Texte écrit dans le cadre de "Nous écrivons notre vie" 2023-25
Ma vie a changé dès que j’ai pu porter un pantalon. Les seuls autorisés pour les femmes ne l’étaient que dans le cadre de la pratique du ski : les fameux fuseaux noirs. Puis ils sont sortis de ce carcan et ont rejoint la vie pour se transformer très vite en jeans pour femmes. Au début, il n’y avait pas de braguette, ils se fermaient sur le côté comme une jupe. Mais ça n’a pas duré. À 15 ans je portais fièrement un jeans Levis de velours côtelé beige, mon rêve. Autour de la quarantaine, j’en ai eu marre de la suprématie du jeans et j’ai fait le pari de m’en passer, sans pour autant porter davantage de jupe ou de robe. C’était le temps du « long caleçon » aujourd’hui on parle de legging : il y en avait de toutes les couleurs, un véritable enchantement, puis c’est passé de mode. Retour au jeans. Des jupes et des robes, oui j’en ai porté, avec collants en laine en hiver et sans en été. Mais toujours, je suis revenue au pantalon tellement plus pratique.
La télévision a été une invention incroyable : le cinéma à la maison, extraordinaire. Nous en rêvions, mais ma mère n’en voulait pas. « Dans les familles où il y a une télévision, les gens ne se parlent plus. » disait-elle. Elle n’avait pas tort, mais nous, parlions-nous ? Non, chacun était sur son lit ou à son bureau, mon père dans son journal et ma mère à son tricot ou sur sa guitare. Devant notre insistance, les parents ont loué un poste de télévision pour une semaine. Nous étions fous de joie. Le poste a trôné dans le salon sans y trouver sa place. Des chaises ont été mises en arc de cercle devant, et nous étions tous les 6 assis devant le petit écran. C’était bizarre, pas naturel, un tantinet guindé… l’essai n’a pas été renouvelé, la vie a repris son cours sans télé. L’ennui c’était toujours à l’école, lorsque les copines parlaient d’un feuilleton, d’un film que toutes avaient vu sauf moi. Ado, je trouvais cela nul. Heureusement que chez ma grand-mère il y en avait une que nous regardions avec grand plaisir, notamment les histoires de Fury, cheval noir magnifique, ou de Zorro, et d’autres. Nous pouvions alors aussi montrer que nous savions ce que c’était… La télé s’est répandue dans les foyers comme une traînée de poudre.
J’ai le souvenir du 21 juillet 1969, l’alunissage retransmis en direct sur toutes les chaînes du monde. Nous étions au Woluwe Shopping Center (un des premiers centres commerciaux à Bruxelles) ouvert pour la circonstance en pleine nuit, j’y étais. Plusieurs téléviseurs avaient été placés dans l’allée principale avec quelques bancs, et connectés. De gros postes, de petits écrans en noir et blanc, ou plutôt en gris devrait-on mieux dire… et on a vu, on a assisté à cet événement absolument inimaginable, et tellement magnifique. L’Histoire en route…
La télévision… premier écran à portée de main, jamais ne s’arrêtera de progresser vers les écrans actuels. Nous sommes passés du salon à nos mains en quelques décennies, ça aussi c’est incroyable. Mais surtout, ce sont les techniques qui l’ont permis qui sont phénoménales. L’internet, le web, la toile… merveilleux outil. Mais où vont-ils s’arrêter ? Il existe en gestation actuellement un ordinateur quantique qui est des milliers de fois plus rapide que les meilleurs ordinateurs utilisés aujourd’hui. Ils seraient moins énergivores, ouf ! sur ce point quelle chance pour la planète ! ou plutôt pour l’humanité !
Ces avancées verront le jour, elles sont poussées et soutenues par Trump et cie avec leurs milliards de dollars et toujours dans un but de gains et de pouvoirs démultipliés, toujours plus de tout. Tout ça me fait peur, quand des robots seront équipés de ces technologies, l’humain sera-t-il encore utile ? Nécessaire ?
Pour ce qui est des changements que j’ai observés personnellement dans la nature, la chose qui me paraît la plus évidente, c’est qu’il y ait beaucoup moins d’insectes. Quand avant (je pense à 2006 vers Portiragnes plage) je roulais sur l’autoroute vers la Méditerranée, mon pare-brise était constellé d’insectes écrasés. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Quand j’ouvrais la porte de mon jardin 3 minutes voici seulement quelques années, des mouches et autres trouvaient l’entrée et s’y précipitaient. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas non plus. Sans insectes, plus de pollinisation, plus de fruits, plus de légumes… plus de vie.
J’apprécie fort les communes qui depuis 2 ou 3 ans pratiquent le fauchage tardif dans les parcs et autres espaces verts. Non seulement c’est joli, mais en plus ça favorise la biodiversité, donc les insectes entre autres. Idem dans les bois et forêts, on laisse les arbres morts au sol, ou debout, permettant la vie de toute une faune qui renaît et fait son travail dans la nature. Les mentalités changent, et c’est bien.
Quant au changement climatique, je le vois aux canicules plus courantes, aux hivers vraiment plus doux, aux pluies plus fréquentes. Si j’élargis mon cercle de vue, les méga-feux, les inondations terribles, les typhons et autres ouragans dévastateurs sont autant de signaux illustrant ces changements. Mais aussi, le niveau des mers qui monte, les glaciers qui fondent, les falaises qui s’écroulent… des rivières qui s’assèchent … des espèces animales qui disparaissent à tout jamais, car leur milieu de vie n’existe plus… la liste est longue de ce qui se passe de par le monde dans ce domaine, mais l’humanité continue ses avancées, ses dévastations sans se soucier de la suite. Plusieurs organisations tentent de lutter contre toutes ces destructions et parfois y parviennent, mais arriveront-elles à stopper cet élan suicidaire ? Je laisse la question en suspens…