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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>Comment mon regard sur les hommes a chang&#233; (Michelle)</title>
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		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Grands-parents</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2023-24 &lt;br class='autobr' /&gt;
Enfance &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233;e pr&#232;s de Tournai en 1946. Mon p&#232;re a &#233;t&#233; prisonnier des Allemands pendant 4 ans, il y &#233;tait ouvrier agricole. Il disait qu'il a mang&#233; mieux l&#224; que s'il &#233;tait rest&#233; en Belgique. Quand j'avais 4 ans, il est d&#233;c&#233;d&#233; dans un accident de train. J'ai grandi aupr&#232;s de mes grands-parents maternels. J'ai v&#233;cu 40 ans &#224; Mons. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je vais vous raconter une exp&#233;rience d'enfance traumatisante. Mon &#233;cole se trouvait &#224; 35 km de ma maison. De ce fait, &#224; l'&#226;ge de 12 (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot135" rel="tag"&gt;Amour, mariage, divorce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot190" rel="tag"&gt;Grands-parents&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2023-24&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Enfance&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Je suis n&#233;e pr&#232;s de Tournai en 1946. Mon p&#232;re a &#233;t&#233; prisonnier des Allemands pendant 4 ans, il y &#233;tait ouvrier agricole. Il disait qu'il a mang&#233; mieux l&#224; que s'il &#233;tait rest&#233; en Belgique. Quand j'avais 4 ans, il est d&#233;c&#233;d&#233; dans un accident de train. J'ai grandi aupr&#232;s de mes grands-parents maternels. J'ai v&#233;cu 40 ans &#224; Mons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais vous raconter une exp&#233;rience d'enfance traumatisante. Mon &#233;cole se trouvait &#224; 35 km de ma maison. De ce fait, &#224; l'&#226;ge de 12 ans, ma tante m'a h&#233;berg&#233;e. Mais j'y ai &#233;t&#233; abus&#233;e par son mari. Cela a dur&#233; 1 mois. Lorsque c'est arriv&#233;, je n'ai plus souhait&#233; aller chez ma tante. Bien que je n&#8216;ai rien expliqu&#233; &#224; ma m&#232;re, elle a compris. &#192; la suite de cet &#233;v&#233;nement, il y a eu une rupture de contact avec ma famille maternelle, car ma m&#232;re en a parl&#233; au sein de sa famille. Cette rupture a &#233;t&#233; difficile &#224; vivre. J'ai &#233;t&#233; bien soutenue par ma m&#232;re &#224; l'&#233;poque et j'aurais voulu lui dire &#171; merci de ton soutien maman &#187;, mais je n'en ai pas eu l'occasion avant son d&#233;c&#232;s. Le traumatisme d&#251; &#224; l'abus a dur&#233; pendant des ann&#233;es et cela a affect&#233; mon regard sur les hommes et les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Famille&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Ma m&#232;re nous a &#233;lev&#233;s seule. Elle &#233;tait tr&#232;s exigeante, mais aussi tr&#232;s pr&#233;sente. Elle tenait un commerce de 8h &#224; 19h. D'un c&#244;t&#233; du magasin, elle vendait du tabac et, de l'autre c&#244;t&#233; du magasin, elle vendait des objets de toilette et des produits de beaut&#233;. Ma tante maternelle &#233;tait c&#233;libataire, elle n'aimait pas les hommes. Mon grand-p&#232;re maternel nous l'avait impos&#233;e et elle vivait avec nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma grand-m&#232;re paternelle &#233;tait tr&#232;s attach&#233;e &#224; nous. Elle avait perdu son fils (mon p&#232;re) de mani&#232;re tragique. Et son mari &#233;tait mort jeune d'une tuberculose. Ma grand-m&#232;re &#233;tait picarde, elle disait toujours &#034;un baudet qui fait &#224; s'mode, c'est l'mi-temps d'ses nourritures&#034; ce qui veut dire : &#034;quelqu'un qui fait les choses comme il veut, c'est comme s'il avait d&#233;j&#224; la moiti&#233; de son salaire&#034;. C'&#233;tait un message de libert&#233;, j'y pense encore souvent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez ma grand-m&#232;re maternelle, c'&#233;tait tr&#232;s diff&#233;rent. Elle et son mari &#233;taient issus d'une classe sociale plus &#233;lev&#233;e. Mon grand-p&#232;re &#233;tait ouvrier dans une carri&#232;re. Ensuite il a d&#233;velopp&#233; un commerce tr&#232;s lucratif en vendant du charbon. Gr&#226;ce &#224; cela, il s'est offert une grande propri&#233;t&#233; bourgeoise. Il avait beaucoup de ma&#238;tresses. Ma grand-m&#232;re &#233;tait tr&#232;s discr&#232;te, tr&#232;s effac&#233;e, elle s'appelait Am&#233;lie. Tous les dimanches &#224; 10h00, notre grand-p&#232;re nous emmenait &#224; la messe &#224; la cath&#233;drale de Tournai. Mais on sentait de sa part une fumisterie, il s'en foutait compl&#232;tement et se serait assis &#224; l'envers s'il le pouvait ! Le repas qui suivait &#233;tait tr&#232;s silencieux, tr&#232;s diff&#233;rent de chez mes grands-parents paternels o&#249; c'&#233;tait tr&#232;s vivant.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;&#202;tre femme&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Ma m&#232;re a eu quelques amants apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de mon p&#232;re. Lorsque j'ai eu 16 ans, elle a &#233;pous&#233; le cousin de mon p&#232;re, mon tuteur. C'est gr&#226;ce &#224; lui et &#224; ma maman que mon regard sur les hommes a chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 18 ans je suis partie en voyage avec des amis. Dans le train qui m'emmenait en Espagne, j'ai rencontr&#233; un jeune homme espagnol. Nous avons eu des &#233;changes de lettres pendant un an et demi. J'&#233;tais tr&#232;s amoureuse de ce gar&#231;on. Il a demand&#233; ma main, mais mes parents ont refus&#233;, car j'&#233;tais aux &#233;tudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite je me suis mari&#233;e avec un homme proche de la famille, mais on s'est quitt&#233;s apr&#232;s 10 ans de mariage. Nous avons eu une fille. Avec le recul, je pourrais dire que ce mariage &#233;tait un mariage &#171; arrang&#233; &#187;. Je n'&#233;tais pas vraiment amoureuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s cela je suis tomb&#233;e amoureuse d'un homme de 25 ans de plus que moi. C'&#233;tait le directeur de l'institution o&#249; je travaillais. Il admirait les femmes et les respectait beaucoup. Il est mort il y a 13 ans. Nous avons &#233;t&#233; tr&#232;s heureux, il me manque beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Les changements dont je suis t&#233;moin&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Un changement qui me marque beaucoup ? C'est la naissance des p&#232;res proches de leurs enfants. Ce changement est pour moi extraordinaire. Je vois des hommes avec des poussettes, avec des porte-b&#233;b&#233;s sur le ventre. Ils s'impliquent dans l'&#233;ducation de leurs enfants. J'ai eu 2 maris et je ne les ai jamais vus se promener en tenant les enfants par la main. Ils &#233;taient l&#224; psychiquement, mais pas physiquement. &#192; l'&#233;cole proche de ma maison, je vois plus d'hommes que de femmes venir chercher les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je fais un lien entre cette observation et le fait qu'il y a plus de femmes qui occupent des postes importants, dans les entreprises, en politique, &#224; la t&#234;te des universit&#233;s. Comme les femmes travaillent, elles peuvent donner moins de temps &#224; leurs enfants et donc les hommes s'y mettent ! Mais cela pose une question : &#224; qui doit-on confier l'&#233;ducation des enfants ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>On devait se m&#233;fier des filles ! (Serge H.)</title>
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		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Homme (r&#244;le)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2022-23 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis bruxellois, n&#233; &#224; Ixelles en 1952. Je suis all&#233; dans une &#233;cole mixte jusqu'en 2e primaire. C'est l&#224; que j'ai connu mon premier amour. Elle s'appelait Josiane. J'avais 6 ans, je n'ai jamais os&#233; le lui dire. Un soir, j'ai d&#233;cid&#233; de me coucher avant l'heure. Je voulais r&#234;ver de Josiane et je l'ai dit &#224; ma m&#232;re qui l'a rapport&#233; &#224; la religieuse qui s'occupait de nous &#224; l'&#233;cole. Le lendemain, elle a dit devant tout le monde : &#171; Alors Serge, tu vas te coucher plus (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Education hors &#233;cole&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot152" rel="tag"&gt;Homme (r&#244;le)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2022-23&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis bruxellois, n&#233; &#224; Ixelles en 1952. Je suis all&#233; dans une &#233;cole mixte jusqu'en 2e primaire. C'est l&#224; que j'ai connu mon premier amour. Elle s'appelait Josiane. J'avais 6 ans, je n'ai jamais os&#233; le lui dire. Un soir, j'ai d&#233;cid&#233; de me coucher avant l'heure. Je voulais r&#234;ver de Josiane et je l'ai dit &#224; ma m&#232;re qui l'a rapport&#233; &#224; la religieuse qui s'occupait de nous &#224; l'&#233;cole. Le lendemain, elle a dit devant tout le monde : &#171; Alors Serge, tu vas te coucher plus t&#244;t pour r&#234;ver de Josiane ? &#187;. J'&#233;tais g&#234;n&#233;, rouge de honte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 7 ans, mes parents m'ont fait conna&#238;tre &#171; les secrets des grands &#187;. Ils m'ont appris que Saint-Nicolas n'existait pas et que les enfants ne naissaient pas dans les choux. Ils m'ont expliqu&#233; avec un livre comment on faisait des enfants. On disait qu'il fallait mettre le sifflet dans la prune de la fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 11 ans, en 6e primaire, on a eu un cours de religion. Il y avait un chapitre sur la puret&#233;. On nous expliquait que c'&#233;tait un p&#233;ch&#233; mortel que de faire l'acte de mariage sans &#234;tre mari&#233;. J'ai demand&#233; ce que c'&#233;tait, mais j'ai &#233;t&#233; puni, car le professeur pensait que je faisais semblant de ne pas savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents tenaient &#224; la puret&#233; et la virginit&#233;, c'&#233;tait tr&#232;s important pour eux. Mon p&#232;re disait toujours qu'une fille qui n'est plus vierge, c'est comme un &#339;uf dont il ne reste que la coquille. On mettait en garde les gar&#231;ons, de ne pas &#233;crire de lettre d'amour &#224; une fille, car si celle-ci tombait enceinte, elle pourrait dire que c'est le gar&#231;on qui l'avait mise enceinte m&#234;me si ce n'&#233;tait pas lui. On devait se m&#233;fier des filles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai rencontr&#233; des filles que quand je suis entr&#233; &#224; l'&#233;cole sociale. J'avais 17 ans. J'&#233;tais avec une majorit&#233; de filles, j'&#233;tais compl&#232;tement d&#233;phas&#233;. Je n'osais pas les aborder et je ne savais pas comment me comporter avec elles. J'ai offert beaucoup de caf&#233;s pour discuter avec les filles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je trouve que la sexualit&#233; est mieux expliqu&#233;e aujourd'hui. Quand j'&#233;tais adolescent, on manquait d'images pour comprendre. On allait aux Pays-Bas pour se procurer des magazines pornos. Aujourd'hui, il y a plus de communication sur le sujet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>J'ai &#233;pous&#233; une musulmane (Serge H.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1491</link>
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		<dc:date>2023-10-25T13:36:36Z</dc:date>
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		<dc:subject>Religion, valeurs et &#233;thique</dc:subject>
		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2022-23 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis bruxellois, n&#233; en 1952 et &#233;duqu&#233; dans la religion catholique m&#234;me si apr&#232;s je suis devenu ath&#233;e. Je me suis mari&#233; avec une Marocaine musulmane en 1999. Je l'ai rencontr&#233;e par le biais de la s&#339;ur de ma femme de m&#233;nage avec qui j'&#233;tais tr&#232;s li&#233;e. Quand je l'ai connue, elle &#233;tait en Belgique depuis un an, en situation irr&#233;guli&#232;re et elle &#233;tait pr&#234;te &#224; faire un mariage blanc. Pour pouvoir l'&#233;pouser, j'ai d&#251; m'adapter, car je devais &#234;tre musulman. J'ai suivi (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Education hors &#233;cole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot135" rel="tag"&gt;Amour, mariage, divorce&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2022-23&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis bruxellois, n&#233; en 1952 et &#233;duqu&#233; dans la religion catholique m&#234;me si apr&#232;s je suis devenu ath&#233;e. Je me suis mari&#233; avec une Marocaine musulmane en 1999. Je l'ai rencontr&#233;e par le biais de la s&#339;ur de ma femme de m&#233;nage avec qui j'&#233;tais tr&#232;s li&#233;e. Quand je l'ai connue, elle &#233;tait en Belgique depuis un an, en situation irr&#233;guli&#232;re et elle &#233;tait pr&#234;te &#224; faire un mariage blanc. Pour pouvoir l'&#233;pouser, j'ai d&#251; m'adapter, car je devais &#234;tre musulman. J'ai suivi des cours d'islam &#224; la mosqu&#233;e du Cinquantenaire. Cela m'int&#233;ressait d'apprendre une autre religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a a &#233;t&#233; un mariage r&#233;ussi. Ma famille a accept&#233; sans probl&#232;me. Sa famille a &#233;t&#233; tr&#232;s accueillante et tr&#232;s tol&#233;rante. La moiti&#233; de sa famille est constitu&#233;e de mariages mixtes. Les premiers ont d&#251; batailler pour le mariage mixte, mais apr&#232;s cela n'a plus pos&#233; de soucis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence de culture n'a pas tous les jours &#233;t&#233; facile &#224; vivre. On se respecte, on se fait confiance et on arrive &#224; passer au-dessus des diff&#233;rences. Au d&#233;but, il y a eu des diff&#233;rences de mentalit&#233;, mais j'ai appris &#224; d&#233;couvrir la religion et la culture. Par exemple : la f&#234;te du sacrifice, le fait que les femmes ne fument pas devant les grands fr&#232;res. Certains diront que c'est de l'hypocrisie, mais j'ai compris que c'&#233;tait une question de respect. Comme le fait de boire en cachette. Pour notre mariage, on a voulu prendre le bon des deux cultures. On avait pr&#233;par&#233; une petite pi&#232;ce pour les personnes qui voulaient fumer discr&#232;tement, et des verres opaques pour qu'on ne puisse pas voir qui buvait de l'alcool. Personne n'&#233;tait dupe, mais cela sauvait les apparences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2001, notre fille est n&#233;e et la question de l'&#233;ducation s'est pos&#233;e. Comment faire pour garder nos 2 cultures ? Ma femme &#233;tait d'avis que nous devions &#234;tre d'accord devant elle. Pour moi, par contre, il fallait que notre fille sache que nous avions des avis diff&#233;rents et lui en expliquer les raisons. C'&#233;tait alors &#224; elle de choisir et de concilier nos points de vue. Nous avons adopt&#233; cette mani&#232;re de faire et cela s'est tr&#232;s bien pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que ma femme fait le ramadan, je ne bois pas d'alcool. Ma fille fait le ramadan et pourtant, elle ne pratique pas d'habitude. Je pense qu'elle le fait pour faire plaisir &#224; sa m&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les 50 ans de ma femme, je lui ai offert un voyage &#224; La Mecque. C'&#233;tait une grosse erreur, car elle en est revenue beaucoup plus stricte. Maintenant, elle met le voile, elle regarde les &#233;tiquettes des aliments.... Ma femme dit qu'elle croit, parce que cela lui fait du bien. Pour moi, une religion, c'est une mythologie, des rites et une morale. Mais on peut &#234;tre ath&#233;e et avoir une morale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Josefa, une Espagnole n&#233;e &#224; Tanger dont le c&#339;ur est belge</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1444</link>
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		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration nord africaine et descendants</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration europ&#233;enne et descendants</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2020-21 &lt;br class='autobr' /&gt;
Enfance et adolescence &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233;e &#224; Tanger, en 1956, mais je suis espagnole. Apr&#232;s la guerre civile en Espagne, en 1936, mes grands-parents sont partis &#224; Tanger. J'y ai v&#233;cu 10 ans avant d'arriver en Belgique. Je n'ai jamais parl&#233; l'arabe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec ma maman, on allait parfois chez une de ses amies qui avait la t&#233;l&#233;vision. On regardait le film &#171; Le Saint &#187;. Moi j'&#233;tais contente, avec Simon Templar, si beau ! Puis c'&#233;tait les Incorruptibles. J'adorais ! Un (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot148" rel="tag"&gt;Femme, f&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot193" rel="tag"&gt;Immigration nord africaine et descendants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot195" rel="tag"&gt;Immigration europ&#233;enne et descendants&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2020-21&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enfance et adolescence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis n&#233;e &#224; Tanger, en 1956, mais je suis espagnole. Apr&#232;s la guerre civile en Espagne, en 1936, mes grands-parents sont partis &#224; Tanger. J'y ai v&#233;cu 10 ans avant d'arriver en Belgique. Je n'ai jamais parl&#233; l'arabe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ma maman, on allait parfois chez une de ses amies qui avait la t&#233;l&#233;vision. On regardait le film &#171; Le Saint &#187;. Moi j'&#233;tais contente, avec Simon Templar, si beau ! Puis c'&#233;tait les Incorruptibles. J'adorais ! Un jour, quand nous sommes rentr&#233;es &#224; la maison, tous les gens &#233;taient dehors en pyjama : il y avait eu un tremblement de terre et nous, nous n'avions rien remarqu&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aimais beaucoup l'&#233;cole des s&#339;urs. Un jour, on allait en classe et j'ai &#233;t&#233; bouscul&#233;e. Je suis tomb&#233;e et on m'a transport&#233;e au secr&#233;tariat. Dans cette &#233;cole il y avait une chapelle. Pour me r&#233;conforter, on m'a donn&#233; du vin de messe. C'&#233;tait tr&#232;s bon. J'avais envie d'encore tomber pour recevoir encore ce vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents &#233;taient s&#233;par&#233;s. J'&#233;vitais de me m&#234;ler de leurs conflits. Je voyais mon p&#232;re rarement. Il me disait qu'il allait venir, j'&#233;tais heureuse, je ne le montrais pas &#224; ma maman. Et puis mon p&#232;re ne venait pas. J'&#233;tais triste mais je ne voulais pas le montrer &#224; ma maman. C'&#233;tait tr&#232;s difficile. &#199;a a marqu&#233; un peu ma vie d'adulte : aujourd'hui, quand j'ai un rendez-vous ou quand j'attends quelqu'un, je suis malade d'angoisse de peur qu'il ne vienne pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#202;tre femme &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choses de l'amour ? Je ne voulais pas que ma m&#232;re ou mon beau-p&#232;re m'en parle, j'aurais &#233;t&#233; d&#233;go&#251;t&#233;e. Alors c'est vraiment avec les filles de l'&#233;cole que j'ai appris. Je trouve qu'un homme c'est important dans la famille surtout pour les enfants. L'amour de mon p&#232;re m'a manqu&#233; &#233;norm&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis mari&#233;e pour quitter ma famille. C'&#233;tait un Sicilien qui me tapait. Et je l'ai quitt&#233;. Ma m&#232;re ne m'a pas mise au monde pour &#234;tre battue ! Une fois, j'ai mis un calmant dans sa soupe mais j'ai r&#233;alis&#233; que, comme il buvait de l'alcool, je risquais de le tuer. Je n'ai fait &#231;a qu'une seule fois. Quand j'ai quitt&#233; mon premier mari, je suis partie en vitesse avec mon sac et mes pantoufles. Je suis all&#233;e loger chez une amie et des gens m'ont aid&#233;e. J'ai v&#233;cu cach&#233;e, m&#234;me au travail. Je cachais ma carte de pointeuse pour &#233;viter que mon mari me retrouve. Quand il a t&#233;l&#233;phon&#233; au secr&#233;tariat pour me parler, connaissant la situation, on lui a r&#233;pondu que je ne travaillais plus dans cette soci&#233;t&#233;. Mon mari a port&#233; plainte pour disparition mais la police ne m'a jamais questionn&#233;e. Je n'osais plus sortir ni aller au cin&#233;ma. C'&#233;tait tr&#232;s dur ; j'avais peur tout le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s j'ai eu un autre compagnon, nous avons eu des enfants mais, le jour o&#249; il m'a gifl&#233;e, je l'ai quitt&#233;. Je suis partie imm&#233;diatement avec mes trois gar&#231;ons qui avaient respectivement 4 ans, 2 ans et demi et le b&#233;b&#233; de 15 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, je suis mari&#233;e &#224; Michel, que j'avais fr&#233;quent&#233; jeune et que j'ai retrouv&#233; apr&#232;s des ann&#233;es. Je trouve que la femme et l'homme sont compl&#233;mentaires. Dans un m&#233;nage chacun doit apporter ce qu'il est capable de faire. Michel adore faire la cuisine et parfois on se dispute pour faire la cuisine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Religions, croyances&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai grandi dans une famille catholique mais non pratiquante. Je suis all&#233;e &#224; l'&#233;cole catholique o&#249; j'ai &#233;t&#233; super heureuse. Dans mon &#233;cole, nous n'&#233;tions pas oblig&#233;es, d'aller &#224; l'&#233;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un moment donn&#233; dans ma vie, j'ai eu des difficult&#233;s et je me suis adress&#233;e &#224; Dieu. Je suis entr&#233;e dans une &#233;glise protestante et ce qui m'a plu c'&#233;tait la libert&#233;. On ne m'imposait rien, on me demandait de juger par moi-m&#234;me. Dans l'&#233;glise que je fr&#233;quente aujourd'hui, je peux discuter, je peux demander de l'aide pour r&#233;fl&#233;chir. Quand je ne suis pas d'accord avec mon pasteur, je le lui dis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois de plus en plus en Dieu. Je sais qu'il est avec moi, je lui parle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Financi&#232;rement quand j'ai eu des probl&#232;mes, Dieu m'a toujours aid&#233;e &#224; trouver la solution. Un jour j'ai senti la d&#233;pression m'envahir mais j'avais 4 enfants. J'ai dit &#171; Seigneur aide moi ! &#187;. Et j'ai senti quelque chose qui me lib&#233;rait comme un bouchon d'une bouteille de champagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi c'est impossible de vivre sans Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre ici et l&#224;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma m&#232;re est venue en Belgique pour vivre avec mon beau-p&#232;re car, en Espagne, le divorce n'&#233;tait pas possible. Avec l'&#226;ge je me sens tr&#232;s d&#233;racin&#233;e. J'ai difficile &#224; me situer. Je ne saurais pas habiter en Espagne car, m&#234;me en vacances, je m'y sens mal &#224; l'aise. Pourtant, le c&#244;t&#233; espagnol domine chez moi, je parle facilement avec les gens. J'aime la musique espagnole, orientale et belge. Je n'aime pas voyager, m&#234;me pour partir en vacances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Belgique c'est le pays de mon c&#339;ur. Je ne supporte pas qu'on dise des choses contre les Belges. Les Belges sont chaleureux : quand ils te connaissent, ils t'ouvrent leur c&#339;ur. Je suis contente maintenant d'avoir &#233;pous&#233; un Belge. Le racisme m'&#233;nerve. J'ai un fils qui est roux, il a souvent &#233;t&#233; moqu&#233;. Je trouve que c'est aussi du racisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#202;tre fille, &#233;pouse, m&#232;re&#8230;et enfin moi-m&#234;me ! (Lucienne) </title>
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		<dc:date>2022-11-04T08:52:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Deuils, mort</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034; 2020-21 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233;e &#224; Basse-Wavre en 1939. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon premier amour, c'&#233;tait quand j'avais treize ans ; j'&#233;tais amoureuse de mon voisin qui avait 17 ans. Il ne me regardait pas car j'&#233;tais une gamine, j'adorais l'&#233;couter chanter. A la campagne le soir, on faisait la veill&#233;e. Les adultes amenaient leur chaise sur le trottoir et les enfants jouaient autour. On bavardait entre voisins. Quand tout &#224; coup, il y a eu un gros orage impressionnant. Je suis rentr&#233;e &#224; la maison (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1340' class='spip_in'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt; 2020-21&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis n&#233;e &#224; Basse-Wavre en 1939.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon premier amour, c'&#233;tait quand j'avais treize ans ; j'&#233;tais amoureuse de mon voisin qui avait 17 ans. Il ne me regardait pas car j'&#233;tais une gamine, j'adorais l'&#233;couter chanter. A la campagne le soir, on faisait la veill&#233;e. Les adultes amenaient leur chaise sur le trottoir et les enfants jouaient autour. On bavardait entre voisins. Quand tout &#224; coup, il y a eu un gros orage impressionnant. Je suis rentr&#233;e &#224; la maison et me suis r&#233;fugi&#233;e au fond du couloir. J'ai dit &#171; Marc, j'ai peur &#187;. Et Marc m'a prise doucement par les &#233;paules et a mis ses l&#232;vres sur les miennes. Ah mon Dieu, j'&#233;tais au paradis ! Et dans ma t&#234;te s'est cr&#233;&#233;e toute une histoire. Mais Marc &#233;tait amoureux d'une fille de son &#226;ge et, bien s&#251;r, j'ai fait mon deuil. Trente ans apr&#232;s, je l'ai rencontr&#233;. Il avait bien s&#251;r &#233;pous&#233; cette fille mais moi, qui l'avais id&#233;alis&#233;, je l'ai alors trouv&#233; b&#234;te et tr&#232;s moche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai toujours v&#233;cu en Belgique mais j'ai toujours &#233;t&#233; attir&#233;e par les &#233;trangers, par ceux qui &#233;taient diff&#233;rents de moi. Je ne voulais pas &#233;pouser un Belge. Et pourtant, je me suis mari&#233;e avec un vrai Belge&#8230;il s'appelait Dubois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme j'ai &#233;t&#233; orpheline assez jeune, je voulais fonder une famille pour retrouver des racines. Quand j'&#233;tais jeune, je disais &#171; je veux 12 enfants &#187;, comme Jos&#233;phine Baker. Mais finalement, je n'en ai eu que 2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;lev&#233; mes enfants en &#233;tant tr&#232;s heureuse comme cela mais, quand ils sont arriv&#233;s &#224; l'&#226;ge adulte, je me suis dit : &#171; et moi je fais quoi maintenant ? &#187;. Avant, j'&#233;tais la fille de mes parents, l'&#233;pouse de mon mari, la m&#232;re de mes enfants et enfin, je pouvais &#234;tre moi-m&#234;me, je trouvais &#231;a tr&#232;s gai, j'avais la quarantaine. Et l&#224;, la r&#233;volution a commenc&#233;. Tout &#224; coup je voulais mon ind&#233;pendance, g&#233;rer mon budget et ce que j'avais trouv&#233; normal, pendant des ann&#233;es, ne me convenait plus. Cela m'aga&#231;ait quand je devais rendre des comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme cela ne passait plus bien avec mon mari, je suis all&#233;e voir un psy mais cela n'a pas arrang&#233; les choses. Lorsque j'ai compris que j'&#233;tais capable de le quitter, je n'en ai plus eu envie. On est donc rest&#233;s ensemble en vivant un peu c&#244;te &#224; c&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2014, il est tomb&#233; gravement malade. On a v&#233;cu alors &#224; deux les trois mois de soins palliatifs &#224; la maison. C'&#233;taient des moments tr&#232;s tristes mais aussi les plus beaux pass&#233;s ensemble. Il allait mourir, on le savait, on en avait parl&#233; et j'ai donn&#233; trois mois de ma vie intens&#233;ment. Pendant tout ce temps, on a beaucoup pleur&#233; mais on a aussi beaucoup ri car il avait pas mal d'humour et on s'est tout dit !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Aimer &#224; tous les &#226;ges (Mina)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1358</link>
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		<dc:date>2021-10-28T07:37:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>

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&lt;p&gt;Je suis n&#233;e &#224; Bruxelles en avril 1940 dans une famille juive. Mes parents &#233;taient d'origine polonaise. Je n'ai pas connu mon p&#232;re, assassin&#233; comme tant d'autres dans le camp d'extermination d'Auschwitch. Ma m&#232;re a surv&#233;cu &#224; la Shoah et ne s'est pas remari&#233;e. C'est avec elle et ma s&#339;ur Betty, mon ain&#233;e de 18 mois, que j'ai v&#233;cu jusqu'&#224; la fin de mes &#233;tudes. Nous avons &#233;t&#233; &#233;lev&#233;es dans les r&#232;gles tr&#232;s strictes de la religion juive. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai fr&#233;quent&#233; l'&#233;cole Isra&#233;lite de Bruxelles jusqu'&#224; l'&#226;ge de 14 ans. C'&#233;tait une (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L100xH150/arton1358-ca31d.jpg?1776944479' width='100' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis n&#233;e &#224; Bruxelles en avril 1940 dans une famille juive. Mes parents &#233;taient d'origine polonaise. Je n'ai pas connu mon p&#232;re, assassin&#233; comme tant d'autres dans le camp d'extermination d'Auschwitch. Ma m&#232;re a surv&#233;cu &#224; la Shoah et ne s'est pas remari&#233;e. C'est avec elle et ma s&#339;ur Betty, mon ain&#233;e de 18 mois, que j'ai v&#233;cu jusqu'&#224; la fin de mes &#233;tudes. Nous avons &#233;t&#233; &#233;lev&#233;es dans les r&#232;gles tr&#232;s strictes de la religion juive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fr&#233;quent&#233; l'&#233;cole Isra&#233;lite de Bruxelles jusqu'&#224; l'&#226;ge de 14 ans. C'&#233;tait une &#233;cole mixte, ce qui &#233;tait assez rare &#224; cette &#233;poque. Les gar&#231;ons de mon &#233;cole ne m'int&#233;ressaient pas du tout, par contre, vers 13 et 14 ans, j'ai &#233;t&#233; amoureuse d'un beau gar&#231;on que je rencontrais parfois &#224; la biblioth&#232;que que nous fr&#233;quentions mes amies et moi apr&#232;s l'&#233;cole. Je n'ai jamais os&#233; lui adresser la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'&#233;tais au lyc&#233;e, j'&#233;coutais avec m&#233;pris les filles qui parlaient sans arr&#234;t des gar&#231;ons dont elles &#233;taient amoureuses. Si elles les apercevaient dans un tram, s'ils leur adressaient la parole, elles pouvaient en discourir pendant plusieurs jours. Je me souviens d'une fille de 16 ou 17 ans racontant fi&#232;rement qu'elle avait deux amants, un homme de 30 ans qui lui faisait bien l'amour et un jeune de son &#226;ge dont elle &#233;tait &#233;prise mais qui n'&#233;tait pas aussi satisfaisant. J'&#233;tais tr&#232;s &#233;tonn&#233;e, je ne comprenais pas ce qu'elle voulait dire et surtout j'&#233;tais choqu&#233;e qu'elle puisse r&#233;v&#233;ler cela devant plusieurs compagnes de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon &#233;ducation sentimentale me venait surtout de la lecture. Je m'asseyais toujours au fond de la classe pour que les profs ne voient pas le roman que je tenais sur mes genoux et que je lisais pendant les cours. J'ai d&#233;vor&#233; &#224; cette &#233;poque, les 27 tomes des Hommes de Bonne Volont&#233; de Jules Romain et les 8 volumes des Thibault de Roger Martin du Gard. La Naus&#233;e et Les Chemins de la Libert&#233; de Jean Paul Sartre m'ont aussi troubl&#233;e. Les sc&#232;nes &#233;rotiques de ces livres ne me laissaient pas indiff&#233;rentes mais cela restait au niveau du fantasme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai rencontr&#233; Richard quand j'&#233;tais en premi&#232;re candidature &#224; l'ULB en 1958. Je m'&#233;tais inscrite pour obtenir une licence en sciences physiques, lui &#233;tait en premi&#232;re candidature de chimie mais avait entrepris ses &#233;tudes apr&#232;s avoir d&#233;j&#224; travaill&#233;, il devait avoir 5 ou 6 ans de plus que moi. Nous avions des cours en commun. Au mois de novembre de cette ann&#233;e il y a eu une gr&#232;ve de tram, j'&#233;tais all&#233;e au cours &#224; pied, c'&#233;tait un long trajet d'au moins une heure. Je savais que Richard avait une voiture et qu'il habitait dans le m&#234;me quartier que moi, je lui ai demand&#233; de me reconduire chez moi ce qu'il a gentiment accept&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Richard vivait avec son p&#232;re, dans un grand appartement, &#224; la place Van Meenen, &#224; c&#244;t&#233; de la Maison Communale de St Gilles, &#224; une dizaine de minutes &#224; pied de l'avenue du Roi o&#249; j'habitais avec Betty et ma m&#232;re. J'allais r&#233;guli&#232;rement chez lui pour faire les probl&#232;mes de physique que nous devions r&#233;soudre chaque semaine. Il me raccompagnait pour rentrer chez moi en traversant le parc o&#249; nous nous attardions volontiers. Je me sentais bien avec lui, son humour me plaisait beaucoup et c'est avec lui que je pr&#233;f&#233;rais danser quand on sortait en bande. J'&#233;tais &#233;videmment amoureuse de lui mais il ne semblait pas avoir les m&#234;mes sentiments envers moi, peut &#234;tre me trouvait-il trop jeune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai rat&#233; mes examens en premi&#232;re session cette ann&#233;e-l&#224;, je ne suis donc pas partie en vacances. Richard, lui, avait r&#233;ussi, je m'inqui&#233;tais en pensant qu'il allait quitter Bruxelles, mais des calculs aux reins l'ont forc&#233; &#224; se faire op&#233;rer. Il a &#233;t&#233; hospitalis&#233; &#224; Cavell. L'op&#233;ration ne s'est pas bien d&#233;roul&#233;e &#224; cause d'une malformation de son ur&#232;tre, une deuxi&#232;me intervention a &#233;t&#233; n&#233;cessaire et il a finalement s&#233;journ&#233; pendant trois mois &#224; la clinique. J'allais lui rendre visite souvent, je mangeais les biscuits et les fruits que ses visiteurs lui apportait, on jouait aux &#233;checs, c'est lui qui m'avait enseign&#233; les r&#232;gles de ce jeu. Ce furent pour moi de joyeux moments de d&#233;tente pendant ces semaines de bloques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mois de septembre 1959, apr&#232;s sa sortie de la clinique, Richard a enfin fait le geste que j'attendais impatiemment depuis des mois. Il m'a embrass&#233; et je me suis sentie exhauss&#233;e. Quelques semaines plus tard, j'ai c&#233;d&#233;, sans grande r&#233;sistance, &#224; notre d&#233;sir commun malgr&#233; l'interdit de ma pratique de religieuse. J'avais 19 ans, je n'&#233;prouvais aucune culpabilit&#233; dans le fait d'avoir des relations sexuelles avec le gar&#231;on que j'aimais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite j'ai consult&#233; un gyn&#233;cologue qui m'a conseill&#233; d'utiliser un diaphragme et une cr&#232;me spermicide. Je n'ai jamais &#233;t&#233; enceinte sans l'avoir voulu. L'usage de moyen contraceptif n'a pas pos&#233; de probl&#232;me, je n'ai pas voulu prendre la pilule car je craignais d'&#233;ventuelles mauvaises cons&#233;quences pour mes futurs enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es apr&#232;s notre mariage, lorsque nous avons voulu avoir un enfant, j'ai arr&#234;t&#233; l'usage du diaphragme, mon fils est n&#233; 9 mois plus tard. Deux ans apr&#232;s, nous avons programm&#233; une nouvelle naissance et cette fois c'est ma fille qui nous a combl&#233;s dans le d&#233;lai pr&#233;vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ma fille a eu 16 ans, elle m'a dit qu'elle souhaitait prendre la pilule. Je lui ai parl&#233; des centres de planning familial et lui ai aussi sugg&#233;r&#233; de s'adresser &#224; mon gyn&#233;cologue qui l'avait mise au monde. Elle a pr&#233;f&#233;r&#233; la seconde proposition. Je lui ai alors demand&#233; si elle voulait aller le voir seule ou si elle pr&#233;f&#233;rait que je l'accompagne. Elle a souhait&#233; que j'y aille avec elle, j'ai &#233;t&#233; tr&#232;s heureuse de la confiance qu'elle me t&#233;moignait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon mari &#233;tait un homme tr&#232;s instable, tant sur le plan professionnel que sentimental. A l'&#226;ge de 50 ans il a rencontr&#233; une femme dont il est tomb&#233; follement amoureux, j'ai pr&#233;f&#233;r&#233; que nous nous s&#233;parions. J'ai &#233;videmment tr&#232;s mal v&#233;cu cette trahison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les ann&#233;es qui ont suivi cette s&#233;paration, j'ai fait quelques rencontres masculines, elles ont &#233;t&#233; d&#233;cevantes. Je n'&#233;tais pas pr&#234;te &#224; faire des concessions, peut-&#234;tre &#233;tais-je trop exigeante vis-&#224;-vis des hommes. Je me suis accommod&#233;e &#224; vivre seule dans une r&#233;elle s&#233;r&#233;nit&#233;. Il faut dire que mes enfants, mes beaux-enfants et mes 6 petits-enfants m'apportent beaucoup de joies et d'affection. J'ai beaucoup d'activit&#233;s, de nombreuses amies, je ne m'ennuie jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; qu'&#224; l'approche de mes 80 ans, un de mes partenaires de bridge, avec lequel je jouais r&#233;guli&#232;rement depuis plusieurs ann&#233;es, m'a fait une proposition tout &#224; fait surprenante. Cet homme, tr&#232;s r&#233;serv&#233;, n'ayant jamais eu de parole ou de geste &#233;quivoque, m'a demand&#233; de devenir sa compagne. Son &#233;pouse, &#224; laquelle il avait &#233;t&#233; fid&#232;le pendant plus de 50 ans, &#233;tait d&#233;c&#233;d&#233;e quelques mois plus t&#244;t. La vie continuant, il ne voulait pas la poursuivre sans pr&#233;sence f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai h&#233;sit&#233; pendant plusieurs jours avant de prendre une d&#233;cision. Finalement j'ai pens&#233; que je ne risquais pas grand-chose &#224; faire un essai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plus d'un an, je me f&#233;licite d'avoir accept&#233; la proposition, le temps que je passe avec mon partenaire me comble &#224; tous point de vue. Je profite pleinement des jours et des nuits qui s'&#233;coulent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mohamed L.</title>
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		<dc:date>2021-08-24T08:10:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Education hors &#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration nord africaine et descendants</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Paroles recueillies et mises en texte par Yassine, fils de Na&#239;ma et petit-fils de Mohamed et A&#239;cha. &lt;br class='autobr' /&gt; Mohamed L., mon grand-p&#232;re, voit le jour le 1er janvier 1934 dans une famille de paysans dans le petit village de Beni Yatfa situ&#233; &#224; trente kilom&#232;tres de la ville c&#244;ti&#232;re d'Al-Hoce&#239;ma, dans le Rif, territoire aride et montagneux au Nord du Maroc. Mohamed est l'a&#238;n&#233; d'une famille de huit enfants, quatre filles et quatre gar&#231;ons. Son p&#232;re, Omar avait &#233;pous&#233; une des plus belles filles du village, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique180" rel="directory"&gt;Maroc - Belgique, Aller simple&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot135" rel="tag"&gt;Amour, mariage, divorce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Education hors &#233;cole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot193" rel="tag"&gt;Immigration nord africaine et descendants&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L115xH150/arton1328-c86e6.jpg?1776944406' width='115' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paroles recueillies et mises en texte par Yassine, fils de Na&#239;ma &lt;br class='autobr' /&gt;
et petit-fils de Mohamed et A&#239;cha.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mohamed L., mon grand-p&#232;re, voit le jour le 1er janvier 1934 dans une famille de paysans dans le petit village de Beni Yatfa situ&#233; &#224; trente kilom&#232;tres de la ville c&#244;ti&#232;re d'Al-Hoce&#239;ma, dans le Rif, territoire aride et montagneux au Nord du Maroc. Mohamed est l'a&#238;n&#233; d'une famille de huit enfants, quatre filles et quatre gar&#231;ons. Son p&#232;re, Omar avait &#233;pous&#233; une des plus belles filles du village, Fatouch. Mohamed aime beaucoup ses s&#339;urs, Rahma, Fatima, Mina et Zayna. Mais elles d&#233;c&#232;dent quasi toutes en bas-&#226;ge sauf Rahma, dont Mohamed se souvient encore. Elle meurt &#224; l'&#226;ge de onze ans des suites d'une pneumonie. Ses fr&#232;res, Hayachi, Boutahar et Abdelkrim sont plus costauds. Ils vivront tr&#232;s longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;A huit ans, responsable de famille&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Etant donn&#233; qu'il est n&#233; &#224; la campagne et qu'il est l'a&#238;n&#233;, Mohamed n'ira jamais &#224; l'&#233;cole. Il faut aider &#224; la ferme. En 1942, alors qu'il n'est &#226;g&#233; que de huit ans, c'est le drame : son p&#232;re les abandonne, sa m&#232;re, lui et ses trois fr&#232;res. Alors, il faut se d&#233;brouiller seuls. Il trouve un travail et un logement pour lui et ses proches, offert par les habitants du village. La g&#233;n&#233;rosit&#233; est grande entre paysans. Mohamed se l&#232;ve tous les jours &#224; l'aube pour aller chercher de l'eau au puits, travaille durement la terre, emm&#232;ne les troupeaux pa&#238;tre et vend quelques grains de bl&#233; au march&#233; dominical situ&#233; &#224; vingt kilom&#232;tres de sa maison. Tr&#232;s t&#244;t il devient responsable d'une famille. C'est le pr&#233;f&#233;r&#233; de sa m&#232;re qui le dorlote avec peu de moyens et beaucoup d'affection. La famine, la s&#233;cheresse, la faim et la douleur n'auront pas raison des liens qui unissent la famille. Les quatre fr&#232;res grandissent entour&#233;s de l'amour d'une m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;A quinze ans, premi&#232;re migration &#224; Tanger&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es plus tard, &#224; l'&#226;ge de quinze ans, Mohamed d&#233;cide de quitter sa campagne natale pour tenter l'aventure &#224; Tanger. A l'&#233;poque, cette ville situ&#233;e au croisement de l'Atlantique et de la M&#233;diterran&#233;e jouit d'un grand prestige : elle a un statut international entre 1925 et 1956, ann&#233;e de l'ind&#233;pendance du Maroc. Il y a donc du travail pour tout le monde. Il part de nuit avec septante dirhams en poche (six euros) rejoindre son fr&#232;re Hayachi, qui, arriv&#233; quelques mois plus t&#244;t, avait le souhait de faire venir sa m&#232;re et ses fr&#232;res. Mohamed part donc en second. Il d&#233;couvre une tr&#232;s grande ville, en comparaison &#224; son village natal et ne s'y sent pas tr&#232;s bien. Tant pis, il reste et trouve quand m&#234;me un petit travail de concierge dans un immeuble, il y dort, mange et prie Allah pour une meilleure vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques mois plus tard, rien n'y fait, il a le mal du pays. Son fr&#232;re et lui sont des paysans et ils &#233;prouvent tous les deux quelques difficult&#233;s &#224; s'acclimater. En 1952, ils d&#233;cident de retourner au Rif. Surprise de les voir de retour, leur m&#232;re leur promet de les rejoindre &#224; Tanger avec les deux autres fr&#232;res. C'est ainsi qu'en 1953, la famille &#224; nouveau recompos&#233;e s'installe dans le quartier populaire de Larhzifatte, un ancien bidonville.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;A vingt-deux ans, propri&#233;taire de deux magasins
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mohamed est motiv&#233; et veut rendre sa m&#232;re fi&#232;re de lui. Il trouve un travail dans une petite &#233;picerie. Il fait d'abord le m&#233;nage, ensuite il gagne la confiance du patron, devient caissier et enfin g&#233;rant. Tout cela en trois ans. En 1956, il devient propri&#233;taire de l'&#233;picerie, et d&#233;cide de la mettre entre les mains de son petit fr&#232;re Boutahar. Il se sent bien, mais il en veut plus. Il ouvre sa propre boutique de tissus, foulards, sacs &#224; mains et autres accessoires pour femmes sur la plus belle avenue de Tanger de l'&#233;poque, avenue de Fez. Il est heureux et sa boutique marche tr&#232;s bien. C'est plut&#244;t un bel homme, respectueux et qui sait parler aux clientes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Coup de foudre et mariage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il rencontre A&#239;cha en mai 1959, c'est le v&#233;ritable coup de foudre. Elle est orpheline de p&#232;re et m&#232;re, vit et travaille &#224; Tanger depuis quelques ann&#233;es. A&#239;cha a laiss&#233; ses quatre grands fr&#232;res et s&#339;urs dans le petit village de Hede Rouadi, non loin du village natal de Mohamed. Elle a aussi tent&#233; sa chance &#224; Tanger. Elle est la cadette et lui l'a&#238;n&#233;. Leurs histoires se ressemblent quelque peu et ils s'appr&#233;cient tout de suite. Ils ont connu la famine, la mis&#232;re et ne cessent d'&#233;changer leur parcours &#8230; Quelle co&#239;ncidence ! Tous les soirs, apr&#232;s le boulot, il la retrouve au Caf&#233; Paris o&#249; ils sirotent un th&#233; &#224; la menthe fra&#238;che. Ils se prom&#232;nent ensuite pendant des heures sur les boulevards Pasteur et Mohamed V. Et c'est tout naturellement qu'au printemps 1960, il demande sa main &#224; son cousin et tuteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
A cette &#233;poque, A&#239;cha travaille aupr&#232;s d'une riche famille de juifs marocains qui la consid&#232;rent comme leur fille. Etant donn&#233; qu'il se marie, Mohamed souhaite que sa femme ne travaille plus. Comme dans toutes les familles de l'&#233;poque, les fr&#232;res mari&#233;s vivent ensemble dans la maison familiale avec la maman qui veille sur ses belles-filles lorsque les hommes vont travailler. A&#239;cha est contente mais elle r&#234;ve d'autre chose et surtout d'agrandir la famille. Elle fait trois fausses-couches et sa peine ne fait que grandir &#224; chaque fois que sa belle-s&#339;ur met au monde ses enfants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par un beau jour d'&#233;t&#233; 1962, alors que les t&#233;l&#233;visions et radios ne cessent de parler depuis quelques semaines de possibles conventions entre le Maroc et la Belgique pour l'envoi de travailleurs, A&#239;cha demande &#224; Mohamed d'aller se renseigner. Il semblerait que des voisins soient d&#233;j&#224; partis sur ce contient o&#249; le travail et l'argent ne manquent pas. Il faut tenter sa chance &#8230; Mais, Mohamed est tr&#232;s prudent et prend le temps de la r&#233;flexion. Il a pu certes quitter son village natal et s'installer en ville mais il s'agit maintenant de partir en Belgique, et donc de se frotter &#224; une autre langue, une autre culture, un autre paysage et un autre climat ! Il n'en est pas question : il n'a jamais &#233;t&#233; &#224; l'&#233;cole, et puis, se s&#233;parer de sa famille va &#234;tre trop dur &#8230; Mais A&#239;cha a des arguments plus convaincants. Elle lui parle d'ind&#233;pendance du couple, de se prendre r&#233;ellement en charge et de ne pas continuer &#224; d&#233;pendre des fr&#232;res et belles-s&#339;urs. La vie en &#171; communaut&#233; &#187; n'est pas aussi simple et il arrive souvent que des conflits &#233;clatent entre belles-s&#339;urs et belle-m&#232;re. A&#239;cha est respectueuse des valeurs traditionnelles mais n'a pas sa langue en poche.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;part en &#233;claireur pour la Belgique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ainsi que le 20 mai 1963, Mohamed arrive &#224; la Gare du Midi &#224; Bruxelles, avec quelques amis du quartier. Il est parti en &#171; &#233;claireur &#187;. A&#239;cha est rest&#233;e &#224; Tanger. Avant de la quitter, Mohamed a dit &#224; sa femme : &#171; Je te promets que si la vie est bonne en Belgique, je reviens te chercher au plus vite. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une nouvelle vie commence pour lui. Sa devise en t&#234;te, &#171; Celui qui a des yeux et une langue, ne se perd jamais &#187;, il arpente les rues de Bruxelles &#224; la d&#233;couverte de celle qui allait devenir la Capitale de l'Europe. Quelle ville ! Ici tout est gris et les gens sont tristes. Les rues sont toujours calmes, les trottoirs sont propres et les enfants jouent avec leurs bicyclettes. Il ne comprend rien &#224; cette langue mais il est accompagn&#233; de son ami Ahmed qui a &#233;t&#233; &#224; l'&#233;cole et qui parle un peu le Fran&#231;ais. Le r&#234;ve se transforme tr&#232;s vite en cauchemar. Mohamed vit dans une petite arri&#232;re-maison tr&#232;s peu &#233;clair&#233;e avec quelques compatriotes. Ils dorment sur des matelas &#224; m&#234;me le sol et ils cuisinent &#224; tour de r&#244;le des tajines de l&#233;gumes pour se souvenir de leur pays. Il se souvient r&#233;guli&#232;rement de la grande maison familiale qu'il a achet&#233;e avec ses trois fr&#232;res et o&#249; il a laiss&#233; son &#233;pouse. Il pense souvent &#224; elle et se demande si elle pense &#224; lui. Heureusement, il trouve tr&#232;s vite un emploi. Rien &#224; voir avec son &#171; business &#187; au Maroc. Ici, il travaille dans une usine de ressorts &#224; Koekelberg.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au bout de douze mois, il a assez d'&#233;conomies et d&#233;cide de rentrer au pays. Toutes fi&#232;res, sa m&#232;re et sa femme l'accueillent chaleureusement. Il reste trois mois &#224; Tanger et revient &#224; Bruxelles pour gagner encore de l'argent. A cette &#233;poque, il y avait assez de travail et les ouvriers n'avaient que l'embarras du choix. Mohamed retourne chez son premier employeur. Son objectif est de gagner beaucoup d'argent pour faire venir sa femme ch&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les jeunes &#233;poux r&#233;unis &#224; Bruxelles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A&#239;cha rejoint son mari en janvier 1967. Elle travaille quelques mois comme aide-m&#233;nag&#232;re et tombe enceinte. Mohamed lui demande d'arr&#234;ter de travailler afin de ne pas prendre de risques et de veiller &#224; la grossesse tant attendue. De nouveau, le drame s'abat sur eux : une fausse-couche au troisi&#232;me mois de grossesse ! A l'h&#244;pital Saint-Pierre, le gyn&#233;cologue d&#233;cide de faire un curetage. Il faut enlever les traces des pr&#233;c&#233;dentes grossesses. Elle re&#231;oit aussi un traitement hormonal. Tr&#232;s triste, elle maudit la situation, la Belgique et son climat. Le soleil aurait pu lui remonter le moral ! Alors elle passe son temps &#224; d&#233;couvrir la ville avec ses copines Habiba et Zohra. Elles d&#233;ambulent sur les grandes avenues du centre de Bruxelles, se rendent &#224; la Basilique pour une promenade au vert, d&#233;couvrent la tour Martini et les grands magasins comme le Bon March&#233;. A&#239;cha est tr&#232;s contente lorsqu'elle rencontre d'autres compatriotes. Le week-end, Mohamed l'emm&#232;ne chez des amis du village natal et ils passent leurs soir&#233;es &#224; jouer aux cartes, chanter, &#233;voquer le pays avec une certaine nostalgie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La famille s'agrandit, Mohamed prend un second travail&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au mois de juin 1967, A&#239;cha retombe enceinte et ne prend aucun risque, son mari et ses copines la dorlotent. Le 10 f&#233;vrier 1968, nait leur premier enfant en bonne sant&#233;, Nadia. Les parents sont aux anges. Ils d&#233;m&#233;nagent dans un appartement plus spacieux, dans le quartier de la Bourse. Mohamed d&#233;cide de prendre un second travail. La journ&#233;e, il travaille &#224; l'usine de Koekelberg entre 6 h et 16 h. De 18 h &#224; 21 h, il nettoie des bureaux du c&#244;t&#233; de la Bourse. A l'usine, son travail consiste &#224; fa&#231;onner diverses pi&#232;ces m&#233;caniques : ressorts pour voitures, pi&#232;ces pour armes et meubles, porte de garage. Il d&#233;charge des pi&#232;ces m&#233;talliques en provenance d'Allemagne. Elles sont plac&#233;es dans diff&#233;rentes machines pour qu'il les travaille. Ensuite elles sont coup&#233;es et lim&#233;es afin de leur donner une forme et finalement pass&#233;es au four durant 1 h &#224; 1 h 30. Apr&#232;s refroidissement, les ressorts sont emball&#233;s dans des caisses. Les caisses sont charg&#233;es dans des camions &#224; destination de diff&#233;rents pays : France, Allemagne, Pays-Bas, ainsi que certains pays du Moyen-Orient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne parle pas, n'&#233;crit pas et ne lit pas le Fran&#231;ais. Mais ce n'est pas trop grave, car ici on parle le N&#233;erlandais ! Tous ses coll&#232;gues sont n&#233;erlandophones et lui enseignent quelques mots passe-partout du type &#171; goeien dag, om acht uur beginnen, tot morgen, twintig minuten, verdoem !, ... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des voisins solidaires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 3 juin 1969, son fils Mustapha vient au monde. Un fils ! Quelle merveille ! Les naissances s'enchainent : le 9 juin 1970 et le 7 juillet 1971 deux autres filles, Anissa et Na&#239;ma, voient le jour. Quatre enfants, quelle joie ! La cinqui&#232;me grossesse se passe tr&#232;s bien mais une complication lors de l'accouchement provoque le d&#233;c&#232;s de la quatri&#232;me princesse. A&#239;cha revit les douleurs du pass&#233; mais elle n'a pas le temps de pleurer. Il y a quatre enfants qui r&#233;clament leur maman. Elle est fort touch&#233;e, mais malgr&#233; tout heureuse. La famille re&#231;oit de l'aide de tous les voisins, Belges, Italiens, Grecs ou Turcs. La solidarit&#233; est r&#233;elle. M&#234;me le cur&#233; vient leur donner des v&#234;tements. Les enfants n'oublieront jamais le voisin Emile qui leur donne les jouets que ses enfants devenus grands ne regardent plus.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vacances au Maroc&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une famille de quatre enfants n&#233;cessite des soins, de la nourriture, des v&#234;tements ... Alors, les vacances passent au second plan. Mohamed n'a pas vu sa m&#232;re depuis quatre ans. En &#233;t&#233; 1973, son patron lui octroie deux mois de vacances. Puisque le Maroc lui manque beaucoup, il d&#233;cide de partir avec sa famille. Il faut bien que les enfants rencontrent leur grand-m&#232;re ! Le voyage se fait en avion : une premi&#232;re pour tout le monde. Arriv&#233; dans son quartier, Mohamed s'empresse d'aller embrasser sa m&#232;re. Les retrouvailles avec la famille sont exceptionnelles. Les cousins marocains d&#233;couvrent les petits Belges. &#171; Finalement, ils nous ressemblent &#187; pouvait-on entendre de la bouche des uns et des autres. Les vacances se passent dans la joie et la bonne humeur. Ses enfants s'entendent bien avec leurs cousins et cousines. &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir revu sa famille, il retourne voir son ancienne boutique, et il est surpris de voir que m&#234;me apr&#232;s avoir quitt&#233; le magasin, quelques ann&#233;es plus t&#244;t, il tourne toujours aussi bien. Le quotidien des vacances est rythm&#233; par des longues soir&#233;es familiales pendant lesquelles les quatre fr&#232;res et leurs familles respectives se retrouvent autour de la grand-m&#232;re qui r&#233;ussira tout au long de sa vie &#224; garder les liens entre ses fils.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux ann&#233;es suivantes, ils partent &#224; nouveau en vacances en avion au mois de juillet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mohamed n'a jamais pass&#233; son permis de conduire. Bien qu'en Belgique ce permis est &#171; distribu&#233; &#187; au d&#233;but des ann&#233;es septante, Mohamed a toujours refus&#233; de prendre le volant. Il ne voit pas l'int&#233;r&#234;t de disposer d'une voiture. Les bus roulent tr&#232;s bien. Et puis en voyant les &#233;normes tunnels creus&#233;s par d'autres de ses compatriotes et des immigr&#233;s turcs, il comprend que les m&#233;tros vont bient&#244;t faire leur apparition et r&#233;volutionner les transports. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les quatre enfants grandissent, et le prix du billet d'avion n'est plus accessible. Dor&#233;navant, le voyage vers le Maroc se fera en train. Le voyage dure deux nuits et trois jours. Le train part de la gare du Midi et arrive &#224; la gare d'Algesiras, &#224; la pointe de l'Espagne. Ensuite il faut prendre le bateau pour une travers&#233;e de deux heures trente jusqu'&#224; Tanger. Enfin, un taxi les emm&#232;ne &#224; la maison. Quatre semaines plus tard, c'est l'heure des adieux. La famille rentre en Belgique. Mohamed fait la promesse &#224; ses enfants que chaque ann&#233;e ils retourneront au pays, car il est important de maintenir le contact et de ne jamais renier ses origines.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Attention au rouge dans le bulletin !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les enfants travaillent tr&#232;s bien &#224; l'&#233;cole. Etant donn&#233; que les parents ne parlent pas le fran&#231;ais, les enfants s'expriment tr&#232;s bien en arabe &#233;galement. A chaque bulletin hebdomadaire, A&#239;cha regarde avec beaucoup d'attention les points. Comme elle n'a jamais &#233;t&#233; &#224; l'&#233;cole, elle ne fait pas de diff&#233;rence entre les diff&#233;rentes notes, 10, 9, 8, 7, 6&#8230; et remarques, mais lorsqu'il y a du rouge, son regard se durcit. Elle comprend que la note est mauvaise et se f&#226;che en demandant &#224; un autre enfant de lui &#171; traduire &#187; le bulletin de son fr&#232;re ou de sa s&#339;ur. Par principe, elle ne demande jamais &#224; un enfant de lui lire ce que l'instituteur ou professeur a &#233;crit dans son propre bulletin. Na&#239;ma traduit celui d'Anissa, Anissa celui de Mustapha, Mustapha celui de Nadia et elle-m&#234;me celui de Na&#239;ma. Pas de mensonges ! A&#239;cha met un point d'honneur &#224; ce que ses enfants r&#233;ussissent &#224; l'&#233;cole.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis toujours, Mohamed se rend aux r&#233;unions de parents de chaque enfant. Il ne parle pas fran&#231;ais convenablement mais r&#233;ussit &#224; dire aux instituteurs : &#171; Si Mustapha m&#233;chant, tu peux frapper. &#187; Il choque les professeurs qui lui r&#233;pondent : &#171; Monsieur, en Belgique on ne frappe pas les enfants. &#187; Mais c'est oublier que Mohamed, contrairement &#224; d'autres p&#232;res, n'a jamais lev&#233; la main sur un seul de ses enfants. C'est un v&#233;ritable papa-poule qui donne beaucoup d'amour &#224; ses enfants. A&#239;cha, quant &#224; elle, passe son temps &#224; les nourrir, les surprot&#233;ger et surtout &#224; leur donner l'envie d'&#233;tudier.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le temps passe &#8230;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but septembre 1985, alors qu'il n'a que 51 ans, Mohamed crache du sang et a une mauvaise toux. Tr&#232;s inquiet il va voir son m&#233;decin et celui-ci lui annonce que s'il continue &#224; fumer comme un turc, il va d&#233;velopper un cancer des poumons. C'est la douche froide. Il pense &#224; ses enfants et se dit qu'il ne peut pas leur faire cela. D&#232;s cet instant, il ne touchera plus une seule cigarette. Le 10 mars 1999, un nouveau drame a lieu : la maman de Mohamed d&#233;c&#232;de au Maroc. Sa peine est immense mais le 12 mars 1999, la naissance de son petit-fils Yassine, apaise sa douleur.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Parents fiers et grands-parents heureux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, A&#239;cha et Mohamed sont fiers de leurs enfants. Ils ont tous fait des &#233;tudes et ont d&#233;croch&#233; de bons jobs. Nadia et Mustapha sont infirmiers, respectivement en g&#233;riatrie et p&#233;diatrie, Anissa est employ&#233;e dans une soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine de consultants et Na&#239;ma est cadre dans le secteur du marketing financier. Ils sont tous mari&#233;s et sont devenus parents. La famille se compose dor&#233;navant de quatre enfants et huit petits-enfants. Les r&#233;unions de famille du samedi apr&#232;s-midi sont tr&#232;s anim&#233;es et toujours pleine d'amour, de bonne humeur et partage &#224; l'image de ce couple qui est rest&#233; soud&#233; malgr&#233; les dures &#233;preuves de la vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir travaill&#233; durement pr&#232;s de trente ans dans l'usine de ressorts m&#233;caniques, Mohamed, marqu&#233; par ce travail, profite pleinement de sa pension aupr&#232;s d'A&#239;cha. Ils se consacrent &#224; leurs huit petits-enfants, qu'ils aiment plus que tout, et passent quatre mois par an &#224; Tanger dans le magnifique duplex que leurs enfants leur ont offert. Jamais ses enfants ne le remercieront assez pour ce qu'il a accompli en compagnie de sa femme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel homme courageux mon grand-p&#232;re !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En Tanzanie, j'ai rencontr&#233; un Mauricien et &#8230; je suis tomb&#233;e enceinte (Micheline)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1307</link>
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		<dc:date>2021-06-15T04:33:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mich&#232;le A&amp;T</dc:creator>


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Expatriation</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration subsaharienne et descendants</dc:subject>
		<dc:subject>Racisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce r&#233;cit est extrait du projet &#034;Je raconte ma vie&#034; dans un groupe multiculturel &#224; la Fonderie en 2018 &lt;br class='autobr' /&gt;
1971. &#171; Mon dipl&#244;me d'infirmi&#232;re en poche, j'ai eu envie de partir en Afrique. Je ne voulais plus rester dans le village &#224; Aubange et je n'avais pas d'autre alternative que d'aller comme b&#233;n&#233;vole. J'&#233;tais tr&#232;s croyante et j'ai eu envie de donner deux ann&#233;es de ma vie en Afrique, au Rwanda, o&#249; j'ai rencontr&#233; une religieuse la&#239;que tr&#232;s bien, qui travaillait l&#224;-bas et avait besoin de quelqu'un. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Quand je (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot188" rel="tag"&gt;Expatriation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot194" rel="tag"&gt;Immigration subsaharienne et descendants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot199" rel="tag"&gt;Racisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce r&#233;cit est extrait du projet &#034;Je raconte ma vie&#034; dans un groupe multiculturel &#224; la Fonderie en 2018&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1971. &#171; Mon dipl&#244;me d'infirmi&#232;re en poche, j'ai eu envie de partir en Afrique. Je ne voulais plus rester dans le village &#224; Aubange et je n'avais pas d'autre alternative que d'aller comme b&#233;n&#233;vole. J'&#233;tais tr&#232;s croyante et j'ai eu envie de donner deux ann&#233;es de ma vie en Afrique, au Rwanda, o&#249; j'ai rencontr&#233; une religieuse la&#239;que tr&#232;s bien, qui travaillait l&#224;-bas et avait besoin de quelqu'un. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand je suis arriv&#233;e &#224; Kigali, l'Afrique m'a compl&#232;tement mise en joie. C'&#233;tait ce qui me convenait. La couleur brique me plaisait, le sol, le soleil, le ciel bas&#8230; La chaleur &#233;tait &#233;touffante mais je me sentais bien. J'avais trouv&#233; mon pays. Je m'y suis sentie tout de suite chez moi. Je me suis dit que j'&#233;tais revenue chez moi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant des vacances en Tanzanie, j'ai rencontr&#233; un Mauricien. Il &#233;tait super chouette et je suis tomb&#233;e enceinte. J'&#233;tais tr&#232;s na&#239;ve et tr&#232;s jeune&#8230; Je suis retourn&#233;e &#224; Murunda et j'ai d&#251; annoncer cela &#224; Agn&#232;s, avec qui je travaillais. Elle n'a rien dit si ce n'est qu'elle m'a annonc&#233; que je ne pouvais plus rester que 5 mois. Je grossissais et les gens disaient &#171; Micheline mange beaucoup de bananes &#187;. Ils ne voyaient pas que j'&#233;tais enceinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin d&#233;cembre 1972, je suis rentr&#233;e &#224; Bruxelles o&#249; je me suis un peu d&#233;brouill&#233;e. Puis, enceinte de 7 mois et demi, je me suis dit que je n'allais pas accoucher &#224; Bruxelles parce que mes parents voulaient faire adopter l'enfant. Ma m&#232;re me disait incapable d'&#233;lever un enfant. Donc j'&#233;cris vite au gar&#231;on dont j'avais l'adresse en lui disant que je voulais venir. Lui voulait m'&#233;pouser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis retourn&#233;e chez lui, &#224; Tabora. J'ai &#233;t&#233; tr&#232;s bien accueillie et j'y suis rest&#233;e deux ans. Mon fils est n&#233;. On vivait &#224; 6 ou 7, avec ses s&#339;urs, dans une petite maison de 4 pi&#232;ces. Avec le recul, je me demande comment j'ai pu m'adapter aussi facilement. Mais en Afrique, j'&#233;tais chez moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais revenue une fois pour pr&#233;senter mon fils &#224; mes parents qui ne voulaient pas que je rentre en Afrique. Alors j'ai retravaill&#233; un mois pour pouvoir payer mon billet d'avion et je suis repartie. Et l&#224;-bas, mes beaux-parents m'ont dit qu'il fallait que je rentre en Belgique pour que leur fils puisse venir. Ils voulaient tous quitter la Tanzanie mais ils ne savaient pas partir. C'&#233;tait un pays communiste qu'il &#233;tait tr&#232;s difficile de quitter. Je suis &#224; nouveau rentr&#233;e et je suis rest&#233;e &#224; Bruxelles. J'ai travaill&#233; beaucoup pendant 4 mois et j'ai pu envoyer son billet d'avion &#224; mon mari. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand mon mari mauricien est arriv&#233; en Belgique, il &#233;tait tout &#233;merveill&#233; parce qu'il n'avait jamais vu un aspirateur et il s'amusait &#224; passer l'aspirateur. C'&#233;tait amusant. Il s'achetait des jouets d'enfant, des trains &#233;lectriques&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 12 ans de mariage et 3 enfants, nous avons divorc&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes enfants ont parfois soufferts d'&#234;tre m&#233;tis, surtout mon fils a&#238;n&#233;. Un jour, il a caress&#233; le petit chien d'une dame qui lui a dit : &#171; macaque, ne touche pas &#224; mon chien ! &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Eva, un parcours entre la Belgique et l'Alg&#233;rie</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1306</link>
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		<dc:date>2021-06-14T07:37:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mich&#232;le A&amp;T</dc:creator>


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Expatriation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Je raconte ma vie&#034; dans un groupe interculturel &#224; la Fonderie en 2018. &lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;sum&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Eva na&#238;t &#224; Renaix (Belgique) en 1944. Elle est l'a&#238;n&#233;e de 5 enfants. Apr&#232;s des &#233;tudes d'institutrice &#224; Bruxelles, elle part enseigner en Alg&#233;rie en 1964. Elle y rencontre son mari, un Alg&#233;rien Kabyle, avec qui elle a deux enfants. Dans les ann&#233;es 90, Eva conna&#238;t la mont&#233;e de l'int&#233;grisme et les attentats &#224; Alger. Apr&#232;s quelques allers et retours entre l'Alg&#233;rie et la Belgique, elle revient vivre d&#233;finitivement en (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot188" rel="tag"&gt;Expatriation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &#034;Je raconte ma vie&#034; dans un groupe interculturel &#224; la Fonderie en 2018.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;En r&#233;sum&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Eva na&#238;t &#224; Renaix (Belgique) en 1944. Elle est l'a&#238;n&#233;e de 5 enfants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s des &#233;tudes d'institutrice &#224; Bruxelles, elle part enseigner en Alg&#233;rie en 1964. Elle y rencontre son mari, un Alg&#233;rien Kabyle, avec qui elle a deux enfants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les ann&#233;es 90, Eva conna&#238;t la mont&#233;e de l'int&#233;grisme et les attentats &#224; Alger. &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s quelques allers et retours entre l'Alg&#233;rie et la Belgique, elle revient vivre d&#233;finitivement en Belgique &#224; 50 ans, en 1994. Elle y trouve rapidement du travail en tant qu'enseignante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Son mari vient la rejoindre en 1998. &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s sa retraite, Eva travaille pour un dispositif d'accrochage scolaire, pendant trois ou quatre ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, elle vit &#224; Bruxelles avec son mari et ils sont grands-parents d'une petite fille.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une famille bilingue&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ma grand-m&#232;re &#233;tait ling&#232;re, c'est un m&#233;tier qui n'existe plus. Elle faisait des sous-v&#234;tements : des chemises, des combinaisons, des culottes larges, en soie, avec de la dentelle&#8230; Beaucoup de jeunes filles faisaient &#231;a. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous vivions avec nos grands-parents maternels, ce qui est plut&#244;t rare en Belgique, parce que c'&#233;tait la guerre. J'ai baign&#233; dans le bilinguisme, pour moi, c'est important. On parlait les deux langues &#224; la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pendant les vacances, je partais &#224; Bruxelles avec mon grand-p&#232;re parce que la famille de maman &#233;tait originaire de Bruxelles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis ici aujourd'hui parce que je suis grand-m&#232;re depuis 3 ans d'une petite fille. Et je me suis dit que c'&#233;tait important qu'elle connaisse ses origines. D'autant plus qu'elle aura des origines multiples puisque je suis belge, mon mari berb&#232;re, ma fille est plus belge qu'alg&#233;rienne et son mari a des origines fran&#231;aises et portugaises. Donc je crois qu'il est important qu'elle connaisse un peu ses racines.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mon enfance et adolescence de Renaix &#224; Bruxelles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Maman voulait que je m'appelle Eva mais papa voulait que je m'appelle Godelieve. J'y ai &#233;chapp&#233; ! Mais personne ne s'appelait Eva quand j'&#233;tais &#224; l'&#233;cole. Il y avait des Anne, Danielle, Fran&#231;oise mais moi, j'&#233;tais toujours unique. Et quand on est gosse, on a envie d'&#234;tre comme les autres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A l'&#233;cole maternelle, j'&#233;tais dans la classe de Mme Rose. A la fin des ann&#233;es 40, tout le monde n'allait pas &#224; l'&#233;cole maternelle. J'ai revu des photos il n'y a pas longtemps, nous &#233;tions 34 et nous ne bougions pas ! Si nous &#233;tions trop remuants, elle nous enfermait dans un petit cagibi au fond de la classe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fait mes primaires et l'ath&#233;n&#233;e &#224; Renaix, en fran&#231;ais parce que ma grand-m&#232;re disait &#171; avec le flamand, on ne va nulle part &#187;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai donc fait toute ma scolarit&#233; en fran&#231;ais. Une fois par an, les inspecteurs passaient et je ne pouvais surtout pas dire qu'on parlait n&#233;erlandais &#224; la maison. Mes instits me le rappelaient chaque fois. Si tes parents parlaient n&#233;erlandais, on te faisait changer de section. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A la maison, la famille fonctionnait comme une petite entreprise : maman &#233;tait tr&#232;s ordonn&#233;e. Et il ne s'agissait pas, le matin, avant de partir, de rousp&#233;ter pour ne pas mettre tel ou tel v&#234;tement. On avait tous les cinq notre chaise, avec les v&#234;tements pr&#234;ts, et on devait mettre ce qui &#233;tait pr&#233;par&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'&#233;tais dans un mouvement scout, les Cadets de la Croix-Rouge, et j'y ai fait toute mon adolescence. J'ai commenc&#233; vers 11 ans. On se r&#233;unissait tous les samedis et on allait au camp. On avait des tas d'activit&#233;s. J'y ai trouv&#233; une certaine camaraderie. On faisait des balades en pleine nature, on a appris les premiers soins, la botanique, &#224; faire des n&#339;uds. On faisait souvent des camps. On y allait &#224; la No&#235;l, &#224; P&#226;ques et fin ao&#251;t. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vie professionnelle entre l'Alg&#233;rie et la Belgique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; La fille avec qui je kotais m'a propos&#233; de voyager. Elle &#233;tait beaucoup plus politis&#233;e que moi &#8211; qui ne savais rien &#8211; et m'a propos&#233; de partir en Alg&#233;rie. Elle me proposait une campagne d'alphab&#233;tisation en Alg&#233;rie. On &#233;tait en 1964. L'Alg&#233;rie &#233;tait ind&#233;pendante depuis deux ans. Nous sommes all&#233;es faire de l'alphab&#233;tisation &#224; l'&#233;cole normale de Ben Aknoun. Il y avait un internat. Il y avait des jeunes Alg&#233;riennes qui, pendant l'&#233;t&#233;, faisaient un mois ou six semaines de formation pour enseigner dans les &#233;coles. Nous les aidions, on pr&#233;parait des le&#231;ons et on donnait cours. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1969, j'ai &#233;t&#233; directrice d'&#233;cole, j'ai enseign&#233; les maths, j'&#233;tais dans ce qui &#233;tait l'&#233;quivalent du secondaire inf&#233;rieur. Ensuite, on a alg&#233;rianis&#233; et j'ai perdu mon emploi de directrice. On ne laissait plus de direction aux personnes d'origine &#233;trang&#232;re. Apr&#232;s une vingtaine d'ann&#233;es, il y avait de moins en moins de coop&#233;rants. Enfin, moi, je n'&#233;tais pas coop&#233;rante, j'avais ce qu'on appelle un contrat de droit commun, parce que mari&#233;e &#224; un Alg&#233;rien. Donc j'ai perdu mon boulot, j'ai travaill&#233; dans une petite entreprise priv&#233;e puis j'ai travaill&#233; environ cinq ans &#224; l'ambassade de Belgique. L&#224;, je me plaisais beaucoup parce que je d&#233;couvrais qu'&#224; plus de quarante ans, je pouvais faire autre chose qu'enseigner. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Puis, il y a eu la mont&#233;e de l'int&#233;grisme en 1991. Il y a eu des assassinats. Moi je ne voulais pas partir, je ne comprenais pas pourquoi mais mon mari m'a forc&#233; la main. J'avais cinquante ans, je pensais ne jamais retravailler. Finalement, j'ai tout de suite trouv&#233; du boulot. Huit jours apr&#232;s mon retour en Belgique, j'avais du travail parce qu'il n'y avait pas d'enseignants, pas d'instits&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A l'&#226;ge de la pension, j'ai m&#234;me fait des d&#233;marches pour continuer &#224; travailler. Je voulais faire de la rem&#233;diation en fran&#231;ais. Mais ils m'ont dit &#171; non, 65 ans, c'est bien &#187;. J'ai travaill&#233; au dispositif d'accrochage scolaire apr&#232;s ma retraite. C'est surtout de l'apprentissage du fran&#231;ais, les notions de base, et parfois un peu de math. J'ai fait &#231;a &#224; l'&#233;cole, o&#249; je connaissais les gosses. J'avais parfois quinze &#233;l&#232;ves alors qu'on peut en prendre quatre ou cinq&#8230; &#171; on vient Madame ! &#187;. J'ai fait &#231;a encore trois ou quatre ans apr&#232;s ma retraite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le plus difficile dans le travail d'enseignant, c'est que tu n'as jamais fini. Tu es toujours en train de penser &#224; ce que tu vas faire, &#224; tes projets, &#224; la f&#234;te de l'&#233;cole&#8230; Certains enfants sont tr&#232;s difficiles aussi. Il y avait ceux qui ne parlaient pas un mot de fran&#231;ais. Un gamin de six ans qui ne sait pas exprimer ce qu'il veut, c'est tr&#232;s compliqu&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Entre ici et l&#224;-bas, en Alg&#233;rie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; En Alg&#233;rie, on d&#233;couvrait &#233;videmment une toute autre vie que chez nous. Le soleil d'abord, qui me manque encore. Une certaine convivialit&#233; aussi. Chez moi, tout &#233;tait un probl&#232;me, tout &#233;tait toujours dramatique. Et en Alg&#233;rie, rien n'&#233;tait un probl&#232;me. Il y avait des familles de sept ou huit gosses mais jamais ce n'&#233;tait quelque chose de dur. Il y avait une bonne humeur et une convivialit&#233; qu'il n'y avait pas chez nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Evidemment, chez mes parents, ce n'&#233;tait pas la joie. Ils n'&#233;taient pas ravis de me voir revenir avec un Alg&#233;rien. Comme mon p&#232;re avait le temp&#233;rament flamand, il ne parlait pas beaucoup. Pour mon mari, qui vient de la M&#233;diterran&#233;e et parle beaucoup, &#231;a faisait un grand choc des cultures. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'&#233;tais au service du commerce ext&#233;rieur de l'ambassade de Belgique. Et &#231;a me plaisait beaucoup parce que j'avais &#224; la fois le contact avec la Belgique et le contact avec l'Alg&#233;rie. Il n'y avait pas internet, on n'avait pas de journaux belges, de temps en temps, on arrivait &#224; avoir des journaux fran&#231;ais, on n'avait pas la t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise&#8230; donc on n'&#233;tait pas au courant de l'&#233;volution des choses en Belgique. On &#233;tait surtout ax&#233; sur l'Alg&#233;rie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'&#233;tait tr&#232;s compliqu&#233; de devenir alg&#233;rienne. J'y ai pens&#233; et j'ai m&#234;me fait des d&#233;marches mais c'est tr&#232;s long et &#224; l'&#233;poque, j'aurais perdu ma nationalit&#233; belge. Je me sentais prise &#224; la gorge. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Arriv&#233; en Belgique, mon mari va pour s'inscrire &#224; la commune &#224; Auderghem, et l&#224;, on lui dit qu'il est belge en Alg&#233;rie mais alg&#233;rien en Belgique. Il a fallu faire les d&#233;marches, retourner au tribunal, au Palais de Justice&#8230; On avait des documents mais &#231;a ne comptait pas. Et au Palais de Justice, on disait &#224; mon mari &#171; mais pourquoi venez-vous ? Vous &#234;tes belge, vous avez les papiers ! &#187;. Pour finir, &#231;a s'est arrang&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La guerre ici&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mon p&#232;re &#233;tait jeune au d&#233;but de la guerre. En 1941. Il a &#233;t&#233; appel&#233; sous les drapeaux, son r&#233;giment a &#233;t&#233; fait prisonnier au tout d&#233;but de la guerre, et ils sont all&#233;s travailler dans les fermes en Allemagne de l'Est. Ils &#233;taient casern&#233;s et tous les matins, le camion les d&#233;posait dans les fermes environnantes. Il a &#233;t&#233; d&#233;mobilis&#233; parce qu'il &#233;tait flamand. Il est revenu en Belgique. Les Wallons sont rest&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La mont&#233;e de l'islamisme en Alg&#233;rie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Puis viennent les ann&#233;es 90 en Alg&#233;rie et la mont&#233;e de l'islamisme. Il commence &#224; y avoir des attentats, il n'y a plus qu'un seul parti politique&#8230; On tue et on tue surtout ce qui repr&#233;sente l'autorit&#233; : les gendarmes, les militaires, les magistrats. Et les &#233;trangers et les &#233;trang&#232;res. Il y a eu des d&#233;c&#232;s dans la famille de mon mari, des gens qui ont &#233;t&#233; pris dans des barrages sur la route et qu'on a tu&#233;s. C'&#233;tait le GIA qui voulait prendre le pouvoir. Toutes les familles ont souffert de &#231;a. Je connaissais une Fran&#231;aise qui travaillait dans un d&#233;partement de l'ambassade et qui s'est fait &#233;gorger en pleine rue. C'&#233;taient des situations terribles. Moi, je n'ai jamais eu peur. Et je n'ai jamais &#233;t&#233; agress&#233;e. La plupart de ces femmes &#233;taient int&#233;gr&#233;es, parlaient l'arabe couramment, fr&#233;quentaient les march&#233;s populaires. Ils ciblaient les journalistes, les syndicalistes, les &#233;trangers&#8230; Il y avait des combats entre groupes dans la rue. Des voisins venaient alors et nous disaient de nous mettre dans la cage d'escaliers, de nous &#233;loigner des fen&#234;tres&#8230; Ca devenait tr&#232;s dangereux et difficile. Alger est une ville construite sur les hauteurs et j'habitais au cinqui&#232;me &#233;tage. On avait une vue splendide d'un c&#244;t&#233; sur le port d'Alger et de l'autre sur la colline et les petits chemins qui descendaient vers le centre et le port. C'est l&#224; qu'il y avait les accrochages entre la police et les groupes arm&#233;s. On entendait les coups de feu. Nous &#233;tions aux premi&#232;res loges et n'&#233;tions pas &#224; l'aise. Et quand mon mari n'&#233;tait pas rentr&#233;, on se demandait quoi. Mais nous &#233;tions aid&#233;s dans l'immeuble. Les voisins nous prenaient parfois chez eux. Durant toute une p&#233;riode, on m'amenait au travail et on me ramenait, soit mon mari, soit le chauffeur de l'ambassade qui faisait la tourn&#233;e des secr&#233;taires. Ca devenait invivable. J'allais &#224; la r&#233;union des parents d'&#233;l&#232;ves de l'&#233;cole de ma fille, qui &#233;tait &#224; Sainte Elisabeth, et on m'y demandait comment j'avais os&#233; sortir. C'&#233;tait &#224; trois cents m&#232;tres de chez moi. Mais il faut quand m&#234;me vivre ! La s&#233;curit&#233; &#233;tait compliqu&#233;e pour les Alg&#233;riens comme pour les &#233;trangers. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce en quoi je crois&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne connaissais pas grand-chose de la religion musulmane mais je n'ai jamais senti de diff&#233;rence entre mon mari alg&#233;rien et un Europ&#233;en. Il ne m'a jamais rien impos&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ma belle-m&#232;re a beaucoup &#233;t&#233; aid&#233;e par les s&#339;urs blanches qui lui ont fourni du travail &#224; l'h&#244;pital Mustafa. Elle a eu une formation d'aide-soignante : elle nettoyait les salles d'op&#233;ration, st&#233;rilisait les instruments dans les autoclaves&#8230; donc elle &#233;tait tr&#232;s souvent en contact avec ce qu'on appelait les s&#339;urettes, les s&#339;urs blanches qui portaient la coiffe. Elle allait aussi bien prier &#224; l'&#233;glise qu'&#224; la mosqu&#233;e. J'ai d&#233;couvert un islam tr&#232;s tol&#233;rant, tr&#232;s ouvert et, par rapport &#224; l'ancien testament, c'&#233;tait le m&#234;me socle, la m&#234;me chose. C'&#233;tait le contraire de la religion catholique que j'avais connue en Belgique avec le cur&#233; intransigeant. Bien s&#251;r, les choses ont &#233;volu&#233; et c'est devenu beaucoup plus intol&#233;rant avec le temps. La religion a fini par prendre le pas sur tout. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon mari est de culture musulmane mais pas religieux du tout. Et ce n'est pas un cas unique, j'en connais plein comme lui. &lt;br class='autobr' /&gt;
Moi, j'&#233;tais pratiquante quand j'&#233;tais enfant. Je m'en suis beaucoup d&#233;tach&#233;e en grandissant. Maintenant, je peux dire que la religion n'encombre pas ma vie. Je crois plut&#244;t &#224; cette force qui dirige notre vie, ce qui fait qu'on fait tel choix plut&#244;t qu'un autre&#8230; On peut appeler &#231;a Dieu, ou l'esprit ou ce qu'on veut. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Du Maroc &#224; la Belgique, d'une g&#233;n&#233;ration &#224; l'autre, les mariages dans notre famille</title>
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		<dc:date>2021-06-14T06:33:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Musulman.e (&#234;tre)</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration nord africaine et descendants</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce r&#233;cit est extrait du projet &#034;Je raconte ma vie&#034; dans un groupe interculturel &#224; la Fonderie en 2018. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes 3 s&#339;urs : Jamila, Soumaya et Botayna. Il y a 18 ans d'&#233;cart entre la plus jeune et la plus &#226;g&#233;e d'entre nous. Nous avons eu un grand-p&#232;re polygame au Maroc. Notre m&#232;re s'est mari&#233;e &#224; 12 ans. Toutes les 3, nous nous sommes mari&#233;es, avec des parcours tr&#232;s diff&#233;rents &#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre grand-p&#232;re maternel &#233;tait tr&#232;s amoureux de sa femme. Et pourtant, il &#233;tait polygame : il a eu 4 femmes. Chacune avait sa (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot135" rel="tag"&gt;Amour, mariage, divorce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot182" rel="tag"&gt;Musulman.e (&#234;tre)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot193" rel="tag"&gt;Immigration nord africaine et descendants&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH101/arton1304-8cc20.jpg?1776943995' width='150' height='101' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce r&#233;cit est extrait du projet &#034;Je raconte ma vie&#034; dans un groupe interculturel &#224; la Fonderie en 2018.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous sommes 3 s&#339;urs : Jamila, Soumaya et Botayna. Il y a 18 ans d'&#233;cart entre la plus jeune et la plus &#226;g&#233;e d'entre nous. Nous avons eu un grand-p&#232;re polygame au Maroc. Notre m&#232;re s'est mari&#233;e &#224; 12 ans. Toutes les 3, nous nous sommes mari&#233;es, avec des parcours tr&#232;s diff&#233;rents &#8230; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre grand-p&#232;re maternel &#233;tait tr&#232;s amoureux de sa femme. Et pourtant, il &#233;tait polygame : il a eu 4 femmes. Chacune avait sa chambre avec 6 ou 7 enfants. La seule qu'il aimait beaucoup, c'est notre grand-m&#232;re. Ils formaient un couple tr&#232;s uni. Tous ses mariages &#233;taient officiels et l&#233;gaux. A 80 ans, il s'est remari&#233; une 5e fois parce que lui et notre grand-m&#232;re &#233;taient malades et que toutes ses autres femmes &#233;taient d&#233;c&#233;d&#233;es. Ainsi, il s'est donc mari&#233; une derni&#232;re fois avec cette jeune fille pour qu'elle s'occupe de lui et de ma grand-m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jamila&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis l'a&#238;n&#233;e des s&#339;urs, n&#233;e en 1956 au Maroc. Mes grands-parents paternels m'ont &#233;lev&#233;e quand j'&#233;tais petite parce que ma m&#232;re &#233;tait trop jeune. Elle avait 15 ans quand je suis n&#233;e. Mes parents se sont mari&#233;s quand mon p&#232;re avait 18 ans et ma m&#232;re 12. C'est comme si j'avais deux mamans et deux papas. A l'&#226;ge de 25 ans, ma m&#232;re avait d&#233;j&#224; eu 6 enfants. Je l'aidais &#224; faire les courses et &#224; s'occuper de mes fr&#232;res et s&#339;urs. J'&#233;tais leur deuxi&#232;me maman. Je n'ai presque pas &#233;t&#233; &#224; l'&#233;cole.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me suis mari&#233;e en 1973 en Belgique avec un Alg&#233;rien. J'avais 18 ans et je vous voulais me d&#233;barrasser de mon p&#232;re, trop autoritaire. J'ai commenc&#233; &#224; travailler et puis, tr&#232;s vite je suis tomb&#233;e enceinte. Apr&#232;s mon accouchement, j'ai travaill&#233; dans la cantine d'un h&#244;pital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon mari me battait. Plusieurs fois, j'ai pris ma fille et mes valises pour partir chez mon p&#232;re &#224; Charleroi. Mon p&#232;re me conseillait de divorcer. Un jour, pendant que j'&#233;tais &#224; Charleroi, chez mes parents, mon mari est venu pour voir sa fille. Il a kidnapp&#233; notre fille et l'a emmen&#233;e &#224; Bruxelles chez un copain. Alors mon p&#232;re et moi avons port&#233; plainte &#224; la police. Avec l'aide de la police, j'ai repris ma fille. Nous sommes retourn&#233;es vivre chez mes parents. Quelques mois plus tard, mon oncle est venu nous voir avec mon mari. Il voulait que je donne une derni&#232;re chance &#224; mon mari. Mon p&#232;re a accept&#233;. Nous avons donc rev&#233;cu ensemble. Mon mari m'a tromp&#233;e. J'ai divorc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Soumaya&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis n&#233;e en 1960 au Maroc. J'avais 7 ans quand je suis arriv&#233;e en Belgique. Mari&#233;e tr&#232;s jeune, &#224; 16 ans, je n'ai pas termin&#233; l'&#233;cole. C'&#233;tait un mariage arrang&#233;, pas un mariage d'amour. Je me suis d'abord mari&#233;e au Maroc. Puis je suis revenue ici et j'ai chang&#233; d'avis. Il aurait fallu que je repasse &#224; la commune et je ne voulais plus. C'&#233;tait trois mois apr&#232;s mon mariage. Devant le bourgmestre &#224; la commune, j'ai dit non. Mon p&#232;re s'est mis dans une col&#232;re incroyable. Il ne m'avait jamais frapp&#233;e mais ce jour-l&#224;, il m'a donn&#233; une gifle. Alors on a repris une date &#224; la commune. J'avais deux choix, soit m'enfuir, mais o&#249; ? Ou bien me marier et tout accepter. Et je ne voulais pas que ma m&#232;re souffre. J'ai donc accept&#233; le mariage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, je suis divorc&#233;e, habite Bruxelles et suis grand-m&#232;re de 6 petits-enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Botayna&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis n&#233;e en 1974, en Belgique. Je suis la plus jeune de la famille. Tr&#232;s vite, je retourne vivre au Maroc et j'y fais mes &#233;tudes. Je reviens en Belgique &#224; l'&#226;ge de 19 ans, apr&#232;s m'&#234;tre mari&#233;e au Maroc avec un homme de nationalit&#233; belge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon mari vivait ici en Belgique et donc nous sommes partis vivre en Belgique. J'&#233;tais contente de partir avec un mari que j'avais choisi, qui &#233;tait tr&#232;s gentil. Puis je suis tomb&#233;e enceinte. J'ai eu deux enfants. Et c'&#233;tait dur parce qu'il me manquait quelque chose : cette chaleur humaine&#8230; Les voisins, les amis, ma maman me manquaient. Je n'&#233;tais pas d&#233;prim&#233;e mais j'avais id&#233;alis&#233; mon arriv&#233;e ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon mari allait travailler le matin et rentrait le soir. Je restais seule &#224; l'attendre et ce n'&#233;tait pas gai. Apr&#232;s, j'ai commenc&#233; &#224; travailler et &#231;a a &#233;t&#233; mieux. J'ai commenc&#233; &#224; m'habituer, &#224; sortir toute seule, faire mes courses. J'ai &#233;t&#233; secr&#233;taire, interpr&#232;te, j'ai travaill&#233; et travaille toujours actuellement dans des projets sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, je suis une femme &#233;panouie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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