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	<title>Ages et transmissions</title>
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	<description>Cr&#233;&#233;e en 97, Ages et Transmissions est une asbl pluraliste bruxelloise permettant aux a&#238;n&#233;s de jouer un r&#244;le actif dans la soci&#233;t&#233;. Elle est reconnue comme organisme d'&#233;ducation permanente par la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles.</description>
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		<title>Ages et transmissions</title>
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		<title>(D&#233;s)amours, couples, libert&#233;s, &#233;galit&#233;s, sexualit&#233;s, &#8230; </title>
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		<dc:date>2021-01-17T09:24:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Voici les derniers textes publi&#233;s dans le Carrefour des m&#233;moires : L'amour fut le plus fort (Jeannine), histoire d'un couple mixte Divorce (Monick) Les chaussures de danse (Jos), une belle histoire Chut ! (Frida), une &#233;ducation pudique Histoire d'un couple (Bruno), un long fleuve tranquille ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Un grand merci &#224; tous de participer &#224; notre &#171; banque de t&#233;moignages amours, &#8230; &#187; dans le Carrefour des M&#233;moires. Tous les textes re&#231;us ne figureront pas dans le recueil. Seuls certains (extraits) de certains (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Editos &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L150xH107/arton1244-6c0b8.jpg?1779783626' width='150' height='107' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Voici les derniers textes publi&#233;s dans le Carrefour des m&#233;moires :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1286' class='spip_in'&gt;L'amour fut le plus fort (Jeannine)&lt;/a&gt;, histoire d'un couple mixte
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1285' class='spip_in'&gt;Divorce (Monick)&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1284' class='spip_in'&gt;Les chaussures de danse (Jos)&lt;/a&gt;, une belle histoire
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1282' class='spip_in'&gt;Chut ! (Frida)&lt;/a&gt;, une &#233;ducation pudique
&lt;br /&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1283' class='spip_in'&gt;Histoire d'un couple (Bruno)&lt;/a&gt;, un long fleuve tranquille ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un grand &lt;strong&gt;merci &lt;/strong&gt; &#224; tous de participer &#224; notre &#171; banque de t&#233;moignages amours, &#8230; &#187; dans le Carrefour des M&#233;moires. Tous les textes re&#231;us ne figureront pas dans le recueil. Seuls certains (extraits) de certains textes seront s&#233;lectionn&#233;s et ensuite simplifi&#233;s pour notre prochain recueil d'histoires v&#233;cues &#224; destination d'un public alpha, FLE, &#8230; &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?article1215'&gt;&lt;strong&gt;Cet appel &#224; textes est toujours ouvert ! &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous cherchons actuellement notamment des t&#233;moignages se d&#233;roulant principalement entre 1945 et 1985 autour des th&#232;mes : &lt;strong&gt;homosexualit&#233;, militance, violence conjugale, &#8230;&lt;/strong&gt;. Si vous le d&#233;sirez, des consignes d'&#233;criture et questions inspirantes sont disponibles sur demande, afin d'aborder ces diff&#233;rents th&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Des histoires bas&#233;es sur une exp&#233;rience de vie de maximum 2 pages, pouvant &#234;tre sign&#233;es d'un pseudo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des questions ? N'h&#233;sitez pas &#224; rentrer en dialogue avec Sylvie ou moi-m&#234;me !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mes premi&#232;res ann&#233;es &#224; la Banque nationale de Belgique (Brigitte)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1114</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1114</guid>
		<dc:date>2020-12-11T14:01:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A la fin de mes humanit&#233;s, je pr&#233;sente quelques examens d'embauche. &lt;br class='autobr' /&gt;
En octobre, un courrier de la Banque nationale m'annonce que je suis admise &#224; l'&#233;preuve orale. Peu apr&#232;s, je suis convoqu&#233;e &#224; la visite m&#233;dicale. Enfin, mi-d&#233;cembre, un pli officiel m'informe : &#171; Vous &#234;tes convoqu&#233;e le 4 janvier 1972 &#224; 9 heures, 3 boulevard de Berlaimont, pour prendre vos fonctions&#8230;. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un mardi. Je viens d'avoir 18 ans. Nous sommes deux nouveaux ce matin &#224; l'entr&#233;e principale r&#233;serv&#233;e au public et aux membres de la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A la fin de mes humanit&#233;s, je pr&#233;sente quelques examens d'embauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre, un courrier de la Banque nationale m'annonce que je suis admise &#224; l'&#233;preuve orale. Peu apr&#232;s, je suis convoqu&#233;e &#224; la visite m&#233;dicale. Enfin, mi-d&#233;cembre, un pli officiel m'informe : &#171; Vous &#234;tes convoqu&#233;e le 4 janvier 1972 &#224; 9 heures, 3 boulevard de Berlaimont, pour prendre vos fonctions&#8230;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un mardi. Je viens d'avoir 18 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes deux nouveaux ce matin &#224; l'entr&#233;e principale r&#233;serv&#233;e au public et aux membres de la Direction. Un gar&#231;on n&#233;erlandophone et moi-m&#234;me. Mademoiselle B. m'accueille et m'entraine dans un d&#233;dale de couloirs, d'escaliers, d'ascenseurs... En deux heures, elle me fera d&#233;couvrir &#171; la Maison &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle ouvre les portes des diff&#233;rents bureaux. Ici, deux fen&#234;tres, deux simples chaises : c'est un chef de division. Ici, trois fen&#234;tres, un fauteuil club : c'est un chef de service. L&#224;, trois fen&#234;tres, un coin salon et un tapis : un chef de d&#233;partement&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous faisons un arr&#234;t aupr&#232;s du chef du personnel pour signer mon contrat d'embauche puis retour au sous-sol. L'entr&#233;e du personnel s'y trouve au num&#233;ro 5 du boulevard. Les portes sont ferm&#233;es entre 8h45 et 16h45. Pas de badge d'admission, pas de pointeuse, pas de sorties le midi.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'acc&#232;s aux bureaux se fait par un long couloir dall&#233; de m&#233;tal. Sur la droite, les vestiaires. Il faut imp&#233;rativement y laisser son manteau avant de se rendre au bureau. Je re&#231;ois la clef d'une armoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Visite &#224; la mutuelle de la Banque pour remplir les formulaires d'inscription.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passage rapide au guichet du r&#233;fectoire pour acheter un ticket de repas. Les commandes se font une semaine &#224; l'avance par l'interm&#233;diaire d'une personne d&#233;sign&#233;e dans le service. Le r&#233;fectoire des employ&#233;s s'&#233;tend au 4e &#233;tage sur les 200 m&#232;tres de la Banque. Deux services sont pr&#233;vus, l'un &#224; 12h, l'autre &#224; 13h. Les ouvriers et les cadres disposent de r&#233;fectoires s&#233;par&#233;s. La direction a sa cuisine particuli&#232;re et des salles &#224; manger.&lt;br class='autobr' /&gt;
A c&#244;t&#233; du r&#233;fectoire se trouve la salle de repos, le &#171; bar &#187;, qui propose, &#224; des prix avantageux, friandises, boissons non alcoolis&#233;es et cigarettes, et surtout la biblioth&#232;que ouverte de 12 &#224; 14h. A l'&#233;tage sup&#233;rieur, une terrasse permet de prendre un peu d'air pendant la pause de midi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour au rez-de-chauss&#233;e, &#224; la Caisse centrale, le lieu qui accueille le public. Des guichets s'alignent de chaque c&#244;t&#233; du bureau de poste. La SNCI offre au personnel de la Banque des conditions sp&#233;ciales pour les comptes &#224; vue mais je n'ai que 18 ans et je devrai encore attendre un peu pour ouvrir un compte. Entretemps, mon salaire me sera remis en esp&#232;ces le 7 de chaque mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 11 heures, Mademoiselle B. me laisse dans le bureau enfum&#233; de Monsieur T., deux fen&#234;tres, deux chaises &#8230; L'odeur de son gros cigare me rappelle mon grand-p&#232;re. Il s'informe de mes formations, s'&#233;tonne du fait que je ne connais pas du tout la comptabilit&#233;. Un nouveau service va &#234;tre cr&#233;&#233;, la Centrale des Bilans ; il s'attendait &#224; un comptable mais comme la caisse centrale n'est pas &#171; un endroit pour une jeune-fille &#187;, c'est le jeune n&#233;erlandophone, comptable sans doute, qui occupera cette place o&#249; les blagues de mauvais go&#251;t et un langage peu ch&#226;ti&#233; font partie du quotidien. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail de la centrale n'a pas encore d&#233;marr&#233; ; Monsieur T. me sugg&#232;re de lui dessiner un graphique avec des donn&#233;es &#233;conomiques sur papier millim&#233;tr&#233;. Puis il me conduit dans les locaux que j'occuperai d&#233;sormais. La porte s'ouvre sur une odeur de pastis, relents du drink de nouvel an. Monsieur N. me donnera des notions de compta. Actif, passif, compte de pertes et profits ne lui semblent pas plus clairs qu'&#224; moi. Jos&#233;e et Charles travaillent dans cette section appel&#233;e micro-filmage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233; du couloir se trouve mon bureau que je partage avec Michel, Fran&#231;ois et William. Nous n'avons qu'une seule fen&#234;tre ! Nous disposons d'un bureau avec une rang&#233;e de trois tiroirs. Le mobilier aussi s'adapte &#224; la hi&#233;rarchie, un chef de bureau a droit &#224; sa fen&#234;tre et &#224; un bureau avec deux rang&#233;es de trois tiroirs. Monsieur R. est le chef. Il m'impressionne beaucoup car son cr&#226;ne chauve est couvert de cicatrices. J'apprendrai plus tard qu'elles sont la suite d'un s&#233;jour dans les camps de concentration. Willy et Elisabeth, deux stagiaires le secondent. Ils sont universitaires et en charge du d&#233;veloppement de la nouvelle centrale. Au bout de la pi&#232;ce, Yvonne dactylographie, Malou s'occupe de l'intendance et du courrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je re&#231;ois une latte, un crayon, une gomme, un Bic, une agrafeuse (&#224; rendre si je quitte le service) et des crayons de couleur (pour le graphique !). Apparemment, on ne sait pas trop que faire de moi&#8230; Je m'applique donc &#224; ce graphique que je retrouverai sur le bureau de Monsieur T. lorsqu'il m'appellera le 1er avril pour me confirmer mon engagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout autour du local sont align&#233;s des classeurs en m&#233;tal kaki. Ils contiennent 16000 cartons r&#233;cup&#233;r&#233;s de la CGER. Les jours suivants, on me demande de sortir ceux qui portent le num&#233;ro 3, c'est-&#224;-dire les soci&#233;t&#233;s du secteur chimie. Je parcours donc les tiroirs poussi&#233;reux et empile les cartons sur mon bureau. Entretemps, les t&#234;tes pensantes ont d&#233;couvert que le code 62 repr&#233;sentait &#233;galement le secteur chimique, je recommence donc l'op&#233;ration. Ce ne sera pas la derni&#232;re fois !&lt;br class='autobr' /&gt;
Vendredi soir, je me demande combien de temps je vais rester dans cette banque !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin le travail commence. Pendant des mois, nous allons recopier les donn&#233;es issues des Annexes au Moniteur belge : 3 chiffres &#224; l'actif, 3 chiffres au passif et un compte de r&#233;sultat encore plus concis. Nous &#233;crivons au crayon sur des formulaires qui reprennent en d&#233;tail tous les postes possibles pour un bilan d'entreprise. C'est dire que ces formulaires sont &#224; peine compl&#233;t&#233;s, sauf dans de rares cas o&#249; la soci&#233;t&#233; publie un rapport d&#233;taill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons &#233;galement refaire les additions. Souvent, sur papier car nous ne disposons que d'une machine &#224; calculer &#224; partager avec les coll&#232;gues ! Je me souviens d'un mod&#232;le extraordinaire. Elle ressemble &#224; une caisse enregistreuse. Il faut introduire les montants en s&#233;parant les unit&#233;s, les dizaines, les centaines&#8230;. Quand on demande le r&#233;sultat, la machine s'ex&#233;cute bruyamment. Elle occupe une place &#233;norme mais &#224; l'&#233;poque, le bureau est vide, pas d'ordinateur, pas de t&#233;l&#233;phone (exceptionnellement nous pouvons appeler sur le poste du chef). Chaque soir, nous rendons nos copies &#224; Monsieur R. qui les corrige et nous convoque si trop d'erreurs s'y sont gliss&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s quelques mois, des caisses de formulaires sont envoy&#233;es &#224; une soci&#233;t&#233; d'encodage. Au retour, les erreurs sont point&#233;es avec les originaux. Je me souviens qu'&#233;tant la plus jeune, j'ai pass&#233; des heures assise par terre au milieu de piles de documents &#224; chercher celui qui donnerait la solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes sont pr&#234;ts, nous allons pouvoir sortir des r&#233;sultats sur le secteur chimique. Du moins, nous le croyons car il n'est pas &#233;vident m&#234;me pour l'informatique de d&#233;gager des tendances avec aussi peu de donn&#233;es. Nous parlons d'extrapolations, un beau mot pour ne pas dire que nous inventons une bonne partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans plus tard, je prends mon courage &#224; deux mains pour demander au nouveau chef de service de changer de travail. A partir de ce moment, j'assurerai la pr&#233;paration des documents &#224; recopier. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un travail assez vari&#233;. Je recherche d'abord dans des fiches les dates de publication. Puis je prends les microfilms et j'imprime les bilans que je classe, toujours dans ces fameux cartons. Je dois aussi m'assurer s'il existe un rapport d&#233;taill&#233;, parfois m&#234;me dans d'autres services. Je peux aussi me rendre &#224; la biblioth&#232;que scientifique pour consulter les &#233;normes recueils des annexes au Moniteur. Cette biblioth&#232;que est un local normalement inaccessible aux employ&#233;s. Il me faut donc une permission sp&#233;ciale du chef. Le biblioth&#233;caire, Monsieur S. est une figure paternelle. Il m'accueille en petite fille et me conduit entre les rayons avec la recommandation de ne pas aller plus loin. Le pourquoi me sera r&#233;v&#233;l&#233; bien plus tard : ces endroits peu fr&#233;quent&#233;s au fond de la biblioth&#232;que seraient le lieu de rendez-vous galants !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les photocopies des documents se font dans un local r&#233;serv&#233; &#224; une machine Rank Xerox. Christophe, le responsable, est un homme bourru. C'est &#171; sa &#187; photocopieuse et il faut presque le supplier de pouvoir l'utiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es passent et le travail s'automatise. A pr&#233;sent, nous avons une &#233;quipe d'encodeuses. Chacun poss&#232;de sa calculette, la photocopieuse fait partie du service, plusieurs lecteurs de microfilms sont &#224; notre disposition. Sur certains bureaux, il y a m&#234;me un &#233;cran reli&#233; &#224; l'ordinateur central. Les documents papier subsistent et l'encodage g&#233;n&#232;re des piles de listings.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, je change &#224; nouveau de fonction : pendant quelques ann&#233;es, je vais me passionner pour les codes NACE. Ce sont des codes attribu&#233;s &#224; chaque soci&#233;t&#233; en fonction de son activit&#233; principale. J'envoie des centaines de lettres accompagn&#233;es de formulaire, je t&#233;l&#233;phone parfois aux responsables. C'est un travail qui me laisse beaucoup de libert&#233; d'organisation. Une fois par mois, Antoon, le chef de service, et moi, nous nous rendons dans les locaux de l'INS (Institut National des Statistiques) pour d&#233;battre d'un code &#224; attribuer &#224; des activit&#233;s non encore r&#233;pertori&#233;es dans la nomenclature NACE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes premi&#232;res ann&#233;es &#224; la Banque nationale ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par le d&#233;veloppement fulgurant de l'informatisation. Le traitement de texte remplace les anciennes machines &#224; &#233;crire &#233;lectriques. Plus besoin de carbone et de papier pelure en trois couleurs. Plus de Tippex et de corrections difficiles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;crans et claviers reli&#233;s &#224; l'ordinateur central tr&#244;nent sur chaque bureau. De plus en plus, nous travaillons individuellement. Les encodeuses sont soumises au rendement. Les bavardages se font moins fr&#233;quents. Il n'est plus n&#233;cessaire de se rendre dans d'autres services pour obtenir des informations. L'efficacit&#233; est assur&#233;e mais nous perdons le contact humain. Parfois, un chef se rend compte de l'importance des &#233;changes et organise un drink ou une rencontre plus conviviale mais les cas sont rares. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des pointeuses ont &#233;t&#233; install&#233;es et les chefs de service ne doivent plus contr&#244;ler les pr&#233;sences ou les retards. Le matin, on se salue distraitement. Le soir, on part sans rien dire.&lt;br class='autobr' /&gt;
A mon entr&#233;e &#224; la Banque, on parlait de celle-ci comme d'une &#171; grande famille &#187;. En 1985, nous n'&#233;tions plus que des num&#233;ros &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1985, la Banque organise le premier examen d'encadrement. J'y participe et le r&#233;ussis. Ce sera le d&#233;but d'une autre histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hafida, un parcours de migration (Maroc)</title>
		<link>https://agesettransmissions.be/spip.php?article1086</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agesettransmissions.be/spip.php?article1086</guid>
		<dc:date>2020-11-26T07:06:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Musulman.e (&#234;tre)</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration nord africaine et descendants</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait de &#034;Nous racontons notre vie&#034;, La Fonderie, 2014-15 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma famille (Maroc, Alg&#233;rie) &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le monde &#224; la maison venait de la m&#234;me r&#233;gion au Maroc, sauf du c&#244;t&#233; de maman : ils venaient d'Alg&#233;rie. Mes parents se sont mari&#233;s en Alg&#233;rie et y ont v&#233;cu quelques ann&#233;es pour le travail de papa. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand j'avais 7 mois, en Alg&#233;rie, ma m&#232;re est tomb&#233;e malade. Ma grand-m&#232;re a demand&#233; &#224; soigner ma m&#232;re et moi, je l'ai accompagn&#233;e. Mon p&#232;re &#233;tait d'accord et donc je suis partie avec ma m&#232;re rejoindre ma grand-m&#232;re. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot135" rel="tag"&gt;Amour, mariage, divorce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot182" rel="tag"&gt;Musulman.e (&#234;tre)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot193" rel="tag"&gt;Immigration nord africaine et descendants&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a href='https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique170'&gt;&#034;Nous racontons notre vie&#034;&lt;/a&gt;, La Fonderie, 2014-15&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma famille (Maroc, Alg&#233;rie)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde &#224; la maison venait de la m&#234;me r&#233;gion au Maroc, sauf du c&#244;t&#233; de maman : ils venaient d'Alg&#233;rie. Mes parents se sont mari&#233;s en Alg&#233;rie et y ont v&#233;cu quelques ann&#233;es pour le travail de papa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'avais 7 mois, en Alg&#233;rie, ma m&#232;re est tomb&#233;e malade. Ma grand-m&#232;re a demand&#233; &#224; soigner ma m&#232;re et moi, je l'ai accompagn&#233;e. Mon p&#232;re &#233;tait d'accord et donc je suis partie avec ma m&#232;re rejoindre ma grand-m&#232;re. Malheureusement, maman est morte et je suis rest&#233;e chez ma grand-m&#232;re pendant 5 ans. Ma grand-m&#232;re me racontait des histoires de princesses, de monstres. Avec mes cousins, nous &#233;tions tous autour d'elle et nous l'&#233;coutions. Mon p&#232;re venait me voir de temps en temps ; je l'appelais &#171; mon oncle &#187;. Une nuit, il m'a pris avec lui sur sa moto. On est rentr&#233; &#224; Oujda, au Maroc. Mais sur la route, il a eu un accident, et depuis j'ai toujours des probl&#232;mes de pied. Ma grand-m&#232;re ne voulait pas me laisser repartir avec papa ; elle voulait me reprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis donc aller habiter avec papa et sa nouvelle femme. Moi, je pleurais pour retourner voir ma grand-m&#232;re en Alg&#233;rie. Il me prenait partout avec lui, dans sa camionnette. A l'&#226;ge de 9 ans, je ne pouvais plus sortir de la maison ; on m'enfermait &#224; l'int&#233;rieur pour que je ne sorte plus jouer toute la journ&#233;e dehors avec mes copines. Au Maroc, je n'ai jamais &#233;t&#233; &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mon p&#232;re a &#233;migr&#233; en Belgique en 1962, tout seul.&lt;/strong&gt; Il travaillait au charbonnage pr&#232;s de Herve. Au Maroc, j'&#233;tais rest&#233;e seule avec ma belle-m&#232;re. J'avais deux fr&#232;res, deux demi-fr&#232;res et une soeur. Je devais m'occuper d'eux. C'&#233;tait tr&#232;s dur. Je ne savais pas quand je reverrais mon p&#232;re. Mon p&#232;re &#233;crivait des lettres de Belgique et mes fr&#232;res lisaient pour moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'arrive en Belgique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis arriv&#233;e du Maroc en 1964. J'avais 10 ans. Je rejoignais mon p&#232;re avec ma belle-m&#232;re. Moi, j'&#233;tais tr&#232;s contente, car au Maroc, &#224; l'&#233;poque, les jeunes filles n'&#233;taient pas libres, elles &#233;taient toujours surveill&#233;es, ne pouvaient pas sortir. Ma belle-m&#232;re m'enfermait pour m'emp&#234;cher de sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons fait le trajet du Maroc en Belgique en voiture. Quand je suis arriv&#233;e ici, il pleuvait. J'aime beaucoup la pluie, toujours aujourd'hui ! Je me suis arr&#234;t&#233;e pour voir les vaches, elles &#233;taient grosses ! Ma belle-m&#232;re ne voulait pas rester ; il faisait froid dans la maison, les toilettes &#233;taient dehors, la maison &#233;tait en mauvais &#233;tat. C'&#233;tait moi qui lessivais les habits. Nous habitions &#224; Battice, pr&#232;s de Herve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cur&#233; venait chez nous et nous apportait beaucoup de choses comme des couvertures. Les voisins &#233;taient gentils. A l'&#233;poque, il n'y avait pas beaucoup de Marocains. Je me suis fait des amis, des Belges. Mon p&#232;re me laissait davantage libre ici, et me donnait raison par rapport &#224; ma belle-m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque &#233;t&#233;, on repartait au Maroc en camionnette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;cole&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai presque pas &#233;t&#233; &#224; l'&#233;cole car cela s'est mal pass&#233; ; je ne connaissais pas le fran&#231;ais et les autres enfants se moquaient de moi. J'ai &#233;t&#233; un an &#224; l'&#233;cole et ensuite je n'ai plus voulu y retourner. L'&#233;cole a insist&#233; et finalement j'y suis all&#233;e une fois par semaine suivre des cours de couture jusqu'&#224; l'&#226;ge de 16 ans. J'ai toujours regrett&#233; d'avoir arr&#234;t&#233; l'&#233;cole, c'est pourquoi, je suis maintenant des cours au Collectif Alpha de Molenbeek pour apprendre &#224; lire et &#224; &#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premier travail, premier amour&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 16 ans, j'ai voulu habiter &#224; Verviers pour travailler. Mon p&#232;re ne voulait pas que je travaille, il voulait que je reste &#224; Herve avec eux. J'&#233;tais tr&#232;s ind&#233;pendante, alors je suis partie &#224; pied pour Verviers et j'y ai emm&#233;nag&#233; chez mon fr&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je ne savais pas quoi faire. L'infirmi&#232;re qui venait chez mon fr&#232;re m'a engag&#233;e pour s'occuper de sa petite-fille, son premier b&#233;b&#233; ; &#231;a a dur&#233; trois ans. Ensuite, elle m'a aid&#233;e pour pouvoir travailler dans une imprimerie. J'y ai eu mon premier permis de travail. J'ai fabriqu&#233; des enveloppes et je me suis fait des amies belges. Je pouvais garder tout mon argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai commenc&#233; &#224; travailler, j'ai rencontr&#233; quelqu'un, il venait me chercher au travail. Mais mon p&#232;re &#233;tait tr&#232;s jaloux et repoussait mes pr&#233;tendants. Pour me surveiller, mon p&#232;re venait parfois aussi me chercher. Alors je faisais comme si je ne connaissais pas l'autre. Mon p&#232;re ne me laissait pas sortir sans excuse. C'&#233;tait difficile de fr&#233;quenter quelqu'un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aurais bien aim&#233; l'&#233;pouser, c'&#233;tait un Marocain ; il a demand&#233; ma main &#224; mon p&#232;re, qui n'a pas donn&#233; de r&#233;ponse, il a dit on verra. Il savait qu'il ne travaillait pas, qu'il allait souvent au caf&#233;. Mon p&#232;re m'a surveill&#233;e, il venait me chercher au travail&#8230; Un jour, il nous a vu en train de parler, il &#233;tait furieux, il a couru apr&#232;s lui. J'&#233;tais pr&#234;te &#224; m'enfuir avec ce gar&#231;on, mais il n'a pas voulu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mariage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis j'ai rencontr&#233; mon futur mari ; il m'a suivie &#224; la boucherie, il m'a suivie en voiture. C'&#233;tait &#224; Verviers. Il m'a dit qu'il cherchait une femme pour se marier. Il avait fait son enqu&#234;te. Il travaillait avec mon p&#232;re dans la m&#234;me usine. Il savait que j'aimais quelqu'un d'autre. Moi, je voulais partir de la maison. J'en ai parl&#233; &#224; mon fr&#232;re qui m'a encourag&#233;e. Mais je n'&#233;tais pas amoureuse ; j'ai &#233;t&#233; avec lui un peu pour me venger de l'autre, de celui qui avait refus&#233; de s'enfuir avec moi. Mon futur mari venait du Sahara, c'&#233;tait un Touareg. Par peur des r&#233;actions de mon p&#232;re parce qu'il n'&#233;tait pas de la m&#234;me r&#233;gion que nous, je me suis enfuie avec lui. J'avais 20 ans, nous nous sommes mari&#233;s religieusement mais mon p&#232;re n'&#233;tait pas au courant. Apr&#232;s 3 mois, j'ai revu ma belle-m&#232;re, elle a arrang&#233; les choses. On a achet&#233; un mouton pour faire la f&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amour est venu plus tard. On a eu cinq enfants : un fils et quatre filles. Finalement, quand les enfants sont devenus grands, nous avons divorc&#233; car nous n'&#233;tions pas d'accord sur l'&#233;ducation des enfants et notamment sur leur mariage ; il voulait les marier avec des connaissances &#224; lui ; moi, je trouvais important qu'ils puissent choisir librement. Aujourd'hui, trois de mes enfants sont mari&#233;s, deux ne sont pas mari&#233;s et vivent ensemble dans un appartement. Je pousse ma fille c&#233;libataire &#224; se marier mais elle me dit : &#171; Pourquoi ? Je suis bien comme &#231;a, avec un appartement, un travail, je ne veux pas &#234;tre d&#233;pendante. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir travaill&#233; comme garde b&#233;b&#233; et dans une imprimerie, j'ai trouv&#233; du travail dans une maison de repos comme femme de m&#233;nage pendant 7 ans. Je m'y amusais beaucoup ; on commen&#231;ait &#224; 8h30, on nettoyait, puis on mettait la table, on servait &#224; manger ; on aidait les personnes &#226;g&#233;es &#224; manger, puis on ramassait, on faisait la vaisselle et &#224; 15h30, c'&#233;tait fini. J'&#233;tais la seule Marocaine. J'avais beaucoup de contacts avec les vieilles personnes et aussi avec mes coll&#232;gues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par apr&#232;s j'ai travaill&#233; dans un orphelinat et dans un lavoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon ex-mari travaillait dans une tannerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Religion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'&#233;tais plus jeune, mes parents ne me parlaient jamais de religion. Un peu de morale : ne pas voler, ob&#233;ir, ne pas sortir avec les gar&#231;ons avant le mariage, mais rien d'autre. Les parents priaient &#224; la maison, pas &#224; la mosqu&#233;e puisqu'il n'y en avait pas. Nous, les jeunes, on ne priait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes de ma famille &#233;taient voil&#233;es. Quand je suis arriv&#233;e du Maroc en Belgique en 1964, je n'&#233;tais pas voil&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on est arriv&#233;, on s'est adapt&#233;. On ne mangeait pas toujours halal parce qu'il n'y avait pas de boucherie halal ; mon p&#232;re achetait les poulets vivants et les tuait lui-m&#234;me. On achetait de la farine pour faire le pain marocain nous-m&#234;mes. Le cur&#233; nous a beaucoup aid&#233;s, il nous a donn&#233; des lits, des couvertures, etc. On parlait religion avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ado et jeune adulte, la religion ne m'int&#233;ressait pas plus que &#231;a. C'&#233;tait plut&#244;t la tradition qui &#233;tait importante avec les valeurs. Mon mari priait, mais moi &#231;a ne me disait rien. Il voulait que je prie avec lui, mais je ne voulais pas. Puis, j'ai pens&#233; &#224; la mort. Or, pour aller au paradis, il faut prier. Je ne savais pas prier car je ne savais pas lire les sourates. Je faisais le Ramadan sans prier et &#231;a, ce n'&#233;tait pas suffisant. Alors, j'ai achet&#233; des cassettes et j'en ai appris 10 par c&#339;ur pour faire la pri&#232;re. A l'&#233;poque (1989), j'avais 35 ans, d&#233;j&#224; quatre enfants et j'habitais &#224; Malm&#233;dy. C'est &#224; ce moment-l&#224; que j'ai d&#233;cid&#233; de mettre le voile. Aujourd'hui, la religion a une place importante dans ma vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes enfants, je ne les ai pas oblig&#233;s non plus &#224; pratiquer. Mon mari voulait que j'insiste. Moi, je voulais qu'ils choisissent. Ma plus grande fille s'est mise &#224; &#233;tudier la religion par elle-m&#234;me. Aujourd'hui, tous mes enfants sont pratiquants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une trentaine d'ann&#233;es, les gens sont devenus plus religieux ; ils connaissent mieux la religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai toujours cru en Dieu, il est le cr&#233;ateur de toute chose. Si on fait quelque chose de grave, Dieu nous juge. Pour moi il y a un seul Dieu, le m&#234;me pour tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les extr&#233;mistes qui sont violents et qui tuent ? Ils ne sont pas de vrais musulmans, on ne tue pas au nom de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et maintenant ...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On garde le physique &#233;tranger, mais on a pris la mentalit&#233; belge. Maintenant je ne me retrouve plus au Maroc, je suis partie il y a trop longtemps. Je me sens plus belge que marocaine, je pr&#233;f&#232;re ici car je fais ce que je veux &#8230; De caract&#232;re, je suis tr&#232;s ind&#233;pendante !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mon cousin du Canada (Kitty)</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>LGBTQIA+</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1953 : mon oncle, Jacques, fr&#232;re de mon p&#232;re, jamais revenu d'Auschwitz, &#233;migre avec sa femme, leur fille, Mireille (6 ans) et leur fils, Richard (2 ans) au Canada. Volontaire bombardier de la Royal Dutch Navy, Jacques a vu la guerre et ses horreurs de trop pr&#232;s. Il cherche un vent de ' libert&#233;' dans ce nouveau pays dont tout le monde parle. Moi, j'ai 12 ans et j'accompagne maman sur les quais du port d'Anvers pour embrasser cette famille proche que je ne reverrai pas avant longtemps. &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'&#233;poque, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Tranches de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot181" rel="tag"&gt;LGBTQIA+&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1953 : mon oncle, Jacques, fr&#232;re de mon p&#232;re, jamais revenu d'Auschwitz, &#233;migre avec sa femme, leur fille, Mireille (6 ans) et leur fils, Richard (2 ans) au Canada. Volontaire bombardier de la Royal Dutch Navy, Jacques a vu la guerre et ses horreurs de trop pr&#232;s. Il cherche un vent de ' libert&#233;' dans ce nouveau pays dont tout le monde parle. Moi, j'ai 12 ans et j'accompagne maman sur les quais du port d'Anvers pour embrasser cette famille proche que je ne reverrai pas avant longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque, bien s&#251;r, pour avoir des nouvelles les uns des autres, il y a le t&#233;l&#233;phone (tr&#232;s cher) mais surtout le courrier. Les nouvelles canadiennes sont bonnes. Mon oncle a trouv&#233; un bon boulot, puis ouvre son premier magasin d'&#233;lectro-m&#233;nager. Ma tante est b&#233;n&#233;vole &#224; la Croix-Rouge. Les enfants sortiront avec honneur de l'universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En me rappelant les lettres lues ainsi que les d&#233;coupes annex&#233;es de certains journaux locaux, je me dis qu'il y &#233;tait question beaucoup plus souvent des r&#233;compenses et prix divers obtenus par Mireille que par Richard. Elle faisait du th&#233;&#226;tre et f&#234;tait plein d'&#233;v&#233;nements. Lui allait bien et vivait en &#8216;kot' universitaire plut&#244;t qu'&#224; la maison. Stop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mireille se maria, photos &#224; l'appui. Rien de sp&#233;cial &#224; propos de son fr&#232;re qui avait un bon boulot de comptable et qui allait acheter une maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1976 : enfin ! Nous d&#233;cidons d'aller faire un &#8216;tour' au Canada. La maison de ma famille est vaste, avec jardin et piscine. Ils re&#231;oivent beaucoup d'amis, voisins et, bien s&#251;r leurs enfants et les amis de ceux-ci. Ma cousine nous pr&#233;sente son mari et mon cousin nous pr&#233;sente un copain, Charles, professeur d'anglais. Un jour, Richard nous emm&#232;ne visiter sa maison. Nous sommes accueillis par Charles, et c'est l&#224;, dans l'unique chambre &#224; coucher avec lit double que, pour la premi&#232;re fois, l'&#233;vidence nous saute aux yeux : mon cousin vit &#8216;en couple'. Ils nous expliquent d'ailleurs avoir achet&#233; la maison ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni au cours de ce s&#233;jour, ni apr&#232;s, nous n'avons avec quiconque abord&#233; la question de l'homosexualit&#233; de mon cousin. Mon mari et moi &#233;tions toujours tr&#232;s ouverts sur le sujet et j'ai longtemps cru que c'&#233;tait le cas pour mon oncle et ma tante. Ce n'est que plus tard que j'ai appris les difficult&#233;s rencontr&#233;es par mon cousin depuis son plus jeune &#226;ge et, ensuite, &#224; partir de ses 20 ans. Cette ann&#233;e-l&#224;, il d&#233;cide de faire son &#8216;coming out'. Mon oncle n'a pas beaucoup de r&#233;actions mais se demande ce qu'il a rat&#233; dans l'&#233;ducation de son fils. Les parents et amis comprennent mais finalement, dans l'ensemble, on lui donne le conseil d'aller consulter un psychiatre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il perdit pas mal d'amis car il faut dire que, dans les ann&#233;es soixante, au Canada, comme ici en Belgique d'ailleurs, la police faisait des razzias dans les seuls endroits de rencontres possibles des communaut&#233;s qu'on appelle maintenant LGBT (lesbien-gay-bi-trans). Les arrestations se faisaient pour des raisons fallacieuses. Il faut ajouter &#224; cela qu'on ne connaissait pas encore bien la fa&#231;on dont se transmettait le SIDA mais on savait que le milieu gay &#233;tait fortement touch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact religieux jud&#233;o-chr&#233;tien pesait &#233;galement lourdement sur la communaut&#233; gay. Mon cousin et son ami pr&#233;f&#233;raient donc vivre ouvertement mais prudemment. Dans les ann&#233;es 80/90, les tensions envers la communaut&#233; sont toujours tr&#232;s ressenties par le couple. A cette &#233;poque, Richard a voulu venir &#224; la rencontre de plusieurs membres de sa famille rest&#233;e en Europe. Lors de son s&#233;jour chez nous, nous avons ressenti une sorte de mal &#234;tre et nos conversations sont rest&#233;es &#8216;prudentes' et surfaient plut&#244;t sur la mani&#232;re g&#233;n&#233;rale dont vivaient toujours les gays dans le monde occidental. Ce n'est, d'ailleurs, que r&#233;cemment qu'une autre cousine m'a racont&#233; que lors d'une rencontre avec Richard, encore &#233;tudiant, celui-ci lui avait &#8216;avou&#233;' son penchant pour les hommes. Il lui avait fait jurer de n'en parler &#224; personne. Elle a tenu parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis retourn&#233;e au Canada il y une dizaine d'ann&#233;es. L'accueil y fut des plus chaleureux. Les tensions, enfin, apais&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Richard et Charles f&#234;tent, l'ann&#233;e prochaine, les 50 ans de leur couple.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Christian (Lucienne)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Amiti&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>LGBTQIA+</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D&#233;but des ann&#233;es 1980, le SIDA fait des ravages dans le monde entier. Les homosexuels sont point&#233;s du doigt. Aucun traitement ne vient en aide &#224; cette &#233;pid&#233;mie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis assistante aupr&#232;s d'un m&#233;decin qui a mis au point un traitement am&#233;liorant sensiblement l'immunit&#233; de ces malades. Les informations circulent tr&#232;s vite dans cette sph&#232;re tr&#232;s ferm&#233;e et il y a urgence. Les patients affluent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je rencontre de plein fouet et dans des circonstances dramatiques, un monde que je ne connais pas. Dans mon (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agesettransmissions.be/spip.php?mot181" rel="tag"&gt;LGBTQIA+&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;but des ann&#233;es 1980, le SIDA fait des ravages dans le monde entier. Les homosexuels sont point&#233;s du doigt. Aucun traitement ne vient en aide &#224; cette &#233;pid&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis assistante aupr&#232;s d'un m&#233;decin qui a mis au point un traitement am&#233;liorant sensiblement l'immunit&#233; de ces malades. Les informations circulent tr&#232;s vite dans cette sph&#232;re tr&#232;s ferm&#233;e et il y a urgence. Les patients affluent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rencontre de plein fouet et dans des circonstances dramatiques, un monde que je ne connais pas. Dans mon esprit, &#224; l'&#233;poque, un homosexuel est un homme eff&#233;min&#233;, tr&#232;s mal accept&#233; par la soci&#233;t&#233; bien-pensante, vivant dans la discr&#233;tion. Point. N'&#233;tant pas confront&#233;e &#224; cette diff&#233;rence dans mon entourage, je ne me posais pas de questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de l'accompagnement, de l'&#233;coute de toute cette d&#233;tresse, j'ai d&#233;couvert de tr&#232;s belles personnes, notamment, une amiti&#233; particuli&#232;re et profonde avec mon regrett&#233; Christian.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se pr&#233;sente au cabinet m&#233;dical pour un rendez-vous&#8230;et un &#171; quelque chose &#187; se passe. Il pourrait &#234;tre mon fils. C'est un joli blondinet aux yeux bleu acier malicieux. Comme la plupart des autres patients homos qui consultent, il n'est pas du tout eff&#233;min&#233; bousculant tous mes clich&#233;s et pr&#233;jug&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s rapidement nous devenons amis. Nous nous voyons hors cadre m&#233;dical. Il se sent rassur&#233; avec moi. Relation empathique, chaleureuse. J'adore son humour, son intelligence, sa curiosit&#233;, son sens artistique. Il m'a fait rentrer dans le monde de l'homosexualit&#233;, dans SON monde. Ce ne fut pas toujours facile. J'&#233;tais per&#231;ue comme une intruse, on se m&#233;fiait. Une fois la glace bris&#233;e, je m'y suis fait pas mal d'amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai entendu combien il &#233;tait douloureux de vivre sa diff&#233;rence en se faisant insulter, culpabiliser, agresser, rejeter. Le d&#233;sespoir aussi devant l'incompr&#233;hension de beaucoup de leurs parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'ayant pas d'alternatives devant cette mort programm&#233;e, Christian et moi nous inscrivons &#224; toutes sortes de s&#233;minaires, conf&#233;rences, ateliers, etc&#8230;pr&#233;tendant apporter des solutions &#224; cette maladie. Du r&#233;confort au charlatanisme, notre ascenseur &#233;motionnel est mis &#224; rude &#233;preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce cadre que je c&#244;toie beaucoup d'hommes, la plupart tr&#232;s jeunes, et une jeune fille, infect&#233;s par ce virus. Je les suivrai jusqu'aux derniers moments, le plus souvent &#224; Saint Pierre ou &#224; Saint Luc o&#249; des unit&#233;s particuli&#232;res avaient &#233;t&#233; ouvertes comme maintenant avec la Covid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian me disait : &#171; chez les homos tu trouveras beaucoup d'infirmiers, restaurateurs, artistes, coiffeurs, antiquaires, &#8230; &#187;. Toutes des professions n&#233;cessitant de la sensibilit&#233;, de l'esth&#233;tisme. Mais pas que ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Christian n'&#233;tait rien de tout cela mais c'&#233;tait un d&#233;lice de partager avec lui, un film, une exposition, un concert. Amusantes aussi, nos discussions chiffons. Il attachait beaucoup d'importance &#224; l'&#233;l&#233;gance, &#224; l'harmonie des couleurs, &#224; la d&#233;coration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu la gravit&#233; de la situation, les &#233;changes avec mes amis homos furent empreints de profondeur, d'essentiel, de chaleur humaine et aussi de franches rigolades, d'humour, d'autod&#233;rision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian est parti pendant l'&#233;t&#233; 1984. &lt;br&gt;
Il m'a ouvert les yeux et le c&#339;ur sur l'homosexualit&#233;. &lt;br&gt;
Merci Christian.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'alibi (Jeannine)</title>
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		<dc:date>2020-11-17T06:26:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Amiti&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>LGBTQIA+</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Eric a vingt et un an. Ses parents sont en relations avec les miens. Notre fils cherche une partenaire pour aller au bal s de l'Ecole Royale Militaire, leur disent-ils. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je sors d'une aventure amoureuse traumatisante, mes parents esp&#232;rent me changer les id&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'accepte la proposition. Le gar&#231;on me t&#233;l&#233;phone et une premi&#232;re rencontre est fix&#233;e devant le cin&#233;ma Arenberg. Je sais qu'il est grand, blond, qu'il a vingt et un ans. Un peu g&#234;n&#233;s tous deux nous brisons la glace. Eric est sympathique, (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Eric a vingt et un an. Ses parents sont en relations avec les miens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Notre fils cherche une partenaire pour aller au bal s de l'Ecole Royale Militaire, leur disent-ils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sors d'une aventure amoureuse traumatisante, mes parents esp&#232;rent me changer les id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'accepte la proposition. Le gar&#231;on me t&#233;l&#233;phone et une premi&#232;re rencontre est fix&#233;e devant le cin&#233;ma Arenberg. Je sais qu'il est grand, blond, qu'il a vingt et un ans. Un peu g&#234;n&#233;s tous deux nous brisons la glace. Eric est sympathique, apparemment calme et bien &#233;duqu&#233;. Il m'explique qu'il fait des &#233;tudes de polytechnique en tant qu'&#233;l&#232;ve officier &#224; l'Ecole Royale Militaire. Je suis donc invit&#233;e au grand bal annuel. Il m'indique en quelques mots comment cela se passe et me certifie que je serai ravie. Je me pr&#233;pare f&#233;brilement &#224; cette soir&#233;e mythique. Quelques jours plus tard il vient me chercher en voiture chez mes parents. Je le trouve beau dans son bel uniforme d'officier. Je suis gracieuse dans une ravissante robe de bal, pr&#234;te pour une soir&#233;e exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entr&#233;e du b&#226;timent est par&#233;e d'un tapis rouge et de magnifiques bouquets de fleurs. Eric me guide vers la salle principale o&#249; se pressent des jeunes couples qui rivalisent d'&#233;l&#233;gance. Je d&#233;couvre avec ravissement une soci&#233;t&#233; diff&#233;rente de la mienne. Je suis pr&#233;sent&#233;e &#224; ses camarades de promotion, en particulier &#224; son grand ami Jean qui lui fait compliment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Tu as amen&#233; une charmante jeune fille, lui dit-il en me baisant la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la soir&#233;e, ses camarades de promotion me laissent entendre que c'est la premi&#232;re fois qu'Eric est accompagn&#233; d'une jeune fille. Nous profitons des quatre salles de bal r&#233;parties dans les &#233;tages. Je vais de d&#233;couvertes en d&#233;couvertes. Eric est bon danseur et nous appr&#233;cions tous les deux les quatre orchestres qui proposent des musiques et des rythmes diff&#233;rents. Je suis sur un nuage. J'ai le sentiment de vivre un conte de f&#233;e. L'animation g&#233;n&#233;rale, la musique, les grands escaliers, tout m'impressionne. C'est une exp&#233;rience unique pour moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous rentrons au milieu de la nuit et pr&#233;voyons de nous revoir bient&#244;t. Je suis ravie de cette nouvelle relation. J'ose r&#234;ver mais sans trop y croire. En 1955 n'existent ni r&#233;seaux sociaux ni t&#233;l&#233;phones portables. Je dois donc attendre un appel t&#233;l&#233;phonique d'Eric.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s plusieurs semaines d'un silence &#233;trange, Eric m'invite &#224; un apr&#232;s-midi dansant de l'Ecole Militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Je dois te dire que cet &#233;v&#233;nement qui a lieu plusieurs fois par an, est surnomm&#233; &#8216;le pince fesses'.me dit-il, en s'excusant pour cette libert&#233; d'expression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ris car enfin je le trouve moins guind&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son ami Jean est pr&#233;sent, toujours aussi courtois tandis qu'Eric reste pr&#233;venant et affable. Nous avons, lui et moi, de longues conversations, j'ai l'impression que nous commen&#231;ons &#224; &#234;tre en harmonie. Je l'appr&#233;cie beaucoup mais je ne suis pas amoureuse. Au fil du temps, il ne se manifeste que rarement, pas d'appels t&#233;l&#233;phoniques pendant plusieurs semaines. Je suis &#233;tonn&#233;e, un peu d&#233;&#231;ue, mais il se justifie par des missions de d&#233;placement en Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; - Je te ferai signe &#224; mon retour, me dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais d'&#233;tonnement en questionnements. Lors de ces retrouvailles il s'amuse &#224; me raconter ses escapades avec les petites anglaises, anecdotes partag&#233;es bien s&#251;r en connivence avec son ami Jean. Je trouve ces confidences inattendues et d&#233;rangeantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233;- l&#224; nous partirons &#224; Bruges, &#224; Gand. Et puis nous passons une journ&#233;e tr&#232;s romantique dans les dunes de la mer du Nord. Plus tard nous allons &#224; Deinze o&#249; il souhaite me faire rencontrer sa grand-m&#232;re. Petit &#224; petit nos relations, bien qu'irr&#233;guli&#232;res, se font plus tendres. Il m'embrasse, me sert fougueusement dans ses bras. Et pourtant un jour il s'&#233;loigne de moi et me dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Prenons nos distances, car je sens que nous pourrions &#234;tre amen&#233;s &#224; des exc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis &#233;tonn&#233;e, surprise, je ne comprends pas cette phrase, cette attitude. Je le trouve singulier. Nous commen&#231;ons pourtant &#224; mieux nous conna&#238;tre et nous parlons beaucoup. Quand la conversation nous am&#232;ne &#224; parler de la vie du couple, il me dit avec aplomb :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; En tout cas, moi, je ferai chambre &#224; part. Je ne supporterais pas de partager un r&#233;veil n&#233;glig&#233; avec ma compagne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avoue qu'il me d&#233;concerte s&#233;rieusement. J'ai connu un autre gar&#231;on avant lui, je sais ce que signifie une relation amoureuse. Son comportement me semble peu banal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour nous parlons lecture, auteurs et il me demande :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='puce_bee'&gt;&lt;/span&gt; Que penses -tu d'Andr&#233; Gide ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#233;ponds par l'&#233;num&#233;ration de mes lectures, mon admiration pour l'auteur. Je sens que ma r&#233;ponse le d&#233;sar&#231;onne. En 1955, le genre et les tendances sexuelles ne sont pas &#233;voqu&#233;es ouvertement. Je suppose qu'Eric essaye d'ouvrir un d&#233;bat, de me faire r&#233;fl&#233;chir. A quoi ? De quoi veux-t-il m'avertir ? Je ne sais pas. Je suis perturb&#233;e, j'ai dix-huit ans, je me sens mal &#224; l'aise. Trop de choses nous s&#233;parent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une nouvelle absence marqu&#233;e par un silence prolong&#233;, je d&#233;cide de ne pas poursuivre ces rencontres qui ne m'apportent qu'&#233;nigmes et interrogations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s r&#233;flexions et l'analyse de certaines attitudes, je comprends enfin, la r&#233;alit&#233; &#233;vidente : Eric est homosexuel. Je n'&#233;tais qu'un alibi ! Ma pr&#233;sence le rassurait sans doute, lui offrait l'image du jeune homme bien sous tous rapports. Je le d&#233;douanais d'une situation sur laquelle il s'interrogeait lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai r&#233;trospectivement soup&#231;onn&#233; ses parents de m'avoir utilis&#233;e comme &#233;chappatoire &#224; une r&#233;alit&#233; qu'ils refusaient. Je l'ai per&#231;u comme un camouflet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais j'ai compris le d&#233;sarroi d'Eric. J'en ai gard&#233; une tendresse particuli&#232;re pour ce gar&#231;on. Homosexuel il a essay&#233; -sinc&#232;rement sans doute- de combattre ses pulsions. Un combat impossible : son ami Jean &#233;tait le plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je n'ai plus jamais eu de leurs nouvelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Elise (Maric)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Elle a belle allure, assez forte et imposante, autoritaire, ce qu'on appelle une femme de caract&#232;re. Lui est un beau jeune homme, fin, de beaux yeux bleus, courtois. Elise est n&#233;e en 1886, scolaris&#233;e, elle est propri&#233;taire d'un magasin tabac/cigares/alcool dans la rue des Guillemins &#224; Li&#232;ge, endroit fort fr&#233;quent&#233; car non loin de la gare. Lambert, n&#233; en 1898, est petit employ&#233; &#224; l'usine Esp&#233;rance-Longdoz, usine d'extraction de charbon, &#233;galement situ&#233;e &#224; Li&#232;ge. Il est amoureux des chiffres, travailleur (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://agesettransmissions.be/local/cache-vignettes/L110xH150/arton1239-56ccc.jpg?1779783626' width='110' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elle a belle allure, assez forte et imposante, autoritaire, ce qu'on appelle une femme de caract&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lui est un beau jeune homme, fin, de beaux yeux bleus, courtois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elise est n&#233;e en 1886, scolaris&#233;e, elle est propri&#233;taire d'un magasin tabac/cigares/alcool dans la rue des Guillemins &#224; Li&#232;ge, endroit fort fr&#233;quent&#233; car non loin de la gare.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lambert, n&#233; en 1898, est petit employ&#233; &#224; l'usine Esp&#233;rance-Longdoz, usine d'extraction de charbon, &#233;galement situ&#233;e &#224; Li&#232;ge. Il est amoureux des chiffres, travailleur m&#233;ticuleux, plein de patience et tr&#232;s respectueux envers les ouvriers de la soci&#233;t&#233;. Il est plut&#244;t optimiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commerce d'&#201;lise tourne bien. Il est fr&#233;quent&#233; par la petite bourgeoisie de passage, se rendant &#224; la gare, ou par les gens du quartier. En ce d&#233;but du XX &#232;me si&#232;cle, cela doit &#234;tre une client&#232;le bien masculine, v&#234;tue d'un chapeau, de beaux vestons, se rendant au travail ou en revenant. Lambert passe chaque jour dans le coin prendre son transport pour l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elise est c&#233;libataire de longue date et la compagnie lui vient &#224; manquer. Elle se dit, pourquoi pas faire un petit marmot. Oui mais, en ces ann&#233;es post-grande guerre, il est bien mal vu d'avoir un enfant hors mariage. Elise ne sait que faire. Elle se dit qu'elle trouvera bien quelqu'un parmi les nombreux courtisans qui fr&#233;quentent son commerce. Oui, Elise est tr&#232;s belle et les candidats ne manquent pas. Lambert courtise Elise assid&#251;ment. C'est lui qui sera le papa de son fils. Le mariage est c&#233;l&#233;br&#233; dans l'intimit&#233;, sans robe blanche, sobrement semble-t-il. Elle a 38 ans, lui 26. Pas tr&#232;s classique pour l'&#233;poque. Papa na&#238;tra trois ans plus tard, en 1926.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie du couple est assez tumultueuse. Le caract&#232;re d'&#201;lise ne laisse pas beaucoup de r&#233;pit, ni &#224; Lambert ni &#224; Pierre, le jeune enfant. Il est fort couv&#233; par sa maman. La famille d&#233;m&#233;nage Place Cath&#233;drale et habite au-dessus du commerce d'&#201;lise. La vie est remplie de soir&#233;es autour de la table &#224; taper la carte, la belote surtout. Lambert se rend souvent &#224; la p&#234;che. L'enfant grandit, fait des &#233;tudes secondaires &#224; St Barth&#233;lemy. Puis se pose le choix des &#233;tudes universitaires. Maman Elise le voit m&#233;decin et d&#233;sire &#224; tout prix qu'il &#233;tudie la m&#233;decine. Mais le jeune homme lui tient t&#234;te et s'oriente vers des &#233;tudes d'ing&#233;nieur. Il deviendra ing&#233;nieur-architecte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma grand-m&#232;re paternelle est d&#233;c&#233;d&#233;e en 1970, j'avais 14 ans, mon grand-p&#232;re nettement plus tard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes grands-parents ont toujours habit&#233; avec nous. Je les ai toujours connus &#224; la maison, avec de chouettes souvenirs. Le mercredi apr&#232;s midi, nous tapions la carte dans leur petite salle &#224; manger, avec ma s&#339;ur. Je n'aimais pas les jeux de carte. Mais il y avait le go&#251;ter, une petite p&#226;tisserie que nous allions acheter chez le boulanger du coin. Une tartelette &#224; la fraise pour Elise et des choux pour Lambert. Pareil le dimanche midi....Elle d&#233;c&#233;dera de la gangr&#232;ne suite &#224; un diab&#232;te, elle qui disait toujours &#171; si c'est bon, cela ne peut pas faire de tort ! &#187;. Je me souviens de lui venant nous chercher &#224; la fin du rang, quand nous &#233;tions &#224; l'&#233;cole primaire : toujours tr&#232;s courtois envers la gente f&#233;minine, la saluant en soulevant son chapeau et ne se d&#233;pla&#231;ant jamais sans sa canne. Il habitera avec nous jusqu'&#224; la fin de sa vie, toujours digne .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon p&#232;re aura h&#233;rit&#233; du caract&#232;re autoritaire, mais attentionn&#233;, d'&#201;lise, que ma maman aura support&#233; avec beaucoup de patience durant toute sa vie d'&#233;pouse. &#171; Il est si gentil ! &#187; dira-t-elle toujours, avec une certaine r&#233;signation. Et nous serons 5 enfants &#224; la maison.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Il est venu avec un jambon (Jacqueline)</title>
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		<dc:date>2020-11-17T06:07:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Il est venu avec un jambon &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont les premiers mots &#224; propos de celui qui deviendra mon p&#232;re &#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Entre la Pentec&#244;te 1941 et la Pentec&#244;te 1942, mon destin s'est nou&#233;&#8230;. &lt;br class='autobr' /&gt;
En juin 41, la flamme du Saint Esprit aidant, Nicole, ma m&#232;re, a cru qu'elle allait entrer au couvent&#8230;elle a toujours eu un faible pour l'Esprit Saint. &lt;br class='autobr' /&gt;
En juin 42, elle se trouve assise toute droite, les genoux un peu serr&#233;s, dans le grand salon presque lugubre au premier &#233;tage d'une maison bien bourgeoise, rue St Quentin&#8230; En face (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Il est venu avec un jambon &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les premiers mots &#224; propos de celui qui deviendra mon p&#232;re &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre la Pentec&#244;te 1941 et la Pentec&#244;te 1942, mon destin s'est nou&#233;&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 41, la flamme du Saint Esprit aidant, Nicole, ma m&#232;re, a cru qu'elle allait entrer au couvent&#8230;elle a toujours eu un faible pour l'Esprit Saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 42, elle se trouve assise toute droite, les genoux un peu serr&#233;s, dans le grand salon presque lugubre au premier &#233;tage d'une maison bien bourgeoise, rue St Quentin&#8230; En face d'elle, tout aussi timide et troubl&#233;, Jacques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son p&#232;re, Auguste , et ses peut-&#234;tre futurs beaux parents , Gaston et Louise, sont dans le bureau, au rez de chauss&#233;e, pour discuter des &#171; modalit&#233;s concr&#232;tes de cette union &#187;.On appelle Jacques pour lui annoncer que les esp&#233;rances n'&#233;taient pas ce qu'ils escomptaient, qu'il devait donc renoncer. Il r&#233;pond alors &#224; ses parents que cela n'a aucune importance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement le mariage est fix&#233; au 19 aout 1942&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la tante Marthe que nous devons cette belle aventure ; ma m&#232;re avait perdu sa maman quand elle avait 17 ans et la vie &#224; Tournai en ces temps d'occupation ne se pr&#234;tait gu&#232;re aux rencontres. Mon p&#232;re avait pris racine sur le plateau ardennais, et m&#234;me s'il se sentait peut-&#234;tre seul, ne courait les r&#233;unions d'aucune sorte. &lt;br&gt;
Tante Marthe a propos&#233; &#224; ma m&#232;re de venir l'aider lors d'une f&#234;te de charit&#233; de la Croix rouge ; il s'agissait de passer avec des plateaux et de servir des caf&#233;s. &lt;br&gt;
Elle a aussi invit&#233; mon p&#232;re, dont elle connaissait les parents, &#224; venir &#224; cette m&#234;me f&#234;te, et &#224; apporter un jambon. Merci tante Marthe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques sait que la vie sera rude dans cette maison au fond des Ardennes, et, de plus, sous le m&#234;me toit, il faudra cohabiter avec Gaston et Louise. Mon p&#232;re n'a donc fait sa demande qu'apr&#232;s avoir emmen&#233; ma m&#232;re pour lui montrer ce cadre de vie, certes tr&#232;s beau, mais isol&#233;, sauvage, rural. Elle qui avait connu les porcelaines de Chine, les salons de musique. Mais Nicole est forte, et puis elle le trouve d&#233;cid&#233;ment tr&#232;s tr&#232;s sympathique, ce c&#233;libataire endurci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les h&#234;tres s'&#233;lancent vers le ciel laissant filtrer une lumi&#232;re douce&#8230; C'est un peu comme une cath&#233;drale, les voil&#224; tous deux assis au pied d'un de ces arbres protecteurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#171; oui &#187; de Nicole a enchant&#233; les oiseaux et la for&#234;t s'est tue, retenant son souffle , respectant l'&#233;motion de ce premier baiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis tout s'encha&#238;ne, l'entrevue pour r&#233;gler les questions concr&#232;tes. Vous avez bien compris, il s'agit de la dot. Puis en un &#233;t&#233;, il faut confectionner la robe de mariage, pr&#233;parer les invitations, imaginer un repas de noces en ces temps de rationnement. &lt;br&gt;
Les &#233;crevisses ont &#233;t&#233; p&#234;ch&#233;es par mon p&#232;re. Ma m&#232;re garde un souvenir &#233;mu de la &#171; Tour Henri VIII &#187;, une sorte de montage de choux &#224; la cr&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont pri&#233;, ri, pleur&#233;, et les voil&#224; partis en voyage de noces&#8230;&#224; Spa. &lt;br&gt;
Laissons-les, nous n'avons rien &#224; y faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jambon a fait partie de notre quotidien. A Bastogne, cela s'impose !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais des ann&#233;es apr&#232;s, pas de chance, ils ont &#233;t&#233; malades, atteints de botulisme, &#224; cause d'un jambon mal fum&#233;&#8230; Ils sont pass&#233;s &#224; 2 doigts d'aller rejoindre l'Esprit Saint !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est une autre histoire&#8230;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Trois chansons pour un coup de foudre (P&#233;ji)</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Si tu aimes les probl&#232;mes, les aubaines, les &#233;checs... &#187; (M&#233;lina Mercouri) &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est d&#233;cid&#233;, cette ann&#233;e je m'inscris au cours de dessin de l'acad&#233;mie pour adultes d'Uccle. Les cours se donnent, le dimanche matin, dans l'orangerie du parc du Wolvendael. J'ai convaincu Chantal de s'inscrire avec moi et je dois aller la chercher dans un petit restaurant place Danco o&#249; elle d&#238;ne avec son mari Christian et un jeune grec qu'ils h&#233;bergent provisoirement le temps qu'il trouve un kot. J'arrive dans le petit resto et (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Si tu aimes les probl&#232;mes, les aubaines, les &#233;checs... &#187; (M&#233;lina Mercouri)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est d&#233;cid&#233;, cette ann&#233;e je m'inscris au cours de dessin de l'acad&#233;mie pour adultes d'Uccle. Les cours se donnent, le dimanche matin, dans l'orangerie du parc du Wolvendael. J'ai convaincu Chantal de s'inscrire avec moi et je dois aller la chercher dans un petit restaurant place Danco o&#249; elle d&#238;ne avec son mari Christian et un jeune grec qu'ils h&#233;bergent provisoirement le temps qu'il trouve un kot.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'arrive dans le petit resto et je m'assieds &#224; leur table car leur h&#244;te est aux toilettes. Nous bavardons un peu et soudain il appara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; c'est le choc ! Moi qui ai fr&#233;quent&#233; les r&#233;fugi&#233;s grecs &#224; l'&#233;poque des colonels et qui ai, comme tout un chacun, quelques id&#233;es re&#231;ues bien ancr&#233;es dans la t&#234;te, je m'attendais &#224; un gars pas tr&#232;s grand et noir de cheveux et d'yeux. Le choc ! Imaginez Omar Shariff ch&#226;tain clair avec des yeux bleus et sans les dents &#233;cart&#233;es ! Il est vraiment tr&#232;s beau et je reste sans voix tandis que, dans mon petit cr&#226;ne de piaf, j'entends une petite voix qui me dit : &#171; &#201;vite ce gar&#231;on au maximum, il ne va t'apporter que des ennuis ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian fait les pr&#233;sentations : &#171; Georges, Jeannine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils r&#232;glent l'addition puis nous partons faire notre inscription &#224; l'acad&#233;mie. Nous papotons en chemin, il parle remarquablement bien le fran&#231;ais avec une voix douce et pos&#233;e et &#8230; une pointe d'accent qui ajoute un charme ind&#233;finissable. Ils doivent passer au supermarch&#233; chercher un peu de vaisselle et des objets de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; car Georges vient de trouver un logement 130, rue Basse et va y emm&#233;nager incessamment. Il choisit de la grosse fa&#239;ence &#224; bord bleu que je l'aide &#224; emballer pour qu'elle ne se casse pas. Nous sortons du super march&#233; et nous quittons. Sur le seuil, je fais la bise &#224; Chantal et Christian &#8230; et &#224; Georges sous pr&#233;texte qu'ici cela se fait ! Et en plus il sent bon, le salaud !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis je me sauve et rentre &#224; la maison, en me r&#233;p&#233;tant : &#171; &#201;vite-le, il ne va t'attirer que des ennuis ! Pense &#224; ta libert&#233; ch&#233;rie ! Souviens-toi des exp&#233;riences pass&#233;es ! etc, etc, etc&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Vous le voyez bien que je lu-u-u-u-u-u-u-u-te... &#187; (La belle H&#233;l&#232;ne &#8211; Offenbach)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quelques semaines plus tard, c&#244;t&#233; sentimental, je suis comme l'h&#233;ro&#239;ne de &#171; La Belle H&#233;l&#232;ne &#187; d'Offenbach, je lutte et &#231;a ne sert &#224; rien ! Ce jeune grec rencontr&#233; chez Chantal et Christian m'envahit l'esprit. Surtout, ne pas le rencontrer, mais il n'habite pas loin et en prenant ou en d&#233;posant Nadine lors des trajets quotidiens, je passe automatiquement devant chez lui. Heureusement, jusqu'&#224; ce jour, je ne l'ai pas revu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun reprend ses habitudes. Et m&#234;me si nous ne travaillons plus dans le m&#234;me coin, Chantal et moi restons en contact en plus des cours de dessin. Je suis d'ailleurs invit&#233;e &#224; d&#238;ner avec d'autres anciens de romane. Ce que je ne sais pas, c'est que Georges est aussi invit&#233;. Nous passerons la soir&#233;e &#224; bavarder. Et j'en apprendrai plus sur lui et sa famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous explique qu'il est &#171; &#233;gyptiote &#187;. Personne ne sait ce que cela signifie, je ne sais m&#234;me pas si le mot existe en fran&#231;ais &#8230; de chez nous. Cela veut simplement dire qu'il est Grec n&#233; en &#201;gypte, &#224; Isma&#239;lia pour &#234;tre plus pr&#233;cis. Cette ville est situ&#233;e sur la rive Ouest du canal de Suez, &#224; mi-chemin entre Port-Sa&#239;d au Nord et Suez au Sud. Rien que les noms font r&#234;ver, je suis comme Marius sur la Malaisie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; qu'il a grandi et qu'il a commenc&#233; sa scolarit&#233; : il y a appris le grec et l'arabe en plus du fran&#231;ais qui se parlait aussi en famille. Son p&#232;re est Grec et travaillait pour une compagnie maritime au Caire. Sa m&#232;re est moiti&#233; Libanaise et moiti&#233; Fran&#231;aise, elle n'a jamais travaill&#233;. Il a deux s&#339;urs plus jeunes que lui, l'a&#238;n&#233;e des deux, Juliette dite Lilika, viendra bient&#244;t le rejoindre &#224; Bruxelles pour entreprendre un r&#233;gendat en fran&#231;ais &#8211; histoire. L'autre termine son &#233;cole primaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a un dipl&#244;me d'officier de marine marchande, mais comme sa m&#232;re ne veut pas qu'il navigue, il a repris des &#233;tudes. C'est sa deuxi&#232;me ann&#233;e en Belgique : l'an dernier il &#233;tait &#224; l'ULB en science &#233;co et logeait chez un cousin &#224; Anvers. Cette ann&#233;e, il est aux Arts et M&#233;tiers o&#249; il &#233;tudie l'&#233;lectronique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soir&#233;e passe tr&#232;s vite, et quand je rentre chez moi, la petite voix se fait &#224; nouveau entendre mais elle est si petite, de plus en plus petite &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; L'amour est un peu comme ce jeu qu'on appelle &#171; le chat et la souris &#187; (M&#233;lina Mercouri)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La s&#339;ur de George, Juliette, est arriv&#233;e de Gr&#232;ce, je l'ai rencontr&#233;e chez Chantal et Christiane et nous avons tout de suite sympathis&#233;. Elle a difficile &#224; s'adapter &#224; cette nouvelle vie : le climat, la solitude lui p&#232;sent beaucoup. Comme les cours n'ont pas encore commenc&#233; pour elle, je passe la voir chaque soir en revenant de l'&#233;cole, nous bavardons en sirotant un petit caf&#233;. Et je me sauve avant le retour de son fr&#232;re malgr&#233; son insistance. La petite voix a gain de cause !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous voyons cependant r&#233;guli&#232;rement chez nos amis communs, ou nous sortons tous ensemble. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un vendredi de sortie, comme on me proposait une sortie le lendemain, j'annon&#231;ai que c'&#233;tait impossible car je devais subir une petite intervention. Je ne sais pas qui me demanda o&#249; et &#224; quelle heure cela se passerait, mais, lorsque je sortis de la clinique, je vis un beau grand jeune homme avec un &#233;norme bouquet de fleur &#224; c&#244;t&#233; de ma voiture&#8230; Georges !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je continue &#224; rendre visite &#224; Juliette chaque jour, elle n'a vraiment pas le moral. Mais je continue de fuir son charmant, trop charmant fr&#232;re bien qu'elle tente chaque fois de me retenir. Le week-end, nous visitons Bruxelles &#224; trois ou avec Chantal et Christian.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pluie est souvent au rendez-vous en automne, et aujourd'hui, elle nous surprend au milieu de la grand-place. Nous h&#226;tons le pas, Juliette sous son parapluie marche devant, je la suis, t&#234;te nue, et Georges ferme la marche. Soudain, je vois un parapluie noir passer au-dessus de moi et je sens un bras passer sous le mien. Mon pauvre petit c&#339;ur va exploser ! Mais non, nous arrivons au parking et je rejoins pr&#233;cipitamment Juliette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juliette ne va vraiment pas bien, elle d&#233;cide de rentrer en Gr&#232;ce. Avant son d&#233;part, je demande &#224; mes parents de pouvoir les inviter avec Chantal et Christian. La proposition est accept&#233;e sans h&#233;sitation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rendez-vous est pris pour un dimanche midi. Maman propose un d&#238;ner typiquement de chez nous et ce sera d&#233;licieux comme toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques bavardages entre nous dans le bureau et un petit r&#233;cital de guitare, nous rejoignons mes parents &#224; table. Les conversations vont bon train, Christian et Chantal racontent leur d&#233;couverte de la Gr&#232;ce. Lui, toujours d&#233;licat, souligne la signification de l'injure favorite des chauffeurs de taxi. Elle parle de l'accueil de son amie. Georges et Juliette vantent les beaut&#233;s de leur pays. Ils en viennent &#224; expliquer qu'&#224; l'&#233;cole secondaire, ils avaient des cours de danses traditionnelles. Tout le monde demande une d&#233;monstration !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vite, un tourne-disque, et un des disques de Th&#233;odorakis achet&#233; du temps de la dictature militaire. Le probl&#232;me va &#234;tre d'amener le tourne -disque car il est install&#233; dans le bureau et les baffles sont coinc&#233;s entre mes livres. Je me l&#232;ve pour aller le chercher en pr&#233;cisant que cela risque d'&#234;tre un peu long et &#8230; Georges me suit &#8230; pour m'aider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me pr&#233;cipite dans le bureau et grimpe sur une chaise pour d&#233;tacher les baffles, j'ai le c&#339;ur qui bat la chamade et je crois bien que mes mains tremblent. Pendant que je suis sur mon perchoir, Georges me fait une d&#233;claration enflamm&#233;e et, quand je descends de ma chaise, c'est la fin du monde : il m'embrasse, je n'entends plus la petite voix, je ne sais plus comment je m'appelle, je suis pr&#234;te &#224; le suivre ... au bout du monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapide retour &#224; la r&#233;alit&#233;, on se charge du tourne-disque et on revient dans le salon. Il y a &#233;videmment un cr&#233;tin pour dire qu'on a mis beaucoup de temps ! Je n'ai pas eu l'impression&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nos invit&#233;s nous font une d&#233;monstration de danse, la journ&#233;e se termine. Demain Juliette repart pour Ath&#232;nes, demain c'est le travail, demain, demain&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'ils sont partis, mon p&#232;re qui ne fait jamais de commentaire sur les gens me dit avec enthousiasme : &#171; C'est un gar&#231;on comme celui-l&#224; que tu devrais nous amener ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon petit Papa, si tu savais&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Amours exotiques (Fennec)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souris verte</dc:creator>


		<dc:subject>Amour, mariage, divorce</dc:subject>
		<dc:subject>Voyages</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'ai 20 ans dans les ann&#233;es 70, et depuis toujours, je veux d&#233;couvrir le monde, voyager, &#234;tre exploratrice ! Pendant mes &#233;tudes, je travaille donc comme guide dans une agence de tourisme pour &#233;tudiants , ce qui me permet de faire de beaux voyages... mais l'Europe devient trop petite pour moi, je veux voir d'autres continents ! &lt;br class='autobr' /&gt; C'est donc avec grand enthousiasme (et un peu d'appr&#233;hension quand-m&#234;me...) que j'accepte d'accompagner un circuit dans le Sahara alg&#233;rien... l'Aventure, enfin ! Une (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai 20 ans dans les ann&#233;es 70, et depuis toujours, je veux d&#233;couvrir le monde, voyager, &#234;tre exploratrice ! Pendant mes &#233;tudes, je travaille donc comme guide dans une agence de tourisme pour &#233;tudiants , ce qui me permet de faire de beaux voyages... mais l'Europe devient trop petite pour moi, je veux voir d'autres continents !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est donc avec grand enthousiasme (et un peu d'appr&#233;hension quand-m&#234;me...) que j'accepte d'accompagner un circuit dans le Sahara alg&#233;rien... l'Aventure, enfin ! Une randonn&#233;e dans le d&#233;sert avec des chameaux, conduite par les Hommes Bleus, les fameux Touaregs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos guides berb&#232;res nous attendent &#224; Tamanrasset, d&#233;part de notre &#171; mehar&#233;e &#187;. D&#232;s les premi&#232;res pr&#233;sentations, je suis subjugu&#233;e par leur chef, Menda, que sa longue tenue bleue et son &#171; ch&#232;che &#187; qui ne laisse voir que ses yeux de braise rendent d'embl&#233;e myst&#233;rieux. Heureusement, nos guides parlent fran&#231;ais, et tr&#232;s vite, je pr&#233;f&#232;re marcher &#224; c&#244;t&#233; de mon chameau, car j'attrape le mal de mer l&#224;-haut, et je peux ainsi discuter avec Menda...Je vis un r&#234;ve &#233;veill&#233;...chaque journ&#233;e est tellement magique ! Le contexte d'abord, les paysages extraordinaires et hallucinants du Hoggar, la puret&#233; de l'air, le calme absolu...puis la vie avec les Touaregs, qui ont pr&#233;vu toutes nos provisions...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils gardent l' eau dans de grandes outres en peau de ch&#232;vre, ce qui la conserve toujours bien fra&#238;che. Le soir tombe tr&#232;s vite dans le d&#233;sert, nous nous arr&#234;tons donc t&#244;t... les hommes enl&#232;vent les bats des chameaux, puis leur entravent les pattes pour qu'ils puissent aller &#171; brouter &#187; sans aller trop loin (o&#249; ? C'est toujours rest&#233; un myst&#232;re pour moi). Puis ils allument un feu, r&#233;chauffent &#233;ventuellement nos raviolis, mais nous proposent toujours la galette fra&#238;che qu'ils cuisinent tous les soirs sous la braise, et le sacro-saint th&#233; &#224; la menthe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ah ! Le romantisme de ces soir&#233;es sous un ciel perc&#233; d'&#233;toiles comme je n'en n'ai plus jamais vu depuis, les histoires et les chants des touaregs, leurs rires aussi, qui les font se rouler par terre comme de grands enfants quand j'ose leur demander si nous pouvons voir leur visage, s'il est vraiment bleu... ils nous expliquent que c'est l'indigo de leur ch&#232;che qui d&#233;teint sur leur peau... seul Menda , toujours assis &#224; c&#244;t&#233; de moi, garde sa dignit&#233;, mais est constamment aux petits soins pour moi. Nous dormons sous la tente, ou parfois &#224; la belle &#233;toile, bien emmitoufl&#233;s dans nos sacs de couchage, car il fait 5&#176; la nuit ! Le matin, les chameaux ont disparu ! Mais les guides savent exactement o&#249; les retrouver...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis d&#233;j&#224; folle amoureuse, mais est-ce de mon gentil Touareg, du d&#233;sert, ou de cette belle aventure ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, nous arrivons &#224; une oasis, pour que les chameaux puissent boire, et &#224; ma grande surprise, Menda m'apprend que sa famille y habite ... pour le moment... car, en tant que nomades, ils ne restent jamais tr&#232;s longtemps au m&#234;me endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous une grande tente, je fais donc la connaissance de sa jeune femme, de ses 4 petits enfants, et de son vieux p&#232;re malade &#224; qui je laisse tous mes m&#233;dicaments, dans le vain espoir de le soulager un peu...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; Tamanrasset, je suis tellement d&#233;sesp&#233;r&#233;e de quitter le Sahara que je fais &#224; Menda la promesse solennelle de revenir... Il est aussi extr&#234;mement triste et me serre tr&#232;s fort dans ses bras...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine rentr&#233;e, je demande &#224; l'agence de pouvoir accompagner les prochains voyages, puisque j'en ai maintenant l'exp&#233;rience...J'y retournerai encore deux fois, et chaque fois, Menda me dit que je lui ai manqu&#233;, et qu'il voudrait que je reste... les berb&#232;res peuvent avoir plusieurs femmes...mais je r&#233;alise bien que je devrais alors loger sous la tente avec sa femme et ses enfants, et que ce serait la fin de notre belle relation de &#171; marcheurs du d&#233;sert &#187;. Je cache donc mes beaux souvenirs dans un coin de mon coeur, et depuis ce jour, le bleu indigo le fait toujours battre un peu plus vite...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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