• Des tranches de vie et des débats en ligne

  • Extrait de "Nous racontons notre vie", à la Maison des Femmes de Molenbeek, 2016-2017

    Né en 1934 dans un appartement des Galeries de la Reine à Bruxelles, j’ai passé mon enfance à Uccle.

    Nous habitions une maison avec jardin. Mon père était un tyran : on ne parlait pas à table, si je parlais de « mon cartable », mon père me reprenait et disait : « ce n’est pas « ton » cartable ; toi, tu n’as rien. Nos parents étaient désunis et donc l’ambiance à la maison était très mauvaise. A l’époque, on ne divorçait pas.

    J’étais l’aîné de 4 enfants, sans doute le seul enfant vraiment désiré. J’ai donc échappé aux corrections et brimades traumatisantes de mon père. Je n’ai pas été battu. C’est vrai qu’à l’époque, la psychologie n’existait pas … Ma mère, elle, subissait l’oppression de son mari.

    Mon père était vendeur dans un magasin de disques, « La voix de son maître ». Dans son travail, il était charmant, on l’aimait beaucoup. A la maison, il ne participait à aucune fête familiale, communion ou baptême. Il restait dans sa chambre et évitait les réunions qui se passaient au rez-de-chaussée. Mon frère particulièrement a fort souffert ; maltraité, il est devenu caractériel et sa vie en fut totalement cassée.

    La seule échappatoire à cette ambiance familiale était le trou dans la haie, au fond du jardin. Ce trou nous donnait accès à une sorte de terrain vague où étaient entreposés un tas de débris de béton. Avec les enfants des voisins on jouait sur cet amas qui représentait pour nous une véritable montagne d’escalade. Cet endroit appartenait à une famille voisine qui était pour moi le reflet du paradis : des parents aimables, souriants. La maman de mes amis nous faisait des gaufres et on riait beaucoup chez eux. Ce trou dans la haie était pour moi une échappatoire. Ce lieu représentaient pour moi la liberté.

    En passant par le trou de la haie je rejoignais une petite copine de mon âge nommée Minie qui était pour moi comme une sœur. Mais j’étais peut-être un peu amoureux. Je l’aimais beaucoup. Elle occupait toutes mes pensées. Nous n’avons jamais parlé de sentiments, nous avions 10 ans, mais, quand à 18 ans je suis entré au séminaire, je sais qu’elle a pleuré pendant plusieurs jours.

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