<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
><channel xml:lang="fr">
	<title>Ages et transmissions</title>
	<link>https://agesettransmissions.be/</link>
	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>Ages et transmissions</title>
		<url>https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L144xH138/siteon0-31eb6.png?1779779700</url>
		<link>https://agesettransmissions.be/</link>
		<height>138</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Une cuisine rudimentaire (Michel M.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1513</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1513</guid>
		<dc:date>2025-08-01T07:35:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Femme, f&#233;minisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mes souvenirs ne remontent pas avant 1956, j'avais 6 ans, quand nous avons d&#233;m&#233;nag&#233; dans cette toute petite maison, une parmi trois au bout d'un chemin en cul-de-sac. &lt;br class='autobr' /&gt;
La minuscule cuisine &#233;tait tout sauf pratique : Un grand &#233;vier en email, un &#233;gouttoir en bois en partie d&#233;compos&#233;, un tube fluorescent au plafond, et une vieille cuisini&#232;re qui fonctionnait au gaz butane. Il n'y avait vraiment pas de quoi inspirer ma m&#232;re qui seule &#233;tait charg&#233;e de pr&#233;parer les repas. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si elle pr&#233;parait les repas, elle (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot133" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot148" rel="tag"&gt;Femme, f&#233;minisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mes souvenirs ne remontent pas avant 1956, j'avais 6 ans, quand nous avons d&#233;m&#233;nag&#233; dans cette toute petite maison, une parmi trois au bout d'un chemin en cul-de-sac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La minuscule cuisine &#233;tait tout sauf pratique : Un grand &#233;vier en email, un &#233;gouttoir en bois en partie d&#233;compos&#233;, un tube fluorescent au plafond, et une vieille cuisini&#232;re qui fonctionnait au gaz butane. Il n'y avait vraiment pas de quoi inspirer ma m&#232;re qui seule &#233;tait charg&#233;e de pr&#233;parer les repas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle pr&#233;parait les repas, elle n'&#233;tait en rien dou&#233;e en la mati&#232;re. Mais en avait-elle le choix ? Mon p&#232;re savait-il seulement se pr&#233;parer un &#339;uf ? Laiss&#233; &#224; lui-m&#234;me, il se serait fait des tartines ou aurait ouvert des bo&#238;tes de conserve. Dans les ann&#233;es 60 on ne trouvait pas encore de plats pr&#233;par&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions d&#233;j&#224; un frigo, c'&#233;tait un Electrolux avec poign&#233;e, il &#233;tait petit, et contenait un minuscule bac &#224; glace. Il n'y avait pas de surgel&#233;s &#224; l'&#233;poque !&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'avions pas de voiture, en ce temps-l&#224;, cela n'&#233;tait pas n&#233;cessaire : le laitier, l'&#233;picier, le boulanger livraient &#224; domicile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la maison l'eau du robinet &#233;tant impropre &#224; la consommation (elle venait d'un puits), on buvait de l'eau en bouteille de verre, Spa Monopole, Spa Citron, Spa Orange.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'ap&#233;ritif (Dominique B)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1512</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1512</guid>
		<dc:date>2024-08-28T10:37:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;S'il ressemble &#224; &#171; app&#233;tit &#187;, c'est parce qu'il est servi avant le repas pour, en principe, ouvrir notre app&#233;tit. All&#233;chant, il &#233;voque le plaisir, la convivialit&#233;, la promesse d'un bon moment pass&#233; ensemble. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour moi, le mot &#034;ap&#233;ritif&#034; contient un peu de nostalgie d'enfance. Dans les ann&#233;es 1960, le m&#233;nage mod&#232;le se devait de &#171; recevoir &#187; ses invit&#233;s selon certains codes, dont la proposition de l'ap&#233;ritif : &#171; Vous joindrez-vous &#224; nous pour l'ap&#233;ritif ? &#187; &#171; C'est bient&#244;t l'heure de l'ap&#233;ritif ! &#187; &#171; Puis-je (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot133" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il ressemble &#224; &#171; app&#233;tit &#187;, c'est parce qu'il est servi avant le repas pour, en principe, ouvrir notre app&#233;tit. All&#233;chant, il &#233;voque le plaisir, la convivialit&#233;, la promesse d'un bon moment pass&#233; ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, le mot &#034;ap&#233;ritif&#034; contient un peu de nostalgie d'enfance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les ann&#233;es 1960, le m&#233;nage mod&#232;le se devait de &#171; recevoir &#187; ses invit&#233;s selon certains codes, dont la proposition de l'ap&#233;ritif :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;&#171; Vous joindrez-vous &#224; nous pour l'ap&#233;ritif ? &#187;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#171; C'est bient&#244;t l'heure de l'ap&#233;ritif ! &#187;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#171; Puis-je vous servir un ap&#233;ritif ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br class='manualbr'&gt;
&lt;p&gt;Mes parents ne buvaient pas d'alcool hormis parfois de la bi&#232;re au repas le dimanche (de la double ou triple Piedboeuf). N&#233;anmoins ils se pliaient au rituel lorsque nous avions des invit&#233;s. Ma nostalgie n'est pas dans le la boisson elle-m&#234;me puisque, en tant qu'enfants, nous n'&#233;tions pas autoris&#233;es &#224; boire de l'alcool, mais bien dans l'occasion de participer &#224; une ambiance de f&#234;te avec des invit&#233;s de bonne humeur sous l'effet des vapeurs &#233;thyliques. J'aimais aussi l'esth&#233;tique des bouteilles, le son des gla&#231;ons dans le verre, les couleurs chaudes et dor&#233;es des liquides qui paraissaient si savoureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'occasion ma m&#232;re &#171; s'adonnait &#187; &#224; la cigarette avec un fume-cigarette, &#224; l'instar des h&#233;ro&#239;nes de films am&#233;ricains des ann&#233;es 1950-1960 encore dans l'ignorance des m&#233;faits du tabagisme. Elle ne fumait d'ailleurs qu'en soci&#233;t&#233;. Mon p&#232;re lui, ne fumait pas et n'&#233;tait pas pr&#234;t &#224; c&#233;der aux m&#339;urs de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est fascinant aujourd'hui d'observer les films am&#233;ricains des ann&#233;es 1950-1960. Dans presque chaque sc&#232;ne d'int&#233;rieur, les personnages boivent et fument &#224; r&#233;p&#233;tition. Comme pour se donner une contenance, ins&#233;rer un semblant d'action, une question d'image ind&#233;niablement. Celle d'un homme s&#251;r de lui, viril et ma&#238;tre de son destin tel le fameux &#171; cow-boy Marlboro &#187; dont la publicit&#233; a envahi les &#233;crans de t&#233;l&#233;vision, les panneaux publicitaires et les magazines jusque dans les ann&#233;es 1980. Le marketing visait aussi la gent f&#233;minine en lui sugg&#233;rant l'image de femmes s&#251;res d'elles, dominatrices, dont la cigarette &#233;tait un &#233;l&#233;ment-cl&#233; de s&#233;duction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre les deux guerres, les r&#233;clames murales pour les ap&#233;ritifs &#233;taient courantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles revendiquaient les qualit&#233;s digestives de leur composant. Par exemple, le quinquina dans le Saint-Rapha&#235;l, l'artichaut dans le Cynar. L'argument de vente d'alors &#233;tait d'ordre m&#233;dicinal. Il n'est plus invoqu&#233; aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;cemment, depuis les ann&#233;es 1970, la dur&#233;e de l'ap&#233;ritif a augment&#233; et ce moment s'accompagne de la consommation de diff&#233;rents produits con&#231;us pour cette occasion. Le &#171; moment ap&#233;ritif &#187; est un moment privil&#233;gi&#233;, un instant de communion qui a sa place dans une soci&#233;t&#233; parfois mise &#224; mal par l'individualisme. Honorons ces moments de convivialit&#233; avec joie et mod&#233;ration. A votre bonne sant&#233; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La vie quotidienne dans les ann&#233;es 60 (Dominique B.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1390</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1390</guid>
		<dc:date>2022-07-01T13:55:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;LE PETIT-DEJEUNER &lt;br class='autobr' /&gt;
Maman se levait toujours la premi&#232;re. Elle pr&#233;parait le petit-d&#233;jeuner, d&#233;j&#224; habill&#233;e, coiff&#233;e, maquill&#233;e, un petit tablier autour de la taille. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des c&#233;r&#233;ales Corn flakes ou Rice Krispies de Kellogg's que nous appelions &#171; Pif, paf pof &#187; &#224; cause du petit cr&#233;pitement que l'on entendait lorsqu'on y versait le lait. Le lait, pasteuris&#233; Stabilac dans des bouteilles d'1 L en verre blanc, portait l'inscription RINCEZ-MOI S.V.P - SPOEL MIJ A.U.B. Un livreur reprenait les bouteilles vides laiss&#233;es (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot133" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot175" rel="tag"&gt;Vie quotidienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE PETIT-DEJEUNER&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maman se levait toujours la premi&#232;re. Elle pr&#233;parait le petit-d&#233;jeuner, d&#233;j&#224; habill&#233;e, coiff&#233;e, maquill&#233;e, un petit tablier autour de la taille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des c&#233;r&#233;ales Corn flakes ou Rice Krispies de Kellogg's que nous appelions &#171; Pif, paf pof &#187; &#224; cause du petit cr&#233;pitement que l'on entendait lorsqu'on y versait le lait. Le lait, pasteuris&#233; Stabilac dans des bouteilles d'1 L en verre blanc, portait l'inscription RINCEZ-MOI S.V.P - SPOEL MIJ A.U.B. Un livreur reprenait les bouteilles vides laiss&#233;es sur le pas de la porte, un papier enroul&#233;, fich&#233; dans le goulot d'une bouteille, mentionnant la prochaine commande &#224; livrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un camion passait &#233;galement pour les boissons telles que bi&#232;res, eaux et sodas. Notre m&#232;re achetait de la bi&#232;re Double Piedboeuf et Triple Piedboeuf pour accompagner le repas de midi. Dans les ann&#233;es 1950-60, la vogue des sodas a pris son essor avec le Coca-Cola et les limonades : Colibri, aux petites bouteilles de verre stri&#233;, Fanta, citron et orange. Dans ces ann&#233;es-l&#224;, toutes les bouteilles &#233;taient en verre. Toutes &#233;taient consign&#233;es. Le sirop de grenadine faisait partie des boissons d&#233;salt&#233;rantes de la journ&#233;e. La marque Teisseire &#233;tendra plus tard le choix des parfums (menthe, &#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au matin, maman faisait d&#233;canter du caf&#233; Rombouts dans un filtre en inox pos&#233; sur la cafeti&#232;re de c&#233;ramique. Le filtre m&#233;tallique &#233;tait muni d'un filtre en papier blanc contenant une cuill&#232;re de chicor&#233;e recouverte de caf&#233; moulu. Maman y versait, en plusieurs fois, l'eau chauff&#233;e dans la bouilloire. Le bec verseur de la bouilloire en inox &#233;tait muni d'un sifflet qui &#233;mettait un son strident tout en projetant de la vapeur lorsque l'eau avait atteint la temp&#233;rature d'&#233;bullition. Les premi&#232;res cafeti&#232;res automatiques &#224; filtre seront commercialis&#233;es dans les ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LESSIVE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1960, maman utilisait une bassine en fer blanc avec une planche &#224; laver (en anglais : washboard ou frottoir en langue cajun de Louisiane. L'ustensile sera utilis&#233; en tant qu'instrument de musique &#224; La Nouvelle-Orl&#233;ans.) Pendant plusieurs ann&#233;es, il a fallu se rendre au salon-lavoir (la blanchisserie Bon Air) pour lessiver et repasser les draps dans une calandre &#233;lectrique, un long rouleau rotatif. Plus tard, maman fera une partie de la lessive &#224; la maison &#224; l'aide d'une mini-wash (un mini lave-linge), pos&#233;e dans la baignoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra attendre les ann&#233;es 70 pour voir 70% des m&#233;nages belges &#233;quip&#233;s d'un lave-linge automatique. Le lave-linge entrera chez nous &#224; la fin des ann&#233;es septante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE MENAGE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tablier nou&#233; autour de la taille, maman nettoyait le tapis d'Orient de la salle &#224; manger de l'appartement de l'avenue Mutsaert &#224; l'aide d'un balai m&#233;canique. Une invention am&#233;ricaine, comme beaucoup d'autres. Au bout d'un manche &#233;tait fix&#233;e une bo&#238;te m&#233;tallique contenant des brosses qui tournaient avec les mouvements d'aller-retour du balai en faisant un bruit de ferraille caract&#233;ristique. En 1965, le balai sera remplac&#233; par un aspirateur Hoover.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de lave-vaisselle en ce temps-l&#224;. La ma&#238;tresse de maison, comme on disait &#224; cette &#233;poque, enfilait des gants en caoutchouc de couleur pour faire la vaisselle dans un &#233;vier en fa&#239;ence. L'&#233;vier en inox viendra plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA PHARMACIE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de m&#233;dicaments dans la pharmacie des ann&#233;es 1960 si on la compare &#224; celle du 21&#232;me si&#232;cle :
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Un tube m&#233;tallique de comprim&#233;s La Croix Blanche, du parac&#233;tamol avec de la caf&#233;ine, pour les douleurs et maux de t&#234;te.
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Des comprim&#233;s d'aspirine Bayer.
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; De l'H&#233;bucol ou des pastilles Rennie pour la digestion.
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Du Mercurochrome pour d&#233;sinfecter les plaies.
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Des gommes Valda ou des pastilles Vicks pour la gorge.
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; De la pommade Vicks Vaporub &#224; base d'eucalyptus et de camphre pour faciliter la respiration.
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Et, l'outil principal de la pharmacie : le thermom&#232;tre &#224; mercure, aux reflets argent&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA TELEVISION ET LE TELEPHONE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utilisation des premi&#232;res t&#233;l&#233;visions n&#233;cessite le placement d'une antenne-r&#226;teau sur le toit de la maison. Par mauvais temps, l'antenne risquait de bouger, de se casser ou de tomber. En cas de panne, s'il faisait trop venteux, il fallait parfois attendre plusieurs jours avant que le technicien vienne replacer l'antenne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il fallait tourner un bouton sur le poste pour changer de cha&#238;ne. Une speakerine pr&#233;sentait les programmes. Une &#171; mire &#187; s'affichait en fin de programme ou en cas de panne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res images t&#233;l&#233;vis&#233;es &#233;taient en noir et blanc. La t&#233;l&#233;vision en couleur existera &#224; partir de 1970 en Belgique. La premi&#232;re &#233;mission en couleur sera Le Jardin Extraordinaire, sur la RTBF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Jardin Extraordinaire &#233;tait une &#233;mission documentaire sur les animaux, pr&#233;sent&#233;e par Arlette Vincent depuis 1965, assist&#233;e de Maryse, l'&#233;pouse du r&#233;alisateur. La plupart des animaux venaient du zoo d'Anvers. Deux biologistes se succ&#232;deront : Edgar Kesteloot et Paul Galand. La premi&#232;re diffusion en couleur date de 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne &#171; &#233;cran &#187; prendra de l'ampleur, principalement dans les deux derni&#232;res d&#233;cennies avec des &#233;crans de t&#233;l&#233;vision de plus en plus grands, des t&#233;l&#233;phones avec &#233;cran (les GSM et les smartphones). Et avec l'apparition du ph&#233;nom&#232;ne &#171; Internet &#187;, les &#233;crans d'ordinateurs et des tablettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au t&#233;l&#233;phone, celui de mon enfance &#233;tait noir, en bak&#233;lite et muni d'un cadran. Plus tard s'ajoutera aussi un t&#233;l&#233;phone en plastique &#224; cadran. Le plastique une autre nouveaut&#233; importante du si&#232;cle dernier. Une mati&#232;re devenue incontournable dans les ann&#233;es 1960.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un festin dans les Andes (Christian C.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1397</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1397</guid>
		<dc:date>2022-07-01T13:21:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Cultures autres</dc:subject>
		<dc:subject>F&#234;tes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il me reste deux semaines pour montrer ma reconnaissance &#224; tous ceux qui ont particip&#233; &#224; la construction de notre maison &#224; Cochabamba en Bolivie d&#233;but 2007. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lundi dernier, &#224; quinze m&#232;tres de la maison, j'ai eu l'attention attir&#233;e par une cuvette d'environ un m&#232;tre de diam&#232;tre et un demi-m&#232;tre de profondeur, tapiss&#233;e de briques et partiellement remplie de pierres. J'avais pens&#233; remplir le trou de terre arable pour y planter un palmier. J'ai voulu en savoir plus sur l'origine de cette excavation en (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot133" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;Cultures autres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;F&#234;tes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il me reste deux semaines pour montrer ma reconnaissance &#224; tous ceux qui ont particip&#233; &#224; la construction de notre maison &#224; Cochabamba en Bolivie d&#233;but 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi dernier, &#224; quinze m&#232;tres de la maison, j'ai eu l'attention attir&#233;e par une cuvette d'environ un m&#232;tre de diam&#232;tre et un demi-m&#232;tre de profondeur, tapiss&#233;e de briques et partiellement remplie de pierres. J'avais pens&#233; remplir le trou de terre arable pour y planter un palmier. J'ai voulu en savoir plus sur l'origine de cette excavation en interrogeant Marco, le plafonneur. Il me parle des traces de la pr&#233;paration d'un plat typique des hauts-plateaux. Envo&#251;t&#233; par ses explications je lui demande si avec Don Daniel, son beau-p&#232;re, ils seraient d'accord de pr&#233;parer un tel repas le samedi midi, en invitant les corps de m&#233;tiers ayant particip&#233; &#224; la construction de la maison. Aucune h&#233;sitation. J'en parle &#224; Don Mario, l'entrepreneur. On se met d'accord sur le nombre de participants : une trentaine. Et le nombre de poulets &#224; acheter : douze, mettons quinze pour ne pas para&#238;tre pingre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le samedi, avant huit heures, Mama Mona et Papa Francisco, mes beaux-parents, partent acheter :la quinzaine de poulets &#224; couper en morceaux, dix kilos de pommes de terre, des platanos-bananes &#224; cuire- des oignons, tomates et laitues. Vers dix heures Don Daniel et son beau-fils agrandissent la cavit&#233;, la tapissent de briques, pr&#233;parent des pierres en les lavant, rassemblent des bois de construction vou&#233;s aux d&#233;chets. Au moyen de fers &#224; b&#233;ton, ils r&#233;alisent un savant montage o&#249; se m&#234;lent bois et pierres. En-dessous papier journal et petit bois. A onze heures, mise &#224; feu. C'est presque le d&#233;part d'une fus&#233;e : fum&#233;es et flamm&#232;ches puis feu puissant. On croirait l'&#233;mergence d'un mini-volcan. De temps en temps une pierre &#233;clate. A trois, munis de pelles dont l'une &#224; long manche, les tisons non consomm&#233;s sont retir&#233;s. Les pierres brulantes sont rassembl&#233;es. Deux grandes casseroles en aluminium contenant les volatiles sont amen&#233;es. Astuce : pierres et morceaux de volaille sont altern&#233;s dans les marmites. Ces derni&#232;res, munies de leurs couvercles sont plac&#233;es au centre de la cuvette puis rapidement entour&#233;es de pommes de terre, de bananes &#224; cuire et d'autres pierres surchauff&#233;es. L'ensemble est soigneusement recouvert de nombreux papiers forts provenant de sacs de ciment. Puis abondamment recouverts d'une couche de terre d'une vingtaine de centim&#232;tres d'&#233;paisseur. Le tout sous un soleil&#8230;absent, avec, de temps en temps une petite pluie fine. C'est la premi&#232;re fois depuis mon arriv&#233;e il y a un mois qu'il fait couvert tout au long de la journ&#233;e et que la Cordill&#232;re des Andes habituellement si majestueuse se cache sous les nuages. Voil&#224;, me dit-on : il suffit d'attendre entre 45 et 60 minutes. Il est midi trente. A treize heures quinze je pr&#233;viens : 3/4h. Les trois hommes reviennent. Avec le soin d'arch&#233;ologues d&#233;couvrant une momie inca, la couche de terre est enlev&#233;e. Les nombreuses couches de papier sont &#244;t&#233;es tels des linceuls. Oh merveille : on me passe une pomme de terre d&#233;licieusement cuite &#224; point. Puis c'est l'enl&#232;vement des couvercles : parmi les pierres fumantes s'&#233;l&#232;ve le fumet de la basse-cour promue met royal : le plat des Andes, p'ampaku.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretemps les corps de m&#233;tiers arrivent de divers chantiers. Je ne les connais pas tous. Mama Mona et Papa Francisco arrivent avec les salades et boissons. Assiettes copieuses : &#233;normes portions de poulet, deux pommes de terre, une banane cuite avec sa pelure, un &#233;pi de ma&#239;s cuit &#224; l'eau et la salade. Les hommes se dispersent dans le jardin. Outre les ma&#231;ons il y a peintres, parqueteurs et menuisiers. Je suis subjugu&#233;. D'o&#249; peut remonter cette fa&#231;on de cuisiner r&#233;pandue sur l' Alti-plano des Andes. Ceux qui ont v&#233;cu dans ces villages &#233;loign&#233;s disent que la volaille peut &#234;tre remplac&#233;e par du porc, des poissons, du gibier. Les natifs de Cochabamba voient pour la premi&#232;re fois cette pr&#233;paration &#233;labor&#233;e. A la fin de ce festin, je remercie tous ceux qui ont contribu&#233; &#224; la construction, &#224; en faire une &#339;uvre d'art, exemple du savoir-faire bolivien. L'apr&#232;s-midi se poursuit. Les hommes partent apr&#232;s avoir re&#231;u leur paie. Marlen, l'architecte s'&#233;tant tromp&#233;e d'heure arrive avec son conjoint pour se contenter des restes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ode aux potagers (Frida V.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1024</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1024</guid>
		<dc:date>2014-03-13T14:29:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Vie quotidienne</dc:subject>
		<dc:subject>Bruxelles (quartiers)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tu sais, Sacha, je suis n&#233;e entre potagers et jardins... &lt;br class='autobr' /&gt;
Bonne-maman, ne me dis pas que tu as vu le jour dans un chou ou dans une rose ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Non, bien s&#251;r ! Mais, dans ma prime enfance, mon quartier, situ&#233; entre la Chauss&#233;e de Ninove, le Boulevard Mettewie, la Chauss&#233;e de Gand et la gare de l'Ouest &#233;tait un vaste jardin. Les immenses clapiers &#224; lapins n'avaient pas encore grignot&#233; la campagne. Molenbeek, &#224; cette &#233;poque, avait l'allure d'une banlieue potag&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans le quartier, tout le monde b&#234;chait, (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot133" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot175" rel="tag"&gt;Vie quotidienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot185" rel="tag"&gt;Bruxelles (quartiers)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Tu sais, Sacha, je suis n&#233;e entre potagers et jardins...&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Bonne-maman, ne me dis pas que tu as vu le jour dans un chou ou dans une rose !&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Non, bien s&#251;r ! Mais, dans ma prime enfance, mon quartier, situ&#233; entre la Chauss&#233;e de Ninove, le Boulevard Mettewie, la Chauss&#233;e de Gand et la gare de l'Ouest &#233;tait un vaste jardin. Les immenses clapiers &#224; lapins n'avaient pas encore grignot&#233; la campagne. Molenbeek, &#224; cette &#233;poque, avait l'allure d'une banlieue potag&#232;re.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le quartier, tout le monde b&#234;chait, semait, plantait, binait, srclait, arrosait, repiquait.&lt;br&gt;
L'agent de quartier bichonnait ses tomates et ses poireaux. Son fils, jeune normalien, surveillait les hampes des haricots et &#233;coutait pousser le persil, le cerfeuil et la ciboulette. Mon grand-p&#232;re plantait des pommes de terre en pr&#233;vision de l'hiver ; le retrait&#233; des chemins de fer arrosait ses carr&#233;s de salade et de choux.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le petit potager de mon p&#232;re enrichi d'une cabane &#224; outils avait offert l'hospitalit&#233; aux radis, aux carottes et aux fraises et le long du fil de fer qui d&#233;limitait cet enclos, fleurissaient des pois de senteur. Mon p&#232;re humait le parfum d&#233;licat des fleurs, l'ar&#244;me distingu&#233; des fraises et caressait de la main la dentelle vert p&#226;le des carottes.&lt;br&gt;
Lorsqu'il ramenait le fruit de ses r&#233;coltes &#224; la maison, il &#233;tait convaincu que les fruits et les l&#233;gumes achet&#233;s au march&#233; ne pouvaient se comparer &#224; ceux qu'il avait surveill&#233;s comme ses enfants. Car le l&#233;gume exige des soins, de la tendresse.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A condition qu'on veuille surmonter ses faiblesses, il sait se battre contre le vent, la pluie, la chaleur, les b&#234;tes rampantes et ail&#233;es. Il se d&#233;gageait de tous ces potagers ouverts aux regards, une po&#233;sie agreste de senteurs, de saveurs et de couleurs.&lt;br&gt;
Enfant, je regardais, fascin&#233;e, les yeux mi-clos, ce tissu fait de mille pi&#232;ces de verdure tel un patchwork &#233;tal&#233; &#224; mes pieds.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au potager que se reconna&#238;t l'homme civilis&#233; qui r&#233;pugne &#224; se nourrir de produits sans go&#251;t, ni gr&#226;ce issus de l'industrie alimentaire des cow-boys. La Bible ne dit-elle pas : &#034;L'Eternel plante un jardin en Eden ?&#034;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;voquant pour toi ces souvenirs, Sacha, je me sens pousser des feuilles.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ma prime enfance, j'habitais au 1e &#233;tage d'une maison abritant la bonneterie de nos propri&#233;taires. Je me souviens de la cuisine s'ouvrant sur la terrasse. De l&#224;, perch&#233;e sur une escabelle, j'observais les potagers ouverts aux regards. Les choux et les poireaux venaient jusqu'au pied de la maison.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A une enjamb&#233;e des potagers, au-del&#224; de la voie carrossable, s'&#233;tendait le petit parc des Muses. Du haut de mon perchoir, j'observais les arbres de ce jardin public lorsque les l&#233;gumes ne me faisaient plus saliver.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des saisons, la palette des couleurs passant vert tendre des marronniers (toujours les premiers &#224; ouvrir le bal du printemps) au vert plus sombre des ch&#226;taigniers, puis &#224; l'or ou au cuivre des h&#234;tres.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hiver venu, je quittais la terrasse pour la salle &#224; manger. Autre lieu d'observation.&lt;br&gt;
Le vendredi soir, alors que maman faisait le m&#233;nage, le nez coll&#233; &#224; la fen&#234;tre, j'assistais au d&#233;fil&#233; nocturne des charrettes des mara&#238;chers. Ils avaient livr&#233; leurs l&#233;gumes aux march&#233;s de la ville et s'en retournaient sur leurs terres de banlieue : Berchem &#8211; Saint - Agathe, Jette, Ganshoren&#8230;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs carrioles &#233;taient tir&#233;es par des chevaux de trait se d&#233;pla&#231;ant &#224; pas lents, t&#234;tes baiss&#233;es, guid&#233;s dans la nuit par la faible lumi&#232;re tremblotante des lanternes accroch&#233;es &#224; l'avant des charrettes. Le bruit des sabots cognant les pav&#233;s de la rue r&#233;sonnait dans ma poitrine et le chapelet de loupiotes d&#233;roulant leurs yeux jaunes dans la nuit, me fascinait.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grandissant, je quittai l'appartement pour m'installer dans notre maison Je connus d'autres potagers, d'autres jardins, d'autres plaisirs. J'ai aim&#233; d&#233;ambuler dans les march&#233;s &#233;clatants qui chantaient le soleil et o&#249; dominait le parfum des melons et des fraises, des c&#233;leris, des poireaux et de l'oignon.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mon assiette, j'ai retrouv&#233; les haricots &#224; la vinaigrette de l'&#233;cole primaire qui m'&#233;taient servis l'apr&#232;s-midi en guise de suppl&#233;ment alimentaire pendant la guerre. Plus tard, j'ai red&#233;couvert ces m&#234;mes haricots &#224; la cantine de l'&#233;cole normale toujours aussi durs en d&#233;pit d'une longue cuisson.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A pr&#233;sent, j'ai plaisir &#224; manger de solides plats de lentilles, de d&#233;licates asperges, d'&#233;paisses soupes paysannes, des pots &#8211; au &#8211; feu sans oublier les gratins de pommes de terre et la perdrix au chou.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; vous, amis les l&#233;gumes, &#224; vous les &#233;pinards, les carottes, les artichauts, les tomates, les laitues, &#224; vous qui me donnez vos tiges, vos racines, vos feuilles, vos bourgeons, vos tubercules, &#224; vous qui me donnez force et sant&#233; que je tire mon chapeau et vous fais la r&#233;v&#233;rence !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le jour des tartes (Yvette M.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1006</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1006</guid>
		<dc:date>2014-01-21T09:05:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>F&#234;tes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette Lire l'ensemble &lt;br class='autobr' /&gt;
A chaque grande occasion, la classe servait aussi de salle &#224; manger pour nos nombreux invit&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque ann&#233;e, fin juin, avait lieu la f&#234;te du village, la kermesse. Ce dimanche-l&#224;, nous &#233;tions une bonne quinzaine &#224; table. Maman rechignait chaque ann&#233;e mais pour Papa, il n'&#233;tait pas question de renoncer &#224; la tradition. Il y eut aussi trois communions solennelles qui furent autant de grands repas familiaux dans notre &#233;cole transform&#233;e en salle de (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique155" rel="directory"&gt;Mon enfance en Ardennes (Yvette M.)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot133" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;F&#234;tes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte fait partie du feuilleton d'Yvette &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique155' class='spip_in'&gt;Lire l'ensemble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A chaque grande occasion, la classe servait aussi de salle &#224; manger pour nos nombreux invit&#233;s.&lt;br&gt;
Chaque ann&#233;e, fin juin, avait lieu la f&#234;te du village, la kermesse. Ce dimanche-l&#224;, nous &#233;tions une bonne quinzaine &#224; table. Maman rechignait chaque ann&#233;e mais pour Papa, il n'&#233;tait pas question de renoncer &#224; la tradition. Il y eut aussi trois communions solennelles qui furent autant de grands repas familiaux dans notre &#233;cole transform&#233;e en salle de f&#234;te.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous les enfants, ces f&#234;tes &#233;taient sources de r&#233;jouissance et d'excitation. Mais je me souviens tr&#232;s bien de la tension grandissante entre Papa et Maman. La mauvaise humeur de Maman &#233;tait palpable. Heureusement, il n'y avait ni cris, ni pleurs. Maman n'a jamais pris plaisir &#224; cuisiner. C'est un domaine o&#249; elle ne sentait pas &#224; l'aise, sauf pour la p&#226;tisserie, les tartes surtout.&lt;br&gt;
Dans les ruines de l'ancienne &#233;cole il y avait des d&#233;pendances qui avaient mieux r&#233;sist&#233; au feu. Et l&#224;, il y avait un four, de l'autre c&#244;t&#233; de la grand-route. &lt;br&gt;Le vendredi de la f&#234;te, c'&#233;tait le jour des tartes. Papa &#233;tait charg&#233; d'allumer le feu dans le four et de le chauffer &#224; point pour la cuisson d'une douzaine de tartes et de deux g&#226;teaux. C'est important pour la pr&#233;paration de la p&#226;te lev&#233;e que tout soit &#224; bonne temp&#233;rature. Maman chauffait sa cuisine. Le stress, ajout&#233; &#224; la chaleur ambiante, rendait son teint rouge coquelicot. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais fascin&#233;e de la voir p&#233;trir, &#233;tendre les p&#226;tons &#224; l'aide d'une bouteille enfarin&#233;e, dorer les bords, graisser les &#171; pelles &#187; &#224; tartes (platines) &#224; l'aide d'un morceau de lard, garnir le tout. Il y avait des tartes au sucre, aux prunes, aux groseilles &#224; maquereau, aux pommes, aux myrtilles parfois.&lt;br&gt;
Pour aligner les groseilles, les prunes, les pommes, nos petits doigts faisaient merveille. Je me souviens aussi des tartes &#224; couvercle et d'autres au pudding (cr&#232;me p&#226;tissi&#232;re). Le moment venu, on transportait le tout vers le four et l&#224;, c'&#233;tait Papa qui officiait &#224; l'aide d'outils longuement emmanch&#233;s : nettoyer le four des cendres et tisons, enfourner les tartes et g&#226;teaux. Les tartes cuites, il fallait les d&#233;mouler tr&#232;s vite en les faisant glisser sur une &#171; volette &#187; (claie). Alors, Maman levait chaque tarte &#224; bout de bras pour en v&#233;rifier la cuisson : trop cuite parfois, pas assez ou juste &#224; point. Le four n'&#233;tait pas toujours un alli&#233; fid&#232;le. Le thermostat, ce sera pour plus tard. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'entends encore Maman pester contre les &#171; pelles &#187; trop vieilles et pas assez plates, contre le four trop chaud ou pas assez, contre Papa trop press&#233;, contre tante Ghislaine qui avait l'avantage de passer en second lieu.&lt;br&gt;
Plus tard, dans la nouvelle &#233;cole, Maman a continu&#233; &#224; faire des tartes. Dans le four de sa cuisini&#232;re, elle ma&#238;trisait mieux le processus. Ces tartes &#233;taient toujours un vrai d&#233;lice.&lt;br&gt;
C'est avec &#233;motion et nostalgie que je me rappelle tous ces moments.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres fois, au nouvel an par exemple, elle nous faisait des &#171; volettes &#187; enti&#232;res de galettes &#224; la p&#226;te lev&#233;e. Une recette h&#233;rit&#233;e de sa m&#232;re. Ma s&#339;ur a repris la tradition de ces galettes rustiques et d&#233;licates &#224; la fois, car difficiles &#224; bien r&#233;ussir.&lt;br&gt;
Si on les tartine d'un peu de beurre et &#233;ventuellement de miel, c'est un r&#233;gal. Bien s&#251;r, elles sont li&#233;es &#224; mon enfance et je ne suis pas certaine que vous les aimeriez autant que je les aime.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore un souvenir de tartes : nous sommes alors des ados et vivons dans la nouvelle &#233;cole. &lt;br&gt;
Maman a rang&#233; ses belles tartes &#224; la cave.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mauvais plaisant, &#171; Est-ce toi Maguy ? Ou toi Suzy ? &#187;, a fa&#231;onn&#233; des petites boulettes de p&#226;te brunie &#224; la cassonade et les a sem&#233;es sur les tartes. &lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; &#171; Les souris sont pass&#233;es sur mes tartes ! Que faire Victor ? &#187;&lt;br&gt;
Ni vu ni connu, Papa enl&#232;ve d&#233;licatement tout &#231;a, et Maman pr&#233;sente ses tartes &#224; table, un peu d&#233;go&#251;t&#233;e tout de m&#234;me. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les invit&#233;s se r&#233;galent. Plus tard, Maman a appris la bonne farce qu'on lui avait faite. Elle a ri de bon c&#339;ur, Papa un peu moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1005' class='spip_in'&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le temps des vaches maigres et des baleines grasses (Claudia M.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article984</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article984</guid>
		<dc:date>2013-10-03T14:03:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Cultures autres</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le r&#233;cit ci-dessous fait partie d'un &#233;pisode de mes souvenirs d'enfance. Pour situer le lecteur, je dois pr&#233;ciser qu'il se passe pendant l'&#233;t&#233; 1948 sur une des plages de la mer du Nord non loin du Danemark. &lt;br class='autobr' /&gt; Nous &#233;tions enfin r&#233;unis : papa qui s'&#233;tait r&#233;fugi&#233; &#224; la fin de la guerre au Schleswig-Holstein, en Allemagne de l'Ouest, maman qui l'a rejoint, un an apr&#232;s m'avoir mise au monde en 1944, non loin de Dresden, et moi, qui les ait retrouv&#233;s gr&#226;ce &#224; un membre de la famille. Je venais donc de faire la (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot133" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;Cultures autres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot191" rel="tag"&gt;Guerre 40-45&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le r&#233;cit ci-dessous fait partie d'un &#233;pisode de mes souvenirs d'enfance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour situer le lecteur, je dois pr&#233;ciser qu'il se passe pendant l'&#233;t&#233; 1948 sur une des plages de la mer du Nord non loin du Danemark.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions enfin r&#233;unis : papa qui s'&#233;tait r&#233;fugi&#233; &#224; la fin de la guerre au Schleswig-Holstein, en Allemagne de l'Ouest, maman qui l'a rejoint, un an apr&#232;s m'avoir mise au monde en 1944, non loin de Dresden, et moi, qui les ait retrouv&#233;s gr&#226;ce &#224; un membre de la famille. Je venais donc de faire la connaissance de mon p&#232;re que je n'avais jamais vu et de d&#233;couvrir l'inconnue qu'&#233;tait devenue ma m&#232;re apr&#232;s deux ans d'absence. C'&#233;taient les cons&#233;quences de la guerre. Nous &#233;tions tous les trois des d&#233;racin&#233;s, car le berceau de notre famille appartenait &#224; pr&#233;sent &#224; l'est d'une Allemagne fra&#238;chement divis&#233;e. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai heureusement pas connu les trois ann&#233;es d'indigence de mes parents, o&#249; leur seule nourriture &#233;tait des betteraves fourrag&#232;res cuites dans une bo&#238;te &#224; conserve. Je les ai rejoints au moment o&#249; ils commen&#231;aient &#224; s'en sortir. Mes grands-parents boulangers chez qui j'avais pass&#233; les trois premi&#232;res ann&#233;es de ma vie me manquaient cruellement, mais aussi leur bon pain et la nourriture &#224; laquelle j'&#233;tais habitu&#233;e. Au d&#233;but, mes pauvres parents ont d&#251; entendre bien des plaintes de ma part, car j'avais du mal &#224; m'habituer &#224; mon nouveau r&#233;gime aust&#232;re et tr&#232;s diff&#233;rent.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUAND LES &#201;L&#201;MENTS SE DECHAINENT&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maman me racontait que la mer, toute proche de notre presqu'&#238;le, jetait quelquefois une manne inesp&#233;r&#233;e sur la plage. Elle provenait de bateaux malchanceux qui avaient perdu leur cargaison lors d'une violente temp&#234;te o&#249; la houle d&#233;cha&#238;n&#233;e roulait des tr&#233;sors inesp&#233;r&#233;s dans le sable. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les habitants, qui comptaient secr&#232;tement y trouver ces cadeaux &#233;parpill&#233;s, se d&#233;p&#234;chaient de ramasser des objets &#233;chou&#233;s avant que la mar&#233;e haute ne les happe &#224; nouveau vers le large. Chaque d&#233;cha&#238;nement des &#233;l&#233;ments pouvait faire don d'une p&#234;che miraculeuse. Il y en avait une qui &#233;tait de taille, dans tous les sens du mot. Celle-l&#224; n'&#233;tait pas comparable au naufrage d'objets h&#233;t&#233;roclites, planches, bois de chauffage, bo&#238;tes &#224; conserves ou autres caisses d'oranges, bananes et noix de coco. Il arrivait que la Providence envoy&#226;t un cadeau aux dimensions gigantesques : une baleine, &#233;chou&#233;e sur la plage, sans espoir de retourner dans les flots salvateurs. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela voulait dire qu'en ces temps durs ce c&#233;tac&#233; infortun&#233; allait livrer au village entier de la viande et de la graisse dont on avait tant besoin. C'&#233;tait en quelque sorte le bifteck de la mer. Chaque fois toute la population affluait pour voir cet &#233;v&#233;nement hors du commun et qui s'est produit lorsque j'&#233;tais chez mes parents. Maman m'a prise par la main pour m'emmener voir ce spectacle extraordinaire et cruel. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les images sont encore vivantes dans ma t&#234;te : les gens grouillaient autour de cette b&#234;te &#8211; les uns joyeux, les autres tristes. Il y avait de la piti&#233; et de la joie dans l'air, surtout chez les badauds. C'&#233;tait plus pragmatique pour les hommes qui escaladaient le monstre marin. Ils essayaient d'enfoncer avec grande peine leurs couteaux dans la peau &#233;paisse de l'animal. Cette t&#226;che de boucherie &#233;tait tr&#232;s fatigante, car il fallait arriver &#224; l'&#233;norme couche de graisse blanch&#226;tre, et ensuite &#224; la chair, rouge fonc&#233;. Quelques hommes jeunes chevauchaient cette montagne pour distribuer le butin &#224; tous les estomacs du village qui &#233;taient venus avec des r&#233;cipients pour apporter leur part &#224; la maison. Cela a d&#251; se passer dans les ann&#233;es 1948. J'avais quatre ans. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, j'ai 68 ans. Les temps ont chang&#233;. Lorsqu'une baleine &#233;choue sur la plage, la t&#233;l&#233;vision nous livre le reportage plein d'&#233;motion et de compassion. Des masses se mobilisent pour son sauvetage, car on estime que c'est une esp&#232;ce que nous devons prot&#233;ger. Je suis d'accord, car j'ai de l'amiti&#233; pour ce chanteur sous-marin. Cependant, je n'ai pas oubli&#233; la vue r&#233;pugnante de la baleine charcut&#233;e de mon enfance, mais on a tendance &#224; oublier tr&#232;s vite la mis&#232;re et les horreurs du pass&#233;. Plus personne ne pensera &#224; voir dans un incident naturel de ce genre, l'aubaine de palier la pauvret&#233; et &#224; calmer la faim des hommes o&#249; la sensiblerie n'avait pas de place. Tant mieux pour les baleines d'aujourd'hui !&lt;br&gt;
Mais n'oublions pas le temps des vaches maigres et des baleines grasses sur la plage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>No&#235;l aux harengs (Johanna P.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article910</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article910</guid>
		<dc:date>2012-08-07T14:23:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte est issu de notre recueil d'histoires v&#233;cues imprim&#233; sous forme de livre &#171; 123 j'ai vu - Des seniors d'aujourd'hui racontent leur enfance d'hier &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; Dans le ciel sombre de la guerre brille &#224; nouveau l'&#233;toile de No&#235;l. &#192; Li&#232;ge, cit&#233; de mon enfance, c'est la d&#233;solation. La p&#233;nurie alimentaire est s&#233;v&#232;re et en ce jour d'hiver 1943, nous n'avons vraiment plus rien &#224; manger. &lt;br class='autobr' /&gt;
De la jeunesse de Maman, j'ai h&#233;rit&#233; d'un petit sapin artificiel et aussi d'une grande cr&#232;che. Avec le peu de d&#233;corations dont je (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique146" rel="directory"&gt;1,2,3 j'ai vu ...&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot133" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot191" rel="tag"&gt;Guerre 40-45&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L99xH150/arton910-fd32a.jpg?1780044296' width='99' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article530' class='spip_in'&gt;Ce texte est issu de notre recueil d'histoires v&#233;cues imprim&#233; sous forme de livre &#171; 123 j'ai vu - Des seniors d'aujourd'hui racontent leur enfance d'hier &#187;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le ciel sombre de la guerre brille &#224; nouveau l'&#233;toile de No&#235;l. &#192; Li&#232;ge, cit&#233; de mon enfance, c'est la d&#233;solation. La p&#233;nurie alimentaire est s&#233;v&#232;re et en ce jour d'hiver 1943, nous n'avons vraiment plus rien &#224; manger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la jeunesse de Maman, j'ai h&#233;rit&#233; d'un petit sapin artificiel et aussi d'une grande cr&#232;che. Avec le peu de d&#233;corations dont je dispose et ma r&#233;elle joie enfantine, j'ai garni le petit arbre. Quant &#224; la cr&#232;che, les santons sont assez grands, mais vu que ceux-ci m'ont servi de jouets au long des No&#235;ls pass&#233;s, les personnages n'ont plus de nez et leurs petites mains n'ont plus de doigts. Sans doute ai-je trop caress&#233; les saintes figurines et l'&#226;ne et le boeuf si attendrissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'apr&#232;s-midi, Maman est partie avec son panier au bras, esp&#233;rant en cette veille de No&#235;l, pouvoir acheter quelque nourriture. &lt;br&gt;
Maintenant le soir est tomb&#233; et Maman n'est pas encore revenue. Papa, qui est col&#233;rique, devient de plus en plus nerveux. Il crie. Il dit qu'&#224; cette heure, tous les magasins sont ferm&#233;s et donc que Maman tra&#238;ne dans les rues, bavardant avec des voisines, des amies ou m&#234;me, qui sait, avec des amis, car Papa est aussi tr&#232;s jaloux. Papa hurle et me promet que, quand Maman rentrera, il va tout simplement la tuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je regarde tristement ma modeste d&#233;coration de No&#235;l et j'ai le coeur de plus en plus serr&#233;. L'angoisse me taraude. Je pense que peut-&#234;tre il est arriv&#233;, en cette nuit de guerre, un quelconque malheur &#224; Maman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin des pas se font entendre dans l'escalier. C'est Maman qui revient, avec son panier au bras. Elle se rend compte qu'il est tr&#232;s tard car elle monte l'escalier en courant. En haut de l'escalier, Papa l'attend. Il ne dit rien, mais, de toutes ses forces, il envoie un effroyable coup de pied dans le panier. Celui-ci s'envole au plafond et se retourne. M&#233;dus&#233;s, nous en voyons tomber une pluie argent&#233;e. Ce sont des poissons, des harengs. Cette fois, c'est Maman qui crie et qui pleure. Elle se lamente et, furieuse, nous raconte ses d&#233;boires de l'apr&#232;s-midi. Elle est all&#233;e, par toute la ville, d'un magasin &#224; l'autre, les a trouv&#233;s vides ou ferm&#233;s. Finalement, miracle de No&#235;l, alors que l'heure de fermeture avait sonn&#233;, elle avait assist&#233; &#224; un arrivage de harengs dans une poissonnerie. Une vente rapide avait &#233;t&#233; n&#233;cessaire avant le cong&#233; de No&#235;l. C'est ainsi que Maman avait longuement fait la file et, gr&#226;ce &#224; nos timbres de ravitaillement qui s'&#233;taient accumul&#233;s, avait pu acheter tous ces harengs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le panier, qui est rond, a roul&#233; jusqu'en bas des marches et m&#234;me dans le hall, jusqu'&#224; la porte d'entr&#233;e, d&#233;versant au passage son pr&#233;cieux contenu. Il y a un hareng sur chaque marche. Papa ne dit rien. Il est tr&#232;s occup&#233;. Il a r&#233;cup&#233;r&#233; le panier et ramasse soigneusement la merveilleuse nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veill&#233;e de No&#235;l se passe dans le silence. Papa et Maman, arm&#233;s de couteaux, nettoient les poissons. Bient&#244;t, sur notre table de cuisine, s'aligne toute une rang&#233;e de beaux harengs qui n'attendent plus que la friture. C'est maintenant que survient un probl&#232;me car il n'y a pas la moindre trace de corps gras dans la maison. En un tour de main, Maman active le feu dans notre cuisini&#232;re &#224; charbon et pr&#233;sente &#224; la flamme la grande po&#234;le &#224; frire. Et les premiers harengs se mettent &#224; gr&#233;siller sans aucune mati&#232;re grasse. Mais bient&#244;t notre cuisine se remplit de fum&#233;e et il ne nous est plus possible de respirer. Papa a ouvert toute grande la porte-fen&#234;tre du balcon et nous nous habillons chaudement. Maintenant, tous les harengs sont frits et nous nous installons &#224; table. Quel festin ! Nous avons si faim et ces poissons mi-grill&#233;s, mi-br&#251;l&#233;s, avec un petit go&#251;t de fum&#233;e et arros&#233;s de sel, sont excellents. Il y a longtemps que nous n'avions si bien mang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; coup, les cloches de l'&#233;glise voisine se mettent &#224; sonner, suivies presque imm&#233;diatement par d'autres cloches plus lointaines. Toutes les cloches des &#233;glises de la ville r&#233;sonnent. Par la porte-fen&#234;tre, toujours entrouverte, ces voix joyeuses s'&#233;lancent jusqu'&#224; nous et nous ram&#232;nent &#224; la r&#233;alit&#233; : il est minuit et c'est No&#235;l. Je me souviens de ce grand moment avec &#233;motion. Papa se l&#232;ve. Il est saoul, non pas d'avoir bu - nous n'avons que de l'eau du robinet- mais d'avoir mang&#233; &#224; sa faim. Il est heureux. Il s'avance majestueusement sur le balcon et chante : &#171; Minuit chr&#233;tiens, c'est l'heure solennelle &#187;. Papa chante d'une voix forte, en fran&#231;ais mais avec son terrible accent flamand. Certes, il ne conna&#238;t pas toutes les paroles, mais il remplace tous les mots manquants par &#171; No&#235;l &#187;. Papa chante No&#235;l sur toutes les notes. Les voisins &#233;tonn&#233;s et curieux ouvrent leur porte ou leur fen&#234;tre. Papa, tr&#232;s content de lui, rejoint Maman mais moi je reste encore un peu sur le balcon pour jouir de cet instant de paix. Dans le grand silence revenu, j'entends une de nos voisines lan&#231;ant cette sentence : &#171; Ils sont fous chez Plancke, ils ont commenc&#233; la soir&#233;e en criant et en se disputant et maintenant, ils f&#234;tent et ils chantent. &#187; Je r&#233;p&#232;te ces mots &#224; mes parents, ce qui les fait bien rire. Ils sont heureux d'&#234;tre fous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais notre f&#234;te n'est pas finie car, la veille au soir, j'ai plac&#233;, sur le balcon, une casserole remplie d'eau. D'apr&#232;s une ancienne croyance flamande, la nuit de No&#235;l, &#224; l'instant o&#249; sonne minuit, tous les anges volent dans le ciel et b&#233;nissent la terre. Voil&#224; pourquoi les enfants des Flandres placent, dans les jardins ou sur le rebord des fen&#234;tres, des r&#233;cipients pleins d'eau. Je place sur notre table la pr&#233;cieuse casserole contenant l'eau b&#233;nite et chacun de nous boit un verre d'eau glac&#233;e. Nous ne doutons pas, tant cette eau est bonne, qu'elle est vraiment b&#233;nie par les anges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai pass&#233; bien des No&#235;ls dont je garde peu de souvenirs. Mais jamais je n'ai oubli&#233; le moindre d&#233;tail de ce No&#235;l d'enfance et de guerre, qui restera toujours pour moi &#171; le No&#235;l aux harengs &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le go&#251;t du pain (Alice J.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article908</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article908</guid>
		<dc:date>2012-08-07T14:18:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre 40-45</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte est issu de notre recueil d'histoires v&#233;cues imprim&#233; sous forme de livre &#171; 123 j'ai vu - Des seniors d'aujourd'hui racontent leur enfance d'hier &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; 1941. Mon p&#232;re est prisonnier des Allemands et pour Maman, malgr&#233; l'aide de ses fr&#232;res et s&#339;urs, la vie n'est pas facile. Pourtant, je n'ai jamais eu faim, mais je me souviens de la maigreur de ma m&#232;re et de ses traits tir&#233;s&#8230; Elle &#233;tait seule et craignait de ne pas nous donner le n&#233;cessaire, &#224; ma s&#339;ur et &#224; moi. C'&#233;tait une angoisse quotidienne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce petit (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique146" rel="directory"&gt;1,2,3 j'ai vu ...&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot133" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot191" rel="tag"&gt;Guerre 40-45&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L99xH150/arton908-f68ab.jpg?1780044296' width='99' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article530' class='spip_in'&gt;Ce texte est issu de notre recueil d'histoires v&#233;cues imprim&#233; sous forme de livre &#171; 123 j'ai vu - Des seniors d'aujourd'hui racontent leur enfance d'hier &#187;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1941. Mon p&#232;re est prisonnier des Allemands et pour Maman, malgr&#233; l'aide de ses fr&#232;res et s&#339;urs, la vie n'est pas facile. Pourtant, je n'ai jamais eu faim, mais je me souviens de la maigreur de ma m&#232;re et de ses traits tir&#233;s&#8230; Elle &#233;tait seule et craignait de ne pas nous donner le n&#233;cessaire, &#224; ma s&#339;ur et &#224; moi. C'&#233;tait une angoisse quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce petit bout de femme assumait courageusement la solitude apr&#232;s l'arrestation et l'&#233;loignement de mon p&#232;re.&lt;br&gt;
J'&#233;tais encore une petite fille et je ne me souviens plus des grammes de pain par ticket de rationnement&#8230; 30, 40, 50 grammes ? mais j'entends encore Maman et ses s&#339;urs parler des diff&#233;rents moyens de se procurer de la nourriture pour les enfants. Dans leur conversation, le mot &#171; pain &#187; revenait comme un leitmotiv :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Je n'ai plus de pain&#8230; Il faudrait du pain&#8230; O&#249; trouver du pain ?&lt;br&gt;
Ce mot &#233;tait devenu pour moi synonyme d'abondance et de bonheur. Quand il ne manquait pas, je sentais l'apaisement g&#233;n&#233;ral !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, j'entends :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Veux-tu une tartine ? Avec du beurre ? Du blanc ? Du gris ? Du complet ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est l&#224;&#8230; Sur la table, chacun en prend, en laisse, un peu, beaucoup, trop, sans m&#234;me avoir r&#233;ellement faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque de disette, c'&#233;tait un vrai tr&#233;sor difficile &#224; obtenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, je rentre de l'&#233;cole &#224; seize heures, affam&#233;e comme tr&#232;s souvent ; il n'y a plus de pain &#224; la maison. Maman m'envoie &#224; la boulangerie munie des timbres de ravitaillement et de l'argent n&#233;cessaire.&lt;br&gt;
J'y cours ! Devant moi, la file d'attente habituelle, j'attends patiemment mon tour et je regarde autour de moi. Je vois les pains rationn&#233;s, plats, d'une vilaine couleur brune. Je ne les connais que trop bien&#8230; Ils collent aux dents, &#224; la bouche&#8230; Et juste &#224; c&#244;t&#233;, des pains ronds, blond dor&#233;&#8230; Ils d&#233;gagent une odeur all&#233;chante&#8230; Ils me capturent. A qui sont-ils destin&#233;s ? Que faut-il faire pour en obtenir ?.... Une chose est certaine, ils ne sont pas l&#224; pour moi !&lt;br class='autobr' /&gt;
J'essaie de ne pas les regarder. Ils m'obs&#232;dent&#8230; Je veux les go&#251;ter, sentir la &#171; diff&#233;rence &#187; !&lt;br&gt;
Vais-je oser ?&lt;br&gt;
Vais-je r&#233;sister &#224; la tentation ?&lt;br&gt;
J'h&#233;site.&lt;br&gt;
J'h&#233;site encore.&lt;br&gt;
L'envie devient irr&#233;sistible&#8230;&lt;br&gt;
C'est d&#233;cid&#233;, j'essaie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis la derni&#232;re de la file Tout se passe tr&#232;s vite. Je pose les timbres et l'argent sur le comptoir. D'une main, je prends mon d&#251;, le mets dans mon sac et me retournant vers la porte, j'attrape de l'autre main un beau pain joufflu et dor&#233; qui, prestement, prend le m&#234;me chemin. &#201;tourdie par mon audace, la t&#234;te vide, dans un brouillard, je me dirige vers la sortie. Je marche vite, je titube un peu &#8230;Je suis sid&#233;r&#233;e par ma hardiesse ! Un peu plus loin je reprends mes esprits. Je cours vers la maison, la peur au ventre&#8230;&lt;br&gt;
Est-ce que quelqu'un me poursuit ?&lt;br&gt;
Est-ce que quelqu'un m'a vue ? &lt;br&gt;
Qu'ai-je fait ?&#8230;&lt;br&gt;
Que va dire Maman ?&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle me voit rentrer p&#226;le et paniqu&#233;e. Je lui raconte. Je montre fi&#232;rement le pain d&#233;rob&#233; et j'attends la sanction. D'abord interdite, elle me regarde et demande :&lt;br&gt;
&#8211; Tu as faim ?&lt;br&gt;
&#8211; Oui, j'ai faim.&lt;br&gt;
&#8211; Je le dirai &#224; Papa, c'est quelque chose que tu ne peux pas faire&#8230; Jamais&#8230; Il y aura sans aucun doute une punition&#8230; &lt;br&gt;
Elle m'observe de tr&#232;s pr&#232;s et r&#233;p&#232;te :&lt;br&gt;
&#8211; Tu as faim ?&lt;br&gt;
&#8211; Oui, j'ai toujours faim&#8230;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, seulement, elle coupe une tartine, y &#233;tend du sirop &#8230; et me la tend&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tartine et celles qui suivent me paraissent un vrai d&#233;lice. Je n'arr&#234;te plus de manger. Maman me regarde d&#233;vorer le pain blanc. C'est une vraie friandise ! L'objet du d&#233;lit disparu, elle oubliera peut-&#234;tre la b&#234;tise que j'ai faite et Papa n'en saura rien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de soixante ans plus tard, je revois les pains, la boulangerie et Maman effray&#233;e par mon geste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai gard&#233; le respect du pain&#8230; &lt;br&gt;
Parce qu'un jour, oui, un jour, j'ai vol&#233; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#034;bouquettes&#034; de No&#235;l (Marie-Paule N.)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article868</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article868</guid>
		<dc:date>2011-12-20T10:41:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raton Laveur</dc:creator>


		<dc:subject>Alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>F&#234;tes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Toute la journ&#233;e, Bonne-Maman a cuisin&#233; ! Elle a pr&#233;par&#233; la p&#226;te dans la matin&#233;e, elle l'a fait lever sous un linge propre et maintenant, elle s'affaire autour de son fourneau. La &#171; cuisini&#232;re &#187; ronronne de plaisir : une grosse masse de fonte, d&#233;cor&#233;e de c&#233;ramique bleue, qui rayonne sa chaleur intense dans la grande pi&#232;ce. Celle-ci sert de cuisine et de salle &#224; manger dans le pavillon de mes grands-parents. Mon oncle Jules l'a construit pour eux dans son grand jardin de la rue de Bruxelles &#224; Genappe. La (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot133" rel="tag"&gt;Alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;F&#234;tes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Toute la journ&#233;e, Bonne-Maman a cuisin&#233; ! Elle a pr&#233;par&#233; la p&#226;te dans la matin&#233;e, elle l'a fait lever sous un linge propre et&lt;br class='autobr' /&gt;
maintenant, elle s'affaire autour de son fourneau.&lt;br class='autobr' /&gt;
La &#171; cuisini&#232;re &#187; ronronne de plaisir : une grosse masse de fonte, d&#233;cor&#233;e de c&#233;ramique bleue, qui rayonne sa chaleur intense&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la grande pi&#232;ce. Celle-ci sert de cuisine et de salle &#224; manger dans le pavillon de mes grands-parents. Mon oncle Jules l'a&lt;br class='autobr' /&gt;
construit pour eux dans son grand jardin de la rue de Bruxelles &#224; Genappe.&lt;br class='autobr' /&gt;
La temp&#233;rature de la pi&#232;ce doit atteindre les 26 ou 28 degr&#233;s ! Les odeurs et les vapeurs de la p&#226;te des bouquettes saturent l'air&lt;br class='autobr' /&gt;
et nous font tourner la t&#234;te ! Luc et moi avons l'autorisation d'assister &#224; la confection des cr&#234;pes ; quelle chance ! Il va en falloir&lt;br class='autobr' /&gt;
une montagne, car ce soir apr&#232;s la messe de minuit, c'est toute la famille au complet qui s'en r&#233;galera !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma grand-m&#232;re Bertha dirige les op&#233;rations, maman et elle s'activent autour du monstre ! Nous pouvons regarder, mais pas&lt;br class='autobr' /&gt;
approcher ! Toutes deux font fondre le beurre qu'elles d&#233;posent avec des cuill&#232;res en bois dans de grandes po&#234;les en fonte ; il&lt;br class='autobr' /&gt;
gr&#233;sille...Mum ! Ca sent bon, et lorsqu'il est fondu, elles font tomber dans la po&#234;le, une louche de p&#226;te, une vapeur parfum&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
s'en &#233;chappe alors. C'est une p&#226;te &#224; cr&#234;pe plus &#233;paisse que celle que nous connaissons, &#224; la levure, aux raisins de Corinthe et, subtil raffinement, la veille de No&#235;l on y ajoute du rhum. De temps en temps, nous recevons un morceau de bouquette rat&#233;e,&lt;br class='autobr' /&gt;
plaisir supr&#234;me, c'est encore meilleur de les manger avec les doigts !&lt;br class='autobr' /&gt;
Au fur et &#224; mesure de leur fabrication, les cr&#234;pes viennent s'ajouter sur les plats que Bonne-Maman met au chaud dans les&lt;br class='autobr' /&gt;
ouvertures sur les c&#244;t&#233;s de la cuisini&#232;re. Pendant ce temps &#224; vingt m&#232;tres de l&#224;, ma marraine Simone, la s&#339;ur a&#238;n&#233;e de maman,&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;pare dans sa cuisine, avec ma cousine Claudine, le boudin aux pommes. Ce sont des pommes caram&#233;lis&#233;es qui&lt;br class='autobr' /&gt;
accompagnent du boudin noir de Li&#232;ge, le tout cuit &#224; la po&#234;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout est pr&#234;t ! Nous aussi, dans nos habits de f&#234;te, je tourne sur moi-m&#234;me pour voir ma jolie robe blanche garnie de smocks&lt;br class='autobr' /&gt;
roses virevolter sur mes bas blancs et mes souliers vernis. C'est Maman qui l'a cousue pour moi. M&#234;me mes cheveux tress&#233;s sont&lt;br class='autobr' /&gt;
relev&#233;s en couronne sur ma t&#234;te. Luc, sous sa casquette, est fier de sa nouvelle cravate, il a l'air d'un monsieur ! Nous piaffons&lt;br class='autobr' /&gt;
d'impatience, emmitoufl&#233;s jusqu'aux yeux. C'est tout excit&#233;s que nous partons pour la messe de minuit, nous formons presque&lt;br class='autobr' /&gt;
une procession. Il est onze heures et demie, il fait froid et le ciel est rempli d'&#233;toiles ! La main dans celle de mon grand-p&#232;re, je&lt;br class='autobr' /&gt;
prends garde &#224; ne pas glisser sur les trottoirs givr&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'&#233;glise, nous sommes accueillis par les orgues et les chants de No&#235;l. La joie est sur tous les visages. Nous chantons : &#171; Il&lt;br class='autobr' /&gt;
est n&#233; le divin enfant &#187; et bien d'autres chants populaires et religieux ! Nous sommes tous, jeunes et vieux unis dans une ferveur&lt;br class='autobr' /&gt;
unique en cette veill&#233;e de No&#235;l de l'ann&#233;e 1953.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la sortie de l'&#233;glise, nous les enfants, courrons vers la maison ou nous allons nous gaver de bouquettes et exceptionnellement&lt;br class='autobr' /&gt;
ce soir l&#224;, d'un petit verre de vin chaud ! Plus tard, beaucoup plus tard, quand il sera l'heure d'aller se coucher, car nous avons&lt;br class='autobr' /&gt;
du mal &#224; rester &#233;veill&#233;s, du fond de notre petit lit, nous aurons encore la magie de No&#235;l dans les yeux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>