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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>Bernadette : un parcours d'&#233;mancipation </title>
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		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Religion, valeurs et &#233;thique</dc:subject>
		<dc:subject>Deuils, mort</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2024-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
Enfance &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233;e en 1946 dans la commune de Huy o&#249; je suis rest&#233;e jusqu'&#224; mon mariage. Je suis la 10e d'une famille de 11 enfants. De l'a&#238;n&#233; au plus jeune, il y a quasiment une g&#233;n&#233;ration. Dans ma famille, il y avait une s&#233;rie de r&#232;gles tacites, mais qui &#233;taient respect&#233;es, par exemple, les places &#224; table. Les plus petits du c&#244;t&#233; de maman et les plus grands du c&#244;t&#233; de papa. Je trouvais que ce n'&#233;tait pas facile de se faire une place dans une si grande (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot140" rel="tag"&gt;Deuils, mort&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2024-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Enfance&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Je suis n&#233;e en 1946 dans la commune de Huy o&#249; je suis rest&#233;e jusqu'&#224; mon mariage. Je suis la 10e d'une famille de 11 enfants. De l'a&#238;n&#233; au plus jeune, il y a quasiment une g&#233;n&#233;ration. Dans ma famille, il y avait une s&#233;rie de r&#232;gles tacites, mais qui &#233;taient respect&#233;es, par exemple, les places &#224; table. Les plus petits du c&#244;t&#233; de maman et les plus grands du c&#244;t&#233; de papa. Je trouvais que ce n'&#233;tait pas facile de se faire une place dans une si grande famille. Quand j'&#233;tais petite, j'ai r&#233;agi &#224; ce probl&#232;me-l&#224; en m'isolant. J'aimais bien jouer seule, parler seule, m'inventer des amis. Une des grandes caract&#233;ristiques de notre famille c'est que nous sommes tous de grands joueurs : il y a toujours eu des jeux de soci&#233;t&#233; &#224; disposition. On se rassemblait et on s'entendait tous tr&#232;s bien autour de cette activit&#233;-l&#224;. Ce plaisir du jeu a d'ailleurs &#233;t&#233; transmis aux plus jeunes g&#233;n&#233;rations. La Saint-Nicolas &#233;tait un moment tr&#232;s joyeux, 13 assiettes &#233;taient plac&#233;es pour que Saint-Nicolas les remplisse et chacun recevait un cadeau. C'&#233;tait f&#233;&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais vous raconter un &#233;v&#233;nement marquant et douloureux. &#192; mes 9 ans, j'ai perdu mon papa, soudainement, suite &#224; une congestion c&#233;r&#233;brale. &#199;a a &#233;t&#233; une rupture assez brutale. Ma petite s&#339;ur et moi-m&#234;me avons &#233;t&#233; envoy&#233;es chez des voisins lors du passage du m&#233;decin. &#192; notre retour, on nous a dit : &#171; Allez dire au revoir &#224; votre papa une derni&#232;re fois &#187;. On a d&#251; comprendre seules qu'il &#233;tait mort vu que tout avait &#233;t&#233; dit &#224; demi-mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons ensuite &#233;t&#233; confi&#233;es &#224; notre grand-m&#232;re, qui avait eu un accident vasculaire c&#233;r&#233;bral et dont une de ses filles, qui &#233;tait c&#233;libataire, s'occupait. Nous n'avons pas pu assister &#224; l'enterrement de notre papa. J'&#233;tais dans une tristesse terrible et me sentais abandonn&#233;e. Nous avons &#233;t&#233; totalement coup&#233;es de notre famille pour vivre ce moment de deuil. Apr&#232;s l'enterrement de papa, nous sommes rentr&#233;es &#224; la maison. Le lendemain, je suis all&#233;e &#224; l'&#233;cole et des copines de classe m'ont dit : &#171; nous sommes all&#233;es &#224; l'enterrement de ton papa et on ne t'a pas vue !&#034;. Avec le temps, j'ai r&#233;ussi &#224; dire que j'avais &#233;t&#233; f&#226;ch&#233;e de ne pas &#234;tre l&#224;, ce &#224; quoi on m'a r&#233;pondu que c'&#233;tait pour me prot&#233;ger ainsi que ma petite s&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Bonne-maman &#224; canne &#187;&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait la maman de ma maman. Apr&#232;s la guerre, elle avait fait un AVC et &#233;tait devenue h&#233;mipl&#233;gique du c&#244;t&#233; gauche, du coup, elle marchait avec une canne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle avait un grand sens de l'autod&#233;rision. Je me souviens que, lors d'une f&#234;te de famille avec nos cousins et cousines, nous avions fait une ronde et &#171; Bonne-maman &#224; canne &#187; s'&#233;tait mise au centre de la ronde et avait tap&#233; la mesure pendant qu'on chantait : &#171; Elle avait une jambe de bois et pour que &#231;a ne se voie pas, elle avait mis par en dessous des roulettes en caoutchouc &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle vivait avec une de ses filles qui &#233;tait c&#233;libataire. Elle avait mis au point toute une s&#233;rie d'astuces pour pouvoir faire encore des choses et se rendre utile. Elle avait un m&#233;tier &#224; tisser qu'on mettait sur la table et elle r&#233;alisait des &#233;charpes. Le dimanche, elle &#233;coutait la messe &#224; la radio et, en m&#234;me temps, elle d&#233;bitait en petits morceaux les journaux de la semaine pour avoir une r&#233;serve de papier toilette pour toute la semaine.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;&#202;tre femme&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Je pense que le f&#233;minisme a pris chez moi de la place &#224; mon insu. Quand j'&#233;tais toute petite, il y avait des diff&#233;rences faites entre filles et gar&#231;ons &#224; la maison. Nous &#233;tions 8 filles et 3 gar&#231;ons. Les filles &#233;taient appr&#233;ci&#233;es pour ce qu'elles faisaient et les gar&#231;ons pour ce qu'ils &#233;taient. Rien n'&#233;tait impos&#233; par mes parents aux gar&#231;ons, c'&#233;tait naturel, automatique. Je n'ai jamais vu mes fr&#232;res laver la vaisselle, &#233;tendre le linge, faire la lessive ou la cuisine. Avec du recul, je me rends compte que les gar&#231;ons &#233;taient comme des coqs en p&#226;te. Il a fallu que je quitte la maison pour me rendre compte de &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e o&#249; je suis sortie de l'&#233;cole secondaire, il y avait moyen de faire des &#233;tudes d'institutrice en 1 an. Ma m&#232;re &#233;tait d&#233;sireuse que je suive ce parcours, car elle avait envie de nous voir acqu&#233;rir un dipl&#244;me pour avoir une ind&#233;pendance rapidement. Moi, je voulais &#233;tudier la psychologie. J'ai d&#251; faire un compromis et j'ai &#233;tudi&#233; la logop&#233;die, car ces &#233;tudes duraient 1 an de moins. Un de mes fr&#232;res, lui, a pu commencer des &#233;tudes universitaires. Il ne les a pas termin&#233;es, il a pr&#233;f&#233;r&#233; se mettre &#224; travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai appris les choses de l'amour par la d&#233;brouille, les chansons de Georges Brassens et par la lecture de livres et magazines. Une de mes s&#339;urs m'a expliqu&#233; ce qu'&#233;taient les menstruations, avec beaucoup de pudeur et une volont&#233; de garder notre intimit&#233;. Malgr&#233; la grande famille dans laquelle je vivais, je n'ai pas &#233;t&#233; beaucoup aid&#233;e dans mes questionnements. Je crois que la proximit&#233; permanente entre fr&#232;res et s&#339;urs impliquait &#233;galement une certaine distance pour se prot&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque, fille et gar&#231;ons &#233;tudiaient dans des &#233;coles s&#233;par&#233;es. De plus nous &#233;tions s&#233;par&#233;s par la Meuse et chacun sur une rive diff&#233;rente. Le moyen de nous rencontrer entre filles et gar&#231;ons, c'&#233;taient les activit&#233;s religieuses et les mouvements de jeunesse, des lieux o&#249; il y avait des bases communes de valeurs partag&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s mon mariage, j'ai particip&#233; avec mon conjoint &#224; des r&#233;unions de pr&#233;paration au mariage, en tant qu'animatrice, avec 3 autres couples. Lors d'une de ces r&#233;unions, un des pr&#233;parateurs qui &#233;tait psychologue a dit aux femmes pr&#233;sentes : &#171; Soyez femmes ! &#187;. L&#224;, je me suis dit : &#171; Qu'est-ce que je dois faire ? Qu'est-ce qu'il veut dire par l&#224; ? &#187;. &#192; un moment donn&#233;, j'ai vu sa femme, qui &#233;tait la fille d'un bijoutier tr&#232;s en vue dans la ville. Elle &#233;tait comme un sapin de No&#235;l : elle &#233;tait tr&#232;s appr&#234;t&#233;e, elle avait des boucles d'oreille, des bagues, une montre en or et &#233;tait permanent&#233;e. Sur le moment, je me suis dit : &#171; Ah voil&#224;, c'est &#231;a &#234;tre femme ! &#187;. Et c'est longtemps apr&#232;s, en y repensant, que je me suis dit : &#171; C'est incroyable, car &#224; ce moment-l&#224;, j'&#233;tais enceinte de 8 mois, alors si on ne voyait pas que j'&#233;tais une femme !!! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon mari s'est retrouv&#233; dans une situation plus au moins similaire. Il &#233;tait l'ain&#233; de 6 enfants et &#233;tait format&#233; pour &#234;tre responsable. Il a eu aussi besoin de prendre de la distance. Apr&#232;s notre mariage, nous avons mis une distance de 60 km entre nous et nos familles. Nous avons essay&#233; de ne pas &#233;duquer nos enfants de la m&#234;me fa&#231;on que nous avions &#233;t&#233; &#233;duqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce en quoi je crois&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Je suis n&#233;e dans une famille catholique. Je me souviens des rituels. Par exemple, le matin, mon p&#232;re faisait une croix &#224; l'arri&#232;re du pain pour le b&#233;nir. On faisait un signe de croix avant de manger. Dans chaque chambre, il y avait un petit b&#233;nitier et, chaque fois qu'on entrait dans la pi&#232;ce, on faisait le signe de croix. Ce que j'ai retenu de la religion ? C'est un code de conduite. Mais je n'ai jamais vraiment senti la foi. Je n'ai pas vraiment r&#233;ussi &#224; rentrer dedans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allions parfois &#224; la confession le samedi apr&#232;s-midi - j'en garde un souvenir de honte - et &#224; la messe tous les dimanches. Apr&#232;s celle-ci, on d&#233;jeunait avec des petits pains et du boudin blanc. Je suis all&#233;e &#224; l'&#233;cole catholique. On faisait la pri&#232;re tous les matins. On avait cours de religion tous les jours. Et les points valaient autant que les autres mati&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En me mariant, j'ai pris mes distances par rapport &#224; cela, mais j'ai gard&#233; le souci d'une vie spirituelle. Par exemple, &#224; travers des m&#233;ditations ou par l'&#233;coute d'&#233;missions religieuses &#224; la radio. Les valeurs sociales qui m'animent sont la justice, la fiabilit&#233;, l'engagement, la confiance, le respect de l'autre. Ce sont des valeurs transmises par la religion catholique et je les transmets &#224; mon tour. Je suis contente, car mes enfants ne sont pas tomb&#233;s dans le consum&#233;risme, le mat&#233;rialisme. Une phrase importante pour moi, c'est &#171; Trouve ton &#233;toile et suis-la ! &#187;. Mon &#233;toile &#224; moi, c'est une force vive toujours pr&#233;sente, un d&#233;sir de grandir. Je crois &#224; quelque chose qui nous d&#233;passe et qui justifie que l'on soit l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Les changements dont je suis t&#233;moin&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; con&#231;ue &#224; la fin de la guerre 45. Notre institutrice nous appelait &#171; les enfants de la guerre &#187;, elle nous trouvait turbulents. J'ai grandi dans une famille catholique conformiste, il y avait beaucoup de non-dit, de tabous : sur les ath&#233;es, sur les autres religions. Cela ne m'aidait pas &#224; grandir en confiance ni &#224; d&#233;velopper ma curiosit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis enfin n&#233;e au monde quand j'ai commenc&#233; mes &#233;tudes sup&#233;rieures &#224; Bruxelles. La fin des ann&#233;es 60 m'a ouverte &#224; l'art, la politique, le f&#233;minisme. C'&#233;tait l'&#233;poque des premiers pas sur la lune, des d&#233;buts de l'&#233;cologie, de Maurice B&#233;jart, du &#171; Walen buiten &#187;, de la pilule et, plus tard, de la d&#233;p&#233;nalisation de l'avortement. Je me suis mari&#233;e en surfant sur cette vague pleine de libert&#233;, de projets, d'envie de cr&#233;er un autre monde : par exemple, en r&#234;vant d'une autre &#233;cole pour nos enfants. Une nouvelle litt&#233;rature jeunesse se d&#233;veloppait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On cherche &#224; se r&#233;aliser avec ces nouvelles valeurs, mais des catastrophes nous secouent et nous obligent &#224; ajuster nos r&#234;ves. L'ind&#233;pendance du Congo, en 1960, nous a fait ouvrir les yeux sur les m&#233;faits de la colonisation : avant celle-ci, nous admirions les coloniaux de notre famille. L'accident de Tchernobyl, en 86, a amen&#233; la pollution &#224; notre porte. Heureusement, la chute du mur de Berlin a apport&#233; une belle respiration en 1989. L'affaire Dutroux, en 1996, a questionn&#233; nos attitudes de parents, nous a culpabilis&#233;s : nous devions mieux prot&#233;ger nos enfants, mais, en fait, nous les avons emprisonn&#233;s dans nos peurs. Deux autres &#233;v&#233;nements tragiques m'ont &#233;galement marqu&#233;e : le g&#233;nocide du Rwanda en 1994 et une explosion de gaz &#224; Theux, o&#249; j'habitais, d&#233;truisant le centre-ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus belle invention pour moi ? La lessiveuse automatique ! Beaucoup d'inventions sont belles, mais on les pervertit rapidement. Par exemple, le smartphone qui, aujourd'hui, nous coupe de la communication ici et maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Une fiert&#233;&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Je suis fi&#232;re d'avoir choisi un nouveau nouveau projet de vie &#224; 75 ans en int&#233;grant un habitat group&#233; participatif pour seniors, loin de chez moi. J'ai d&#233;m&#233;nag&#233; de Theux o&#249; j'avais v&#233;cu 50 ans, je suis partie de rien et j'ai d&#251; recr&#233;er un r&#233;seau social et culturel. N'est-ce pas la premi&#232;re fois que j'ai vraiment d&#233;cid&#233; toute seule ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Theux, pendant 50 ans, j'ai toujours &#233;t&#233; dans un milieu assez ferm&#233;, avec des personnes qui se ressemblent. Dans cette commune, le bourgmestre pr&#233;f&#233;rait donner de l'argent &#224; la ville de Verviers que de construire des logements sociaux. Quand il y avait un &#233;tranger sur une des photos de classe de mes enfants, c'&#233;tait un enfant adopt&#233; ! Rencontrer des personnes &#171; &#233;trang&#232;res &#187;, avec &#194;ges et Transmissions, m'aide &#224; visualiser autrement ces personnes, &#224; leur donner une &#233;paisseur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Clins Dieu (Fabienne v.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1536</link>
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		<dc:subject>Engagement (social,politique)</dc:subject>
		<dc:subject>Deuils, mort</dc:subject>
		<dc:subject>Chr&#233;tien.ne (&#234;tre)</dc:subject>

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&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034; 2023-25 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233;e dans une famille catholique tr&#232;s pratiquante. Mon grand-p&#232;re paternel m'a guid&#233;e dans l'amour de Marie. Sa maison pr&#232;s de Beauraing, o&#249; il avait assist&#233; aux apparitions, &#233;tait un havre de paix. Les apparitions eurent lieu de novembre 1932 &#224; janvier 1933. Nous avons rendu visite &#224; une voyante. Nous priions souvent dans le sanctuaire et allumions un cierge. Parfois il nous offrait de petites vierges qui s'illuminaient dans la nuit ou dans nos (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1404' class='spip_in'&gt;&#034;Nous &#233;crivons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis n&#233;e dans une famille catholique tr&#232;s pratiquante. Mon grand-p&#232;re paternel m'a guid&#233;e dans l'amour de Marie. Sa maison pr&#232;s de Beauraing, o&#249; il avait assist&#233; aux apparitions, &#233;tait un havre de paix. Les apparitions eurent lieu de novembre 1932 &#224; janvier 1933. Nous avons rendu visite &#224; une voyante. Nous priions souvent dans le sanctuaire et allumions un cierge. Parfois il nous offrait de petites vierges qui s'illuminaient dans la nuit ou dans nos mains, car elles &#233;taient fluorescentes. En promenade, nous cueillions des fleurs que nous mettions pr&#232;s des vierges qu'il avait dispos&#233;es dans le jardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fait ma premi&#232;re communion dans mon &#233;cole, au Sacr&#233;-C&#339;ur de Lindthout en 1re primaire avec toute ma classe de 30 filles. Fin d'humanit&#233;, j'ai commenc&#233; des partages d'&#233;vangile. C'&#233;tait le d&#233;but de l'approfondissement de ma foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon grand-p&#232;re maternel est devenu le premier diacre de Bruxelles en 1970. Il nous a mari&#233;s religieusement en 1976 et a baptis&#233; nos 5 enfants. Nous discutions souvent de religion avec lui. Ma maman a &#233;t&#233; cat&#233;chiste et a cr&#233;&#233; une messe des jeunes &#224; Saint-Henri &#224; Woluwe St Lambert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En famille nous faisions la pri&#232;re &#224; table avant le repas, ce que je fais encore aujourd'hui. Nous chantons tous ensemble et, si j'oublie, mes petits-enfants me la rappellent. Nous avons tent&#233; des pri&#232;res du soir, mais cela terminait souvent par de grands fous rires. Nous n'avons pas pers&#233;v&#233;r&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s mon mariage je me suis engag&#233;e rapidement comme b&#233;n&#233;vole dans de nombreux secteurs li&#233;s &#224; ma foi : dans des groupes de pri&#232;re, en paroisse, visite aux malades &#8230; Petit &#224; petit j'ai pris des distances avec l'&#201;glise catholique, tr&#232;s bless&#233;e comme femme en particulier. Les femmes &#233;tant consid&#233;r&#233;es comme les servantes du Seigneur et donc &#8230; des pr&#234;tres ! J'ai pass&#233; plusieurs ann&#233;es chez les protestants &#233;vang&#233;liques avec des pasteurs hommes ou femmes, mari&#233;s ou pas. J'y ai d&#233;couvert la Bible diff&#233;remment et une vraie communaut&#233; accueillante qui s'entraide, joyeuse et engag&#233;e. Puis je suis revenue chez les catholiques, car les sacrements me manquaient et aussi les temps de No&#235;l et de P&#226;ques (l'avent et le car&#234;me).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me d&#233;finis comme chr&#233;tienne. Actuellement je dis souvent que ma colonne vert&#233;brale c'est ma foi, le Seigneur est ma force et mon chemin de vie. Je crois en Son Amour, Il me donne l'Esp&#233;rance dans les moments de d&#233;couragement. Je me confie &#224; Lui dans la pri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus beau cadeau c'est la r&#233;conciliation de mon couple. J'ai lutt&#233; et pri&#233; durant des ann&#233;es, ayant pens&#233; si souvent au divorce. Puis c'est le chemin de la gratitude que mon mari et moi &#233;tudiions avec une &#233;quipe de quatre couples et un pr&#234;tre, qui nous a ouvert les yeux et aid&#233;s &#224; nous pardonner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu a fait des miracles dans ma vie. J'ai eu de nombreux signes de Sa pr&#233;sence. Par exemple, quand je porte la communion aux malades ; je prie et chante avec eux. Quand tr&#232;s &#233;mus et touch&#233;s ils me remercient, je leur r&#233;ponds que cela ne vient pas de moi, mais du Seigneur. Je sens sa pr&#233;sence &#224; travers l'Eucharistie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que nous sommes en communion avec nos d&#233;funts et donc qu'il y a une vie apr&#232;s la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tr&#232;s beau signe est celui de mon papa. Je lui avais demand&#233;, alors qu'il &#233;tait en phase terminale d'un cancer : &#171; s'il y a quelque chose apr&#232;s la mort, fais-moi signe &#187;. Quelque temps apr&#232;s son d&#233;c&#232;s, une radio s'est allum&#233;e toute seule dans le living. Interpell&#233;e, j'ai de suite pens&#233; &#224; papa. D'autres fois des radios se sont allum&#233;es &#224; trois &#233;tages diff&#233;rents en m&#234;me temps. La derni&#232;re fois qu'il s'est manifest&#233;, c'&#233;tait la veille de la Toussaint. Je lisais avec un fond musical et tout d'un coup, le son est mont&#233; en intensit&#233;. Mon mari m'a demand&#233; de diminuer. Mais impossible, la radiocommande ne m'ob&#233;issait pas. Il s'est lev&#233;, l'a prise et a pu diminuer le volume sans probl&#232;me. Cela a recommenc&#233; peu apr&#232;s. Il a alors d&#233;branch&#233; la radio disant que j'avais tout d&#233;r&#233;gl&#233; alors que je n'avais touch&#233; &#224; rien. Je lui ai dit : &#171; d&#233;sol&#233;e, c'est papa qui me fait signe. Les radios c'&#233;tait son truc, il en avait fabriqu&#233; lui-m&#234;me &#187;. Alors j'ai pris le transistor de la salle de bain, je l'ai branch&#233;e au salon et presque instantan&#233;ment le son est mont&#233; &#224; tue-t&#234;te. Mon mari s'est avou&#233; vaincu, c'&#233;tait un myst&#232;re. Le lendemain, jour de la Toussaint, maman nous r&#233;unissait tous en m&#233;moire de papa et j'ai t&#233;moign&#233; &#224; toute la famille. Beaucoup doutaient de ma parole. Maman m'a alors demand&#233; : &#171; quand je rentre dans la maison, la lampe de l'entr&#233;e se met souvent &#224; clignoter, tu crois que c'est papa ? &#187;. Je lui ai r&#233;pondu que, peut-&#234;tre, oui, mais qu'on n'en a aucune preuve. Elle &#233;tait r&#233;confort&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papa m'a aussi fait de nombreux signes par des lampes qui clignotaient dans le living. Il y avait un spot, toujours le m&#234;me, qui s'&#233;teignait quand j'y &#233;tais. Un jour je pleurais au t&#233;l&#233;phone voulant &#224; nouveau divorcer et tous les spots se sont &#233;teints. Je me suis dit aie, aie, aie papa est tr&#232;s f&#226;ch&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maman m'a aussi fait des signes par le parfum des bougies odorantes de sa chambre mortuaire que j'ai senti la nuit dans mon lit et encore le lendemain devant l'ordinateur lors de la r&#233;daction de l'annonce de son d&#233;c&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier cadeau d'Amour que j'ai re&#231;u du Seigneur, c'&#233;tait en automne de cette ann&#233;e 2024 lors d'une retraite. Nous avions v&#233;cu des moments forts, des t&#233;moignages difficiles surtout sur les familles divis&#233;es, confront&#233;es &#224; un suicide, un couple st&#233;rile, un parent qui ne voyait plus un de ses enfants ... Il y avait dans le groupe un jeune fianc&#233;. J'ai pens&#233; que ces t&#233;moignages lui feraient peur. Alors, j'ai voulu le rassurer en disant qu'on n'&#233;tait pas seul dans les difficult&#233;s, que le Seigneur &#233;tait &#224; nos c&#244;t&#233;s. Comme par exemple, lors de ma quatri&#232;me grossesse, une dame a insist&#233; pour que nous rentrions dans un groupe de pri&#232;re. Apr&#232;s plusieurs refus j'ai finalement c&#233;d&#233;. Le Seigneur m'y attendait, notre fille est n&#233;e avec un handicap et nous avons &#233;t&#233; tr&#232;s soutenus par ce groupe. J'ai ensuite partag&#233; d'autres choses douloureuses de mon histoire et j'ai fondu en larmes. Je n'arrivais plus &#224; me reprendre, j'&#233;tais en sanglots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de nous retrouver tous ensemble pour la conclusion de la retraite, je suis sortie promener dans le parc pour reprendre mes esprits. Je suis arriv&#233;e pr&#232;s d'une grande statue de St. Joseph qui est le patron des familles. Elle &#233;tait plac&#233;e sous un grand arbre. Plus loin j'ai d&#233;couvert une croix cach&#233;e par le lierre. J'ai commenc&#233; &#224; la d&#233;gager et tout d'un coup, j'ai entendu comme un souffle &#224; ma droite venant du grand arbre. Puis un bruit comme de la gr&#234;le, j'ai tourn&#233; la t&#234;te et j'ai vu une avalanche de feuilles multicolores tombant en masse. J'ai regard&#233;, &#233;bahie, boulevers&#233;e, me demandant ce qu'il se passait. &#192; gauche et &#224; droite de cet arbre, rien ne bougeait. Il n'y avait pas de vent ni de pluie. J'ai de suite pens&#233; au souffle du Saint-Esprit et j'ai ressenti comme un torrent d'amour envoy&#233; sur les familles. Mon c&#339;ur battait la chamade. Puis &#231;a s'est arr&#234;t&#233;. J'ai continu&#233; ma promenade et &#224; nouveau dans le creux d'un vallon cette fois, une pluie de feuilles s'est abattue sur moi. J'en avais partout. Puis j'ai senti couler comme une grosse larme sur ma joue gauche. J'ai alors pens&#233; &#224; la parole que nous disions dans le groupe de la pri&#232;re des m&#232;res : &#171; Tu ris avec nous et Tu pleures avec nous &#187;. Parlant du Seigneur qui est pr&#233;sent dans nos joies et nos peines. Comme la premi&#232;re fois, pas une feuille ne bougeait ailleurs. Le soleil brillait. J'ai essuy&#233; cette grosse larme qui coulait sur moi, rendant gr&#226;ce &#224; Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais, je crois en la pr&#233;sence vivante de Dieu dans nos vies. Il vous aime !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La mort de mon parrain (Galmaerde)</title>
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		<dc:subject>Deuils, mort</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'avais neuf ans et demi et je v&#233;n&#233;rais mon parrain. Il m'intimidait beaucoup. C'&#233;tait un chirurgien tr&#232;s connu. Parfois, il m'emmenait dans sa Studebaker bleue, une voiture qui ressemblait &#224; un avion, mais sans ailes, &#233;videmment. Je ne crois pas que nous nous parlions beaucoup. A cette &#233;poque-l&#224;, les adultes conversaient entre eux et les enfants &#233;taient pri&#233;s de ne pas trop faire de bruit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'anniversaire de ma s&#339;ur, le 30 janvier 1958, mes parents avaient invit&#233; ses amies de classe. Papa avait (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'avais neuf ans et demi et je v&#233;n&#233;rais mon parrain. Il m'intimidait beaucoup. C'&#233;tait un chirurgien tr&#232;s connu. Parfois, il m'emmenait dans sa Studebaker bleue, une voiture qui ressemblait &#224; un avion, mais sans ailes, &#233;videmment. Je ne crois pas que nous nous parlions beaucoup. A cette &#233;poque-l&#224;, les adultes conversaient entre eux et les enfants &#233;taient pri&#233;s de ne pas trop faire de bruit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'anniversaire de ma s&#339;ur, le 30 janvier 1958, mes parents avaient invit&#233; ses amies de classe. Papa avait lou&#233; un projecteur et des films de Charlie Chaplin et de Laurel et Hardy. On avait &#233;cart&#233; les meubles pour faire de la place au salon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soudain, un coup de fil. Maman d&#233;croche, puis fond en larmes. Que s'est-il pass&#233; ? Elle nous annonce qu'oncle Doudou est mort. Il a op&#233;r&#233; plusieurs personnes ce matin-m&#234;me, il est rentr&#233; pour d&#233;jeuner et il est mort &#224; table, devant sa femme et ses enfants. Tout de suite, Maman se met &#224; d&#233;commander toutes les invit&#233;es, sauf une qu'elle ne parvient pas &#224; joindre et qui arrivera une demi-heure plus tard. On lui dit que la f&#234;te n'aura pas lieu, que nous sommes en deuil. Nous ne verrons pas les films comiques. Papa nous explique qu'oncle Doudou a eu les art&#232;res bouch&#233;es parce qu'&#224; l'universit&#233; il avait mang&#233; trop de frites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma s&#339;ur a pleur&#233; tr&#232;s fort. Moi aussi, mais c'&#233;tait surtout parce que j'avais perdu mon parrain. J'avais comme souvenir qu'il &#233;tait mont&#233; sur une table pour mieux filmer mon neuvi&#232;me anniversaire. A cette &#233;poque, les cam&#233;ras &#233;taient rares, et les films, muets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions en deuil. Maman a fait teindre un de ses tailleurs en noir, une couleur qu'elle allait porter pendant six mois avant de passer petit &#224; petit &#224; des tons moins lugubres. Le jour de l'enterrement, de grandes tentures noires masquaient la porte d'entr&#233;e de chez mon oncle. Nous avons tous suivi &#224; pied le corbillard jusqu'&#224; l'&#233;glise du quartier. A la vue du cort&#232;ge, les passants se signaient. J'avais mal aux pieds : mes chaussures neuves &#233;taient trop serrantes. Telle fut ma premi&#232;re exp&#233;rience de la mort.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La premi&#232;re fois que j'ai vu mon p&#232;re pleurer (Christiane J.)</title>
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		<dc:subject>Deuils, mort</dc:subject>
		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;25 f&#233;vrier 1956. Assise avec mes fr&#232;res autour de la table de la cuisine, nous attendions que nos parents nous rejoignent apr&#232;s avoir termin&#233; leur petit rituel cr&#233;pusculaire. Maman remonta la pendule, fermait les tentures, recouvrit la cage des oiseaux d'une couverture, non sans avoir pris plaisir &#224; leur dire &#034;bonne nuit les pipits&#034; que mon p&#232;re r&#233;p&#233;ta joyeusement en &#233;cho. Elle prit alors nos trois pyjamas et nos six pantoufles et rejoignit papa devant la cuisini&#232;re &#224; charbon. Celui-ci la pr&#233;para pour (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;25 f&#233;vrier 1956. Assise avec mes fr&#232;res autour de la table de la cuisine, nous attendions que nos parents nous rejoignent apr&#232;s avoir termin&#233; leur petit rituel cr&#233;pusculaire. Maman remonta la pendule, fermait les tentures, recouvrit la cage des oiseaux d'une couverture, non sans avoir pris plaisir &#224; leur dire &#034;bonne nuit les pipits&#034; que mon p&#232;re r&#233;p&#233;ta joyeusement en &#233;cho. Elle prit alors nos trois pyjamas et nos six pantoufles et rejoignit papa devant la cuisini&#232;re &#224; charbon. Celui-ci la pr&#233;para pour la soir&#233;e. Apr&#232;s avoir tisonn&#233; les escarbilles pour qu'elles tombent dans le cendrier, il vida une charbonni&#232;re d'anthracite dans sa gueule et, enfin, tourna la cl&#233; pour un tirage d'air au ralenti, afin de garder une bonne chaleur durant toute la veill&#233;e. Maman ouvrit alors la porte du four pour y placer nos petites pantoufles et d&#233;poser, sur la barre protectrice, nos pyjamas, afin qu'ils nous r&#233;chauffent agr&#233;ablement lorsque nous les enfilerions. Papa pla&#231;a la bouilloire au coin du feu et sema sur la taque les pelures d'orange de notre dessert. Maman servit alors un lait chaud &#224; ses trois garnements et du caf&#233; pour elle et son mari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela &#233;tant termin&#233;, ils nous rejoignirent enfin pour s'attabler avec nous. La soir&#233;e pouvait commencer. Ce jour-l&#224;, comme tr&#232;s souvent, papa faisait ses mots crois&#233;s, son gros dictionnaire Larousse pos&#233; &#224; ses c&#244;t&#233;s. Mon grand fr&#232;re lisait le journal Tintin, mon petit fr&#232;re qui venait tout juste d'avoir cinq ans, en compagnie de son nounours coloriait son livre d'images. Moi, je d&#233;coupais des illustrations pour mon cahier d'&#034;Etude du milieu&#034; et maman, en &#233;criture &#034;&#224; la ronde&#034;, y calligraphiait les titres. En m&#234;me temps, nous &#233;coutions l'&#233;mission radiophonique du vendredi, anim&#233; par Zappy Max &#224; Radio Luxembourg. La bouilloire maintenant chantonnait, les pelures d'oranges embaumaient la pi&#232;ce, le chat ronronnait &#224; c&#244;t&#233; du po&#234;le au rythme du tic-tac du r&#233;gulateur. Nous &#233;tions si bien tous ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le bonheur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19h30, un coup de sonnette ! Qui donc pouvait bien sonner &#224; notre porte &#224; cette heure ? Papa regarda par la fen&#234;tre. C'est un homme avec une casquette, dit-il en ouvrant la porte pour descendre les trois &#233;tages. Nous &#233;tions tr&#232;s curieux, impatients, une l&#233;g&#232;re crainte au fond du c&#339;ur, comme un mauvais pressentiment. Papa arriva enfin, il &#233;tait tout blanc, tenait un petit papier gris-vert &#224; la main et ne disait mot. Il se pla&#231;a dos &#224; la cuisini&#232;re, face &#224; moi, le regard fixe me traversant comme si je n'existais pas. Je ne le quittais pas des yeux. Mais qu'est-ce-qui se passe ? dit maman. Toujours sans rien dire, il lui tendit le t&#233;l&#233;gramme et elle le lut tout haut : &#034;Henri d&#233;c&#233;d&#233; accidentellement - avertir famille de Belgique - enterrement mercredi &#224; Bl&#233;r&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que maman lisait, je vis des larmes couler sans bruit le long des joues de mon p&#232;re. Ses yeux &#233;taient ferm&#233;s, aucune parole ne sortait de sa bouche. Maman l'entoura de ses bras en r&#233;p&#233;tant sans cesse &#034;Oh pitchoun, oh mon pitchoun !&#034; Ah ces larmes, ce silence du paternel ! J'&#233;tais t&#233;tanis&#233;e, paralys&#233;e, je n'avais jamais vu papa pleurer. Mon p&#232;re c'&#233;tait mon roc, mon refuge, mon Dieu. Que se passait-il ? Mon c&#339;ur s'asphyxiait. Le malheur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maman ferma la radio, nous dit d'embrasser notre papa et d'aller au lit, qu'elle viendrait plus tard nous donner notre bisou et notre petite croix. Lors de sa venue, je me jetais dans ses bras en pleurant, non pour ce tonton vivant en France et que je n'avais jamais vu, mais d'avoir observ&#233; le chagrin de papa, cela me faisait si mal et si peur. Elle prit tout son temps pour me cajoler et m'expliquer tout ce que je ne comprenais pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je garde un souvenir qui saigne de cette soir&#233;e m&#233;morable, jamais je ne pourrai oublier la douleur et la peur qui m'&#233;treignit lorsque je vis mon p&#232;re pleurer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#202;tre fille, &#233;pouse, m&#232;re&#8230;et enfin moi-m&#234;me ! (Lucienne) </title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1445</link>
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		<dc:date>2022-11-04T08:52:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Deuils, mort</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2020-21 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233;e &#224; Basse-Wavre en 1939. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon premier amour, c'&#233;tait quand j'avais treize ans ; j'&#233;tais amoureuse de mon voisin qui avait 17 ans. Il ne me regardait pas car j'&#233;tais une gamine, j'adorais l'&#233;couter chanter. A la campagne le soir, on faisait la veill&#233;e. Les adultes amenaient leur chaise sur le trottoir et les enfants jouaient autour. On bavardait entre voisins. Quand tout &#224; coup, il y a eu un gros orage impressionnant. Je suis rentr&#233;e &#224; la maison (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot148" rel="tag"&gt;Femme, f&#233;minisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2020-21&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis n&#233;e &#224; Basse-Wavre en 1939.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon premier amour, c'&#233;tait quand j'avais treize ans ; j'&#233;tais amoureuse de mon voisin qui avait 17 ans. Il ne me regardait pas car j'&#233;tais une gamine, j'adorais l'&#233;couter chanter. A la campagne le soir, on faisait la veill&#233;e. Les adultes amenaient leur chaise sur le trottoir et les enfants jouaient autour. On bavardait entre voisins. Quand tout &#224; coup, il y a eu un gros orage impressionnant. Je suis rentr&#233;e &#224; la maison et me suis r&#233;fugi&#233;e au fond du couloir. J'ai dit &#171; Marc, j'ai peur &#187;. Et Marc m'a prise doucement par les &#233;paules et a mis ses l&#232;vres sur les miennes. Ah mon Dieu, j'&#233;tais au paradis ! Et dans ma t&#234;te s'est cr&#233;&#233;e toute une histoire. Mais Marc &#233;tait amoureux d'une fille de son &#226;ge et, bien s&#251;r, j'ai fait mon deuil. Trente ans apr&#232;s, je l'ai rencontr&#233;. Il avait bien s&#251;r &#233;pous&#233; cette fille mais moi, qui l'avais id&#233;alis&#233;, je l'ai alors trouv&#233; b&#234;te et tr&#232;s moche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai toujours v&#233;cu en Belgique mais j'ai toujours &#233;t&#233; attir&#233;e par les &#233;trangers, par ceux qui &#233;taient diff&#233;rents de moi. Je ne voulais pas &#233;pouser un Belge. Et pourtant, je me suis mari&#233;e avec un vrai Belge&#8230;il s'appelait Dubois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme j'ai &#233;t&#233; orpheline assez jeune, je voulais fonder une famille pour retrouver des racines. Quand j'&#233;tais jeune, je disais &#171; je veux 12 enfants &#187;, comme Jos&#233;phine Baker. Mais finalement, je n'en ai eu que 2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;lev&#233; mes enfants en &#233;tant tr&#232;s heureuse comme cela mais, quand ils sont arriv&#233;s &#224; l'&#226;ge adulte, je me suis dit : &#171; et moi je fais quoi maintenant ? &#187;. Avant, j'&#233;tais la fille de mes parents, l'&#233;pouse de mon mari, la m&#232;re de mes enfants et enfin, je pouvais &#234;tre moi-m&#234;me, je trouvais &#231;a tr&#232;s gai, j'avais la quarantaine. Et l&#224;, la r&#233;volution a commenc&#233;. Tout &#224; coup je voulais mon ind&#233;pendance, g&#233;rer mon budget et ce que j'avais trouv&#233; normal, pendant des ann&#233;es, ne me convenait plus. Cela m'aga&#231;ait quand je devais rendre des comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme cela ne passait plus bien avec mon mari, je suis all&#233;e voir un psy mais cela n'a pas arrang&#233; les choses. Lorsque j'ai compris que j'&#233;tais capable de le quitter, je n'en ai plus eu envie. On est donc rest&#233;s ensemble en vivant un peu c&#244;te &#224; c&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2014, il est tomb&#233; gravement malade. On a v&#233;cu alors &#224; deux les trois mois de soins palliatifs &#224; la maison. C'&#233;taient des moments tr&#232;s tristes mais aussi les plus beaux pass&#233;s ensemble. Il allait mourir, on le savait, on en avait parl&#233; et j'ai donn&#233; trois mois de ma vie intens&#233;ment. Pendant tout ce temps, on a beaucoup pleur&#233; mais on a aussi beaucoup ri car il avait pas mal d'humour et on s'est tout dit !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Sur les pas d'un promeneur solitaire (Jos&#233;)</title>
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		<dc:date>2021-02-05T13:49:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Deuils, mort</dc:subject>
		<dc:subject>Nature, animaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Samedi 3 novembre 2012 Toute la nuit la bruine de la Toussaint a enduit de vernis les toitures, l&#233;ch&#233; le feuillage endormi et d&#233;salt&#233;r&#233; jusqu'&#224; saturation les v&#233;g&#233;taux. Les grands arbres du Bois de la Cambre, coll&#233;s l'un &#224; l'autre comme un immense troupeau de bovins oubli&#233;s dans une prairie d&#233;tremp&#233;e dressent devant ma fen&#234;tre, leur masse touffue et gonfl&#233;e sous le ciel bas, vide d'oiseaux et charg&#233; de nuages gris et silencieux. En quelques jours, leur frondaison a pris de nouvelles couleurs. Les arbres (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Samedi 3 novembre 2012 &lt;br class='autobr' /&gt;
Toute la nuit la bruine de la Toussaint a enduit de vernis les toitures, l&#233;ch&#233; le feuillage endormi et d&#233;salt&#233;r&#233; jusqu'&#224; saturation les v&#233;g&#233;taux. Les grands arbres du Bois de la Cambre, coll&#233;s l'un &#224; l'autre comme un immense troupeau de bovins oubli&#233;s dans une prairie d&#233;tremp&#233;e dressent devant ma fen&#234;tre, leur masse touffue et gonfl&#233;e sous le ciel bas, vide d'oiseaux et charg&#233; de nuages gris et silencieux. En quelques jours, leur frondaison a pris de nouvelles couleurs. Les arbres f&#234;tent le carnaval en automne et rivalisent les uns avec les autres dans le choix des d&#233;guisements qu'ils adoptent. C'est un v&#233;ritable courant de folie qui les porte &#224; d&#233;valiser les marchands de peinture ou de produits de beaut&#233; pour colorer leurs cheveux et se lib&#233;rer de leur carcan de verdure comme si, avant de mourir, ils se fardaient afin que notre m&#233;moire en garde le meilleur souvenir. Le jaune, le roux, le brun, le rouge sont &#224; la mode. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'avons pas cet art que poss&#232;dent les v&#233;g&#233;taux et particuli&#232;rement les arbres de mourir dans la dignit&#233;. Probablement par manque d'exp&#233;rience. Nous naissons et nous mourons une fois pour toutes alors que nos cousins lointains revivent, chaque ann&#233;e, cette &#233;preuve de passage. Il est vrai que lorsqu'ils se d&#233;nudent pour faire leur toilette, ils ne meurent pas tout &#224; fait, mais se mettent en veille pour hiberner. Ils s'enracinent fermement dans la terre &#224; l'abri de la neige et du gel avant, non pas de na&#238;tre ou de rena&#238;tre, mais de se r&#233;veiller aux premiers frissons du printemps. Certains d'entre eux, les conif&#232;res, refusent ce d&#233;pouillement saisonnier. Ils se contentent de nous donner leurs pommes pour d&#233;corer nos arbres de No&#235;l mais gardent leurs &#233;pines pour repousser la bise et accrocher la neige lorsqu'elle viendra les peindre dans ce blanc immacul&#233; des longues soir&#233;es d'hiver. En v&#233;rit&#233;, ce ne sont pas nos arbres mais leurs feuilles qui meurent, ces feuilles dont la forme nous guide pour donner un nom et distinguer, les uns des autres, les arbres qui s'en sont d&#233;faits. Souvent, surtout dans les parcs, des arbres de diff&#233;rentes esp&#232;ces se c&#244;toient et le vent m&#233;lange leurs feuilles lorsqu'elles tombent brouillant ainsi les pistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce jour, plus que jamais, j'ai r&#233;pondu &#224; l'appel du Bois pour jouir au plus pr&#232;s des merveilles qu'il offre sans condition, gracieusement, &#224; tout venant. Je pr&#233;f&#232;re sa compagnie tranquille et un peu sauvageonne au bruit m&#233;tallique et &#224; la fureur artificielle de la ville.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai pris avec moi ma besace et ma canne pince pour ramasser, sans risquer une douleur dorsale, les plus belles feuilles qui jonchent le sol et me composer un herbier. Cet exercice ne m'est pas inconnu ; mais ce qui fut autrefois un devoir scolaire, bien mal r&#233;compens&#233; par ailleurs, s'impose &#224; moi aujourd'hui comme un besoin int&#233;rieur, une exigence de type esth&#233;tique, une forme d'hommage &#224; cette nature dont je suis un des fruits. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en automne que les feuilles sont les plus belles lorsqu'elles composent sur les sentiers un tapis multicolores et multiformes, ovales, dent&#233;es, palm&#233;es, panach&#233;es, variant dans les tons et l'intensit&#233; selon la clart&#233; ambiante, le jaune prenant la couleur du miel et le roux la couleur de l'orange m&#251;re. J'ai beau &#234;tre pr&#233;venu. A la vue de cette draperie foisonnante de couleurs, je suis chaque fois surpris. Emport&#233; par sa beaut&#233; magique et hypnotique, je perds de vue tout effort de classement. L'image est si forte qu'elle envahit l'iris et le dilate. Sous un tunnel de frondaisons infiltr&#233;es de lumi&#232;re des papillons multicolores se d&#233;tachent des arbres et lancent un dernier soupir de soleil avant de se coucher sur le sol d&#233;finitivement, Noy&#233; de couleurs vives et dansantes, je perd tout rep&#232;re d'interpr&#233;tation. Me voici dans un monde extra-terrestre, brod&#233; d'or et d'argent, serti de cuivre rouge que traverse furtivement un &#233;cureuil roux et sa queue en plumet. Un bref instant, ma peau qui enferme mon corps dans sa prison, se d&#233;tend et s'entrouvre. Je deviens ce que je vois. Je suis le vent qui ballotte les feuilles, je suis ces feuilles, je suis ces arbres. Je ne suis plus seul, enferm&#233; dans mon monde ; tout le monde s'ouvre &#224; moi. Je m'arr&#234;te, je m'assieds sur la souche humide d'un h&#234;tre disparu et j'attends que les battements de mon c&#339;ur alert&#233; retrouvent leur rythme habituel. J'inspire profond&#233;ment et pompe l'air dans mon ventre avant de le laisser monter sous les clavicules et lentement, j'expire. Ainsi je m'apaise et me retire.&lt;br class='autobr' /&gt;
. Ouf ! Que s'est-il pass&#233; au juste ? Cette beaut&#233; &#233;tait-elle si dangereuse pour que je lui r&#233;siste ? Mena&#231;ait-elle mon int&#233;grit&#233; et mon identit&#233; ? La r&#233;alit&#233; illusoire pr&#233;sente-t-elle tant de vertus qui justifient qu'on s'y tienne &#224; tout prix ? pourquoi ai-je r&#233;sist&#233; &#224; la tentation de la renier. En &#233;tait-ce une ? Peut-&#234;tre eut-il mieux valu que je l'&#233;treigne aveugl&#233;ment cette beaut&#233; &#233;ph&#233;m&#232;re, naturelle et transcendante comme elle m'y invitait, au risque de lui &#234;tre asservi le temps de quelques jours ou de quelques heures peut-&#234;tre, le vent, la pluie et les jardiniers du Bois se chargeant r&#233;guli&#232;rement d'en effacer les traces.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le sentier de l'aube, la premi&#232;re feuille que je ramasse pour mon herbier s'est impos&#233;e &#224; moi par sa grandeur et ses couleurs compos&#233;es, peut-&#234;tre parce qu'elle &#233;voque la feuille d'&#233;rable qui d&#233;core le drapeau canadien. En fait, elle en diff&#232;re par le nombre plus restreint de palmes qui la compose. C'est une feuille de platane, trois fois plus grande et plus large que ma main , de la dimension d'un &#233;ventail &#224; cinq doigts palm&#233;s, d'un jaune roux aux nervures bien apparentes t&#226;ch&#233;e ici et l&#224; de vert, rappelant, tel un fossile, ce qu'elle &#233;tait avant de mourir. Faire allusion aux fossiles, dans ce cas, n'est pas outrancier. Les botanistes ne pr&#233;tendent-ils pas que le platane aurait exist&#233; d&#232;s le cr&#233;tac&#233; avant de dispara&#238;tre &#224; l'&#232;re glaciaire ce qui lui donne tout de m&#234;me quelques centaines de millions d'ann&#233;es d'avance sur nous qui ne sommes apparus en tant qu'homo sapiens, sur ce que nous appelons abusivement notre terre, que depuis quelques dizaines de milliers d'ann&#233;e. Ayant subi plusieurs hybridations, le platane r&#233;appara&#238;t, en 1650 en Angleterre, sous cette forme de platane &#224; feuilles d'&#233;rable, au tronc haut et droit, bien d&#233;gag&#233; qui aligne nos all&#233;es et d&#233;core nos parcs et jardins urbains, m&#233;nageant une belle surface d'ombre sous son ample frondaison, d'o&#249; lui vient son nom tir&#233; du latin de platus (large). Son tronc dont l'&#233;corce se fissure en &#233;cailles lui donnant l'aspect d'un serpent en mue ou d'une peau de l&#233;opard vert se reconna&#238;t &#224; vue d'&#339;il. Il a pour habitude, d&#232;s le mois d'avril, de d&#233;poser &#224; ses pieds, ses fruits, petite boules &#224; picots, semblables au fruit des ch&#226;taigniers et des marronniers sauvages, qui jonchent encore le sol longtemps apr&#232;s la chute de ses feuilles. Exploit&#233;, en menuiserie, pour son bois dur et r&#233;sistant, le platane a une dur&#233;e de vie dix fois sup&#233;rieure &#224; la n&#244;tre et on raconte qu'un platane, d&#233;nomm&#233; arbre d'Hippocrate, aurait plus de 2.000ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis 1960, une maladie &#233;trange, due &#224; un champignon, menace les platanes au point que pour enrayer l'&#233;pid&#233;mie, on n'a pas trouv&#233; d'autre rem&#232;de que celui de les abattre. Plusieurs dizaines de milliers d'entre eux, en France sur le canal de midi, dans les Bouches du Rh&#244;ne et en Auvergne ont d&#233;j&#224; connu ce sort tragique. A Bruxelles, plus de trois cents platanes, avenue du port, furent, pour les m&#234;mes raisons, menac&#233;s d'abattage ce qui a mobilis&#233; les gens du quartier qui pr&#233;tendent que la maladie est un pr&#233;texte avanc&#233; par les autorit&#233;s poursuivant des projets de r&#233;novation urbaine que ces arbres entravent. Ces platanes, d&#233;clarent les protestataires organis&#233;s en comit&#233; d'action pour la sauvegarde du patrimoine, font partie de notre d&#233;cor urbain et les abattre serait un viol de notre int&#233;grit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le jour o&#249; les tron&#231;onneuses ont voulu passer &#224; ex&#233;cution, elles ont &#233;t&#233; dans l'obligation de faire marche arri&#232;re, 70 militants &#233;cologistes s'&#233;tant enchain&#233;s aux platanes menac&#233;s. C'&#233;tait le 5 septembre 2011. Le bourgmestre de Bruxelles se pliant &#224; la voix du peuple, postposa le plan d'am&#233;nagement adopt&#233; par le ministre f&#233;d&#233;ral des travaux publics, et, aujourd'hui, les choses en sont toujours l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais d'o&#249; nous vient donc cette maladie ? Elle aurait &#233;t&#233; introduite fortuitement en Europe, en 1945, &#224; Naples plus pr&#233;cis&#233;ment, par des cercueils fabriqu&#233;s avec du bois contamin&#233; import&#233;s d'Am&#233;rique, et destin&#233;s &#224; accueillir la d&#233;pouille des GI tomb&#233;s lors du d&#233;barquement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et nous revoici &#224; la Toussaint, &#224; la veille du jour des morts, avec nos cadavres, ces milliers de soldats am&#233;ricains, morts au combat pour la lib&#233;ration de Naples, ces dizaines de milliers de platanes abattus, rong&#233;s par la maladie du chancre color&#233;, et ces 158.857 humains qui meurent, chaque jour, en moyenne, dans le monde et que recouvrent de leur linceul mordor&#233;, les milliards de feuilles que s&#232;ment, d&#232;s le fin de l'automne, les platanes survivants, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Tu es un excellent bois de chauffage, ta flamme me tient au chaud en hiver et tes feuilles alimentent mon compost, dit l'homme au platane.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Je suis le bois de ton cercueil dont mes feuilles sont le linceul, dit le platane &#224; l'homme.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Hommes, arbres, vous &#234;tes mes fruits. Je vous ai donn&#233; la vie, dit la terre, et je vous la reprendrai. Vous &#234;tes le terreau qui me garde en bonne sant&#233; et me perp&#233;tue. &lt;br class='autobr' /&gt;
All&#233;luia ! Le cycle est boucl&#233;&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Choix de fin de vie (Lucienne)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1123</link>
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		<dc:date>2017-04-21T07:50:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Deuils, mort</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mon mari est d&#233;c&#233;d&#233; le 14 juillet de l'ann&#233;e derni&#232;re, apr&#232;s un an de maladie et trois mois de soins palliatifs. Ce fut &#233;videmment une longue &#233;preuve douloureuse. Nous &#233;tions mari&#233;s depuis 52 ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y eut d'abord l'espoir d'un traitement qui le sauverait puis au fil du temps et des chimios, la triste r&#233;alit&#233; : il n'y avait plus de traitement possible. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il fallait faire un choix : fermer les yeux, &#234;tre dans le d&#233;ni ou bien regarder la r&#233;alit&#233; en face. Nous avons choisi de faire face, aid&#233;s, soutenus par (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mon mari est d&#233;c&#233;d&#233; le 14 juillet de l'ann&#233;e derni&#232;re, apr&#232;s un an de maladie et trois mois de soins palliatifs. Ce fut &#233;videmment une longue &#233;preuve douloureuse. Nous &#233;tions mari&#233;s depuis 52 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y eut d'abord l'espoir d'un traitement qui le sauverait puis au fil du temps et des chimios, la triste r&#233;alit&#233; : il n'y avait plus de traitement possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait faire un choix : fermer les yeux, &#234;tre dans le d&#233;ni ou bien regarder la r&#233;alit&#233; en face.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons choisi de faire face, aid&#233;s, soutenus par une association de soins palliatifs &#224; domicile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la tr&#232;s difficile acceptation de cette r&#233;alit&#233;, nous avons partag&#233; des moments merveilleux, parfois en pleurant, parfois plein d'humour. N'existait que l'instant pr&#233;sent, une minute apr&#232;s l'autre, dans l'essentiel, l'authentique. Nous avons f&#234;t&#233; les anniversaires des enfants dans une ambiance familiale particuli&#232;rement chaleureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a pu tout se dire, se souvenir de plein de bonheurs. Nous &#233;tions tellement proches comme jamais auparavant. C'&#233;tait comme s'il circulait entre nous une atmosph&#232;re de paix, de s&#233;r&#233;nit&#233;, d'amour, m&#234;me dans les silences, les regards et sourires esquiss&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bonne ann&#233;e plus tard, je ne regrette pas ce choix. Il me permet de vivre et d&#233;passer ce deuil, de reconstruire une vie diff&#233;rente, seule bien s&#251;r, mais avec de beaux souvenirs et plein de projets nouveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense qu'accepter les &#233;preuves est une force qui permet de trouver des ressources en nous pour les surmonter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une &#233;trange visite rue du Silence (Colette)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1031</link>
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		<dc:date>2014-06-18T10:30:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Deuils, mort</dc:subject>
		<dc:subject>Vieillissement</dc:subject>
		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'&#233;tais &#224; Bruxelles depuis deux ans, peut-&#234;tre un peu plus, m'y sentais toujours tr&#232;s bien et pensais prendre ma retraite et finir mes jours dans cette ville. Nous &#233;tions donc plus ou moins en 95, ma fille vivait en Belgique avec son compagnon, mon fils vivait en France &#224; Thionville. Je connaissais l'attitude de mes enfants par rapport &#224; la famille en g&#233;n&#233;ral, la n&#244;tre en particulier et me disais que, le jour venu, je me ferais incin&#233;rer &#224; Bruxelles. Je louais &#224; l'&#233;poque un appartement pr&#232;s du square (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'&#233;tais &#224; Bruxelles depuis deux ans, peut-&#234;tre un peu plus, m'y sentais toujours tr&#232;s bien et pensais prendre ma retraite et finir mes jours dans cette ville. Nous &#233;tions donc plus ou moins en 95, ma fille vivait en Belgique avec son compagnon, mon fils vivait en France &#224; Thionville. Je connaissais l'attitude de mes enfants par rapport &#224; la famille en g&#233;n&#233;ral, la n&#244;tre en particulier et me disais que, le jour venu, je me ferais incin&#233;rer &#224; Bruxelles. Je louais &#224; l'&#233;poque un appartement pr&#232;s du square Vergote. L'adresse d&#233;pendait de Schaerbeek et je me rendis donc &#224; la maison communale de cette commune pour leur signifier mes intentions. Je remplis le formulaire ad hoc, de couleur rose, et peu apr&#232;s en parlai &#224; mes enfants.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps passa. En 2000 je m'installai chez moi &#224; Uccle et je ne sais plus pour quelle personne, j'eus l'occasion d'assister &#224; un service fun&#232;bre au fun&#233;rarium d'Uccle. Je trouvai la pelouse de dispersion pleine de s&#233;r&#233;nit&#233;, bien situ&#233;e, l'endroit me plut et je me promis d'y revenir pour conna&#238;tre les formalit&#233;s &#224; accomplir pour ce qu'il est convenu d'appeler &#034;les derni&#232;res volont&#233;s&#034;. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je travaillais et choisis un jour de cong&#233; pour explorer les ressources du fun&#233;rarium rue du Silence. L'adresse me faisait sourire. Il est souvent question du surr&#233;alisme belge mais l&#224; c'&#233;tait de l'humour de carabin et mes h&#233;ritiers m&#233;ritaient bien une bouff&#233;e d'oxyg&#232;ne le jour venu. La rue du repos n'est pas mal nomm&#233;e non plus, pr&#232;s du cimeti&#232;re de &#8230;&#8230; mais la rue du Silence, c'est une trouvaille qui vaut son pesant de poussi&#232;re.&lt;br&gt;
Je me garai pr&#232;s de l'entr&#233;e du fun&#233;rarium, celui-ci jouxte le cimeti&#232;re de st Gilles. Nous sommes &#224; Uccle mais au fil du temps j'ai appris que les cimeti&#232;res n'&#233;taient pas toujours dans les communes dont ils occupaient un morceau de terrain. Questions de cadastre. J'aime bien st Gilles &#233;galement, sa maison communale est splendide. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entr&#233;e du fun&#233;rarium &#233;tait ferm&#233;e par de hautes grilles, ouvertes en journ&#233;e. Des panneaux indiquaient les horaires d'ouverture mais il &#233;tait environ 17h30 et je les vis sans les lire. Les bureaux situ&#233;s hors de l'enceinte proprement dite &#233;taient ferm&#233;s, je me dirigeai donc vers les b&#226;timents &#224; l'int&#233;rieur des grilles afin de trouver un responsable.&lt;br&gt;
Je fis le tour du b&#226;timent, personne, et, revenant vers l'entr&#233;e, je vis de loin quelqu'un qui rapprochait les grilles, semblait les fermer et partait. Je le voyais, donc &#8230;. il me voyait aussi ! Erreur !!! ou bien &#233;tait-ce un petit marrant qui voulait m'impressionner, je pressai le pas, arrivai aux grilles et constatai de visu qu'elles &#233;taient bien ferm&#233;es. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouh ouh, il y a quelqu'un ? j'ai peu de voix, elle ne porte pas, aucune r&#233;ponse. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de panique, le haut mur du cimeti&#232;re &#224; droite&#8230; pas de porte ni de br&#232;che de ce c&#244;t&#233;-l&#224;, mais &#224; gauche tout un champ, fra&#238;chement labour&#233;, ceintur&#233; des jardinets des maisons de la rue du Silence.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais venue, comme aurait dit ma fille &#034;avec mes v&#234;tements de secr&#233;taire&#034;, c&#224;d des chaussures de ville, petits talons mais pas vraiment ce que l'on met pour marcher dans un champ&#8230; fra&#238;chement labour&#233;. J'entrepris de longer les jardins, marchant en danseuse entre deux mottes, dans l'espoir de trouver quelqu'un. Premier tour&#8230;. pas un chat ni le ma&#238;tre d'un chat ! je retournai &#224; la grille&#8230; ; toujours personne. Je regardai le mur du cimeti&#232;re, toujours trop haut !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous rappellerai qu'en 2000, except&#233; les fans d'informatique, bureautique, et t&#233;l&#233;phonie aig&#252;e, le portable n'&#233;tait pas l'accessoire que chaque femme avait avec son rouge &#224; l&#232;vres. D&#233;j&#224; que je n'avais pas de rouge &#224; l&#232;vres&#8230;. le temps &#233;tait encore clair mais sans m'inqui&#233;ter de passer la nuit pr&#232;s du cimeti&#232;re, j'aspirais quand m&#234;me &#224; quitter l'endroit et rentrer chez moi.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, je d&#233;cidai de refaire un tour de piste cherchant des yeux quelqu'un ou un passage vers la rue entre deux maisons. Tout &#224; coup, miracle, un couple sortit de l'arri&#232;re d'une des maisons et se dirigea dans son jardin ; aussit&#244;t je me pr&#233;cipitai pour leur dder s'ils ne pouvaient pas m'aider &#224; sortir du champ.
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; &#034;oh vous n'&#234;tes pas la premi&#232;re &#224; qui cela arrive me dit l'homme&#034; - Cela consola ma b&#234;tise pour ne pas avoir regard&#233; les heures d'ouverture et de fermeture de l'endroit. Il me montra la cl&#244;ture grillag&#233;e pr&#232;s de chez lui &#034;regardez, ici vous pouvez passer, je vais vous aider . En effet, le brave homme vint tenir le grillage pendant que je me faufilais dessous en essayant de ne pas accrocher mes v&#234;tements.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouf ! j'&#233;tais mieux de l'autre c&#244;t&#233; parce que&#8230; quand m&#234;me&#8230;. ils sont tranquilles, silencieux mais j'ai le temps pour y rester.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que se termina ma premi&#232;re visite au fun&#233;rarium dans le but d'en faire mon dernier logis.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui en 2013, j'ai choisi, avec document &#224; l'appui, de faire disperser mes cendres sur la pelouse du cimeti&#232;re de st Gilles. &lt;br&gt;
Il n'y a que deux ans que j'ai fait la d&#233;marche de r&#233;gler les frais que cela occasionnerait. Depuis je suis all&#233;e voir les pelouses du cimeti&#232;re d'Uccle. Je me disais qu'&#224; st Gilles je ne connaissais personne, peu de monde &#224; Uccle mais quelques habitants aupr&#232;s de qui je ne d&#233;ciderais pas de passer l'&#233;ternit&#233; si j'avais le choix. La poussi&#232;re, c'est volatile, apr&#232;s tout, l&#224; ou ailleurs c'est un peu idiot cette id&#233;e que la vall&#233;e est plus belle sur un versant ou sur l'autre, je voyagerai, c'est &#233;vident, alors&#8230; je ne vais rien changer et ferai ainsi de nouvelles connaissances. L'au-del&#224; dure longtemps&#8230;&#8230;..&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A propos de la mort (Yvette)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1002</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1002</guid>
		<dc:date>2012-12-16T14:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Deuils, mort</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aujourd'hui, je termine la lecture d'un livre de Sylvie Germain, un auteur dont j'ai souvent appr&#233;ci&#233; les &#233;crits. Son livre : &#171; Le monde sans vous &#187; parle de la vie et de la mort de ses parents, De ce qui reste apr&#232;s la mort, de ce qui s'estompe au fil des jours, de comment faire resurgir des souvenirs. Ecrire ma vie participe un peu &#224; cette envie de rappeler, de remettre en m&#233;moire, de redonner vie en quelque sorte. &lt;br class='autobr' /&gt; Je vais d'abord me rem&#233;morer la fa&#231;on dont j'ai v&#233;cu la mort tout au long de ma vie. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot140" rel="tag"&gt;Deuils, mort&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, je termine la lecture d'un livre de Sylvie Germain, un auteur dont j'ai souvent appr&#233;ci&#233; les &#233;crits. Son livre : &#171; Le monde sans vous &#187; parle de la vie et de la mort de ses parents, De ce qui reste apr&#232;s la mort, de ce qui s'estompe au fil des jours, de comment faire resurgir des souvenirs. Ecrire ma vie participe un peu &#224; cette envie de rappeler, de remettre en m&#233;moire, de redonner vie en quelque sorte.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais d'abord me rem&#233;morer la fa&#231;on dont j'ai v&#233;cu la mort tout au long de ma vie. &lt;br&gt;
A 2 ans 1/2, j'ai &#233;t&#233; &#224; deux doigts de mourir dans les caves, au cours de l'offensive allemande, en hiver 1944-45. A cet &#226;ge-l&#224;, on a peur du bruit, du noir, des loups peut-&#234;tre, des col&#232;res et de l'angoisse des proches mais on n'a pas peur de mourir.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais 7 ans quand ma Bonne-Maman, qui alors habitait avec nous, est morte. Je n'ai aucun souvenir de cette mort, peut-&#234;tre un peu de la douleur de Maman. L'absence de Bonne-Maman que nous aimions beaucoup, ajout&#233;e au chagrin de Maman, je suppose l'avoir ressenti comme dans toute famille endeuill&#233;e mais je ne m'en souviens pas bien.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, je me souviens tr&#232;s bien des rites li&#233;s &#224; la mort dans notre coin d'Ardenne. Chaque mort &#233;tait annonc&#233;e par le glas. La cloche de la chapelle r&#233;sonnait dans tout le village, d'un rythme lent et lugubre. Je l'entends encore. Mais des rumeurs circulaient de maison en maison : &#171; Le docteur est all&#233; chez Dumont . Monsieur le Cur&#233; l'a suivi. C'est pour Camille &#187; Entre le d&#233;c&#232;s et l'enterrement, la coutume voulait que le chapelet soit r&#233;cit&#233; dans la chambre mortuaire, chaque soir, par une bonne part des habitants du village. C'est Romain qui entonnait en &#233;grenant son chapelet. L'assembl&#233;e r&#233;pondait. J'y suis souvent all&#233;e durant mon enfance et comme les enfants se placent naturellement devant les grands, je me rappelle avoir &#233;t&#233; confront&#233;e de pr&#232;s au visage du mort. Car le mort reposait sur deux tables install&#233;es en lit : Sous sa t&#234;te, on pla&#231;ait un bel oreiller et sur son corps, les plus beaux draps brod&#233;s et le plus beau couvre-lit que la famille ait trouv&#233;. Le long temps d'un chapelet r&#233;cit&#233; nous donnait l'occasion de scruter le visage du cadavre : les paupi&#232;res coll&#233;es sur l'iris, les narines grandes ouvertes, les l&#232;vres serr&#233;es, les vieilles mains crois&#233;es o&#249; on avait enroul&#233; un chapelet.&lt;br&gt;
J'allais volontiers &#224; cette r&#233;citation du chapelet. J'&#226;nonnais les Pater et les Ave. Je n'avais pas peur des morts. C'&#233;tait des vieux du village qui venaient de mourir et c'&#233;tait normal.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la mort ne frappe pas que les vieux. J'avais 15ans et j'&#233;tais en pension &#224; Bastogne. C'est mon parrain, le plus jeune fr&#232;re de ma m&#232;re, qui mourut &#224; 45ans d'une tumeur au cerveau. Il s'&#233;tait mari&#233; tard et avait 4 jeunes enfants de 8 &#224; 2ans. Ce fut mon premier vrai chagrin. Je pleurai beaucoup sur le sort de mon parrain mort trop jeune, mais aussi sur mon sort de jeune pensionnaire, d'adolescente mal dans sa peau.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans plus t&#244;t, j'avais aussi appris la mort accidentelle de Ghislain, jeune homme de 14 ans, gu&#232;re plus &#226;g&#233; que mon fr&#232;re mais qui, lui, devait d&#233;j&#224; travailler pour aider sa grand-m&#232;re qui l'&#233;levait. La grande faucheuse est parfois terriblement cruelle. Peu &#224; peu j'en prenais conscience.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les ann&#233;es passent. Je suis maintenant institutrice dans mon village natal. Parmi mes &#233;l&#232;ves : quatre familles d'orphelins de p&#232;re ou de m&#232;re dont mes cousins. Un autre drame de ces ann&#233;es-l&#224; : le petit Beno&#238;t rentre chez lui apr&#232;s l'&#233;cole. Sa m&#232;re l'attend de l'autre c&#244;te de la grand-route. Il traverse en courant et en quelques secondes une voiture le tue sur le coup et fait basculer toute une famille dans le drame. Il n'&#233;tait pas dans ma classe mais chez les petits. Moi, j'avais les grands dont ses deux fr&#232;res a&#238;n&#233;s. Normalement, ils repartaient chez eux &#224; trois mais ce jour-l&#224;, j'avais prolong&#233; la classe de quelques minutes. Terrible fatalit&#233; qui m'avait plong&#233;e dans un sentiment de culpabilit&#233;. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es plus tard, j'habite &#224; Bruxelles. Mes parents vieillissent, surtout mon p&#232;re qui a beaucoup fum&#233; et qui ne consulte jamais le m&#233;decin. Il est retrait&#233;, s'occupe de son potager, de ses ruches, mais &#224; part &#231;a, marche trop peu et somnole de plus en plus. Ses art&#232;res sont certainement en mauvais &#233;tat. Il n'a pourtant que 66 ans. Ce matin de juillet 1970, ce sont les vacances et je suis revenue les passer chez mes parents qui vivent maintenant seuls. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma s&#339;ur a&#238;n&#233;e et sa famille sont install&#233;s &#224; quatre cent m&#232;tres de l&#224;. Ce matin-l&#224; donc, ma m&#232;re &#233;tait absente et j'&#233;tais seule avec Papa. Vers 10h du matin, je trouve qu'il prolonge anormalement sa grasse matin&#233;e et je vais le r&#233;veiller, surtout qu'il y a des lapins qui se sont &#233;gaill&#233;s dans la prairie, et qu'il faut les r&#233;cup&#233;rer au plus vite. Je le trouve allong&#233; sur le dos dans son lit, d&#233;j&#224; raidi par la mort. C'est un infarctus qui l'a foudroy&#233; pendant la nuit. C'est une belle mort a-t-on dit pour se consoler mais c'&#233;tait quand m&#234;me trop t&#244;t pour partir. Avant de fermer son cercueil, le croque-mort nous a-t-il propos&#233; d'embrasser Papa une derni&#232;re fois ? Je ne sais plus. J'ai voulu le faire mais ce geste m'a glac&#233; le sang et je me suis recul&#233;e en disant : &#171; C'est froid ! &#187; Ce fut la premi&#232;re et la derni&#232;re fois que je posai mes l&#232;vres sur le visage d'un mort. C'est aussi &#224; l'occasion de la mort de mon p&#232;re que j'ai pens&#233; : Papa n'est ni au paradis, ni au purgatoire, encore moins en enfer. Il n'est plus nulle part. Je n'ai jamais pens&#233; qu'il pouvait encore nous voir, nous prot&#233;ger ou quoi que ce soit d'autre. La religion m'avait impr&#233;gn&#233;e de cette croyance mais l&#224;, &#224; 28 ans, je n'y croyais plus.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maman v&#233;cut tr&#232;s mal son veuvage. Elle souffrait de solitude dans sa grande maison un peu &#224; l'&#233;cart. On lui chercha un appartement &#224; louer au c&#339;ur du village et l&#224;, peu &#224; peu elle se consola et m&#234;me elle profita gaiement de son ind&#233;pendance. Mais plus tard, elle retomba dans une d&#233;pression qui dura plus d'un an. Il lui arrivait d'&#233;voquer le suicide mais paradoxalement elle nous disait avoir peur de mourir. Elle s'en sortit enfin. Elle &#233;tait &#224; nouveau heureuse de vivre et de s'adonner &#224; ses activit&#233;s de vieille dame : des excursions d'un jour, de courts s&#233;jours chez moi &#224; Bruxelles, chez mon fr&#232;re &#224; Li&#232;ge, chez ma jeune s&#339;ur &#224; Marloie. Au village, elle allait chez ma s&#339;ur a&#238;n&#233;e pour aider au repassage et au raccommodage. Elle rendait visite &#224; ses vieilles amies en maison de repos. Elle faisait un peu de tricot, elle lisait son journal et surtout elle adorait les visites. Un jour, elle s'inqui&#232;te d'un kyste au sein. C'est un cancer. On l'op&#232;re, elle subit des rayons &#224; Namur et elle s'en remet. Apparemment seulement. Elle mourra &#224; 86 ans &#224; la clinique de Bastogne. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pour Papa, je ne l'imagine nulle part. Ils sont tous les deux vivants dans mon c&#339;ur et pr&#233;sents dans mon esprit. J'y pense souvent, surtout depuis ces ateliers d'&#233;criture. Ils nous ont &#233;lev&#233;s avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs richesses et leurs failles. Entre autres choses ils nous ont l&#233;gu&#233; l'esprit de famille, l'envie de rester en bonne entente. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment parler de la mort sans parler des cimeti&#232;res ? L&#224; o&#249; sont enterr&#233;s mes parents, c'est l&#224; que je voudrais &#234;tre enterr&#233;e aussi. Pas tout de suite. Ma s&#339;ur a&#238;n&#233;e s'occupe de l'entretien de la tombe, comme Maman l'a fait longtemps. Chaque cong&#233; de Toussaint, je la conduisais pour la tourn&#233;e des cimeti&#232;res : Villeroux, ses cousins, Noville, le vieux cimeti&#232;re ou reposaient ses a&#239;eux, Remichampagne, d'autres cousins dont elle avait h&#233;rit&#233;, Libramont aussi, plus rarement. On emportait un sarcloir, un r&#226;teau, quelques fleurs.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents avaient &#233;t&#233; &#233;mus par une lettre re&#231;ue de Kassel en Allemagne : la m&#232;re d'un soldat allemand enterr&#233; dans le grand cimeti&#232;re militaire situ&#233; &#224; cent m&#232;tres de chez nous, demandait qu'on aille fleurir sa tombe. Elle joignait &#224; sa lettre les D.M. n&#233;cessaires. Nous l'avons fait longtemps, aux dates pr&#233;cis&#233;es par cette Madame Falke. Ce cimeti&#232;re militaire est un bel endroit arbor&#233;. On s'y rend parfois pour la promenade. Comme il m'arrive d'aller d&#233;ambuler dans le cimeti&#232;re d'Ixelles qui est &#224; deux pas de chez moi.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que je pense souvent &#224; la mort ? Non.&lt;br&gt;
Est-ce que j'ai peur de mourir ? Non. J'ai &#233;videmment tr&#232;s peur de la souffrance et de la d&#233;ch&#233;ance physique. Je n'ai pas encore r&#233;dig&#233; de testament, ni pr&#233;cis&#233; par &#233;crit mes volont&#233;s en ce qu concerne ma mort.&lt;br&gt;
Ce soir il est temps que j'arr&#234;te ce chapitre qui &#224; rempli mes pens&#233;es durant ces trois derniers jours. Le prochain sujet sera plus l&#233;ger, je le promets.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mort, qui es-tu ? (Christine H.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article771</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article771</guid>
		<dc:date>2010-09-13T11:29:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Deuils, mort</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour parler de la mort, il faut n&#233;cessairement parler de la vie, pas de mort sans &#234;tre venu &#224; la vie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me repr&#233;sente la vie comme un plus ou moins long cheminement le long d'une route plus ou moins facile &#224; suivre. &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'autre bout du chemin, plus ou moins loin, et venant &#224; notre rencontre, il y a la mort. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne me la repr&#233;sente pas mena&#231;ante, elle n'a ni linceul, ni faux.. C'est une amie et elle marche toute entour&#233;e de lumi&#232;re, elle est lib&#233;ratrice. Elle vient &#224; notre rencontre pour nous aider au (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour parler de la mort, il faut n&#233;cessairement parler de la vie, pas de mort sans &#234;tre venu &#224; la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me repr&#233;sente la vie comme un plus ou moins long cheminement le long d'une route plus ou moins facile &#224; suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'autre bout du chemin, plus ou moins loin, et venant &#224; notre rencontre, il y a la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne me la repr&#233;sente pas mena&#231;ante, elle n'a ni linceul, ni faux.. C'est une amie et elle marche toute entour&#233;e de lumi&#232;re, elle est lib&#233;ratrice. Elle vient &#224; notre rencontre pour nous aider au passage vers &#171; autre chose &#187;, autre chose que nous ne connaissons pas, dont nous n'avons pas la moindre id&#233;e, et par l&#224; m&#234;me, qui nous fait peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les souffrances probables avant de mourir qui nous effraient, c'est ce passage vers l'inconnu qui nous fait peur, c'est l'id&#233;e de quitter ceux qu'on aime, et les beaut&#233;s de la nature, qui nous fait mal, mais nul n'y &#233;chappera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mille &#233;tudes ont &#233;t&#233; faites au sujet de la mort par des personnes les mieux dou&#233;es intellectuellement, les plus instruites, mais ils n'ont apport&#233; aucune preuve formelle de ce qu'ils avan&#231;aient, et le plus pauvre d'esprit se trouve d'&#233;gal &#224; &#233;gal avec eux quant aux commentaires possibles sur ce th&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Libre &#224; vous de croire au paradis, r&#233;compense d'une vie de sacrifices, ou &#224; des vies successives qui vous m&#232;neront finalement &#224; &#171; la Sagesse &#187;, ou encore &#224; un total an&#233;antissement, nul ne reviendra pour vous contredire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains ont des r&#233;miniscences de vies ant&#233;rieures ou des contacts avec l'au-del&#224;. A quoi bon le contester !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres encore, suite &#224; de graves accidents, ont pass&#233; le seuil de la mort et en sont revenus. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils t&#233;moignent tous de la grande difficult&#233; qu'ils ont eue &#224; refaire route vers notre monde &#224; cause de la tr&#232;s vive attirance qu'ils avaient vers &#171; autre chose &#187; et ils se souviennent aussi d'une grande clart&#233; vers laquelle ils avaient une irr&#233;sistible envie de se diriger. (1)(J.J. Charbonnier)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en tout &#233;tat de cause et quoi que vous en pensiez, il est un fait ind&#233;niable, c'est que ceux qui souffrent trop appellent la mort comme une d&#233;livrance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est qui, ayant perdu un &#234;tre cher, et ne pouvant se r&#233;soudre &#224; vivre en son absence, appellent la mort esp&#233;rant qu'elle les conduise jusqu'&#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres ne pouvant plus supporter leurs conditions de vie, que nous jugeons parfois n'&#234;tre pas dramatiques, mais qu'ils estiment insoutenables, en arrivent &#224; se donner la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que certains, rencontrant au d&#233;tour du chemin de leur vie des circonstances dramatiques, luttent avec un courage indomptable pour la conserver et ce, jusqu'aux limites de la r&#233;sistance humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas &#233;tonnant de constater que depuis que l'euthanasie a &#233;t&#233; l&#233;galis&#233;e en Belgique, les m&#233;decins reconnaissent que le nombre de malades demandant d'y acc&#233;der a fort diminu&#233;, rassur&#233;s que sont ceux-ci de pouvoir rencontrer la mort au moment o&#249; ils d&#233;cideront qu'ils ne peuvent plus vivre dans la dignit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce un p&#233;ch&#233; contre la nature, comme le pensent certains : devons nous aller jusqu'au terme de la vie qui nous a &#233;t&#233; donn&#233;e ? Ou alors chacun a-t-il le droit de d&#233;cider du moment de la quitter ? &lt;br class='autobr' /&gt;
A chacun d'en juger en son &#226;me et conscience et de prendre une d&#233;cision qui ne sera certainement pas faite en connaissance de cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vieillesse et la mort sont des sujets de r&#233;flexion assez proches. Je vous livre quelques phrases rencontr&#233;es au hasard de lectures et qui m'ont parues bouleversantes, ne serait-ce que dans leurs diff&#233;rences :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il avait commenc&#233; &#224; mourir assez jeune&#8230; &#187;(3)Paul Guimard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Car on ne meurt pas seulement de maladie quand on vieillit, on meurt quand le go&#251;t s'en va. &#187;(2)B.Groult&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai vu mourir les amis, mais aussi des id&#233;es, des principes, des peines, des sentiments. Rien ne se ressemble plus. Je suis d'une race diff&#233;rente de l'esp&#232;ce humaine o&#249; je m'ach&#232;ve&#8230;. &#187;(3)P.Guimard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il n'y a pas d'autre rem&#232;de &#224; la mort que l'indiff&#233;rence. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si, il y l'amour de la vie ! &#187;(2)B.Groult&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et o&#249; que le voyage m&#232;ne, f&#251;t-ce nulle part, ne sommes-nous pas d&#233;j&#224; gagnants si les seuls pr&#233;paratifs ont illumin&#233; notre attente et notre vie ? &#187; (4)Ch.Singer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous voudriez conna&#238;tre le secret de la mort. Mais comment le trouverez-vous sinon en le cherchant dans le c&#339;ur de la vie. &#187; (6)K.Gibran&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est seulement lorsque vous boirez &#224; la rivi&#232;re du silence que vous chanterez vraiment. &lt;br&gt;
Et quand vous aurez atteint le sommet de la montagne, vous commencerez enfin &#224; monter.&lt;br&gt; Et lorsque la terre r&#233;clamera vos membres, alors vous danserez vraiment &#187;.(6)K.Gibran&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Dans la mort d'un &#234;tre aim&#233;, le plus facile &#224; supporter est le chagrin, sentiment simple et indiscutable. Ensuite, on constate que le mort n'est pas parti seul et qu'il a emport&#233; un morceau de soi&#8230;. &#187;(2)B.Groult&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour terminer ces quelques lignes sur le sujet &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis moi, vous &#234;tes vous, &lt;br&gt;
Ce que nous &#233;tions les uns pour les autres, &lt;br&gt;
Nous le serons toujours&#8230;&#8230;..&lt;br&gt;
Pourquoi serais-je hors de vos pens&#233;es ?&lt;br&gt;
Simplement parce que je suis hors de votre vue ?&lt;br&gt;
Je vous attends, &lt;br&gt;
Je ne suis pas loin, &lt;br&gt;
Juste de l'autre c&#244;t&#233; du chemin &#187; (5)Ch. Peguy&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) &#187;L'apr&#232;s-vie existe &#187;- Docteur Jean-Jacques Charbonnier &#8211;anesth&#233;siste-r&#233;animateur.&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;(2)	&#171; Mon Evasion &#187; Benoite Groult&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;(3)	&#171; L'&#226;ge de Pierre &#187; Paul Guimart&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;(4)	Christiane Singer&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;(5)	Charles Peguy (Po&#232;mes)&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;(6)	&#171; Le Proph&#232;te &#187; Khalil Gibran.&lt;/i&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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