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    Aujourd’hui je conduis Anne dans une école à Wezembeek.
    Elle va montrer aux enfants des vieux jouets et des ustensiles de notre enfance, une centaine d’objets divers qu’elle rassemble dans un énorme sac de voyage.
    D’habitude ma mission, c’est de charger ce lourd fardeau dans notre voiture et de le transporter jusqu’à l’école concernée. Mais aujourd’hui, faveur suprême, je peux assister à cette rencontre. Je ne vais pas le regretter.

    Notre visite est annoncée, car quelques élèves nous attendent à l’entrée. Ils nous aident à traverser la cour où se bousculent ceux et celles qui courent pour ne pas être en retard. Nous voilà dans leur classe. L’institutrice nous accueille avec le sourire et le directeur ne tarde pas à nous rejoindre, il s’est muni d’un appareil de photo, pour la circonstance. La rencontre des jouets du passé avec les écoliers d’aujourd’hui peut commencer.

    Anne se présente aux enfants et bien vite elle ouvre le grand sac et leur dit : il y a ici dedans beaucoup de jouets anciens, vous aurez tous l’occasion d’en choisir un, les plus lourds sont au fond, qui veut choisir un premier objet ?
    Quelques gamins, moins intimidés sans doute, lèvent la main. Anne en désigne un qui plonge la main dans le sac et en retire un vieux réveil matin, sorti de sa boîte.

    Anne demande à la cantonade : comment s’appelle cet objet, à quoi sert-il ? La plupart des enfants répondent bien à cette première question. Comment le fait-on fonctionner ? Les réponses se font plus rares.
    Encouragé par Anne, un enfant tente de remonter le ressort qui fait tourner les aiguilles. Le tic-tac se fait entendre haut et fort, il me rappelle celui qui m’empêchait parfois de m’endormir quand j’étais petit. Mais comment sonnera-t-il ce réveil et à quelle heure ? Quelque chose ne marche pas, ce réveil serait-il cassé ? Un peu déçue, Anne me tend l’objet en disant : mon mari va nous réparer ça ! Ensuite, elle invite une petite fille à faire un nouveau choix.

    Il s’agit cette fois d’un nécessaire de couture. Peu d’enfants savent à quoi il sert et, moins encore, comment on s’en sert. N’y aurait-il plus de cours de couture ici ? Anne me dire plus tard que dans d’autres écoles, certains enfants ont une grand-mère qui coud ou tricote encore, mais ici…

    Et pendant que je tente de réparer ce maudit réveil, le grand sac se vide petit à petit. Sur la grande table, les élèves ont, tour à tour, déposé une poupée en celluloïd, un ours en peluche, des vieux livres d’images, de petites autos et autres jouets miniatures en fer blanc, un jeu de construction qui ressemble au Lego, une dînette en porcelaine, un puzzle, un jeu de loto, des dominos, des soldats de plomb, des marionnettes en bois et même un moulin à café.

    Le moulin intrigue ces enfants du 21ème siècle pour lesquels le café est une poudre mystérieuse que l’on achète en petites capsules métalliques, comme celles dont Georges Clooney fait la publicité à la télé (Nespresso, what else ?). Anne ayant déploré le manque de café en grain lors d’une séance précédente, l’institutrice en a trouvé un paquet cette fois. Les enfants découvrent donc avec surprise à quoi sert cet ustensile si longtemps utilisé jadis. Ils veulent tous l’essayer, quand tout à coup…

    …drrrrrrrrrrrrring, mon doigt a dû actionner le bon levier, le réveil fonctionne alors qu’on ne l’attendait plus ! Les enfants sont pris d’un énorme fou-rire, nous rions avec eux, cela me rappelle les bons tours que l’on se jouait avec cet objet familier quand nous avions leur âge. N’est-ce pas ce qu’il y a de plus intéressant dans tous ces vieux objets, ne sont-ils pas comme des machines à remonter le temps?

    Si je retrouvais ma grande boîte de Meccano par exemple, celle que j’ai reçue pour mes 10 ans, je retrouverais peut-être avec mes petits enfants le plaisir d’assembler patiemment au moyen de vis et d’écrous ces éléments perforés pour réaliser un camion, une grue ou une locomotive. Comme dans le réveil à l’école, c’est un ressort relié aux roues par un jeu d’engrenages ou de poulies qui, une fois remonté, animait ces montages. Nous n’attendions pas l’électricité pour être heureux.

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