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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>R&#233;sistance au f&#233;minin (Francine B.)</title>
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		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout au long de ma vie, en tant qu'&#234;tre f&#233;minin, j'ai toujours v&#233;cu &#171; en r&#233;sistance &#187; par rapport au groupe auquel j'appartenais. Pas en opposition, mais en r&#233;sistance ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier groupe &#233;tant la famille. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tr&#232;s petite d&#233;j&#224; j'avais l'esprit d'observation critique. C'&#233;tait quasi instinctif. D&#232;s mes 5,6 ans, j'&#233;tais offusqu&#233;e par la diff&#233;rence que vivaient certains enfants. Une diff&#233;rence qui amenait une souffrance. Cette souffrance, je la consid&#233;rais comme une (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot148" rel="tag"&gt;Femme, f&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout au long de ma vie, en tant qu'&#234;tre f&#233;minin, j'ai toujours v&#233;cu &#171; en r&#233;sistance &#187; par rapport au groupe auquel j'appartenais. Pas en opposition, mais en r&#233;sistance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier groupe &#233;tant la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s petite d&#233;j&#224; j'avais l'esprit d'observation &lt;i&gt;critique&lt;/i&gt;. C'&#233;tait quasi instinctif. D&#232;s mes 5,6 ans, j'&#233;tais offusqu&#233;e par la diff&#233;rence que vivaient certains enfants. Une diff&#233;rence qui amenait une souffrance. Cette souffrance, je la consid&#233;rais comme une injustice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, la diff&#233;rence d'attention et de valorisation, selon le sexe et le rang, m'&#233;tait insupportable. J'en souffrais personnellement. Je me situais entre deux fr&#232;res avec qui je m'entendais super bien ! La diff&#233;rence physique du sexe ne me pr&#233;occupait pas trop. Ce qui me pr&#233;occupait surtout c'&#233;tait la diff&#233;rence de consid&#233;ration par rapport au sexe physiologique. Tant par rapport aux gar&#231;ons que par rapport aux filles. Je suivais mes deux fr&#232;res partout. Surtout dans les bois. J'aimais courir, monter aux arbres et m&#234;me me battre. Mon fr&#232;re a&#238;n&#233; aimait plut&#244;t les jeux calmes et les poup&#233;es et je voyais que mon p&#232;re se moquait r&#233;guli&#232;rement et exprimait du m&#233;pris vis-&#224;-vis de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui me concerne, le fait que j'&#233;tais vive, que je n'avais peur de rien, que j'aimais plut&#244;t les jeux violents&#8230; ne me portait pas trop pr&#233;judice. On disait gentiment que j'&#233;tais un gar&#231;on manqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais&#8230; mais&#8230; le jour o&#249; ma poitrine a commenc&#233; &#224; pointer, ouille, ouille&#8230; le milieu dans lequel j'&#233;voluais a commenc&#233; &#224; me regarder de travers, &#224; tel point que j'enroulais de la bande Velpeau pour diminuer le volume de mes seins et cacher &#224; la soci&#233;t&#233; &#224; la con que j'entrais dans une cat&#233;gorie de personnes dont plein de choses allaient &#234;tre interdites du fait de cette apparence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand mes r&#232;gles sont apparues, c'&#233;tait pire&#8230; j'ai d&#251; braver, parfois avec violence, le groupe social pour continuer &#224; accompagner mes fr&#232;res dans la d&#233;couverte de la vie comme j'aimais. Malgr&#233; ce rejet de la soci&#233;t&#233;, je me suis toujours sentie forte et heureusement soutenue par mes fr&#232;res et de fa&#231;on souterraine par ma m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adolescente, j'&#233;tais tr&#232;s attir&#233;e par les insectes et dans le grenier, j'avais construit un petit mus&#233;e. Je r&#233;coltais &#233;galement dans la for&#234;t et ailleurs des cr&#226;nes d'animaux que je nettoyais avec pr&#233;caution pour les exposer dans mon mus&#233;e. Notre m&#232;re ne m'a jamais fait de remarque. J'avais m&#234;me l'impression qu'elle acceptait mon attitude m&#234;me si elle &#233;tait tr&#232;s silencieuse avec moi. R&#233;guli&#232;rement mon p&#232;re disait &#224; maman : &#034;ta fille est compl&#232;tement maboule, on devrait l'enfermer en psychiatrie !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;cole que je fr&#233;quentais, je me battais r&#233;guli&#232;rement pour d&#233;fendre les enfants faibles, harcel&#233;s ou attaqu&#233;s par les autres. Il y avait une famille de 10 enfants connue comme &#233;tant pauvre, sans le sou pour habiller correctement ses enfants. J'avais 8,9 ans et, en cachette, je prenais les v&#234;tements de ma petite s&#339;ur qui trainaient dans la salle de bain et j'allais les d&#233;poser devant la maison de cette famille. Jusqu'au jour o&#249;, chez Delhaize, maman en faisant ses courses a remarqu&#233; que plusieurs enfants de cette famille portaient des v&#234;tements de ses enfants &#224; elle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trajet de ma vie a &#233;t&#233; fractionn&#233; en p&#233;riodes bien pr&#233;cises. Et &#224; chaque fois je vivais un chemin en r&#233;sistance par rapport au milieu dans lequel j'&#233;voluais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai voulu vivre pleinement ma vie amoureuse et tr&#232;s consciemment mon d&#233;sir d'enfant. C'est pourquoi je n'ai pas h&#233;sit&#233; &#224; plonger dans la r&#233;volution de &#171; mai 68 &#187; en essayant de vivre concr&#232;tement les valeurs pr&#244;n&#233;es par ce mouvement de remise en question et de vie plus authentique tant sur le plan du couple, de la famille, de l'&#233;ducation affective et scolaire de mon enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mon boulot d'assistante sociale, j'ai choisi tr&#232;s vite d'aider les gens &#224; mieux se sentir dans leur chemin de vie, m&#234;me si leur marginalit&#233;, leur sexualit&#233;, leurs divergences ne correspondaient pas &#224; ce que la soci&#233;t&#233; voulait pour leur bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de carri&#232;re quand j'ai &#233;t&#233; directrice d'un foyer d'enfants, alors que l'environnement (les &#233;coles, les institutions, le SAJ, le juge des enfants&#8230;) avait tendance &#224; tenir les parents loin de leurs enfants et les taxait de &lt;i&gt;mauvais&lt;/i&gt; parents, moi, j'avais plut&#244;t tendance &#224; accorder une place de valeur aux parents et &#224; les consid&#233;rer comme partenaires importants dans l'attention &#224; leurs enfants, consid&#233;rant le placement de leurs enfants comme un moment o&#249; ils allaient pouvoir s'occuper d'eux-m&#234;mes et r&#233;fl&#233;chir sur la meilleure fa&#231;on de continuer leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau de l'&#233;ducation de mon fils en tant que maman &#171; solo &#187;, mais attachant une importance vitale &#224; la pr&#233;sence du papa, j'ai l'impression que j'ai toujours d&#251; me battre &lt;i&gt;contre&lt;/i&gt; cette soci&#233;t&#233; pour rester authentique et proche de mes valeurs. &#202;tre en r&#233;sistance face &#224; cette soci&#233;t&#233; hypocrite a souvent &#233;t&#233; difficile pour moi tant dans mon d&#233;sir d'&#233;duquer mon enfant comme je le sentais que dans ma mani&#232;re de vivre la relation &#224; l'homme dans mon besoin individuel d'amour. Je me suis souvent sentie rejet&#233;e, m&#233;pris&#233;e et peu soutenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que maintenant &#171; en fin de vie &#187; que je trouve enfin la force de vivre la r&#233;sistance &#224; travers une certaine libert&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>On devait se m&#233;fier des filles ! (Serge H.)</title>
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		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Homme (r&#244;le)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2022-23 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis bruxellois, n&#233; &#224; Ixelles en 1952. Je suis all&#233; dans une &#233;cole mixte jusqu'en 2e primaire. C'est l&#224; que j'ai connu mon premier amour. Elle s'appelait Josiane. J'avais 6 ans, je n'ai jamais os&#233; le lui dire. Un soir, j'ai d&#233;cid&#233; de me coucher avant l'heure. Je voulais r&#234;ver de Josiane et je l'ai dit &#224; ma m&#232;re qui l'a rapport&#233; &#224; la religieuse qui s'occupait de nous &#224; l'&#233;cole. Le lendemain, elle a dit devant tout le monde : &#171; Alors Serge, tu vas te coucher plus (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot152" rel="tag"&gt;Homme (r&#244;le)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2022-23&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis bruxellois, n&#233; &#224; Ixelles en 1952. Je suis all&#233; dans une &#233;cole mixte jusqu'en 2e primaire. C'est l&#224; que j'ai connu mon premier amour. Elle s'appelait Josiane. J'avais 6 ans, je n'ai jamais os&#233; le lui dire. Un soir, j'ai d&#233;cid&#233; de me coucher avant l'heure. Je voulais r&#234;ver de Josiane et je l'ai dit &#224; ma m&#232;re qui l'a rapport&#233; &#224; la religieuse qui s'occupait de nous &#224; l'&#233;cole. Le lendemain, elle a dit devant tout le monde : &#171; Alors Serge, tu vas te coucher plus t&#244;t pour r&#234;ver de Josiane ? &#187;. J'&#233;tais g&#234;n&#233;, rouge de honte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 7 ans, mes parents m'ont fait conna&#238;tre &#171; les secrets des grands &#187;. Ils m'ont appris que Saint-Nicolas n'existait pas et que les enfants ne naissaient pas dans les choux. Ils m'ont expliqu&#233; avec un livre comment on faisait des enfants. On disait qu'il fallait mettre le sifflet dans la prune de la fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 11 ans, en 6e primaire, on a eu un cours de religion. Il y avait un chapitre sur la puret&#233;. On nous expliquait que c'&#233;tait un p&#233;ch&#233; mortel que de faire l'acte de mariage sans &#234;tre mari&#233;. J'ai demand&#233; ce que c'&#233;tait, mais j'ai &#233;t&#233; puni, car le professeur pensait que je faisais semblant de ne pas savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents tenaient &#224; la puret&#233; et la virginit&#233;, c'&#233;tait tr&#232;s important pour eux. Mon p&#232;re disait toujours qu'une fille qui n'est plus vierge, c'est comme un &#339;uf dont il ne reste que la coquille. On mettait en garde les gar&#231;ons, de ne pas &#233;crire de lettre d'amour &#224; une fille, car si celle-ci tombait enceinte, elle pourrait dire que c'est le gar&#231;on qui l'avait mise enceinte m&#234;me si ce n'&#233;tait pas lui. On devait se m&#233;fier des filles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai rencontr&#233; des filles que quand je suis entr&#233; &#224; l'&#233;cole sociale. J'avais 17 ans. J'&#233;tais avec une majorit&#233; de filles, j'&#233;tais compl&#232;tement d&#233;phas&#233;. Je n'osais pas les aborder et je ne savais pas comment me comporter avec elles. J'ai offert beaucoup de caf&#233;s pour discuter avec les filles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je trouve que la sexualit&#233; est mieux expliqu&#233;e aujourd'hui. Quand j'&#233;tais adolescent, on manquait d'images pour comprendre. On allait aux Pays-Bas pour se procurer des magazines pornos. Aujourd'hui, il y a plus de communication sur le sujet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Une p&#233;dagogie active (Michel M.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1494</link>
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		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2022-23 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233; en 1950. Mes parents &#233;taient d'origines tr&#232;s diff&#233;rentes : mon p&#232;re, belge, &#233;tait fils d'ambassadeur et ma m&#232;re, juive anglaise, &#233;tait d'origine ukrainienne. Ils se sont rencontr&#233;s pendant la guerre, en Angleterre. Je ne les ai jamais vus s'exprimer leurs sentiments. Ma m&#232;re &#233;tait quelqu'un d'assez &#233;cras&#233;, elle vivait sous la coupe de mon p&#232;re. Elle &#233;tait belle, mon p&#232;re &#233;tait fier de sortir avec elle, mais il attendait d'elle de rester discr&#232;te, de ne (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Education hors &#233;cole&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2022-23&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis n&#233; en 1950. Mes parents &#233;taient d'origines tr&#232;s diff&#233;rentes : mon p&#232;re, belge, &#233;tait fils d'ambassadeur et ma m&#232;re, juive anglaise, &#233;tait d'origine ukrainienne. Ils se sont rencontr&#233;s pendant la guerre, en Angleterre. Je ne les ai jamais vus s'exprimer leurs sentiments. Ma m&#232;re &#233;tait quelqu'un d'assez &#233;cras&#233;, elle vivait sous la coupe de mon p&#232;re. Elle &#233;tait belle, mon p&#232;re &#233;tait fier de sortir avec elle, mais il attendait d'elle de rester discr&#232;te, de ne pas trop parler en public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfant, j'ai eu la chance de fr&#233;quenter une &#233;cole priv&#233;e, l'&#233;cole Hama&#239;de qui &#233;tait alors &#224; Ixelles. C'&#233;tait une &#233;cole avec une p&#233;dagogie proche de l'enseignement Decroly. J'&#233;tais tr&#232;s heureux l&#224;-bas, j'ai ador&#233;. Les apr&#232;s-midis &#233;taient consacr&#233;s &#224; des activit&#233;s manuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais 6 ans quand on a achet&#233; une petite maison &#224; la campagne, &#224; Rhode Saint Gen&#232;se qui &#233;tait un trou perdu &#224; l'&#233;poque. Avec un ruisseau au fond d'un beau jardin, c'&#233;tait un petit paradis. J'y &#233;tais tr&#232;s heureux, mais trop seul. J'&#233;tais un enfant unique, j'avais peu d'amis. Malgr&#233; cela, je ne m'ennuyais jamais, j'&#233;tais tr&#232;s cr&#233;atif et bricoleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; amoureux pour la premi&#232;re fois &#224; &#224; 10 ans. Elle s'appelait Cathy, elle m'&#233;crivait des po&#233;sies et m'avait fait un dessin d'une colombe. &#192; l'&#233;poque, &#224; l'&#233;cole, on ne pouvait pas regarder les images dans le dictionnaire Larousse, car du c&#244;t&#233; des noms propres, il y avait des images de statues grecques nues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 12 ans, la transition depuis mon &#233;cole primaire vers le coll&#232;ge Cardinal Mercier fut un grand choc. Je n'&#233;tais pas heureux l&#224;-bas. On nous obligeait &#224; prier et &#224; participer &#224; toutes les messes. C'&#233;tait un esprit assez ferm&#233;, de quoi nous d&#233;gouter de la religion. Un jour, j'avais alors 14 ans, un prof m'a demand&#233; si j'&#233;tais croyant. Je lui ai r&#233;pondu que cela ne regardait que moi. Il m'a mis &#224; la porte. L&#224;-bas, les gar&#231;ons ne parlaient que de sorties, de foot et de filles. Moi, je vivais dans une autre sph&#232;re, j'&#233;tais un passionn&#233; d'&#233;lectronique. Ma scolarit&#233; n'a pas &#233;t&#233; bonne, j'&#233;tais trop mal, alors j'ai alors arr&#234;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai repris des &#233;tudes techniques en &#233;lectronique. J'aurais voulu faire des &#233;tudes sup&#233;rieures de recherche fondamentale ou en astrophysique, mais mes parents n'en avaient pas les moyens. A l'&#233;cole technique, je connaissais d&#233;j&#224; plus que les autres, vu que c'&#233;tait ma passion, mais j'y &#233;tais encore tr&#232;s seul. Mon p&#232;re voulait que je pratique un sport de groupe. Mais je ne voulais pas, je n'aimais pas la comp&#233;tition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfant, j'ai joui d'une libert&#233; fantastique. Il m'en reste une passion pour la nature et je suis rest&#233; tr&#232;s inventif et adroit de mes mains. A l'&#226;ge adulte, dans les ann&#233;es 90, j'ai pu transmettre mes connaissances. Ayant construit un chalet au fond de mon jardin, pendant les p&#233;riodes de cong&#233;, j'y ai men&#233; des animations-d&#233;couvertes pour des enfants de 10 &#224; 15 ans. Je leur enseignais, avec plein d'exemples pratiques, des notions de base sur le temps, l'espace, le son, la lumi&#232;re, l'&#233;lectricit&#233;, l'&#233;nergie, la radio. J'ai ador&#233; transmettre ces connaissances de physique, c'&#233;tait valorisant pour moi. Certains m'ont confi&#233;, par la suite, en avoir tir&#233; beaucoup de profit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>J'ai &#233;pous&#233; une musulmane (Serge H.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1491</link>
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		<dc:subject>Religion, valeurs et &#233;thique</dc:subject>
		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2022-23 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis bruxellois, n&#233; en 1952 et &#233;duqu&#233; dans la religion catholique m&#234;me si apr&#232;s je suis devenu ath&#233;e. Je me suis mari&#233; avec une Marocaine musulmane en 1999. Je l'ai rencontr&#233;e par le biais de la s&#339;ur de ma femme de m&#233;nage avec qui j'&#233;tais tr&#232;s li&#233;e. Quand je l'ai connue, elle &#233;tait en Belgique depuis un an, en situation irr&#233;guli&#232;re et elle &#233;tait pr&#234;te &#224; faire un mariage blanc. Pour pouvoir l'&#233;pouser, j'ai d&#251; m'adapter, car je devais &#234;tre musulman. J'ai suivi (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Education hors &#233;cole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot135" rel="tag"&gt;Amour, mariage, divorce&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2022-23&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis bruxellois, n&#233; en 1952 et &#233;duqu&#233; dans la religion catholique m&#234;me si apr&#232;s je suis devenu ath&#233;e. Je me suis mari&#233; avec une Marocaine musulmane en 1999. Je l'ai rencontr&#233;e par le biais de la s&#339;ur de ma femme de m&#233;nage avec qui j'&#233;tais tr&#232;s li&#233;e. Quand je l'ai connue, elle &#233;tait en Belgique depuis un an, en situation irr&#233;guli&#232;re et elle &#233;tait pr&#234;te &#224; faire un mariage blanc. Pour pouvoir l'&#233;pouser, j'ai d&#251; m'adapter, car je devais &#234;tre musulman. J'ai suivi des cours d'islam &#224; la mosqu&#233;e du Cinquantenaire. Cela m'int&#233;ressait d'apprendre une autre religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a a &#233;t&#233; un mariage r&#233;ussi. Ma famille a accept&#233; sans probl&#232;me. Sa famille a &#233;t&#233; tr&#232;s accueillante et tr&#232;s tol&#233;rante. La moiti&#233; de sa famille est constitu&#233;e de mariages mixtes. Les premiers ont d&#251; batailler pour le mariage mixte, mais apr&#232;s cela n'a plus pos&#233; de soucis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence de culture n'a pas tous les jours &#233;t&#233; facile &#224; vivre. On se respecte, on se fait confiance et on arrive &#224; passer au-dessus des diff&#233;rences. Au d&#233;but, il y a eu des diff&#233;rences de mentalit&#233;, mais j'ai appris &#224; d&#233;couvrir la religion et la culture. Par exemple : la f&#234;te du sacrifice, le fait que les femmes ne fument pas devant les grands fr&#232;res. Certains diront que c'est de l'hypocrisie, mais j'ai compris que c'&#233;tait une question de respect. Comme le fait de boire en cachette. Pour notre mariage, on a voulu prendre le bon des deux cultures. On avait pr&#233;par&#233; une petite pi&#232;ce pour les personnes qui voulaient fumer discr&#232;tement, et des verres opaques pour qu'on ne puisse pas voir qui buvait de l'alcool. Personne n'&#233;tait dupe, mais cela sauvait les apparences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2001, notre fille est n&#233;e et la question de l'&#233;ducation s'est pos&#233;e. Comment faire pour garder nos 2 cultures ? Ma femme &#233;tait d'avis que nous devions &#234;tre d'accord devant elle. Pour moi, par contre, il fallait que notre fille sache que nous avions des avis diff&#233;rents et lui en expliquer les raisons. C'&#233;tait alors &#224; elle de choisir et de concilier nos points de vue. Nous avons adopt&#233; cette mani&#232;re de faire et cela s'est tr&#232;s bien pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que ma femme fait le ramadan, je ne bois pas d'alcool. Ma fille fait le ramadan et pourtant, elle ne pratique pas d'habitude. Je pense qu'elle le fait pour faire plaisir &#224; sa m&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les 50 ans de ma femme, je lui ai offert un voyage &#224; La Mecque. C'&#233;tait une grosse erreur, car elle en est revenue beaucoup plus stricte. Maintenant, elle met le voile, elle regarde les &#233;tiquettes des aliments.... Ma femme dit qu'elle croit, parce que cela lui fait du bien. Pour moi, une religion, c'est une mythologie, des rites et une morale. Mais on peut &#234;tre ath&#233;e et avoir une morale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Quitter mon milieu familial, l'aventure d'une vie ! (Sylvie G.)</title>
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		<dc:date>2023-07-04T13:45:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je suis fille d'agriculteurs de p&#232;re en fils et de m&#232;re en fille, n&#233;e en 1968 &#224; Cand&#233; (Maine-et-Loire), petite ville rurale, dans une maternit&#233; qui n'existe plus depuis longtemps. Mes parents ont &#233;t&#233; &#233;lev&#233;s dans la duret&#233; et la non-expression de l'affection et ils ont d&#251; quitter l'&#233;cole &#224; 14 ans*, travailler &#224; la ferme, &#224; l'usine pour ma m&#232;re. Ils se sont rencontr&#233;s lors d'un bal, se sont fr&#233;quent&#233; pendant un an en se voyant chez leurs parents, puis se sont mari&#233;s. Ma m&#232;re avait 20 ans, elle ne voulait pas (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis fille d'agriculteurs de p&#232;re en fils et de m&#232;re en fille, n&#233;e en 1968 &#224; Cand&#233; (Maine-et-Loire), petite ville rurale, dans une maternit&#233; qui n'existe plus depuis longtemps. Mes parents ont &#233;t&#233; &#233;lev&#233;s dans la duret&#233; et la non-expression de l'affection et ils ont d&#251; quitter l'&#233;cole &#224; 14 ans*, travailler &#224; la ferme, &#224; l'usine pour ma m&#232;re. Ils se sont rencontr&#233;s lors d'un bal, se sont fr&#233;quent&#233; pendant un an en se voyant chez leurs parents, puis se sont mari&#233;s. Ma m&#232;re avait 20 ans, elle ne voulait pas d'enfant mais mon p&#232;re voulait quand m&#234;me une famille. Ils ont eu 5 enfants. Pourtant mon p&#232;re suivait l'actualit&#233; ; ils ont d&#251; savoir que la l&#233;galisation de la pilule &#233;tait en 1967 et l'avortement l&#233;galis&#233; en 1975 (Loi Veil).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma m&#232;re n'a pas eu le choix. Elle m'a dit qu'elle &#233;tait bien &#224; l'usine mais qu'aurait fait une femme seule &#224; l'usine &#224; la campagne, &#224; part soigner ses parents ? L'&#233;poque n'&#233;tait pas favorable pour une femme de s'assumer seule, sans &#233;tudes, sans m&#233;tier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma m&#232;re n'&#233;tait probablement pas m&#251;re assez pour assumer une famille. Elle n'avait pas de mod&#232;le car les enfants dans sa famille &#233;taient livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes. Chez nous, nous avons manqu&#233; beaucoup d'amour maternel et notre p&#232;re &#233;tait col&#233;rique. &lt;br class='autobr' /&gt;
En tant qu'enfant, je ne pouvais pas m'exprimer. J'&#233;tais triste de ne pouvoir vivre ma vie d'enfant, et j'&#233;tais assez sauvage, j'aimais courir dans la nature. Vers 5-7 ans, je cherchais l'attention de mes parents, leur reconnaissance. J'ai re&#231;u beaucoup de baffes de mon p&#232;re. J'ai alors d&#233;cid&#233; int&#233;rieurement que je n'avais pas besoin d'eux et pourtant ils m'obs&#233;daient. Je me culpabilisais de ne pouvoir les aimer. On &#233;tait en plein dans le patriarcat, implacable, m&#234;me si je tenais t&#234;te &#224; mon p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;cole, j'apprenais bien sans trop d'effort et j'aimais cela. L'&#233;cole me permettait de cr&#233;er une distance avec mes parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, fin des ann&#233;es 80, gr&#226;ce aux bourses, j'ai pu aller &#224; l'Universit&#233;. J'&#233;tais paum&#233;e arriv&#233;e dans la ville d'Angers, livr&#233;e &#224; moi-m&#234;me. Je voulais devenir prof de philo mais les &#233;tudes de Lettres s'av&#233;raient laborieuses. Ma s&#339;ur m'a conseill&#233; de passer le concours d'instit. Je l'ai r&#233;ussi et j'ai enseign&#233; un an en primaire dans la campagne. Mais je ne m'y sentais pas du tout bien, je n'&#233;tais pas comme les filles de l'&#233;cole d'instit se mariant toutes &#224; la fin de leurs &#233;tudes. On sortait en discoth&#232;que, on rencontrait des gar&#231;ons, fleurtait mais je ne tombais pas amoureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au Foyer de Jeunes Travailleurs, o&#249; j'&#233;tais pendant mon ann&#233;e d'instit, que j'ai rencontr&#233; des &#233;trangers, Suzan la N&#233;o-z&#233;landaise, Fred le Hollandais, un Allemand. J'ai commenc&#233; &#224; vraiment sortir, me lib&#233;rer et l&#224; j'ai su qu'il fallait que je reprenne des &#233;tudes pour partir d&#233;couvrir le monde. Je l'ai dit &#224; ma m&#232;re et elle a approuv&#233; mon choix. Je suis partie de France &#224; l'&#226;ge o&#249; ma m&#232;re m'a donn&#233;e naissance, &#224; 24 ans. Peut-&#234;tre ai-je r&#233;alis&#233; inconsciemment son souhait d'ind&#233;pendance. Elle nous disait cela quand on &#233;tait enfants, adolescentes : &#171; les filles, soyez ind&#233;pendantes &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis all&#233;e en Ecosse. J'aimais l'id&#233;e d'&#233;tudier en anglais mais j'avais le mal du pays, de la famille la premi&#232;re ann&#233;e. Ensuite ces &#233;tudes m'ont amen&#233;e &#224; Bruxelles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis devenue ind&#233;pendante financi&#232;rement, sans le besoin d'un homme, mais je n'ai pas du tout pu &#233;tablir une relation d'amour. L'id&#233;e de fonder une famille, d'avoir des enfants ne m'a jamais vraiment attir&#233;e. M&#234;me si j'y ai pens&#233;, j'&#233;tais sans doute trop centr&#233;e sur moi et mon mal-&#234;tre que pour &#233;lever un enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense qu'on peut s'&#233;panouir en dehors d'&#233;tablir sa propre famille, m&#234;me si ce n'est pas facile. Je me rends aujourd'hui compte que malgr&#233; une vie diff&#233;rente de celle de ma m&#232;re, j'ai beaucoup de ressemblances avec elle : son c&#244;t&#233; farouche, aller de l'avant, sa r&#233;silience, essayer tant bien que mal de vivre sa propre vie, selon son ressenti, et pas celle dict&#233;e par la soci&#233;t&#233; ou par son propre conditionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amiti&#233; et la culture m'ont beaucoup aid&#233;e dans ma vie. La recherche sur moi aussi pour conscientiser qui je suis et me sentir libre d'&#234;tre moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;i&gt;Ce n'est qu'en 1959 que De Gaulle a allong&#233; l'instruction obligatoire de 14 ans r&#233;volus &#224; 16 ans r&#233;volus ; mon p&#232;re avait 20 ans, il n'a pas pu en b&#233;n&#233;ficier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Enfant, je voulais &#234;tre un gar&#231;on (Christiane J.)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A ma question demandant &#224; maman si elle aurait voulu une fille comme premier b&#233;b&#233;, elle me r&#233;pondit sans aucune h&#233;sitation : &#034;non&#034;. Elle voulait un gar&#231;on comme a&#238;n&#233; de famille, car ayant elle-m&#234;me &#233;t&#233; l'a&#238;n&#233;e d'une fratrie de six enfants, elle savait la responsabilit&#233; et le travail qu'elle avait d&#251; prendre en charge vis-&#224;-vis de ses s&#339;urs et fr&#232;res, tout simplement parce qu'elle &#233;tait une fille. Elle ne voulait pas la m&#234;me vie pour sa fille &#224; elle. Elle f&#251;t tr&#232;s heureuse d'accueillir une fille comme deuxi&#232;me (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A ma question demandant &#224; maman si elle aurait voulu une fille comme premier b&#233;b&#233;, elle me r&#233;pondit sans aucune h&#233;sitation : &#034;non&#034;. Elle voulait un gar&#231;on comme a&#238;n&#233; de famille, car ayant elle-m&#234;me &#233;t&#233; l'a&#238;n&#233;e d'une fratrie de six enfants, elle savait la responsabilit&#233; et le travail qu'elle avait d&#251; prendre en charge vis-&#224;-vis de ses s&#339;urs et fr&#232;res, tout simplement parce qu'elle &#233;tait une fille. Elle ne voulait pas la m&#234;me vie pour sa fille &#224; elle. Elle f&#251;t tr&#232;s heureuse d'accueillir une fille comme deuxi&#232;me b&#233;b&#233; et pour sa troisi&#232;me grossesse, elle pr&#233;f&#233;rait un gar&#231;on, car disait-elle, il aurait une vie plus facile qu'une fille. Il ne devrait pas souffrir de r&#232;gles, de grossesses, d'accouchements et n'aurait pas toutes les charges m&#233;nag&#232;res bien souvent ingrates incombant aux femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maman, en r&#233;action &#224; sa vie et son exp&#233;rience de fille et de s&#339;ur a&#238;n&#233;e, n'a jamais voulu que je ne l'aide en rien. Elle disait ne pas vouloir faire de diff&#233;rence entre mes fr&#232;res et moi pour la seconder. Mais, il y avait de petites charges que nous partagions tous les trois ; par exemple aller aux magasins de quartier pour quelques achats qu'elle avait oubli&#233;s lors de ses courses journali&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petite, j'entendais les grands dire de moi que j'&#233;tais un v&#233;ritable gar&#231;on manqu&#233; ! Intr&#233;pide, je n'avais peur de rien, je ruais dans les brancards, je jouais au foot, je d&#233;testais le rose... Je voulais faire comme les gar&#231;ons, &#234;tre un gar&#231;on ! Mon fr&#232;re a&#238;n&#233; &#233;tait beaucoup plus timide et r&#233;serv&#233;. Voyant nos temp&#233;raments respectifs, maman disait que Claude aurait d&#251; &#234;tre une fille et Christiane un gar&#231;on. Mais pourquoi voulais-je &#234;tre un gar&#231;on ? Je ne le d&#233;couvrirais que bien plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si maman ne fit aucune diff&#233;rence entre-nous pour notre implication dans le m&#233;nage, elle et papa faisaient d'&#233;normes diff&#233;rences entre nous pour les loisirs. J'avais l'impression que Claude pouvait tout faire et moi rien. Yves avait six ans de moins, cette diff&#233;rence d'&#226;ge faisait que je ne me comparais pas &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi, qu'au fil des &#226;ges, mon fr&#232;re a&#238;n&#233; avait de plus en plus de libert&#233;. Il pouvait rouler en trottinette ou &#224; v&#233;lo seul dans la rue. Cela m'&#233;tait interdit. Je pouvais uniquement faire du v&#233;lo &#224; la mer, sur la digue et accompagn&#233;e de mon fr&#232;re. Il pouvait aller seul &#224; la piscine, se promener en ville, se rendre au cin&#233;ma de quartier, partir en vacances avec un copain, dormir en Auberge de Jeunesse, sortir le soir&#8230;. Tout cela m'&#233;tait absolument d&#233;fendu. Jusqu'&#224; mon mariage je dus rentrer &#224; 22 heures. Chaque fois que je demandais pourquoi toutes ces diff&#233;rences, invariablement on me r&#233;pondait parce que tu es une fille et que lui c'est un gar&#231;on !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me r&#233;voltait. Je trouvais cela compl&#232;tement injuste et j'essayai par diverses strat&#233;gies d'obtenir les m&#234;mes permissions que Claude, sans jamais y arriver. J'&#233;tais furieuse d'&#234;tre une fille et de ne pas avoir les m&#234;mes droits qu'un gar&#231;on. Il avait de nombreuses permissions et moi, je n'en avais aucune. Je faisais alors du chantage affectif aupr&#232;s de maman. Je lui disais qu'elle et papa n'&#233;taient certainement pas mes vrais parents. Que j'&#233;tais une enfant trouv&#233;e. Qu'ils ne m'aimaient pas comme ils aimaient mon fr&#232;re et que c'est uniquement pour cela qu'ils faisaient des diff&#233;rences entre lui et moi. Les premi&#232;res fois que j'usais de ces arguments, je faisais mouche ! Maman &#233;tait toute triste, elle voulait me prendre dans ses bras pour me faire un gros c&#226;lin, et me parler. Mais, moi, je bouchais mes oreilles, je ne me laissais pas faire lui disant qu'on ferait un c&#226;lin lorsque j'aurais les m&#234;mes droits que mon fr&#232;re. Apr&#232;s quelques temps, maman ne s'&#233;mouvait plus de mes j&#233;r&#233;miades et d&#233;samor&#231;ait mes propos en les prenant &#224; la rigolade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, j'aimais bien &#234;tre une fille lorsque maman me parlait comme &#224; une amie et me faisait quelques confidences. J'aimais &#234;tre une fille, lorsque nous partions en promenade et que papa me disait &#034;donne-moi la main fifille&#034; et que maman me disait &#034;si tu savais comme ton Papa est fier de sa petite fille&#034;. J'aimais &#234;tre une fille lorsque je constatais que papa capitulait plus vite devant moi que devant mon fr&#232;re. Lorsque nous voulions obtenir une permission, mon grand fr&#232;re me disait toujours : &#034;va toi, le demander &#224; papa, il te dira plus vite oui qu'&#224; moi&#034;. Et, c'&#233;tait bien vrai !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 14 ans, devenue amoureuse, je ne voulais plus du tout, mais alors plus du tout &#234;tre un gar&#231;on. Je me r&#233;jouissais d'&#234;tre une fille et n'aurait voulu changer ma place pour rien au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ext&#233;rieurement, je n'&#233;tais cependant pas tr&#232;s f&#233;minine. Je ne voulais pas avoir une allure sophistiqu&#233;e, comme beaucoup de filles de ma classe. Pas de maquillage, de boucles d'oreille, de bijoux, de foulard, de froufrou. Mon fr&#232;re dit un jour &#224; son ami Herman, &#034;je ne comprends pas ce que tu trouves &#224; ma s&#339;ur, elle n'a aucune f&#233;minit&#233;&#034;. Mais, il n'y a pas que l'aspect ext&#233;rieur qui montre la f&#233;minit&#233; d'un &#234;tre. Mon caract&#232;re profond &#233;tait bien celui d'une fille de l'&#233;poque ; romantique, sentimentale, maternelle, sensible, inqui&#232;te, nerveuse, empathique, serviable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'&#224; l'&#226;ge adulte, qu'effectuant un travail sur moi-m&#234;me, je d&#233;couvris que ce d&#233;sir d'&#234;tre un gar&#231;on dans l'enfance, venait uniquement du besoin de me sentir l'&#233;gal de mon fr&#232;re. Je croyais que si mes parents faisaient des diff&#233;rences entre mon fr&#232;re et moi, c'est que je valais moins que lui &#224; leurs yeux, qu'ils m'aimaient moins. Alors qu'ils avaient simplement une attitude de beaucoup de petits bourgeois de l'&#233;poque concernant l'&#233;ducation des gar&#231;ons et des filles. Il fallait prot&#233;ger les filles de tous les dangers et surtout celui de tomber enceinte avant le mariage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les temps ont bien chang&#233;. Aujourd'hui, en 2022, je suis sid&#233;r&#233;e par le nombre de jeunes qui veulent changer de sexe. C'est devenu une v&#233;ritable mode. J'ai appris par les m&#233;dias qu'&#224; la clinique des genres de Gand, il y a 5.000 jeunes en attente d'&#234;tre pris en charge pour changer de sexe. Il n'y a pour le moment que trois cliniques qui ont ce d&#233;partement en Belgique. A Gand, Genk et Li&#232;ge. Devant le nombre croissant de demande, l'H&#244;pital Brugmann, &#224; son tour va ouvrir ce service, qui sera en place en 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je trouve que les m&#233;dias influencent tr&#232;s fort la d&#233;marche de changer de genre par leurs nombreuses interventions sur le sujet. L'adolescence est un moment difficile &#224; passer. Je crains qu'apr&#232;s une d&#233;ception amoureuse ou des difficult&#233;s de relations &#224; l'autre sexe, il soit tentant pour ceux qui sont mal dans leur peau de se laisser convaincre qu'il suffit de changer de sexe pour que tout aille mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me rappelle une journ&#233;e de formation dans les ann&#233;es 1990 sur le sujet, avec le psychiatre et professeur &#233;m&#233;rite, Philippe Van Meerbeeck. Il nous disait le long accompagnement psychologique que les jeunes devaient suivre avant une op&#233;ration. Mais il nous disait aussi, le grand nombre de d&#233;ceptions apr&#232;s quelques ann&#233;es v&#233;cues dans l'autre genre. Car si on peut implanter un autre sexe, celui-ci reste toujours une proth&#232;se et le plaisir n'est pas au rendez-vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis aussi &#233;tonn&#233;e d'apprendre qu'un projet de loi pr&#233;voit que le sexe de l'enfant ne sera plus d&#233;clar&#233; &#224; la naissance, afin que plus tard il puisse choisir lui-m&#234;me. Je ne comprends pas comment grammaticalement on va devoir s'exprimer. On ne peut plus dire &#034;il&#034; ou &#034;elle&#034;, mais bien &#034;iel&#034;. Mais alors, comment faut-il, d&#232;s lors, accorder les adjectifs ? &#034;iel&#034; est petit ou petite ? &#034;iel est grand ou grande &#8230; ? Certains disent il faut &#233;crire &#034;iel&#034; ou &#034;ielle&#034;, &#034;iel est grand et &#034;ielle&#034; est grande. Mais dans ce cas, il y a la m&#234;me distinction qu'entre &#034;il&#034; ou &#034;elle&#034;. Si on ne veut pas distinguer le sexe, il faut donc choisir d'utiliser dans tous les cas, soit le &#034;iel&#034; soit le &#034;ielle&#034;. Laquelle des deux formules sera-t-elle impos&#233;e ? En grammaire le masculin l'emporte sur le f&#233;minin. Dans ce cas, on emploiera uniquement le masculin, n'est-ce pas une discrimination ? Non, sans doute puisqu'il est de bon ton de pratiquer l'indiff&#233;renciation, &#034;iel&#034; n'est ni masculin ni de f&#233;minin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, cette fa&#231;on de voir respecte-t-elle les personnes qui sont femmes ou hommes, qui aiment l'&#234;tre, et qui ne voudraient sous aucun pr&#233;texte changer de sexe ? D&#233;cidemment, je n'y comprends rien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que sous le pr&#233;texte de libert&#233; on est dans une d&#233;rive. Je crains surtout qu'il y ait beaucoup de g&#226;chis pour nombre d'adolescents fragiles et c'est cela qui m'inqui&#232;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#202;tre femme dans les ann&#233;es 50 (Bernadette C.)</title>
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		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ma fratrie est compos&#233;e de 8 filles et 3 gar&#231;ons, r&#233;partis de telle mani&#232;re que les gar&#231;ons s'en sont trouv&#233;s bien entour&#233;s. 2 filles- 1 gar&#231;on - 2 filles - 1 gar&#231;on - 2 filles - 1 gar&#231;on - 2 filles &lt;br class='autobr' /&gt;
Les gar&#231;ons sont les rois, les filles &#171; tout naturellement &#187; &#224; l'&#233;poque, sont cens&#233;s donner un coup de main dans le m&#233;nage. Je n'ai aucun souvenir d'un de mes fr&#232;res faisant la vaisselle ou son lit. Alors que j'ai maintes anecdotes relatant la dynamique des filles autour du bassin &#224; vaisselle. Cette discrimination (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot148" rel="tag"&gt;Femme, f&#233;minisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ma fratrie est compos&#233;e de 8 filles et 3 gar&#231;ons, r&#233;partis de telle mani&#232;re que les gar&#231;ons s'en sont trouv&#233;s bien entour&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
2 filles- 1 gar&#231;on - 2 filles - 1 gar&#231;on - 2 filles - 1 gar&#231;on - 2 filles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gar&#231;ons sont les rois, les filles &#171; tout naturellement &#187; &#224; l'&#233;poque, sont cens&#233;s donner un coup de main dans le m&#233;nage. Je n'ai aucun souvenir d'un de mes fr&#232;res faisant la vaisselle ou son lit. Alors que j'ai maintes anecdotes relatant la dynamique des filles autour du bassin &#224; vaisselle. Cette discrimination s'&#233;tend aux t&#226;ches plus lourdes, telles que le grand nettoyage de printemps, le jardinage ou le tapissage des pi&#232;ces de la maison, la peinture des boiseries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul, Philippe, le gar&#231;on du milieu, enfant charni&#232;re entre les grands et les petits, a pu prendre sa part de travail m&#233;nager et s'est vite r&#233;v&#233;l&#233; &#234;tre un excellent bricoleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes 3 fr&#232;res ont &#233;pous&#233; des pros du m&#233;nage, r&#233;gentes m&#233;nag&#232;res ou assimil&#233;es, cordons bleus hors pair. Que n'a-t-il pas fallu pour nous remplacer ?! Curieusement, dans leur m&#233;nage, mes 3 fr&#232;res sont devenus de fins cuisiniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arrivant la dixi&#232;me dans cette famille pleine de fille, j'ai quelque peu &#233;chapp&#233; &#224; ce r&#244;le pr&#233;&#233;tabli d'aide-m&#233;nag&#232;re. Le pr&#233;texte de mes &#233;tudes &#233;tait parfois le bienvenu. Et il y avait toujours une fille plus &#226;g&#233;e pour faire les choses mieux et plus vite que moi. Je n'ai pas vraiment cherch&#233; &#224; devenir une experte, &#224; l'exception du rangement, t&#226;che qui m'apaise et m'amuse. En rangeant les objets, je me fais une place aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte familial des ann&#233;es 40, 50 que mon f&#233;minisme &#233;clot. Par jalousie sans doute, sentiment d'injustice surtout face aux avantages, au respect aussi dont b&#233;n&#233;ficient mes fr&#232;res. Eux sont reconnus pour eux-m&#234;mes ; nous, les filles nous sommes utiles et consid&#233;r&#233;es pour ce que nous faisons. Leur vie de loisirs est plus fournie que la n&#244;tre. Ado, mon fr&#232;re de 2 ans mon a&#238;n&#233; est inscrit au club de tennis, de hockey et fr&#233;quente un groupe de sp&#233;l&#233;o. Ma plus jeune soeur et moi allons au &#171; bassin de natation &#187; et jouons &#171; &#224; la baballe &#187; dans la cour, avec notre raquette de tennis de r&#233;cup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai h&#226;te de quitter la famille, de vivre enfin &#171; ma vie &#187; ; comme si, jusque-l&#224;, je vivais entre parenth&#232;ses. Le d&#233;part le plus simple c'est encore de se marier ! &#199;a tombe bien, je connais un beau gar&#231;on qui vit la m&#234;me situation &#8230; J'ai remarqu&#233; que ma m&#232;re, une fois ses filles mari&#233;es, les respecte plus, ne leur fait plus de remarques ; une distance s'&#233;tablit, donnant l'impression que ses filles ne lui appartiennent plus &#8230; peut-&#234;tre appartiennent-elles &#224; leur mari ? J'ai r&#233;ellement senti cette diff&#233;rence apr&#232;s notre mariage. &#171; Femme mari&#233;e &#187; : ce nouveau statut m'apporte une premi&#232;re assurance . Mais ce sont mes maternit&#233;s, ensuite mon travail, qui m'&#233;panouissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos mod&#232;les familiaux &#224; propos de r&#244;les &#224; endosser ne nous ont pas vraiment convenu. Autant mon mari que moi-m&#234;me souhaitons pour nos enfants une vie plus adapt&#233;e &#224; chacun, hors projet &#171; genr&#233; &#187;. Nous en avons l'id&#233;e, mais ne sommes pas acharn&#233;s &#224; la d&#233;fendre tout le temps. Et c'est sans compter sur les grands-parents, paternels surtout, qui continuent &#224; taper sur le m&#234;me clou : &#171; Et &#231;a va, le travail de Fran&#231;ois ? parce que le tien, &#231;a ne compte pas &#187; ; notre premier petit gar&#231;on devient bien malgr&#233; lui &#171; l'a&#238;n&#233; &#187; d'une flop&#233;e de cousins ; comme son p&#232;re, le voil&#224; pri&#233; de donner l'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La litt&#233;rature pour enfants des ann&#233;es 70 fait un bond en avant, merci Mai 68, et nous aide &#224; proposer d'autres crit&#232;res, d'autres choix ; mais le contexte social, scolaire, encore bien format&#233;, s'invite aussi dans les lettres de Saint-Nicolas, sexualisant les nouveaux jouets&#8230; Je confesse cependant que j'ai eu du plaisir &#224; offrir des poup&#233;es &#224; mes filles et petites filles &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une anecdote : vers 2 ans, je propose &#224; mon premier enfant, Antoine, une poup&#233;e en tissu fabriqu&#233;e de mes propres mains ! Aussit&#244;t offerte, je lui demande, &#171; et comment vas-tu l'appeler, ta poup&#233;e ? &#187; &#8230; il me regarde, compl&#232;tement perplexe : &#171; eh bien, poup&#233;e ! Camion, c'est camion, voiture, c'est voiture &#8230; poup&#233;e, c'est poup&#233;e ! &#187; Je me suis sentie bloqu&#233;e dans mon &#233;lan de projeter sur lui toute la symbolique maternelle de mon univers de petite fille &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au fait, que pensent nos enfants, aujourd'hui de tout cela ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comment je suis devenue une jeune fille (Claudine G.)</title>
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		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mes parents ont toujours r&#233;pondu &#224; mes questions sur la sexualit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai appris d'o&#249; sortaient les b&#233;b&#233;s quand, &#224; neuf ans, en 1960, j'ai vu ma m&#232;re nue, sans cicatrices. J'ai su la m&#234;me ann&#233;e que les femmes &#233;taient r&#233;gl&#233;es quand j'ai demand&#233; pourquoi les grands-m&#232;res n'avaient plus de b&#233;b&#233;s. Mon p&#232;re m'a expliqu&#233; comment on faisait les b&#233;b&#233;s quand j'ai appris &#224; langer mon petit fr&#232;re en 1962. Apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de maman, c'est papa qui a continu&#233; mon &#233;ducation sexuelle. C'est lui qui m'a achet&#233; mes premi&#232;res serviettes (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mes parents ont toujours r&#233;pondu &#224; mes questions sur la sexualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai appris d'o&#249; sortaient les b&#233;b&#233;s quand, &#224; neuf ans, en 1960, j'ai vu ma m&#232;re nue, sans cicatrices. J'ai su la m&#234;me ann&#233;e que les femmes &#233;taient r&#233;gl&#233;es quand j'ai demand&#233; pourquoi les grands-m&#232;res n'avaient plus de b&#233;b&#233;s. Mon p&#232;re m'a expliqu&#233; comment on faisait les b&#233;b&#233;s quand j'ai appris &#224; langer mon petit fr&#232;re en 1962. Apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de maman, c'est papa qui a continu&#233; mon &#233;ducation sexuelle. C'est lui qui m'a achet&#233; mes premi&#232;res serviettes hygi&#233;niques lors de mon entr&#233;e au pensionnat en 1963 et mon premier soutien-gorge sans moi - il &#233;tait beaucoup trop grand ! Il nous a expliqu&#233; en 1968, &#224; mon fr&#232;re et &#224; moi, le m&#233;canisme d'une &#233;rection, pendant que mon fr&#232;re, qui avait 14 ans, rougissait&#8230;Tout cela &#233;tait plut&#244;t technique, il ne parlait pas d'attirance, de d&#233;sir, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tournais le dos &#224; ma s&#339;ur quand je m'habillais et, pour parler de nos premi&#232;res r&#232;gles &#224; certaines copines, nous disions qu'on &#233;tait devenue une &#171; jeune fille &#187;. C'&#233;tait tabou quelque part. Par exemple, la bonne s&#339;ur responsable des pensionnaires m'avait demand&#233; de sortir de la classe pendant qu'elle parlait d'achat de serviettes &#224; mon amie plus &#226;g&#233;e, qui ne rentrait pas chez ses parents le week-end.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chose la plus embarrassante que j'ai v&#233;cue est arriv&#233;e un week-end, dans les ann&#233;es 1960, o&#249; nous - quelques pensionnaires et la bonne s&#339;ur &#8211; &#233;tions all&#233;es offrir la Saint-Nicolas &#224; des enfants de mineurs. Nous &#233;tions log&#233;es dans un pensionnat de la petite ville. J'avais mes r&#232;gles et pas assez de serviettes hygi&#233;niques. (Je fais ici une parenth&#232;se pour expliquer le genre de protections qui existaient &#224; cette &#233;poque : soit des serviettes en coton lavables &#224; &#233;pingler sur une ceinture, que je n'employais qu'&#224; la maison et des serviettes en ouate entour&#233;e de gaze et non-adh&#233;sives, qui parfois glissaient dans la culotte et se retrouvaient dans le bas du dos&#8230;). Je n'ai pas os&#233; parler de mon probl&#232;me &#224; la religieuse. J'ai donc pass&#233; la nuit avec ma derni&#232;re serviette d&#233;j&#224; bien imbib&#233;e et, naturellement, le matin, le drap &#233;tait t&#226;ch&#233;. Honteuse, j'ai referm&#233; le lit sans rien dire. J'&#233;tais g&#234;n&#233;e d'avoir laiss&#233; cette surprise &#224; la fille qui y dormait d'habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; qui en aurais-je parl&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Construire un lieu th&#233;rapeutique en autogestion : une aventure ! (Andr&#233;e W.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1381</link>
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		<dc:date>2021-10-03T07:56:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sans la reconnaissance humaine de la folie, c'est l'homme m&#234;me qui dispara&#238;t. Fran&#231;ois Tosquelles &lt;br class='autobr' /&gt;
4 mars 1974, nous ouvrons la Ferme du Soleil&#8230; Au flanc d'une colline du Pays de Herve, la maison est l&#224;, pr&#234;te pour accueillir les dix premiers enfants &#226;g&#233;s de 3 &#224; 14 ans. Ren&#233;, Bertrand, Julie, Jean,&#8230; je les revois en ce premier jour tout aussi inquiets que leurs parents et nous&#8230; L'inconnu, une premi&#232;re s&#233;paration, de nouvelles rencontres, la mise en &#339;uvre de nos choix th&#233;rapeutiques&#8230; Notre projet de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique154" rel="directory"&gt;Au travail !&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L96xH150/arton1381-b0dac.jpg?1776943898' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sans la reconnaissance humaine de la folie, c'est l'homme m&#234;me qui dispara&#238;t. &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Fran&#231;ois Tosquelles&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 mars 1974, nous ouvrons la Ferme du Soleil&#8230; Au flanc d'une colline du Pays de Herve, la maison est l&#224;, pr&#234;te pour accueillir les dix premiers enfants &#226;g&#233;s de 3 &#224; 14 ans. Ren&#233;, Bertrand, Julie, Jean,&#8230; je les revois en ce premier jour tout aussi inquiets que leurs parents et nous&#8230; L'inconnu, une premi&#232;re s&#233;paration, de nouvelles rencontres, la mise en &#339;uvre de nos choix th&#233;rapeutiques&#8230; Notre projet de psychoth&#233;rapie institutionnelle va vivre et nous allons d&#233;couvrir, dans le quotidien, l'alchimie d'un groupe qui se constitue&#8230; L'&#233;quipe de base s'est &#233;largie et nous sommes neuf &#224; commencer le travail. Le projet, devenu r&#233;alit&#233;, existe depuis 40 ans et les &#233;volutions (cr&#233;ation d'un centre de jour et d'un centre de th&#233;rapie familiale) n'en ont pas modifi&#233; les fondamentaux ni dans le travail avec les enfants et les familles, ni dans l'organisation des prises de d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait quatre ans qu'Etienne et moi en avons r&#234;v&#233;. Les travaux de Bruno Bettelheim nous ont orient&#233;s ainsi que les travaux de l'antipsychiatrie et de la psychoth&#233;rapie institutionnelle&#8230; Quel plaisir de lire les travaux de Tosquelles, Laing, Oury et bien d'autres&#8230; d'&#233;changer jusqu'&#224; pas d'heures&#8230; de construire ensemble une institution que nous voulons &#171; r&#233;volutionnaire &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avant d'&#233;tudier la psychologie &#224; l'UCL, j'avais fait une premi&#232;re ann&#233;e &#224; l'Ecole d'Educateurs sp&#233;cialis&#233;s de Li&#232;ge. Elle s'&#233;tait ouverte en 1958 et d&#233;veloppait, d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque, des pratiques d'apprentissage centr&#233;es sur le travail de groupe et sur la personne de l'apprenant. D&#232;s la fin de la licence, j'y avais &#233;t&#233; engag&#233;e, malgr&#233; mon jeune &#226;ge, comme formatrice. Je travaillais aussi au Centre d'aide &#233;ducative qui avait ouvert une petite unit&#233; de jour pour des enfants autistes et psychotiques. C'est l&#224; que j'ai fait, tout en m'engageant dans une psychanalyse, mes premi&#232;res exp&#233;riences de psychoth&#233;rapeute d'enfants. Je vivais dans un climat de libert&#233; de penser, d'innover, de transformer les modes d'action avec les personnes en souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons constitu&#233; l'association avec deux coll&#232;gues de l'&#233;cole. Nous &#233;tions jeunes, j'avais 28 ans, Etienne Dessoy 30, Sylvie Goffin 26 et Michel Thiteux 24. Nous n'avions rien, pas un centime, mais nous avions l'intime conviction que nous pouvions d&#233;velopper un projet qui serait autog&#233;r&#233;, o&#249; les d&#233;cisions seraient prises par les travailleurs, par les personnes engag&#233;es dans le travail, o&#249; chaque personne, quelle que soit sa fonction, m&#233;decin, &#233;ducateur, cuisini&#232;re, personnel d'entretien, aurait le m&#234;me pouvoir dans les d&#233;cisions de gestion. Notre projet se voulait th&#233;rapeutique mais aussi politique. Pendant mes &#233;tudes &#224; Louvain, j'ai fait du syndicalisme &#233;tudiant et je participais avec d'autres &#224; un mouvement de gauche. C'&#233;tait l'&#233;poque des jeans et des pulls noirs, de Sartre, Marx, Marcuse et bien s&#251;r, en tant que psychologue, de Freud. C'&#233;tait le temps de longues soir&#233;es o&#249; le th&#233; et le vin arrosaient nos &#233;changes, o&#249; Ferr&#233;, Brassens, Brel, Anne Sylvestre, Barbara, r&#233;sonnaient dans nos nuits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons construire un lieu o&#249; tout sera centr&#233; sur un cadre de vie o&#249; les enfants et les adultes seront &#224; l'&#233;coute les uns des autres, o&#249; les adultes prendront le temps de comprendre chacun et o&#249; les r&#232;gles seront centr&#233;es sur l'espace et le temps et non sur des r&#232;glements, tr&#232;s souvent abscons&#8230; Les enfants seront libres d'aller et venir&#8230; pas de portes ferm&#233;es si ce n'est pour les personnes ext&#233;rieures, les repas seront certes &#224; heure fixe mais si un enfant ne mange pas, la cuisine avec son frigo sera toujours ouverte, des ateliers seront organis&#233;s mais si un enfant n'arrive pas &#224; y &#234;tre, un adulte sera &#224; proximit&#233;, un lieu o&#249; les sympt&#244;mes ne seront pas sanctionn&#233;s mais o&#249; nous essayerons de donner du sens et de mettre en place des relations &#171; soignantes &#187;. Un psychiatre li&#233;geois &#224; qui j'expliquais le projet m'a dit &#171; Mais c'est la psychiatrie de l'an 2000 que vous voulez ! Vous verrez, il ne faudra pas un mois pour que vous fermiez les portes &#187;. Quarante ans ont pass&#233; et les portes sont toujours ouvertes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant trois ans, nous avons cherch&#233; un lieu dans la r&#233;gion li&#233;geoise : vieille ferme &#224; r&#233;nover, ch&#226;teau &#224; l'abandon vendu, &#224; l'&#233;poque, pour une bouch&#233;e de pain&#8230; Mais nos moyens financiers n'&#233;taient pas suffisants&#8230; L'oncle de Sylvie, qui avait une petite ferme &#224; Soumagne, a accept&#233; de nous la vendre &#171; pas cher &#187;, ma m&#232;re a mis un bien en hypoth&#232;que et j'ai fait un cr&#233;dit&#8230; Notre force de conviction soulevait des montagnes&#8230; Un architecte, Louis Leroy, a accept&#233; de nous suivre dans nos r&#234;ves. Il a lu, visit&#233; avec nous des institutions en Hollande et en Belgique, discut&#233; des plans pendant des heures et pourtant nous n'avions que notre enthousiasme et notre volont&#233; comme pour toute ressource.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trouver les fonds, une part importante de l'aventure&#8230; Au d&#233;part, une collecte au Standard nous a donn&#233; les moyens d'imprimer des autocollants, un grand soleil dessin&#233; par Sylvie : 20 francs (0,50 euro) multipli&#233; par&#8230; Nous avions besoin de 4 millions (125.000 euros)&#8230; pour construire l'internat, r&#233;nover partiellement la vieille ferme et assurer un an de fonctionnement. Une famille qui souhaitait que nous accueillions leur fils, effray&#233;e par nos petits moyens, nous a mis en contact avec le directeur du journal &#171; la Meuse &#187; et une grande vente de &#171; soleil &#187; nous a permis de r&#233;unir pr&#232;s de la moiti&#233; de la somme&#8230; Pendant 4 ans, nous avons vendu des cr&#234;pes et des brochettes aux 24 heures de Francorchamps, particip&#233; &#224; des foires o&#249; nous vendions des aquarelles peintes par Sylvie, o&#249; des artistes vendaient des &#339;uvres et nous versaient les b&#233;n&#233;fices&#8230; Autour de notre groupe, un r&#233;seau d'amis s'&#233;tait constitu&#233; et l'impossible &#233;tait devenu r&#233;alit&#233;. Je n'ai pas de mots pour &#233;voquer tous les petits gestes, les heures de partage, de fatigue, les angoisses, les moments hilarants v&#233;cus dans cette recherche d'argent : notre camionnette bleue d&#233;filant avec la caravane publicitaire du circuit car nous &#233;tions arriv&#233;s, apr&#232;s sa fermeture, avec toute la viande &#8230; une vente d'autocollants, dans un Rotary, o&#249;, apr&#232;s notre passage, une dame au d&#233;collet&#233; plongeant nous a pris le panier des mains et est pass&#233;e &#224; nouveau entre les tables&#8230; Elle en a vendu le double&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#171; tout &#187; fait&#8230; Je me souviens du premier chantier international des compagnons b&#226;tisseurs o&#249; Sylvie et moi avons d&#251;, de mani&#232;re impr&#233;vue, faire face &#224; l'organisation du chantier et aux travaux de r&#233;novation de la vieille ferme : installer l'eau, organiser les d&#233;molitions, trouver une b&#233;tonni&#232;re, faire du ciment, monter des murs tout en veillant &#224; l'intendance et &#224; l'animation&#8230; Heureusement mon p&#232;re surveillait les travaux et calculait les &#171; poutres de b&#233;ton &#187;&#8230; Que de fatigue mais aussi que de rires&#8230; Plus tard, Etienne et Michel r&#233;aliseront les ch&#226;ssis de fen&#234;tres, les meubles des chambres, la structure du salon en copiant des mod&#232;les de Roche et Bobois. Sylvie et moi, nous &#233;tions mandat&#233;es pour aller &#224; Li&#232;ge, prendre les dimensions avec nos mains, nos bras&#8230; A la machine &#224; coudre, nous avons piqu&#233; les coussins, les tentures&#8230; J'ai appris &#224; ma&#231;onner, plafonner, &#224; utiliser les ciseaux &#224; bois,&#8230; J'ai d&#233;couvert le plaisir du travail manuel, plaisir qui ne m'a jamais quitt&#233;e. Pendant 4 ans nous avons v&#233;cu tous nos loisirs &#224; faire vivre le projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, nous devions pr&#233;senter le dossier &#224; la Sant&#233; Publique, obtenir les subsides &#224; la cr&#233;ation et les garanties que notre projet serait pris en charge au niveau du fonctionnement. L'accueil avait &#233;t&#233; tr&#232;s positif, la Sant&#233; Publique a accept&#233; de subventionner la construction &#224; concurrence de 40% et nous promettait un changement des normes d'encadrement &#224; la mesure de notre projet. L'&#233;poque mettait en cause les grosses structures institutionnelles. La psychiatrie de l'enfant et la prise en charge des personnes en souffrance affective s'orientaient vers de nouvelles formes. Les petites structures voyaient le jour et &#233;taient privil&#233;gi&#233;es dans les options politiques. C'&#233;tait une &#233;poque de foisonnement d'id&#233;es, de recherche d'alternatives&#8230; Les exp&#233;riences nouvelles &#233;taient bienvenues et encourag&#233;es. Cependant, apr&#232;s quelques mois de fonctionnement, nous devrons mener un nouveau combat car les normes d'encadrement annonc&#233;es seront revues &#224; la baisse&#8230; Avec d'autres petites institutions et avec le soutien de parents, nous nous engagerons dans un conflit avec le minist&#232;re de la Sant&#233; Publique et apr&#232;s deux mois de luttes nous obtiendrons gain de cause par le passage &#224; l'Institut National d'Assurance Maladie et Invalidit&#233; (INAMI) et l'intervention des mutuelles. C'&#233;tait cela ou la fin du projet. Pour l'&#233;quipe, il &#233;tait hors de question de travailler dans les conditions d'encadrement propos&#233;es. Ce fut un moment intense o&#249; le fait d'&#234;tre en autogestion nous a donn&#233; une force inestimable dans les n&#233;gociations. Nous avons d&#233;cid&#233; de nous donner un pr&#233;avis et de continuer de travailler comme b&#233;n&#233;voles tout en &#233;tant au ch&#244;mage&#8230; Ce fut un argument de poids !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait une &#233;poque de transformation des mentalit&#233;s&#8230; J'y ai v&#233;cu des moments intenses tant au niveau professionnel qu'affectif. J'y ai d&#233;couvert la puissance du travail en &#233;quipe et l'obligation interne de la formation permanente avec ce qu'elle comporte d'analyse et de r&#233;flexion sur ce que &#171; je &#187; mets en &#339;uvre dans les relations &#224; l'autre. Encore aujourd'hui, cela me para&#238;t indispensable pour travailler avec des personnes en difficult&#233;s et pour cheminer dans notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une cr&#232;che avant Dolto (Anne B.)</title>
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		<dc:date>2021-10-03T07:14:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cr&#232;che : lieu o&#249; l'on re&#231;oit les enfants de 6 semaines &#224; 3 ans des rares mamans qui travaillent &#224; l'ext&#233;rieur du foyer. Les enfants y re&#231;oivent les soins hygi&#233;niques et moraux qu'exige leur &#226;ge. (Larousse, 1950) &lt;br class='autobr' /&gt;
A 17 ans, pour obtenir mon dipl&#244;me d'institutrice maternelle, j'effectue un stage de 2 semaines dans une cr&#232;che. Nous sommes dans les ann&#233;es 50... Une autre &#233;poque pour les petits. Il y a peu de cr&#232;ches, elles sont tenues par des pu&#233;ricultrices form&#233;es par des &#233;coles professionnelles, des jeunes (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique154" rel="directory"&gt;Au travail !&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Education hors &#233;cole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L96xH150/arton1370-11d7f.jpg?1776944092' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Cr&#232;che&lt;/strong&gt; : lieu o&#249; l'on re&#231;oit les enfants de 6 semaines &#224; 3 ans des &lt;strong&gt;rares&lt;/strong&gt; mamans qui travaillent &#224; l'ext&#233;rieur du foyer. Les enfants y re&#231;oivent les soins hygi&#233;niques et moraux qu'exige leur &#226;ge.&lt;/i&gt; (&lt;strong&gt;Larousse, 1950&lt;/strong&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 17 ans, pour obtenir mon dipl&#244;me d'institutrice maternelle, j'effectue un stage de 2 semaines dans une cr&#232;che. Nous sommes dans les ann&#233;es 50... Une autre &#233;poque pour les petits. Il y a peu de cr&#232;ches, elles sont tenues par des pu&#233;ricultrices form&#233;es par des &#233;coles professionnelles, des jeunes filles douces et dociles, dirig&#233;es par des religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je choisis la cr&#232;che paroissiale non loin de chez moi et je d&#233;couvre un lieu vieillot, d&#233;fra&#238;chi, tenu par 2-3 bonnes s&#339;urs peu motiv&#233;es, c'est la fin de leur mandat et elles pr&#233;parent leur d&#233;m&#233;nagement. Quelques dames de la paroisse viennent &#233;galement aider b&#233;n&#233;volement quelques heures par semaine. Il y a deux groupes d'enfants : une quinzaine de petits &#226;g&#233;s de 6 semaines &#224; 15 mois et &#224; l'&#233;tage, une quinzaine de grands de 15 mois &#224; 3 ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le champ, je dois m'activer, chez les petits, &#224; des t&#226;ches qui me sont totalement inhabituelles, mais je suis tr&#232;s heureuse. Mes bras bienveillants sont tr&#232;s appr&#233;ci&#233;s de 8 heures jusqu'&#224; 18 heures. J'ai une pause de deux heures pour rentrer d&#233;jeuner chez moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mamans arrivent et d&#233;shabillent leur b&#233;b&#233;, le roulent dans une cape pour le glisser par un guichet o&#249; je le r&#233;ceptionne et le pose dans un lit personnalis&#233; par une peluche. Ensuite je donne &#224; chacun un bain, je prodigue les petits soins et prends leur temp&#233;rature. Enfin il faut v&#234;tir chaque enfant avec les v&#234;tements de la cr&#232;che ; pour ceux qui peuvent s'asseoir, c'est la s&#233;ance &#171; petit pot &#187;, quatre enfants &#224; la fois, chacun sangl&#233; &#224; un pied de la table pour &#233;viter les promenades. Je les surveille, ensuite je les lange avec un carr&#233; de coton de qualit&#233; t&#233;tra, puis je les installe dans leur lit avec leur peluche ou dans un grand parc, ils y ont quelques blocs en bois pour jouer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plus petits ont droit &#224; un biberon qu'ils prennent seuls : le biberon est cal&#233; dans leur lit avec un lange, je les surveille et je les prends sur mes genoux en attendant leur renvoi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est bien vite l'heure du repas de midi, les b&#233;b&#233;s les plus &#226;g&#233;s sont sangl&#233;s sur un banc &#224; cinq places, devant eux il y a une &#233;tag&#232;re qui leur est inaccessible, j'y pose cinq assiettes garnies de pur&#233;e de l&#233;gumes et j'enfile les cuillers &#224; la cha&#238;ne. Les assiettes se vident, avec un peu d'eau, le repas se termine. Je les mets alors au lit avec un lange propre pour une sieste, une surveillante assure la garde et je peux rentrer chez moi pour deux heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apr&#232;s-midi se poursuit avec les biberons, les panades de fruits, les langes et apr&#232;s 16 h, les mamans arrivent. Par le guichet, elles me r&#233;clament leur petit, je le d&#233;shabille et le glisse par le guichet &#224; la maman en assurant que la journ&#233;e s'est bien d&#233;roul&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucune activit&#233; n'est pr&#233;vue, pas de jouet, trop peu de personnel.&lt;br class='autobr' /&gt;
La seconde semaine, il y a peu d'enfants, ce sont les vacances, les bonnes s&#339;urs sont parties en retraite, les b&#233;n&#233;voles assurent la garde avec moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un matin, le m&#233;decin de l'O.N.E vient contr&#244;ler la sant&#233; de tous, je dois signaler les bobos que j'ai remarqu&#233;s : un petit tousse, il aura du sirop ; un autre a le muguet et re&#231;oit un m&#233;dicament que je dois lui administrer ; le suivant a des cro&#251;tes au visage, c'est de l'imp&#233;tigo, je dois enlever les squames avec de l'huile et une petite carte, puis les badigeonner de mercurochrome bien rouge avant le retour &#224; la maison. Ils habitent un quartier o&#249; les petits sont peu soign&#233;s, on compte sur la cr&#232;che&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, un architecte m'interrompt pour conna&#238;tre mes souhaits pour am&#233;liorer le local de la cr&#232;che&#8230;Je ne peux lui dire grand-chose, je suis la stagiaire pour une quinzaine de jours, je ne connais pas les probl&#232;mes, je vois des am&#233;liorations possibles pour le confort des petits et du personnel, mais qu'ai-je &#224; dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis c'est la visite de monsieur le Cur&#233;, il veut s'assurer que je me tire d'affaire, il m'encourage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite le compte rendu de mon emploi du temps, il me permet d'&#233;tablir le dossier cr&#232;che, c'est une &#233;preuve pour obtenir le dipl&#244;me d'institutrice maternelle &#224; cette &#233;poque. Voil&#224; une quinzaine de jours qui m'a marqu&#233;e, j'ai appris la vie active, tr&#232;s active. Il y a une cinquantaine d'ann&#233;es, tout cela &#233;tait tr&#232;s normal et d'usage &#224; l'&#233;poque. Les enfants n'&#233;taient, je crois, pas malheureux, ils &#233;taient bien soign&#233;s et surtout aim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avions pas encore compris le r&#244;le du jeu et d'autres sollicitations qui peuvent faire &#233;voluer l'enfant et il a fallu que Fran&#231;oise Dolto vienne nous secouer pour comprendre ce qu'&#233;tait le petit enfant et comment le faire &#233;voluer harmonieusement. Je n'ai pas b&#233;n&#233;fici&#233; moi-m&#234;me de ces id&#233;es, mais je les ai appr&#233;ci&#233;es plus tard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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