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    Extrait de "Nous racontons notre vie", La Fonderie, 2014-15

    Je suis né et ai vécu la première partie de ma vie au Danemark, la patrice de mes ancêtres.

    Chez moi, il n’y a jamais eu de doute, je devais travailler. Après le bac, j’ai quitté la maison. Quand j’ai commencé à l’université, j’ai travaillé à mi-temps le soir et le week-end dans des librairies, des night-shops. Je devais être indépendant économiquement. A la fin de mes études, j’enseignais le français aux jeunes, comme prof de lycée. Mais les jeunes n’aimaient pas le français. C’était la troisième langue étrangère qu’ils étaient censés apprendre après l’anglais et l’allemand.

    J’ai suivi mon ami à Bruxelles et ai été stagiaire à la Commission Européenne J’ai beaucoup aimé. J’ai postulé pour être traducteur à Bruxelles mais j’ai raté le concours, c’était la cata. J’ai alors été traducteur free-lance. Finalement, j’ai réussi le concours et j’ai été engagé à la Commission.

    Mon travail consistait à taper la traduction du français au danois sur une machine à écrire mécanique. Alors pour corriger, ce n’était pas évident. On corrigeait à la main avec du tipex. Les secrétaires le retapaient au propre. Puis le texte sortait pour être imprimé. D’autres collègues dictaient leur traduction. C’est seulement à la fin des années 90 qu’on a commencé à travailler sur un ordinateur. Après 2004, avec l’élargissement de l’Union, j’ai surtout traduit de l’anglais vers le danois.

    Ce que j’aimais, c’était le contact avec des collègues venant d’horizons différents. Avant les ordinateurs et Google, on avait davantage besoin des autres, l’humain était plus présent. Aujourd’hui si on pose une question à un collègue, c’est plutôt vu comme un signe de faiblesse.

    Ce que je traduis n’est pas très amusant, ce sont souvent des textes législatifs. Au début de ma carrière, je traduisais parfois des choses étonnantes comme les discours des politiciens. J’adorais faire ça, car on sentait la personne derrière.

    Je suis maintenant en fin de carrière. Le travail pour moi ? C’est avoir une place dans la société, une reconnaissance, être utile. Ma retraite me pose question, qu’est-ce que je vais faire pour me rendre utile ? Du bénévolat ?

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