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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>Mon entr&#233;e &#224; l'arm&#233;e avec les premi&#232;res femmes militaires, le 2 juin 1975 (Nadia R.)</title>
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		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Texte &#233;crit dans le cadre de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1975, j'&#233;tais prof de gym dans les &#233;coles primaires de la Ville de Bruxelles, et je n'aimais pas &#231;a du tout. Je voulais quitter l'enseignement, je ne m'y plaisais pas et de surcro&#238;t je ne m'y voyais pas rester pendant toute ma carri&#232;re. Je voulais quitter. Mais pour faire quoi ? &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est alors que l'arm&#233;e a ouvert ses portes aux femmes. C'est sur le conseil d'un ami ex-capitaine de la Force terrestre, revenu &#224; la vie civile dans son job (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot148" rel="tag"&gt;Femme, f&#233;minisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Texte &#233;crit dans le cadre de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1975, j'&#233;tais prof de gym dans les &#233;coles primaires de la Ville de Bruxelles, et je n'aimais pas &#231;a du tout. Je voulais quitter l'enseignement, je ne m'y plaisais pas et de surcro&#238;t je ne m'y voyais pas rester pendant toute ma carri&#232;re. Je voulais quitter. Mais pour faire quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que l'arm&#233;e a ouvert ses portes aux femmes. C'est sur le conseil d'un ami ex-capitaine de la Force terrestre, revenu &#224; la vie civile dans son job d'instituteur, que j'ai saut&#233; sur l'occasion. Aux vacances de P&#226;ques, je donnais purement et simplement ma d&#233;mission. L'Inspecteur &#233;tait fort ennuy&#233;, il n'avait personne pour me remplacer, mais ma d&#233;cision &#233;tait prise, pour rien au monde je ne changerais d'avis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon r&#234;ve &#233;tait alors d'int&#233;grer la gendarmerie dans la cavalerie. J'ai pris rendez-vous avec le bureau de renseignements &#171; Gendarmerie &#187; pour tenter d'y entrer. Mais ce n'&#233;tait pas &#224; l'ordre du jour. La gendarmerie attendait de voir comment &#231;a allait se passer dans les autres Forces arm&#233;es avant de s'engager sur la m&#234;me voie. De plus, jamais les femmes ne seraient cavali&#232;res. Les raisons avanc&#233;es &#233;taient que la cavalerie &#233;tait surtout engag&#233;e dans les manifestations, ce qui &#233;tait en g&#233;n&#233;ral tr&#232;s risqu&#233; et violent, donc pas pour les dames&#8230; ! D&#233;ception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon second r&#234;ve &#233;tait d'entrer &#224; la Force navale pour naviguer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis donc inscrite pour passer les tests psychotechniques au Petit Ch&#226;teau, ainsi que tous les autres examens pr&#233;vus pour entrer &#224; l'arm&#233;e. J'ai tout bien r&#233;ussi, class&#233;e bonne pour le service, je devais encore me pr&#233;senter &#224; l'interview. Les emplois r&#233;serv&#233;s aux femmes &#233;taient au nombre de 3 si je me souviens bien : dactylo, radariste, steward. J'ai imm&#233;diatement choisi steward. L'interviewer &#233;tait &#233;tonn&#233;, car mes r&#233;sultats me permettaient apparemment &#171; beaucoup mieux &#187;. Il m'a demand&#233; ce que ce job signifiait pour moi. Eh bien, ai-je r&#233;pondu, c'est pour servir &#224; table sur les bateaux. Et l&#224;, catastrophe, les femmes ne sont pas admises &#224; bord ! re-d&#233;ception. J'ai alors opt&#233; pour dactylo, du moins aurais-je d&#233;j&#224; un pied dans la place !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 juin 1975, je faisais mes premiers pas dans la cour de la caserne Luitenant de Vaisseau (luitenant-ter-zee) Victor Billiet de Bruges Sainte Croix (Brugge Sint Kruis) avec une soixantaine d'autres femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait l'effervescence, tant du c&#244;t&#233; des femmes pr&#233;sentes que du personnel du quartier. La presse aussi &#233;tait de la partie, nous &#233;tions les toutes premi&#232;res &#224; entrer &#224; l'arm&#233;e, avant les autres Forces arm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous a expliqu&#233; des tonnes de choses nouvelles dont je ne me souviens plus, on nous a group&#233;es par r&#233;gime linguistique : un peloton de francophones (FR) et un autre de n&#233;erlandophones (NL), 2 x 30 femmes d'un coup !!! Et qui allaient rester l&#224; et vivre dans la caserne&#8230; On peut imaginer ce que &#231;a a d&#251; &#234;tre comme chamboulement dans les habitudes de tous ces hommes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens &#234;tre pass&#233;e chez le coiffeur militaire le premier jour, on &#233;tait encore en civil. Ils nous ont parl&#233; de la coupe de cheveux, soit courts soit remont&#233;s en chignon ou queue de cheval, selon la tenue. Les miens &#233;taient courts, j'adorais aller chez le coiffeur, je m'y suis pr&#233;sent&#233;e avec plaisir. Ce fut vite fait, pas de shampooing, pas de chipotage, juste une coupe&#8230; et bien faite. Super !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis on nous a &#233;quip&#233;es de pied en cap, et avec tout notre barda on est all&#233;es dans nos chambres. Et l&#224; alors c'est la cerise sur le g&#226;teau : ils ont vir&#233; les officiers de leurs chambres pour y mettre les femmes, femmes qui &#224; ce stade n'&#233;taient encore que des matelots autrement dit des soldats ! Ils n'ont pas d&#251; aimer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce b&#226;timent se trouvait &#224; l'ext&#233;rieur de la caserne, &#224; 10m, mais hors des murs. Une maison entour&#233;e d'herbe, avec un &#233;tage. Nous avions chacune notre chambre ! Je pense que les sanitaires &#233;taient communs. Les hommes qui, comme nous, entraient pour suivre leur instruction primaire, eux dormaient &#224; 20 par dortoir et bien entendu &#224; l'int&#233;rieur de la caserne. J'imagine &#224; peine la t&#234;te des Officiers qu'on a chass&#233;s pour nous&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'&#233;poque, on ne s'en souciait pas du tout, la chose n'avait aucune importance pour nous, nous avions une chambre, c'est tout ce qui comptait. Nos coll&#232;gues masculins arriv&#233;s en m&#234;me temps que nous, nous ont jalous&#233;es, et avec raison. Nous avons plaid&#233; pour que le m&#234;me r&#233;gime soit appliqu&#233; aux hommes, et non l'inverse. Sans succ&#232;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e-l&#224;, l'&#233;t&#233; a &#233;t&#233; magnifique, et quelques-unes ont pris des bains de soleil en bikini dans le &#171; jardin &#187; autour de &#171; notre maison &#187;. On a vite &#233;t&#233; rappel&#233;es &#224; l'ordre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de temps apr&#232;s notre arriv&#233;e, une situation interm&#233;diaire a &#233;t&#233; mise en place. Un b&#226;timent a &#233;t&#233; construit dans l'enceinte de la caserne et r&#233;serv&#233; exclusivement aux femmes. Des chambr&#233;es d'une dizaine de matelotes, pas davantage. Des installations sanitaires communes. Chaque matin, c'&#233;tait corv&#233;e d'entretien. Un tour de r&#244;le &#233;tait d&#233;fini, et nous voil&#224; avec seau et torchon &#224; briquer notre bloc. S'ensuit l'inspection par le Commandant de Compagnie accompagn&#233; du chef des Sous-Officiers de la Cie. On a appris &#224; nettoyer jusque dans les coins et sous les lits !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; d&#233;sign&#233;e &#171; chef de promotion &#187; pour les francophones et Claire pour les n&#233;erlandophones. Nous avions chacune un dipl&#244;me de r&#233;gente, elle en &#171; art m&#233;nager &#187;, moi en &#171; &#233;ducation physique et biologie &#187;. On n'a pas eu de grade pour autant, non, pas si vite, mais un brassard bleu. Nous sommes devenues &#171; instructeurs &#187; pour les nouveaux pelotons de femmes. Mais rapidement, leur nombre a diminu&#233; et elles ont &#233;t&#233; incluses dans les pelotons masculins devenus mixtes du coup. Au bout d'un certain temps, il n'y eut plus aucune femme, les tests physiques d'entr&#233;e &#233;taient devenus trop durs pour elles. Claire et moi avons continu&#233; &#224; donner cours aux pelotons de &#171; premi&#232;re instruction &#187;, quelle qu'ait &#233;t&#233; leur composition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il y avait une question particuli&#232;re, voire un probl&#232;me, nous &#233;tions appel&#233;es aupr&#232;s du Commandant de Compagnie pour r&#233;gler la question. C'est ainsi qu'on s'est retrouv&#233;es toutes les 2 devant un Officier tr&#232;s g&#234;n&#233;, il ne savait comment aborder ce qui le pr&#233;occupait. Il voulait savoir s'il nous fallait des poubelles sp&#233;ciales dans les toilettes pour les protections hygi&#233;niques ! Il a tourn&#233; autour du pot, Claire et moi on n'osait pas se regarder pour ne pas &#233;clater de rire. La question suivante a &#233;t&#233; : &#171; Pr&#233;f&#233;rez-vous recevoir vos sous-v&#234;tements par la cha&#238;ne militaire ou plut&#244;t une prime mensuelle ? &#187;. On imaginait d&#233;j&#224; des soutiens et des slips pens&#233;s par les militaires masculins (ou leurs &#233;pouses ?), &#224; l'instar des cale&#231;ons dits &#171; toboggan o&#249; rien ne pend, tout descend &#187; ainsi qu'on l'a appris plus tard ! Nous avons choisi de commun accord et sans nous concerter, la prime mensuelle. Je ne sais plus &#224; combien elle s'&#233;levait, mais dans mon souvenir c'&#233;tait beaucoup, d'autant plus qu'elle &#233;tait mensuelle. Comme si chaque mois il nous fallait de nouvelles culottes, de nouveaux soutiens&#8230; Je n'ai pas &#233;t&#233; la seule &#224; m'acheter de jolies chemises de nuit. Et bien entendu il fallait rentrer une facture, on s'arrangeait avec la commer&#231;ante pour que &#231;a passe&#8230; &#199;a a march&#233; un petit temps, mais ils ont vite arr&#234;t&#233; cette mensualit&#233;, elle est peut-&#234;tre devenue annuelle ? Je ne sais plus, mais on n'a pas pour autant re&#231;u de sous-v&#234;tements militaires, ouf !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces hommes nous consid&#233;raient comme on consid&#233;rait les femmes &#224; l'&#233;poque (1975) c'est-&#224;-dire comme des petites choses fragiles, toutes fabriqu&#233;es selon le m&#234;me mod&#232;le&#8230; mais nous &#233;tions en pleine p&#233;riode hippie, les choses avaient chang&#233;, et visiblement la plupart d'entre eux n'avaient pas bien suivi le mouvement ! Bon c'est vrai que l'arm&#233;e est plut&#244;t conservatrice&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre chef de peloton &#233;tait le chef Denis. Un gentil, et amusant, et parfait dans son r&#244;le. Tous les Sous-officiers &#224; la Force navale (FN) quel que soit le grade sont appel&#233;s &#171; Chef &#187;, c'est facile, pas moyen de se tromper ! Et notre instruction a commenc&#233;, identique &#224; celle des gar&#231;ons. Pour &#231;a, pas de probl&#232;me. Mais comme nous &#233;tions les premi&#232;res, la presse d&#233;barquait souvent ainsi que d'autres autorit&#233;s. On nous interviewait, on nous emmenait partout dans la ville, en &#171; tenue de sortie &#187; bien s&#251;r. Et cet uniforme de la FN (la Marine maintenant) est tr&#232;s flatteur. Chemisier blanc, avec un lis&#233;r&#233; bleu marine sur le bord du col, une lavalli&#232;re bleu marine, avec une petite ancre dor&#233;e au milieu, tailleur veste cintr&#233;e/jupe droite bleu marine, collant (beurk pour moi et quelques autres) et souliers talon noir + une sacoche noire (tr&#232;s moche). Le couvre-chef blanc avec un bord bleu marine et l'&#233;cusson de la FN sur le devant. Tr&#232;s joli aussi. Puis il y a eu un probl&#232;me avec le fabricant de chapeaux et pendant plusieurs mois, ann&#233;es peut-&#234;tre, on a port&#233; le b&#233;ret de marin. Puis le couvre-chef des damars (pour dame de la marine) est revenu, c'est celui qu'elles portent encore aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip-content&#034;&gt;&lt;strong&gt;Publi&#233; le 21-07-2019 &#224; 07h00 dans l'Avenir : En 1975, pour la premi&#232;re fois, des femmes soldats &#224; la F&#234;te nationale. &lt;/strong&gt; &lt;br class='manualbr'&gt;
&lt;br class='manualbr'&gt;
&lt;p&gt;Ce 21 juillet, comme chaque ann&#233;e &#224; l'occasion de la F&#234;te nationale, aura lieu le traditionnel d&#233;fil&#233; militaire. En 1975, pour la premi&#232;re fois, les femmes y &#233;taient, elles aussi, enfin, convi&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1975, pour la premi&#232;re fois, la F&#234;te nationale et son traditionnel d&#233;fil&#233; militaire accueillent des femmes. Elles viennent d'int&#233;grer les forces de la D&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une v&#233;ritable &#233;volution soci&#233;tale qui aura mis du temps &#224; voir le jour. Par la d&#233;cision du ministre de la D&#233;fense d'alors, Paul Van den Boeynants. On est alors le 5 mai 1975 quand il autorise le recrutement des femmes dans l'arm&#233;e. Mais elles seront toutefois cantonn&#233;es aux t&#226;ches administratives dans un premier temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles rejoignent d'abord la marine puis la force terrestre et a&#233;rienne et enfin le service m&#233;dical. Ce n'est qu'en 1977, deux ans plus tard, que les femmes pourront acc&#233;der au rang de sous-officier. Mais d&#233;j&#224; en 1976, un an apr&#232;s l'appel, les candidates se pressent et ce sont plus de mille femmes qui ont rejoint les rangs.})&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce premier 21 juillet 1975, les femmes militaires ont d&#233;fil&#233; avec fiert&#233;. En &#171; tenue de sortie &#187; (couvre-chef, tailleur jupe, souliers &#224; talons, sacoche et gants noirs pour toutes, blancs pour la Force navale). Pour cette grande premi&#232;re, les d&#233;tachements (60 militaires) de femmes militaires avaient &#233;t&#233; rassembl&#233;s en une colonne, tout en restant par Force. Je ne sais plus si j'en ai fait partie. Dans ce d&#233;tachement, la plus grande qui formait le coin avant droit &#233;tait Patricia (une NL). Elle avait pour mission principale de garder le cap, notamment lorsqu'on passait devant le Roi, car toutes les autres devaient faire &#171; t&#234;te &#224; droite &#187; sauf elle. C'est pr&#233;vu ainsi pour tous les d&#233;tachements. Marcher au pas sur les gros pav&#233;s de la place des Palais en souliers &#224; talons en nylon&#8230; est arriv&#233; ce qui devait arriver : une chute en plein devant la tribune royale ! Pas moi, et pas &#224; la Force navale&#8230; Par la suite, il y a eu des am&#233;nagements : des bottes au Service m&#233;dical o&#249; je suis pass&#233;e plus tard, puis finalement en tenue de terrain pantalon/bottines. Il a fallu beaucoup d'ann&#233;es pour que &#231;a change, mais on y est arriv&#233;es. Ne restent que les &#233;l&#232;ves femmes de l'&#201;cole Royale militaire (ERM) qui portent encore la jupe pour d&#233;filer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai ensuite toujours fait partie des d&#233;fil&#233;s du 21 juillet, et lorsque je suis devenue Offr au Service m&#233;dical de l'Arm&#233;e, j'ai command&#233; des d&#233;tachements de femmes toutes Forces confondues, puis d&#233;tachements mixtes du Service m&#233;dical, puis j'ai &#233;t&#233; porteuse &#233;tendard pendant plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux moments marquants dans cette derni&#232;re t&#226;che :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Le premier a &#233;t&#233; de commander le d&#233;tachement des porte-drapeaux et &#233;tendards de toutes les Forces arm&#233;es. Un grand moment, car je cumulais les &#171; tares &#187;, &#224; savoir, &#234;tre une femme et du Service m&#233;dical, devant tous les autres qui &#233;taient hommes de Forces bien plus prestigieuses (pensaient-ils).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le second a &#233;t&#233; de participer aux fun&#233;railles du Roi Baudouin le 7 ao&#251;t 1993 en tant que porte-&#233;tendard du Service m&#233;dical. Place des Palais, un monde fou se presse derri&#232;re les barri&#232;res, l'&#233;motion est tangible. Les militaires prennent place selon un sch&#233;ma pr&#233;cis, les porte-&#233;tendards et porte-drapeaux de chacune des 4 Forces s'alignent le long du cercueil au garde-&#224;-vous. La Braban&#231;onne retentit et nos drapeaux/&#233;tendard sont mis en berne (ils sont abaiss&#233;s vers le cercueil). J'ai eu beaucoup de mal &#224; retenir mes larmes, mon &#233;motion. L'air vibrait de toute cette &#233;nergie, cette solidarit&#233; autour du Roi d&#233;funt. Surtout ne pas l&#226;cher mon &#233;tendard&#8230; ! Quelle exp&#233;rience ! Ensuite, toute la famille royale est sortie du Palais, Fabiola, toute de blanc v&#234;tue, un autre moment fort. Puis le catafalque est parti en direction de la Cath&#233;drale Sainte Gudule et Michel accompagn&#233; d'une foule compacte tout le long du parcours. Terriblement &#233;mouvant, cet &#233;lan populaire&#8230;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br class='manualbr'&gt;
&lt;p&gt;Voici donc un petit aper&#231;u de mes d&#233;buts dans les Forces arm&#233;es belges. Ce fut une exp&#233;rience &#224; nulle autre pareille. Je n'ai jamais regrett&#233; d'avoir quitt&#233; le civil et l'&#233;cole, mais au final j'ai continu&#233; &#224; donner cours pendant toute ma carri&#232;re ! On ne se refait pas !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Bernadette : un parcours d'&#233;mancipation </title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1564</link>
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		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Religion, valeurs et &#233;thique</dc:subject>
		<dc:subject>Deuils, mort</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2024-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
Enfance &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233;e en 1946 dans la commune de Huy o&#249; je suis rest&#233;e jusqu'&#224; mon mariage. Je suis la 10e d'une famille de 11 enfants. De l'a&#238;n&#233; au plus jeune, il y a quasiment une g&#233;n&#233;ration. Dans ma famille, il y avait une s&#233;rie de r&#232;gles tacites, mais qui &#233;taient respect&#233;es, par exemple, les places &#224; table. Les plus petits du c&#244;t&#233; de maman et les plus grands du c&#244;t&#233; de papa. Je trouvais que ce n'&#233;tait pas facile de se faire une place dans une si grande (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot140" rel="tag"&gt;Deuils, mort&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2024-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Enfance&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Je suis n&#233;e en 1946 dans la commune de Huy o&#249; je suis rest&#233;e jusqu'&#224; mon mariage. Je suis la 10e d'une famille de 11 enfants. De l'a&#238;n&#233; au plus jeune, il y a quasiment une g&#233;n&#233;ration. Dans ma famille, il y avait une s&#233;rie de r&#232;gles tacites, mais qui &#233;taient respect&#233;es, par exemple, les places &#224; table. Les plus petits du c&#244;t&#233; de maman et les plus grands du c&#244;t&#233; de papa. Je trouvais que ce n'&#233;tait pas facile de se faire une place dans une si grande famille. Quand j'&#233;tais petite, j'ai r&#233;agi &#224; ce probl&#232;me-l&#224; en m'isolant. J'aimais bien jouer seule, parler seule, m'inventer des amis. Une des grandes caract&#233;ristiques de notre famille c'est que nous sommes tous de grands joueurs : il y a toujours eu des jeux de soci&#233;t&#233; &#224; disposition. On se rassemblait et on s'entendait tous tr&#232;s bien autour de cette activit&#233;-l&#224;. Ce plaisir du jeu a d'ailleurs &#233;t&#233; transmis aux plus jeunes g&#233;n&#233;rations. La Saint-Nicolas &#233;tait un moment tr&#232;s joyeux, 13 assiettes &#233;taient plac&#233;es pour que Saint-Nicolas les remplisse et chacun recevait un cadeau. C'&#233;tait f&#233;&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais vous raconter un &#233;v&#233;nement marquant et douloureux. &#192; mes 9 ans, j'ai perdu mon papa, soudainement, suite &#224; une congestion c&#233;r&#233;brale. &#199;a a &#233;t&#233; une rupture assez brutale. Ma petite s&#339;ur et moi-m&#234;me avons &#233;t&#233; envoy&#233;es chez des voisins lors du passage du m&#233;decin. &#192; notre retour, on nous a dit : &#171; Allez dire au revoir &#224; votre papa une derni&#232;re fois &#187;. On a d&#251; comprendre seules qu'il &#233;tait mort vu que tout avait &#233;t&#233; dit &#224; demi-mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons ensuite &#233;t&#233; confi&#233;es &#224; notre grand-m&#232;re, qui avait eu un accident vasculaire c&#233;r&#233;bral et dont une de ses filles, qui &#233;tait c&#233;libataire, s'occupait. Nous n'avons pas pu assister &#224; l'enterrement de notre papa. J'&#233;tais dans une tristesse terrible et me sentais abandonn&#233;e. Nous avons &#233;t&#233; totalement coup&#233;es de notre famille pour vivre ce moment de deuil. Apr&#232;s l'enterrement de papa, nous sommes rentr&#233;es &#224; la maison. Le lendemain, je suis all&#233;e &#224; l'&#233;cole et des copines de classe m'ont dit : &#171; nous sommes all&#233;es &#224; l'enterrement de ton papa et on ne t'a pas vue !&#034;. Avec le temps, j'ai r&#233;ussi &#224; dire que j'avais &#233;t&#233; f&#226;ch&#233;e de ne pas &#234;tre l&#224;, ce &#224; quoi on m'a r&#233;pondu que c'&#233;tait pour me prot&#233;ger ainsi que ma petite s&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Bonne-maman &#224; canne &#187;&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait la maman de ma maman. Apr&#232;s la guerre, elle avait fait un AVC et &#233;tait devenue h&#233;mipl&#233;gique du c&#244;t&#233; gauche, du coup, elle marchait avec une canne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle avait un grand sens de l'autod&#233;rision. Je me souviens que, lors d'une f&#234;te de famille avec nos cousins et cousines, nous avions fait une ronde et &#171; Bonne-maman &#224; canne &#187; s'&#233;tait mise au centre de la ronde et avait tap&#233; la mesure pendant qu'on chantait : &#171; Elle avait une jambe de bois et pour que &#231;a ne se voie pas, elle avait mis par en dessous des roulettes en caoutchouc &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle vivait avec une de ses filles qui &#233;tait c&#233;libataire. Elle avait mis au point toute une s&#233;rie d'astuces pour pouvoir faire encore des choses et se rendre utile. Elle avait un m&#233;tier &#224; tisser qu'on mettait sur la table et elle r&#233;alisait des &#233;charpes. Le dimanche, elle &#233;coutait la messe &#224; la radio et, en m&#234;me temps, elle d&#233;bitait en petits morceaux les journaux de la semaine pour avoir une r&#233;serve de papier toilette pour toute la semaine.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;&#202;tre femme&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Je pense que le f&#233;minisme a pris chez moi de la place &#224; mon insu. Quand j'&#233;tais toute petite, il y avait des diff&#233;rences faites entre filles et gar&#231;ons &#224; la maison. Nous &#233;tions 8 filles et 3 gar&#231;ons. Les filles &#233;taient appr&#233;ci&#233;es pour ce qu'elles faisaient et les gar&#231;ons pour ce qu'ils &#233;taient. Rien n'&#233;tait impos&#233; par mes parents aux gar&#231;ons, c'&#233;tait naturel, automatique. Je n'ai jamais vu mes fr&#232;res laver la vaisselle, &#233;tendre le linge, faire la lessive ou la cuisine. Avec du recul, je me rends compte que les gar&#231;ons &#233;taient comme des coqs en p&#226;te. Il a fallu que je quitte la maison pour me rendre compte de &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e o&#249; je suis sortie de l'&#233;cole secondaire, il y avait moyen de faire des &#233;tudes d'institutrice en 1 an. Ma m&#232;re &#233;tait d&#233;sireuse que je suive ce parcours, car elle avait envie de nous voir acqu&#233;rir un dipl&#244;me pour avoir une ind&#233;pendance rapidement. Moi, je voulais &#233;tudier la psychologie. J'ai d&#251; faire un compromis et j'ai &#233;tudi&#233; la logop&#233;die, car ces &#233;tudes duraient 1 an de moins. Un de mes fr&#232;res, lui, a pu commencer des &#233;tudes universitaires. Il ne les a pas termin&#233;es, il a pr&#233;f&#233;r&#233; se mettre &#224; travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai appris les choses de l'amour par la d&#233;brouille, les chansons de Georges Brassens et par la lecture de livres et magazines. Une de mes s&#339;urs m'a expliqu&#233; ce qu'&#233;taient les menstruations, avec beaucoup de pudeur et une volont&#233; de garder notre intimit&#233;. Malgr&#233; la grande famille dans laquelle je vivais, je n'ai pas &#233;t&#233; beaucoup aid&#233;e dans mes questionnements. Je crois que la proximit&#233; permanente entre fr&#232;res et s&#339;urs impliquait &#233;galement une certaine distance pour se prot&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque, fille et gar&#231;ons &#233;tudiaient dans des &#233;coles s&#233;par&#233;es. De plus nous &#233;tions s&#233;par&#233;s par la Meuse et chacun sur une rive diff&#233;rente. Le moyen de nous rencontrer entre filles et gar&#231;ons, c'&#233;taient les activit&#233;s religieuses et les mouvements de jeunesse, des lieux o&#249; il y avait des bases communes de valeurs partag&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s mon mariage, j'ai particip&#233; avec mon conjoint &#224; des r&#233;unions de pr&#233;paration au mariage, en tant qu'animatrice, avec 3 autres couples. Lors d'une de ces r&#233;unions, un des pr&#233;parateurs qui &#233;tait psychologue a dit aux femmes pr&#233;sentes : &#171; Soyez femmes ! &#187;. L&#224;, je me suis dit : &#171; Qu'est-ce que je dois faire ? Qu'est-ce qu'il veut dire par l&#224; ? &#187;. &#192; un moment donn&#233;, j'ai vu sa femme, qui &#233;tait la fille d'un bijoutier tr&#232;s en vue dans la ville. Elle &#233;tait comme un sapin de No&#235;l : elle &#233;tait tr&#232;s appr&#234;t&#233;e, elle avait des boucles d'oreille, des bagues, une montre en or et &#233;tait permanent&#233;e. Sur le moment, je me suis dit : &#171; Ah voil&#224;, c'est &#231;a &#234;tre femme ! &#187;. Et c'est longtemps apr&#232;s, en y repensant, que je me suis dit : &#171; C'est incroyable, car &#224; ce moment-l&#224;, j'&#233;tais enceinte de 8 mois, alors si on ne voyait pas que j'&#233;tais une femme !!! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon mari s'est retrouv&#233; dans une situation plus au moins similaire. Il &#233;tait l'ain&#233; de 6 enfants et &#233;tait format&#233; pour &#234;tre responsable. Il a eu aussi besoin de prendre de la distance. Apr&#232;s notre mariage, nous avons mis une distance de 60 km entre nous et nos familles. Nous avons essay&#233; de ne pas &#233;duquer nos enfants de la m&#234;me fa&#231;on que nous avions &#233;t&#233; &#233;duqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce en quoi je crois&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Je suis n&#233;e dans une famille catholique. Je me souviens des rituels. Par exemple, le matin, mon p&#232;re faisait une croix &#224; l'arri&#232;re du pain pour le b&#233;nir. On faisait un signe de croix avant de manger. Dans chaque chambre, il y avait un petit b&#233;nitier et, chaque fois qu'on entrait dans la pi&#232;ce, on faisait le signe de croix. Ce que j'ai retenu de la religion ? C'est un code de conduite. Mais je n'ai jamais vraiment senti la foi. Je n'ai pas vraiment r&#233;ussi &#224; rentrer dedans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allions parfois &#224; la confession le samedi apr&#232;s-midi - j'en garde un souvenir de honte - et &#224; la messe tous les dimanches. Apr&#232;s celle-ci, on d&#233;jeunait avec des petits pains et du boudin blanc. Je suis all&#233;e &#224; l'&#233;cole catholique. On faisait la pri&#232;re tous les matins. On avait cours de religion tous les jours. Et les points valaient autant que les autres mati&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En me mariant, j'ai pris mes distances par rapport &#224; cela, mais j'ai gard&#233; le souci d'une vie spirituelle. Par exemple, &#224; travers des m&#233;ditations ou par l'&#233;coute d'&#233;missions religieuses &#224; la radio. Les valeurs sociales qui m'animent sont la justice, la fiabilit&#233;, l'engagement, la confiance, le respect de l'autre. Ce sont des valeurs transmises par la religion catholique et je les transmets &#224; mon tour. Je suis contente, car mes enfants ne sont pas tomb&#233;s dans le consum&#233;risme, le mat&#233;rialisme. Une phrase importante pour moi, c'est &#171; Trouve ton &#233;toile et suis-la ! &#187;. Mon &#233;toile &#224; moi, c'est une force vive toujours pr&#233;sente, un d&#233;sir de grandir. Je crois &#224; quelque chose qui nous d&#233;passe et qui justifie que l'on soit l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Les changements dont je suis t&#233;moin&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; con&#231;ue &#224; la fin de la guerre 45. Notre institutrice nous appelait &#171; les enfants de la guerre &#187;, elle nous trouvait turbulents. J'ai grandi dans une famille catholique conformiste, il y avait beaucoup de non-dit, de tabous : sur les ath&#233;es, sur les autres religions. Cela ne m'aidait pas &#224; grandir en confiance ni &#224; d&#233;velopper ma curiosit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis enfin n&#233;e au monde quand j'ai commenc&#233; mes &#233;tudes sup&#233;rieures &#224; Bruxelles. La fin des ann&#233;es 60 m'a ouverte &#224; l'art, la politique, le f&#233;minisme. C'&#233;tait l'&#233;poque des premiers pas sur la lune, des d&#233;buts de l'&#233;cologie, de Maurice B&#233;jart, du &#171; Walen buiten &#187;, de la pilule et, plus tard, de la d&#233;p&#233;nalisation de l'avortement. Je me suis mari&#233;e en surfant sur cette vague pleine de libert&#233;, de projets, d'envie de cr&#233;er un autre monde : par exemple, en r&#234;vant d'une autre &#233;cole pour nos enfants. Une nouvelle litt&#233;rature jeunesse se d&#233;veloppait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On cherche &#224; se r&#233;aliser avec ces nouvelles valeurs, mais des catastrophes nous secouent et nous obligent &#224; ajuster nos r&#234;ves. L'ind&#233;pendance du Congo, en 1960, nous a fait ouvrir les yeux sur les m&#233;faits de la colonisation : avant celle-ci, nous admirions les coloniaux de notre famille. L'accident de Tchernobyl, en 86, a amen&#233; la pollution &#224; notre porte. Heureusement, la chute du mur de Berlin a apport&#233; une belle respiration en 1989. L'affaire Dutroux, en 1996, a questionn&#233; nos attitudes de parents, nous a culpabilis&#233;s : nous devions mieux prot&#233;ger nos enfants, mais, en fait, nous les avons emprisonn&#233;s dans nos peurs. Deux autres &#233;v&#233;nements tragiques m'ont &#233;galement marqu&#233;e : le g&#233;nocide du Rwanda en 1994 et une explosion de gaz &#224; Theux, o&#249; j'habitais, d&#233;truisant le centre-ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus belle invention pour moi ? La lessiveuse automatique ! Beaucoup d'inventions sont belles, mais on les pervertit rapidement. Par exemple, le smartphone qui, aujourd'hui, nous coupe de la communication ici et maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Une fiert&#233;&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Je suis fi&#232;re d'avoir choisi un nouveau nouveau projet de vie &#224; 75 ans en int&#233;grant un habitat group&#233; participatif pour seniors, loin de chez moi. J'ai d&#233;m&#233;nag&#233; de Theux o&#249; j'avais v&#233;cu 50 ans, je suis partie de rien et j'ai d&#251; recr&#233;er un r&#233;seau social et culturel. N'est-ce pas la premi&#232;re fois que j'ai vraiment d&#233;cid&#233; toute seule ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Theux, pendant 50 ans, j'ai toujours &#233;t&#233; dans un milieu assez ferm&#233;, avec des personnes qui se ressemblent. Dans cette commune, le bourgmestre pr&#233;f&#233;rait donner de l'argent &#224; la ville de Verviers que de construire des logements sociaux. Quand il y avait un &#233;tranger sur une des photos de classe de mes enfants, c'&#233;tait un enfant adopt&#233; ! Rencontrer des personnes &#171; &#233;trang&#232;res &#187;, avec &#194;ges et Transmissions, m'aide &#224; visualiser autrement ces personnes, &#224; leur donner une &#233;paisseur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une cuisine rudimentaire (Michel M.)</title>
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		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mes souvenirs ne remontent pas avant 1956, j'avais 6 ans, quand nous avons d&#233;m&#233;nag&#233; dans cette toute petite maison, une parmi trois au bout d'un chemin en cul-de-sac. &lt;br class='autobr' /&gt;
La minuscule cuisine &#233;tait tout sauf pratique : Un grand &#233;vier en email, un &#233;gouttoir en bois en partie d&#233;compos&#233;, un tube fluorescent au plafond, et une vieille cuisini&#232;re qui fonctionnait au gaz butane. Il n'y avait vraiment pas de quoi inspirer ma m&#232;re qui seule &#233;tait charg&#233;e de pr&#233;parer les repas. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si elle pr&#233;parait les repas, elle (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot133" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot148" rel="tag"&gt;Femme, f&#233;minisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mes souvenirs ne remontent pas avant 1956, j'avais 6 ans, quand nous avons d&#233;m&#233;nag&#233; dans cette toute petite maison, une parmi trois au bout d'un chemin en cul-de-sac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La minuscule cuisine &#233;tait tout sauf pratique : Un grand &#233;vier en email, un &#233;gouttoir en bois en partie d&#233;compos&#233;, un tube fluorescent au plafond, et une vieille cuisini&#232;re qui fonctionnait au gaz butane. Il n'y avait vraiment pas de quoi inspirer ma m&#232;re qui seule &#233;tait charg&#233;e de pr&#233;parer les repas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle pr&#233;parait les repas, elle n'&#233;tait en rien dou&#233;e en la mati&#232;re. Mais en avait-elle le choix ? Mon p&#232;re savait-il seulement se pr&#233;parer un &#339;uf ? Laiss&#233; &#224; lui-m&#234;me, il se serait fait des tartines ou aurait ouvert des bo&#238;tes de conserve. Dans les ann&#233;es 60 on ne trouvait pas encore de plats pr&#233;par&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions d&#233;j&#224; un frigo, c'&#233;tait un Electrolux avec poign&#233;e, il &#233;tait petit, et contenait un minuscule bac &#224; glace. Il n'y avait pas de surgel&#233;s &#224; l'&#233;poque !&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'avions pas de voiture, en ce temps-l&#224;, cela n'&#233;tait pas n&#233;cessaire : le laitier, l'&#233;picier, le boulanger livraient &#224; domicile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la maison l'eau du robinet &#233;tant impropre &#224; la consommation (elle venait d'un puits), on buvait de l'eau en bouteille de verre, Spa Monopole, Spa Citron, Spa Orange.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Kasala de la Femme compl&#232;te (Mireille M.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1556</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Parents (&#234;tre)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je suis celle qui n'a pas encore re&#231;u de nom, bien accroch&#233;e dans le ventre plein de turbulences de la femme. Je sens qu'elle doute beaucoup, qu'elle a tr&#232;s peur. Parfois, j'ai tr&#232;s peur d'&#234;tre &#233;ject&#233;e. J'entends des voix. La plus grave apporte un peu de paix dans son ventre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis celle qui entreprend le grand voyage. Dans le tunnel noir, &#231;a se contracte de plus en plus fort. J'entends des cris. J'ai tr&#232;s peur. Les contractions faiblissent, s'arr&#234;tent. J'essaye d'avancer toute seule. Je suis (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot148" rel="tag"&gt;Femme, f&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot158" rel="tag"&gt;Parents (&#234;tre)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis celle qui n'a pas encore re&#231;u de nom,&lt;br class='autobr' /&gt;
bien accroch&#233;e dans le ventre plein de turbulences de la femme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je sens qu'elle doute beaucoup, qu'elle a tr&#232;s peur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parfois, j'ai tr&#232;s peur d'&#234;tre &#233;ject&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'entends des voix. &lt;br class='autobr' /&gt;
La plus grave apporte un peu de paix dans son ventre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis celle qui entreprend le grand voyage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le tunnel noir, &#231;a se contracte de plus en plus fort.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'entends des cris.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai tr&#232;s peur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les contractions faiblissent, s'arr&#234;tent.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'essaye d'avancer toute seule.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis fatigu&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelque chose de froid et dur agrippe ma t&#234;te et tire, tire, tire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je franchis la porte vers la lumi&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
et je pousse mon cri de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis Mireille,&lt;br class='autobr' /&gt;
ma venue embarrasse Ghislaine et Jacques, mes jeunes parents.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je reconnais la voix grave. Je suis la bienvenue dans la vie d'Alice et Armand, mes grands-parents qui m'&#233;l&#232;vent &#224; Hannut, jusqu'&#224; mes 4 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis Mireille &lt;br class='autobr' /&gt;
qui rejoint ses parents &#224; Bruxelles&lt;br class='autobr' /&gt;
et Hugues, son fr&#232;re cadet&lt;br class='autobr' /&gt;
qui a toujours v&#233;cu avec eux&lt;br class='autobr' /&gt;
et est habitu&#233; &#224; avoir toute la place.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis en qu&#234;te d'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me sens chez moi &lt;br class='autobr' /&gt;
dans la petite commune de Saint-Josse-ten-Noode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me sens chez moi &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me sens accueillie&lt;br class='autobr' /&gt;
dans le c&#339;ur de mes premi&#232;res amies &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis Mireille.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et &#224; 30 ans, j'aime &#224; nouveau et tr&#232;s fort un homme. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; mon d&#233;sir d'avoir un enfant ensemble,&lt;br class='autobr' /&gt;
Il me r&#233;pond qu'il n'en veut pas d'autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il navigue entre deux femmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je prends la douloureuse initiative de rompre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis Mireille&lt;br class='autobr' /&gt;
terrass&#233;e dans la rue par une crise d'endom&#233;triose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je fais confiance &#224; mon gyn&#233;cologue.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres douleurs, d'autres crises me sont &#233;pargn&#233;es gr&#226;ce &#224; son traitement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je serai peut-&#234;tre st&#233;rile, cons&#233;quence possible de la maladie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je lis, je questionne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me questionne : ai-je peur d'&#234;tre enceinte ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je sais que ma grand-m&#232;re a surv&#233;cu de justesse &#224; une crise d'&#233;clampsie apr&#232;s avoir accouch&#233; de ma m&#232;re et je me rappelle de son injonction N'aie jamais d'enfant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me raconte que ce n'est pas grave si je n'accueille pas d'enfant dans mon ventre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'envisage pas de recourir &#224; la procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis Mireille.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la fin de la trentaine, je me sens plus solide gr&#226;ce &#224; un travail th&#233;rapeutique et au taiji. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me renseigne concernant l'adoption.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je rencontre des couples qui ont adopt&#233; et qui rament. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je fais le point sur la vie que je me suis cr&#233;&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certes je cours beaucoup, mais elle est dense et vibrante, peupl&#233;e d'enfants et de belles rencontres dans mes ateliers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis curieuse, touche &#224; tout, perfectionniste, en difficult&#233; pour mettre mes priorit&#233;s, pas assez &#224; l'&#233;coute de ma fatigue. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me demande comment accueillir au mieux un enfant dans cette vie-l&#224; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je fais le point sur mes revenus. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et sur les personnes fiables dans mon entourage. &#192; l'&#233;vidence, elles ont tr&#232;s peu de disponibilit&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je pressens que je devrai quasi tout assumer seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi Mireille&lt;br class='autobr' /&gt;
Je p&#232;se le pour et le contre, &lt;br class='autobr' /&gt;
je doute &lt;br class='autobr' /&gt;
Vient le jour o&#249; je tranche. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'entamerai pas les d&#233;marches pour adopter une petite Chinoise n&#233;e &#224; l'&#233;poque de la politique de l'enfant unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne f&#234;te pas mes 40 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis Mireille&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ta question : As-tu des enfants ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je r&#233;ponds non, un non teint&#233; de tristesse. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et face &#224; ton silence, j'ajoute : &lt;br class='autobr' /&gt;
j'aurais voulu avoir des enfants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et si tu me r&#233;ponds :&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu n'as pas &#224; te justifier&lt;br class='autobr' /&gt;
Je te demande de m'&#233;couter vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis Mireille&lt;br class='autobr' /&gt;
et j'aimerais simplement te partager combien j'ai r&#234;v&#233; au chemin &lt;br class='autobr' /&gt;
que mon enfant et moi aurions parcouru ensemble, &lt;br class='autobr' /&gt;
aux diff&#233;rentes &#233;tapes de la vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai la facult&#233; de le vivre un peu par procuration&lt;br class='autobr' /&gt;
en observant les familles autour de moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je d&#233;busque le moindre geste de tendresse, &lt;br class='autobr' /&gt;
je fonds et je souris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis Mireille,&lt;br class='autobr' /&gt;
tante de Chlo&#233; et grand-tante de L&#233;a&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me raconte pour dissiper les non-dits,&lt;br class='autobr' /&gt;
favoriser les partages &lt;br class='autobr' /&gt;
et nourrir leur chemin de femme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis Mireille,&lt;br class='autobr' /&gt;
celle qui se r&#233;jouit, &lt;br class='autobr' /&gt;
avec ses amies,&lt;br class='autobr' /&gt;
quand elles deviennent mamans &lt;br class='autobr' /&gt;
et grands-m&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je te crois quand tu pr&#233;cises&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tre maman, c'est pour le meilleur et pour le pire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis pleine de compassion pour les parents et les enfants qui rament ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis Mireille,&lt;br class='autobr' /&gt;
la bienvenue chez mes nouveaux voisins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Attentive &#224; ne pas devenir envahissante.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre jour, &#224; la petite Ella en pleurs, qui r&#233;clamait les bras de sa maman alors indisponible, j'ai ouvert les miens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et Ella a trottin&#233; vers moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai fondu quand son petit corps s'est lov&#233; contre moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une autre vie, j'ai peut-&#234;tre &#233;t&#233; la P&#233;tronille et ses 120 petits &lt;br class='autobr' /&gt;
qui a inspir&#233; Ponti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis Mireille,&lt;br class='autobr' /&gt;
j'aimerais te parler de mille enfants que j'ai rencontr&#233;s, accompagn&#233;s, aim&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai donn&#233; et tant re&#231;u.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le chemin parcouru ensemble m'est infiniment pr&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis Mireille&lt;br class='autobr' /&gt;
boulevers&#233;e et r&#233;volt&#233;e quand des femmes deviennent m&#232;res contre leur gr&#233;, quand des enfants sont con&#231;us dans la violence,&lt;br class='autobr' /&gt;
pleine de compassion pour leur dur chemin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et j'ai peur que la violence engendre la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis Mireille&lt;br class='autobr' /&gt;
et je soutiens les femmes qui prennent la difficile d&#233;cision d'avorter,&lt;br class='autobr' /&gt;
quelles que soient leurs motivations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis Mireille &lt;br class='autobr' /&gt;
et je respecte la femme et l'homme qui ne veulent pas avoir d'enfants,&lt;br class='autobr' /&gt;
quelles que soient leurs motivations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis Mireille.&lt;br class='autobr' /&gt;
Celle qui, dans cette vie, &lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;pond &#224; l'appel de prendre soin des enfants des autres&lt;br class='autobr' /&gt;
et de moi, mieux qu'avant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Celle qui se dit que la vie lui veut du bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis Mireille,&lt;br class='autobr' /&gt;
citoyenne &#224; part enti&#232;re,&lt;br class='autobr' /&gt;
femme f&#233;conde et compl&#232;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Texte &#233;crit dans le sillage d'un atelier kasala anim&#233; par Jean Kabuta&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Devenir m&#232;re (Lidia R.)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Parents (&#234;tre)</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Texte &#233;crit dans le cadre de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis devenue biologiquement une femme &#224; l'&#226;ge de 11 ans et 3 mois. Femme dans un corps de fillette. Je ne savais pas ce que cela voulait dire, cependant j'ai vite compris tous les aspects n&#233;gatifs que cela comportait. Cela fut une exp&#233;rience traumatisante. Mais de cela, je ne veux pas parler. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je pr&#233;f&#232;re vous raconter un &#233;pisode heureux de ma vie de femme. Et je crois que ce sont pratiquement les seuls moments o&#249; j'ai appr&#233;ci&#233; mon (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot148" rel="tag"&gt;Femme, f&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot158" rel="tag"&gt;Parents (&#234;tre)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Texte &#233;crit dans le cadre de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis devenue biologiquement une femme &#224; l'&#226;ge de 11 ans et 3 mois. Femme dans un corps de fillette. Je ne savais pas ce que cela voulait dire, cependant j'ai vite compris tous les aspects n&#233;gatifs que cela comportait. Cela fut une exp&#233;rience traumatisante. Mais de cela, je ne veux pas parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pr&#233;f&#232;re vous raconter un &#233;pisode heureux de ma vie de femme. Et je crois que ce sont pratiquement les seuls moments o&#249; j'ai appr&#233;ci&#233; mon statut de femme. Je fus une femme enceinte heureuse et combl&#233;e &#224; deux reprises. Les trois premiers mois de ma grossesse, je d&#233;tenais un secret que je n'ai voulu partager avec personne. Soit par crainte de pouvoir faire une fausse couche, soit pour le plaisir de savoir quelque chose que personne ne pouvait encore soup&#231;onner. J'ai su tr&#232;s rapidement que mon corps accueillait un petit &#234;tre qui allait grandir, grandir&#8230; J'ai suivi l'&#233;volution du f&#339;tus avec enthousiasme, curiosit&#233; et &#233;merveillement. Jamais je ne m'&#233;tais sentie aussi bien dans mon corps. J'&#233;tais en harmonie avec moi-m&#234;me et fi&#232;re du prodige qui se produisait dans mon ventre. C'&#233;tait incroyable ! D'autant plus que je n'avais jamais ressenti le besoin d'enfants. Je n'en aurais certainement pas eu si mon compagnon n'en avait pas exprim&#233; le d&#233;sir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les six mois qui suivirent s'envol&#232;rent comme par enchantement. Je me sentais bien. La grossesse progressait normalement. J'&#233;tais le centre de tous les int&#233;r&#234;ts et de toutes les attentions au fur et &#224; mesure que les mois passaient. J'&#233;tais aux anges. J'aurais voulu garder mon b&#233;b&#233; encore longtemps en moi. D'ailleurs mes enfants sont tous les deux n&#233;s dix jours apr&#232;s la date pr&#233;vue par le gyn&#233;cologue. Apr&#232;s cet &#233;tat de gr&#226;ce, ce fut la d&#233;gringolade en enfer. L'accouchement s'est tr&#232;s bien d&#233;roul&#233; dans les deux cas. Les b&#233;b&#233;s &#233;taient en bonne sant&#233; et il ne leur manquait rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la naissance de ma fille, tous les regards se sont tourn&#233;s vers elle. Je n'&#233;tais pas jalouse, pas du tout, mais je souffrais d'&#234;tre devenue invisible. Je devais fonctionner en tant que maman, et basta. Pas vraiment de reconnaissance pour l'exploit que je venais d'accomplir. J'&#233;tais frustr&#233;e. Le b&#233;b&#233; ne m'appartenait plus, je n'en avais plus la garde exclusive. Je me sentais esclave de ce petit &#234;tre exigeant et goulu qui m'imposait un rythme de vie qui ne me convenait pas. J'&#233;chafaudais m&#234;me des plans de fuite auxquels je n'ai bien heureusement pas donn&#233; suite. C'est seulement quatre mois apr&#232;s sa naissance que je suis tomb&#233;e amoureuse de ma fille. Le coup de foudre tomba le jour o&#249; elle a prononc&#233; ses premi&#232;res syllabes : ma, ma, ma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 80, &#224; la naissance de ma fille, j'habitais en Allemagne. J'&#233;voluais dans le milieu universitaire, f&#233;ministe et de gauche. Se marier et faire des enfants ne trouvait l'approbation de personne &#224; cette &#233;poque-l&#224;, dans le milieu intellectuel. J'avais trahi et je suppose que pour cette raison, je n'ai pas obtenu le poste que je convoitais. Je c&#244;toyais f&#233;ministes engag&#233;es et fervents gauchistes quotidiennement, mais je ne me sentais pas appartenir &#224; leur caste. Je trouvais ces gens trop extr&#233;mistes et sectaires. G&#233;n&#233;reux, oui. Seulement en th&#233;orie. Il ne fallait pas toucher &#224; leurs privil&#232;ges, en tant que professeurs universitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix ans plus tard, la naissance de mon fils n'a suscit&#233; aucun toll&#233;, mais aucun enthousiasme non plus parmi mes relations. Pour moi, la situation avait bien chang&#233;. J'&#233;tais mieux pr&#233;par&#233;e &#224; la maternit&#233; et j'avais une assistante fid&#232;le et efficace : ma fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait d'&#234;tre femme ne m'a apport&#233; que des d&#233;convenues dans le domaine professionnel, mais une immense satisfaction et fiert&#233; d'avoir mis au monde mes enfants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Ma vie a chang&#233; d&#232;s que j'ai pu porter un pantalon (Nadia R.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1559</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Technologie (&#233;volution)</dc:subject>
		<dc:subject>Developpement durable</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Texte &#233;crit dans le cadre de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma vie a chang&#233; d&#232;s que j'ai pu porter un pantalon. Les seuls autoris&#233;s pour les femmes ne l'&#233;taient que dans le cadre de la pratique du ski : les fameux fuseaux noirs. Puis ils sont sortis de ce carcan et ont rejoint la vie pour se transformer tr&#232;s vite en jeans pour femmes. Au d&#233;but, il n'y avait pas de braguette, ils se fermaient sur le c&#244;t&#233; comme une jupe. Mais &#231;a n'a pas dur&#233;. &#192; 15 ans je portais fi&#232;rement un jeans Levis de velours (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot148" rel="tag"&gt;Femme, f&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot165" rel="tag"&gt;Technologie (&#233;volution)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot141" rel="tag"&gt;Developpement durable&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Texte &#233;crit dans le cadre de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ma vie a chang&#233; d&#232;s que j'ai pu porter un pantalon. Les seuls autoris&#233;s pour les femmes ne l'&#233;taient que dans le cadre de la pratique du ski : les fameux fuseaux noirs. Puis ils sont sortis de ce carcan et ont rejoint la vie pour se transformer tr&#232;s vite en jeans pour femmes. Au d&#233;but, il n'y avait pas de braguette, ils se fermaient sur le c&#244;t&#233; comme une jupe. Mais &#231;a n'a pas dur&#233;. &#192; 15 ans je portais fi&#232;rement un jeans Levis de velours c&#244;tel&#233; beige, mon r&#234;ve. Autour de la quarantaine, j'en ai eu marre de la supr&#233;matie du jeans et j'ai fait le pari de m'en passer, sans pour autant porter davantage de jupe ou de robe. C'&#233;tait le temps du &#171; long cale&#231;on &#187; aujourd'hui on parle de legging : il y en avait de toutes les couleurs, un v&#233;ritable enchantement, puis c'est pass&#233; de mode. Retour au jeans. Des jupes et des robes, oui j'en ai port&#233;, avec collants en laine en hiver et sans en &#233;t&#233;. Mais toujours, je suis revenue au pantalon tellement plus pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#233;l&#233;vision a &#233;t&#233; une invention incroyable : le cin&#233;ma &#224; la maison, extraordinaire. Nous en r&#234;vions, mais ma m&#232;re n'en voulait pas. &#171; Dans les familles o&#249; il y a une t&#233;l&#233;vision, les gens ne se parlent plus. &#187; disait-elle. Elle n'avait pas tort, mais nous, parlions-nous ? Non, chacun &#233;tait sur son lit ou &#224; son bureau, mon p&#232;re dans son journal et ma m&#232;re &#224; son tricot ou sur sa guitare. Devant notre insistance, les parents ont lou&#233; un poste de t&#233;l&#233;vision pour une semaine. Nous &#233;tions fous de joie. Le poste a tr&#244;n&#233; dans le salon sans y trouver sa place. Des chaises ont &#233;t&#233; mises en arc de cercle devant, et nous &#233;tions tous les 6 assis devant le petit &#233;cran. C'&#233;tait bizarre, pas naturel, un tantinet guind&#233;&#8230; l'essai n'a pas &#233;t&#233; renouvel&#233;, la vie a repris son cours sans t&#233;l&#233;. L'ennui c'&#233;tait toujours &#224; l'&#233;cole, lorsque les copines parlaient d'un feuilleton, d'un film que toutes avaient vu sauf moi. Ado, je trouvais cela nul. Heureusement que chez ma grand-m&#232;re il y en avait une que nous regardions avec grand plaisir, notamment les histoires de Fury, cheval noir magnifique, ou de Zorro, et d'autres. Nous pouvions alors aussi montrer que nous savions ce que c'&#233;tait&#8230; La t&#233;l&#233; s'est r&#233;pandue dans les foyers comme une tra&#238;n&#233;e de poudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai le souvenir du 21 juillet 1969, l'alunissage retransmis en direct sur toutes les cha&#238;nes du monde. Nous &#233;tions au Woluwe Shopping Center (un des premiers centres commerciaux &#224; Bruxelles) ouvert pour la circonstance en pleine nuit, j'y &#233;tais. Plusieurs t&#233;l&#233;viseurs avaient &#233;t&#233; plac&#233;s dans l'all&#233;e principale avec quelques bancs, et connect&#233;s. De gros postes, de petits &#233;crans en noir et blanc, ou plut&#244;t en gris devrait-on mieux dire&#8230; et on a vu, on a assist&#233; &#224; cet &#233;v&#233;nement absolument inimaginable, et tellement magnifique. L'Histoire en route&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#233;l&#233;vision&#8230; premier &#233;cran &#224; port&#233;e de main, jamais ne s'arr&#234;tera de progresser vers les &#233;crans actuels. Nous sommes pass&#233;s du salon &#224; nos mains en quelques d&#233;cennies, &#231;a aussi c'est incroyable. Mais surtout, ce sont les techniques qui l'ont permis qui sont ph&#233;nom&#233;nales. L'internet, le web, la toile&#8230; merveilleux outil. Mais o&#249; vont-ils s'arr&#234;ter ? Il existe en gestation actuellement un ordinateur quantique qui est des milliers de fois plus rapide que les meilleurs ordinateurs utilis&#233;s aujourd'hui. Ils seraient moins &#233;nergivores, ouf ! sur ce point quelle chance pour la plan&#232;te ! ou plut&#244;t pour l'humanit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces avanc&#233;es verront le jour, elles sont pouss&#233;es et soutenues par Trump et cie avec leurs milliards de dollars et toujours dans un but de gains et de pouvoirs d&#233;multipli&#233;s, toujours plus de tout. Tout &#231;a me fait peur, quand des robots seront &#233;quip&#233;s de ces technologies, l'humain sera-t-il encore utile ? N&#233;cessaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est des changements que j'ai observ&#233;s personnellement dans la nature, la chose qui me para&#238;t la plus &#233;vidente, c'est qu'il y ait beaucoup moins d'insectes. Quand avant (je pense &#224; 2006 vers Portiragnes plage) je roulais sur l'autoroute vers la M&#233;diterran&#233;e, mon pare-brise &#233;tait constell&#233; d'insectes &#233;cras&#233;s. Aujourd'hui ce n'est plus le cas. Quand j'ouvrais la porte de mon jardin 3 minutes voici seulement quelques ann&#233;es, des mouches et autres trouvaient l'entr&#233;e et s'y pr&#233;cipitaient. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas non plus. Sans insectes, plus de pollinisation, plus de fruits, plus de l&#233;gumes&#8230; plus de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'appr&#233;cie fort les communes qui depuis 2 ou 3 ans pratiquent le fauchage tardif dans les parcs et autres espaces verts. Non seulement c'est joli, mais en plus &#231;a favorise la biodiversit&#233;, donc les insectes entre autres. Idem dans les bois et for&#234;ts, on laisse les arbres morts au sol, ou debout, permettant la vie de toute une faune qui rena&#238;t et fait son travail dans la nature. Les mentalit&#233;s changent, et c'est bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au changement climatique, je le vois aux canicules plus courantes, aux hivers vraiment plus doux, aux pluies plus fr&#233;quentes. Si j'&#233;largis mon cercle de vue, les m&#233;ga-feux, les inondations terribles, les typhons et autres ouragans d&#233;vastateurs sont autant de signaux illustrant ces changements. Mais aussi, le niveau des mers qui monte, les glaciers qui fondent, les falaises qui s'&#233;croulent&#8230; des rivi&#232;res qui s'ass&#232;chent &#8230; des esp&#232;ces animales qui disparaissent &#224; tout jamais, car leur milieu de vie n'existe plus&#8230; la liste est longue de ce qui se passe de par le monde dans ce domaine, mais l'humanit&#233; continue ses avanc&#233;es, ses d&#233;vastations sans se soucier de la suite. Plusieurs organisations tentent de lutter contre toutes ces destructions et parfois y parviennent, mais arriveront-elles &#224; stopper cet &#233;lan suicidaire ? Je laisse la question en suspens&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#202;tre femme, &#234;tre homme (Laetitia S.)</title>
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		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>LGBTQIA+</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
On na&#238;t tous avec un potentiel f&#233;minin et masculin. On choisit de laisser s'exprimer l'un ou l'autre intens&#233;ment ou non et de fa&#231;on constante ou sporadique. Des traits, des gestuelles, une culture, des exemples identitaires, des histoires personnelles viennent fa&#231;onner notre rapport au genre. &lt;br class='autobr' /&gt;
En ce qui me concerne, elle est plus fluide que la norme : c'est une histoire en construction. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne parviens pas &#224; m'identifier au genre f&#233;minin. J'ai toujours (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot181" rel="tag"&gt;LGBTQIA+&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On na&#238;t tous avec un potentiel f&#233;minin et masculin. On choisit de laisser s'exprimer l'un ou l'autre intens&#233;ment ou non et de fa&#231;on constante ou sporadique. Des traits, des gestuelles, une culture, des exemples identitaires, des histoires personnelles viennent fa&#231;onner notre rapport au genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui me concerne, elle est plus fluide que la norme : c'est une histoire en construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne parviens pas &#224; m'identifier au genre f&#233;minin. J'ai toujours cherch&#233; &#224; prendre distance avec les codes, les int&#233;r&#234;ts, les discussions propres aux filles et aux femmes. Je ne les comprenais pas et elles ne m'int&#233;ressaient pas. J'ai souvent eu des copains gar&#231;ons. Mais l&#224; aussi, les obligations de jeux, de s&#233;duction, de surveiller son comportement, ses paroles, ne pas faire assez de ci ou trop de cela, &#231;a m'a souvent fatigu&#233;e. En bref, devoir baliser les relations sur le genre m'apparait futile et inutile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, je n'ai jamais cherch&#233; &#224; devenir le d&#233;chet que je me sens actuellement. Je suis aujourd'hui dans une anti-f&#233;minit&#233; non choisie. Un cerveau encombr&#233; d'un corps, dont je me suis dissoci&#233;e. Fruit d'un m&#233;ticuleux travail de sape d'estime de moi apr&#232;s des ann&#233;es de vie isol&#233;e avec un narcissique. Il m'a fallu presque une ann&#233;e avant d'oser remettre du vernis sur les pieds. Et encore, ils &#233;taient cach&#233;s dans mes souliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon c'est vrai, je d&#233;teste les odeurs de parfum synth&#233;tiques et envahissantes. Les cr&#232;mes &#233;touffent ma peau, les poudres m'incommodent. D&#232;s que je souligne un trait par-ci ou une couleur par-l&#224;, je me sens fard&#233;e, tel un clown qui doit aller parader. Cela n'aide pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que je suis devenue maman, j'ai opt&#233; pour les tenues confortables, faciles &#224; enfiler, qui permettent de s'agenouiller et se d&#233;gueulasser. Non seulement je ne mettais plus aucune jolie tenue que mon ancien compagnon s'&#233;tait m&#233;thodiquement &#233;vertu&#233; &#224; d&#233;nigrer et &#224; critiquer, mais je voulais aussi m'all&#233;ger pour fuir mon bourreau. Alors, dans un &#233;lan vital de me s&#233;parer de tout ce qui m'accrochait &#224; mon ancienne vie, j'ai tout rel&#233;gu&#233; &#224; la donnerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s t&#244;t &#8211; vers la fin de mes primaires &#8211; alors que j'observais mon a&#238;n&#233;e se maquiller les yeux, je sus que l'exemple de f&#233;minit&#233; qu'elle m'offrait me d&#233;plaisait voire m'&#233;c&#339;urait. Je me souviens du mascara qui plaquait ses cils et je voyais en la femme qu'elle cherchait &#224; &#234;tre une Cruella d'enfer, fort peu sympathique et risible. Int&#233;rieurement quelque chose se d&#233;cida que ce n'&#233;tait pas pour moi. Et je me souviens prononcer avec conviction et v&#233;h&#233;mence &#171; Moi, jamais je ne me maquillerai &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, j'ai bien &#233;videmment essay&#233; le maquillage. Et opt&#233; pour quelques styles vestimentaires en fonction des &#233;poques de ma vie. Grunge, Classique, Artiste, Hippie, Boh&#232;me, Punk, Absolute Mom puis Minimalist Mom. J'avoue que j'ai toujours eu une pr&#233;f&#233;rence pour le style distingu&#233; des femmes des ann&#233;es 20-30-40. Je parcourais d'abord les quizz des magazines pour ado &#171; Quel est votre style ? &#187;, mais aussi les manuels d'histoire de la mode, fascin&#233;e par les tenues d'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi tous mes r&#234;ves professionnels, j'aurais bien voulu &#234;tre costumi&#232;re de th&#233;&#226;tre et op&#233;ra ou coiffeuse pour films d'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, parlons-en de la coiffure. Toute mon enfance et une grande partie de ma vie, j'ai port&#233; les cheveux courts. Ma m&#232;re m'expliquait que c'&#233;tait une question de commodit&#233;. Elle se maquillait peu, juste ce qu'il fallait, pour prendre soin d'elle, se pomponner pour des occasions particuli&#232;res. Elle &#233;tait d'une f&#233;minit&#233; discr&#232;te. Je me souviens avoir senti ses poudres libres, ouvert des tubes &#224; l&#232;vres et comptabilis&#233; les pinceaux. Je l'ai toujours connue avec les cheveux courts, et elle s'&#233;tait mise en t&#234;te de faire pareil avec moi. C'&#233;tait une torture, parce que je d&#233;testais aller chez le coiffeur. Et c'est toujours le cas aujourd'hui. Cette n&#233;cessit&#233; d'hygi&#232;ne est pour moi un vrai supplice. Les odeurs, j'en ai d&#233;j&#224; parl&#233;. Le massage de t&#234;te quasi obligatoire o&#249; on tente de me faire me d&#233;tendre, mais qui me rend encore plus crisp&#233;e, la lumi&#232;re aveuglante au plafond, les conversations parasites et futiles des clientes, le bruit et la chaleur des s&#232;che-cheveux, le choix des couleurs criardes et sans go&#251;t du salon de coiffure. La conversation banale ou intime impos&#233;e lors d'une proximit&#233; oblig&#233;e, la sensation de ne pas me faire comprendre par le professionnel sur mes attentes que, ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, j'ai tent&#233; de rendre explicites, tr&#232;s explicites ou floues, ou m&#234;me visuelles. Et par-dessus tout, le fait de devoir assumer une coupe trop courte qui fait ressortir le masculin en moi que je sens d&#233;j&#224; de fa&#231;on tr&#232;s marqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la xi&#232;me fois de ma vie, je tente de laisser pousser mes cheveux. Pour &#233;quilibrer ma balance identitaire et chercher cette part de f&#233;minin en moi qui ne sait pas comment s'exprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que je n'ai pas appris, je n'ai pas cherch&#233; &#224; apprendre, parce que j'ai &#233;t&#233; bafou&#233;e dans ma f&#233;minit&#233;, parce que, m&#234;me avec un accouchement par c&#233;sarienne, j'ai eu l'impression d'&#233;chouer dans mon r&#244;le de femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre parce que je n'ai jamais trouv&#233; d'exemples et de pairs &#224; qui m'identifier. Sans doute, parce que je cherche encore &#224; me construire dans mon &#234;tre, dans ma chair, dans mes rapports aux femmes, &#224; l'homme, aux individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand j'entends mon enfant chanter &#171; maman, t'es la plus belle &#187;, je sens mes oreilles sourire de plaisir et mon &#226;me vibrer de bonheur. M&#234;me si un &#233;cho en moi cherche pourtant encore &#224; me d&#233;nigrer, je sais qu'&#224; ses yeux, la beaut&#233; n'a pas les crit&#232;res que je crois. Et qu'il me voit moi. La voil&#224; ma v&#233;rit&#233; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>F&#233;minit&#233;, &#233;tudes et renoncements (Marguerite)</title>
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		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, j'ai 83 ans et mes 4 enfants ont quitt&#233; depuis longtemps le nid familial. C'est important pour moi de raconter cette d&#233;j&#224; longue vie. Je suis n&#233;e &#224; Vilvorde, 6e d'une famille de 7 enfants dont je suis l'avant-derni&#232;re et la seule fille. Seule fille au milieu de 6 gar&#231;ons ! Une vie intense et pleine de bonheur, mais avec la difficult&#233; de vivre ma f&#233;minit&#233; dans un milieu masculin, et aussi plus tard mon orientation de vie. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait en 1957, j'avais (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Aujourd'hui, j'ai 83 ans et mes 4 enfants ont quitt&#233; depuis longtemps le nid familial. C'est important pour moi de raconter cette d&#233;j&#224; longue vie. Je suis n&#233;e &#224; Vilvorde, 6e d'une famille de 7 enfants dont je suis l'avant-derni&#232;re et la seule fille. Seule fille au milieu de 6 gar&#231;ons ! Une vie intense et pleine de bonheur, mais avec la difficult&#233; de vivre ma f&#233;minit&#233; dans un milieu masculin, et aussi plus tard mon orientation de vie.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait en 1957, j'avais 16 ans, et je me trouvais en humanit&#233;s gr&#233;co-latines, en po&#233;sie. J'&#233;tais une adolescente passionn&#233;e par mes &#233;tudes de latin et de grec, une vraie intellectuelle, mais aimant le sport aussi, entra&#238;n&#233;e par une bande de gar&#231;ons bouillants de vie : natation, &#233;quitation, tennis, escalade m&#234;me ! Les vacances familiales se passaient dans les Ardennes ou &#224; la mer avec une bande de jeunes, amis et amies. Beaucoup d'insouciance et de joie de vivre ; j'avais v&#233;cu un premier sentiment amoureux au mariage de mon fr&#232;re Luc, avec un gar&#231;on qui &#233;tudiait &#224; Saint-Michel, mais il faut dire que c'&#233;tait assez platonique, nous avions tous les deux 16 et 17 ans et nos sujets de conversation &#233;taient l'Iliade et l'Odyss&#233;e&#8230; Je ne m'int&#233;ressais pas aux gar&#231;ons, mais voil&#224; qu'un gar&#231;on s'int&#233;ressait &#224; moi ! Il faut dire qu'&#224; l'&#233;poque, gar&#231;ons et filles &#233;taient fort s&#233;par&#233;s, ce qui m'arrangeait bien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que cet aspect intellectuel &#233;tait une fuite devant la r&#233;alit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les livres et les &#233;tudes me passionnaient, je passais des heures au t&#233;l&#233;phone avec mes amies et me sentais bien dans cette vie bien r&#233;gl&#233;e entre &#233;cole et famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1954, un drame secoua la famille : mon fr&#232;re Paul &#226;g&#233; de 18 ans a attrap&#233; la poliomy&#233;lite en campant avec des scouts &#224; l'&#233;tranger. Le vaccin n'existait pas &#224; l'&#233;poque et Paul a &#233;t&#233; ramen&#233; imm&#233;diatement en Belgique et hospitalis&#233;, il a v&#233;cu entre la vie et la mort dans un poumon d'acier. Et puis, il a repris le dessus par miracle, m&#234;me s'il est rest&#233; paralys&#233; des jambes. Je garde en m&#233;moire ces trajets en tram de Vilvorde &#224; l'h&#244;pital Brugmann, o&#249; Paul a v&#233;cu en revalidation, au centre de traumatologie, pendant 2 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une belle exp&#233;rience fut un s&#233;jour en Angleterre, dans une famille &#224; Oxford, pour apprendre l'anglais&#8230; Je commen&#231;ais &#224; sortir du cocon familial, Erasmus de l'&#233;poque ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma difficult&#233;, en cette fin d'&#233;tudes secondaires, &#233;tait de savoir vers quelles &#233;tudes m'orienter&#8230; mes amies de classe s'&#233;taient toutes orient&#233;es vers des &#233;tudes universitaires. Pour ma part, j'&#233;tais p&#233;trie d'id&#233;al, je voulais servir une cause, et &#234;tre dans l'humain&#8230; encore une fois d&#233;cal&#233;e par rapport &#224; la r&#233;alit&#233; ? En voyant que je ne savais pas me d&#233;cider, mes parents m'ont propos&#233; de vivre 3 mois &#224; Rome dans une sorte de pension pour jeunes filles, &#224; la Trinit&#233; des monts, o&#249; j'ai appris l'italien et eu l'occasion de visiter toute l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de cette ann&#233;e acad&#233;mique 1960, maman est tomb&#233;e gravement malade et est d&#233;c&#233;d&#233;e au mois d'ao&#251;t. Un tsunami familial ! Deux fr&#232;res mari&#233;s avec enfants, 3 fr&#232;res &#224; l'universit&#233; de Louvain, un fr&#232;re en pension &#224; Cardinal Mercier, et papa compl&#232;tement d&#233;sempar&#233; dans une maison vide la semaine et qui se remplissait le week-end&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du choix de mes &#233;tudes se reposait &#224; nouveau : je voulais finalement me former comme infirmi&#232;re, mais je devais alors loger en p&#233;dagogie et donc papa serait seul la semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papa m'a alors demand&#233; de m'occuper de la gestion du m&#233;nage et de choisir d'autres &#233;tudes qui me permettraient de concilier les 2 t&#226;ches. Il me disait gentiment : &#034;pourquoi ne suivrais-tu pas des cours de secr&#233;tariat, tu pourrais aider ton mari plus tard ? &#187;. Ce n'&#233;tait pas mon objectif et j'ai suivi une ann&#233;e de philo et lettres &#224; Saint-Louis &#224; Bruxelles : j'ai r&#233;ussi l'ann&#233;e, tout en m'occupant de la maisonn&#233;e, de papa et de l'accueil des jeunes m&#233;nages. Je prenais la place de maman, j'avais une mission, j'&#233;tais heureuse de me sentir utile, m&#234;me si cela ne solutionnait pas mon probl&#232;me d'&#233;tudes. La famille &#233;tait soud&#233;e autour de papa et dans le deuil de maman. C'&#233;tait un grand r&#233;confort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e suivante fut diff&#233;rente, je me suis orient&#233;e vers le droit, ce qui ne m'a jamais convenu, mes fr&#232;res ont pris leur ind&#233;pendance et ont quitt&#233; la maison, o&#249; je me suis retrouv&#233;e seule avec papa. Ce fut une p&#233;riode difficile, j'essayais de sortir un maximum, mais je ne retrouvais pas mon &#233;quilibre. Je pataugeais dans des &#233;tudes qui ne me convenaient pas et je me sentais fort seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voulais travailler et ne savais pas dans quelle orientation ou formation m'inscrire, j'&#233;tais un peu perdue et je ne savais &#224; qui parler de mon souci. J'avais envie de quitter le cercle familial et de m'ouvrir &#224; autre chose. Finalement, je suis partie quand m&#234;me &#224; Louvain et j'ai log&#233; dans un foyer international. J'ai fait une ann&#233;e de sciences religieuses et ai enseign&#233; un an dans les &#233;coles communales de Bruxelles. La suite sera une autre histoire&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>R&#233;sistance au f&#233;minin (Francine B.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1542</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout au long de ma vie, en tant qu'&#234;tre f&#233;minin, j'ai toujours v&#233;cu &#171; en r&#233;sistance &#187; par rapport au groupe auquel j'appartenais. Pas en opposition, mais en r&#233;sistance ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier groupe &#233;tant la famille. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tr&#232;s petite d&#233;j&#224; j'avais l'esprit d'observation critique. C'&#233;tait quasi instinctif. D&#232;s mes 5,6 ans, j'&#233;tais offusqu&#233;e par la diff&#233;rence que vivaient certains enfants. Une diff&#233;rence qui amenait une souffrance. Cette souffrance, je la consid&#233;rais comme une (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout au long de ma vie, en tant qu'&#234;tre f&#233;minin, j'ai toujours v&#233;cu &#171; en r&#233;sistance &#187; par rapport au groupe auquel j'appartenais. Pas en opposition, mais en r&#233;sistance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier groupe &#233;tant la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s petite d&#233;j&#224; j'avais l'esprit d'observation &lt;i&gt;critique&lt;/i&gt;. C'&#233;tait quasi instinctif. D&#232;s mes 5,6 ans, j'&#233;tais offusqu&#233;e par la diff&#233;rence que vivaient certains enfants. Une diff&#233;rence qui amenait une souffrance. Cette souffrance, je la consid&#233;rais comme une injustice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, la diff&#233;rence d'attention et de valorisation, selon le sexe et le rang, m'&#233;tait insupportable. J'en souffrais personnellement. Je me situais entre deux fr&#232;res avec qui je m'entendais super bien ! La diff&#233;rence physique du sexe ne me pr&#233;occupait pas trop. Ce qui me pr&#233;occupait surtout c'&#233;tait la diff&#233;rence de consid&#233;ration par rapport au sexe physiologique. Tant par rapport aux gar&#231;ons que par rapport aux filles. Je suivais mes deux fr&#232;res partout. Surtout dans les bois. J'aimais courir, monter aux arbres et m&#234;me me battre. Mon fr&#232;re a&#238;n&#233; aimait plut&#244;t les jeux calmes et les poup&#233;es et je voyais que mon p&#232;re se moquait r&#233;guli&#232;rement et exprimait du m&#233;pris vis-&#224;-vis de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui me concerne, le fait que j'&#233;tais vive, que je n'avais peur de rien, que j'aimais plut&#244;t les jeux violents&#8230; ne me portait pas trop pr&#233;judice. On disait gentiment que j'&#233;tais un gar&#231;on manqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais&#8230; mais&#8230; le jour o&#249; ma poitrine a commenc&#233; &#224; pointer, ouille, ouille&#8230; le milieu dans lequel j'&#233;voluais a commenc&#233; &#224; me regarder de travers, &#224; tel point que j'enroulais de la bande Velpeau pour diminuer le volume de mes seins et cacher &#224; la soci&#233;t&#233; &#224; la con que j'entrais dans une cat&#233;gorie de personnes dont plein de choses allaient &#234;tre interdites du fait de cette apparence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand mes r&#232;gles sont apparues, c'&#233;tait pire&#8230; j'ai d&#251; braver, parfois avec violence, le groupe social pour continuer &#224; accompagner mes fr&#232;res dans la d&#233;couverte de la vie comme j'aimais. Malgr&#233; ce rejet de la soci&#233;t&#233;, je me suis toujours sentie forte et heureusement soutenue par mes fr&#232;res et de fa&#231;on souterraine par ma m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adolescente, j'&#233;tais tr&#232;s attir&#233;e par les insectes et dans le grenier, j'avais construit un petit mus&#233;e. Je r&#233;coltais &#233;galement dans la for&#234;t et ailleurs des cr&#226;nes d'animaux que je nettoyais avec pr&#233;caution pour les exposer dans mon mus&#233;e. Notre m&#232;re ne m'a jamais fait de remarque. J'avais m&#234;me l'impression qu'elle acceptait mon attitude m&#234;me si elle &#233;tait tr&#232;s silencieuse avec moi. R&#233;guli&#232;rement mon p&#232;re disait &#224; maman : &#034;ta fille est compl&#232;tement maboule, on devrait l'enfermer en psychiatrie !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;cole que je fr&#233;quentais, je me battais r&#233;guli&#232;rement pour d&#233;fendre les enfants faibles, harcel&#233;s ou attaqu&#233;s par les autres. Il y avait une famille de 10 enfants connue comme &#233;tant pauvre, sans le sou pour habiller correctement ses enfants. J'avais 8,9 ans et, en cachette, je prenais les v&#234;tements de ma petite s&#339;ur qui trainaient dans la salle de bain et j'allais les d&#233;poser devant la maison de cette famille. Jusqu'au jour o&#249;, chez Delhaize, maman en faisant ses courses a remarqu&#233; que plusieurs enfants de cette famille portaient des v&#234;tements de ses enfants &#224; elle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trajet de ma vie a &#233;t&#233; fractionn&#233; en p&#233;riodes bien pr&#233;cises. Et &#224; chaque fois je vivais un chemin en r&#233;sistance par rapport au milieu dans lequel j'&#233;voluais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai voulu vivre pleinement ma vie amoureuse et tr&#232;s consciemment mon d&#233;sir d'enfant. C'est pourquoi je n'ai pas h&#233;sit&#233; &#224; plonger dans la r&#233;volution de &#171; mai 68 &#187; en essayant de vivre concr&#232;tement les valeurs pr&#244;n&#233;es par ce mouvement de remise en question et de vie plus authentique tant sur le plan du couple, de la famille, de l'&#233;ducation affective et scolaire de mon enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mon boulot d'assistante sociale, j'ai choisi tr&#232;s vite d'aider les gens &#224; mieux se sentir dans leur chemin de vie, m&#234;me si leur marginalit&#233;, leur sexualit&#233;, leurs divergences ne correspondaient pas &#224; ce que la soci&#233;t&#233; voulait pour leur bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de carri&#232;re quand j'ai &#233;t&#233; directrice d'un foyer d'enfants, alors que l'environnement (les &#233;coles, les institutions, le SAJ, le juge des enfants&#8230;) avait tendance &#224; tenir les parents loin de leurs enfants et les taxait de &lt;i&gt;mauvais&lt;/i&gt; parents, moi, j'avais plut&#244;t tendance &#224; accorder une place de valeur aux parents et &#224; les consid&#233;rer comme partenaires importants dans l'attention &#224; leurs enfants, consid&#233;rant le placement de leurs enfants comme un moment o&#249; ils allaient pouvoir s'occuper d'eux-m&#234;mes et r&#233;fl&#233;chir sur la meilleure fa&#231;on de continuer leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau de l'&#233;ducation de mon fils en tant que maman &#171; solo &#187;, mais attachant une importance vitale &#224; la pr&#233;sence du papa, j'ai l'impression que j'ai toujours d&#251; me battre &lt;i&gt;contre&lt;/i&gt; cette soci&#233;t&#233; pour rester authentique et proche de mes valeurs. &#202;tre en r&#233;sistance face &#224; cette soci&#233;t&#233; hypocrite a souvent &#233;t&#233; difficile pour moi tant dans mon d&#233;sir d'&#233;duquer mon enfant comme je le sentais que dans ma mani&#232;re de vivre la relation &#224; l'homme dans mon besoin individuel d'amour. Je me suis souvent sentie rejet&#233;e, m&#233;pris&#233;e et peu soutenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que maintenant &#171; en fin de vie &#187; que je trouve enfin la force de vivre la r&#233;sistance &#224; travers une certaine libert&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comment mon regard sur les hommes a chang&#233; (Michelle)</title>
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		<dc:date>2024-10-16T09:12:01Z</dc:date>
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		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Grands-parents</dc:subject>

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&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2023-24 &lt;br class='autobr' /&gt;
Enfance &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233;e pr&#232;s de Tournai en 1946. Mon p&#232;re a &#233;t&#233; prisonnier des Allemands pendant 4 ans, il y &#233;tait ouvrier agricole. Il disait qu'il a mang&#233; mieux l&#224; que s'il &#233;tait rest&#233; en Belgique. Quand j'avais 4 ans, il est d&#233;c&#233;d&#233; dans un accident de train. J'ai grandi aupr&#232;s de mes grands-parents maternels. J'ai v&#233;cu 40 ans &#224; Mons. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je vais vous raconter une exp&#233;rience d'enfance traumatisante. Mon &#233;cole se trouvait &#224; 35 km de ma maison. De ce fait, &#224; l'&#226;ge de 12 (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot148" rel="tag"&gt;Femme, f&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot135" rel="tag"&gt;Amour, mariage, divorce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot190" rel="tag"&gt;Grands-parents&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-24&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Enfance&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Je suis n&#233;e pr&#232;s de Tournai en 1946. Mon p&#232;re a &#233;t&#233; prisonnier des Allemands pendant 4 ans, il y &#233;tait ouvrier agricole. Il disait qu'il a mang&#233; mieux l&#224; que s'il &#233;tait rest&#233; en Belgique. Quand j'avais 4 ans, il est d&#233;c&#233;d&#233; dans un accident de train. J'ai grandi aupr&#232;s de mes grands-parents maternels. J'ai v&#233;cu 40 ans &#224; Mons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais vous raconter une exp&#233;rience d'enfance traumatisante. Mon &#233;cole se trouvait &#224; 35 km de ma maison. De ce fait, &#224; l'&#226;ge de 12 ans, ma tante m'a h&#233;berg&#233;e. Mais j'y ai &#233;t&#233; abus&#233;e par son mari. Cela a dur&#233; 1 mois. Lorsque c'est arriv&#233;, je n'ai plus souhait&#233; aller chez ma tante. Bien que je n&#8216;ai rien expliqu&#233; &#224; ma m&#232;re, elle a compris. &#192; la suite de cet &#233;v&#233;nement, il y a eu une rupture de contact avec ma famille maternelle, car ma m&#232;re en a parl&#233; au sein de sa famille. Cette rupture a &#233;t&#233; difficile &#224; vivre. J'ai &#233;t&#233; bien soutenue par ma m&#232;re &#224; l'&#233;poque et j'aurais voulu lui dire &#171; merci de ton soutien maman &#187;, mais je n'en ai pas eu l'occasion avant son d&#233;c&#232;s. Le traumatisme d&#251; &#224; l'abus a dur&#233; pendant des ann&#233;es et cela a affect&#233; mon regard sur les hommes et les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Famille&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Ma m&#232;re nous a &#233;lev&#233;s seule. Elle &#233;tait tr&#232;s exigeante, mais aussi tr&#232;s pr&#233;sente. Elle tenait un commerce de 8h &#224; 19h. D'un c&#244;t&#233; du magasin, elle vendait du tabac et, de l'autre c&#244;t&#233; du magasin, elle vendait des objets de toilette et des produits de beaut&#233;. Ma tante maternelle &#233;tait c&#233;libataire, elle n'aimait pas les hommes. Mon grand-p&#232;re maternel nous l'avait impos&#233;e et elle vivait avec nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma grand-m&#232;re paternelle &#233;tait tr&#232;s attach&#233;e &#224; nous. Elle avait perdu son fils (mon p&#232;re) de mani&#232;re tragique. Et son mari &#233;tait mort jeune d'une tuberculose. Ma grand-m&#232;re &#233;tait picarde, elle disait toujours &#034;un baudet qui fait &#224; s'mode, c'est l'mi-temps d'ses nourritures&#034; ce qui veut dire : &#034;quelqu'un qui fait les choses comme il veut, c'est comme s'il avait d&#233;j&#224; la moiti&#233; de son salaire&#034;. C'&#233;tait un message de libert&#233;, j'y pense encore souvent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez ma grand-m&#232;re maternelle, c'&#233;tait tr&#232;s diff&#233;rent. Elle et son mari &#233;taient issus d'une classe sociale plus &#233;lev&#233;e. Mon grand-p&#232;re &#233;tait ouvrier dans une carri&#232;re. Ensuite il a d&#233;velopp&#233; un commerce tr&#232;s lucratif en vendant du charbon. Gr&#226;ce &#224; cela, il s'est offert une grande propri&#233;t&#233; bourgeoise. Il avait beaucoup de ma&#238;tresses. Ma grand-m&#232;re &#233;tait tr&#232;s discr&#232;te, tr&#232;s effac&#233;e, elle s'appelait Am&#233;lie. Tous les dimanches &#224; 10h00, notre grand-p&#232;re nous emmenait &#224; la messe &#224; la cath&#233;drale de Tournai. Mais on sentait de sa part une fumisterie, il s'en foutait compl&#232;tement et se serait assis &#224; l'envers s'il le pouvait ! Le repas qui suivait &#233;tait tr&#232;s silencieux, tr&#232;s diff&#233;rent de chez mes grands-parents paternels o&#249; c'&#233;tait tr&#232;s vivant.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;&#202;tre femme&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Ma m&#232;re a eu quelques amants apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de mon p&#232;re. Lorsque j'ai eu 16 ans, elle a &#233;pous&#233; le cousin de mon p&#232;re, mon tuteur. C'est gr&#226;ce &#224; lui et &#224; ma maman que mon regard sur les hommes a chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 18 ans je suis partie en voyage avec des amis. Dans le train qui m'emmenait en Espagne, j'ai rencontr&#233; un jeune homme espagnol. Nous avons eu des &#233;changes de lettres pendant un an et demi. J'&#233;tais tr&#232;s amoureuse de ce gar&#231;on. Il a demand&#233; ma main, mais mes parents ont refus&#233;, car j'&#233;tais aux &#233;tudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite je me suis mari&#233;e avec un homme proche de la famille, mais on s'est quitt&#233;s apr&#232;s 10 ans de mariage. Nous avons eu une fille. Avec le recul, je pourrais dire que ce mariage &#233;tait un mariage &#171; arrang&#233; &#187;. Je n'&#233;tais pas vraiment amoureuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s cela je suis tomb&#233;e amoureuse d'un homme de 25 ans de plus que moi. C'&#233;tait le directeur de l'institution o&#249; je travaillais. Il admirait les femmes et les respectait beaucoup. Il est mort il y a 13 ans. Nous avons &#233;t&#233; tr&#232;s heureux, il me manque beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Les changements dont je suis t&#233;moin&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Un changement qui me marque beaucoup ? C'est la naissance des p&#232;res proches de leurs enfants. Ce changement est pour moi extraordinaire. Je vois des hommes avec des poussettes, avec des porte-b&#233;b&#233;s sur le ventre. Ils s'impliquent dans l'&#233;ducation de leurs enfants. J'ai eu 2 maris et je ne les ai jamais vus se promener en tenant les enfants par la main. Ils &#233;taient l&#224; psychiquement, mais pas physiquement. &#192; l'&#233;cole proche de ma maison, je vois plus d'hommes que de femmes venir chercher les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je fais un lien entre cette observation et le fait qu'il y a plus de femmes qui occupent des postes importants, dans les entreprises, en politique, &#224; la t&#234;te des universit&#233;s. Comme les femmes travaillent, elles peuvent donner moins de temps &#224; leurs enfants et donc les hommes s'y mettent ! Mais cela pose une question : &#224; qui doit-on confier l'&#233;ducation des enfants ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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