan, &#233;tait tr&#232;s imposant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 24 d&#233;cembre, on soupait de fa&#231;on tr&#232;s frugale avant 18 heures. A l'&#233;poque, six heures de je&#251;ne &#233;taient exig&#233;es par l'Eglise afin de pouvoir communier &#224; la Messe de Minuit. Je ne me rappelle plus de quelle mani&#232;re nous occupions cette longue soir&#233;e avant de prendre le chemin de l'&#233;glise vers (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Durant ma petite enfance &#224; Li&#232;ge, dans les ann&#233;es 50, No&#235;l &#233;tait exclusivement une f&#234;te religieuse. J'avais l'impression que la cr&#232;che &#233;tait l'&#233;l&#233;ment central, m&#234;me si le grand sapin, en arri&#232;re-plan, &#233;tait tr&#232;s imposant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 d&#233;cembre, on soupait de fa&#231;on tr&#232;s frugale avant 18 heures. &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'&#233;poque, six heures de je&#251;ne &#233;taient exig&#233;es par l'Eglise afin de pouvoir communier &#224; la Messe de Minuit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne me rappelle plus de quelle mani&#232;re nous occupions cette longue soir&#233;e avant de prendre le chemin de l'&#233;glise vers 23heures30.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens seulement d'un sentiment d'ennui qui se prolongeait pendant la trop longue messe au cours de laquelle je m'endormais quasiment contre le manteau de fourrure de ma m&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais pourtant sous le charme de l'ambiance g&#233;n&#233;r&#233;e par la chorale et les chants de No&#235;l.&lt;br class='autobr' /&gt;
A minuit, tandis qu'un soliste entonnait l'&#233;mouvant &#171; Minuit Chr&#233;tien &#187;, un enfant en aube blanche avec de belles ailes d'ange remontait &#224; petits pas l'all&#233;e centrale de l'&#233;glise en portant avec pr&#233;caution l'Enfant J&#233;sus et le d&#233;posait au centre d'une cr&#232;che qui me fascinait tant les personnages, grandeur nature, me paraissaient r&#233;els.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieusement, arriv&#233;s &#224; la maison au retour de la messe, le petit J&#233;sus &#233;tait install&#233; au centre de notre cr&#232;che et un &#171; cougnou &#187;, avec un petit J&#233;sus en sucre rose, &#233;tait pos&#233; &#224; c&#244;t&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me demandais bien par quel miracle l'un et l'autre &#233;taient arriv&#233;s l&#224; pendant notre absence &#224; l'&#233;glise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour No&#235;l, il n'y avait donc aucun &#233;change de cadeaux comme aujourd'hui. Et P&#232;re No&#235;l &#233;tait un personnage inexistant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seul le sapin avec ses vraies bougies et ses boules multicolores apportait un peu de f&#233;erie &#224; cette f&#234;te par ailleurs assez aust&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les enfants, je prenais plaisir &#224; accrocher les boules, en veillant &#224; mettre en &#233;vidence mes pr&#233;f&#233;r&#233;es. En effet, j'aimais particuli&#232;rement les boules en forme de sujets, un P&#232;re No&#235;l, une maison, un bonhomme de neige, un chat, un oiseau,&#8230; et, dans ma na&#239;ve contemplation d'enfant, je me racontais de fabuleuses histoires imaginaires o&#249; je mettais en sc&#232;ne ces petits sujets de verre color&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En grandissant, j'ai apport&#233; ma contribution &#224; la d&#233;coration du sapin et de la salle de s&#233;jour : j'adorais confectionner de mes petites mains des guirlandes de papier, des couronnes avec les branchages de sapin et mille autres petits bricolages.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce plaisir est toujours d'actualit&#233;, plus de 60 ans plus tard !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, au fil des ann&#233;es, bien des choses ont commenc&#233; &#224; changer, progressivement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec le Concile Vatican II, les r&#232;gles religieuses se sont assouplies. Le je&#251;ne de 6 heures n'&#233;tait plus obligatoire avant de communier, la messe de No&#235;l n'avait plus lieu &#224; minuit mais en d&#233;but de soir&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes parents ont fait la connaissance de nouveaux amis avec qui ils d&#233;couvraient des plaisirs gustatifs inconnus. Les hu&#238;tres, le foie gras et le gibier sont alors apparus &#224; la table du 24 d&#233;cembre. La soir&#233;e devenait d&#233;sormais festive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, No&#235;l ne deviendra la grande f&#234;te de famille qu'elle est aujourd'hui qu'&#224; partir du moment o&#249; mes propres enfants quitt&#232;rent le monde de l'enfance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car, jusque-l&#224;, ce sera Saint-Nicolas qui apportera, dans sa grande hotte, les myst&#233;rieuses sensations de l'attente ainsi que les yeux qui p&#233;tillent d'&#233;merveillement &#224; la d&#233;couverte des cadeaux et des friandises.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le jour des tartes (Yvette M.)</title>
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		<dc:date>2014-01-21T09:05:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>F&#234;tes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
A chaque grande occasion, la classe servait aussi de salle &#224; manger pour nos nombreux invit&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque ann&#233;e, fin juin, avait lieu la f&#234;te du village, la kermesse. Ce dimanche-l&#224;, nous &#233;tions une bonne quinzaine &#224; table. Maman rechignait chaque ann&#233;e mais pour Papa, il n'&#233;tait pas question de renoncer &#224; la tradition. Il y eut aussi trois communions solennelles qui furent autant de grands repas familiaux dans notre &#233;cole transform&#233;e en salle de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique155' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A chaque grande occasion, la classe servait aussi de salle &#224; manger pour nos nombreux invit&#233;s.&lt;br&gt;
Chaque ann&#233;e, fin juin, avait lieu la f&#234;te du village, la kermesse. Ce dimanche-l&#224;, nous &#233;tions une bonne quinzaine &#224; table. Maman rechignait chaque ann&#233;e mais pour Papa, il n'&#233;tait pas question de renoncer &#224; la tradition. Il y eut aussi trois communions solennelles qui furent autant de grands repas familiaux dans notre &#233;cole transform&#233;e en salle de f&#234;te.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous les enfants, ces f&#234;tes &#233;taient sources de r&#233;jouissance et d'excitation. Mais je me souviens tr&#232;s bien de la tension grandissante entre Papa et Maman. La mauvaise humeur de Maman &#233;tait palpable. Heureusement, il n'y avait ni cris, ni pleurs. Maman n'a jamais pris plaisir &#224; cuisiner. C'est un domaine o&#249; elle ne sentait pas &#224; l'aise, sauf pour la p&#226;tisserie, les tartes surtout.&lt;br&gt;
Dans les ruines de l'ancienne &#233;cole il y avait des d&#233;pendances qui avaient mieux r&#233;sist&#233; au feu. Et l&#224;, il y avait un four, de l'autre c&#244;t&#233; de la grand-route. &lt;br&gt;Le vendredi de la f&#234;te, c'&#233;tait le jour des tartes. Papa &#233;tait charg&#233; d'allumer le feu dans le four et de le chauffer &#224; point pour la cuisson d'une douzaine de tartes et de deux g&#226;teaux. C'est important pour la pr&#233;paration de la p&#226;te lev&#233;e que tout soit &#224; bonne temp&#233;rature. Maman chauffait sa cuisine. Le stress, ajout&#233; &#224; la chaleur ambiante, rendait son teint rouge coquelicot. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais fascin&#233;e de la voir p&#233;trir, &#233;tendre les p&#226;tons &#224; l'aide d'une bouteille enfarin&#233;e, dorer les bords, graisser les &#171; pelles &#187; &#224; tartes (platines) &#224; l'aide d'un morceau de lard, garnir le tout. Il y avait des tartes au sucre, aux prunes, aux groseilles &#224; maquereau, aux pommes, aux myrtilles parfois.&lt;br&gt;
Pour aligner les groseilles, les prunes, les pommes, nos petits doigts faisaient merveille. Je me souviens aussi des tartes &#224; couvercle et d'autres au pudding (cr&#232;me p&#226;tissi&#232;re). Le moment venu, on transportait le tout vers le four et l&#224;, c'&#233;tait Papa qui officiait &#224; l'aide d'outils longuement emmanch&#233;s : nettoyer le four des cendres et tisons, enfourner les tartes et g&#226;teaux. Les tartes cuites, il fallait les d&#233;mouler tr&#232;s vite en les faisant glisser sur une &#171; volette &#187; (claie). Alors, Maman levait chaque tarte &#224; bout de bras pour en v&#233;rifier la cuisson : trop cuite parfois, pas assez ou juste &#224; point. Le four n'&#233;tait pas toujours un alli&#233; fid&#232;le. Le thermostat, ce sera pour plus tard. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'entends encore Maman pester contre les &#171; pelles &#187; trop vieilles et pas assez plates, contre le four trop chaud ou pas assez, contre Papa trop press&#233;, contre tante Ghislaine qui avait l'avantage de passer en second lieu.&lt;br&gt;
Plus tard, dans la nouvelle &#233;cole, Maman a continu&#233; &#224; faire des tartes. Dans le four de sa cuisini&#232;re, elle ma&#238;trisait mieux le processus. Ces tartes &#233;taient toujours un vrai d&#233;lice.&lt;br&gt;
C'est avec &#233;motion et nostalgie que je me rappelle tous ces moments.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres fois, au nouvel an par exemple, elle nous faisait des &#171; volettes &#187; enti&#232;res de galettes &#224; la p&#226;te lev&#233;e. Une recette h&#233;rit&#233;e de sa m&#232;re. Ma s&#339;ur a repris la tradition de ces galettes rustiques et d&#233;licates &#224; la fois, car difficiles &#224; bien r&#233;ussir.&lt;br&gt;
Si on les tartine d'un peu de beurre et &#233;ventuellement de miel, c'est un r&#233;gal. Bien s&#251;r, elles sont li&#233;es &#224; mon enfance et je ne suis pas certaine que vous les aimeriez autant que je les aime.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore un souvenir de tartes : nous sommes alors des ados et vivons dans la nouvelle &#233;cole. &lt;br&gt;
Maman a rang&#233; ses belles tartes &#224; la cave.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mauvais plaisant, &#171; Est-ce toi Maguy ? Ou toi Suzy ? &#187;, a fa&#231;onn&#233; des petites boulettes de p&#226;te brunie &#224; la cassonade et les a sem&#233;es sur les tartes. &lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; &#171; Les souris sont pass&#233;es sur mes tartes ! Que faire Victor ? &#187;&lt;br&gt;
Ni vu ni connu, Papa enl&#232;ve d&#233;licatement tout &#231;a, et Maman pr&#233;sente ses tartes &#224; table, un peu d&#233;go&#251;t&#233;e tout de m&#234;me. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les invit&#233;s se r&#233;galent. Plus tard, Maman a appris la bonne farce qu'on lui avait faite. Elle a ri de bon c&#339;ur, Papa un peu moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1005' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Saint Nicolas d'antan (Bernadette B.)</title>
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		<dc:date>2012-08-09T12:48:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>F&#234;tes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte est issu de notre recueil d'histoires v&#233;cues imprim&#233; sous forme de livre &#171; 123 j'ai vu - Des seniors d'aujourd'hui racontent leur enfance d'hier &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les souvenirs les plus grandioses de mon enfance (je parle des ann&#233;es 50) sont les f&#234;tes de Saint-Nicolas. Je dis bien &#171; LES &#187; f&#234;tes, car il s'agissait de toute une s&#233;rie de festivit&#233;s, non pas commerciales comme aujourd'hui, mais plut&#244;t intimistes et familiales, tr&#232;s excitantes. La pression montait jusqu'au 6 d&#233;cembre et je crois bien qu'&#224; ce petit jeu (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L99xH150/arton921-ce3fa.jpg?1776712217' width='99' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article530' class='spip_in'&gt;Ce texte est issu de notre recueil d'histoires v&#233;cues imprim&#233; sous forme de livre &#171; 123 j'ai vu - Des seniors d'aujourd'hui racontent leur enfance d'hier &#187;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les souvenirs les plus grandioses de mon enfance (je parle des ann&#233;es 50) sont les f&#234;tes de Saint-Nicolas. Je dis bien &#171; LES &#187; f&#234;tes, car il s'agissait de toute une s&#233;rie de festivit&#233;s, non pas commerciales comme aujourd'hui, mais plut&#244;t intimistes et familiales, tr&#232;s excitantes. La pression montait jusqu'au 6 d&#233;cembre et je crois bien qu'&#224; ce petit jeu les parents s'amusaient autant que les enfants !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la mi-novembre, on commen&#231;ait &#224; se pr&#233;parer, &#224; s'efforcer d'&#234;tre sage pour que le grand Saint vienne, la nuit, d&#233;poser une friandise dans les pantoufles align&#233;es devant la chemin&#233;e. Si nous ne l'avions pas m&#233;rit&#233;, c'&#233;tait &#224; son terrible adjoint, P&#232;re Fouettard, de nous sanctionner. Je me souviens ainsi d'avoir d&#233;couvert au lever, &#224; la place de la douceur convoit&#233;e, une vulgaire baguette baignant dans un verre de vinaigre, ce qui me laissa fort mortifi&#233;e. Mais ce qui me sid&#233;ra fut de voir Maman, ignorant que je l'observais, se saisir du verre et en reverser le contenu dans sa bouteille de vinaigre : j'en restai fort perplexe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les longues soir&#233;es d'automne se passaient &#224; chanter les ritournelles d'usage pour implorer la venue du grand Saint, tout en faisant des rondes endiabl&#233;es autour de Maman et parfois, le jeudi, autour de tante Jeanne. Toutes deux faisaient mine d'&#234;tre tr&#232;s occup&#233;es &#224; leurs travaux d'aiguilles mais stimulaient l'ardeur de nos invocations jusqu'au moment miraculeux o&#249; un d&#233;ferlement de noix, noisettes, bonbons, friandises nous tombait dessus. Tante Jeanne nous certifiait avoir vu une main gant&#233;e de blanc sortir de la chemin&#233;e ; elle en rajoutait m&#234;me, jurant ses grands dieux qu'elle avait vu s'enfuir la queue fourchue de P&#232;re Fouettard. Inutile de dire que notre &#233;motion &#233;tait grande !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un moment fort &#233;tait aussi celui de la r&#233;daction de la lettre &#224; Saint-Nicolas. Elle devait &#234;tre d&#233;pos&#233;e au pied de la chemin&#233;e la veille du 6 d&#233;cembre, dernier d&#233;lai ! On y apportait grand soin : les a&#238;n&#233;es, qui savaient d&#233;j&#224; &#233;crire, la r&#233;digeaient pour elles-m&#234;mes, puis pour les petits qui n'en &#233;taient pas encore &#224; ce stade mais avaient &#224; c&#339;ur d'apporter leur touche personnelle en dessinant le cadeau convoit&#233; afin d'&#233;viter toute m&#233;prise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et enfin, le grand jour arrivait. M&#234;me si nous bouillions d'impatience d&#232;s le petit matin, il fallait attendre que tout le monde soit debout et, au signal, on s'alignait derri&#232;re Papa, la plus jeune lui collant &#224; l'arri&#232;re-train, suivie des plus grands par rang d'&#226;ge, pour terminer par Maman. Papa prenait un malin plaisir &#224; parcourir ainsi toute la maison : il passait la t&#234;te dans une pi&#232;ce et lan&#231;ait de tonitruants &#171; OH ! &#187; de surprise qui nous faisaient bondir et pousser par l'arri&#232;re&#8230; Bien entendu, la pi&#232;ce se r&#233;v&#233;lait banale, sans la moindre trace de cadeaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux fois, trois fois le sc&#233;nario se r&#233;p&#233;tait, en fonction des pi&#232;ces de la maison susceptibles d'avoir &#233;t&#233; choisies par le grand saint. Evidemment, c'&#233;tait la toute derni&#232;re du circuit qui &#233;tait la bonne. La curiosit&#233; avait &#233;t&#233; port&#233;e &#224; son paroxysme, si bien que le spectacle des cadeaux, jeux et friandises qui s'offrait &#224; nos yeux nous laissait &#233;merveill&#233;s. Le nombre et la vari&#233;t&#233; des couleurs y &#233;taient sans doute pour beaucoup, certainement plus que la valeur des cadeaux qui, &#224; l'&#233;poque, n'atteignaient pas les budgets d'aujourd'hui : c'&#233;tait un livre, un album &#224; colorier, un jeu de soci&#233;t&#233;, une bo&#238;te de couleurs, un plumier garni, une poup&#233;e&#8230; Tout faisait notre ravissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos premiers livres de Tintin furent ainsi des cadeaux de Saint-Nicolas : Monique re&#231;ut &#171; Le Lotus bleu &#187;, &#224; Ghislaine &#233;chut &#171; Le sceptre d'Ottokar &#187;, quant &#224; moi, c'est &#171; Tintin au Congo &#187; qui fit mon bonheur. J'&#233;tais encore loin d'imaginer &#224; l'&#233;poque &#224; quel point c'&#233;tait pour moi un clin d'&#339;il pr&#233;monitoire, puisqu'apr&#232;s mon mariage, j'eus la chance d'aller vivre en Afrique. Papa et Maman nous regardaient pousser des Oh ! et des Ah ! d'&#233;merveillement. Ils &#233;taient heureux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dimanche qui suivait, c'&#233;tait au tour de tante Jeanne d'apporter tout ce que le patron des enfants lui avait confi&#233; &#224; notre intention. Son filleul, L&#233;on, l'amenait en voiture : c'&#233;tait bien n&#233;cessaire, vu le nombre impressionnant de colis qui remplissaient le coffre et l'habitacle de la Fiat 500. Il e&#251;t &#233;t&#233; impossible pour elle de prendre le tram pour venir chez nous ce jour-l&#224;. A peine un petit bonjour, et hop !, ils disparaissaient tous deux au salon. Nous &#233;tions consign&#233;s dans la salle &#224; manger. La curiosit&#233; &#233;tait &#224; son comble et nous tentions, malgr&#233; tout, de regarder par la vitre de la porte donnant sur l'enfilade de la &#171; belle salle-&#224;-manger &#187; et du salon, mais Maman ou Papa montaient bonne garde. Enfin, tante Jeanne, flanqu&#233;e de L&#233;on, venait donner le feu vert !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai gard&#233; longtemps, jusqu'&#224; mon mariage je crois, la superbe poup&#233;e en biscuit qui ouvrait et fermait les yeux comme une coquette qu'elle &#233;tait, rev&#234;tue d'une robe f&#233;erique en tulle bleu et rose, la t&#234;te coiff&#233;e d'une capeline de teinte identique. Elle allait m&#234;me, supr&#234;me raffinement pour l'&#233;poque, jusqu'&#224; crier &#171; Maman &#187; quand on la ber&#231;ait d'avant en arri&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, last but not least, c'&#233;tait au tour de mon parrain L&#233;on de nous convier chez lui aux r&#233;jouissances de la Saint-Nicolas. Outre l'assiette de friandises bien garnie, chacun avait droit &#224; un livre appropri&#233; &#224; son &#226;ge, et le fait d'&#234;tre sa filleule renfor&#231;ait &#224; mes yeux la valeur de mon cadeau. A l'heure actuelle, certains des livres re&#231;us de mon parrain figurent toujours en bonne place dans ma biblioth&#232;que et je lui en garde une reconnaissance attendrie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Jouets et jeux interdits (Annie B.)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>F&#234;tes</dc:subject>
		<dc:subject>Loisirs, jeux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte est issu de notre recueil d'histoires v&#233;cues imprim&#233; sous forme de livre &#171; 123 j'ai vu - Des seniors d'aujourd'hui racontent leur enfance d'hier &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; Mon p&#232;re, conscient de sa sant&#233; pr&#233;caire et des temps difficiles qui s'annon&#231;aient depuis son mariage en 1937, et de fa&#231;on encore plus pr&#233;occupante de la mont&#233;e du nazisme, voulait absolument assurer l'ind&#233;pendance &#233;conomique de son &#233;pouse. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que jeune couple, ils louaient, chauss&#233;e d'Alsemberg &#224; Uccle, dans la partie commer&#231;ante de la rue, un petit (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;F&#234;tes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot174" rel="tag"&gt;Loisirs, jeux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L99xH150/arton918-d69e3.jpg?1776712217' width='99' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article530' class='spip_in'&gt;Ce texte est issu de notre recueil d'histoires v&#233;cues imprim&#233; sous forme de livre &#171; 123 j'ai vu - Des seniors d'aujourd'hui racontent leur enfance d'hier &#187;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon p&#232;re, conscient de sa sant&#233; pr&#233;caire et des temps difficiles qui s'annon&#231;aient depuis son mariage en 1937, et de fa&#231;on encore plus pr&#233;occupante de la mont&#233;e du nazisme, voulait absolument assurer l'ind&#233;pendance &#233;conomique de son &#233;pouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que jeune couple, ils louaient, chauss&#233;e d'Alsemberg &#224; Uccle, dans la partie commer&#231;ante de la rue, un petit appartement au-dessus d'un coiffeur, mon p&#232;re, expert-comptable de formation et de profession, envisageait l'achat d'une maison &#224; double usage : habitation et commerce, de mani&#232;re &#224; ce que son &#233;pouse puisse se livrer &#224; domicile &#224; des occupations commerciales dans le textile, domaine dans lequel elle avait d&#233;j&#224; travaill&#233; pendant plus de 11 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma conception, non d&#233;sir&#233;e d'apr&#232;s ma m&#232;re, parce que mon p&#232;re n'aimait pas les enfants, se fit en d&#233;but de guerre 1940-1945. Si mes calculs sont exacts, en me basant sur ma date de naissance, elle dut avoir lieu dans un frisson glac&#233; fin octobre 1941. Lorsque j'eus 18 mois, mes parents quitt&#232;rent le coiffeur pour occuper une maison avec un rez-de-chauss&#233;e commercial dans lequel furent am&#233;nag&#233;es deux pi&#232;ces &#224; l'avant pour une activit&#233; commerciale et deux pi&#232;ces &#224; l'arri&#232;re comme salle &#224; manger et cuisine. C'est l&#224; que je passai mon enfance et ma pr&#233;-adolescence et que je me livrai aux jeux habituels des enfants de cet &#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commerce, ouvert en 1944, permettait &#224; ma m&#232;re de r&#233;int&#233;grer le circuit du travail et ce, de fa&#231;on ind&#233;pendante, et d'&#233;couler les productions textiles de son ancien patron, avec qui elle avait des relations privil&#233;gi&#233;es. Dans ce magasin, malgr&#233; les difficult&#233;s d'approvisionnement en temps de guerre, les femmes pouvaient acqu&#233;rir des denr&#233;es rares et co&#251;teuses comme des bas de soie, des combinaisons en satin, et des dessous de bonne facture. D'autre part, un d&#233;partement b&#233;b&#233; &#8211; enfants offrait des chaussons, des camisoles et des barboteuses assez mignonnes, bien que ch&#232;res. Et c'est pour ce commerce que je fus priv&#233;e des jouets de ma tendre enfance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A chaque f&#234;te, Saint-Nicolas, No&#235;l, Nouvel An, mes grands-parents paternels m'offraient un jouet de qualit&#233;. Le premier, un d&#233;licat b&#233;b&#233; en porcelaine, dont la taille &#233;tait pareille &#224; la mienne, avait de bons gros yeux qui bougeaient dans leurs orbites et qui me donnaient l'impression de me regarder intens&#233;ment. H&#233;las &#171; mon b&#233;b&#233; &#187; me fut rapidement confisqu&#233; par ma m&#232;re qui estimait que ce cadeau &#233;tait beaucoup trop cher pour une enfant, que de plus il &#233;tait fragile et que j'allais &#224; coup s&#251;r le laisser tomber et le casser. C'est ainsi que &#171; mon b&#233;b&#233; &#187; fut mis en vitrine. Il servait de mannequin, habill&#233; des chaussons, camisoles et barboteuses, qui ensuite, lorsque le soleil avait quelque peu terni leur couleur, m'&#233;taient g&#233;n&#233;reusement attribu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me jouet qui entra fugacement dans ma vie fut une poup&#233;e, &#233;galement en porcelaine et tout aussi impressionnante par la taille que l'&#233;tait mon b&#233;b&#233;. Elle avait des cheveux blonds et une coiffure de Demoiselle, avec des boucles et un toupet, &#224; l'image des coiffures des &#233;l&#233;gantes de l'&#233;poque. Elle &#233;tait tr&#232;s bien habill&#233;e et chauss&#233;e : robe en organdi bleu, travaill&#233;e de volants, de guipures et de smocks. Ses pieds &#233;taient emprisonn&#233;s dans de fines chaussettes en coton blanc et des ballerines en d&#233;licat cuir blanc. Ses grands yeux bleus, un peu tristes, me regardaient avec l'expression muette d'un adieu imminent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, aussit&#244;t la f&#234;te pass&#233;e, ma poup&#233;e me fut reprise sous les m&#234;mes pr&#233;textes que pour mon b&#233;b&#233; : jouet trop grand, trop fragile et, en plus, ridicule pour une enfant de mon &#226;ge. Elle fut replac&#233;e temporairement dans sa bo&#238;te cadeau. Mais je ne fus pas dupe de la man&#339;uvre manipulatoire. Et je revis ma poup&#233;e vivre sa vie en vitrine, habill&#233;e de v&#234;tements d'enfants, alors qu'elle &#233;tait une princesse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je compris que les jouets, ce n'&#233;tait pas pour moi. D&#232;s lors, je me r&#233;fugiai des heures dans les toilettes &#224; feuilleter les &#171; Soir Illustr&#233; &#187; install&#233;s en pile du c&#244;t&#233; gauche du cabinet. J'y passai de si longs moments que mes fesses finissaient par rester coll&#233;es &#224; la lunette du WC. Elles en sortaient toutes rouges et &#233;carlates lorsque les cinq doigts de la main frappeuse de ma m&#232;re s'y &#233;taient imprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me jouet-cadeau fut un nounours bourr&#233; de paille. Il avait une bonne t&#234;te avec ses yeux en forme de boutons de bottines. Il faisait b&#234;te de cirque clownesque v&#234;tu de son habit &#224; carreaux, sa cravate verte et son nez rouge. Je remerciai mes grands-parents tout en sachant obscur&#233;ment que ce nounours, comme les deux jouets pr&#233;c&#233;dents, prendrait le chemin de la vitrine pour y vivre une bizarre vie de nounours expos&#233; aux regards des clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'eus &#224; ma souvenance plus de jouets comme cadeau, ma m&#232;re invoquant mon d&#233;sint&#233;r&#234;t pour le jeu. Par contre je continuai &#224; enrichir ma connaissance visuelle des g&#233;n&#233;raux russes figurant en bonne place, en noir et blanc dans les pages politiques du journal &#171; Le Soir &#187; et du &#171; Soir Illustr&#233; &#187;. Parfois, en cas de p&#233;nurie de rouleaux de papier toilette, ils finissaient leur brillante carri&#232;re de mani&#232;re peu glorieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;v&#233;nement heureux s'introduisit dans mes journ&#233;es peu ludiques, je fis la connaissance d'une petite fille de deux ans mon a&#238;n&#233;e, dont la m&#232;re &#233;tait une cliente assidue du magasin de lingerie fine que ma m&#232;re tenait de main de &#171; ma&#238;tresse &#187;. Elle s'appelait Henriette. Elle &#233;tait dot&#233;e d'un caract&#232;re jouette malgr&#233; ses six ans. J'avais sans doute une frimousse sympathique et je fus prise en amiti&#233; par sa m&#232;re qui convint avec la mienne que les apr&#232;s-midi du jeudi ou du samedi, Henriette aurait l'autorisation de venir jouer &#224; ma maison, dans le jardin, lorsque le temps le permettait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel plaisir ! Henriette avait une imagination cr&#233;atrice d&#233;bordante. Avec un rien elle organisait un jeu passionnant. Elle apportait le mat&#233;riel, vieux rideaux, caisse &#224; oranges, objets d&#233;glingu&#233;s d&#233;laiss&#233;s, et en faisait des merveilles : d&#233;guisements de princesse, grottes artificielles, &#8230; Nous nous entendions comme larrons en foire. Nous &#233;tions silencieuses et discr&#232;tes mais nous nous amusions beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je fus invit&#233;e chez Henriette pour y passer les apr&#232;s-midi pluvieux dans sa grande maison de ma&#238;tre, avenue Brugmann. La maman d'Henriette &#233;tait accueillante et me proposait toutes sortes de bonnes choses comme du chocolat, de la glace, des g&#226;teaux, des bonbons que je d&#233;clinais poliment en r&#233;pondant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Merci beaucoup, Madame, mais je n'aime pas trop les chocolats. Et puis c'est mauvais pour les dents, cela donne des caries !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais une petite fille mod&#232;le, ce qui fut dit &#224; ma m&#232;re en guise de f&#233;licitations. J'&#233;tais tellement propre, bien habill&#233;e, sage et disciplin&#233;e. Je ne maculais jamais mes v&#234;tements de taches, je ne faisais pas de faux plis dans mes habits et en plus je ne co&#251;tais pas cher en sucreries et autres friandises. Un beau jour, Henriette ne vint plus. Ma m&#232;re m'intima l'interdiction absolue de la revoir en d&#233;clarant s&#232;chement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Henriette n'est pas une bonne fr&#233;quentation pour toi. Elle est menteuse et ressemble &#224; son p&#232;re qui est joueur et coureur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que cela signifiait ? Je ne comprenais rien mais j'en conclus dans ma t&#234;te d'enfant que tant les jouets que les jeux m'&#233;taient interdits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps plus tard, lorsque j'&#233;tais une adulte, je compris que ma m&#232;re, commer&#231;ante dans l'&#226;me, avait privil&#233;gi&#233;, en invoquant de mauvaises raisons, la vitrine du magasin &#224; mes jeux enfantins. Quant &#224; mon amie Henriette, il est vrai que son p&#232;re avait fait fondre le patrimoine de sa famille, quitte &#224; la plonger dans la ruine, en jouant de mani&#232;re compulsive, mais &#233;tait-ce suffisant pour me priver des jeux innocents avec Henriette ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La f&#234;te des voisins (L&#233;na)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article880</link>
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		<dc:date>2012-05-21T10:51:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>F&#234;tes</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une petite recherche Internet m'informe qu'&#224; l'origine, cette f&#234;te est n&#233;e en 1999, de fa&#231;on tr&#232;s locale, au 17&#176; Arrondissement de Paris sous le nom &#171; Le Paris d'Amis &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'ann&#233;e en ann&#233;e, cette initiative s'est r&#233;pandue progressivement &#224; travers la France et a m&#234;me d&#233;pass&#233; les fronti&#232;res de son pays d'origine. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai commenc&#233; &#224; pr&#234;ter attention &#224; ce concept lorsqu'en 2005, le centre social dans lequel je travaillais a d&#233;cid&#233; d'organiser une &#171; Journ&#233;e des Voisins &#187; et d'installer un stand d'information sur le trottoir, (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH143/arton880-51143.jpg?1776880597' width='150' height='143' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une petite recherche Internet m'informe qu'&#224; l'origine, cette f&#234;te est n&#233;e en 1999, de fa&#231;on tr&#232;s locale, au 17&#176; Arrondissement de Paris sous le nom &#171; Le Paris d'Amis &#187;.&lt;br&gt;
D'ann&#233;e en ann&#233;e, cette initiative s'est r&#233;pandue progressivement &#224; travers la France et a m&#234;me d&#233;pass&#233; les fronti&#232;res de son pays d'origine.&lt;br&gt;
J'ai commenc&#233; &#224; pr&#234;ter attention &#224; ce concept lorsqu'en 2005, le centre social dans lequel je travaillais a d&#233;cid&#233; d'organiser une &#171; Journ&#233;e des Voisins &#187; et d'installer un stand d'information sur le trottoir, interpellant passants et badauds sur nos activit&#233;s tout en leur offrant du jus de fruits et quelques douceurs &#224; grignoter.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a 6 ans, nous avons d&#233;m&#233;nag&#233; dans un immeuble &#224; appartements faisant partie d'un complexe de plusieurs b&#226;timents r&#233;cemment construits. &lt;br&gt;
A l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale des co-propri&#233;taires, la moindre d&#233;cision prend souvent des allures de pugilat qui font s'arracher les cheveux du syndic et des pr&#233;sidents des Conseils de G&#233;rance, dont mon mari.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'organiser une F&#234;te des Voisins me d&#233;mangeait depuis un bon moment car plus le temps passait, plus il m'apparaissait essentiel d'imaginer un autre type de rassemblement, une activit&#233;-plaisir en commun pour calmer les esprits trop souvent &#233;chauff&#233;s par les tr&#232;s d&#233;licates questions de poubelles, d'utilisation des barbecues ou de nettoyage des communs.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout voisin &#224; qui je partageais mon projet m'affirmait que cela ne marcherait jamais dans le climat conflictuel du moment, attis&#233;, faut-il le dire, par quelques sp&#233;cialistes (toujours les m&#234;mes) du coupage de cheveux en quatre dans le sens de l'&#233;paisseur.&lt;br&gt;
Pour un peu, on me consid&#233;rait comme une gentille illumin&#233;e !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je peux &#234;tre t&#234;tue et j'ai d&#233;cid&#233; de tenter quand m&#234;me ma chance.&lt;br&gt;
J'ai profit&#233; d'une de ces fameuses (fumeuses !) Assembl&#233;es G&#233;n&#233;rales en mars 2010 pour lancer ma bouteille &#224; la mer. Le message allait-il atteindre quelques rives hospitali&#232;res ? &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais oui ! Contre tous les pr&#233;jug&#233;s des oiseaux de mauvais augure, plusieurs personnes se sont tout de suite propos&#233;es pour m'aider dans mon entreprise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Battant le fer tant qu'il &#233;tait chaud, j'ai aussit&#244;t fait un appel aux volontaires pour constituer un &#171; Comit&#233; Organisateur &#187;, ce qui veut dire que j'ai gliss&#233; 89 papiers dans les 89 bo&#238;tes aux lettres des 89 appartements.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai re&#231;u la r&#233;ponse favorable de huit couples et j'ai mis rapidement sur pied des r&#233;unions afin que nous d&#233;cidions ensemble de la meilleure formule &#224; adopter et que nous organisions la r&#233;partition des t&#226;ches entre nous. &lt;br&gt;
En effet, si j'&#233;tais pr&#234;te &#224; jouer le chef d'orchestre, il me paraissait &#233;vident que je ne pouvais pas assumer toutes les partitions toute seule.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; devait commencer au sein du &#171; Comit&#233; &#187;, mais que de coups de fils pour soutenir la motivation de tous, pour m'assurer de leur pr&#233;sence et de leur engagement !&lt;br&gt;
Les membres du Comit&#233; Organisateur avaient pour t&#226;che principale de rep&#233;rer dans leur immeuble les personnes solitaires, tr&#232;s &#226;g&#233;es ou qui se d&#233;placent difficilement afin de les motiver et &#233;ventuellement d'aller les chercher.&lt;br&gt;
Un voisin bien introduit &#224; la Commune s'est charg&#233; d'obtenir des tentes, tr&#233;teaux et chaises.&lt;br&gt;
Pour les quelques frais engag&#233;s, un compte bancaire pour association de fait fut ouvert. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour dit, la chance nous a souri : la m&#233;t&#233;o a ensoleill&#233; l'apr&#232;s-midi et rassembl&#233; sur l'espace central entre les immeubles une bonne dizaine de grands costauds pour le montage des tentes ainsi que quelques &#233;pouses d&#233;sireuses d'apporter les touches de couleur et les d&#233;tails originaux &#224; la d&#233;coration de l'ensemble.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 16 heures, un homme dans la trentaine m'a demand&#233; si je voulais un ch&#226;teau gonflable pour les enfants. Trop occup&#233;e dans ma vie pour r&#233;aliser qu'il y a dans ce complexe des familles avec de jeunes enfants, je n'avais rien pr&#233;vu pour eux. C'&#233;tait offert gracieusement par des amis de ce jeune homme et j'ai donc accept&#233; cette offre inattendue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce moment-l&#224; que j'ai senti que la partie &#233;tait gagn&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Autour de moi, tout le monde se mobilisait : les tr&#233;teaux se d&#233;coraient de montages floraux inattendus, de grosses lanternes avec des bougies ponctuaient les angles de la place, d'autres s'occupaient de fermer le passage &#224; la circulation.&lt;br&gt;
Dans un immeuble, la personne responsable du Comit&#233; Organisateur a m&#234;me oblig&#233; une vieille dame seule &#224; se rhabiller car elle &#233;tait d&#233;j&#224; en pyjama &#224; 7 heures du soir !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s d'une centaine de voisins ont apport&#233; leur bonne humeur et leur enthousiasme en m&#234;me temps qu'ils ont d&#233;pos&#233; des boissons et accompagnements de leur choix pour faire de cette soir&#233;e un exceptionnel moment de rencontre et de convivialit&#233;.&lt;br&gt;
Mon fr&#232;re avait pr&#233;par&#233; des &#233;tiquettes de couleurs diff&#233;rentes pour chaque immeuble : chacun y inscrivait son nom et pouvait ainsi reconna&#238;tre ses voisins les plus proches.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 22 heures, tous ceux qui &#233;taient encore pr&#233;sents ont pr&#234;t&#233; main forte au d&#233;montage du buffet mais, quelques restes de vin aidant, plusieurs petits groupes se sont joyeusement attard&#233;s au-del&#224; de minuit.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; &#171; L&#233;na, tu nous remets &#231;a l'ann&#233;e prochaine ? &#187;, me demandait-on.&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; &#171; Mais oui, bien s&#251;r ! A la seule condition que vous soyez tous l&#224; pour m'aider &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Faire la f&#234;te (Lena)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article879</link>
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		<dc:date>2012-03-01T13:43:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Bonheur</dc:subject>
		<dc:subject>F&#234;tes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a peu de temps, j'ai pris conscience du plaisir tout particulier que me procure l'organisation de f&#234;tes en tant que moment de rencontre avec ceux qui me sont chers.&lt;br&lt; Intimes ou largement ouvertes, modestes ou exceptionnelles, celles-ci se sont &#233;gren&#233;es tout au long de ma vie sans que j'ai vraiment r&#233;alis&#233; &#224; quel point ma cr&#233;ativit&#233; avait trouv&#233; &#224; s'exprimer de cette mani&#232;re sp&#233;cifique. &lt;br class='autobr' /&gt; D&#232;s qu'une id&#233;e a germ&#233;, tout s'anime et se met &#224; p&#233;tiller en moi. Rien ne m'est plus excitant que (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;F&#234;tes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a peu de temps, j'ai pris conscience du plaisir tout particulier que me procure l'organisation de f&#234;tes en tant que moment de rencontre avec ceux qui me sont chers.&lt;br&lt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Intimes ou largement ouvertes, modestes ou exceptionnelles, celles-ci se sont &#233;gren&#233;es tout au long de ma vie sans que j'ai vraiment r&#233;alis&#233; &#224; quel point ma cr&#233;ativit&#233; avait trouv&#233; &#224; s'exprimer de cette mani&#232;re sp&#233;cifique.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s qu'une id&#233;e a germ&#233;, tout s'anime et se met &#224; p&#233;tiller en moi. Rien ne m'est plus excitant que d'organiser un petit week-end de retrouvailles, de concocter un simple repas sain et savoureux ou de peaufiner tous les d&#233;tails d'une grande f&#234;te.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A titre d'exemple, la premi&#232;re fois que j'ai eu l'id&#233;e de r&#233;unir la famille en m&#234;me temps que tous nos amis, c'&#233;tait il y a 20 ans, en mai 1991, pour nos 20 ans de mariage.&lt;br&gt;
Mon mari et moi avions eu, quelques ann&#233;es plus t&#244;t, une grave crise de couple et nous nous &#233;tions s&#233;par&#233;s pendant 1 an environ.&lt;br&gt;
D&#233;cider de revivre ensemble nous avait oblig&#233;s &#224; quelques r&#233;am&#233;nagements fondamentaux dans notre vie de couple. Retrouver la confiance r&#233;ciproque n'a pas &#233;t&#233; facile.&lt;br&gt;
Aussi, ce 20&#176; anniversaire de notre mariage &#233;tait-il une occasion de dire &#224; tout notre entourage que nous avions pris un nouveau d&#233;part.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous invitions une cinquantaine de personnes dans le living de notre maison bel-&#233;tage, tout en longueur mais relativement &#233;troit.&lt;br&gt;
Je pr&#233;voyais un buffet froid, chacun mangerait sur ses genoux et nos trois enfants, tout de blanc et noir v&#234;tus, assureraient le service afin que nous soyons disponibles &#224; nos invit&#233;s.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment cr&#233;er de la convivialit&#233; dans un espace si peu propice pour autant de convives ? &lt;br&gt;
Comment favoriser des liens entre des personnes qui ne se connaissaient pas, entre des fr&#232;res/s&#339;urs/ beaux-fr&#232;res/belles-s&#339;urs et des couples d'amis d'&#226;ges et d'horizons si diff&#233;rents et si vari&#233;s ?&lt;br&gt;
Cette difficult&#233; &#233;tait importante et c'&#233;tait ma plus grande pr&#233;occupation.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieusement, alors que nous n'avons aucun don artistique, j'ai r&#233;alis&#233; que la plupart de nos invit&#233;s, eux, &#233;taient des artistes, soit professionnellement, soit en hobby.&lt;br&gt;
Nous avons mis la soir&#233;e sous le signe de l'art et demand&#233; &#224; chacun (individuellement ou en groupe) de participer activement &#224; l'animation de la soir&#233;e en apportant le fruit de leur art pr&#233;f&#233;r&#233; et en le pr&#233;sentant &#224; tous.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que Louis, qui est peintre, a croqu&#233; notre portrait en direct tandis que Th&#233;r&#232;se, professeur d'art dramatique nous a racont&#233; quelques truculentes histoires de Pietje Scramoule. &lt;br&gt;
Friede a confectionn&#233; un patchwork avec des coupons et des chutes de tissus que je lui avais donn&#233;es apr&#232;s la mort de ma m&#232;re. &lt;br&gt;
Anne-Marie nous a offert une de ses poteries et mon fr&#232;re qui fr&#233;quente assidument une Ecole des Arts nous a apport&#233; un dessin &#224; l'encre de Chine.&lt;br&gt;
Thierry, professeur de fran&#231;ais, nous a lu une nouvelle de sa composition et Loulou a ex&#233;cut&#233; devant nous un montage floral selon les r&#232;gles de l'Ikebana japonais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les peintures d'Annette et de Jean-Paul ornent encore notre appartement actuel.&lt;br&gt;
Notre beau-fr&#232;re boulanger p&#226;tissier a confectionn&#233; un g&#226;teau &#224; plusieurs &#233;tages avec un petit couple de mari&#233;s en sucre au-dessus.&lt;br&gt;
Nos amis vietnamiens ont chant&#233; leur hymne national tandis que Jean-Pierre, photographe, a immortalis&#233; la soir&#233;e par un splendide reportage photo.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel bonheur de d&#233;couvrir ainsi les talents de chacun et de recevoir ce qui &#233;tait chaque fois un cadeau exceptionnel et tellement personnel pour nous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais surtout je crois que nous avons cr&#233;&#233; la surprise en suscitant l'int&#233;r&#234;t de nos invit&#233;s entre eux : &#233;couter tous ces artistes en herbe, regarder ces tr&#233;sors cach&#233;s, mettre chacun de leur art en &#233;vidence, donner &#224; tous l'envie de se parler et d'en savoir plus sur leur passion r&#233;ciproque. &lt;br&gt;
Je suis persuad&#233;e que l'atmosph&#232;re g&#233;n&#233;r&#233;e par cette animation a contribu&#233; au succ&#232;s de cette m&#233;morable soir&#233;e qui s'est termin&#233;e dans la bonne humeur g&#233;n&#233;rale tr&#232;s tard dans la nuit.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le temps qui passe, je ressens encore davantage la n&#233;cessit&#233; de marquer les diff&#233;rentes &#233;tapes de la vie, de cr&#233;er l'&#233;v&#233;nement autour des dates anniversaires, par exemple.&lt;br&gt;
Je choisis quelques occasions sp&#233;cifiques pour rassembler mes enfants et beaux-enfants &#233;parpill&#233;s &#224; l'&#233;tranger et en faire un temps fort que l'on partage tous ensemble.&lt;br&gt;
J'ai aussi besoin de cr&#233;er des liens avec mes nouveaux voisins ou plus simplement de faire d'un repas avec mes amis un moment-plaisir privil&#233;gi&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les plus beaux No&#235;l de ma vie (Clodomir)</title>
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		<dc:date>2012-03-01T13:41:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>F&#234;tes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mes plus beaux souvenirs, ce sont les nuits de No&#235;l : m&#234;me quand on n'y habitait plus, on se r&#233;unissait chez Pr&#233;gardien vers 9 heures du soir. Ensuite, on partait tous ensemble &#224; la messe de minuit. A cette &#233;poque, il fallait &#234;tre &#224; jeun pour pouvoir communier ; on n'oubliait pas, au moment de partir, de d&#233;poser sur l'appui de fen&#234;tre, &#224; l'ext&#233;rieur, du pain et une cruche d'eau. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand on revenait de la messe, on mangeait un morceau de ce pain et on buvait un verre de cette eau qui &#233;taient suppos&#233;s avoir (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;F&#234;tes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mes plus beaux souvenirs, ce sont les nuits de No&#235;l : m&#234;me quand on n'y habitait plus, on se r&#233;unissait chez Pr&#233;gardien vers 9 heures du soir. Ensuite, on partait tous ensemble &#224; la messe de minuit. A cette &#233;poque, il fallait &#234;tre &#224; jeun pour pouvoir communier ; on n'oubliait pas, au moment de partir, de d&#233;poser sur l'appui de fen&#234;tre, &#224; l'ext&#233;rieur, du pain et une cruche d'eau.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on revenait de la messe, on mangeait un morceau de ce pain et on buvait un verre de cette eau qui &#233;taient suppos&#233;s avoir &#233;t&#233; b&#233;nits par un ange, &#224; minuit ; ensuite, on mangeait des bouquettes tous ensemble. Mon p&#232;re, qui &#233;tait policier, sortait dans la cour tirer quelques coups de feu en l'air, c'&#233;tait la coutume &#224; l'&#233;poque. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne me souviens pas de repas pantagru&#233;lique et interminable , comme c'est souvent le cas actuellement.&lt;br&gt;
Ensuite,&#8230; il n'y a rien &#224; raconter : ce sont les plus beaux No&#235;l de ma vie ; j'en ai toujours la nostalgie et je n'ai jamais retrouv&#233; cette atmosph&#232;re. &lt;br&gt;
C'est pourquoi No&#235;l me para&#238;t toujours un peu triste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>No&#235;l 1943 (Jeannine K.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article870</link>
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		<dc:date>2011-12-20T10:45:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>F&#234;tes</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;No&#235;l 1943. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai six ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma grand-m&#232;re habite un sous-sol assez vaste o&#249; je passe des heures, derri&#232;re la fen&#234;tre, prot&#233;g&#233;e par un grossier fer forg&#233;, &#224; guetter le passage de personnes dont je ne vois souvent que les jambes. Mais la guerre a chang&#233; bien des habitudes car d&#232;s la tomb&#233;e du jour, cette distraction s'arr&#234;te : l'occultation des fen&#234;tres est obligatoire. Un savant camouflage interdit tout passage de lumi&#232;re vers l'ext&#233;rieur. Les r&#233;verb&#232;res sont peints en bleu. Mon p&#232;re m'assure qu'un jour je (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot191" rel="tag"&gt;Guerre 40-45&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;No&#235;l 1943.&lt;br&gt;
J'ai six ans.&lt;br&gt;
Ma grand-m&#232;re habite un sous-sol assez vaste o&#249; je passe des heures, derri&#232;re la fen&#234;tre, prot&#233;g&#233;e par un grossier fer forg&#233;, &#224; guetter le passage de personnes dont je ne vois souvent que les jambes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la guerre a chang&#233; bien des habitudes car d&#232;s la tomb&#233;e du jour, cette distraction s'arr&#234;te : l'occultation des fen&#234;tres est obligatoire. Un savant camouflage interdit tout passage de lumi&#232;re vers l'ext&#233;rieur. Les r&#233;verb&#232;res sont peints en bleu. Mon p&#232;re m'assure qu'un jour je verrai toute la ville illumin&#233;e mais pour le moment d&#233;fense absolue de soulever les rideaux ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Et voil&#224; que la Wehrmacht instaure le couvre-feu. Interdiction de circuler de nuit dans les rues de Bruxelles.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant c'est No&#235;l ! Qu'&#224; cela ne tienne, nous nous r&#233;unirons tous dans la cuisine de cave : parents, enfants, oncles et tantes, cousins cousines, amis proches. C'est ma grand-m&#232;re qui r&#233;gale. &lt;br&gt;
Les timbres de ravitaillement sont calcul&#233;s au plus juste et quelques achats au march&#233; noir permettront de faire presque un festin. De gros blocs de glace sont concass&#233;s pour la conservation des aliments, en particulier la cr&#232;me glac&#233;e que j'adore. C'est tr&#232;s amusant de la d&#233;guster &#224; l'aide de petites cuill&#232;res carr&#233;es, qui font parties des tr&#233;sors de ma grand-m&#232;re. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui m'int&#233;resse par-dessus tout, c'est ce grand sapin vert qui r&#233;pand son odeur singuli&#232;re d'&#233;pic&#233;a et qui dissimule tr&#232;s mal une s&#233;rie de petits paquets. &lt;br&gt;
&lt;i&gt;&#034;Pas toucher, les enfants, ce sont des surprises !&#034;&lt;/i&gt; &lt;br&gt;
Le sapin, nous l'avons garni de jolies boules en verre souffl&#233; particuli&#232;rement fragiles. Il faut les manipuler en douceur et si l'une ou l'autre chute sur le sol carrel&#233; c'est la catastrophe assur&#233;e. Le c&#339;ur gros, il faut alors ramasser les d&#233;bris en &#233;vitant de se blesser. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommet de l'arbre est h&#233;riss&#233; de l'&#233;toile de Bethl&#233;em en papier d'argent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les grandes personnes placent avec pr&#233;cision les petites pinces en fer qui soutiendront les bougies. Elles seront allum&#233;es en derni&#232;re minute et feront danser leurs flammes devant nos yeux &#233;merveill&#233;s.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un coin, la cr&#232;che en carton p&#226;te de couleur gris vert abrite des personnages en pl&#226;tre : Marie, Joseph dont les pieds cass&#233;s ont &#233;t&#233; tant bien que mal reconstitu&#233;s, les Rois Mages, le berger et trois petits moutons. Quelques morceaux d'ouate &#233;voquent la neige. Nous installerons, vers minuit, le minuscule Petit J&#233;sus dans son auge garnie de paille. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci fascine les enfants qui sont tent&#233;s de manipuler les petits personnages.&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&#034;Non les enfants, ne jouez pas avec la Vierge Marie, voyez ce qui est arriv&#233; aux pieds de Saint Joseph !&lt;/i&gt;&#034; &lt;br&gt;
Le sacril&#232;ge n'est pas loin. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bloqu&#233;s jusqu'&#224; l'aube par la volont&#233; des occupants, r&#233;solus &#224; oublier un peu les revers de la guerre, les convives font la f&#234;te. Les enfants d&#233;couvrent enfin les petits cadeaux emball&#233;s dans un banal papier brun : massepain, caramels et biscuits fait maison !&lt;br&gt;
Les adultes re&#231;oivent savon, chicor&#233;e et un peu de caf&#233; vert qu'il faudra griller plus tard &#224; l'aide d'un cylindre &#224; manivelle ! &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plaisanteries, blagues et boniments, le d&#233;ballage des cadeaux, le r&#233;cit des prouesses quotidiennes pour d&#233;jouer la vigilance contraignante de l'occupant, la d&#233;brouillardise, les p&#233;rip&#233;ties cocasses dues &#224; la pratique du syst&#232;me D, r&#233;pandent forc&#233;ment la bonne humeur. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les petits finiront la nuit tous r&#233;unis dans le grand lit en acajou de grand-m&#232;re non sans avoir d'abord dans&#233; et saut&#233; au risque de d&#233;foncer les ressorts du lit matrimonial. Les enfants s'endorment enfin, des images plein la t&#234;te. Le souvenir de ce No&#235;l tr&#232;s particulier ne s'effacera jamais. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne les r&#233;veillera cette nuit l&#224;, pas m&#234;me les chansons et pots pourris traditionnels entonn&#233;s en ch&#339;ur par les convives qui attendent l'aube pour r&#233;int&#233;grer leur domicile. Car dans ma famille tout finit toujours par des chansons !&lt;br&gt;
Heureusement ceci ce n'est pas interdit par les Allemands !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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