Juillet 1993 ! Le Roi est mort à Motril et le ressenti immédiat, c’est la tristesse.
La nouvelle bouleverse la Belgique. Nous regardons la télévision, écoutons tout ce qui y est relaté, voyons les images des personnes qui vont déposer des fleurs au Palais Royal. Stupeur et tristesse.
La presse des autres pays relaie l’événement dans leurs journaux parlés et télévisés, avec force détails - et commentaires parfois malencontreux, expliquant au monde entier tout ce que les Belges ressentent de tristesse.
La tristesse enveloppe la Belgique, recouvre les dissensions, les différences, les frustrations, les incompréhensions. Elle est comme une brume de mer dense qui feutre les bruits, embrume les esprits, relègue la politique. La Belgique est suspendue, refermée sur sa tristesse.
Il fut impossible de s’y soustraire. Mais qu’ai-je compris de ma tristesse ?
C’est dans la symbolique qu’il m’a fallu chercher. Le Roi avait accompagné toute ma vie jusque-là. Le Roi et la Reine. À l’école, dans tous les lieux officiels et circonstances formels… portraits solennels, présence officielle, apparitions dans les médias, Brabançonne aux occasions.
La tristesse était faite de sentiments mêlés : perte, manque, nostalgie, idées de valeurs et de pérennité, de patriotisme. Pour un temps, l’émotion allait prévaloir.
Le temps a passé, l’histoire a absorbé l’événement, mais la force symbolique de la monarchie belge est plus présente que jamais.
Claire B., avril 2026
Ce témoignage répond à un appel à textes réalisé en avril 2026 autour de la mémoire collective belge. Découvrez les autres textes pour avoir un tableau contrasté de divers ressentis et regards liés à la mort du Roi Baudouin.