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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>Une adolescence en r&#233;sistance (Laetitia S.)</title>
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		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>

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&lt;p&gt;Texte &#233;crit dans le cadre de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25, par la plus jeune participante de notre groupe, Laetitia, qui a une quarantaine d'ann&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je crois que je suis n&#233;e avec le param&#232;tre R&#201;SISTANCE. &lt;br class='autobr' /&gt;
La lutte contre les injustices fait partie int&#233;grante de moi-m&#234;me. C'est un pilier, un fondement, qui me rend plus vuln&#233;rable et d&#233;pendante aux stress ext&#233;rieurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1992, j'ai 10 ans, lutin exemplaire, parmi les plus &#224; l'honneur, mes chefs m'imposent un combat qui n'est pas le mien en me (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Texte &#233;crit dans le cadre de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25, par la plus jeune participante de notre groupe, Laetitia, qui a une quarantaine d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je crois que je suis n&#233;e avec le param&#232;tre R&#201;SISTANCE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre les injustices fait partie int&#233;grante de moi-m&#234;me. C'est un pilier, un fondement, qui me rend plus vuln&#233;rable et d&#233;pendante aux stress ext&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1992, j'ai 10 ans, lutin exemplaire, parmi les plus &#224; l'honneur, mes chefs m'imposent un combat qui n'est pas le mien en me confiant la responsabilit&#233; d'Emilie, atteinte de d&#233;ficience intellectuelle et de handicap moteur. Ma promesse d'&#234;tre &#171; l'amie de tous &#187; &#233;tait mise &#224; l'&#233;preuve. Je n'eus pas de mal &#224; appliquer ces promesses en m'engageant en faveur de l'inclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai 11 ans. Mon amoureux r&#233;el, mais platonique lance un violent coup de jambe jusqu'&#224; la figure d'A** apr&#232;s l'&#233;cole. A**, c'est le mouton noir de la classe. Le visage d'O** exprime de la fureur. A**, quant &#224; elle, a les mains recroquevill&#233;es sur son corps fr&#234;le et un mouvement de stupeur. Spectatrice malgr&#233; moi, cette sc&#232;ne dont je ne comprends ni les d&#233;clencheurs ni les enjeux provoque chez moi un profond d&#233;go&#251;t. Sur le champ, je d&#233;cide que ce gar&#231;on ne serait plus mon amoureux. M&#234;me si c'est le plus gentil de tous les gar&#231;ons de la classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai 12 ans. Je me laisse embarquer par le groupe de jeunes de la paroisse &#224; participer &#224; un camp de chantier en France. Offrir des abris, b&#226;tir de mes mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai 13 ans. La visite de cette usine &#224; poules pondeuses me p&#233;trifie d'horreur. Dans ces couloirs de cages empil&#233;es, les poules oubli&#233;es, entass&#233;es et d&#233;garnies par le stress, sont vues comme des machines. Les &#339;ufs d&#233;filent sur les tapis roulants. Mes compagnons de classe paraissent insensibles &#224; l'atmosph&#232;re qui nous entoure. Pour moi, &#231;a sent l'&#233;pouvante, et la mort. O&#249; se trouve la dignit&#233; du vivant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai 16 ans. Je sympathise avec une fille qui m'entra&#238;ne dans ses mauvaises influences. Nos m&#232;res se connaissent, apparemment j'ai quartier libre. J'apprends &#224; fumer, d&#233;coucher, me maquiller, sortir en bo&#238;te de nuit. Je refuse les jeux d'hypersexualisation que cette amie semble ma&#238;triser. Je deviens son ange gardien. Je couvre ses arri&#232;res lorsqu'elle teste ses charmes et exp&#233;rimente les hommes plus &#226;g&#233;s. Je veille. Ma maturit&#233; et mon d&#233;sint&#233;r&#234;t les tiennent &#233;loign&#233;s de moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;cide d'afficher une r&#233;elle diff&#233;rence avec le monde pourri qui m'entoure. J'entre en r&#233;sistance : je deviendrai straight edge*. Je veux incarner ma foi en mes valeurs. Je me rase la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence &#224; la maison et les humeurs de mon p&#232;re deviennent intol&#233;rables. Plus mon monde s'agrandit, plus l'injustice se fait criante dans le r&#244;le que ma famille s'&#233;vertue &#224; m'assigner. Je me perce la langue en cachette. Je n'en peux plus de me taire et de tout accepter sans broncher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai 17 ans, je me renferme. C'est nul de ne pas &#234;tre accept&#233;e par mes pairs. Je me sens terriblement incomprise, trahie, rejet&#233;e, isol&#233;e, diff&#233;rente. Je lutte contre une obscurit&#233; int&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai 19 ans. Je m'engage dans le b&#233;n&#233;volat. Pour maintes causes et dans de multiples milieux. Les luttes alternatives, l'antifascisme et la non-violence, les causes environnementales, sociopolitiques et syndicales ; e.a dans les festivals, les homes, les centres d'asile, de sans-abris, d'alphab&#233;tisation ; dans la rue, les for&#234;ts, les salles de cin&#233;ma et de spectacles et de concerts. Je crois fermement en l'&#233;ducation &#224; Ia culture au sens large, celle qui ne couvre pas seulement les arts mais aussi tous les niveaux d'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je remplis chaque &#233;tape de ma vie intens&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;i&gt; Straith edge : sous-culture &#233;manant du mouvement hardcore et punk en provenance des &#201;tats-Unis (80ies) et ayant fait son chemin largement en Su&#232;de dans les ann&#233;es 90 dont les valeurs pr&#244;nent le respect du vivant (v&#233;g&#233;tarisme ou v&#233;ganisme), de ses partenaires amoureux (no sex ou relations bas&#233;es sur les sentiments) et de soi-m&#234;me (no drugs no alcoohol). L'appartenance se cr&#233;e par le choix de se positionner en marge d'une soci&#233;t&#233; consum&#233;riste et capitaliste qui est en contradiction avec ces valeurs et de les incarner librement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Clins Dieu (Fabienne v.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1536</link>
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		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Deuils, mort</dc:subject>
		<dc:subject>Chr&#233;tien.ne (&#234;tre)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233;e dans une famille catholique tr&#232;s pratiquante. Mon grand-p&#232;re paternel m'a guid&#233;e dans l'amour de Marie. Sa maison pr&#232;s de Beauraing, o&#249; il avait assist&#233; aux apparitions, &#233;tait un havre de paix. Les apparitions eurent lieu de novembre 1932 &#224; janvier 1933. Nous avons rendu visite &#224; une voyante. Nous priions souvent dans le sanctuaire et allumions un cierge. Parfois il nous offrait de petites vierges qui s'illuminaient dans la nuit ou dans nos (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot140" rel="tag"&gt;Deuils, mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot186" rel="tag"&gt;Chr&#233;tien.ne (&#234;tre)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis n&#233;e dans une famille catholique tr&#232;s pratiquante. Mon grand-p&#232;re paternel m'a guid&#233;e dans l'amour de Marie. Sa maison pr&#232;s de Beauraing, o&#249; il avait assist&#233; aux apparitions, &#233;tait un havre de paix. Les apparitions eurent lieu de novembre 1932 &#224; janvier 1933. Nous avons rendu visite &#224; une voyante. Nous priions souvent dans le sanctuaire et allumions un cierge. Parfois il nous offrait de petites vierges qui s'illuminaient dans la nuit ou dans nos mains, car elles &#233;taient fluorescentes. En promenade, nous cueillions des fleurs que nous mettions pr&#232;s des vierges qu'il avait dispos&#233;es dans le jardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fait ma premi&#232;re communion dans mon &#233;cole, au Sacr&#233;-C&#339;ur de Lindthout en 1re primaire avec toute ma classe de 30 filles. Fin d'humanit&#233;, j'ai commenc&#233; des partages d'&#233;vangile. C'&#233;tait le d&#233;but de l'approfondissement de ma foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon grand-p&#232;re maternel est devenu le premier diacre de Bruxelles en 1970. Il nous a mari&#233;s religieusement en 1976 et a baptis&#233; nos 5 enfants. Nous discutions souvent de religion avec lui. Ma maman a &#233;t&#233; cat&#233;chiste et a cr&#233;&#233; une messe des jeunes &#224; Saint-Henri &#224; Woluwe St Lambert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En famille nous faisions la pri&#232;re &#224; table avant le repas, ce que je fais encore aujourd'hui. Nous chantons tous ensemble et, si j'oublie, mes petits-enfants me la rappellent. Nous avons tent&#233; des pri&#232;res du soir, mais cela terminait souvent par de grands fous rires. Nous n'avons pas pers&#233;v&#233;r&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s mon mariage je me suis engag&#233;e rapidement comme b&#233;n&#233;vole dans de nombreux secteurs li&#233;s &#224; ma foi : dans des groupes de pri&#232;re, en paroisse, visite aux malades &#8230; Petit &#224; petit j'ai pris des distances avec l'&#201;glise catholique, tr&#232;s bless&#233;e comme femme en particulier. Les femmes &#233;tant consid&#233;r&#233;es comme les servantes du Seigneur et donc &#8230; des pr&#234;tres ! J'ai pass&#233; plusieurs ann&#233;es chez les protestants &#233;vang&#233;liques avec des pasteurs hommes ou femmes, mari&#233;s ou pas. J'y ai d&#233;couvert la Bible diff&#233;remment et une vraie communaut&#233; accueillante qui s'entraide, joyeuse et engag&#233;e. Puis je suis revenue chez les catholiques, car les sacrements me manquaient et aussi les temps de No&#235;l et de P&#226;ques (l'avent et le car&#234;me).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me d&#233;finis comme chr&#233;tienne. Actuellement je dis souvent que ma colonne vert&#233;brale c'est ma foi, le Seigneur est ma force et mon chemin de vie. Je crois en Son Amour, Il me donne l'Esp&#233;rance dans les moments de d&#233;couragement. Je me confie &#224; Lui dans la pri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus beau cadeau c'est la r&#233;conciliation de mon couple. J'ai lutt&#233; et pri&#233; durant des ann&#233;es, ayant pens&#233; si souvent au divorce. Puis c'est le chemin de la gratitude que mon mari et moi &#233;tudiions avec une &#233;quipe de quatre couples et un pr&#234;tre, qui nous a ouvert les yeux et aid&#233;s &#224; nous pardonner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu a fait des miracles dans ma vie. J'ai eu de nombreux signes de Sa pr&#233;sence. Par exemple, quand je porte la communion aux malades ; je prie et chante avec eux. Quand tr&#232;s &#233;mus et touch&#233;s ils me remercient, je leur r&#233;ponds que cela ne vient pas de moi, mais du Seigneur. Je sens sa pr&#233;sence &#224; travers l'Eucharistie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que nous sommes en communion avec nos d&#233;funts et donc qu'il y a une vie apr&#232;s la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tr&#232;s beau signe est celui de mon papa. Je lui avais demand&#233;, alors qu'il &#233;tait en phase terminale d'un cancer : &#171; s'il y a quelque chose apr&#232;s la mort, fais-moi signe &#187;. Quelque temps apr&#232;s son d&#233;c&#232;s, une radio s'est allum&#233;e toute seule dans le living. Interpell&#233;e, j'ai de suite pens&#233; &#224; papa. D'autres fois des radios se sont allum&#233;es &#224; trois &#233;tages diff&#233;rents en m&#234;me temps. La derni&#232;re fois qu'il s'est manifest&#233;, c'&#233;tait la veille de la Toussaint. Je lisais avec un fond musical et tout d'un coup, le son est mont&#233; en intensit&#233;. Mon mari m'a demand&#233; de diminuer. Mais impossible, la radiocommande ne m'ob&#233;issait pas. Il s'est lev&#233;, l'a prise et a pu diminuer le volume sans probl&#232;me. Cela a recommenc&#233; peu apr&#232;s. Il a alors d&#233;branch&#233; la radio disant que j'avais tout d&#233;r&#233;gl&#233; alors que je n'avais touch&#233; &#224; rien. Je lui ai dit : &#171; d&#233;sol&#233;e, c'est papa qui me fait signe. Les radios c'&#233;tait son truc, il en avait fabriqu&#233; lui-m&#234;me &#187;. Alors j'ai pris le transistor de la salle de bain, je l'ai branch&#233;e au salon et presque instantan&#233;ment le son est mont&#233; &#224; tue-t&#234;te. Mon mari s'est avou&#233; vaincu, c'&#233;tait un myst&#232;re. Le lendemain, jour de la Toussaint, maman nous r&#233;unissait tous en m&#233;moire de papa et j'ai t&#233;moign&#233; &#224; toute la famille. Beaucoup doutaient de ma parole. Maman m'a alors demand&#233; : &#171; quand je rentre dans la maison, la lampe de l'entr&#233;e se met souvent &#224; clignoter, tu crois que c'est papa ? &#187;. Je lui ai r&#233;pondu que, peut-&#234;tre, oui, mais qu'on n'en a aucune preuve. Elle &#233;tait r&#233;confort&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papa m'a aussi fait de nombreux signes par des lampes qui clignotaient dans le living. Il y avait un spot, toujours le m&#234;me, qui s'&#233;teignait quand j'y &#233;tais. Un jour je pleurais au t&#233;l&#233;phone voulant &#224; nouveau divorcer et tous les spots se sont &#233;teints. Je me suis dit aie, aie, aie papa est tr&#232;s f&#226;ch&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maman m'a aussi fait des signes par le parfum des bougies odorantes de sa chambre mortuaire que j'ai senti la nuit dans mon lit et encore le lendemain devant l'ordinateur lors de la r&#233;daction de l'annonce de son d&#233;c&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier cadeau d'Amour que j'ai re&#231;u du Seigneur, c'&#233;tait en automne de cette ann&#233;e 2024 lors d'une retraite. Nous avions v&#233;cu des moments forts, des t&#233;moignages difficiles surtout sur les familles divis&#233;es, confront&#233;es &#224; un suicide, un couple st&#233;rile, un parent qui ne voyait plus un de ses enfants ... Il y avait dans le groupe un jeune fianc&#233;. J'ai pens&#233; que ces t&#233;moignages lui feraient peur. Alors, j'ai voulu le rassurer en disant qu'on n'&#233;tait pas seul dans les difficult&#233;s, que le Seigneur &#233;tait &#224; nos c&#244;t&#233;s. Comme par exemple, lors de ma quatri&#232;me grossesse, une dame a insist&#233; pour que nous rentrions dans un groupe de pri&#232;re. Apr&#232;s plusieurs refus j'ai finalement c&#233;d&#233;. Le Seigneur m'y attendait, notre fille est n&#233;e avec un handicap et nous avons &#233;t&#233; tr&#232;s soutenus par ce groupe. J'ai ensuite partag&#233; d'autres choses douloureuses de mon histoire et j'ai fondu en larmes. Je n'arrivais plus &#224; me reprendre, j'&#233;tais en sanglots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de nous retrouver tous ensemble pour la conclusion de la retraite, je suis sortie promener dans le parc pour reprendre mes esprits. Je suis arriv&#233;e pr&#232;s d'une grande statue de St. Joseph qui est le patron des familles. Elle &#233;tait plac&#233;e sous un grand arbre. Plus loin j'ai d&#233;couvert une croix cach&#233;e par le lierre. J'ai commenc&#233; &#224; la d&#233;gager et tout d'un coup, j'ai entendu comme un souffle &#224; ma droite venant du grand arbre. Puis un bruit comme de la gr&#234;le, j'ai tourn&#233; la t&#234;te et j'ai vu une avalanche de feuilles multicolores tombant en masse. J'ai regard&#233;, &#233;bahie, boulevers&#233;e, me demandant ce qu'il se passait. &#192; gauche et &#224; droite de cet arbre, rien ne bougeait. Il n'y avait pas de vent ni de pluie. J'ai de suite pens&#233; au souffle du Saint-Esprit et j'ai ressenti comme un torrent d'amour envoy&#233; sur les familles. Mon c&#339;ur battait la chamade. Puis &#231;a s'est arr&#234;t&#233;. J'ai continu&#233; ma promenade et &#224; nouveau dans le creux d'un vallon cette fois, une pluie de feuilles s'est abattue sur moi. J'en avais partout. Puis j'ai senti couler comme une grosse larme sur ma joue gauche. J'ai alors pens&#233; &#224; la parole que nous disions dans le groupe de la pri&#232;re des m&#232;res : &#171; Tu ris avec nous et Tu pleures avec nous &#187;. Parlant du Seigneur qui est pr&#233;sent dans nos joies et nos peines. Comme la premi&#232;re fois, pas une feuille ne bougeait ailleurs. Le soleil brillait. J'ai essuy&#233; cette grosse larme qui coulait sur moi, rendant gr&#226;ce &#224; Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais, je crois en la pr&#233;sence vivante de Dieu dans nos vies. Il vous aime !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>S'Emerveiller et Agir (Mireille M.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1543</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1543</guid>
		<dc:date>2025-04-18T07:35:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>Pand&#233;mie Covid 19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'&#233;veille souvent avec le sourire. Quand la situation pr&#233;occupante du monde me rattrape, m'extraire du lit s'av&#232;re la meilleure option. Je sais que le cerisier et le c&#232;dre du Liban veillent dans le jardin et je me d&#233;p&#234;che d'&#233;carter les tentures. Fin janvier, nous avons gagn&#233; une heure de luminosit&#233; sauf quand la peau du ciel ne laisse rien filtrer, comme ce matin. J'&#233;cris dans le sillage d'informations entendues &#224; la radio. Bruno Humbeeck a pr&#233;sent&#233; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot142" rel="tag"&gt;Ecole, &#233;tudes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot198" rel="tag"&gt;Pand&#233;mie Covid 19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je m'&#233;veille souvent avec le sourire. Quand la situation pr&#233;occupante du monde me rattrape, m'extraire du lit s'av&#232;re la meilleure option. Je sais que le cerisier et le c&#232;dre du Liban veillent dans le jardin et je me d&#233;p&#234;che d'&#233;carter les tentures. Fin janvier, nous avons gagn&#233; une heure de luminosit&#233; sauf quand la peau du ciel ne laisse rien filtrer, comme ce matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;cris dans le sillage d'informations entendues &#224; la radio. Bruno Humbeeck a pr&#233;sent&#233; son dernier ouvrage &lt;i&gt;&#201;duquer &#224; l'&#233;merveillement. Comment cultiver le go&#251;t du merveilleux chez l'enfant et le pr&#233;server chez l'adulte&lt;/i&gt;. Comme lui, je pense que l'&#233;merveillement r&#233;side dans la fa&#231;on de regarder. Je m'efforce d'entretenir cette capacit&#233; au quotidien, ce qui n&#233;cessite de solliciter aussi ma volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Kabuta s'invite dans mes pens&#233;es. D&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 90, il a introduit le &lt;i&gt;k&#224;s&#224;la&lt;/i&gt; en Belgique, en France&#8230; &lt;i&gt;K&#224;s&#224;la : une &#233;cole de l'&#233;merveillement&lt;/i&gt;, malheureusement &#233;puis&#233;, s'av&#232;re le plus accessible de ses livres. Chaque jour, cet &#233;crivain, chercheur et formateur &#233;crit un &lt;i&gt;k&#224;s&#224;la&lt;/i&gt; et nous invite &#224; faire de m&#234;me. Je pratique cet art de temps &#224; autre. Dans le cadre d'un atelier, j'ai sollicit&#233; la cr&#233;ativit&#233; de mes pairs &#224; Entrelacs pour nourrir l'&#233;criture d'un &lt;i&gt;k&#224;s&#224;ka&lt;/i&gt;, en hommage &#224; ce r&#233;seau pyscho-social malheureusement devenu inactif apr&#232;s quasi 25 ann&#233;es de fonctionnement. J'ai r&#233;colt&#233; des t&#233;moignages afin de cr&#233;er un &lt;i&gt;k&#224;s&#224;la&lt;/i&gt; en l'honneur de l'asbl &lt;i&gt;La Gaumette&lt;/i&gt;, en bord de Semois, dont j'appr&#233;cie les formations, l'ambiance chaleureuse, les valeurs et engagements. Peaufiner l'&#233;criture et lire, ou mieux encore, r&#233;citer son &lt;i&gt;k&#224;s&#224;la&lt;/i&gt; devant la communaut&#233; font partie int&#233;grante de la d&#233;marche et nous engage. &lt;i&gt;Le k&#224;s&#224;la contemporain d&#233;fini comme art d'&#234;tre vivant se veut de plus en plus engag&#233; et politique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Kabuta et David Van Reybrouck se connaissent-ils ? Le recueil &lt;i&gt;Odes&lt;/i&gt; &#233;crit, dans les parages de la po&#233;sie, par cet activiste d&#233;mocratique, se trouve parmi mes livres de chevet. Cet humaniste engag&#233; nous convie &#233;galement &#224; &#233;crire une ode, chaque jour. Avec Thomas d'Ansembourg, il a &#233;crit &lt;i&gt;La paix &#231;a s'apprend : gu&#233;rir de la violence.&lt;/i&gt; Dans le cadre d'un entretien, il recommande de s'int&#233;resser &#224; la fraternit&#233; au niveau conceptuel et politique et de la cultiver davantage. Apprendre &#224; vivre en paix pour s'atteler aux grands d&#233;fis climatiques et plan&#233;taires, une priorit&#233; pour l'esp&#232;ce humaine, pour le vivant ! Il a d&#233;clar&#233; qu'il renon&#231;ait &#224; &#233;crire encore de grands livres historiques malgr&#233; sa passion pour l'histoire et son plaisir &#224; collecter des t&#233;moignages, afin de r&#233;cup&#233;rer du temps pour agir (au sein du G1000 &#8230;). Il m'inspire &#233;norm&#233;ment par ses &#233;crits, son &#233;coute, ses prises de paroles intelligentes, nuanc&#233;es et respectueuses, par ses engagements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant quasi 4 d&#233;cennies, professionnellement, je me suis engag&#233;e avec passion, envers des &#233;quipes &#233;ducatives et des enfants. J'ai op&#233;r&#233; des s&#233;lections de livres en collaboration avec des libraires, organis&#233; des formations pour enrichir les pratiques et d&#233;velopper un langage commun, anim&#233; des ateliers cr&#233;atifs dans des &#233;coles d'une commune bruxelloise &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant le 2e confinement, les &#233;coles sont heureusement rest&#233;es ouvertes et les m&#233;diateurs culturels autour des livres ont &#233;t&#233; autoris&#233;s &#224; y intervenir. Ma coll&#232;gue et moi avons repris l'animation de nos ateliers respectifs, anim&#233;es par le d&#233;sir (plus fort que la peur) de partager du beau, du serein, de nourrir l'esp&#233;rance en des jours meilleurs. Au d&#233;but de chaque atelier, j'ai &#244;t&#233; mon masque et pris le temps de regarder chaque enfant. Ce n'&#233;tait pas facile de lire &#224; voix haute, derri&#232;re cet &#233;cran. C'&#233;tait plus fatigant aussi. (Les enseignant.es ont vraiment accompli des prouesses au quotidien et le personnel d'entretien.) Libres, nous avons travers&#233; l'Am&#233;rique, march&#233; dans les grandes plaines et les for&#234;ts avec un ours et un clown (album &lt;i&gt;Le voyage d'Oregon &lt;/i&gt; de Louis Joos et Rascal). Libres, nous avons vol&#233; avec &lt;i&gt;Les Oiseaux &lt;/i&gt; et un camionneur (album de Germano Zullo et Albertine). Nous avons ri et formul&#233; des v&#339;ux avec &lt;i&gt;Le G&#233;nie de la bo&#238;te de raviolis&lt;/i&gt; et Armand (film anim&#233; de Germano Zullo et Albertine) &#8230; Nous avons go&#251;t&#233; &#224; la puissance de l'audace, de la solidarit&#233;, de l'amiti&#233;, de l'imaginaire. Nele a d&#233;coup&#233; de mini accessoires dans du papier et utilis&#233; un morceau de son &#233;lastique &#224; cheveux pour Petit clown, ma fid&#232;le marotte. Je conserve pr&#233;cieusement cette &#233;charpe, ce bonnet et ce masque. Roxana a &#233;crit : &lt;i&gt;On peut lib&#233;rer les gens de leur cage, ouvrir un nouveau monde. Mohammed a appel&#233; &#224; aider et prot&#233;ger la for&#234;t. Se promener dans la for&#234;t, c'est bon pour la sant&#233;. Les gens r&#234;vent dans la nature. Si les &#233;toiles tombaient, si la for&#234;t &#233;tait en feu, ce serait grave pour la nature. Les gens doivent aider, sauver la for&#234;t.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la &lt;i&gt;p&#233;riode Covid&lt;/i&gt;, dans ma bulle, j'ai lu des po&#232;mes destin&#233;s aux familles endeuill&#233;es. Des po&#232;tes belges ont port&#233; la belle initiative &lt;i&gt;Fleurs de fun&#233;railles&lt;/i&gt;, pour adoucir le chagrin et pallier le manque de ritualisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant le premier confinement, suite &#224; une demande, j'ai organis&#233; des petits concerts a capella dans la cour du home &lt;i&gt;La Charrette&lt;/i&gt;, avec la participation de copines des &lt;i&gt;Z'Ateliers Trad&lt;/i&gt;. J'avais obtenu des autorit&#233;s l'autorisation de chanter en quintette, la r&#232;gle &#233;tant de se d&#233;placer en solo ou duo dans l'espace public &#224; l'&#233;poque. Nous avons tant re&#231;u &#224; travers la belle &#233;coute des r&#233;sident.es derri&#232;re leurs fen&#234;tres grandes ouvertes et leurs larges sourires. Nous avons eu tant de plaisir &#224; chanter &#224; plusieurs. Nous avons tant per&#231;u aussi leur solitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les confinements, &lt;i&gt;certains se sont mis &#224; penser, voire r&#234;ver du monde d'apr&#232;s, plus solidaire et respectueux de la plan&#232;te. Cinq ans plus tard, o&#249; sont pass&#233;s ces espoirs de changements, quelles le&#231;ons a-t-on tir&#233;es pour rebondir lors d'autres crises, avec davantage d'humanit&#233; ?&lt;/i&gt; (5 podcasts d'Arnaud Ruyssens sur le Covid)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s &lt;i&gt;la p&#233;riode Covid&lt;/i&gt;, au moment de prendre ma retraite, j'ai retrouv&#233; mes jeunes alors en fin de scolarit&#233; primaire, avec Petit Clown et quelques livres. L'album documentaire &lt;i&gt;Fantaisies naturelles&lt;/i&gt; (de C&#233;cile Benoist et Sandra Lizzio) pour susciter l'&#233;merveillement : une passerelle pr&#233;cieuse pour tendre vers le respect et la protection de la nature ; Le roman &lt;i&gt;113 raisons d'esp&#233;rer&lt;/i&gt; (de Marie Colo) ; Le recueil &lt;i&gt;Ces jeunes qui changent le monde&lt;/i&gt; (de Julieta Canepa et Pierre Ducrozet), afin de d&#233;couvrir les engagements de quelques-uns d'entre eux, leurs actions, les r&#233;sultats concrets obtenus. Les jeunes pr&#233;sent&#233;s dans ce recueil veulent agir par rapport &#224; l'&#233;ducation des jeunes filles, au mariage forc&#233;, &#224; la biodiversit&#233;, &#224; la d&#233;forestation, au climat, aux droits LGPT, &#224; l'armement, au conflit isra&#233;lo-palestinien, &#224; la corruption &#8230; J'ai remerci&#233; mes jeunes pour le chemin parcouru ensemble. Je leur ai exprim&#233; ma confiance en eux et mon admiration pour leurs relations pleines de bienveillance les uns envers les autres (depuis tout petits aux dires des enseignant.es). Quel terreau pr&#233;cieux pour les autres relations qu'ils noueront !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce monde qui tourne fou, &#233;crire un ha&#239;ku, un &lt;i&gt;k&#224;s&#224;la&lt;/i&gt;, une ode contribue &#224; c&#233;l&#233;brer le vivant et &#224; prendre soin de ma sant&#233; mentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout r&#233;cemment, Patrick Chamoiseau, l'&#233;crivain martiniquais multiforme inspir&#233; par l'ethnographie s'est exprim&#233; &#224; la radio. Il nous convie &lt;i&gt;&#224; imaginer, cr&#233;er, s'exposer &#224; des stimulations artistiques pour introduire une dimension humaine dans le r&#233;el. Prendre en compte les dimensions syst&#233;miques des probl&#232;mes et imaginer pour s'en sortir. Construire une &#233;conomie plurielle avec le souci de l'&#233;cologie, de la culture, de l'enfant, de la solidarit&#233; avec l'autre, de l'accomplissement de chacun.e.&lt;/i&gt; Il a termin&#233; l'entretien en relatant que son fr&#232;re saluait le soleil chaque matin avec un vers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 f&#233;vrier 2025, nous &#233;tions entre 60.000 (selon la police) et 100.000 manifestant.es (selon les syndicats) &#224; d&#233;filer dans les rues de Bruxelles, pour exprimer nos inqui&#233;tudes, nos tristesses, notre m&#233;contentement, notre r&#233;volte dans le froid et sous une pluie fine intermittente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agir me donne le sentiment d'avoir une certaine prise sur les &#233;v&#233;nements. J'ai aussi l'&#233;nergie du b&#233;lier (signe) qui va de l'avant. Les atteintes port&#233;es &#224; &lt;i&gt;ce qui fait humanit&#233;&lt;/i&gt; sont nombreuses. Pour quelle cause vais-je m'investir ? Dans quel collectif accueillant &#224; l'&#233;merveillement, &#224; la cr&#233;ativit&#233; et &#224; la joie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au dernier jour, j'aimerais ressentir le d&#233;sir d'apprendre, de c&#233;l&#233;brer et de partager. D&#232;s &#224; pr&#233;sent, j'aimerais tendre vers un &#233;quilibre entre agir et me laisser &#234;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M'engager en politique, un acte de r&#233;sistance (Bernadette C.)</title>
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		<dc:date>2023-07-04T13:46:15Z</dc:date>
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		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lorsque je prends ma retraite, les Ecolos s'installent enfin dans ma petite commune ; je saisis cette chance et prends une part active dans ce parti qui d&#233;fend des valeurs auxquelles je crois. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ecolo ! Ce choix suscite aussit&#244;t les quolibets de mes fr&#232;res et beaux-fr&#232;res ; dans la famille, les hommes savent tout, surtout en politique et les femmes &#233;coutent ou vont &#171; papoter &#187; de leur c&#244;t&#233;. Accepter de s'inscrire sur une liste &#233;lectorale, s'exposer en se pr&#233;sentant, se r&#233;clamer de ses valeurs, prendre (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Engagement (social,politique)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot148" rel="tag"&gt;Femme, f&#233;minisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsque je prends ma retraite, les Ecolos s'installent enfin dans ma petite commune ; je saisis cette chance et prends une part active dans ce parti qui d&#233;fend des valeurs auxquelles je crois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecolo ! Ce choix suscite aussit&#244;t les quolibets de mes fr&#232;res et beaux-fr&#232;res ; dans la famille, les hommes savent tout, surtout en politique et les femmes &#233;coutent ou vont &#171; papoter &#187; de leur c&#244;t&#233;. Accepter de s'inscrire sur une liste &#233;lectorale, s'exposer en se pr&#233;sentant, se r&#233;clamer de ses valeurs, prendre le risque de recueillir ou non des voix, c'est un acte courageux, qui m&#233;rite de la consid&#233;ration plut&#244;t que la ris&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En naissant, je crois que je suis entr&#233;e en r&#233;sistance vis &#224; vis de ma famille ; mais j'ai choisi la tangente pour pouvoir y vivre. Je n'ai brandi aucun drapeau, mes balbutiements ont bien &#233;t&#233; sem&#233;s de quelques &#233;clats, mais les mots me manquaient souvent pour me faire bien entendre, et le cran pour m'imposer, pour m'opposer. La peur d'&#234;tre rejet&#233;e. Le sentiment de parler une autre langue aussi. Ma r&#233;sistance me fragilise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De temps en temps, en famille, je prends la peine de r&#233;agir, d'exprimer mon irritation, un avis diff&#233;rent, ma col&#232;re ; j'essaie d'&#234;tre au plus juste de qui je suis, du moins ce que j'en connais, et de faire mes choix en cons&#233;quence. Je suis pers&#233;v&#233;rante et tout compte fait, une r&#233;sistante !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Un mois sans voiture (Isabelle P.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1476</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1476</guid>
		<dc:date>2023-07-04T13:45:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Developpement durable</dc:subject>
		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1994 : nous sommes une jeune famille bruxelloise comme beaucoup d'autres. Papa instituteur, maman biblioth&#233;caire, deux enfants, Antoine, 4 ans, Coline, 2 ans, et un troisi&#232;me, Baptiste ou Louise, on ne sait pas encore, on l'attend dans quelques mois. Nous avons d&#233;cid&#233; de vivre en ville. L'id&#233;e d'habiter loin et de faire de longs trajets, en voiture ou en transports en commun pour rejoindre le boulot et l'&#233;cole nous semblait insupportable. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme tous nos amis et connaissances, nous poss&#233;dons une (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot141" rel="tag"&gt;Developpement durable&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Engagement (social,politique)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot185" rel="tag"&gt;Bruxelles (quartiers)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1994 : nous sommes une jeune famille bruxelloise comme beaucoup d'autres. Papa instituteur, maman biblioth&#233;caire, deux enfants, Antoine, 4 ans, Coline, 2 ans, et un troisi&#232;me, Baptiste ou Louise, on ne sait pas encore, on l'attend dans quelques mois. Nous avons d&#233;cid&#233; de vivre en ville. L'id&#233;e d'habiter loin et de faire de longs trajets, en voiture ou en transports en commun pour rejoindre le boulot et l'&#233;cole nous semblait insupportable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous nos amis et connaissances, nous poss&#233;dons une voiture, mais, contrairement &#224; beaucoup d'autres, nous l'utilisons peu. A cela, plusieurs raisons, certaines militantes, d'autres plus pragmatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau militant d'abord : nous voulons pour nos enfants un environnement urbain, mais o&#249; ils puissent vivre dans le calme et sans pollution. Dans les ann&#233;es 90, le tout &#224; la voiture est encore tristement la r&#232;gle, et nous voulons participer au changement. Mon mari est membre actif du Gracq, utilise le v&#233;lo en presque toutes circonstances, ce qui &#224; cette &#233;poque est h&#233;ro&#239;que ou kamikaze, tant rien ou presque n'est fait en termes d'am&#233;nagements cyclables. Moi, je n'ai pas le temp&#233;rament assez combatif pour affronter au quotidien les automobilistes exasp&#233;r&#233;s de se voir frein&#233;s dans leur &#233;lan. J'ai un souvenir durable de cette bord&#233;e d'injures dont nous a abreuv&#233; un conducteur lorsque nous roulions &#224; deux de front comme la loi nous y autorisait, avenue g&#233;n&#233;ral Jacques, &#224; l'heure de pointe. Pour moi, la militance a ses limites, la mienne sera d'aller &#224; pied et en tram ! Le quartier o&#249; nous vivons, proche de la biblioth&#232;que o&#249; je travaille, a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; choisi dans cette optique de mobilit&#233; douce. Je suis au travail &#224; pied en 15 minutes. L'&#233;cole des enfants a &#233;t&#233; choisie, pour sa p&#233;dagogie bien s&#251;r, mais aussi pour sa proximit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres raisons plus terre &#224; terre nous poussent &#224; utiliser le moins possible notre voiture : m&#234;me si c'est une sympathique deux chevaux rouge qui fait presque partie de la famille, elle co&#251;te cher dans notre budget plus que serr&#233;. Mais pourrions-nous nous en passer, alors que nos familles habitent en province, que beaucoup de nos amis quittent la ville et vont s'&#233;tablir &#224; Houtsiplou les berdouilles ? Comment partir en vacances ? Et en cas d'urgence, comment faire sans voiture ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, c'est un projet de la ligue des familles qui sera pour nous le d&#233;clic : Un mois sans voiture ! Sous ce slogan, et dans le cadre d'un colloque qu'elle organise, la ligue propose &#224; des automobilistes bruxellois de se passer de leur voiture pendant un mois et de t&#233;moigner des avantages et inconv&#233;nients de la chose. Notre inscription est retenue, parmi d'autres, repr&#233;sentant la diversit&#233; des familles bruxelloises : une famille avec ados, une femme seule, un couple de retrait&#233;s, une autre famille avec enfants&#8230;Devant les cam&#233;ras du JT, Antoine est tr&#232;s fier de remettre les cl&#233;s de notre auto aux organisateurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience n'a pas &#233;t&#233; pour nous tr&#232;s compliqu&#233;e, puisque beaucoup de choses avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mises en place, et nous a permis de r&#233;fl&#233;chir &#224; ce qui justement nous paraissait encore difficile : nous avons d&#233;couvert les livraisons des supermarch&#233;s, nous avons appris &#224; ne plus faire de d&#233;placements impulsifs, mais &#224; les planifier, et nous avons calcul&#233; que prendre un taxi de temps en temps n'&#233;tait pas si couteux au vu des &#233;conomies r&#233;alis&#233;es en vendant la voiture&#8230; ce que nous avons fait, d'ailleurs, &#224; la fin de l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous n'avions pas pr&#233;vu, par contre, c'est le relais m&#233;diatique autour de l'op&#233;ration. Les JT de la RTBF et de la VRT nous ont interview&#233;s, et l'&#233;mission Autant Savoir a consacr&#233; un num&#233;ro &#224; ce sujet. Ce fut d'ailleurs un samedi mouvement&#233; ! Les journalistes, cameramen et preneurs de son ont d&#233;barqu&#233; chez nous &#224; la table du petit d&#233;jeuner, ensuite comme, budget oblige, ils n'avaient que 3 heures &#224; nous consacrer pour r&#233;aliser des images qui illustrent leur interview, ils nous ont emmen&#233;s&#8230; en voiture ! &#8230; au march&#233;, puis &#224; la gare pour qu'on y fasse semblant de prendre le train, puis, retour &#224; la maison, j'ai pr&#233;par&#233; les enfants pour aller &#224; l'&#233;cole en tram, petit cartable sur le dos, ce qui a fait dire &#224; Antoine : &#8220;mais Maman y a pas &#233;cole aujourd'hui !&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;actions ont &#233;t&#233; dans l'ensemble tr&#232;s positives, m&#234;me si dans le quartier, on nous a vite surnomm&#233;s avec un rien de raillerie les petits &#233;colos de la rue&#8230; Ce qui m'a davantage surprise, c'est le nombre de personnes admiratives qui sont venus me dire &#8220;c'est bien ce que vous fa&#238;tes, mais moi je ne pourrais pas, parce que&#8230; &#8220;avan&#231;ant chacun des arguments tr&#232;s valables, mais comme s'ils avaient besoin de s'excuser aupr&#232;s de moi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci &#233;tant, je me plais &#224; penser que cette exp&#233;rience finalement assez festive et dr&#244;le a permis &#224; certains de r&#233;fl&#233;chir &#224; leur propre mobilit&#233; &#8230;C'&#233;tait 6 ans avant la premi&#232;re journ&#233;e sans voiture, le 22 septembre 2000 (m&#234;me s'il y avait d&#233;j&#224; eu quelques dimanches sans voiture lors de la crise p&#233;troli&#232;re dans les ann&#233;es 70, je me souviens encore qu'&#224; cette &#233;poque j'avais fait du patin &#224; roulettes sur la chauss&#233;e !). On ne parlait pas encore d'urgence climatique, ou si peu, et 70 % de l'espace public &#233;tait alors occup&#233; par la voiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trente ans plus tard, les choses bougent, bien s&#251;r, les circonstances l'exigent, des politiques se mettent en place, parfois dans le chaos, mais on avance&#8230; Il faut du temps pour que les gens acceptent ce changement, et trop souvent les politiques reculent, riv&#233;s &#224; leurs scores &#233;lectoraux parce que trop souvent c'est la seule chose qui compte&#8230; Je me souviens du toll&#233; lorsque fut d&#233;cid&#233; le site propre pour le tram dans le goulet Louise. Aujourd'hui, qui s'en souvient ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il para&#238;t que d'ici 2030, en Belgique, les d&#233;placements cyclistes et &#224; pied auront augment&#233; de 70% ! Je suis contente d'apporter ma petite pierre &#224; l'&#233;difice d'une mobilit&#233; apais&#233;e pour tous. J'esp&#232;re juste que les cyclistes &#233;chapperont au syndrome &#8220;je suis le roi de la route&#8221; et respecteront les pi&#233;tons&#8230; et si n&#233;cessaire, je militerai &#224; l'association &#8220;Tous &#224; pied&#8221; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une vie au service des enfants travailleurs du P&#233;rou et d'ailleurs (Nelly)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1448</link>
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		<dc:date>2022-11-04T08:51:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2020-21 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233;e &#224; Lima, au P&#233;rou, en 1955. Je suis la troisi&#232;me de quatre filles. On habitait dans un quartier populaire. Quand j'avais 5 ans, mon p&#232;re a disparu et ma m&#232;re a d&#251; se d&#233;brouiller toute seule. Je voyais ma m&#232;re travailler beaucoup. Elle &#233;tait concierge et lavait le linge des personnes du quartier. Le matin, avant d'aller &#224; l'&#233;cole, mes s&#339;urs et moi l'aidions. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens que ma maman a pleur&#233; quand j'ai arr&#234;t&#233; l'&#233;cole, &#224; la fin de l'&#233;cole primaire. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Engagement (social,politique)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot163" rel="tag"&gt;Solidarit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2020-21&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis n&#233;e &#224; Lima, au P&#233;rou, en 1955. Je suis la troisi&#232;me de quatre filles.&lt;br class='autobr' /&gt;
On habitait dans un quartier populaire. Quand j'avais 5 ans, mon p&#232;re a disparu et ma m&#232;re a d&#251; se d&#233;brouiller toute seule. Je voyais ma m&#232;re travailler beaucoup. Elle &#233;tait concierge et lavait le linge des personnes du quartier. Le matin, avant d'aller &#224; l'&#233;cole, mes s&#339;urs et moi l'aidions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens que ma maman a pleur&#233; quand j'ai arr&#234;t&#233; l'&#233;cole, &#224; la fin de l'&#233;cole primaire. J'avais 12 ans et je voulais travailler pour l'aider. J'ai travaill&#233; dans 2 familles, je m'occupais des enfants. Dans la premi&#232;re, j'&#233;tais exploit&#233;e. Je devais tout faire, j'&#233;tais comme en prison mais j'&#233;tais contente de pouvoir donner mon salaire &#224; maman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai eu 17 ans, ma s&#339;ur ain&#233;e m'a dit :
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Nelly, il faut que tu reprennes tes &#233;tudes. Tu es intelligente, moi je travaille dans une usine de v&#234;tements de femmes et je t'apprendrai la couture et on va s'en sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ma s&#339;ur m'a appris &#224; coudre sur les machines industrielles. J'ai trouv&#233; un boulot comme &#231;a et j'ai suivi l'&#233;cole secondaire en cours du soir. Ensuite j'ai continu&#233; l'universit&#233; et j'ai obtenu mon dipl&#244;me d'enseignante en sciences sociales. &#192; ce moment-l&#224;, j'&#233;tais aussi cat&#233;chiste dans mon quartier. C'est ainsi qu'un pr&#234;tre nous a propos&#233; de nous occuper des enfants du quartier. Et je suis devenue enseignante pour les enfants pauvres qui doivent travailler pour aider leur famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a a &#233;t&#233; la plus belle exp&#233;rience de ma vie ! Et le d&#233;but de l'organisation des enfants et adolescents travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions une &#233;quipe de trois jeunes adolescentes. Nous vivions dans une maison avec une vingtaine d'enfants de la rue. On se levait &#224; quatre heures du matin pour cuisiner, leur donner &#224; manger avant qu'ils aillent travailler dans la rue : laver des voitures, vendre diff&#233;rents produits, aider au march&#233;... Ensuite je me reposais un peu pour &#234;tre faire l'enseignante &#224; leur retour. Parfois tr&#232;s tard le soir, &#224; minuit avec des bougies, je les aidais &#224; faire leurs devoirs. Il fallait aussi les encadrer, les structurer. Un enfant dans le groupe peut s'ouvrir aux autres, partager ses probl&#232;mes et ses joies. Il est valoris&#233; quand il voit qu'il y a d'autres enfants qui travaillent pour aider leur famille, acheter du mat&#233;riel scolaire. Ces enfants ont l'envie de s'en sortir, ils sont responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a a &#233;t&#233; mon travail jusqu'en 1990. Depuis 1982 cette organisation fait partie d'un mouvement international catholique (Midade) qui a son si&#232;ge &#224; Paris. L'esprit fondateur de cette organisation est belge, le cardinal Cardijn. Lorsque la f&#233;d&#233;ration internationale &#224; Paris m'a demand&#233; de faire partie de leur &#233;quipe pour partager notre exp&#233;rience, j'en ai parl&#233; avec les enfants et ils m'ont dit : &#171; Tu dois y aller ! &#187;. Et je suis all&#233;e &#224; Paris. Cela a permis de mettre en valeur les enfants, leur lutte au niveau local et international. C'&#233;tait une exp&#233;rience tr&#232;s riche. Car le th&#232;me du travail des enfants est encore en d&#233;bat. Les enfants disent &#171; Nous avons le droit de travailler ! &#187; mais ils doivent pouvoir travailler dans des conditions dignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'exp&#233;rience de 4 ans &#224; Paris, je suis retourn&#233;e au P&#233;rou pour continuer mon travail &#224; l'&#233;cole publique. Et apr&#232;s 8 ann&#233;es dans mon pays, je suis venue en Belgique pour suivre une formation en th&#233;ologie. Ici, nous avons ici cr&#233;&#233; une association (BelgicaNNATs) qui continue &#224; soutenir la cause des enfants au niveau r&#233;gional, national et international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, dans les pays d'Am&#233;rique Latine, le mouvement des enfants travailleurs existe encore. Il s'est d&#233;velopp&#233; m&#234;me en Afrique et moi j'en suis fi&#232;re. On a cr&#233;&#233; des maisons pour les enfants, des &#233;coles, apport&#233; du soutien aux familles. Et cela continue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ma vie, j'ai toujours accompagn&#233; les gens dans des situations difficiles qui veulent s'en sortir. Je les aide &#224; les mettre en valeur. Mon message : ce n'est pas parce qu'on est pauvre qu'on ne peut pas y arriver. J'ai toujours fait partie d'associations. M&#234;me tout jeune, on peut transformer sa vie et celle des autres !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le premier centre pluraliste de planning familial (Gis&#232;le)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1356</link>
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		<dc:date>2021-10-28T07:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Contraception, avortement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 60 t&#233;moignent d'un bouleversement des conceptions de vie familiale, professionnelle. Le contr&#244;le de la f&#233;condit&#233; est &#224; l'ordre du jour. Celui-ci modifie les relations, les r&#244;les de chacun au sein du couple, le mod&#232;le familial et la relation famille-soci&#233;t&#233;. A l'&#233;poque, se rassembler et d&#233;passer les cloisonnements philosophiques sur ces questions conjugales et familiales, est un grand d&#233;fi. &lt;br class='autobr' /&gt; Mon engagement dans le premier centre pluraliste de planning familial date de 1968. Nous &#233;tions un groupe (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot187" rel="tag"&gt;Contraception, avortement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH150/arton1356-a5d56.jpg?1771356306' width='150' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les ann&#233;es 60 t&#233;moignent d'un bouleversement des conceptions de vie familiale, professionnelle. Le contr&#244;le de la f&#233;condit&#233; est &#224; l'ordre du jour. Celui-ci modifie les relations, les r&#244;les de chacun au sein du couple, le mod&#232;le familial et la relation famille-soci&#233;t&#233;. A l'&#233;poque, se rassembler et d&#233;passer les cloisonnements philosophiques sur ces questions conjugales et familiales, est un grand d&#233;fi. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon engagement dans le premier centre pluraliste de planning familial date de 1968. Nous &#233;tions un groupe tr&#232;s motiv&#233; qui regroupait Jean Corbisier de la Ligue des familles, Monique Rifflet de la Famille Heureuse, le Chanoine de Locht du Centre Chr&#233;tien ainsi que Catherine Osterrieth. Cet engagement est le fruit de mon long parcours o&#249;, avec d&#233;termination, j'ai construit ma vie professionnelle et personnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai eu une enfance difficile. Ma m&#232;re &#233;tant gravement d&#233;prim&#233;e et mon p&#232;re alcoolique et violent, ayant lui-m&#234;me beaucoup souffert dans son enfance, j'ai d&#251; &#171; batailler &#187; pour commencer mes &#233;tudes d'infirmi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Juin 1947, j'allais avoir 14 ans&#8230; Je voulais arr&#234;ter mes &#233;tudes en &#171; Coupe-couture &#187; et devenir infirmi&#232;re. Ma m&#232;re trouva l'&#233;nergie pour sortir de son lit et d&#233;clarer : &#171; Ou tu continues coupe-couture ou tu vas travailler &#187;. Voulait-elle me convaincre ou faire de moi une petite employ&#233;e comme elle l'avait &#233;t&#233; d&#232;s l'&#226;ge de 14 ans ? Devant mon silence, elle me pr&#233;senta quelques jours plus tard, v&#234;tue d'une nouvelle robe, achet&#233;e au march&#233; de la Place Saint Denis, au directeur d'une petite entreprise. Sans me donner la parole un instant, il me prit 15 jours &#224; l'essai pour trier et classer ses documents et convint avec ma m&#232;re de mon salaire. Il ne m'associa &#224; rien comme si j'&#233;tais sourde et muette ou encore une enfant incapable d'avoir des sentiments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi soir, apr&#232;s ma premi&#232;re journ&#233;e de travail, en larmes, je suis all&#233;e voir la sup&#233;rieure de l'&#233;cole de &#171; coupe-couture &#187;. Devant mon d&#233;sarroi et ma d&#233;termination, elle me proposa de parler &#224; ma m&#232;re et &#224; une religieuse de l'&#233;cole des Ursulines de Forest qui organisaient une classe d'humanit&#233;s modernes, non payante. Cette classe regroupait plusieurs ann&#233;es et &#233;tait tenue par une religieuse &#226;g&#233;e. Nous n'avions aucun contact avec les jeunes filles de l'&#233;cole payante. Son entr&#233;e &#233;tait dans une autre rue&#8230; Le samedi suivant, &#224; pied, je me rendis &#224; la grille et je ressentis la col&#232;re et la honte de ne pas &#234;tre dans l'&#233;cole luxueuse mais je maintins ma d&#233;cision. Je suis arriv&#233;e &#224; convaincre mon amie et sa maman plus souple que la mienne. Elle t&#233;l&#233;phona &#224; ma m&#232;re qui, du bout des l&#232;vres, donna son accord. Pendant deux ans, j'ai v&#233;cu dans une classe d'une quinzaine d'adolescentes pas toujours faciles. Chacune, soutenue par la religieuse qui avait beaucoup de patience, travaillait selon son &#226;ge et son niveau. Notre classe &#233;tait chauff&#233;e par un po&#234;le &#224; bois qu'il fallait charger toute la journ&#233;e.&#8230; A midi, nous y r&#233;chauffions notre gamelle. Nous ne sortions gu&#232;re de la classe. S&#233;par&#233;es, par une cour, des gr&#233;co-latines de l'&#233;cole payante, &#224; l'uniforme impeccable et conduite g&#233;n&#233;ralement par un parent, nous exprimions notre jalousie par de nombreuses moqueries. Je devais prendre un bus puis un tram et ensuite un trolleybus pour me rendre &#224; l'&#233;cole&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ann&#233;es plus tard, en juin 1949, apr&#232;s avoir bien r&#233;fl&#233;chi, j'ai arr&#234;t&#233; mes humanit&#233;s modernes pour commencer des &#233;tudes de pu&#233;ricultrice aux Deux Alice. C'&#233;tait l'&#233;tape vers mes &#233;tudes d'infirmi&#232;re. Je n'avais pas l'&#226;ge requis mais j'ai r&#233;ussi l'examen d'entr&#233;e et je fus accept&#233;e. Nous &#233;tions au cours avec les infirmi&#232;res de 1&#232;re ann&#233;e. J'ai travaill&#233; &#224; 5 heures du matin en maternit&#233; et la nuit en p&#233;diatrie : mettre les nouveau-n&#233;s au sein, les changer&#8230; soigner et surveiller les enfants malades, faire des piq&#251;res, prendre la temp&#233;rature, pr&#233;parer et donner les biberons&#8230; Bref je travaillais comme une infirmi&#232;re dipl&#244;m&#233;e&#8230; et je me pr&#233;parais &#224; devenir professionnelle. A 18 ans j'ai commenc&#233; les &#233;tudes d'infirmi&#232;re mais en 2&#232;me ann&#233;e, contamin&#233;e par la poliomy&#233;lite, j'ai du abandonner mon r&#234;ve&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la cr&#233;ation du centre pluraliste et son installation rue de Stalle &#224; Uccle, je faisais des animations &#224; &#171; Aimer &#224; l'ULB &#187; et je travaillais &#233;galement, depuis quelque temps dans un autre centre de planning. Il nous a fallu quelques mois pour organiser le centre pluraliste. Nous avons ouvert officiellement ses portes, dans des locaux d&#233;finitifs, le 7 octobre 1969. J'assurais une permanence trois jours/semaine, recevais en consultations conjugales, r&#233;pondais au t&#233;l&#233;phone et fixais les rendez-vous. L'&#233;quipe comprenait gyn&#233;cologue, juriste et assistante sociale. Chacun avait la cl&#233; et accueillait les personnes qui avaient une demande d'aide discr&#232;te. Les d&#233;buts furent difficiles. A No&#235;l, nous avons partag&#233; le contenu de la caisse qui n'&#233;tait pas bien lourde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervenant, quelles que soient son opinion, ses interrogations, re&#231;oit la souffrance des personnes et les aide &#224; ne pas se sentir jug&#233;es et &#224; prendre des d&#233;cisions. Il est bien difficile de d&#233;m&#234;ler la part de l'imaginaire, des r&#233;ticences personnelles, des conditions sociales, du pass&#233;, des r&#234;ves qui s'&#233;croulent, des r&#233;actions des parents&#8230; Etre enceinte &#224; 16 ans, avoir encore un enfant alors que l'on tire le diable par la queue ou croire que la m&#233;nopause est l&#224; alors que c'est une grossesse, autant de situations de d&#233;tresse auxquelles j'&#233;tais confront&#233;e. Quel avenir pour ce petit, pour la maman, le couple, les autres enfants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'ai d&#233;but&#233;, je ressentais surtout une solidarit&#233; avec cet enfant &#224; na&#238;tre, capable de se battre pour vivre&#8230; Je me suis interrog&#233;e sur mon enfance et sur mes premi&#232;res grossesses. En 1956, alors que j'attendais un nouvel enfant et m'en r&#233;jouissais, un m&#233;decin d'une clinique catholique, en raison de mes probl&#232;mes de sant&#233;, m'avait propos&#233; un avortement th&#233;rapeutique. Il faut dire qu'&#224; l'&#233;poque la contraception se limitait &#224; l'abstinence, le pr&#233;servatif ou la bien al&#233;atoire m&#233;thode Ogino. Ce retour sur mon histoire, sur mes luttes m'a permis de mieux &#233;couter et de mieux comprendre les femmes, les couples et les jeunes. Plusieurs fois, dans ma 2 chevaux, &#224; mes frais, j'en ai accompagn&#233; plusieurs en Hollande pour une interruption de grossesse. Le conseil d'administration voulait l'ignorer mais manifestait sa d&#233;sapprobation vis-&#224;-vis de mes prises de position. Et puis je m'absentais une journ&#233;e laissant le centre &#224; une accueillante b&#233;n&#233;vole&#8230; Ce travail oblige les intervenants &#224; s'interroger sur leur enfance et sur leur rapport au couple, &#224; la naissance, &#224; l'avortement&#8230; Le Docteur Willy Peers, incarc&#233;r&#233; en 1973 pour avoir pratiqu&#233; des avortements &#224; la Clinique de Namur, disait volontiers : &#171; Si l'enfant est seul, abandonn&#233;, il survivra peut-&#234;tre mais il ne parlera pas, ne pensera pas, ne marchera pas&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant 35 ans, j'ai travaill&#233; dans deux centres de plannings familiaux. Dans ces deux centres j'ai travaill&#233; dans une &#233;quipe pluridisciplinaire respectueuse, attentive, tol&#233;rante, se mettant en question en &#233;quipe, dans les formations et les supervisions avec un psychanalyste. Depuis 1968, bien des choses ont &#233;volu&#233;. A l'initiative de Marc Abramovicz, de Monique Rifflet et de moi-m&#234;me, nous avons cr&#233;&#233; &#171; La f&#233;d&#233;ration des centres pluralistes &#187;. Actuellement les 22 centres existants sont f&#233;d&#233;r&#233;s, ils sont reconnus par les pouvoirs publics et les &#233;quipes se sont &#233;toff&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil du temps, les demandes se sont &#233;largies : grossesse inattendue, d&#233;cision d'un avortement, contraception, mais aussi les droits des jeunes, l'endettement, le deuil, le divorce&#8230; Les centres sont aussi sollicit&#233;s pour des animations dans les &#233;coles ou au centre sur la sexualit&#233;, l'homosexualit&#233;, l'&#233;ducation sexuelle&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, j'ai l'impression que les tr&#232;s jeunes ont un acc&#232;s plus facile &#224; la contraception. Ils peuvent en parler avec d'autres jeunes, et souvent avec leur maman. Mais cela ne veut pas dire que la sexualit&#233; est devenue simple. En apparence le jeune est surinform&#233; mais ses peurs, ses questions sur l'amour, l'attachement demeurent. Le passage &#224; l'acte non pr&#233;par&#233;, non prot&#233;g&#233; reste une r&#233;alit&#233;. Il peut se passer sans amour par simple d&#233;sir de satisfaire l'autre, d'&#234;tre &#171; comme les autres &#187;&#8230; Mais il existe des situations plus d&#233;licates : la petite s&#339;ur sollicit&#233;e par les grands fr&#232;res, abus&#233;e par un p&#232;re, un adulte &#233;tranger, ami de la famille&#8230; dans un contexte de silence, de souffrance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le planning familial, j'ai rencontr&#233; des personnes de tout &#226;ge, des jeunes en qu&#234;te de leur identit&#233; sexuelle, des couples, des adultes souffrant d'une s&#233;paration, d'un d&#233;c&#232;s, des familles recompos&#233;es avec les probl&#232;mes entre les enfants de deux lits&#8230; Tout ceci n&#233;cessite d'approcher la douleur de l'&#233;chec, de ne pas renoncer, de tenter de comprendre les contradictions, l'incompr&#233;hension de part et d'autre, d'entendre la souffrance de chacun. Tout ce travail peut aboutir &#224; la s&#233;paration mais aussi &#224; un d&#233;passement de ses blocages et &#224; une reprise du dialogue qui laisse place &#224; des changements progressifs de chacun et &#224; l'analyse de ses responsabilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail m'a permis de me d&#233;velopper comme personne et de construire un vrai trajet professionnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Je ne travaille pas ! (Lucile B.)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lors de la premi&#232;re rencontre avec un groupe, il est normal de se pr&#233;senter : &#171; Je suis femme au foyer &#187;, ou mieux encore &#171; Je ne travaille pas &#187; ! Ces petites phrases assassines m'ont toujours fait mal, m'ont attrist&#233;e car j'ai travaill&#233;, je travaille &#8230; Mais peut-&#234;tre pas &#224; faire ce qu'on imagine quand on peut dire : &#171; Je travaille &#224; l'ext&#233;rieur de chez moi, je gagne ma vie &#187;, &#171; J'ai un patron, des coll&#232;gues &#187;, &#171; Je n'ai plus le temps de rien faire &#224; la maison &#187;, ce qui conf&#232;re imm&#233;diatement un &#171; statut &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
En (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L96xH150/arton1383-9561f.jpg?1771356306' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lors de la premi&#232;re rencontre avec un groupe, il est normal de se pr&#233;senter : &#171; Je suis femme au foyer &#187;, ou mieux encore &#171; Je ne travaille pas &#187; ! Ces petites phrases assassines m'ont toujours fait mal, m'ont attrist&#233;e car j'ai travaill&#233;, je travaille &#8230; Mais peut-&#234;tre pas &#224; faire ce qu'on imagine quand on peut dire : &#171; Je travaille &#224; l'ext&#233;rieur de chez moi, je gagne ma vie &#187;, &#171; J'ai un patron, des coll&#232;gues &#187;, &#171; Je n'ai plus le temps de rien faire &#224; la maison &#187;, ce qui conf&#232;re imm&#233;diatement un &#171; statut &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1961, d&#232;s la naissance de notre premier enfant, je pressentais que je ne retournerais pas au bureau. Je crois qu'en fait je n'ai jamais imagin&#233; me partager entre la vie de famille et un travail. Evidemment, vivre avec un seul salaire, m&#234;me s'il &#233;tait confortable, nous a oblig&#233;s &#224; regarder la fin du mois avec un petit pincement au c&#339;ur, et &#224; craindre les al&#233;as de la vie : accidents, frais m&#233;dicaux, de dentiste, pannes de voiture, etc&#8230; Mon mari estimait qu'il gagnait bien sa vie et qu'il fallait se d&#233;brouiller avec ce qui venait. Il a pu ainsi se permettre de d&#233;ployer sa carri&#232;re, les probl&#232;mes familiaux &#233;tant assum&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;placements auxquels nous a expos&#233;s la carri&#232;re de mon mari m'ont coup&#233;e de toute vell&#233;it&#233; de m'&#233;chapper de la maison et m'ont oblig&#233;e &#224; me centrer sur les enfants qui, tous les dix-huit mois, changeaient de langue, de continent et d'habitat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement install&#233;e &#224; Bruxelles, j'ai pris amplement ma part du travail dans une maison centenaire, avec jardin, et surtout avec nos trois enfants et un papa trop souvent absent. Des corniches du rez-de-chauss&#233;e aux grandes fen&#234;tres du deuxi&#232;me &#233;tage, je grattais, je peignais, je retapais. Les voisins me regardaient avec surprise et ne m'ont pas &#233;pargn&#233; les remarques. Perch&#233;e sur les rampes d'escalier, je blanchissais les plafonds, tapissais les murs, d&#233;pla&#231;ais le mobilier&#8230; &#171; Aurais-tu &#233;pous&#233; un singe ? &#187; a-t-on demand&#233; un jour &#224; mon mari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ception des bulletins scolaires et les rencontres avec les professeurs &#233;taient de mon ressort : les &#171; Peut mieux faire &#187; jetaient une ombre sur les vacances et allumaient mes col&#232;res. Les multiples d&#233;cisions m&#233;dicales et de dentisterie &#233;taient prises sans consulter mon mari, et les enfants ont appris tr&#232;s t&#244;t &#224; se r&#233;f&#233;rer &#224; moi seule. Le papa devint un peu un intrus quand il se pr&#233;occupait tout &#224; coup des choses de la maison. L'un de nos fils avait une sant&#233; pr&#233;occupante et ma fille me disait il n'y a pas longtemps : &#171; Je voyais que vous aviez des difficult&#233;s avec Bernard et je me suis &#233;cras&#233;e &#187;&#8230; Dans le feu de l'action, je ne me rendais pas compte qu'elle n'&#233;tait pas &#233;pargn&#233;e. J'avais tout &#224; d&#233;cider, j'ai parfois trouv&#233; la t&#226;che lourde et les copains un peu malveillants disaient que &#171; je portais la culotte &#187;. Ah, le regard des autres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, d&#232;s le d&#233;but de notre mariage, nous avons pris des engagements ext&#233;rieurs et b&#233;n&#233;voles : pr&#233;paration au mariage, groupes de cat&#233;ch&#232;se paroissiaux, association de parents, groupes de recherche dans une &#233;cole secondaire et participation au PO, formation continue des adultes, Centre de Planning Familial, ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai mont&#233; chez moi un secr&#233;tariat o&#249; j'ai, entre autres, form&#233; au travail une de mes belles-filles. L&#224; j'ai pu donner le meilleur de moi-m&#234;me en soutenant des petites entreprises qui d&#233;marraient, mettant en page des id&#233;es g&#233;niales, car les ing&#233;nieux n'ont pas toujours le sens pratique. J'ai soutenu et aid&#233; des &#233;tudiants affol&#233;s qui n'en finissaient plus avec leur m&#233;moire, et l'ordinateur tournait &#224; plein r&#233;gime. Rester en prise avec les jeunes m'a emp&#234;ch&#233;e de vieillir trop vite et m'a oblig&#233;e &#224; apprendre les nouvelles technologies. Nous avions le feu sacr&#233; et il ne nous a pas quitt&#233;s, nous donnons encore du temps au b&#233;n&#233;volat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en reste pas moins que mes enfants aussi me percevaient comme une maman &#171; qui ne travaille pas &#187;. Ils m'ont parfois demand&#233; pourquoi je n'avais pas de profession et je sentais comme un reproche. Ils ne mesuraient pas le temps que je leur consacrais, trouvaient normal que j'emm&#232;ne &#224; la maison de vacances, pendant les cong&#233;s scolaires, des cousins et des camarades dont la maman &#171; travaillait &#187;. &#171; Tu peux venir quand tu veux &#187; disaient-ils, et &#224; toute heure je rencontrais des inconnus dans la maison. Mes enfants trouvaient cela chouette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis souvent pos&#233; la question : et si j'avais &#171; travaill&#233; &#187;, qui aurait fait tout cela ? Je me suis enrichie de toutes sortes de fa&#231;ons, je suis devenue curieuse de la chose publique ou politique, je suis tr&#232;s attentive &#224; ce qui se passe dans la vie courante, je me construis encore aujourd'hui. Travaillant &#224; l'ext&#233;rieur avec la m&#234;me charge &#224; la maison, comment aurais-je fait pour concilier mon int&#233;r&#234;t personnel et l'int&#233;r&#234;t familial ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, j'ai mal v&#233;cu les questions et les remarques, y compris dans la famille, du type &#171; On sait que tu n'as rien &#224; faire ! &#187; Il y avait du m&#233;pris. Je n'entrevois pas de solution id&#233;ale mais je me d&#233;fends : j'ai &#233;norm&#233;ment travaill&#233; mais pas dans un bureau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Qui est gagnant ? Je ne sais, et je ne d&#233;sire pas porter sur les autres le jugement qu'on m'applique. Je tra&#238;ne une col&#232;re mais je ne sais &#224; qui ou &#224; quoi elle s'adresse. Si c'&#233;tait &#224; refaire&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Un combat syndical au f&#233;minin (Danielle G.)</title>
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		<dc:date>2021-10-03T07:57:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1979 ? La m&#233;moire me fait d&#233;faut. 1980 ? Peut-&#234;tre&#8230; Cela fait maintenant pr&#232;s de 10 ans que je travaille dans la m&#234;me institution. A plusieurs reprises, mon chef de service a demand&#233; pour moi une promotion. Mais rien ne vient. Je ne m'en inqui&#232;te gu&#232;re la premi&#232;re fois ni la deuxi&#232;me estimant que, sans aucun doute, d'autres ont des m&#233;rites bien sup&#233;rieurs aux miens et qu'on ne peut satisfaire tout le monde. Au troisi&#232;me refus, je commence &#224; me poser de s&#233;rieuses questions. Serais-je si nulle ? Pourquoi un (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L96xH150/arton1382-1b83a.jpg?1771356306' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1979 ? La m&#233;moire me fait d&#233;faut. 1980 ? Peut-&#234;tre&#8230; Cela fait maintenant pr&#232;s de 10 ans que je travaille dans la m&#234;me institution. A plusieurs reprises, mon chef de service a demand&#233; pour moi une promotion. Mais rien ne vient. Je ne m'en inqui&#232;te gu&#232;re la premi&#232;re fois ni la deuxi&#232;me estimant que, sans aucun doute, d'autres ont des m&#233;rites bien sup&#233;rieurs aux miens et qu'on ne peut satisfaire tout le monde. Au troisi&#232;me refus, je commence &#224; me poser de s&#233;rieuses questions. Serais-je si nulle ? Pourquoi un tel et un tel et pas moi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;cide de rencontrer le responsable de la commission qui accorde les promotions. Je le connais un peu, nous avons de bonnes relations. Son bureau est dans le m&#234;me couloir que le mien, &#231;a facilite les choses. Accueil cordial, explications feutr&#233;es dans un premier temps : &#171; Non Madame, vous n'avez pas d&#233;m&#233;rit&#233;, mais vous savez, il y a beaucoup de demandes et peu d'&#233;lus. Et puis l'&#233;tat de nos finances ne nous permet pas de faire ce que nous souhaiterions. &#187; Puis, ce monsieur tr&#232;s affable consulte ces dossiers, me regarde et, dans un acc&#232;s de sinc&#233;rit&#233;, me dit : &#171; Vous savez, en commission des promotions, nous avons une liste sur laquelle nous devons nous prononcer. Quand nous voyons sur cette liste une femme et, qui plus est, &#224; temps partiel, nous passons. Ce n'est pas prioritaire &#187;. C'est un choc. Violent. Ce monsieur semble croire vraiment &#224; ce qu'il dit, m&#234;me s'il me para&#238;t un peu g&#234;n&#233; aux entournures. Impression fugitive&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis fix&#233;e sur mon sort&#8230; et effray&#233;e. Je d&#233;couvre un aspect que je n'imaginais m&#234;me pas. Que faire ? J'en parle autour de moi, &#224; d'autres femmes, et je d&#233;couvre la dure r&#233;alit&#233; : &#234;tre une femme au travail n'est pas une sin&#233;cure. Apr&#232;s quelques h&#233;sitations, je d&#233;cide de m'engager au syndicat. D&#233;cision qui ne va pas de soi pour quelqu'un comme moi, issue de la bourgeoise catholique bien-pensante d'un bassin industriel o&#249; l'on vilipende volontiers les syndicalistes. Qu'importe, je franchis le pas de ce qui sera pour moi un des plus beaux apprentissages de toute ma carri&#232;re, une des exp&#233;riences les plus marquantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je &#171; milite &#187;, je m'engage dans plusieurs conflits difficiles. Ils ne manquent pas. L'institution est en pleine tourmente et se restructure, se red&#233;ploie comme on dit pudiquement. La situation des femmes continue &#224; me pr&#233;occuper. Au syndicat, je prends conscience de bien des choses et entre autres d'une discrimination importante d&#233;nonc&#233;e &#224; plusieurs reprises d&#233;j&#224;. Depuis 1969, l'institution verse aux chefs de m&#233;nage d'une partie de son personnel des allocations familiales compl&#233;mentaires relativement importantes. Or, &#224; cette &#233;poque, la majorit&#233; des chefs de m&#233;nage sont des hommes. C'est donc eux qui, &#224; plus de 90%, b&#233;n&#233;ficient de ce compl&#233;ment de salaire. On compte sur les doigts d'une main les femmes chefs de m&#233;nage qui le re&#231;oivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;l&#233;gu&#233;e syndicale, Francine P., et moi-m&#234;me d&#233;cidons d'agir. La d&#233;l&#233;gation rencontre le banc patronal qui reconna&#238;t que la situation n'est pas normale mais qui r&#233;siste. Et pour cause ! Un des membres du CA est &#233;galement administrateur dans une soci&#233;t&#233; o&#249; se pose le m&#234;me probl&#232;me. &#171; Pensez-vous, Mesdames, si on vous accorde cela, il faudra l'accorder &#224; toutes les femmes ! Nous n'en n'avons pas les moyens. Ce serait ouvrir la bo&#238;te de Pandore... &#187; Nous, de Pandore, on s'en f&#8230; ! Un enfant doit &#234;tre &#233;gal &#224; un enfant. Mon fils, S&#233;bastien, a autant droit &#224; ces allocations qu'Arnaud, le fils de mon coll&#232;gue masculin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous h&#233;sitons sur la marche &#224; suivre. Nous tentons encore la n&#233;gociation mais en vain. Alors, fin 1985, avec le soutien de coll&#232;gues y compris masculins et malgr&#233; certaines r&#233;sistances, nous d&#233;posons plainte pour discrimination indirecte. Nous sommes 2 au d&#233;part, puis 15, puis 117&#8230; La machine est lanc&#233;e, elle ne s'arr&#234;tera plus. Mais nous n'imaginions pas que notre parcours de combattantes serait si long ! Il aura fallu 11 ans de d&#233;marches, justifications, explications, n&#233;gociations. 11 ans de proc&#232;s, plaidoiries, remises de s&#233;ances et lenteurs juridiques. 11 ans de patience pour qu'enfin, nous obtenions gain de cause. Une convention collective est sign&#233;e d&#233;but 1997. A partir de ce moment, les allocations familiales compl&#233;mentaires seront &#233;tendues &#224; tous les enfants des membres du personnel concern&#233;, qu'ils soient hommes ou femmes, chefs de m&#233;nage ou pas. &lt;br class='autobr' /&gt;
Victoire collective de la d&#233;termination et de la patience !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et votre promotion, me direz-vous ? Inutile de vous expliquer que je cumulais d&#233;sormais toutes les tares. Femme, m&#232;re de famille, travailleuse &#224; temps partiel et d&#233;l&#233;gu&#233;e syndicale&#8230; Il n'en fallait pas davantage, mon cas &#233;tait d&#233;sesp&#233;r&#233; ! Ayant appris mon engagement syndical, mon chef de service de l'&#233;poque m'avait d'ailleurs avertie : &#171; Maintenant que tu es d&#233;l&#233;gu&#233;e, tu peux &#234;tre certaine que je ne demanderai pas de promotion pour toi ! &#187;. Toutes ces &#171; qualit&#233;s &#187; m'avaient rel&#233;gu&#233;e pour longtemps encore au bas de la liste des &#171; promotionnables &#187;. J'y eus enfin droit fin 1992, apr&#232;s 23 ans de carri&#232;re. Mais qu'importe. Le combat que nous avions men&#233; collectivement valait bien cela. Ces engagements syndicaux m'avaient permis de vivre des moments de solidarit&#233; qui d&#233;passaient toutes les promotions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 mars 2012. Journ&#233;e internationale de la femme. Je lis dans le journal Le Soir sous la plume de B&#233;atrice Delvaux : &#171; La place des femmes et le respect et l'&#233;galit&#233; qu'on leur doit sont toujours une exigence. Longtemps, nous avons mis&#233; sur l'&#233;mancipation et l'&#233;ducation pour que les choses bougent. Or, on se rend compte que sans lois, sans quotas, nombreux sont encore ceux, hommes et m&#234;me femmes, &#224; nourrir plus de doutes d&#232;s lors qu'ils doivent promouvoir ou r&#233;mun&#233;rer une femme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie n'est pas encore gagn&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Construire un lieu th&#233;rapeutique en autogestion : une aventure ! (Andr&#233;e W.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1381</link>
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		<dc:date>2021-10-03T07:56:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sans la reconnaissance humaine de la folie, c'est l'homme m&#234;me qui dispara&#238;t. Fran&#231;ois Tosquelles &lt;br class='autobr' /&gt;
4 mars 1974, nous ouvrons la Ferme du Soleil&#8230; Au flanc d'une colline du Pays de Herve, la maison est l&#224;, pr&#234;te pour accueillir les dix premiers enfants &#226;g&#233;s de 3 &#224; 14 ans. Ren&#233;, Bertrand, Julie, Jean,&#8230; je les revois en ce premier jour tout aussi inquiets que leurs parents et nous&#8230; L'inconnu, une premi&#232;re s&#233;paration, de nouvelles rencontres, la mise en &#339;uvre de nos choix th&#233;rapeutiques&#8230; Notre projet de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L96xH150/arton1381-b0dac.jpg?1771356306' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sans la reconnaissance humaine de la folie, c'est l'homme m&#234;me qui dispara&#238;t. &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Fran&#231;ois Tosquelles&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 mars 1974, nous ouvrons la Ferme du Soleil&#8230; Au flanc d'une colline du Pays de Herve, la maison est l&#224;, pr&#234;te pour accueillir les dix premiers enfants &#226;g&#233;s de 3 &#224; 14 ans. Ren&#233;, Bertrand, Julie, Jean,&#8230; je les revois en ce premier jour tout aussi inquiets que leurs parents et nous&#8230; L'inconnu, une premi&#232;re s&#233;paration, de nouvelles rencontres, la mise en &#339;uvre de nos choix th&#233;rapeutiques&#8230; Notre projet de psychoth&#233;rapie institutionnelle va vivre et nous allons d&#233;couvrir, dans le quotidien, l'alchimie d'un groupe qui se constitue&#8230; L'&#233;quipe de base s'est &#233;largie et nous sommes neuf &#224; commencer le travail. Le projet, devenu r&#233;alit&#233;, existe depuis 40 ans et les &#233;volutions (cr&#233;ation d'un centre de jour et d'un centre de th&#233;rapie familiale) n'en ont pas modifi&#233; les fondamentaux ni dans le travail avec les enfants et les familles, ni dans l'organisation des prises de d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait quatre ans qu'Etienne et moi en avons r&#234;v&#233;. Les travaux de Bruno Bettelheim nous ont orient&#233;s ainsi que les travaux de l'antipsychiatrie et de la psychoth&#233;rapie institutionnelle&#8230; Quel plaisir de lire les travaux de Tosquelles, Laing, Oury et bien d'autres&#8230; d'&#233;changer jusqu'&#224; pas d'heures&#8230; de construire ensemble une institution que nous voulons &#171; r&#233;volutionnaire &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avant d'&#233;tudier la psychologie &#224; l'UCL, j'avais fait une premi&#232;re ann&#233;e &#224; l'Ecole d'Educateurs sp&#233;cialis&#233;s de Li&#232;ge. Elle s'&#233;tait ouverte en 1958 et d&#233;veloppait, d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque, des pratiques d'apprentissage centr&#233;es sur le travail de groupe et sur la personne de l'apprenant. D&#232;s la fin de la licence, j'y avais &#233;t&#233; engag&#233;e, malgr&#233; mon jeune &#226;ge, comme formatrice. Je travaillais aussi au Centre d'aide &#233;ducative qui avait ouvert une petite unit&#233; de jour pour des enfants autistes et psychotiques. C'est l&#224; que j'ai fait, tout en m'engageant dans une psychanalyse, mes premi&#232;res exp&#233;riences de psychoth&#233;rapeute d'enfants. Je vivais dans un climat de libert&#233; de penser, d'innover, de transformer les modes d'action avec les personnes en souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons constitu&#233; l'association avec deux coll&#232;gues de l'&#233;cole. Nous &#233;tions jeunes, j'avais 28 ans, Etienne Dessoy 30, Sylvie Goffin 26 et Michel Thiteux 24. Nous n'avions rien, pas un centime, mais nous avions l'intime conviction que nous pouvions d&#233;velopper un projet qui serait autog&#233;r&#233;, o&#249; les d&#233;cisions seraient prises par les travailleurs, par les personnes engag&#233;es dans le travail, o&#249; chaque personne, quelle que soit sa fonction, m&#233;decin, &#233;ducateur, cuisini&#232;re, personnel d'entretien, aurait le m&#234;me pouvoir dans les d&#233;cisions de gestion. Notre projet se voulait th&#233;rapeutique mais aussi politique. Pendant mes &#233;tudes &#224; Louvain, j'ai fait du syndicalisme &#233;tudiant et je participais avec d'autres &#224; un mouvement de gauche. C'&#233;tait l'&#233;poque des jeans et des pulls noirs, de Sartre, Marx, Marcuse et bien s&#251;r, en tant que psychologue, de Freud. C'&#233;tait le temps de longues soir&#233;es o&#249; le th&#233; et le vin arrosaient nos &#233;changes, o&#249; Ferr&#233;, Brassens, Brel, Anne Sylvestre, Barbara, r&#233;sonnaient dans nos nuits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons construire un lieu o&#249; tout sera centr&#233; sur un cadre de vie o&#249; les enfants et les adultes seront &#224; l'&#233;coute les uns des autres, o&#249; les adultes prendront le temps de comprendre chacun et o&#249; les r&#232;gles seront centr&#233;es sur l'espace et le temps et non sur des r&#232;glements, tr&#232;s souvent abscons&#8230; Les enfants seront libres d'aller et venir&#8230; pas de portes ferm&#233;es si ce n'est pour les personnes ext&#233;rieures, les repas seront certes &#224; heure fixe mais si un enfant ne mange pas, la cuisine avec son frigo sera toujours ouverte, des ateliers seront organis&#233;s mais si un enfant n'arrive pas &#224; y &#234;tre, un adulte sera &#224; proximit&#233;, un lieu o&#249; les sympt&#244;mes ne seront pas sanctionn&#233;s mais o&#249; nous essayerons de donner du sens et de mettre en place des relations &#171; soignantes &#187;. Un psychiatre li&#233;geois &#224; qui j'expliquais le projet m'a dit &#171; Mais c'est la psychiatrie de l'an 2000 que vous voulez ! Vous verrez, il ne faudra pas un mois pour que vous fermiez les portes &#187;. Quarante ans ont pass&#233; et les portes sont toujours ouvertes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant trois ans, nous avons cherch&#233; un lieu dans la r&#233;gion li&#233;geoise : vieille ferme &#224; r&#233;nover, ch&#226;teau &#224; l'abandon vendu, &#224; l'&#233;poque, pour une bouch&#233;e de pain&#8230; Mais nos moyens financiers n'&#233;taient pas suffisants&#8230; L'oncle de Sylvie, qui avait une petite ferme &#224; Soumagne, a accept&#233; de nous la vendre &#171; pas cher &#187;, ma m&#232;re a mis un bien en hypoth&#232;que et j'ai fait un cr&#233;dit&#8230; Notre force de conviction soulevait des montagnes&#8230; Un architecte, Louis Leroy, a accept&#233; de nous suivre dans nos r&#234;ves. Il a lu, visit&#233; avec nous des institutions en Hollande et en Belgique, discut&#233; des plans pendant des heures et pourtant nous n'avions que notre enthousiasme et notre volont&#233; comme pour toute ressource.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trouver les fonds, une part importante de l'aventure&#8230; Au d&#233;part, une collecte au Standard nous a donn&#233; les moyens d'imprimer des autocollants, un grand soleil dessin&#233; par Sylvie : 20 francs (0,50 euro) multipli&#233; par&#8230; Nous avions besoin de 4 millions (125.000 euros)&#8230; pour construire l'internat, r&#233;nover partiellement la vieille ferme et assurer un an de fonctionnement. Une famille qui souhaitait que nous accueillions leur fils, effray&#233;e par nos petits moyens, nous a mis en contact avec le directeur du journal &#171; la Meuse &#187; et une grande vente de &#171; soleil &#187; nous a permis de r&#233;unir pr&#232;s de la moiti&#233; de la somme&#8230; Pendant 4 ans, nous avons vendu des cr&#234;pes et des brochettes aux 24 heures de Francorchamps, particip&#233; &#224; des foires o&#249; nous vendions des aquarelles peintes par Sylvie, o&#249; des artistes vendaient des &#339;uvres et nous versaient les b&#233;n&#233;fices&#8230; Autour de notre groupe, un r&#233;seau d'amis s'&#233;tait constitu&#233; et l'impossible &#233;tait devenu r&#233;alit&#233;. Je n'ai pas de mots pour &#233;voquer tous les petits gestes, les heures de partage, de fatigue, les angoisses, les moments hilarants v&#233;cus dans cette recherche d'argent : notre camionnette bleue d&#233;filant avec la caravane publicitaire du circuit car nous &#233;tions arriv&#233;s, apr&#232;s sa fermeture, avec toute la viande &#8230; une vente d'autocollants, dans un Rotary, o&#249;, apr&#232;s notre passage, une dame au d&#233;collet&#233; plongeant nous a pris le panier des mains et est pass&#233;e &#224; nouveau entre les tables&#8230; Elle en a vendu le double&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#171; tout &#187; fait&#8230; Je me souviens du premier chantier international des compagnons b&#226;tisseurs o&#249; Sylvie et moi avons d&#251;, de mani&#232;re impr&#233;vue, faire face &#224; l'organisation du chantier et aux travaux de r&#233;novation de la vieille ferme : installer l'eau, organiser les d&#233;molitions, trouver une b&#233;tonni&#232;re, faire du ciment, monter des murs tout en veillant &#224; l'intendance et &#224; l'animation&#8230; Heureusement mon p&#232;re surveillait les travaux et calculait les &#171; poutres de b&#233;ton &#187;&#8230; Que de fatigue mais aussi que de rires&#8230; Plus tard, Etienne et Michel r&#233;aliseront les ch&#226;ssis de fen&#234;tres, les meubles des chambres, la structure du salon en copiant des mod&#232;les de Roche et Bobois. Sylvie et moi, nous &#233;tions mandat&#233;es pour aller &#224; Li&#232;ge, prendre les dimensions avec nos mains, nos bras&#8230; A la machine &#224; coudre, nous avons piqu&#233; les coussins, les tentures&#8230; J'ai appris &#224; ma&#231;onner, plafonner, &#224; utiliser les ciseaux &#224; bois,&#8230; J'ai d&#233;couvert le plaisir du travail manuel, plaisir qui ne m'a jamais quitt&#233;e. Pendant 4 ans nous avons v&#233;cu tous nos loisirs &#224; faire vivre le projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, nous devions pr&#233;senter le dossier &#224; la Sant&#233; Publique, obtenir les subsides &#224; la cr&#233;ation et les garanties que notre projet serait pris en charge au niveau du fonctionnement. L'accueil avait &#233;t&#233; tr&#232;s positif, la Sant&#233; Publique a accept&#233; de subventionner la construction &#224; concurrence de 40% et nous promettait un changement des normes d'encadrement &#224; la mesure de notre projet. L'&#233;poque mettait en cause les grosses structures institutionnelles. La psychiatrie de l'enfant et la prise en charge des personnes en souffrance affective s'orientaient vers de nouvelles formes. Les petites structures voyaient le jour et &#233;taient privil&#233;gi&#233;es dans les options politiques. C'&#233;tait une &#233;poque de foisonnement d'id&#233;es, de recherche d'alternatives&#8230; Les exp&#233;riences nouvelles &#233;taient bienvenues et encourag&#233;es. Cependant, apr&#232;s quelques mois de fonctionnement, nous devrons mener un nouveau combat car les normes d'encadrement annonc&#233;es seront revues &#224; la baisse&#8230; Avec d'autres petites institutions et avec le soutien de parents, nous nous engagerons dans un conflit avec le minist&#232;re de la Sant&#233; Publique et apr&#232;s deux mois de luttes nous obtiendrons gain de cause par le passage &#224; l'Institut National d'Assurance Maladie et Invalidit&#233; (INAMI) et l'intervention des mutuelles. C'&#233;tait cela ou la fin du projet. Pour l'&#233;quipe, il &#233;tait hors de question de travailler dans les conditions d'encadrement propos&#233;es. Ce fut un moment intense o&#249; le fait d'&#234;tre en autogestion nous a donn&#233; une force inestimable dans les n&#233;gociations. Nous avons d&#233;cid&#233; de nous donner un pr&#233;avis et de continuer de travailler comme b&#233;n&#233;voles tout en &#233;tant au ch&#244;mage&#8230; Ce fut un argument de poids !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait une &#233;poque de transformation des mentalit&#233;s&#8230; J'y ai v&#233;cu des moments intenses tant au niveau professionnel qu'affectif. J'y ai d&#233;couvert la puissance du travail en &#233;quipe et l'obligation interne de la formation permanente avec ce qu'elle comporte d'analyse et de r&#233;flexion sur ce que &#171; je &#187; mets en &#339;uvre dans les relations &#224; l'autre. Encore aujourd'hui, cela me para&#238;t indispensable pour travailler avec des personnes en difficult&#233;s et pour cheminer dans notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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