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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>Une jeunesse solitaire et pleine de r&#234;ves (Michel M.)</title>
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		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>R&#234;ves</dc:subject>

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&lt;p&gt;Texte &#233;crit dans le cadre de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1962, on habitait &#224; Rhode, j'avais 12 ans et j'avais termin&#233; de merveilleuses ann&#233;es primaires dans l'&#233;cole Hama&#239;de &#224; Ixelles, une &#233;cole avec une p&#233;dagogie proche de Decroly, o&#249; les enfants &#233;taient &#233;cout&#233;s et respect&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi mon p&#232;re m'a-t-il mis ensuite au Coll&#232;ge Cardinal Mercier &#224; Braine-l'Alleud ? &#201;tait-ce pour la proximit&#233;, &#224; 5 arr&#234;ts de train sur l'omnibus Bruxelles-Charleroi ? Ce fut, je crois, le pire choix qu'il eut pu faire alors. (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Texte &#233;crit dans le cadre de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1962, on habitait &#224; Rhode, j'avais 12 ans et j'avais termin&#233; de merveilleuses ann&#233;es primaires dans l'&#233;cole Hama&#239;de &#224; Ixelles, une &#233;cole avec une p&#233;dagogie proche de Decroly, o&#249; les enfants &#233;taient &#233;cout&#233;s et respect&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi mon p&#232;re m'a-t-il mis ensuite au Coll&#232;ge Cardinal Mercier &#224; Braine-l'Alleud ? &#201;tait-ce pour la proximit&#233;, &#224; 5 arr&#234;ts de train sur l'omnibus Bruxelles-Charleroi ? Ce fut, je crois, le pire choix qu'il eut pu faire alors. Je ne lui en veux pas, mais je l'ai tr&#232;s mal v&#233;cu. Je passais d'une &#233;cole aconfessionnelle &#224; une &#233;cole catholique. Je passais d'une &#233;cole de 120 &#233;l&#232;ves &#224; un coll&#232;ge de 2000 &#233;tudiants. La quasi-d&#233;votion des profs de primaires ne ressemblait en rien au style de ces profs-ci. Parfois id&#233;alistes au d&#233;but de leur carri&#232;re, j'en ai vu devenir tr&#232;s vite &#8216;m&#226;t&#233;s' par le rouleau compresseur du syst&#232;me. C'&#233;tait aussi le passage d'un enseignement mixte, &#224; des classes avec rien que des gar&#231;ons. Et puis ici, on comptait en points, ici, on poussait &#224; la comp&#233;tition. Enfin j'ai toujours d&#233;test&#233; les sports de groupes. Je n'ai jamais acquis cet &#8216;esprit d'&#233;quipe' et la seule fois o&#249; j'ai fait un goal, dont j'&#233;tais tr&#232;s fier, ce fut dans le mien. On m'a vite &#233;cart&#233; du sport. Dieu merci ! On m'a cependant fait doubler deux fois. Devenant le &#8216;vieux doubleur' au fond de la classe, je me sentais encore plus humili&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des photos de classe montraient mon visage au travers de 5 classes. On peut tr&#232;s bien y constater la transformation d'un mignon petit gar&#231;on en un ado mal dans sa peau, tortur&#233;. &#192; 16 ou 17 ans donc j'ai simplement dit stop. J'ai quitt&#233; ce lieu o&#249; je ne m'&#233;panouissais pas du tout. Orient&#233; en toute logique vers une &#233;cole technique par mes capacit&#233;s acquises gr&#226;ce &#224; mon int&#233;r&#234;t, j'ai finalement termin&#233; mes secondaires avec un beau dipl&#244;me de technicien en &#233;lectronique A2 qui ne m'a jamais servi. &#201;c&#339;ur&#233; des &#233;tudes et manquant des moyens pour aborder l'universit&#233; o&#249; pourtant j'aurais pu aller vers une formation dans mes cordes, je me suis mis &#224; chercher du boulot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un moment important o&#249; le petit &#233;l&#232;ve discret et complex&#233; s'est affirm&#233; fut quand, &#224; un prof qui me reprochait de regarder par la fen&#234;tre pendant la pri&#232;re, je me suis lev&#233; et j'ai d&#233;clar&#233; que mes convictions religieuses ne regardaient que moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ado, je lisais beaucoup, des histoires fantastiques, de la science-fiction, des James Bond, de la philo. N'ayant pas eu de TV avant mes 17 ans, j'&#233;coutais beaucoup la radio. L'&#233;mission &#8216;Salut les copains' me mettait en contact avec les jeunes de mon &#226;ge. J'adorais Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Fran&#231;oise Hardy, Bob Dylan, Joan Baez et la plupart des chanteurs d'alors, mais j'&#233;coutais aussi de la musique baroque, de la musique de l'Inde, du Japon. J'ai per&#231;u que les &#233;v&#233;nements de mai 1968 marquaient un grand changement dans la soci&#233;t&#233;. L'&#233;v&#233;nement qui m'a le plus marqu&#233;, en plus de l'assassinat de Kennedy, fut sans aucun doute les premiers pas d'Armstrong sur la lune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#234;vais alors de fonder ou de m'ins&#233;rer dans une petite communaut&#233; autarcique o&#249; nous produirions la plupart des produits dont nous aurions besoin. Nous puiserions l'eau d'un puits, produirions notre &#233;lectricit&#233;, nous aurions une ou deux ch&#232;vres, des poules et un potager qui suffiraient &#224; nos besoins. Communaut&#233; mod&#232;le, nous aurions quelques chambres pour accueillir des visiteurs int&#233;ress&#233;s par notre mod&#232;le. Le temps libre serait consacr&#233; &#224; l'artisanat, ou &#224; toute expression artistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habile de mes mains, je me rendais utile en effectuant des d&#233;pannages divers, mais surtout des d&#233;pannages &#233;lectroniques. &#192; 17 ans on m'a pr&#234;t&#233; une mobylette, et, pour un gars qui sortait peu de chez lui, j'ai effectu&#233; ma premi&#232;re grande aventure solitaire. Un long voyage passant par Neuch&#226;tel, o&#249; des amis de mes parents m'ont accueilli puis par Grasse dans le Midi de la France, o&#249; j'ai d&#233;barqu&#233; chez des cousins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 18 ans, j'ai fini par me faire quelques amis. Ils jouaient de la guitare, chantaient, aimaient la nature. On sortait parfois au cin&#233;ma ou pour &#233;couter un concert.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>F&#233;minit&#233;, &#233;tudes et renoncements (Marguerite)</title>
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		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, j'ai 83 ans et mes 4 enfants ont quitt&#233; depuis longtemps le nid familial. C'est important pour moi de raconter cette d&#233;j&#224; longue vie. Je suis n&#233;e &#224; Vilvorde, 6e d'une famille de 7 enfants dont je suis l'avant-derni&#232;re et la seule fille. Seule fille au milieu de 6 gar&#231;ons ! Une vie intense et pleine de bonheur, mais avec la difficult&#233; de vivre ma f&#233;minit&#233; dans un milieu masculin, et aussi plus tard mon orientation de vie. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait en 1957, j'avais (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Aujourd'hui, j'ai 83 ans et mes 4 enfants ont quitt&#233; depuis longtemps le nid familial. C'est important pour moi de raconter cette d&#233;j&#224; longue vie. Je suis n&#233;e &#224; Vilvorde, 6e d'une famille de 7 enfants dont je suis l'avant-derni&#232;re et la seule fille. Seule fille au milieu de 6 gar&#231;ons ! Une vie intense et pleine de bonheur, mais avec la difficult&#233; de vivre ma f&#233;minit&#233; dans un milieu masculin, et aussi plus tard mon orientation de vie.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait en 1957, j'avais 16 ans, et je me trouvais en humanit&#233;s gr&#233;co-latines, en po&#233;sie. J'&#233;tais une adolescente passionn&#233;e par mes &#233;tudes de latin et de grec, une vraie intellectuelle, mais aimant le sport aussi, entra&#238;n&#233;e par une bande de gar&#231;ons bouillants de vie : natation, &#233;quitation, tennis, escalade m&#234;me ! Les vacances familiales se passaient dans les Ardennes ou &#224; la mer avec une bande de jeunes, amis et amies. Beaucoup d'insouciance et de joie de vivre ; j'avais v&#233;cu un premier sentiment amoureux au mariage de mon fr&#232;re Luc, avec un gar&#231;on qui &#233;tudiait &#224; Saint-Michel, mais il faut dire que c'&#233;tait assez platonique, nous avions tous les deux 16 et 17 ans et nos sujets de conversation &#233;taient l'Iliade et l'Odyss&#233;e&#8230; Je ne m'int&#233;ressais pas aux gar&#231;ons, mais voil&#224; qu'un gar&#231;on s'int&#233;ressait &#224; moi ! Il faut dire qu'&#224; l'&#233;poque, gar&#231;ons et filles &#233;taient fort s&#233;par&#233;s, ce qui m'arrangeait bien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que cet aspect intellectuel &#233;tait une fuite devant la r&#233;alit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les livres et les &#233;tudes me passionnaient, je passais des heures au t&#233;l&#233;phone avec mes amies et me sentais bien dans cette vie bien r&#233;gl&#233;e entre &#233;cole et famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1954, un drame secoua la famille : mon fr&#232;re Paul &#226;g&#233; de 18 ans a attrap&#233; la poliomy&#233;lite en campant avec des scouts &#224; l'&#233;tranger. Le vaccin n'existait pas &#224; l'&#233;poque et Paul a &#233;t&#233; ramen&#233; imm&#233;diatement en Belgique et hospitalis&#233;, il a v&#233;cu entre la vie et la mort dans un poumon d'acier. Et puis, il a repris le dessus par miracle, m&#234;me s'il est rest&#233; paralys&#233; des jambes. Je garde en m&#233;moire ces trajets en tram de Vilvorde &#224; l'h&#244;pital Brugmann, o&#249; Paul a v&#233;cu en revalidation, au centre de traumatologie, pendant 2 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une belle exp&#233;rience fut un s&#233;jour en Angleterre, dans une famille &#224; Oxford, pour apprendre l'anglais&#8230; Je commen&#231;ais &#224; sortir du cocon familial, Erasmus de l'&#233;poque ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma difficult&#233;, en cette fin d'&#233;tudes secondaires, &#233;tait de savoir vers quelles &#233;tudes m'orienter&#8230; mes amies de classe s'&#233;taient toutes orient&#233;es vers des &#233;tudes universitaires. Pour ma part, j'&#233;tais p&#233;trie d'id&#233;al, je voulais servir une cause, et &#234;tre dans l'humain&#8230; encore une fois d&#233;cal&#233;e par rapport &#224; la r&#233;alit&#233; ? En voyant que je ne savais pas me d&#233;cider, mes parents m'ont propos&#233; de vivre 3 mois &#224; Rome dans une sorte de pension pour jeunes filles, &#224; la Trinit&#233; des monts, o&#249; j'ai appris l'italien et eu l'occasion de visiter toute l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de cette ann&#233;e acad&#233;mique 1960, maman est tomb&#233;e gravement malade et est d&#233;c&#233;d&#233;e au mois d'ao&#251;t. Un tsunami familial ! Deux fr&#232;res mari&#233;s avec enfants, 3 fr&#232;res &#224; l'universit&#233; de Louvain, un fr&#232;re en pension &#224; Cardinal Mercier, et papa compl&#232;tement d&#233;sempar&#233; dans une maison vide la semaine et qui se remplissait le week-end&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du choix de mes &#233;tudes se reposait &#224; nouveau : je voulais finalement me former comme infirmi&#232;re, mais je devais alors loger en p&#233;dagogie et donc papa serait seul la semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papa m'a alors demand&#233; de m'occuper de la gestion du m&#233;nage et de choisir d'autres &#233;tudes qui me permettraient de concilier les 2 t&#226;ches. Il me disait gentiment : &#034;pourquoi ne suivrais-tu pas des cours de secr&#233;tariat, tu pourrais aider ton mari plus tard ? &#187;. Ce n'&#233;tait pas mon objectif et j'ai suivi une ann&#233;e de philo et lettres &#224; Saint-Louis &#224; Bruxelles : j'ai r&#233;ussi l'ann&#233;e, tout en m'occupant de la maisonn&#233;e, de papa et de l'accueil des jeunes m&#233;nages. Je prenais la place de maman, j'avais une mission, j'&#233;tais heureuse de me sentir utile, m&#234;me si cela ne solutionnait pas mon probl&#232;me d'&#233;tudes. La famille &#233;tait soud&#233;e autour de papa et dans le deuil de maman. C'&#233;tait un grand r&#233;confort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e suivante fut diff&#233;rente, je me suis orient&#233;e vers le droit, ce qui ne m'a jamais convenu, mes fr&#232;res ont pris leur ind&#233;pendance et ont quitt&#233; la maison, o&#249; je me suis retrouv&#233;e seule avec papa. Ce fut une p&#233;riode difficile, j'essayais de sortir un maximum, mais je ne retrouvais pas mon &#233;quilibre. Je pataugeais dans des &#233;tudes qui ne me convenaient pas et je me sentais fort seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voulais travailler et ne savais pas dans quelle orientation ou formation m'inscrire, j'&#233;tais un peu perdue et je ne savais &#224; qui parler de mon souci. J'avais envie de quitter le cercle familial et de m'ouvrir &#224; autre chose. Finalement, je suis partie quand m&#234;me &#224; Louvain et j'ai log&#233; dans un foyer international. J'ai fait une ann&#233;e de sciences religieuses et ai enseign&#233; un an dans les &#233;coles communales de Bruxelles. La suite sera une autre histoire&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le manque d'appartenance (Michel M.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1541</link>
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		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

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&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle n'est pas toujours aussi visible qu'un handicap physique ou un retard mental, mais, si elle n'est pas prise en charge, &#224; temps, une marginalit&#233; non voulue peut vite g&#226;cher la vie et provoquer des comportements qui sembleront asociaux. La souffrance qu'elle engendre n'est pas non plus toujours visible, mais elle est l&#224;, et peut vous couper les jambes, vous emp&#234;cher de prendre confiance et de vous ins&#233;rer dans la soci&#233;t&#233;. Certains, avec une difficult&#233; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elle n'est pas toujours aussi visible qu'un handicap physique ou un retard mental, mais, si elle n'est pas prise en charge, &#224; temps, une marginalit&#233; non voulue peut vite g&#226;cher la vie et provoquer des comportements qui sembleront asociaux. La souffrance qu'elle engendre n'est pas non plus toujours visible, mais elle est l&#224;, et peut vous couper les jambes, vous emp&#234;cher de prendre confiance et de vous ins&#233;rer dans la soci&#233;t&#233;. Certains, avec une difficult&#233; similaire, mais avec d'autres ressources, r&#233;agiront juste &#224; l'oppos&#233; et montreront leur force, leur r&#233;sistance. Ils arriveront &#224; surmonter leur mal-&#234;tre et trouveront leur place au sein de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de mes origines d&#233;marre &#224; la fin de la derni&#232;re guerre. Un beau militaire d'origine aristocratique, qui a joint la R.A.F. comme belge volontaire, est mitrailleur &#224; bord de bombardiers Mitchell. En permission entre deux missions, il rencontre une jolie juive de 31 ans dans un dancing de l'Astoria &#224; Londres. Elle est cultiv&#233;e et fine. Lui a 36 ans et ne manque pas d'allure, c'est un r&#234;veur, un id&#233;aliste, un litt&#233;raire. Ils s'&#233;prennent l'un de l'autre et il lui fait la promesse que, s'il s'en sort, il l'&#233;pousera. Ayant surv&#233;cu &#224; 59 missions, d&#233;mobilis&#233;, ils se marient sans tambour ni trompette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne pense pas qu'elle r&#234;vait de faste ou de luxe, elle l'aimait c'est tout. Tr&#232;s vite ils vont vivre dans un petit appartement &#224; Bruxelles. En 50, je nais et je suis mis dans les mains d'une gentille nounou. On m'inscrit dans une &#233;cole particuli&#232;re, l'&#233;cole Hama&#239;de, qui suit l'enseignement Decroly. Bien que douce, cette m&#233;thode p&#233;dagogique entra&#238;ne aussi une forme de mise en marge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon p&#232;re voulait &#233;crire, mais vivre de sa plume ?? En fait, apr&#232;s de belles exp&#233;riences en Afrique du Sud, comme agent territorial au Congo et &#224; la guerre, il s'est retrouv&#233; tout petit rentier, et en est devenu complex&#233;. Pour se cacher, autant que par go&#251;t de la nature, il d&#233;cide de nous amener, ma m&#232;re et moi dans le sud de Bruxelles, dans une toute petite maison au bout d'un chemin priv&#233;. C'est un vrai petit paradis, oui, mais &#224; l'&#233;cart de tout. Il finira par acheter une 2CV en 1963.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre catastrophe, qui m'a beaucoup nui, au lieu de poursuivre cet enseignement primaire &#224; l'&#201;cole Nouvelle, qui respecte l'enfant, je me vois inscrit au Coll&#232;ge Cardinal Mercier. Catholique, traditionnel, rien que des gar&#231;ons. Je m'y sens seul, bien trop seul. Personne ne m'invite et les rares que j'invite me font sentir combien je suis peu g&#226;t&#233; mat&#233;riellement. Bricoleur, adroit, inventif, j'apprends vite &#224; fabriquer des quantit&#233;s de choses. Me sentant humili&#233; &#224; bien des &#233;gards, je suis tr&#232;s mal &#224; l'aise dans les groupes. Je finis mes &#233;tudes secondaires dans une &#233;cole technique o&#249; je ne sympathise avec personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nanti de bonnes connaissances et d'une bonne pratique de l'&#233;lectronique, pourquoi n&#8216;ai-je pas tent&#233; des &#233;tudes sup&#233;rieures ? Je pense que mon p&#232;re m'a fait sentir qu'il &#233;tait temps de gagner ma vie. Qu'allais-je faire ? Totalement inconscient des r&#233;alit&#233;s mat&#233;rielles, apr&#232;s un petit job de chauffeur-livreur, je me suis mis comme ind&#233;pendant, pensant que mes capacit&#233;s manuelles me feraient vivre. N'ayant que peu de besoins et aucun go&#251;t de luxe, j'ai v&#233;cu un temps ainsi. En 1977, mon p&#232;re d&#233;c&#232;de. Je ne sais toujours pas exactement comment je me suis retrouv&#233; animateur d'un atelier de menuiserie pour handicap&#233;s mentaux l&#233;gers &#224; mod&#233;r&#233;s de plus de 21 ans. Mais voici enfin des heures r&#233;guli&#232;res et un salaire mensuel fixe. C'est l&#224; que je rencontre celle qui deviendra ma femme en 1980. En 1987 nous avons un fils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Survient alors mon souvenir le plus valorisant. Dans les ann&#233;es 90, ayant install&#233; cette grande cabane au fond du jardin, j'y organisais des stages de d&#233;couvertes pour 6 &#224; 10 jeunes de 8 &#224; 14 ans. Ces ateliers de vacances, qui duraient 5 jours, concernaient les grands chapitres de la physique, de la technologie et de la science. Recycleur et bricoleur infatigable, avec peu de moyens, je leur offrais des s&#233;ances d'initiation &#224; tout ce qui concerne le son, la lumi&#232;re, l'&#233;lectricit&#233;, la radio, le temps, l'espace, l'eau, le feu, l'air, la vapeur, l'&#233;nergie. Certains semblent avoir b&#233;n&#233;fici&#233; de ces moments au point qu'ils m'ont t&#233;moign&#233; par la suite &#224; quel point cela leur a servi pour orienter leur profession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, les circonstances de ma vie ont fait avorter ce qui aurait pu prendre un beau d&#233;veloppement, car, dans ces ann&#233;es, ce type de stage &#233;tait encore nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;re de notre fils adoptant un comportement &#233;ducatif inacceptable, notre couple bat de l'aile. Au tournant du mill&#233;naire, nous divor&#231;ons. Notre fils va rester vivre avec elle, bien s&#251;r, elle lui passe tout, et moi je suis exigeant. Je travaille alors comme chauffeur pour des enfants avec handicap. En 2002, je finis par aller habiter au Royaume-Uni avec une cousine. J'y donne des cours de fran&#231;ais. Il s'en suit une p&#233;riode de 15 ann&#233;es assez harmonieuse, o&#249; j'enseigne le fran&#231;ais. Je le fais d'une part avec petits groupes, jusqu'&#224; 10 personnes allant les uns chez les autres, et d'autre part en individuel, chez moi. L&#224; aussi, j'ai connu des moments d'&#233;changes humains int&#233;ressants et certains de mes &#233;tudiants m'ont renvoy&#233; des messages tr&#232;s positifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'arriv&#233;e du Covid et la difficult&#233; pour mes &#233;tudiants &#224; passer &#224; des cours en ligne qui a stopp&#233; quasi totalement cette activit&#233;. Je l'ai regrett&#233;, car j'y avais trouv&#233; un certain &#233;panouissement. Je ne m'&#233;tais cependant toujours pas vraiment ins&#233;r&#233; dans la vie sociale. La relation de couple a fini par d&#233;g&#233;n&#233;rer et m'a fait d&#233;cider de revenir en Belgique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'y sens mieux, mais n'ayant quasi plus de famille et si peu d'amis, je dois me r&#233;ins&#233;rer dans un tissu social. C'est ce que j'ai en partie retrouv&#233; avec A &amp; T. Malheureusement d'autres limitations sont apparues avec ma perte d'ou&#239;e et une diminution de m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais plus qui a dit : &#8216;Les jeunes peuvent, mais ne savent pas, les a&#238;n&#233;s savent, mais ne peuvent plus ! &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>S'Emerveiller et Agir (Mireille M.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1543</link>
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		<dc:date>2025-04-18T07:35:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>Pand&#233;mie Covid 19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'&#233;veille souvent avec le sourire. Quand la situation pr&#233;occupante du monde me rattrape, m'extraire du lit s'av&#232;re la meilleure option. Je sais que le cerisier et le c&#232;dre du Liban veillent dans le jardin et je me d&#233;p&#234;che d'&#233;carter les tentures. Fin janvier, nous avons gagn&#233; une heure de luminosit&#233; sauf quand la peau du ciel ne laisse rien filtrer, comme ce matin. J'&#233;cris dans le sillage d'informations entendues &#224; la radio. Bruno Humbeeck a pr&#233;sent&#233; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot142" rel="tag"&gt;Ecole, &#233;tudes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot198" rel="tag"&gt;Pand&#233;mie Covid 19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je m'&#233;veille souvent avec le sourire. Quand la situation pr&#233;occupante du monde me rattrape, m'extraire du lit s'av&#232;re la meilleure option. Je sais que le cerisier et le c&#232;dre du Liban veillent dans le jardin et je me d&#233;p&#234;che d'&#233;carter les tentures. Fin janvier, nous avons gagn&#233; une heure de luminosit&#233; sauf quand la peau du ciel ne laisse rien filtrer, comme ce matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;cris dans le sillage d'informations entendues &#224; la radio. Bruno Humbeeck a pr&#233;sent&#233; son dernier ouvrage &lt;i&gt;&#201;duquer &#224; l'&#233;merveillement. Comment cultiver le go&#251;t du merveilleux chez l'enfant et le pr&#233;server chez l'adulte&lt;/i&gt;. Comme lui, je pense que l'&#233;merveillement r&#233;side dans la fa&#231;on de regarder. Je m'efforce d'entretenir cette capacit&#233; au quotidien, ce qui n&#233;cessite de solliciter aussi ma volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Kabuta s'invite dans mes pens&#233;es. D&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 90, il a introduit le &lt;i&gt;k&#224;s&#224;la&lt;/i&gt; en Belgique, en France&#8230; &lt;i&gt;K&#224;s&#224;la : une &#233;cole de l'&#233;merveillement&lt;/i&gt;, malheureusement &#233;puis&#233;, s'av&#232;re le plus accessible de ses livres. Chaque jour, cet &#233;crivain, chercheur et formateur &#233;crit un &lt;i&gt;k&#224;s&#224;la&lt;/i&gt; et nous invite &#224; faire de m&#234;me. Je pratique cet art de temps &#224; autre. Dans le cadre d'un atelier, j'ai sollicit&#233; la cr&#233;ativit&#233; de mes pairs &#224; Entrelacs pour nourrir l'&#233;criture d'un &lt;i&gt;k&#224;s&#224;ka&lt;/i&gt;, en hommage &#224; ce r&#233;seau pyscho-social malheureusement devenu inactif apr&#232;s quasi 25 ann&#233;es de fonctionnement. J'ai r&#233;colt&#233; des t&#233;moignages afin de cr&#233;er un &lt;i&gt;k&#224;s&#224;la&lt;/i&gt; en l'honneur de l'asbl &lt;i&gt;La Gaumette&lt;/i&gt;, en bord de Semois, dont j'appr&#233;cie les formations, l'ambiance chaleureuse, les valeurs et engagements. Peaufiner l'&#233;criture et lire, ou mieux encore, r&#233;citer son &lt;i&gt;k&#224;s&#224;la&lt;/i&gt; devant la communaut&#233; font partie int&#233;grante de la d&#233;marche et nous engage. &lt;i&gt;Le k&#224;s&#224;la contemporain d&#233;fini comme art d'&#234;tre vivant se veut de plus en plus engag&#233; et politique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Kabuta et David Van Reybrouck se connaissent-ils ? Le recueil &lt;i&gt;Odes&lt;/i&gt; &#233;crit, dans les parages de la po&#233;sie, par cet activiste d&#233;mocratique, se trouve parmi mes livres de chevet. Cet humaniste engag&#233; nous convie &#233;galement &#224; &#233;crire une ode, chaque jour. Avec Thomas d'Ansembourg, il a &#233;crit &lt;i&gt;La paix &#231;a s'apprend : gu&#233;rir de la violence.&lt;/i&gt; Dans le cadre d'un entretien, il recommande de s'int&#233;resser &#224; la fraternit&#233; au niveau conceptuel et politique et de la cultiver davantage. Apprendre &#224; vivre en paix pour s'atteler aux grands d&#233;fis climatiques et plan&#233;taires, une priorit&#233; pour l'esp&#232;ce humaine, pour le vivant ! Il a d&#233;clar&#233; qu'il renon&#231;ait &#224; &#233;crire encore de grands livres historiques malgr&#233; sa passion pour l'histoire et son plaisir &#224; collecter des t&#233;moignages, afin de r&#233;cup&#233;rer du temps pour agir (au sein du G1000 &#8230;). Il m'inspire &#233;norm&#233;ment par ses &#233;crits, son &#233;coute, ses prises de paroles intelligentes, nuanc&#233;es et respectueuses, par ses engagements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant quasi 4 d&#233;cennies, professionnellement, je me suis engag&#233;e avec passion, envers des &#233;quipes &#233;ducatives et des enfants. J'ai op&#233;r&#233; des s&#233;lections de livres en collaboration avec des libraires, organis&#233; des formations pour enrichir les pratiques et d&#233;velopper un langage commun, anim&#233; des ateliers cr&#233;atifs dans des &#233;coles d'une commune bruxelloise &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant le 2e confinement, les &#233;coles sont heureusement rest&#233;es ouvertes et les m&#233;diateurs culturels autour des livres ont &#233;t&#233; autoris&#233;s &#224; y intervenir. Ma coll&#232;gue et moi avons repris l'animation de nos ateliers respectifs, anim&#233;es par le d&#233;sir (plus fort que la peur) de partager du beau, du serein, de nourrir l'esp&#233;rance en des jours meilleurs. Au d&#233;but de chaque atelier, j'ai &#244;t&#233; mon masque et pris le temps de regarder chaque enfant. Ce n'&#233;tait pas facile de lire &#224; voix haute, derri&#232;re cet &#233;cran. C'&#233;tait plus fatigant aussi. (Les enseignant.es ont vraiment accompli des prouesses au quotidien et le personnel d'entretien.) Libres, nous avons travers&#233; l'Am&#233;rique, march&#233; dans les grandes plaines et les for&#234;ts avec un ours et un clown (album &lt;i&gt;Le voyage d'Oregon &lt;/i&gt; de Louis Joos et Rascal). Libres, nous avons vol&#233; avec &lt;i&gt;Les Oiseaux &lt;/i&gt; et un camionneur (album de Germano Zullo et Albertine). Nous avons ri et formul&#233; des v&#339;ux avec &lt;i&gt;Le G&#233;nie de la bo&#238;te de raviolis&lt;/i&gt; et Armand (film anim&#233; de Germano Zullo et Albertine) &#8230; Nous avons go&#251;t&#233; &#224; la puissance de l'audace, de la solidarit&#233;, de l'amiti&#233;, de l'imaginaire. Nele a d&#233;coup&#233; de mini accessoires dans du papier et utilis&#233; un morceau de son &#233;lastique &#224; cheveux pour Petit clown, ma fid&#232;le marotte. Je conserve pr&#233;cieusement cette &#233;charpe, ce bonnet et ce masque. Roxana a &#233;crit : &lt;i&gt;On peut lib&#233;rer les gens de leur cage, ouvrir un nouveau monde. Mohammed a appel&#233; &#224; aider et prot&#233;ger la for&#234;t. Se promener dans la for&#234;t, c'est bon pour la sant&#233;. Les gens r&#234;vent dans la nature. Si les &#233;toiles tombaient, si la for&#234;t &#233;tait en feu, ce serait grave pour la nature. Les gens doivent aider, sauver la for&#234;t.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la &lt;i&gt;p&#233;riode Covid&lt;/i&gt;, dans ma bulle, j'ai lu des po&#232;mes destin&#233;s aux familles endeuill&#233;es. Des po&#232;tes belges ont port&#233; la belle initiative &lt;i&gt;Fleurs de fun&#233;railles&lt;/i&gt;, pour adoucir le chagrin et pallier le manque de ritualisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant le premier confinement, suite &#224; une demande, j'ai organis&#233; des petits concerts a capella dans la cour du home &lt;i&gt;La Charrette&lt;/i&gt;, avec la participation de copines des &lt;i&gt;Z'Ateliers Trad&lt;/i&gt;. J'avais obtenu des autorit&#233;s l'autorisation de chanter en quintette, la r&#232;gle &#233;tant de se d&#233;placer en solo ou duo dans l'espace public &#224; l'&#233;poque. Nous avons tant re&#231;u &#224; travers la belle &#233;coute des r&#233;sident.es derri&#232;re leurs fen&#234;tres grandes ouvertes et leurs larges sourires. Nous avons eu tant de plaisir &#224; chanter &#224; plusieurs. Nous avons tant per&#231;u aussi leur solitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les confinements, &lt;i&gt;certains se sont mis &#224; penser, voire r&#234;ver du monde d'apr&#232;s, plus solidaire et respectueux de la plan&#232;te. Cinq ans plus tard, o&#249; sont pass&#233;s ces espoirs de changements, quelles le&#231;ons a-t-on tir&#233;es pour rebondir lors d'autres crises, avec davantage d'humanit&#233; ?&lt;/i&gt; (5 podcasts d'Arnaud Ruyssens sur le Covid)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s &lt;i&gt;la p&#233;riode Covid&lt;/i&gt;, au moment de prendre ma retraite, j'ai retrouv&#233; mes jeunes alors en fin de scolarit&#233; primaire, avec Petit Clown et quelques livres. L'album documentaire &lt;i&gt;Fantaisies naturelles&lt;/i&gt; (de C&#233;cile Benoist et Sandra Lizzio) pour susciter l'&#233;merveillement : une passerelle pr&#233;cieuse pour tendre vers le respect et la protection de la nature ; Le roman &lt;i&gt;113 raisons d'esp&#233;rer&lt;/i&gt; (de Marie Colo) ; Le recueil &lt;i&gt;Ces jeunes qui changent le monde&lt;/i&gt; (de Julieta Canepa et Pierre Ducrozet), afin de d&#233;couvrir les engagements de quelques-uns d'entre eux, leurs actions, les r&#233;sultats concrets obtenus. Les jeunes pr&#233;sent&#233;s dans ce recueil veulent agir par rapport &#224; l'&#233;ducation des jeunes filles, au mariage forc&#233;, &#224; la biodiversit&#233;, &#224; la d&#233;forestation, au climat, aux droits LGPT, &#224; l'armement, au conflit isra&#233;lo-palestinien, &#224; la corruption &#8230; J'ai remerci&#233; mes jeunes pour le chemin parcouru ensemble. Je leur ai exprim&#233; ma confiance en eux et mon admiration pour leurs relations pleines de bienveillance les uns envers les autres (depuis tout petits aux dires des enseignant.es). Quel terreau pr&#233;cieux pour les autres relations qu'ils noueront !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce monde qui tourne fou, &#233;crire un ha&#239;ku, un &lt;i&gt;k&#224;s&#224;la&lt;/i&gt;, une ode contribue &#224; c&#233;l&#233;brer le vivant et &#224; prendre soin de ma sant&#233; mentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout r&#233;cemment, Patrick Chamoiseau, l'&#233;crivain martiniquais multiforme inspir&#233; par l'ethnographie s'est exprim&#233; &#224; la radio. Il nous convie &lt;i&gt;&#224; imaginer, cr&#233;er, s'exposer &#224; des stimulations artistiques pour introduire une dimension humaine dans le r&#233;el. Prendre en compte les dimensions syst&#233;miques des probl&#232;mes et imaginer pour s'en sortir. Construire une &#233;conomie plurielle avec le souci de l'&#233;cologie, de la culture, de l'enfant, de la solidarit&#233; avec l'autre, de l'accomplissement de chacun.e.&lt;/i&gt; Il a termin&#233; l'entretien en relatant que son fr&#232;re saluait le soleil chaque matin avec un vers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 f&#233;vrier 2025, nous &#233;tions entre 60.000 (selon la police) et 100.000 manifestant.es (selon les syndicats) &#224; d&#233;filer dans les rues de Bruxelles, pour exprimer nos inqui&#233;tudes, nos tristesses, notre m&#233;contentement, notre r&#233;volte dans le froid et sous une pluie fine intermittente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agir me donne le sentiment d'avoir une certaine prise sur les &#233;v&#233;nements. J'ai aussi l'&#233;nergie du b&#233;lier (signe) qui va de l'avant. Les atteintes port&#233;es &#224; &lt;i&gt;ce qui fait humanit&#233;&lt;/i&gt; sont nombreuses. Pour quelle cause vais-je m'investir ? Dans quel collectif accueillant &#224; l'&#233;merveillement, &#224; la cr&#233;ativit&#233; et &#224; la joie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au dernier jour, j'aimerais ressentir le d&#233;sir d'apprendre, de c&#233;l&#233;brer et de partager. D&#232;s &#224; pr&#233;sent, j'aimerais tendre vers un &#233;quilibre entre agir et me laisser &#234;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Apprendre &#224; lire avec la m&#233;thode globale (Elisabeth D.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1388</link>
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		<dc:date>2024-06-05T09:04:52Z</dc:date>
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		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s une ann&#233;e de &#171; jardin d'enfants &#187;, j'entre en premi&#232;re primaire &#224; 6 ans. Probablement en septembre 1954 puisque je suis n&#233;e en mai 1948. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'Institut des Dominicaines de Schaerbeek, &#233;cole r&#233;put&#233;e pour sa p&#233;dagogie &#171; progressiste &#187;. Cela implique que, pour apprendre &#224; lire, on a affaire &#224; la &#171; m&#233;thode globale &#187;. Il s'agit, d'apr&#232;s mon souvenir, d'apprendre &#224; lire directement des mots. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'av&#232;re tr&#232;s vite que cela ne me convient pas du tout : je ne &#171; mords &#187; pas. D'apr&#232;s ce que j'ai lu ult&#233;rieurement, cette (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot142" rel="tag"&gt;Ecole, &#233;tudes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s une ann&#233;e de &#171; jardin d'enfants &#187;, j'entre en premi&#232;re primaire &#224; 6 ans. Probablement en septembre 1954 puisque je suis n&#233;e en mai 1948.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'Institut des Dominicaines de Schaerbeek, &#233;cole r&#233;put&#233;e pour sa p&#233;dagogie &#171; progressiste &#187;. Cela implique que, pour apprendre &#224; lire, on a affaire &#224; la &#171; m&#233;thode globale &#187;. Il s'agit, d'apr&#232;s mon souvenir, d'apprendre &#224; lire directement des mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'av&#232;re tr&#232;s vite que cela ne me convient pas du tout : je ne &#171; mords &#187; pas. D'apr&#232;s ce que j'ai lu ult&#233;rieurement, cette m&#233;thode est tr&#232;s bonne et rapide pour des enfants, je dirais &#171; dans le coup &#187;, qui &#171; suivent &#187;. Or, je suis plut&#244;t &#171; dans la lune &#187;, je r&#234;ve &#8230;Enfant unique, n'est-ce pas &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, je ne progresse pas avec la classe, et M&#232;re Albert (la directrice) avertit mes parents de son inqui&#233;tude. Ici, petite parenth&#232;se : M&#232;re Albert est une directrice admirable. Il faut souligner que chaque &#233;l&#232;ve faisait l'objet d'un rapport MANUSCRIT, transmis aux parents sans doute une ou deux fois par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais donc, moi, je p&#233;dale dans le yaourt en lecture, &#224; tel point qu'on se demande si je ne devrais pas aller &#224; l'&#233;cole &#171; sp&#233;ciale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon p&#232;re se met en devoir de m'aider. Il maugr&#233;e contre cette m&#233;thode &#171; globale &#187; trop rapide et pense que la bonne vieille m&#233;thode analytique me conviendrait mieux. Seulement voil&#224; le probl&#232;me : il est d'une bonne volont&#233; totale et &#171; veut &#187; que j'apprenne, mais en m&#234;me temps tr&#232;s anxieux et peu form&#233; &#224; la p&#233;dagogie. Surtout avec une petite fille r&#233;tive et t&#234;tue, qui supporte mal sa fa&#231;on de faire. Je me souviens de s&#233;ances p&#233;nibles, de mon p&#232;re qui ergote (et moi aussi !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ma m&#232;re dans tout &#231;a ? Pas du tout indiff&#233;rente, mais rel&#233;gu&#233;e dans cuisine o&#249; elle ronge son frein en pensant sans doute qu'il faudrait s'y prendre autrement &#8230; Ambiance &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, je ne sais plus les d&#233;tails, mais toujours est-il que cet acharnement a port&#233; ses fruits : je remonte le courant, et parviens &#224; me mettre &#224; niveau en quelques semaines. J'ai r&#233;ussi mon ann&#233;e et n'ai jamais doubl&#233; en primaire. Vive la lecture : j'aime le fran&#231;ais et ai acquis une excellente orthographe. Merci Papa !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Une p&#233;dagogie active (Michel M.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1494</link>
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		<dc:date>2023-10-25T14:28:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2022-23 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233; en 1950. Mes parents &#233;taient d'origines tr&#232;s diff&#233;rentes : mon p&#232;re, belge, &#233;tait fils d'ambassadeur et ma m&#232;re, juive anglaise, &#233;tait d'origine ukrainienne. Ils se sont rencontr&#233;s pendant la guerre, en Angleterre. Je ne les ai jamais vus s'exprimer leurs sentiments. Ma m&#232;re &#233;tait quelqu'un d'assez &#233;cras&#233;, elle vivait sous la coupe de mon p&#232;re. Elle &#233;tait belle, mon p&#232;re &#233;tait fier de sortir avec elle, mais il attendait d'elle de rester discr&#232;te, de ne (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2022-23&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis n&#233; en 1950. Mes parents &#233;taient d'origines tr&#232;s diff&#233;rentes : mon p&#232;re, belge, &#233;tait fils d'ambassadeur et ma m&#232;re, juive anglaise, &#233;tait d'origine ukrainienne. Ils se sont rencontr&#233;s pendant la guerre, en Angleterre. Je ne les ai jamais vus s'exprimer leurs sentiments. Ma m&#232;re &#233;tait quelqu'un d'assez &#233;cras&#233;, elle vivait sous la coupe de mon p&#232;re. Elle &#233;tait belle, mon p&#232;re &#233;tait fier de sortir avec elle, mais il attendait d'elle de rester discr&#232;te, de ne pas trop parler en public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfant, j'ai eu la chance de fr&#233;quenter une &#233;cole priv&#233;e, l'&#233;cole Hama&#239;de qui &#233;tait alors &#224; Ixelles. C'&#233;tait une &#233;cole avec une p&#233;dagogie proche de l'enseignement Decroly. J'&#233;tais tr&#232;s heureux l&#224;-bas, j'ai ador&#233;. Les apr&#232;s-midis &#233;taient consacr&#233;s &#224; des activit&#233;s manuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais 6 ans quand on a achet&#233; une petite maison &#224; la campagne, &#224; Rhode Saint Gen&#232;se qui &#233;tait un trou perdu &#224; l'&#233;poque. Avec un ruisseau au fond d'un beau jardin, c'&#233;tait un petit paradis. J'y &#233;tais tr&#232;s heureux, mais trop seul. J'&#233;tais un enfant unique, j'avais peu d'amis. Malgr&#233; cela, je ne m'ennuyais jamais, j'&#233;tais tr&#232;s cr&#233;atif et bricoleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; amoureux pour la premi&#232;re fois &#224; &#224; 10 ans. Elle s'appelait Cathy, elle m'&#233;crivait des po&#233;sies et m'avait fait un dessin d'une colombe. &#192; l'&#233;poque, &#224; l'&#233;cole, on ne pouvait pas regarder les images dans le dictionnaire Larousse, car du c&#244;t&#233; des noms propres, il y avait des images de statues grecques nues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 12 ans, la transition depuis mon &#233;cole primaire vers le coll&#232;ge Cardinal Mercier fut un grand choc. Je n'&#233;tais pas heureux l&#224;-bas. On nous obligeait &#224; prier et &#224; participer &#224; toutes les messes. C'&#233;tait un esprit assez ferm&#233;, de quoi nous d&#233;gouter de la religion. Un jour, j'avais alors 14 ans, un prof m'a demand&#233; si j'&#233;tais croyant. Je lui ai r&#233;pondu que cela ne regardait que moi. Il m'a mis &#224; la porte. L&#224;-bas, les gar&#231;ons ne parlaient que de sorties, de foot et de filles. Moi, je vivais dans une autre sph&#232;re, j'&#233;tais un passionn&#233; d'&#233;lectronique. Ma scolarit&#233; n'a pas &#233;t&#233; bonne, j'&#233;tais trop mal, alors j'ai alors arr&#234;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai repris des &#233;tudes techniques en &#233;lectronique. J'aurais voulu faire des &#233;tudes sup&#233;rieures de recherche fondamentale ou en astrophysique, mais mes parents n'en avaient pas les moyens. A l'&#233;cole technique, je connaissais d&#233;j&#224; plus que les autres, vu que c'&#233;tait ma passion, mais j'y &#233;tais encore tr&#232;s seul. Mon p&#232;re voulait que je pratique un sport de groupe. Mais je ne voulais pas, je n'aimais pas la comp&#233;tition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfant, j'ai joui d'une libert&#233; fantastique. Il m'en reste une passion pour la nature et je suis rest&#233; tr&#232;s inventif et adroit de mes mains. A l'&#226;ge adulte, dans les ann&#233;es 90, j'ai pu transmettre mes connaissances. Ayant construit un chalet au fond de mon jardin, pendant les p&#233;riodes de cong&#233;, j'y ai men&#233; des animations-d&#233;couvertes pour des enfants de 10 &#224; 15 ans. Je leur enseignais, avec plein d'exemples pratiques, des notions de base sur le temps, l'espace, le son, la lumi&#232;re, l'&#233;lectricit&#233;, l'&#233;nergie, la radio. J'ai ador&#233; transmettre ces connaissances de physique, c'&#233;tait valorisant pour moi. Certains m'ont confi&#233;, par la suite, en avoir tir&#233; beaucoup de profit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le coup de pouce &#224; l'&#233;cole Saint Augustin (Danielle V.)</title>
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		<dc:date>2023-01-24T11:19:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a plusieurs ann&#233;es, j'ai fait partie de l'&#233;quipe du coup de pouce &#224; l'&#233;cole Saint Augustin. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai beaucoup aim&#233; cette activit&#233; qui consistait en g&#233;n&#233;ral &#224; aider les enfants en difficult&#233; avec les maths ou l'orthographe. Par exemple, je leur faisais pr&#233;parer la dict&#233;e qu'ils auraient &#224; faire en classe le lendemain. On pourrait dire que c'&#233;taient des cours particuliers pour leur expliquer ce qu'ils n'avaient pas compris en classe. Lorsque l'enfant s'am&#233;liorait, c'&#233;tait la joie pour lui et (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot163" rel="tag"&gt;Solidarit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a plusieurs ann&#233;es, j'ai fait partie de l'&#233;quipe du coup de pouce &#224; l'&#233;cole Saint Augustin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai beaucoup aim&#233; cette activit&#233; qui consistait en g&#233;n&#233;ral &#224; aider les enfants en difficult&#233; avec les maths ou l'orthographe. Par exemple, je leur faisais pr&#233;parer la dict&#233;e qu'ils auraient &#224; faire en classe le lendemain. On pourrait dire que c'&#233;taient des cours particuliers pour leur expliquer ce qu'ils n'avaient pas compris en classe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque l'enfant s'am&#233;liorait, c'&#233;tait la joie pour lui et pour moi. L'institutrice nous confiait parfois des enfants qui avaient &#233;t&#233; malades et qui devaient rattraper les cours non vus ou qui &#233;taient primo arrivants, avec eux, c'&#233;tait assez facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus difficile, c'&#233;taient ceux qui n'avaient plus aucune confiance en eux, qui se consid&#233;raient comme nuls, qui avaient si souvent entendu qu'ils n'arriveraient jamais &#224; rien qu'ils en &#233;taient convaincus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, j'ai aid&#233; une &#233;l&#232;ve dans ce cas, et pourtant elle en avait des dons, elle &#233;tait peut-&#234;tre mauvaise en maths et fran&#231;ais mais elle savait faire bien plus de choses que les autres &#233;l&#232;ves alors que ses parents analphab&#232;tes et absents la journ&#233;e ne pouvaient jamais l'aider, &#224; 8 ans, c'est elle qui s'occupait de sa petite s&#339;ur, qui faisait les courses et pr&#233;parait les repas pas &#233;tonnant qu'elle dormait en classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces enfants il faut beaucoup de courage, chaque fois qu'ils disent : je ne sais pas, il faut leur montrer qu'ils peuvent y arriver, qu'ils peuvent le faire. Un jour, la maitresse avait demand&#233; aux enfants de pr&#233;parer une petite &#233;locution sur le sujet qu'ils voulaient, ils avaient un mois pour le faire. Elle avait choisi le mouton, &#233;videmment, elle ne pouvait trouver aucune documentation chez elle, je lui apportais des photos de mouton et elle les collait sur des feuilles, ensuite, elle &#233;crivait un petit texte sous chaque image et elle apprenait les textes par ch&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour de son &#233;locution, elle a pu expliquer les images et r&#233;citer son texte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une enfance au Burundi (Sallum)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1449</link>
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		<dc:date>2022-11-04T08:51:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Colonisation</dc:subject>
		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>Homme (r&#244;le)</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration subsaharienne et descendants</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2020-21 &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sentation &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233; au Burundi en 1951. Mon p&#232;re &#233;tait commer&#231;ant et ma m&#232;re femme au foyer et agricultrice. J'ai fait des &#233;tudes primaires dans mon village et l'&#233;cole secondaire chez les missionnaires, &#224; 50 km. Quand il y a eu des troubles au Burundi, nous avons &#233;t&#233; oblig&#233;s de nous r&#233;fugier au Rwanda. Je suis arriv&#233;e en Belgique en 2000. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon p&#232;re &lt;br class='autobr' /&gt;
Un tr&#232;s beau souvenir ? J'ai suivi l'&#233;cole primaire au Burundi jusqu'en 7&#232;me pr&#233;paratoire. &#192; cette &#233;poque, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot194" rel="tag"&gt;Immigration subsaharienne et descendants&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2020-21&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;sentation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis n&#233; au Burundi en 1951. Mon p&#232;re &#233;tait commer&#231;ant et ma m&#232;re femme au foyer et agricultrice. J'ai fait des &#233;tudes primaires dans mon village et l'&#233;cole secondaire chez les missionnaires, &#224; 50 km. Quand il y a eu des troubles au Burundi, nous avons &#233;t&#233; oblig&#233;s de nous r&#233;fugier au Rwanda. Je suis arriv&#233;e en Belgique en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mon p&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tr&#232;s beau souvenir ? J'ai suivi l'&#233;cole primaire au Burundi jusqu'en 7&#232;me pr&#233;paratoire. &#192; cette &#233;poque, on passait l'examen du certificat national qui nous permettait ensuite d'aller &#224; l'&#233;cole secondaire. Nous &#233;tions 36 &#233;l&#232;ves en 7&#232;me mais 7 seulement l'avaient r&#233;ussi. Le jour de la proclamation, nous avons mis de beaux v&#234;tements. Nous nous sommes rendus &#224; l'&#233;glise pour la remise des certificats. C'&#233;tait une grande f&#234;te. Nous &#233;tions fiers. Il y avait une foule de gens venus voir les r&#233;sultats et chaque fois qu'on appelait quelqu'un, il y avait des applaudissements. J'ai re&#231;u mon certificat de la main du directeur. Mon p&#232;re &#233;tait encore plus fier que moi. Je lui ai donn&#233; mon certificat. Il l'a mis sur son c&#339;ur et il a dit : &#171; voil&#224;, c'est mon premier dipl&#244;me ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens d'un cadeau un peu sp&#233;cial de mon p&#232;re. C'&#233;tait un petit sac qu'il m'avait achet&#233; comme cartable. Ce sac &#233;tait tr&#232;s beau et j'&#233;tais tr&#232;s fier de le porter. Ce qui suscitait une certaine jalousie de mes coll&#232;gues d'&#233;cole. J'aimais l'&#233;cole et mon papa m'y encourageait. Il me donnait des petits calculs pour m'exercer. Il n'avait fait que les 5 ann&#233;es primaires mais il &#233;tait tr&#232;s fort en calcul mental. Et quand je r&#233;ussissais cela, j'&#233;tais s&#251;r de r&#233;ussir aussi &#224; l'&#233;cole. Mon p&#232;re me f&#233;licitait : &#171; mon fils tu seras quelqu'un ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme j'&#233;tais le fils ain&#233; je mangeais &#224; table avec mon papa. Les autres mangeaient assis sur la natte. Comme mon papa &#233;tait tr&#232;s plus respect&#233;, je me consid&#233;rais privil&#233;gi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma grand-m&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents, grands-parents et arri&#232;res- grands-parents ont toujours habit&#233; dans le m&#234;me village, &#224; Mugara, au Burundi, pendant 10 g&#233;n&#233;rations. J'avais des relations particuli&#232;res avec ma grand-m&#232;re et je l'aimais beaucoup. J'allais souvent passer la nuit chez elle. Je l'appelais grand-m&#232;re mais je n'imaginais pas que c'&#233;tait la m&#232;re de mon p&#232;re. Elle &#233;tait tr&#232;s affectueuse envers ses petits-enfants, nous &#233;tions nombreux. Elle avait l'habitude, certains jours, d'organiser de petits festins pour nous. Elle pr&#233;parait de la viande, du poisson, des l&#233;gumes, des bananes &#224; cuire. Elle &#233;tait tr&#232;s heureuse. Comme elle n'&#233;tait pas la seule &#233;pouse -il y en avait trois autres- et comme ces &#233;pouses-l&#224; se moquaient d'elle quand elle n'avait pas encore de petits-enfants, elle a &#233;t&#233; tr&#232;s fi&#232;re ensuite d'en avoir autant et de les montrer aux autres femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma grand-m&#232;re &#233;tait robuste et faisait du commerce, elle portait des poids importants sur sa t&#234;te. Elle &#233;tait tr&#232;s s&#233;v&#232;re avec ses gar&#231;ons, avec mon p&#232;re quand il &#233;tait adolescent car le gar&#231;on doit incarner la force et g&#233;rer la famille. Mon p&#232;re avait construit une maison en brique avec un sol en ciment. Ce ciment brillait et quand ma grand-m&#232;re venait elle avait tr&#232;s peur de marcher dessus car elle croyait que ce ciment brillant allait &#233;clater. Elle marchait donc tout doucement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elle est devenue veuve, par tradition, ma grand-m&#232;re a &#233;pous&#233; le petit fr&#232;re de son mari. Lui il &#233;tait d&#233;j&#224; mari&#233;, donc il avait plusieurs femmes. Elle est d&#233;c&#233;d&#233;e en 1966, suite aux troubles dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Devenir un homme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;t&#233; &#233;lev&#233;s diff&#233;remment, gar&#231;ons et filles. Pourquoi ? Parce que chez nous le gar&#231;on est form&#233;, &#233;duqu&#233; pour devenir un homme qui va g&#233;rer la famille plus tard. Il doit veiller &#224; sa musculature pour les grands travaux. Les filles &#233;taient &#233;lev&#233;es pour pouvoir s'occuper de la famille et &#233;lever les enfants. La femme fait les enfants, les met au monde et l'homme joue un r&#244;le mineur dans leur &#233;ducation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si on parle des travaux, par exemple fendre le bois c'est l'homme qui doit s'en occuper car on consid&#232;re que les femmes sont moins fortes. Alors qu'il y a des exceptions. On voit par exemple certaines femmes qui battent les hommes. Un homme qui se fait battre n'ose pas le dire, il doit se taire car c'est une honte. Mais quand la femme a &#233;t&#233; battue, elle peut se plaindre, c'est parfois injuste. L'homme montre son autorit&#233; en faisant les courses car ainsi il domine la situation. Le gar&#231;on est suppos&#233; &#234;tre fort. Il devra d&#233;fendre sa famille contre des hommes qui veulent lui faire peur. Les filles doivent devenir des bonnes m&#232;res, s'occuper de la cuisine, &#233;duquer. Aujourd'hui, cela change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi je fais quelque peu exception car je trouvais que ma m&#232;re &#233;tait trop charg&#233;e par mon p&#232;re. Je voulais l'aider mais mon p&#232;re n'&#233;tait pas d'accord. Il me disait ; tu vas &#234;tre comme une femme, tu ne dois pas t'occuper des travaux f&#233;minins. Mais moi j'avais piti&#233; de ma m&#232;re, je l'aidais pour garder les enfants quand elle devait aller faire des travaux des champs et je faisais aussi la cuisine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai eu mes enfants je les ai &#233;duqu&#233;s &#224; &#234;tre des touche-&#224;-tout et &#224; savoir tout faire. Ne pas laisser sa femme faire tous les travaux m&#233;nagers seule. J'ai un gar&#231;on, un homme &#224; pr&#233;sent qui s'occupe plus de la cuisine que sa femme. Il sait tr&#232;s bien cuisiner. Quand il rentre du travail, c'est lui qui fait la cuisine. Mais mes enfants vivent en Occident et se sont adapt&#233;s. Ils vivent en harmonie. Mais quand on retourne au pays et qu'on fait la cuisine, les gens disent : &#171; il se fait dominer par sa femme. Elle l'a ensorcel&#233; ! &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les cruches (Cathie V)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;T&#233;moignage dans le cadre du projet &#034;m&#233;moires pour demain&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Voici une aventure qui m'est arriv&#233;e quand j'&#233;tais en 5eme primaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce jour-l&#224;, nous &#233;tions tr&#232;s excit&#233;s : sortie de classe pour aller visiter une usine de biscuits &#224; Vilvoorde. Nous avions pris le tram pour nous y rendre. La visite ne m'a pas laiss&#233;e beaucoup de souvenirs, sauf la d&#233;gustation de biscuits en fin de visite ! Au retour, 4 places s'&#233;tant lib&#233;r&#233;es dans le tram, un des instituteurs qui nous accompagnait me dit, &#224; moi et &#224; 3 de mes (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot142" rel="tag"&gt;Ecole, &#233;tudes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;c6&gt;T&#233;moignage dans le cadre du projet &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1245' class='spip_in'&gt;&#034;m&#233;moires pour demain&#034;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici une aventure qui m'est arriv&#233;e quand j'&#233;tais en 5eme primaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, nous &#233;tions tr&#232;s excit&#233;s : sortie de classe pour aller visiter une usine de biscuits &#224; Vilvoorde. Nous avions pris le tram pour nous y rendre. La visite ne m'a pas laiss&#233;e beaucoup de souvenirs, sauf la d&#233;gustation de biscuits en fin de visite !&lt;br class='autobr' /&gt;
Au retour, 4 places s'&#233;tant lib&#233;r&#233;es dans le tram, un des instituteurs qui nous accompagnait me dit, &#224; moi et &#224; 3 de mes copines de les occuper. Nous nous sommes assises et avons commenc&#233; &#224; papoter sans nous soucier de rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un moment, une de mes amies s'est &#233;cri&#233;e : &#171; Mais, o&#249; sont les autres ?? &#187;. Nous avons toutes lev&#233; les yeux&#8230; et les autres avaient disparu ! Le reste de la classe et les instituteurs &#233;taient descendu en oubliant de nous pr&#233;venir !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu paniqu&#233;es nous sommes descendues &#224; l'arr&#234;t suivant. Nous n'avions pas la moindre id&#233;e de l'endroit o&#249; nous nous trouvions ! Nous avons demand&#233; &#224; un agent de police de nous indiquer le chemin de notre &#233;cole. Heureusement ce n'&#233;tait pas trop, trop loin et assez vite nous sommes arriv&#233;es dans un quartier que nous connaissions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes arriv&#233;es &#224; l'&#233;cole, assez fi&#232;res de nous &#234;tre aussi bien d&#233;brouill&#233;es !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le reste de la classe n'&#233;tait pas encore l&#224; : en fait ils s'&#233;taient arr&#234;t&#233;s dans un square. Quand ils sont arriv&#233;s, je croyais que notre professeur nous f&#233;liciterait&#8230;Pas du tout ! Il s'est mis en col&#232;re et nous a trait&#233; de &#171; cruches &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les jours suivants, il nous accueillait &#224; l'entr&#233;e de l'&#233;cole avec un &#171; Tiens, voil&#224; les cruches &#187;. Pour une myst&#233;rieuse raison, ce n'est que mon amie Chantal et moi qui avions droit &#224; ce traitement, pas les deux autres. Nous essayions de nous glisser dans la cour sans qu'il nous voit, mais rien &#224; faire, m&#234;me de loin, il nous apostrophait de son &#171; Voil&#224; les cruches &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a dur&#233; plusieurs semaines. Heureusement les vacances ont finalement interrompu ce traitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, on appellerait &#231;a du harc&#232;lement, mais &#224; l'&#233;poque, nous ignorions le sens de ce mot. Nous trouvions &#231;a horrible, mais il ne nous serait pas venu &#224; l'esprit de nous plaindre &#224; nos parents ou &#224; la directrice. C'&#233;tait comme &#231;a&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste, injuste ? On ne se posait pas la question&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sur le chemin de l'&#233;cole (Fran&#231;oise S.)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Developpement durable</dc:subject>
		<dc:subject>Ecole, &#233;tudes</dc:subject>

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&lt;p&gt;T&#233;moignage dans le cadre du projet &#034;m&#233;moires pour demain&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans mon &#233;cole primaire de quartier, je ne faisais pas partie des bonnes &#233;l&#232;ves que la maitresse aimait bien. Cela ne m'emp&#234;chait pas d'&#234;tre contente d'aller &#224; l'&#233;cole tous les matins....J'&#233;tais m&#234;me press&#233;e de quitter la maison &#224; 8h30, apr&#232;s un rapide petit d&#233;jeuner. Par pluie, neige, vent ou beau temps, mon cartable &#224; la main, &#224; pied, je me d&#233;p&#234;chais de parcourir les deux kilom&#232;tres qui me s&#233;paraient de mon &#233;cole de filles du faubourg Saint Vincent. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot142" rel="tag"&gt;Ecole, &#233;tudes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;c6&gt;T&#233;moignage dans le cadre du projet &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1245' class='spip_in'&gt;&#034;m&#233;moires pour demain&#034;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans mon &#233;cole primaire de quartier, je ne faisais pas partie des bonnes &#233;l&#232;ves que la maitresse aimait bien. Cela ne m'emp&#234;chait pas d'&#234;tre contente d'aller &#224; l'&#233;cole tous les matins....J'&#233;tais m&#234;me press&#233;e de quitter la maison &#224; 8h30, apr&#232;s un rapide petit d&#233;jeuner. Par pluie, neige, vent ou beau temps, mon cartable &#224; la main, &#224; pied, je me d&#233;p&#234;chais de parcourir les deux kilom&#232;tres qui me s&#233;paraient de mon &#233;cole de filles du faubourg Saint Vincent. C'est ainsi qu'elle s'appelait, l'&#233;cole publique du num&#233;ro 5 du Faubourg. C'&#233;taient deux b&#226;timents en brique d'un &#233;tage, construits en long, dos &#224; dos, sur le m&#234;me mod&#232;le. Un pour les filles, un pour les gar&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On arrivait devant une grande grille qui s'ouvrait &#224; 9h. Pas une minute avant, pas une minute apr&#232;s. Gar&#231;ons et filles, serr&#233;s devant l'entr&#233;e, nous attendions ce moment pour nous ruer dans l'all&#233;e centrale qui menait aux deux b&#226;timents rouges. Puis chacun se dirigeait vers sa cour de r&#233;cr&#233;ation : les gar&#231;ons &#224; droite , les filles &#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je mettais, &#224; pied, une demi heure pour me rendre &#224; l'&#233;cole. Parfois moins, surtout l'hiver ! Quand il gelait en dessous de z&#233;ro. Mon bonnet de laine bien enfonc&#233;, une &#233;charpe nou&#233;e autour du cou, je courais sur le trottoir du faubourg sans en voir la fin. Tout droit, entre deux rang&#233;es de maisons basses, serr&#233;es les unes &#224; c&#244;t&#233; des autres, il devait faire plus d'un kilom&#232;tre. Il m'arrivait de penser que jamais je n'y arriverai. Mais, l'id&#233;e d'&#234;tre en retard, et de trouver la grille ferm&#233;e, me faisait redoubler d'effort. Oui, il fallait du courage. J'avais huit ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps le chemin devenait une promenade. Quand j'avais le temps je fl&#226;nais, en regardant les jardins entre les maisons. J'avais fini par identifier chaque maison. Il y avait celle de la vieille dame au petit chien blanc, celle du monsieur press&#233;, celle des l&#232;ve tard aux volets toujours ferm&#233;s. Et puis celle de la dame au b&#233;b&#233; dans le landau, qui sortait toujours au moment o&#249; je passais. J'aimais bien regarder le b&#233;b&#233; dont je ne voyais que la t&#234;te. Parfois il souriait et agitait ses petits pieds. Cela me faisait rire. Sa maman aussi souriait. Et je repartais contente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule chose que je redoutais sur le chemin de l'&#233;cole, c'&#233;tait le chien loup du marchand de charbon qui r&#244;dait dans la cour o&#249; &#233;tait entass&#233;s des sacs pr&#234;ts &#224; &#234;tre livr&#233;s. Il y avait des jours o&#249; la barri&#232;re restait ouverte apr&#232;s le d&#233;part du camion. J'avais toujours peur que le chien se jette sur moi alors je faisais un grand d&#233;tour et traversai de l'autre c&#244;t&#233; du faubourg. Cela me faisait perdre du temps, mais c'&#233;tait plus s&#251;r. Je devais alors m'arr&#234;ter au croisement du faubourg. L&#224; il y avait un feu. Un des rares de la ville. Car &#224; cette &#233;poque, dans les ann&#233;es 50, il n'y avait pas beaucoup de voitures. Les gens se d&#233;pla&#231;aient en v&#233;los ou mobylette. Le plus souvent &#224; pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens encore du bruit, que faisaient sous la pluie, les roues des v&#233;los glissant sur la chauss&#233;e. Un chuintement pareil au bruit de papier froiss&#233;. C'&#233;tait moins bruyant que le rugissement des moteurs de voiture de maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui j'avais 8 ans et j'allai toute seule &#224; l'&#233;cole. Personne ne me conduisait. A l'&#233;poque mes parents n'avait pas de voiture. Mon p&#232;re circulait en bicyclette et ma m&#232;re avait une mobylette. Mes parents me laissaient aller &#224; pied, jamais &#224; bicyclette. Tu es jeune, marcher, c'est bon pour la sant&#233;. Je faisais le trajet 4 fois par jour car je rentrai d&#233;jeuner &#224; la maison. Faites le calcul 4X2 &#233;gal 8. Je faisais mes 8 km par jour !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne le regrette pas, au contraire, j'ai toujours aim&#233; marcher. Je d&#233;couvrais un tas de choses en marchant. Je regardais l'&#233;picier du coin qui sortait ses caisses de l&#233;gumes et les installait sur les &#233;tag&#232;res. Et quand je passais devant le caf&#233;, si les volets &#233;taient encore baiss&#233;s, c'est que j'&#233;tais en avance. J'avais mes points de rep&#232;re et le chemin de l'&#233;cole &#233;tait un terrain de jeu. Je faisais des paris en comptant mes pas. Je m'amusais &#224; marcher &#224; cloche pied, ou bien &#224; faire semblant de boiter.....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'arrivait, parfois, de faire un bout de chemin avec une fillette de ma classe qui habitait pr&#232;s de l'&#233;cole et que je rencontrais en passant. On se racontait des histoires, des choses arriv&#233;es en classe. Le trajet me semblait plus court et en arrivant devant la grille, je regrettais presque que ce soit fini .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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